Édition du Lundi 1er Juin 2026

 

UN SIÈCLE D'HISTOIRE du CALVADOS 

Eun syielle d'histouère d'Calvados

LE JOURNAL DES ÈVÉNEMENTS, BRUITS ET NOUVELLES DU CALVADOS

 

 

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Marée du 6 mars 1817 à Avranches.

 

Février 1838   -   Le 6 mars de l'année 1817, la marée offrit à Avranches un phénomène aussi extraordinaire qu'effrayant.

Vers huit heures du matin, la mer avait fait son plein, et déjà se retirait depuis quelques minutes. Tout-à-coup on la vit se soulever et courir vers les côtes avec une épouvantable rapidité. En un instant elle s'étendit bien au-delà des limites des plus hautes marées, et envahit un grand nombre de maisons, dont les habitants, stupéfaits, furent contraints de se réfugier dans les greniers en toute hâte, et avec l'anxiété qu'on éprouve, lorsque la durée et l'étendue d'une pareille invasion ne peuvent être assignés. Une grande quantité de meubles furent soulevés par les flots et portés à plusieurs lieues de distance, au milieu des champs que la mer avait couverts, une multitude d'animaux furent également entraînés.

Ce débordement causa des pertes considérables sur toute la  côte, non seulement dans la baie du Mont-St-Michel, mais sur tout le littoral du département.

Quelle fut la cause de ce retour subit de la mer ? Elle n'a point été depuis signalée, est-ce un tremblement de terre sous-marin ? est-ce un violent coup de vent ? on l'ignore. Ce que l'on sait, c'est qu'il régnait en ce moment une grande agitation dans l'air, et qu'un fort vent d'ouest soufflait.

Il se passa, sous la ville, une espèce de scène du déluge. La mer avait inondé tout le faubourg du Pont-Gilbert. Les habitants avaient été forcés de se réfugier dans les chambres et les greniers. Les lits et tous les meubles avaient été mis à flot. Tous les champs bordant la rivière depuis le Pont-Gilbert jusqu'au bourg de Saint-Jean-de-la-Haize, et au-delà, ne présentaient qu'une vaste étendue de mer. Une maison isolée, située non loin du Pont-Couraye, se trouva au milieu de ces eaux. Le rez-de-chaussée fut bientôt envahi, la famille qui l'habitait n'eut que le temps de se sauver dans le grenier, car cette maison n'avait pas de chambres. Elle était en outre construite en argile, quel moment affreux pour ses habitants ! 

 

Le froid persiste.

 

Février 1838   -    Le froid persiste.   -   Le mouvement des grandes marées a rompu et emporté les glaces qui encombraient la partie inférieure de l'Orne et arrêtaient la navigation. Le paquebot « Calvados », aussitôt que la rivière est devenue libre, a repris le cours de ses voyages.

Les vents qui tiennent obstinément au nord-est, nous menacent de nouvelles gelées. Cette nuit le thermomètre est redescendu au-dessous de zéro et de la neige a recommencé à voler.

On a tué, ces jours derniers, un certain nombre de cygnes qui, au dégel, se sont abattus dans notre contrée. Beaucoup d'oies sauvages y ont également paru.

Jusqu'à présent l'hiver paraît n'avoir eu aucune influence facheuse sur les campagnes. La plante de colza, qui n'a point été repiquée, est la seule que le froid ait maltraitée, la neige n'ayant pu la protéger comme les plantes moins élevées.  (Le Pilote du Calvados)

 

 

 Les communes de France

 

Février 1838   -    Il résulte de la situation financière de la France que le nombre total des communes est de 37 232 ; le nombre des communes ayant des octrois, 1 463 ; le nombre des communes ayant des revenus, indépendamment des taxes municipales, 24 345 ; le montant de ces revenus est de 24 124 838 ; le nombre des communes grevées d'emprunts est de 375 ; le nombre de celles imposées pour dépenses annuelles est de 29 855, et le nombre des communes imposées pour dépenses éventuelles est de 6 589. (Le Pilote du Calvados)

 


 

Les drames du froid.

 

Février 1838   -    Le temps, qui est complètement changé depuis quelques jours, permet d'espérer qu'heureusement la phase la plus rigoureuse de l'hiver est passée. Les vents qui soufflent de l'ouest, quoiqu'ayant amené peu de pluies, ont provoqué un dégel très rapide. En moins d'une journée les neiges ont disparu sans que les eaux de l'Orne se soient gonflees autant qu'on devait le supposer.

Au nombre des accidents qui ont été occasionnés par les grands froids notre correspondance mentionne le fâcheux état de plusieurs habitants des communes rurales de notre arrondissement, qui ont eu des parties du corps gelées. Un jeune homme qui, par un des jours les plus rigoureux, amena un cheval à Caen, est rentré chez lui les pieds gelés et a perdu plusieurs des doigts de cette extrémité. Deux autres habitants d'une commune des bords de l'Orne ont été tellement saisis de froid en traversant cette rivière sur une des chaussées, à l'aide des pieds et des mains, qu'ils ont eu l'un une main gelée, et l'autre une partie du ventre qui se trouvait à nu, le pauvre diable n'ayant pu réparer les désordres de sa toilette qu'il avait été forcé de déranger avant le passage. (Le Pilote du Calvados)

 

 

 

Prochaine mise à jour aura lieu Lundi

 1er Juillet 2026.

Publication sur Facebook tous les dimanches

 

 

 

 

Les villes et villages du Calvados

 

Les villes et villages de la Manche

 

Marée du 6 mars 1817 à Avranches. (suite)

 

Combien de temps résistera la maison ? jusqu'où l'eau montera-t-elle ? Dans ces angoisses inexprimables, ils imploraient, par les lucarnes du grenier, la commisération des personnes qui, de la grande route et du haut de la ville, étaient venues voir un spectacle aussi nouveau et aussi inattendu. Qui portera des secours à ces malheureux ?

Un jeune homme, M. Hamelin, se dévoue. Il s'élance, monté sur son cheval, au milieu des eaux, et va, en nageant, jusqu'à cette maison porter des aliments aux malheureux qu'elle contenait.

Au bout de moins d'une heure la marée était retirée. Le poids des eaux et la promptitude de la retraite causèrent une crevasse ou fonte de terre, au bord de la rivière, dans la partie dite de l'S, de plus de 20 mètres carrés, et de 4 à 5 pieds de profondeur, qui n'est pas encore entièrement comblée.  (Le Pilote du Calvados)

 


Le carnaval.

 

Mars 1838   -    Les joies du carnaval ont été froides cette année dans notre ville. Le lundi et dans la soirée de mardi, le temps a été, à la vérité, peu favorable aux mascarades, aussi le nombre des individus qui se donnent les plaisirs du travestissement était-il restreint.

La gêne que la rigueur de la saison a laissée dans une partie de la population a pu contribuer également à refroidir les saturnales de 1838.

Malgré un temps pluvieux, mardi soir, une foule de curieux encombraient les rues principales, mais la soirée s'est ressentie de la tristesse du temps. A l'exception de quelques voitures chargées de masques, aucune mascarade n'a fixé l'attention des amateurs de ce genre d'amusement. (Le Pilote du Calvados)

 

 

 

 

La grande marée.

 

Mars 1838   -   La grande marée des jours derniers ne s'est pas élevée aussi haut qu'on le supposait, les vents n'ayant pas secondé son mouvement. Elle est cependant arrivée jusqu'au bord de la promenade de la rue des Quais, et la barre du flot, quoiqu'elle eût à lutter contre une crétine bien prononcée, s'est fait sentir beaucoup plus loin que dans des marées plus fortes.

L'effort violent du flot à même rompu plusieurs des amarres des bateaux à lessive établis en amont et en aval du pont de Courtonne. (Le Pilote du Calvados)

 


 

Marée du 24 février.

 

Mars 1838   -   Les journaux qui se publient dans nos différents ports de mer, ceux surtout des côtes de l'Océan, donnent des détails affligeants sur les dégâts causés par la grande marée du 24 février.

En beaucoup de points la mer a franchi ses limites

 naturelles, envahi tous les champs du littoral, les marais salants, et détruit les semailles, les plantations et des quantités considérables de sel. Plusieurs établissement et travaux d'art ont également beaucoup souffert, à Camaret, à Noirmoutiers et aux environs de la Rochelle.

Notre correspondance nous donne également de fâcheuses nouvelles sur les effets de la même marée sur le littoral du Cotentin et d'Avranches. (Le Pilote du Calvados)

 


 

Avis aux habitants du littoral.

 

Mars 1838   -  On sait quels ravages ont produits les hautes marées du mois de février. Ces marées avaient été annoncées d'avance par le bureau des longitudes, qui avait indiqué pour coefficient 1,12. Quelques personnes, effrayées de voir le coefficient relatif au mois de mars porté à 1,15, ont écrit à M. Arago pour demander que les calculs relatifs à ce coefficient fussent refarts, leur vœu a été rempli, et le coefficient a été trouvé exact.

Il est important que la plus grande publicité soit donnée à ce résultat, afin qu'on puisse prendre les précautions convenables dans les localités exposées à la fureur des hautes marées M. Arago a écrit dans ce sens aux personnes qui l'avaient consulté, et notamment au maire du Mont-Saint-Michel. (Le Pilote du Calvados)

 

 

 

Les vestiges de la bataille de 1692 révélés.

 

Avril 1838   -      A la dernière grande marée, la mer s'est retirée à St-Vaast-la-Hougue assez loin pour qu'on ait pu apercevoir des débris des 12 vaisseaux de l'amiral de Tourville, incendiés là le 2 juin 1692.

On a vu des canons et des boulets, et, comme à la marée du 7 mars 1833, on a pêché quantité de vieux projectiles, M. Plongeon, lieutenant de vaisseau, commandant le côtre de la station de la Hougue, a recueilli pour le compte de l'état ces antiquités maritimes, dont plusieurs vont être envoyés au musée de la marine à Paris. (Le Pilote du Calvados)

 

  


 

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