Le PIN

Canton de Lisieux

Les habitants de la commune sont des Pinois, Pinoises

Juillet 1869   -   Fait divers.   -  M. Jean-Jacques Hausey, maire du Pin, est décédé dans sa 75e année. Il administrait la commune du Pin depuis plus de30 ans.  

 

Juillet 1870   -  Fait divers.   -   Un fort orage a éclate samedi dernier dans  le canton de Balleroy, la foudre est tombée en plusieurs endroits. A Litteau, un veau a été tué dans une étable où il y en avait plusieurs, celui-là seul a été atteint. A Littry, le tonnerre est tombé sur le clocher de l'église, au moment où l'un de MM. les vicaires allait terminer sa messe, à laquelle assistaient les nombreux enfants qui, le lendemain, devaient faire leur 1er  communion.

Après avoir brisé des ardoises de la couverture, dans laquelle elle a troué un large sillon, la foudre a pénétré dans l'intérieur de l'église. Quelques enfants ont ressenti une violente commotion, pendant que le sacristain, plus rudement secoué, était jeté contre un mur, et que M. le vicaire percevait lui-même une assez vive sensation au côté. Les autres assistants n'ont rien éprouvé, et M. le curé, qui était dans son confessionnal, ne s'est point aperçu du passage du fluide.

Nous apprenons aussi que la foudre, après avoir tombé au seuil de la porte de l'habitation du fermier des héritiers Vernet, à Vaux-sur-Aure, est allée frapper à peu de distance, un noyer sous lequel se trouvait une vache qu'elle a tuée. Huit personnes qui étaient dans l'habitation au moment où la foudre tombait, ont reçu une commotion telle, que quatre sont restées en place, et les quatre autres ont été lancées contre le mur.

Le même jour, vers 3 heures du soir, un orage a éclaté sur les communes de Moyaux, de Fumichon, d'Ouilly-du-Houlley et du Pin. Il est tombé une grande quantité de grêle, qui a causé un énorme préjudice aux récoltes. La perte est évaluée à 72.000 fr. pour Moyaux ; à 2.000 fr. pour Fumichon ; à 1.500 fr. pour Ouilly, et à 35.000 fr. pour le Pin.

 

Août 1882  -  Le diable y trouve son profit.  -  Le maire du Pin, près Lisieux, eut une bonne pensée l'autre dimanche, jour de la fête patronale. Il invita les conseillers municipaux et les commissaires de la fête à assister à la messe paroissiale. Tous s'y rendirent pour faire plaisir à leur maire, mais il parait que cela ne fut pas agréable au curé, car il monta en chaire et adressa aux fidèles présents, l'apostrophe suivante : « Que venez-vous faire ici hommes impies ? dévastateurs des églises, vous qui désireriez rouvrir le Saint-sépulcre de Jésus-Christ, afin de l'y enfermer à nouveau pour qu'il n'en sorte plus jamais ».

D'où il faut conclure qu'au Pin, c'est le maire qui veut convertir les fidèles, et le curé qui les envoie à tous les diables.

 

Octobre 1882  -  Statistique.  -  La statistique vient de découvrir que la Calvados est un des départements dans lesquels il y a le plus de vieilles filles, et où les vieillards se trouvent en plus grand nombre.

 

Novembre 1882  -  Suicide.  -  Lundi, au Pin, près Lisieux, le nommé Boissière a été trouvé asphyxié par le charbon. On ignore les causes de son suicide.

 

Novembre 1888  -  Squelette d’enfant.  -  En pratiquant des fouilles dans une maison abandonnée, au Pin, des ouvriers ont trouvé un squelette d'enfant enveloppé dans des restes de linge. L'enquête a montré que la mort du petit être remontait à trois ans. Des soupçons planent sur la locataire qui habitait la maison à cette époque.

 

Mars 1890  -  Parents dénaturés.  -   Le nommé Jean Mérieult, 64 ans, maçon, demeurant au Pin, a été arrêté pour attentat à la pudeur sur sa fille âgée de 15 ans.

 

Mars 1891  -  Deux incendies attribués à la malveillance.  -  Deux incendies successifs ont éclaté au Pin, canton de Lisieux, au domicile du sieur Fulgence Leguay, dans deux corps de bâtiments distincts. Le premier a eu lieu dans la journée du 14 et a consumé la toiture et le grenier, en occasionnant des pertes matérielles évaluées à 1 500 fr. Le propriétaire était absent, sa maison était gardée par sa belle-mère, âgée de 83 ans. Le second s'est déclaré le 16, vers 3 heures du matin, dans un autre immeuble situé dans la même cour, à 40 mètres du premier, où M. Leguay s'était réfugié avec sa famille et son mobilier. Les pertes dues à ce deuxième sinistre sont évaluées à 4 500 fr. Ces deux sinistres sont attribués à la malveillance.  

 

Juin 1891  -  Incendie.  -  Un incendie de cause inconnue a consumé un petit bâtiment appartenant à Mme Pellerin, au Pin. Pertes, 200 fr.  (source, Le Bonhomme Normand)  

 

Novembre 1893  -  Arrestation d’un incendiaire.  -  On se rappelle que plusieurs incendies avaient éclaté dans divers corps de bâtiments appartenant au sieur Guillaume Olivier, au Pin. L'enquête avait révélé qu'on était en présence d'une malveillance, mais l’auteur n'avait pu être trouvé. 

Mercredi, un repas avait lieu chez le sieur Dufour fils, au Pin. Parmi les convives se trouvaient les sieurs Bisson père et fils. Ce dernier était garçon de ferme chez le sieur Olivier, beau-frère de M. Dufour. Après le dîner, on joua aux cartes jusqu'à 11 heures 1/2 du soir. Le jeune Bisson, qui s'ennuyait, sortit pour se distraire en allumant une cigarette. Quelques instants après, il revenait l'air très calme. En même temps, le feu se déclarait à un corps de bâtiment à usage de grange et écurie, situé dans la cour, à 80 mètres de la maison. Le personnel du sieur Dufour, apercevant les flammes, donna l'alarme et on courut au secours. Mais il était trop tard, tout fut consumé. 

La gendarmerie soupçonna le jeune Bisson d'avoir mis le feu. Ce dernier fit des aveux complets. Il se déclara l'auteur de trois sinistres chez le sieur Olivier, a-t-il expliqué, ça l'ennuyait de coucher seul dans des bâtiments isolés, c'est pour faire cesser cela que, à deux reprises, il y a mis le feu. Quant au dernier crime, la partie de cartes se prolongeait, outre mesure, à son gré, et comme ça l'ennuyait, pour y mettre fin, il imagina de distraire la société par la vue du feu. Il courut à la grange et, après avoir allumé l'incendie, il revint tranquillement à la maison, observant du coin de l'œil les flammes qui commençaient à s'élever. Émile Bisson a été arrêté. (source, Le Bonhomme Normand)  

 

Février 1894  -  Incendies.  -  Dimanche, un incendie a détruit à Ste-Croix-Grand-Tonne, une grange dépendante de la ferme du sieur Héroult et appartenant au sieur Lecomte, de Secqueville-en-Bessin. Pertes 8 000 fr. 

— Vendredi, au Pin, le feu a détruit un bâtiment de l'exploitation du sieur Fabu. Pertes 3 000 fr. (source, Le Bonhomme Normand)  

 

Mars 1896  -  Découvertes de cadavres.  -  On a retiré de l'entrée du port de Honfleur le cadavre d'un inconnu qui devait être noyé depuis quatre mois. Aucune trace de violences n'a été relevée sur le cadavre. 

— On a retiré de la rivière, à Hermival, le cadavre de la femme Lavigne, 63 ans, journalière à Lisieux, où elle était connue sous le nom de Chicopette. La mort semble purement accidentelle. 

— Delphine Grieu, femme Harel, 68 ans, nourrice, a été trouvée noyée dans une mare, au Pin, où elle s'était jetée. (source, Le Bonhomme Normand)  

 

Mars 1897  -  Irascible épouse.  -  A la suit d'une querelle avec son mari, 60 ans demeurant au Pin, la femme Anthime Benoît s'est emparée d'une serpe et lui en a porté plusieurs coups à la tête, le blessant grièvement. Cette femme a été arrêtée. (source, Le Bonhomme Normand)  

 

Mars 1897  -  Tombé de 7 mètres.  -  Le sieur Jean Blaizeux, 30 ans, couvreur, en travaillant à l'église du Pin, est tombé, sans se blesser grièvement, d'une hauteur d'environ 7 mètres.(source, Le Bonhomme Normand)  

 

Mai 1897  -  Époux mal assortis.  -  Il y a trente-sept ans que les époux Anthime Benoîst, demeurant au Pin, sont mariés et il y en a bien trente-six et demi qu'ils se battent. Jadis, le mari était le plus fort et le faisait sentir à Céline, sa femme. Mais, avec l'âge, les infirmités sont venues et c'est la femme qui est aujourd'hui la plus forte. Elle en profite, mais avec excès, car, dernièrement, elle a donné à son mari trois coups de serpe dont deux portèrent sur la tète et le troisième enleva un doigt au malheureux bonhomme qu'on crut assez mal pour le faire administrer. Aujourd'hui, il est rétabli et soigné ses varices que sa femme a, plusieurs fois, essayé de lui percer avec des ciseaux. Céline Benoîst a été condamnée à treize mois de prison par le tribunal de Lisieux. (source, Le Bonhomme Normand)  

 

Novembre 1897  -  Accident mortel.  -  Le sieur Joseph Lenoir, 24 ans, domestique chez le sieur Morin, propriétaire au Pin, en desserrant une vis de pressoir, a été atteint à la tempe par le levier et a expiré quelques instants après cet accident. (source, Le Bonhomme Normand)  

 

Août 1898  -  Ignorance volontaire.      Beaucoup de maires ignorent, ou plutôt feignent d'ignorer, que l'assistance médicale gratuite est organisée dans le Calvados et répondent aux malades dans la gène qu'ils n'ont pas de ressources pour les faire soigner. La préfecture ferait bien de rappeler ces maires là à leurs devoirs. (source, Le Bonhomme Normand)  

 

Août 1898  -  Un ocarina dans l’œil.     A la suite d'une altercation avec d'autres camarades, à la fête du Pin, le sieur Bobine, jardinier, s'était mis à l'écart. Mais, voyant venir vers lui deux hommes qu'il prit pour ceux avec lesquels il s'était disputé, il porta à la figure du sieur Firmin Crozet, 20 ans, un coup d'une petite musique dite ocarina. Le malheureux tomba comme une masse : l'instrument lui avait pénétré dans l’œil et s'y était brisé. Blessure grave. (source, Le Bonhomme Normand)  

 

Octobre 1898  -  Une fête qui fini mal.   -   Le jour de la fête communale du Pin, il y avait bal. Auguste Robine, 20 ans, jardinier, dansa plusieurs fois avec la même jeunesse, ce qui déplut, parait-il, aux autres danseurs. Au bal, tout se passa cependant sans bruit. Au retour, Louis Crozet âgé de 26 ans, fut, d'après lui, assailli par Robine, qui jouait de l'ocarina et lui porta un coup de son instrument dans l’œil. L’œil sortit de l'orbite et il a fallu l'enlever. Robine, de son côté, prétend que Crozet qui l'avait regardé de travers au bal l'aurait frappé sur la route et c'est en ripostant par un coup de poing qu'il aurait crevé l’œil de Crozet. 

Le tribunal de Lisieux a vu cette affaire d'un bon oeil pour Robine, car s’il l’a condamné à 15 jours de prison, c’est avec la loi Bérenger. (source, Le Bonhomme Normand)  

 

Mars 1899  -  Une femme qui n’a pas son content.   -   La femme Marguerite Desmousseaux, 40 ans, et Victor Hagron, 36 ans, journaliers au Pin, ont comparu devant le tribunal de Lisieux sous l'inculpation de complicité d'adultère commis au nez et à la barbe du mari.

Comme le président demandait à la femme Desmousseaux pourquoi elle avait quitté son mari, elle a répondu : « Parce qu'il ne m'baillait pas mon nécessaire ». Les juges n'ont pas eu pitié de cette affamée et l'ont condamnée à un mois de prison, mais ils ont été indulgents pour le gaillard qui lui donnait son content, car il ne fera que huit jours de la même peine.  (source le B. N.)  

Mars 1899  -  Incendies.   -   De 70 à 80 hectares de bois taillis à la marquise de Grouchy, à la Ferrière-Duval. Portes, 5 000 fr.

— De bruyères au sieur de Chambarmes, au Pin. Pertes, 1 000 fr.

— D'une meule de 4 à 5 000 bottes de paille au sieur Lefrère, à Magny-la-Campagne.

— De paille dans l'étable de la dame Goudier, à Proussy. Deux veaux ont été brûlés. Pertes, 350 francs.  (source, Le Bonhomme Normand)  

 

Octobre 1899   -   A éclaircir.   -   Le sieur Édouard Adam, 80 ans, propriétaire au Pin, canton de Lisieux, avait passé la journée à boire avec sa femme de ménage, Marie Vauclin, femme Réquier, 37 ans, mère de cinq enfants et qui vit séparée de son mari. 

Le lendemain, on trouvait le sieur Adam, couché dans son lit, le corps couvert de nombreuses blessures. De l'enquête faite par la gendarmerie, il résulterait qu'une femme, que l'on ne connaît pas encore, aurait pénétré chez le vieillard, qui était ivre, et, après l'avoir soulagé de 145 fr. en or et en argent qu'il avait dans la poche de son gilet, l'aurait roué de coups de pied et de bâton. 

Le sieur Adam ne voulut d'abord donner aucun renseignement sur l'auteur des coups et du vol , mais, pressé de questions, il finit par avouer que c'était une femme qui l'avait frappé, il refusa de la nommer et même de donner son signalement, il ajouta qu'une montre déposée sur une table, dans sa chambre, avait disparu. 

On croit qu'il finira pourtant par donner la clef de ce mystère. (source le Bonhomme Normand)

 

Avril 1902  -  Incendie par imprudence.  -  Jeudi matin, deux jeunes garçons de neuf ans, les nommés Lelièvre et Marais, de Saint-Philibert-des-Champs, s'étant arrêtés le long d'une propriété de M. Maillet, cultivateur au Pin, en fumant de la viorme, commirent l'imprudence de jeter une allumette le long de la haie. En peu de temps celle-ci fut en feu et la flamme atteignit la toiture d'un bâtiment.

La toiture de cet immeuble fut entièrement brûlée, et sans la prompte arrivée des voisins qui combattirent le feu, le bâtiment entier aurait brûlé.

 

Mars 1914   -  Les renards à deux pattes.   -   De nombreux malfaiteurs, en ce moment, mettent en coupe réglée les basses-cours de la région. 

M. Burgault propriétaire au Pin, vient de s'apercevoir que pendant la nuit on lui avait dérobé huit superbes poules et quatre lapins.

Il a déposé une plainte à la gendarmerie. (Source : Ouest-Éclair)

 

Septembre 1916  -  Macabre repêchage.  -  On a trouvé dans une mare, près de la ferme de Mme Ledet, cultivatrice au Pin, canton de Lisieux, le cadavre de la veuve Lejuif, 53 ans,  journalière à Moraux. On croit à un accident causé par l'obscurité.

 

Avril 1926  -  Destruction de sangliers.  -  Au cours d'une battue organisée par M. H. Vachon, propriétaire au Pin, Il a été tué, trois sangliers par MM. Leboucher, G. Germain et Perrette, de Lisieux.

M. Vachon, armé d'un fusil cinq coups a abattu deux autres sanglier.

 

Octobre 1926  -  Près de Lisieux, trois bandits ligotent deux vieillards et se font remettre 60.000 francs sous menace de mort, Puis ils disparaissent dans la nuit, en auto, croit-on.  -  Un vol avec effraction, menaces et voies de fait, a été commis dans la nuit de samedi à dimanche dans une maison isolée de la commune de Pin, près de Lisieux, habitée par deux vieillards, M. Duhamel et sa sœur, âgés de 65 et 70 ans.

Il était environ une heure du matin, M. Duhamel et sa sœur dormaient profondément lorsqu'ils furent réveillés par le bruit de leur porte qui s'ouvrait avec fracas. Trois hommes venaient de l'enfoncer à l'aide de barres de fer et pénétraient dans la chambre sans rien dire, en s'éclairant avec des lampes électriques de poche.

Avant qu'ils aient eu le temps de se lever, les vieillards étaient tirés de leurs lits, ligotés avec des chaînes et menacés de mort s'ils n'indiquaient pas se trouvait leur argent.

Tremblant de peur, M. Duhamel signa le meuble et donna les renseignements nécessaires qui permirent aux trois hommes de s'approprier une somme de 60.000 francs ainsi composée de 5.000 francs en billets de banque et 10 bons du Trésor dont un bon de 5.000 francs, 100 bons de 500 francs, numéros de 0.013.870 à 0.013.898, de 01.278.206 à 01.278.208, de 01.278.224 à 01.278.263, 02.434.924, de 03.355.589 à 03.355.598.

Dès que le butin fut ramassé, les voleurs s'enfuirent. Le bruit d'une automobile entendu par M. Duhamel fait supposer que les bandits sont venus et partis en voiture.

Voici leur signalement approximatif, d'après les déclarations de M. Duhamel et de sa sœur. Premier individu 40 ans, 1 m. 75, vêtu d'un pardessus et coiffé d'un chapeau ; deuxième individu, 35 ans, imperméable kaki ; troisième individu, 22 à 25 ans, 1 m. 75, brun.

Restés seuls les vieillards appelèrent au secours, mais à cause de l'isolement de leur habitation, ils ne purent être secourus que le matin. M. Belhache, commissaire à la 3e brigade de police mobile, est chargé de l'enquête.  

 

Octobre 1926  -  La scène de banditisme du Pin.  -  Caen, 27 octobre. (De notre rédaction). Nous avons relaté une scène de banditisme qui s'est déroulée dans la nuit de samedi à dimanche près de Lisieux.

Deux vieillards habitant une maison isolée de la commune du Pin, surpris dans leur sommeil par l'arrivée de trois individus qui avaient réussi à fracturer la porte de leur maison à l'aide d'une barre de fer, furent ligotés par les malfaiteurs qui se retirèrent en emportant une somme
de 60 000 fr. Voici les nouveaux tails que nous avons recueillis sur cet attentat.

Mme veuve Duhamel, 65 ans, qui occupe la maison avec son frère, M. Grieu, 64 ans, fut réveillée vers minuit, par des coups violents à la porte de la cuisine et à la porte de l'escalier. Inquiète, elle appela son frère, couché dans une chambre contiguë et lui demanda s'il était levé.

Le sexagénaire lui répondit qu'il n'avait pas quitté la pièce.

J'ai bien entendu, ajouta-t-il, des bruits de pas; quelqu'un s'est introduit chez nous.

En proie cette fois à la plus vive frayeur, Mme Duhamel se leva précipitamment et courut à une fenêtre donnant sur la rue pour appeler au secours. Au même instant, la porte de la chambre s'ouvrait avec fracas. Un individu qui tenait la main une lampe électrique s'avançait vers la pauvre femme, absolument terrorisée. Lui mettant la main sur la bouche, il dit à mi-voix.
  -  « Taisez-vous, on ne vous fera pas de mal. Il faut de l'argent ».

L'inconnu referma la fenêtre. Deux complices entrèrent dans leur chambre, ils maintenaient le frère de Mme Duhamel en le poussant devant eux. Les trois hommes ordonnèrent alors à leurs victimes de s'habiller. M. Grieu fut même reconduit dans sa chambre à cet effet et on l'aida à prendre ses vêtements. Il fut ramené dans la pièce occupée par Mme Duhamel. Le frère et la sœur, qui, par crainte, obéissaient sans proférer une plainte, furent placés côte à côte de bout près du lit. On leur attacha les mains, avec des chaînettes fermées au cadenas et dont les extrémités avaient été solidement attachées au lit lui-même. L'un des bandits masqua la fenêtre de la chambre avec des draps.

Celui qui paraissait être leur chef dit, en s'adressant au vieillard
  -  « Nous savons que vous possédez 400.000 fr. Il nous les faut à la minute. cachez-vous votre argent ? »
  -  « Je n'ai que 5.000 fr. chez moi, répondit la veuve Duhamel. Vous les trouverez dans le tiroir de cette petite table ».

L'un des malfaiteurs ouvrit le tiroir et s'empara de la somme. Mais cette découverte n'apaisa pas leur appétit, le trio de misérables se concertait dans un idiome qui ne fut pas compris de Mme Duhamel. C'étaient donc des étrangers.
Brusquement le chef de la bande se retourna vers le sexagénaire.

-  « Prenez garde. Si vous cherchez à nous dissimuler vos économies, vous allez signer votre arrêt de mort. Nous allons mettre le feu à la maison avec du pétrole et de la paille ».

Joignant le geste à la menace, il enflamma un journal, jeté dans la direction du lit. Les deux autres individus éteignirent le feu.

-  « Dites-nous se trouve l'argent, répéta l'un d'eux, sinon je vous coupe la gorge ». 

Mme Duhamel persista à affirmer qu'elle ne possédait que les 5.000 fr. Les visiteurs nocturnes commencèrent alors à fouiller tous les meubles. Ils finirent par trouver dans une table de nuit. 55.000 fr. en billets de banque et en bons de la Défense nationale.

Après avoir retourné le lit, éventré matelas et paillasses, ils descendirent au rez-de-chaussée.
Surtout pas de bruit si vous tenez à la vie, dit l'un d'eux en sortant.
Mme Duhamel et son frère entendirent ensuite au rez-de-chaussée les trois bandits, qui poursuivaient leurs recherches. Avant de quitter l'habitation, ils se restaurèrent et burent de l'eau-de-vie.

Quant aux deux vieillards restés seuls, ils réussirent à traîner le lit jusqu'à la fenêtre, espérant voir passer quelqu'un. Vers 8 heures du matin, le livreur d'une laiterie, surpris de ne pas voir les bidons déposés chaque jour à l'entrée de la maison, entendit les cris de détresse des deux prisonniers. Il se porta immédiatement à leur secours et parvint à couper la chaîne qui les ligotait avec une lime et des tenailles trouvées dans l'office.

 

Avril 1927  -  Un satyre.  -  Profitant de l'absence des époux Taillois, journaliers au Pin, un ouvrier agricole nommé Defiez aurait abusé de leurs deux fillettes jumelles, âgées de sept ans. On recherche le misérable en fuite.  

 

Août 1927  -  Découverte macabre.  -  Au lieu dit « La ferme du Vieux-Château », près du Pin, on a trouvé au bord d'un champ voisin de la route, le cadavre d'un vieillard du bourg, M. Eugène Chauvel, 72 ans. L'enquête a conclu à une mort naturelle.  

 

Juillet 1929  -  La température.  -  La chaleur après laquelle tout le monde aspirait en raison des vacances et pour la maturité des récoltes, est survenue brutalement. Et c'est maintenant une température torride que nous avons à subir, avec des 30° et même plus à l'ombre.

L'absence de vent rend encore cette chaleur plus difficile à supporter et les travaux des champs sont devenus très pénibles dans cette véritable fournaise. Cependant, mardi, le ciel  commençait à se couvrir et l'orage semblait proche. Espérons que des pluies viendront rafraîchir la température, mais souhaitons cependant qu'elles ne soient pas trop fréquentes et  que nous ayons un été suffisamment sec.

 

Septembre 1929  -  La sécheresse.  -  Le temps magnifique dont nous jouissons a aussi ses inconvénients. Aux cas d'insolation toujours possibles et aux véritables souffrances physiques que cause une température aussi élevée, il  faut ajouter le manque d'eau qui commence à inquiéter sérieusement les agriculteurs.

Non seulement, il ne pleut pas depuis plusieurs jours, mais l'année presque entière a été d'une sécheresse inaccoutumée. A la campagne, les cultivateurs qui n'ont pas de source sur  leur propriété, ou de puits, sont obligés d'aller chercher l'eau à la rivière pour les besoins de leur ménage et pour abreuver les bestiaux, et de la faire charrier à des distances quelquefois très grandes, d'où une gêne sensible et des dépenses considérables.

Les villes ne sont pas moins à plaindre. Pour abattre la poussière et donner un peu de fraîcheur dans les rues, elles sont obligées de faire arroser, ce qui grève incontestablement le  budget.

 

 Septembre 1929  -  Un enfant tué dans un cimetière.  -  Le jeune Michel Lanos, âgé de 7 ans, demeurant chez ses parents au Pin, passait auprès des sépultures des anciens curés du Pin, qui sont situées auprès de l'église et qui consistent en une colonne de pierre surmontée d'une boule, lorsque, pour une cause encore inconnue, l'une des colonnes d'un monument  datant de 1771, s'écroula.

La boule de la colonne écrasa la tête de l'enfant et une jambe. La mère et la grand-mère de l'enfant, accourues aussitôt à ses cris, le transportèrent chez elle où il expira est quelques heures après.

 

Octobre 1929  -  L'heure d'hiver.  -  Conformément à la loi du 24 mai 1923, c'est dans la nuit du samedi 5 au dimanche 6 octobre que l'heure d'été fera place à l'heure d'hiver, c'est à dire que les pendules devront être retardées de 60 minutes.  

 

Janvier 1932   -   Incendie suspect.    -   Au Pin, canton de Lisieux, le feu a anéanti, malgré les efforts des pompiers de Moyaux, une meule de blé, de 10 mètres sur 2, située près du chemin de Lisieux. Les dégâts assurés atteignent 20 000 francs. La gendarmerie a recueilli quelques indices troublants et a reçu le témoignage de Mme Louvet qui, sur la route, peu avant le sinistre, aurait entendu des bruits suspects du côté de la meule.  

 

Octobre 1937  -   Un chauffeur d’autobus écrasé sous une voiture de service.    Dimanche soir, au cours d'une tournée de kilométrage dans les environs

du Pin, en vue d'un nouvel aménagement d'horaire d'autobus, dans la région, M. Roger Corblin, chauffeur au service de la Société des Transports Départementaux, domicilié à Pont-l'Evêque, rue Thouret, a trouvé la mort dans les circonstances suivantes : Il accompagnait le directeur, M. Fanet, de Lisieux, et le chauffeur de la ligne de Notre-Dame-de-Courson, M. Germain : M. Fanet tenait le volant d'une petite Renault de service, quand, par suite, croit-on, du blocage d'une roue arrière, la voiture capota, projetant M. Corblin sous le véhicule. Les deux autres occupants s'en tirèrent indemnes. Le malheureux M. Corblin, écrasé, devait expirer en arrivant à l'hôpital de Pont-l'Evêque.

Le défunt, marié, sans enfant, n’était âgé que de 34 ans.

Il faisait régulièrement, depuis dix ans la ligne d'autobus « Pont-l'Evêque-Lisieux », par Manneville, Blangy, Le Pon, Moyaux, et c'est lui qui assurait le transport des sacs postaux.

Il était si connu et si estimé sur la ligne, tant pour sa complaisance que pour sa conscience professionnelle, qu'à l'annonce de l'éventualité d'un changement de fonctions et d'un déplacement, le conducteur, les usagers de la ligne avaient, un jour, pétitionné pour son maintien. Ils avaient eu gain de cause. (source le Moniteur du Calvados)

 

Octobre 1937  -   Les pronostics de l'Abbé GABRIEL.  Baromètre :  Le 18 octobre à 7 h. du matin : 775.

Thermomètre :

Maximum : 18° 2.   -   Minimum : 1° 4.

Temps probable pour le 20 : Vents des régions Est et Sud modérés, temps nuageux, brumeux, avec éclaircies. Température sans grand changement, plutôt en hausse. (source le Moniteur du Calvados)

 

Mai 1938   -   En voulant se donner la mort, un sexagénaire se mutile.   -  M. Constant, Lecornu, âgé de 62 ans, demeurant chez son gendre, M. Davy, charron, au Pin, a tenté de mettre fin à ses jours en se tirant un coup de fusil de chasse sous le menton.

L'arme dévia à gauche et le malheureux eut le maxillaire inférieur fracassé et la joue arrachée.

M. le docteur Boulard, de Cormeilles, qui l'a examiné, a prescrit son transfert à l'hôpital de Lisieux où M. le docteur Berthon, chirurgien en chef, lui a donné ses soins.  (source le Moniteur du Calvados)

 

Avril 1947  -  La reconnaissance alliée.    Le gouvernement des États-Unis a fait parvenir un diplôme d’honneur à M. Georges Borel, cultivateur au Pin, pour avoir porté secours, durant la guerre à des aviateurs alliés tombés dans la région. (Source, Le Bonhomme Libre)  

 

Septembre 1947  -    Une bénédiction de cloches au Pin.    Dimanche dernier la charmante commune du Pin a eu la joie d’accueillir l’évêque du diocèse venu présider le baptême de trois cloches.

Accueilli à la Maison des Œuvres, Mgr. Picaud fut conduit processionnellement jusqu’à l’église où M. le chanoine Trolong, curé-doyen de Dives célébra la messe. Les chants liturgiques furent assurés par la chorale des Petits Chanteurs de Saint-Roch, de Paris, et de Lambersart-lez-Lille, en colonie de vacances dans la région.

Un déjeuner réunit ensuite les personnalités civiles et religieuses, des toasts furent prononcés par MM. Asseline, maire du Pin, et par Mgr. Picaud. Au cours des vêpres, M. le chanoine Lecoq, directeur des Œuvres diocésaines, rappela le rôle des cloches dans la vie paroissiale. Ce fut ensuite les rites traditionnels du baptême en présence des parrains et marraines, Mmes Asseline, Béthune, Mlle Marque, et MM. Guthmann, René Laillier. 

La journée s’acheva par une kermesse très réussie et l’illumination de l’église et du Monument aux Morts. (Source, Le Bonhomme Libre)

Le Pin (Calvados)  -  L'Église

Commentaires et informations : Facebook @