UN SIÈCLE D'HISTOIRE DU CALVADOS

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MESNIL - AUZOUF

Canton d'Aunay-sur-Odon

Les habitants de la commune sont des Mesnil-Ursins, Mesnil-Ursines


Juin 1867   -   Une mort subite.   -   Vendredi l'après-midi, M. Jean Amiard, propriétaire à Mesnil-Ozouf, s'était rendu dans les bois qui avoisinent Jurques, pour visiter ses ouvriers, qui étaient à peler le tan.

Il était assis au milieu d'eux et venait de boire un verre de cidre, quand soudain, sa pipe lui échappa des lèvres, en même temps que son corps s'affaissait sur lui-même. M. Amiard venait d'être frappé de mort subite.  

 

Juillet 1869   -   Un secours.   -  M. le Ministre de l'instruction publique vient d'accorder à la commune de Loges-Saulces un secours de 2,000 fr., destiné à l'acquisition d'une maison d'école.

Son Excellence a également accordé à la commune de Mesnil-Auzouf une collection de livres pour la bibliothèque scolaire.

 

Décembre 1869   -   Un accident.   -   Le jour de Noël, vers 6 heures du matin, la nommée Françoise Marie, femme Coultibert, âgé de 57 ans, demeurant à Mesnil-Auzouf, est tombée accidentellement dans son puits, profond de quatre mètres, en puisant de l'eau.

Retirée 20 minutes après par son mari, accompagné de voisins, elle avait cessé de vivre.  

 

Novembre 1876  -  La neige.  -  La neige a fait son apparition dans notre ville, il en est tombé mercredi soir et jeudi dans la nuit. Hier, les toits étaient entièrement couverts, et le froid persistant l'a maintenue sur la terre. Aujourd'hui, le thermomètre est descendu à 6 degrés au-dessous de zéro.  

 

Janvier 1879  -  Construction d’écoles en 1878.  -   Pour le Calvados, 25 constructions nouvelles dans 22 communes, dans l’arrondissement de Vire : Courson, école de filles ; Presles, école de garçons ; Mesnil-Auzouf, 2 écoles.

 

Janvier 1889  -  Un acompte mal reçu.  -  Le sieur L….... est propriétaire à Mesnil-Auzouf. Deux de ses locataires n'étaient point en mesure de payer. Au lieu de procéder selon les voies légales, il se fâcha l'autre matin et enleva les portes et fenêtres des chambres de ses locataires. Grand branle-bas dans le pays, la dame L…….. a même reçu un tel coup de  poing sur l'œil qu'elle a dû voir un million  de chandelles. Cet acompte sur les loyers n'a pas été de son goût et plainte a été portée à la gendarmerie qui a dressé procès-verbal.

 

Juin 1884  -  Les dénicheurs de nids.    Un nommé Auguste Martin, 32 ans, journalier à Mesnil-Auzouf, empruntait, l'autre jour, une échelle pour gagner l'extrémité d'un arbre où il voulait atteindre un nid. L'échelle se trouva trop courte. On courut en chercher une autre qui se fit un peu attendre. Martin, impatient, se hasarda à mettre le pied sur une branche sèche qui se cassa, il tomba et est mort dans la nuit suivante.

 

Janvier 1885  -  Les suites d’une erreur.  -  Le tirage au sort du canton d'Aunay a été marqué par une erreur regrettable. Le sous-préfet de Vire faisait l'appel des conscrits, leurs noms étaient inscrits par un agent de la voirie. L'appel terminé, l'agent additionne, mais, dans son calcul, il se trompe d'une dizaine, et on met dans l'urne 70 numéros, au lieu de 80, nombre égal à celui des conscrits inscrits.

Le sous-préfet s'aperçoit de l'erreur au 68e conscrit, et, malgré les protestations des personnes présentes, ajoute aux deux numéros restant les numéros de 71 à 80, qui sont échus  aux conscrits des communes de St-Georges et du Mesnil-Auzouf, qui n'avaient pas encore mis la main dans l'urne.

Le sous-préfet et son secrétaire improvisé ont été hués, et il a fallu que les gendarmes tirassent leur sabre pour maintenir les conscrits et leurs parents qui voulaient tout casser. Nous espérons que la préfecture va prendre au sérieux la pétition qui a été signée, séance tenante, par les intéressé ?, et que satisfaction leur sera donnée.

 

Février 1885  -  Le tirage d’Aunay.  -  L'affaire du tirage d'Aunay est réglée. Les conscrits qui ont tiré les premiers restent avec leurs numéros. Les conscrits qui ont tiré après les dix numéros ajoutés sont ajournés à l'année prochaine et tireront de nouveau en 1886.

 

Février 1885  -  Tempêtes.  Une tempête s'est fait sentir dans notre région. Dimanche dernier dans l’après-midi, vers 3 heures, une légère secousse, attribuée à un petit tremblement de terre, s'est fait sentir à Caen. L'oscillation n'a duré que deux ou trois secondes. Elle a été précédée d'un bruit assez semblable à celui que ferait une voiture  lourdement chargée passant sur le pavé.

A Balleroy et à Vaubabon, des secousses ont été également ressenties. A Littry, un sieur L..., demeurant sur le bord de la route de Balleroy, près la gare, a été secoué d'une façon telle qu'il a perdu l'équilibre et est tombé sur le plancher.

Dimanche aussi, entre 4 heures 1/2 et 5 heures, et à 10 minutes d'intervalle, deux secousses de tremblement de terre ont été ressenties à Villers-Bocage. Un bruit souterrain, ressemblant à celui que produirait une charrette pesamment chargée et lancée au galop dans la rue, a été facilement perçu en même temps que les piles d'assiettes, et les fenêtres étaient ébranlées.

Dans la nuit, la maison du sieur Charles Alexandre Lepetit, journalier à Mesnil-Auzouf, s'est effondrée sous la violence du vent. Le sieur Lepetit, fort heureusement, n'était pas chez lui.

 

Août 1885  -  Un crime.  -  Un nouvel assassinat, le troisième depuis quatre mois, vient d'être commis dans le canton d'Aunay-sur-Odon. Le nommé Aristide Cailly, bourrelier, âgé de 34 ans, avait épousé, il y a quelques années, une veuve Martin, à peu près de son âge, et qui avait une fille de onze ans. Peu après le mariage, Cailly s'adonna à la boisson, dépensa tout son argent au cabaret, et battit souvent sa femme. Il fallut fermer la boutique.  Cailly alla en journée, mais, comme il buvait tout son gain, la misère était noire à la maison. Quand la femme, demandait du pain, elle recevait des coups. L'an dernier, Cailly fut condamné à la prison pour vol d'eau-de-vie. Une fois sorti, il recommença, sa vie de débauche. La femme Cailly voulut demander sa séparation, Cailly, exaspéré, la battit cruellement, qu'elle en fut folle pendant quelque temps. 

La semaine dernière, dans la nuit de lundi à mardi, la femme Cailly alla réveiller le garde champêtre de Mesnil-Auzouf, en le priant de venir chez elle. Il s'y rendit et trouva Cailly  étendu à moitié déshabillé sur son lit et baigné de sang. La femme Cailly raconta en pleurant au garde que, se voyant menacée de mort par son mari, qui était ivre, elle avait saisi une bûche de hêtre avec laquelle elle lui avait donné un coup sur la tête, qu'il avait voulu se lever du lit en renouvelant ses menaces, et que, craignant d'être tuée, elle avait, frappé de nouveau, non pour le tuer, mais pour le mettre dans l'impossibilité de la maltraiter. Arrêtée, elle a maintenu ses dires.

D'après une autre version, la bûche qui a servi à tuer Cailly avait été choisie et préparée depuis longtemps, et la femme Cailly aurait profité du sommeil de son mari pour l'assassiner. Son crime accompli, elle a dû laver le visage de la victime et cacher les linges qui ont servi à le nettoyer. L'enquête fera la lumière à ce sujet.  

 

Juin 1890  -  Trop de loisirs.  -  Le sieur Jean Lerouilly, 47 ans, demeurant au Tourneur, est officier de santé. Sa clientèle lui donne des loisirs qu'il emploie, malheureusement pour lui, à boire. Ces jours-ci, il avait tellement bu qu'il s'en alla dormir dans l'église de Mesnil-Auzouf, d'où le curé dut le déloger vers huit heures du soir. Sorti de là, il rencontra les gendarmes qu'il insulta. Arrêté, Lerouilly a été conduit au parquet de Vire.  

 

Juillet 1890  -  Suicide.  -  Le sieur Émilien Lepetit, 23 ans, déserteur du 28e de ligne depuis le 14 janvier dernier journalier à Mesnil-Auzouf, avant son entrée au service, a été trouvé pendu à la branche d'un chêne, dans un hameau de cette commune. 

 

Juillet 1890  -  L’horreur du service militaire.  -  Nous avons dit que le sieur Émilien Lepetit, 22 ans, né et demeurant à Mesnil-Auzouf, s'était suicidé. Voici dans quelles circonstances : Lepetit était marié et père de trois enfants, il tomba au sort il y a deux ans et fut incorporé au 28e régiment de ligne, à Évreux. Bientôt, dégoûté de la vie militaire, Lepetit quitta le corps et s'en alla en Belgique, il fut porté déserteur au bout du temps voulu. 

La nostalgie du pays s'empara de lui et il rentra en France. Il faudrait un volume pour énumérer tous les trucs qu'il employa pour ne voyager que la nuit, ne pas passer dans les petites villes, craignant sans cesse d'être arrêté par les gendarmes. Il put ainsi regagner son village natal, il y a quatre mois, il embrassa sa femme et ses enfants et se réfugia dans les bois d'Aunay où il séjourna, ne se montrant à qui que ce fût. Sa femme lui portait des vêtements et de la nourriture, il allait de temps à autre chez ses beaux-parents et, chez sa femme. Après avoir passé la journée avec sa femme chez son beau-père, il dit à sa femme qu'il ne pouvait mener plus longtemps une pareille existence et, qu'il était disposé à rejoindre son régiment, quoiqu'il pût advenir de lui. Il sortit, disant qu'il allait rentrer. Mais sa femme, ne le voyant pas revenir, eut quelque inquiétude, alla voir ce qu'il devenait. Elle le vit au bout d'un plant, pendu à une branche de pommier. Elle coupa la corde et voulut le rappeler à la vie, mais le malheureux était mort.  (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Mai 1891  -  Violation de sépulture.  -  Le sieur François Delaunay, ancien cantonnier à Mesnil-Auzouf, faisait partie d'une société républicaine. A son décès, les membres de cette société déposèrent sur sa tombe une couronne. Quelques jours après, elle était jetée de côté, le maire la fit replacer. Dernièrement, elle disparaissait. On accusa d'abord le garde champêtre Manger. Les gendarmes allèrent le trouver. Manger  leur dit qu'il n'avait pas commis cette profanation, mais qu'il savait-qui en avait été l'auteur. Il ajouta que si la couronne n'avait pas disparu, lui se serait chargé de la faire disparaître et que c'aurait bien été son droit en qualité de parent éloigné du défunt. Mais il ne voulut pas faire connaître l'auteur du méfait. L'enquête l'a fait néanmoins découvrir. C'est le sieur Jean Colleu, 47 ans, étameur et parent du défunt. Des poursuites vont être exercées. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

 Mai 1891  -  Le fer coffre-fort.  -   Un sieur Arsène Panel, cultivateur à Mesnil-Auzouf, avait caché, dans un fer creux de blanchisseuse, quatre billets de banque de cent francs, et il avait pendu le fer au plafond d'une des chambre de la maison. Dernièrement, le fer disparut et son contenu avec lui. Il est à croire que l'auteur de ce vol connaissait à fond les habitudes du maître du logis et la mystérieuse cachette, mais il est resté inconnu. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Décembre 1891  -  Une réclame qui coûte cher.  -  Le curé de Mesnil-Auzouf avait déclaré à ses ouailles que tout cierge, donné pour quelque service que ce soit et ne provenant pas du petit magasin tenu par son custos favori, serait impitoyablement refusé par lui. Ce qu'il y a de plus drôle, c'est que le curé, en voulant faire de la réclame pour son custos, lui a joué un mauvais tour. Jusqu'ici, alors qu'on pouvait parfaitement ignorer que cet industriel vendait des cierges, il ne payait pas de patente. Mais, la déclaration du prêtre étant parvenue aux oreilles du percepteur, celui-ci va s'empresser assurément d'en faire prendre une au pauvre custos. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Mars 1893  -  Disparition.  -  La semaine dernière, le sieur André Conseil, cultivateur, quittait Mesnil-Auzouf, amenant à Vire une vache qu'il désirait vendre. 

Il coucha à la Papillonière et trouva de bonne heure, sur le marché aux bestiaux, acquéreur de l'animal. Vers 8 heures du matin, il alla en gare livrer la vache. Mais, à partir de ce moment, on ne sait ce qu'il est devenu et on se perd en conjectures sur son sort. D'aucuns iraient même jusqu'à penser qu'un malfaiteur, dans l'intention de s'emparer du prix de son marché, aurait pu le tuer. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Avril 1894  -  Encore les nomades.  -  Le sieur Pierre Desmaisons, 74 ans, à Mesnil-Auzouf, se rendait samedi au marché d'Aunay-sur-Odon, lorsque, à 150 mètres du bourg, il fut accosté par une marchande ambulante à laquelle il acheta des lacets pour souliers. Pour la payer, il atteignit son porte-monnaie renfermant 23 fr. À peine le tenait-il dans ses mains que la marchande s'en empara et s'enfuit à toutes jambes à travers un herbage. 

Le sieur Desmaisons la rejoignit, mais elle culbuta le vieillard et repartit à travers champs. Le sieur Desmaisons continua sa poursuite et ramena la voleuse sur la place du Marché, mais elle avait déjà remis le porte-monnaie à un individu qui avait pris la fuite. Cette femme a déclaré se nommer Alexandrine Postel, 25 ans, saltimbanque. Interrogée sur le vol qui lui était imputé, elle déclara en être innocente. Elle reconnut que le sieur Desmaisons avait voulu lui acheter des lacets, puis qu'il lui avait demandé ses faveurs moyennant 1 franc, et si elle avait pris la fuite, c'était pour ne pas tenir à l'engagement pris. Cette femme faisait partie de la bande de nomades soupçonnés du vol commis dans l'église de Vassy. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Juin 1894  -  L’immoralité.   -  Théophile Madeleine, 17 ans, garçon boulanger chez le sieur Ménard, à Mesnil-Auzouf, revenait d'une tournée, samedi l'après-midi, avec un camion. Sur son chemin, il fit la rencontre du nommé Arsène Lantier, 26 ans, demeurant à Saint-Georges-d'Aunay. Les deux garçons faisaient route ensemble, lorsque Madeleine saisit brutalement Lantier et l'entraîna de force dans un champ. Là il l’aurait renversé par terre et aurait voulu accomplir sur lui un acte contre nature. Il ne put arriver à ses fins, grâce à la résistance de Lantier qui le menaça de le dénoncer a la gendarmerie. 

Pour acheter sont silence, Madeleine lui proposa deux pièces de cinq francs, qui furent refusées. Alors le jeune boulanger se jeta de nouveau sur Lantier, le poussa avec brutalité dans le fond d'un fossé et lui aurait fait un mauvais parti s'il n'eût aperçu des personnes venant sur la route. Plainte a été portée et Madeleine a avoué son acte de bestialité. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Octobre 1894  -  Les voleurs de chevaux et de voitures.   -  Un nommé Désiré Septvents, 20 ans, s'était engagé comme domestique chez la dame Malvina Catel, demeurant à Mesnil-Auzouf. Il emprunta à sa maîtresse son cheval et sa voiture pour aller chercher ses effets à St-Jean-des-Essartiers. Mais c'était pour vendre le cheval et la voiture s'il le pouvait. Le cheval a été vendu 220 fr. à un marchand de chevaux, mais payable seulement dans quarante jours. La dame Catel a donc pu rentrer en possession de son cheval et de sa voiture. 

— Moins heureux est le sieur Georges Boscher, loueur de voitures à Lisieux, auquel un individu, se disant voyageur de commerce, à loué pour la journée, une charrette anglaise attelée d'un poney noir, pour faire la tournée de Beuvillers, Glos et la Chapelle-Yvon. Le soi-disant voyageur n'a pas reparu, il a filé, avec l'attelage, par la route de Paris. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Octobre 1897  -  Souffrances, misère et alcoolisme.  -  La veuve Danjou, 66 ans, débitante au Mesnil-Auzouf, s'est pendue au-dessus de son lit avec un mouchoir de poche. Cette femme était atteinte d'une maladie qui la faisait beaucoup souffrir. Pour s'étourdir, elle buvait de plus, elle était dans une grande gêne, trois causes qui l'ont déterminée à se donner la mort. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Juin 1898  -  Acte inqualifiable.     Le sieur Frédéric Desmaisons, propriétaire à Montamy. près Bény-Bocage, a retiré d'un puits qu'il possède dans un herbage, à Mesnil-Auzouf, trois morceaux de lard, pesant ensemble dix kilogrammes, qu'une main criminelle y avait jetés. Cette eau servant à abreuver les bestiaux dans l'herbage, la viande corrompue aurait pu les empoisonner, si le sieur Desmaisons ne s'était aperçu à temps de sa présence dans le puits. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Décembre 1898  -  Suicides.  -  Le sieur Aimable Dupont, 50 ans, domicilié au Mesnil-Au-zouf, s'est coupé la gorge d'un coup de rasoir, à Montchauvet, près Bény-Bocage, chez sa mère, 70 ans, où il travaillait plusieurs jours par semaine. Il a expiré au bout de quelques heures. On dit que le désespéré se serait suicidé parce qu'une jeune fille du Mesnil-Auzouf, qui fut quelque temps au service de la mère de Dupont, serait enceinte de ses oeuvres. 

—- Une jeune fille de 18 ans 1/2, jouissant de la meilleure réputation, s'est jetée dans l'étang du château de Versainville, près Falaise. Le valet de chambre de M. de Versainville se jeta dans l'eau et parvint à ramener le corps au bord de l'étang, mais la mort avait déjà fait son oeuvre. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Novembre 1899  -  Incendie. -  La nuit vers 1 heure, la servante de M. Brière, rentier a Mesnil-Auzouf, était réveillée par un bruit insolite. Au même instant, elle s'apercevait une vive lueur dans sa chambre. Croyant tout d'abord que le feu était à la maison, elle eut la présence d'esprit d'appeler son maître, puis sortit aussitôt dans la rue.

À ce moment elle vit que le bâtiment à usage d'écurie, de cellier et de bûcher appartenant au sieur Morin, menuisier, son voisin, était en feu. Deux chèvres enfermées dans l'écurie,  dont la porte d'entrée brûlait, ont péri dans les flammes. Plusieurs stères de bois à brûler, des bourrées, un baril de ciment, deux poulies et environ 30 bottes de fourrage qui étaient dans ledit bâtiment n'ont pu être sauvés.  

 

Février 1901  -  Fait divers.   -   La Servantes des époux Doublet, propriétaire, avait mis dans son lit une brique chaude. Elle fut bientôt réveillée par une forte odeur. Le lit a été brûlé ainsi que divers effets d'habillement.  

 

Mai 1904  -   Incendie.   -  D'une boulangerie et d'une cave, au sieur Théophile Leberger, à Mesnil-Auzouf. Pertes, 1 200fr. Assuré. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Février 1907  -  L'impôt sur le revenu.  -  Contrairement à ce qui avait été annoncé officiellement, ce n'est pas au conseil des ministres de samedi que le gouvernement délibérera sur le projet d'impôt sur le revenu qu'a préparé M. Caillaux. 

Il est très probable, d'ailleurs, que les ministres ne se réuniront pas samedi et que le prochain conseil n'aura lieu que la semaine prochaine.

D'autre part, M. Caillaux a demandé à ses collègues de lui réservé une séance toute entière du conseil des ministres pour l'examen de son projet. Et le gouvernement a, au  préalable, une série de questions à régler, qui l'obligeront à ajourner sa délibération sur le travail de M. Caillaux. (Source  : Le Moniteur du Calvados)

 

Février 1907  -  L'impôt sur les Bicyclettes.  -  L'article 3 de la loi du 17 avril 1906 a transformé la taxe sur les vélocipèdes en impôt indirect. Complétant ces dispositions, l'article 23 de la loi de finances du 30 janvier 1907, a décidé que la perception de cet impôt serait assurée par l'apposition sur les machines de plaques renouvelables annuellement et dont le prix est fixé à 3 fr. par plaque pour les vélocipèdes ordinaires et à 12 francs par place pour les motocycles. 

L'administration des contributions indirectes, chargée de l'exécution de ces prescriptions et de la vente des plaques au public, informe les détenteurs de vélocipèdes qu'ils sont tenus de munir immédiatement (au plus tard pour le 1er mars 1907) leurs appareils de nouvelles plaques de contrôle modèle 1907, et qu'ils pourront s'en procurer en faisant connaître leur nom et leur adresse dans l'un des bureaux désignés. (Source  : Le Moniteur du Calvados)

 

Février 1907  -  Foire.  -  La première foire de cette année, à Mesnil-Auzouf, aura lieu le second mardi de février, 12 février.

 

Juillet 1913  -  Une affaire de Mœurs aux Assises.  -  Sur le banc des assises le jeune Julien Deslandes, 16 ans, ouvrier mineur à Mesnil-Auzouf, coupable d'avoir commis dans le  courant de 1913 une série d'attentats sur une fillette de Mesnil-Auzouf et divers gestes obscènes dont ont été victimes ou témoins deux petits écoliers de la même commune. Pour sa défense, Julien Deslandes, qui avoue, prétend que le jour ou a été commis le premier crime qui lui est reproché, il sortait de boire du gros cidre avec le père de sa victime et il prétend qu'étant en état d'ébriété, il n'a pas conscience de se qu'il faisait.

Deslandes a été placé chez M. Bunel à Mesnil-Patry comme petit valet, où il est resté deux ans; chez M. Pierre Auvray, à Colleville-Mondrainville, pendant un an. Il a laissé chez ses patrons la réputation d'un bon travailleur. De là il a travaillé avec son beau-frère à la mine de Jurques puis à celle de Mesnil-Auzouf. Les parents, mère et Beau-père, sont bien  considérés sous tous les rapports. Deslandes est condamné à un an de prison.

 

Mai 1914  -  Un pendu.  -  Le 27 mai, dans la soirée, le sieur Léon Desmaisons, 33 ans, cultivateur à Mesnil-Auzouf, s'est pendu dans une étable contiguë à sa maison d'habitation. Le lendemain matin sa femme, ne le voyant pas revenir, se mit à sa recherche. Aidée d'un voisin, elle découvrit le cadavre de son mari suspendu par un lien à l'une des solives, les  pieds touchant presque le sol. M. Ansselin, médecin à Montamy, ne put que constater le décès du malheureux qui s'adonnait à la boisson et ne jouissait pas de toutes ses facultés  mentales.

 

Novembre 1917  -  Suicide.  -  Le 3 courant le facteur Pépin faisant sa tournée de l'après-midi, se rendit chez M. Alphonse Fauste, dit Anne, 86 ans, sans profession, demeurant à Mesnil-Auzouf.

Lorsqu'il pénétra dans la cuisine pour remettre une lettre au vieillard, il trouva celui-ci pendu. Aidé d'un voisin il dépendit le cadavre qu’il déposa sur un lit. La fille du défunt qui était aux champs à travailler, fut prévenue aussitôt.

Malgré les soins dévoués que lui prodiguait sa fille, M. Fauste avait déjà tenté, à plusieurs reprises d'en finir avec la vie.

 

Avril 1918  -  La circulation des autos.  -  Les gendarmes de Mesnil-Auzouf ont dressé procès-verbal pour infraction au décret de décembre 1917, contre M. Armand Guesdon, employé à la maison Zakrzevoski, de Flers-de-l'Orne, qui circulait en auto sans sauf-conduit, ni carnet d'essence.

 

Avril  1919    -     Arrestation.   -   La gendarmerie a arrêté le 6 avril, en flagrant délit de vagabondage, le nommé Dayes (Albert-OvIde), 26 ans, sans profession. (Source  : Le Moniteur du Calvados)

 

Février 1924  -  Un mari égorge sa femme.  -  Au Mesnil-Auzouf, pendant qu’avaient lieu les obsèques du vénérable curé du Mesnil-Auzouf, M. l’abbé Georget, âgé de 81 ans, un  crime épouvantable s’est déroulé au village de la Fossillières, situé à 3 kilomètres du bourg du Mesnil-Auzouf. Dans ce village, composé d’une dizaine de feux, vivaient depuis de longues années les époux Lehéron, le mari âgé de 52 ans, la femme née Lebourgeois Améria, 47 ans. Pendant les premières années, l’homme se montrait sobre et travailleur et la femme bonne ménagère, qualités qui leur permirent de mettre de l’argent de coté et d’acheter la petite ferme qu’ils exploitaient jusqu’à ce jour. 

Deux enfants naquirent, un garçon aujourd’hui âgé de 19 ans, et une fille âgée de 13 ans. Les années se passèrent et l’homme perdit peu à peu ses habitudes de tempérance,  s’adonna à la boisson, dont l’excès lui donna des crises de delirium tremens, qui nécessitèrent, il y a quelques années, son internement pendant trois ans une maison de santé.  

Réclamé par sa femme, il fut rendu à la liberté et reprit à la ferme les travaux quotidiens, mais malheureusement continua à s’adonner à sa funeste passion. Elle devait être la cause du crime atroce qui met aujourd’hui dans la consternation et l’épouvante la paisible population du Mesnil-Auzouf. Jeudi, vers midi, Lehéron était assis à la table. Il était songeur et   semblait méditer quelque mauvais coup. Sa femme était agenouillée près de lui, en train de couper des betteraves pour les bêtes, lorsque tout à coup l’alcoolique se leva et  saisissant sur la table un couteau genre Pradel, dont il avait préalablement  aiguisé la lame, il se précipita sur la femme et lui plongea à trois reprises différentes son arme dans le  cou, lui tranchant nettement l’artère carotide. Malgré sa blessure horrible et mortelle, la malheureuse  victime eut encore la force de désarmer son meurtrier et de sortir à la recherche de secours qu’elle ne put trouver chez ses proches voisins, tous partis à l’inhumation de leur curé.

Cependant perdant son sang en abondance, elle arrive après avoir parcouru plus de 200 mètres, chez les époux Daigremont, où elle tomba inanimée. La nouvelle de cet horrible  crime fut vite répandue dans la contrée. M. Dumont, chef de la brigade de Mesnil-Auzouf, se transporta immédiatement sur les  lieux et arrêta le meurtrier qui, tout hébété ne semble pas se rendre compte de l’acte abominable dont il se rendit coupable. M. le docteur Gautier, de Saint-Martin-des-Besaces, vint prodiguer ses soins à la malheureuse victime, qui expira vers 17 heures. Ce matin, M. Bazire, procureur de la République ; M. Bourdonnais, juge d’instruction ; M. le docteur Laisné, médecin-légiste, se sont transportés à 8 heures à la maison du crime

 

Février 1924  -  L’assassin.  -  Mercredi, vers 11 heures 30, un homme mal vêtu, hirsute, escorté par les gendarmes descendait, l'avenue de MeuvilIe, On le conduisait à la gare et des passants lui jetaient un coup d’œil indifférent, ne se doutant pas que cet homme était Lehéron, le meurtrier qui égorgea sa femme le 7 février.  Lehéron est actuellement à  Caen où il doit subir un examen mental.

 

Août 1925  -  Il détenait des engins prohibés.  -  Des gendarmes ayant trouvé des collets chez le sieur Marie Pierre, âgé de 61 ans, journalier à Mesnil-Ozouf, celui-ci s'entend condamner à une amende de 100 francs.

 

Octobre 1925  -  Un accident mortel.  -  Un domestique, M. Pierre Castel, 24 ans, au service de Mme veuve Morin, était venu avec un attelage pour transporter du bois. M. Georges engagea le charretier à ne pas prendre, avec sa voiture, un chemin très difficile. Castel refusa d'écouter ce conseil.

La voiture versa et le charretier tomba à terre. Relevé aussitôt, il ne tarda pas à expirer. Il était atteint d’une fracture de la colonne vertébrale.

 

Juillet 1927  -  Une baptiseuse.  -  Poursuivie pour avoir baptisé et écrémé le lait qu'elle livrait à la fromagerie d'Aunay-St-Georges, Léa Guérard, veuve Lacaine, 37 ans, cultivatrice au Mesnil-Auzouf, a été condamné par le tribunal de Caen, à 4 mois de prison sans sursis, à 1000 francs d'amende et à l'insertion du jugement.

 

Avril 1931  -  Subvention.  -  Le Conseil général adopte les conclusions d'un rapport portant répartition des subventions du département aux communes pour les bâtiments communaux. Un crédit de 15.000 francs est affecté au budget de 1931 pour venir en aide aux communes, dans les dépenses de construction ou de réparation aux bâtiments communaux autres que les écoles primaires. 

Un certain nombre de demandes ont été présentées.  A la Commission des Travaux publics et propose de donner satisfaction à ces demandes à concurrence d'une somme totale de 10 550 francs, conformément aux propositions suivantes : Mesnil-Auzouf.      Réparations aux bâtiments communaux, 500 fr.  

 

Septembre 1937  -  Une ligne électrique sabotée.  -  Un inconnu a été ou laissé tomber sur la ligne électrique allant de Mesnil-Auzouf à Brémoy, au lieu dit les Vallées, une branche de frêne de 5 mètres de long environ, provoquant, ainsi un court-circuit à la suite d'une rupture du fil. 

II en résulta une interruption assez longue dans le fonctionnement du réseau et des dégâts importants de matériel à la sous-station de Jurques. 

La Société Électrique de Caen, estime le préjudice à 20 000 francs environ. La gendarmerie enquête.  (Source  : Le Moniteur du Calvados)  

 

Décembre 1938   -   Pan ! dans le barrage…   -   M. Maurice Marivingt, mécanicien au dit lieu, circulait en automobile sur la route du Plessis-Grimoult, lorsqu'il heurta tout à coup une perche qui formait barrage dans le virage, à deux km. environ du Mesnil-Auzouf. Ce barrage possédait une lanterne placée en son milieu, mais dont la lumière n'était pas visible  des automobilistes en raison d'une maison qui s'élève en bordure de la route. 

M. Marivingt, qui estime à 500 francs le préjudice causé à sa voiture, a porté plainte. (Source  : Le Moniteur du Calvados)

 

Décembre 1943    -   Fait divers.   -    Trois cultivateurs de Mesnil-Auzouf dont, M. Ernest Lerout, 34 ans, avaient procédé, chez M. Fernand Ledunois cultivateur au village des Veux à un chargement de pommes. La voiture venait de quitter ta ferme et était engagée dans un chemin étroit conduisant à la route, quand M. I.erout qui marchait derrière l'attelage, voulut le dépasser. 

Ce faisant, il fit un faux pas et tomba. L'une des roues de la voiture écrasa le thorax et la tête du malheureux cultivateur, qui fut tué sur le coup.  

 

Mars 1944    -   Fait divers.   -   Prés du Mesnil-Auzouf, 4 jeunes individus, probablement de la région, se présentent chez les époux Morin. Après avoir demandé s'il y avait des armes, ils exigent  100.000 fr., M. Morin leur offre 20 fr. qu’ils refusent. Ils restent près d’une heure et demi dans la maison , puis se retirent sans rien emporter.

 

Juin 1946  -  Prudence ou distraction.  -  les gendarmes du Mesnil-Auzouf ont trouvé dans un car assurant le service Vire-Caen, deux valises sans propriétaires renfermant 33 kilos de beurre. Un jerrican contenant 20 litres d’eau-de-vie de cidre à 69 degrés a été découvert dans les même circonstances. (Source : Le Bonhomme Libre)

MESNIL-AUZOUF

L'Église et le Monument

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