LE MESNIL - GERMAIN 

Canton de Livarot

Les habitants de la commune de Mesnil-Germain sont des Mesnil-Germinois et Mesnil-Germinoises

Septembre 1866   -   Décret impérial.   -   Par décret impérial du 14 août 1866, la commune Mesnil-Germain est autorisée à emprunter la somme de 1960 francs, pour l'agrandissement de la maison d'école.  

 

Janvier 1869   -   Un drame.   -   Le 27 janvier, vers 6 heures du soir, le sieur Alexandre Coudret dit La Rose, âgé de 67 ans, équarrisseur, à Mesnil-Germain, a été trouvé mort à 100 mètres de son domicile sur un petit chemin rural. Il avait près de lui une bouteille remplie de cidre.

On suppose que cette mort a été amenée par une congestion cérébrale.  

 

Janvier 1874   -   Adultère.  -  Marie-Pulchérie Lucas, femme Duchesne, 34 ans, journalière à Mesnil-Germain, et Jean-Eugène Brisset, 45 ans, menuisier à Auquainville, poursuivis pour adultère, devant le tribunal correctionnel de Lisieux, ont été condamnés : la femme Duchesne à 3 mois de prison et 16 fr. d'amende, le sieur Brisset à un mois de la même peine, et tous deux solidairement aux dépens.  

 

Juillet 1874   -   Incendie causé par un bolide   -  On écrit de Mesnil-Germain, que le mercredi 1er juillet, un bolide a éclaté au-dessus de cette commune. Des parcelles en ignition sont tombées sur une maison appartenant à M. Target, propriétaire à Lisieux, occupée par M.Amand Leveneur. Un pressoir, une cave, une écurie, une charreterie et deux greniers ont été consumés, ainsi que cinq fûts contenant 8 000 litres de cidre et 120 litres d’eau-de-vie, du bois débité, des équipages, des cercles, du foin, etc….. La perte est évaluée à 10 000 fr. pour le propriétaire, et 2 000 fr. pour le fermier.

 

Juillet 1880  -  A propos de congés.  -  Il parait que la circulaire ministérielle accordant un jour de congé à toutes les écoles, à l'occasion de la fête nationale, n'a pas semblé bien sérieuse à l'institutrice de Mesnil-Germain, ou qu'elle n'a pas cru devoir s'y conformer. En effet, elle a fait l'école le mercredi 14 juillet. On prétend, il est vrai, qu'elle a cédé en cela à la demande des parents, qui avaient envoyé leurs enfants à l'école pour se livrer à la récolte des foins. Mais elle pouvait toujours se dispenser de faire la classe et conduire les enfants en promenade. Elle eût ainsi donné le congé prescrit et ne se fût pas exposée à recevoir le sien.  

 

Novembre 1890  - Les voleurs de bestiaux.  -  Le nommé Alexis Lecamus s'était établi fermier à Mesnil-Germain, il avait avec lui sa femme, son fils Edmond, 14 ans, et son frère Modeste, 40 ans, déjà condamné, trois fois. Pour garnir son étable, il lui fallait des vaches, avec l'aide des siens, il en vola trois : l'une à Marolles, chez le sieur Dumoulin ; l'autre à Coupesarte, chez le sieur André Mérouze, et la troisième au sieur Picot, des Authieux-Papion. Cette peu intéressante famille vient de comparaître devant le tribunal de Lisieux qui a condamné Alexis Lecamus et sa femme, chacun à 4 ans ; Modeste Lecamus, à 3 ans, et Edmond Lecamus, à 6 mois.  

 

Octobre 1893  -  La résurrection d’Emma.  -  Au mois d'avril de l'année dernière, la famille Céré, demeurant à Lisieux, impasse des Mathurins, était plongée dans le deuil, par un événement tragique. Le cadavre d'une femme avait été trouvé dans une mare à Mesnil-Germain, et les constatations établissaient d'une façon certaine l'identité de la noyée, reconnue par tous pour la femme du sieur Géré. 

La jeune fille de la prétendue morte n'hésitait pas elle même à reconnaître sa mère. La femme Emma Céré, 45 ans, vivait depuis plusieurs années séparée de son mari, on la croyait en condition à Livarot, bien portante, il n'y eut qu'une voix pour dire qu'elle était venue se noyer volontairement à Mesnil-Germain. 

L'inhumation eut donc lieu, et l'acte de décès fut dressé, à la mairie de l'endroit, en bonne et due forme. Mais, voilà que dernièrement une lettre arrivait de Meulan (Seine-et-Oise), signée de la défunte. 

On crut d'abord à une farce, mais il a bien fallu se rendre à l'évidence, car ces jours-ci Emma Céré est arrivée à Lisieux juste à temps pour empêcher son mari de se remarier. L'histoire ne dit pas si elle a été bien reçue. Quant au brave homme de Céré, quand on lui demande des explications, il répond : « Ma fé, quand j'sieux arrivé, la bière était fermée, je n'l'ai pas fait rouvrir, j'ai suivi l'cercueil et j'ai pleuré comme un vieau…… ». (Source B.N.)  

 

Mars 1894  -  Mort accidentelle.  -  Vendredi soir, la femme Goubin, 50 ans, fermière à Mesnil-Germain, qui était occupée à couler la lessive dans la bouillerie, est tombée dans le trou à vidange qui sert à mettre les brocs. Quand on s'en est aperçu, elle était asphyxiée par cette eau puante. (Source B.N.)  

 

Décembre 1894  -  Immoralité.   -  Auguste Favrel, cordonnier à Mesnil-Germain, avait attiré chez lui Les petites Marguerite Jacob, 7 ans, et Alice Lecamus, 8 ans. L'une des enfants ne voulut sans doute pas se soumettre à ce que Favrel exigeait d'elle, car il la frappa. Les cris de la petite fille furent entendus d'un voisin qui entr'ouvrit la porte et vit des choses qui ont déterminé le tribunal de Lisieux à juger cette affaire à huis clos. Favrel a été condamné à treize mois de prison. (source B. N.)  

 

Mai 1897  -  Médaille d’honneur.  -  Une médaille d'honneur a été décernée à M. de Mély, maire de Mesnil-Germain (Calvados) pour sa conduite lors de l'incendie du Bazar de la Charité. (source B. N.)  

 

Mars 1898  -  Mal récompensé. -  Il y a quelques jours, le sieur Galienne, cultivateur à Mesnil-Germain, envoyait à Lisieux son domestique, le nommé Peschet, avec une voiture et un cheval, avec recommandation de rentrer avant la nuit. Le soir, à 9 heures, Peschet n'étant pas rentré, le maître se coucha. Le lendemain, il trouva son domestique dans son lit, de cheval et de voiture, point. « J'ai eu peur, expliqua-t-il, d'attraper un procès pour défaut de lanterne et je les ai laissés à Saint-Martin-de-la-Lieue ». Le sieur Galienne dépêcha son gardien à la recherche de l'attelage. Celui-ci trouva bien la voiture au bas de la côte de Saint-Martin-de-la-Lieue, mais le cheval était tombé dans un précipice, où il parait avoir été poussé par violence. La pauvre bête était morte. Quelques jours auparavant, le sieur Galienne avait surpris son domestique lui volant de l’avoine, puis, touché de ses regrets, il lui avait pardonné. (source B. N.)

 

Octobre 1916  -  Les braves.  -  La médaille militaire a été conférée à MM. Émile Morel, de Sept Frères ; Maurice Rose, de Mesnil-Germain ; Octave Angot, de Balleroy, mort au champ d'honneur ; Gustave Narcisse, de Caen, soldat au 74e ; Alphonse Cathrin, de Caen, soldat au 23e territorial ; Furon, de Tour-en-Bessin, caporal au 236e d'Infanterie.

 

Novembre 1916  -  Formalités !   -  Comment se fait-il donc que les familles des braves, morts pour la patrie, aient tant de peine à recouvrer les sommes trouvées dans les vêlements de leurs chers défunts ? Un de nos concitoyens, qui a perdu son fils au front, a toutes les peines du monde à se faire rendre les 329 francs que le pauvre garçon portait sur lui, restes d'une somme que son père lui avait remise en partant ? On a pourtant renvoyé ses autres effets. 

Pourquoi aussi exige-t-on des familles de blessés frappés au champ de bataille, mais morts seulement plus tard, à l'hôpital, des droits de succession, alors qu'avec raison on en dispense celles des tués pendant l'action ? Il y a là des mystères bureaucratiques à éclaircir.  

 

Août 1917  -  Le temps qu’il fait.  -  Après quelques journées d'une chaleur excessive, des orages ont éclaté un peu partout, dans notre région, retardant la récolte du foin qui, jusqu'ici, s'opérait sans encombre. Pour quelques jours le temps est redevenu maussade, pluvieux et froid. Espérons que ça n'est qu'une mauvaise passe.

 

Août 1917  -  N’accueillez pas les déserteurs !  -  Malgré les nombreuses condamnations déjà prononcées, malgré les avertissements donnés par la Presse, des gens s'obstinent encore à donner asile à des déserteurs. Ils ont bien tort. Un cultivateur de Mesnil-Germain, canton de Livarot, M. Gouesmel, 57 ans, vient d'en faire la fâcheuse expérience. Inculpé d'avoir recelé chez lui un déserteur, il a été arrêté et conduit à Rouen où il passera devant le conseil de guerre.

 

Juillet 1922  -  Scène sanglante dans une ferme.  -  Ces jours derniers. Mme Blanche Villeroy, ménagère à Mesnil-Germain. travaillait à la fenaison, pour le compte des époux Fontaine, cultivateurs au hameau du Chemin-Dieu, dans la même commune.

Dans l'après-midi la journalière se présenta à la ferme pour demander une cruche de cidre. Elle fut fort mal accueillie par Mme Fontaine et des propos assez vifs furent échangés entre les deux femmes, « Vous reviendrez quand mon mari sera là dit la cultivatrice après avoir repris la cruche.

Mme Villeroy revenait quelques instants après cette scène. Les métayers étaient attablés. Ils reprochèrent à la journalière les propos qu'elle avait tenus. Mme Fontaine ajouta qu'il était inutile d’insister et comme la femme Villeroy paraissait outrée du nouveau refus, il se précipita sur la malheureuse et la terrassa. Au même moment, la fermière s'empara d'une fourche et en porta plusieurs coups à la femme Villeroy, qui fut  atteinte à la tête et aux bras. Impressionnée par le sang qui s'échappait des blessures. Mme Fontaine cria a son mari « Viens vite, je crois que je l'ai tué »…

Effrayés des conséquences de leur acte, les époux Fontaine essayèrent d'arrêter l'hémorragie. Ils lavèrent la plaie avec de l'eau salée et y ajoutèrent des toiles d'araignée et du tabac à priser comme la journalière s'était ranimée, après avoir pris un cordial, on lui noua un mouchoir autour de la tète et elle repartit. 

Avec ces soins un peu sommaires, la blessée, qui voulait regagner son domicile, dût s'arrêter en chemin, le sang s'échappait abondamment des plaies mal cicatrisées. La malheureuse tomba au bord du chemin et s'évanouit. Dans la soirée un passant. M. Lainé, ayant aperçu le corps inanimé de la pauvre femme prévint le Maire de la commune, M. de Mély. Le magistrat  s'étant rendu sur les lieux, accompagné du garde-champêtre, M. Rosé et du conseiller Municipal. M. Morin, crut que la blessée allait succomber à ses blessures, il fit apporter un drap et en couvrit le corps de la femme Villeroy. On se garda d'y toucher avant de prévenir la gendarmerie et le Parquet.

Lorsque les représentants de l'autorité arrivèrent dans le sentier, vers 11 h. du soir, le cadavre n'était plus la. On ne remarquait, la lueur des lampes électriques, que la foulée de l'herbe et des traces de sang, avec un mouchoir également ensanglanté.

Les gendarmes se rendirent au domicile de la femme Villeroy, ils eurent la stupéfaction de trouver la victime couché dans son lit la journalière était revenue de son évanouissement à la sensation du froid, avait pu regagner sa maison. Elle avait emporté avec elle le drap, dont elle ne s'expliquait pas la provenance.

Un médecin appelé donna ses soins à la pauvre femme. Les époux Fontaine, interrogé, ont prétendu que femme Villeroy n'avait pas été frappée avec la fourche et qu'elle s’était blessée en tombant devant leur porte. Il semblent contredire ces allégations. Ce drame a vivement ému les habitant, de la région.   

 

Août 1923  -  Fraude de lait.  -  La femme Salles, née Marie Bricole, 39 ans, cultivatrice au Mesnil-Germain est poursuivie pour avoir mouillé dans la proportion de 10 % le lait qu'elle livrait à la Fromagerie Bisson, de Livarot.
Ces faits lui rapportent 200 francs d'amende. L'affichage et l'insertion du jugement sont en outre, ordonnés.

 

Août 1924  -  La fraude du lait.  - Le tribunal prononce une amende de 500 francs contre chacun des prévenus Ci-après, inculpés de falsification de lait et écrémage : Ernest Conard, 35 ans, cultivateur à Tordôuet ; la femme Prévost née Marie Prévost. 38 ans, cultivatrice à Familly ; la femme Poirier, née Jeanne Epoisne, 33 ans, cultivatrice au Mesnil-Germain.    

 

Septembre 1926  -  Cérémonie religieuse.  -  Les habitants du Mesnil-Germain feront bénir, le dimanche 19 septembre, sous la présidence d'honneur de M. le curé-doyen de Livarot, une statue de la Vierge, qui sera réédifiée au carrefour des routes de Fervaques et de Vimoutiers (Hameau de la Chapelle-Noiremare).
Le matin, à 9 h. 1/2, messe en musique, procession au monument aux morts et dépôt d'une gerbe de fleur.

A 3 h. 1/2, vêpres en musique, procession de la Vierge encadrée de fleurs, sermon par un prédicateur étranger.  

 

Octobre 1926  -  Encore un vol de chevaux dans la région.  -  Deux juments ont été volées au Mesnil-Germain près de Lisieux. Elles appartenaient à MM. Laurent et Doye, cultivateurs. En outre, M. Laisney, également fermier au même lieu a été victime du vol d'une carriole.

On se rappelle le fameux voleur de chevaux Bruneaux, qui a occu successivement à peu près tous les tribunaux de la région. Cet individu aurait été vu à Lisieux dans la journée de Lundi. Les gendarmes ont des soupçons sur lui.

 

Novembre 1928   -   Exploit de brute.   -   Au Mesnil-Germain, canton de livarot, au cours d'une scène de ménage, Gustave Villeroy, 43 ans, journalier, s'est rué sur sa femme, Blanche Levavasseur, 36 ans, et l'a frappée violemment à coups de bâton.

Quoique sérieusement blessée, la pauvre femme s'est traînée chez un voisin, qui a prévenu le maire.

Le mari brutal a été arrêté, il a prétendu n'avoir porté que quelques coups de pied à sa victime ! Celle -ci, qui est mère de trois enfants, a dû être conduite à l'hôpital de Lisieux, avec deux côtes brisées et une grave blessure au ventre.  

 

Avril 1936  -  Un débitant se tire un coup de pistolet.  -  Souffrant douloureusement d'une plaie gangreneuse à la jambe droite et menacé de subir une amputation, M. Gaston Grieu, 68 ans, débitant au Mesnil-Germain, s'est suicidé en se tirant une balle dans la tête. L'arme dont le désespéré s'est servi est un vieux pistolet de collection. La semaine dernière déjà, M. Grieu avait tenté de se donner la mort en se tailladant le bras gauche à l'aide d'un rasoir. 

Dans un cahier, M. Grieu avait laissé une lettre ainsi conçue : « Trop contrarié de m'entendre reprocher que je n'ai pas le courage de réagir contre le mal qui m'accable, je me retire de ce monde si ingrat. Que ceux qui m'en veulent m'excusent ». (source M. C.)  

 

Mars 1937  -  La mort atroce d’un grand mutilé.  -  Alors qu'il se rendait le matin à son  travail, M. Edmond Rose, journalier, aperçut M. Jules Morel, âgé de 56 ans, sans profession, demeurant au hameau Hamars, qui gisait dans son jardin. M. Rose s'approcha et constata que M. Morel avait cessé de vivre et portait des traces effroyables de brûlures sur le corps, ses vêtements étaient entièrement consumés. M. Rose prévint le maire de la commune et la gendarmerie. L'enquête a permis d'établir que M. Morel, qui était grand mutilé de la guerre, était tombé dans son foyer et qu'après avoir pu péniblement se relever il se sera traîné jusqu'à l'entrée de son jardin où il s'écroula. On a en effet retrouvé depuis l'âtre de la cuisine jusqu'à l'endroit où le corps du malheureux était étendu une traînée de cendre provenant de la combustion des vêtements. 

M. Morel était chevalier de la Légion cl 'honneur. (source M. du C.)

Types Normands   -   Cour de Ferme

Servantes rentrant de traire les vaches   -   Ouvriers revenant du travail

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