UN SIÈCLE D’HISTOIRE DU CALVADOS

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MÉZIDON

Canton de Mézidon-Canon

Les habitants de la commune de Mézidon sont des Mézidonnais, Mézidonnaises

Novembre 1876  -  La neige.  -  La neige a fait son apparition dans notre ville, il en est tombé mercredi soir et jeudi dans la nuit. Hier, les toits étaient entièrement couverts, et le froid persistant l'a maintenue sur la terre. Aujourd'hui, le thermomètre est descendu à 6 degrés au-dessous de zéro.

 

Juillet 1877   -  Parents, veillez !  -  Mardi, vers 5 heures du soir, on a retiré d'une mare, située dans la cour des époux Lesaulnier, cultivateurs à Brucourt, canton de Dozulé, le cadavre de leur enfant Emile-Georges, qui y était tombé.

— Mercredi malin dans une prairie de Mézidon, le jeune Isidore Piart, âgé de 9 ans, demeurant chez ses parents, est tombé accidentellement dans une mare, où il s'est noyé.

 

Janvier 1879  -  Appropriations et réparations en 1878.  -  85 locaux, appartenant à 73 communes, ont été appropriés ou réparés dans le Calvados  -  Arrondissement de Lisieux : Lisieux, école de garçons ; Saint-Jacques, école de garçons ; Mézidon, les deux écoles ; Mesnil-Mauger, école mixte ; Orbec, école de garçons.

 

Mai 1879   -  Chemin de fer.  -  Le chemin de fer de Mézidon à Dives est devenu une vérité. Une locomotive, après avoir parcouru toute la ligne, est arrivée en gare à Dives, où elle a  été reçue aux acclamations de la foule.  

 

Juillet 1879   -  Inauguration du chemin de fer de Dives.  -  Dimanche a eu lieu, comme nous l'avions annoncé, l'inauguration du chemin de fer de Mézidon à Dives. Le train officiel, dans lequel se trouvaient MM. le préfet du Calvados et le secrétaire généra], les sous-préfets de Lisieux et de Pont-1'Evêque, le colonel Lucas, du 36e  de ligne, et les conseillers généraux Lechevalier, Colas, Banaston, a été reçu à Dives par M. Foucher de Careil, sénateur, qui présidait cette fête, montrant ainsi qu'il savait pardonner les petits échecs électoraux qu'il a eus dans cette contrée, et dont d'ailleurs sa brillante élection en Seine-et-Marne l'a bien vengé. 

A trois heures, l'évêque de Bayeux a béni les locomotives. A cinq heures a eu lieu un banquet de 150 couverts, dans la halle de Dives. Divers toasts ont été portés par MM. le préfet, Lechevalier, conseiller général, et Foucher de Careil. Pendant le repas, une quête a été faite, au profit des pauvres, par Mme Boyère, accompagnée de M. le maire de Dives. Dans la soirée, les bourgs de Dives et de Cabourg étaient illuminés a giorno. II y a eu feu d'artifice, suivi d'une retraite aux flambeaux, bal, gui s'est prolongé jusqu'à cinq heures. 

Pendant que les autorités se livraient à ces réjouissances officielles, la pluie ne cessait de tomber et la mer, voulant elle aussi s'amuser, envahissait de nouveau la route de Caen à Honfleur, à la pointe de Beuzeval, pour montrer, sans doute, à M. le préfet, que sur ce point un travail urgent est de première nécessité.  

 

Mai 1883  -  Plus de cachot. –  Le ministre de l'instruction publique vient d'adresser aux recteurs d'académie une circulaire, dans laquelle il les informe que l'usage du séquestre dans les lycées et collèges doit être abandonné partout.

 

Juin 1883  -  Étourderies d’architectes. –  Est-ce vrai que la direction des postes ne peut pas prendre possession de l'hôtel construit rue de l'Hôtel-de-Ville : parce que les fenêtres ne peuvent s'ouvrir ; 2° parce qu'un des escaliers est si étroit que le receveur actuel ne peut y passer de face ; 3° parce qu'un immense couloir n'est éclairé par aucun arrache-jour ? 

Ceci nous rappelle cette école de Mézidon que l'architecte avait construite sans escalier, et la minoterie Solenge dont les caves n'avaient pas de portes.  

 

Juillet 1884  -  C’est une série.    Le train partant de Mézidon, à 8 heures 30 du soir, a rencontré sur la voie, près du pont de la Dives, une vache qui a fait dérailler trois wagons. Il n'y a eu aucun accident de personnes, tout s'est borné à un retard des trains. 

— Profitant de la pente qui existe entre les gares de St-Vaast et Beuzeval, des agents de la compagnie ont laissé descendre sur un parcours de 2 kilomètres deux wagons vides qui ont, en arrivant en gare, tamponné sur 6 voitures qui s'y trouvaient remisées.  

 

Août 1884  -  Orage.    Une tempête épouvantable a traversé le Calvados dimanche soir. La foudre est tombée à plusieurs endroits dans le Pays-d'Auge, du côté de Mézidon, elle a allumé plusieurs incendies sans importance. Sur le littoral, on a constaté que des dégâts matériels. 

Le cirque Robba, installé à Bayeux, a vu sa représentation interrompue par une rafale qui fit rompre une corde de la toile qui s'est détendue et affaissée sur le public.  

 

Août 1885  -  Un bourg sans administration.  -  Il y a trois mois, le maire de Mézidon a donné sa démission, l'adjoint en a fait autant, et trois des conseillers les ont imités. Mézidon est donc administré par... démissionnaires, et on dit que les affaires n'en vont pas plus mal pour cela, au contraire.

 

Août 1885  -  Accident.  -  Jeudi, à Mézidon, vers 5 heures du soir, le sieur Paul- Émile Morel était occupé à faucher à l'aide d'une faucheuse dans un herbage, il était monté sur le  siège, lorsqu'un cheval, en liberté dans cet herbage, lui lança une ruade qui l'atteignit à la tempe droite. Il est mort vendredi.  

 

Novembre 1888  -  Excitation à la débauche.  -  La femme Liard, de Mézidon, qui a une fille de 18 ans, avait attiré chez elle un jeune homme du même âge, qu'on retenait, souvent à coucher pour lui faire partager la couche de la fillette. Pour témoigner sa reconnaissance, le jeune amoureux, qui n'avait pas d'argent à sa disposition, dévalisait la maison paternelle de tous les légumes qui lui tombaient sous la main : citrouilles, pommes de terre, oignons, poireaux, etc….., avec lesquels il payait l'hospitalité qu'il recevait. Mais les parents du jeune homme ont porté plainte et la femme Liard a été arrêtée, pour excitation de mineur à la débauche.  

 

Décembre 1888  - Excitation de mineurs à la débauche.  -  La femme Liard, 47 ans, demeurant à Mézidon, favorisait la débauche et la prostitution de sa fille Berthe. Moyennant quelques légumes ou une bouteille d'eau-de-vie, elle autorisait le jeune Vivier, 18 ans, à coucher avec sa fille, qui à le même âge. La femme Liard a déjà été poursuivie pour ce motif. Elle a comparu de nouveau devant le tribunal de Lisieux qui l'a condamnée à 4 ans de prison et 300 fr.  

 

Décembre 1888  -  En famille.  -  Dernièrement, un banquet a été offert à M Brunet, maire de Mézidon, à l'occasion de sa décoration du Mérite agricole.

L'un de nos confrères a appelé cela une fête de famille. Est-ce parce que, sur les quarante personnes présentes, il y avait vingt vétérinaires ? 

Le préfet et le sous-préfet se sont dérobés, sans doute pour ne pas entendre dire que c'est grâce à M. Anne (le fait est vrai) que M. Brunet porte à sa boutonnière le ruban de l'ordre du Poireau.  

 

Février 1890  -  Les destructeurs de chiens.  -  La semaine dernière, trois chiens ont été tués dans le canton de Mézidon : l'un de 250 fr., au sieur Caillot, d'Ecajeul ; un autre de 300 fr., au sieur Renard, de St-Julien-le-Faucon, et enfin un troisième de 690 fr., au sieur Blin, agent d'affaires à Mézidon. Une enquête est ouverte pour découvrir le coupable. 

La semaine dernière, un malfaiteur a fait subir d'horribles mutilations à un chien de chasse appartenant au sieur Grivel, de la Chapelle-Engerbold. L'animal est rentré chez son maître dans un état pitoyable. L'auteur de cet acte de barbarie est inconnu.  (Source B.N.)

 

Septembre 1890  -  Mort Accidentelle.  -  Le sieur Jean Fouques, 80 ans, propriétaire à Mézidon, s'est noyé dans un puits, dans lequel il est tombé accidentellement en puisant de l'eau. On suppose qu'il aura glissé ou aura été pris d'un étourdissement.  (Source B.N.)

 

Janvier 1891  -  Est-ce possible ?  -  Est-il vrai qu'un individu habitant une commune importante du canton de Mézidon ait eu son cheval soigné pendant un an par un vétérinaire, alors qu'il était atteint delà morve ? 

Est-il vrai que l'écurie dudit individu serve, les jours de marché, à loger les chevaux de passage, et que parmi ces chevaux il y en ait eu déjà d'abattus pour avoir contracté la même  maladie ?

Si ces faits sont exacts, une enquête sérieuse s'impose pour rechercher les chevaux qui ont séjourné dans cette écurie, leur faire passer un examen ainsi qu'à tous ceux qui ont communiqué avec les chevaux contaminés et déterminer les responsabilités. (Source B.N.)

 

Juillet 1892  -  Mérite agricole.  -  Ont été nommés chevaliers : M. Braissac, conseiller municipal à Bemiéres-sur-Mer ; Cochon-Labutte, maire de Livarot ; Bastard, éleveur à Fontaine-Henry ; Delouey, maire de Bény-Bocage ; M. Couruel, éleveur à Mézidon ; Roussel, fabricant de fromages à Boissey ; René Poisson, propriétaire à Caen, membre de la Société d'encouragement pour le cheval français ; Pierre Guillot, cultivateur aux Monceaux. (Source B.N.)  

 

Septembre 1892  -  L’art de gagner 2 000 fr.  -  Le fait suivant est tellement grave que nous ne pouvons y croire. Dernièrement, décédait, dans une commune du canton de Mézidon, un riche propriétaire qui laissait, sous seing privé, 5 000 francs à la bonne qui l'avait soigné. L'un des héritiers, ayant demandé l'acte à la servante, lui dit, lorsqu'il eut l'écrit entre les mains : « Ma fille, si vous voulez 3 000 francs, je vous les donne, si vous ne voulez pas, je déchire l'écrit et vous n'aurez rien ». La pauvre femme eut peur et accepta. On dit même que ce personnage se vante de l'adresse qu'il a déployée pour attraper les 2 000 fr. 

Il n'y a pas de quoi, cependant, car si la justice mettait le nez dans cette affaire, cela pourrait bien mal tourner pour lui.  (Source B.N.)  

 

Janvier 1893  -  Récompenses.  -  daille d'argent à M. Pierre Wibaille, courrier convoyeur à Falaise. 

Médaille de vermeil à M. Victor Legras, ouvrier ébéniste, depuis quarante-neuf ans, dans la maison Sansrefus, rue Froide à Caen.

Médaille de bronze à MM. René Roudel, chef d'équipe à Bretteville-Norrey ; Charles Jacquemin, facteur-chef à Falaise ; Pierre David, garde-barrière à Mézidon ; Louis Le corps, sous-chef de gare à Mézidon, et Léonce Falue, facteur rural à la Délivrande.

Des mentions honorables sont décernées à MM. Julien Dufay, sous-lieutenant, et Louis Tardif, sergent des sapeurs-pompiers de Touques : courage et dévouement dans de  nombreuses circonstances, notamment en combattant un violent incendie le 15 octobre 1892.

Un témoignage officiel de satisfaction a été décerné à M. Paul Herrier, ouvrier lithographe. C'est ce jeune homme qui a si courageusement sauvé, dans l'Orne, la dame Hippolite, coupeuse chez M. Benoist, le 20 novembre 1892. (Source B.N.)  

 

Mars 1893  -  Tentative d’assassinat.  -  La semaine dernière, une tentative d'assassinat a été commise, vers 8 heures du soir, sur le sieur Pierre Le Grand, poseur à la compagnie de l'Ouest, à la gare de Mézidon, et dont la femme est garde-barrière à un passage à niveau qui se trouve entre les stations de Mézidon et de Magny-le-Freule. 

L'agresseur, pour mettre à exécution son projet, s'est embusqué derrière la maison du passage à niveau en question, a épié le moment où Le Grand sortait pour fermer la barrière, s'est approché de lui et lui a tiré, presque à bout portant, un coup d'arme à feu chargée de petits plombs. La charge ayant fait balle, Le Grand n'a fort heureusement pas été atteint. L'agresseur s'est ensuite sauvé en se dissimulant derrière une haie qui se trouve à proximité de la maison, sans être reconnu par personne. Le Grand, dont la conduite est irréprochable, dit ne pas avoir d'ennemis. On croit connaître l'auteur de cette tentative. (Source B.N.)  

 

Avril 1893  -  Crime passionnel.  -  On se rappelle que dernièrement le sieur Legrand, poseur au chemin de fer à Mèzidon, a été l'objet d'une tentative d'assassinat de la part du nommé Baroche, journalier, qui voulait le tuer pour vivre avec sa femme. Baroche a été arrêté. La femme Legrand et le nommé Charpentier sont poursuivis comme complices. Vendredi, le parquet de Lisieux s'est transporté, avec les inculpés, au deuxième passage à niveau de la ligne de Mézidon à Dives pour procéder aux constatations. 

Les inculpés sont venus dans deux voitures accompagnés par quatre gendarmes. Les magistrats ont fait reproduire devant eux la scène du crime. Pendant l'examen des magistrats, la femme Legrand s'est trouvée mal à deux reprises. (Source B.N.)  

 

Juin 1893  -  Un double maire.  -  La semaine dernière, l'adjoint d'une commune, du canton de Mézidon se rendit aux archives municipales pour rechercher certaines pièces dans un registre. N'y trouvant pas les pièces qu’il cherchait, il emporta le registre, en disant : « J'vas l'porter au maire. Y s'débrouillera comme il pourra ». 

Mais, au lieu de se rendre chez le maire, il s'arrêta au presbytère. Est-ce que, dans cette commune, le curé serait le maire en double ? (Source B.N.)  

 

Août 1893  -  Cour d’Assises.  -  Une seule affaire importante cette semaine en voici le compte-rendu : 

Le sieur Legrand était garde-barrière sur la ligne de Mézidon à Dives. Il s'était marié à une fille Irma Mabire, 25 ans, née à Magny-le-Freule. Ils vivaient en mauvaise intelligence et la femme Legrand confiait ses peines à Léon Baroche, 28 ans, un ami d'enfance. Baroche avait des relations avec la femme Legrand. Un jour, les époux Legrand prirent en pension un domestique sans place, Gustave Charpentier, âgé de 23 ans, originaire de Croissanville. 

À différentes reprises, la femme Legrand manifesta à ces hommes le désir de se voir débarrassée de son mari et à chacun d'eux, en particulier, elle promettait d'épouser celui qui le tuerait. Après bien des hésitations, il fut arrêté qu'on le tuerait d'un coup de feu, et la femme Legrand remit 12 fr. à Baroche pour aller acheter un revolver. Au lieu d'acheter l'arme, Baroche fut manger les 12 fr à Caen, dans une maison de tolérance. C'est alors qu'on résolut de se servir d'un vieux fusil appartenant à Charpentier. En le chargeant, Baroche dit en riant : « Quand il éra ça dans la paillasse, y n'eu r'viendra pas ». Et versant de l'eau-de-vie à l'assassin, pour lui donner du courage, la femme reprenait : « Surtout ne l'manque pas ».

La nuit venue, Baroche s'en fut avec une lanterne pour fermer la barrière. Un coup de feu partit. Legrand ne fut pas atteint. Il rentra tout effaré. « Qui qui peut t'en vouloir pour faire un coup comme cha! » s'écrièrent, sans émotion, la femme Legrand et Charpentier encore à la table où il avait soupe. 

Les coupables ont tout avoué. La tâche des avocats était aride surtout en ce qui concerne la femme Legrand et Baroche. Ils ont été condamnés à dix ans de travaux forcés chacun. Charpentier a été acquitté. (Source B.N.)  

 

Mars 1894  -  Le feu mis par une lampe à pétrole.  -  Un incendie s'est déclaré chez M. Louis Pinçon, cultivateur au Breuil-Mézidon. Pertes, 3 000 fr.. M. Pinçon, au lieu de souffler sa Lampe à pétrole, l'avait baissée et la mèche avait communiqué le feu au réservoir. Une explosion s'est produite et a occasionné l'incendie. (Source B.N.)

 

Novembre 1894  -  La tempête.  -  Elle a commencé dans notre région dès dimanche la nuit puis s'est étendue un peu partout en passant sur Paris qui était, lundi soir, tout sens dessus dessous. 

A Caen, les tuiles et les ardoises pleuvaient dans les rues, des cheminées ont été renversées, des arbres abattus sur nos promenades. Un peuplier du parc de la préfecture a, en tombant, démoli la toiture du presbytère Notre-Dame. Un clocheton des bas côtés de l'église Saint-Jean est tombé sur la toiture de l'ancienne école des Sœurs en brisant quelques chevrons et, de là, a roulé dans la rue des Carmes. Une gargouille de l'église Saint-Sauveur est tombée dans la rue Froide et a failli blesser une jeune fille. Rue Saint-Pierre, M. Royer photographiait une enfant quand une partie de l'atelier (murs et vitrage), a été emportée. L'enfant n'a eu aucun mal. Le sieur Maurice Labarie, propriétaire d'un bateau de plaisance, a été enlevé de son bord et jeté dans le canal. Il a pu se sauver à la nage. Près du pont de Vaucelles, le jeune Leclerc, 17 ans, est tombé dans l'Orne en voulant rattraper le chapeau de son père emporté par le vent. Il a été retiré sain et sauf par le sieur Isambart, conducteur de scierie. Il y a eu de grands dégâts à la toiture des Facultés.

Les trains des tramways ne sont partis, lundi soir, ni de Luc, ni de Dives, à cause de la tempête. Le dernier train du soir n'est pas parti de Caen.

Dans les autres villes du département, on ne signale que des dégâts matériels. Sur nos côtes la tempête a eu une violence inouïe.

Grands dégâts à Lisieux. La couverture de la nouvelle halle des marchandises à la gare a été enlevée. Un homme a été blessé. A Mézidon; la chute d'une cheminée a blessé cinq personnes, dont quelques unes grièvement. Une partie de la couverture de la gare de Pont-l'Evêque a été enlevée. 

A Paris, le nombre des personnes atteintes par les ardoisés ou les tuyaux de cheminées dépasse deux cents. Une victime est morte, plusieurs sont dans un très grave état. (source B. N.)  

 

Juin 1895  -  Tentative de déraillement.  -  Samedi soir, vers neuf heures, sur la ligne de Mézidon à Dives, entre la halte de Mézidon et la gare de cette localité, un poteau limite de protection a été arraché et placé en travers de la voie. Le train n° 173 a rencontré l'obstacle et la traîné sur un parcours de 63 mètres, le mécanicien a stoppé et dégagé la voie, puis le train a repris sa marche sur Dives avec un retard de 26 minutes. Il n'est résulté de cette tentative aucune avarie de machine ni accident de personnes. (source B. N.)  

 

Juillet 1895  -  A chacun son du.  -  On vient ²d'inaugurer la lumière électrique à Mézidon. Au banquet, des harangues ont été prononcées. C'est le maire actuel, M. Brunet, qui a débuté. Il a fait l'historique de ce bourg célèbre par sa résistance à l'Empire et nommé les personnes qui ont, à différents titres, fait parler d'elles. Mais il a oublié de nommer le maire de 1870, M. Dupont, aujourd'hui conseiller général du canton. M. Tillaye n'y a pas davantage fait allusion. Beaucoup auraient donc pu supposer que Mézidon n'était pas représenté à notre assemblée départemental, si M. Jourdain n'avait pas réparé cet oubli, volontaire ou non, en portant un toast à M. Dupont, le conseiller général actuel du canton, le maire de 1870, qui a eu la fermeté de résister aux exigences fantaisistes de certains, francs-tireurs, l’organisateur, en l’année terribles des ambulances où ont été accueillis et soignés nos malheureux enfants malades, dont quelques-uns étaient atteints de la fièvre typhoïde. 

Les habitants de la section du Breuil se plaignent que les fêtes de l'inauguration de la lumière électrique à Mézidon et du 14 Juillet aient été concentrées dans Mézidon même. Ce sont les contribuables qui paient les frais, et ceux, très nombreux, du Breuil y contribuent cependant comme les habitants de Mézidon. (source B. N.)  

 

Mars 1896  -  Tamponné.  -  Samedi soir, le sieur Gautier, conducteur à la compagnie de l'Ouest, a été, au cours d'une manœuvre dans la gare de Mézidon, tamponné par un train. Ce malheureux a subi des contusions à la tête, à l'épaule et au côté, en outre, il a plusieurs doigts du pied droit coupés.(source B. N.)  

 

Janvier 1897  -  Que malheu !  -  « Ah ! que malheu d'avait un n'veu ! »

Voilà ce que ne cesse de répéter l'oncle Bedaine.

Un matin, son neveu Castrop était venu le trouver pour l'emmener chasser avec lui dans la plaine de Mézidon. 

— Mais man permis est expiré d'agnieu, répondit l'oncle.

— Cha n'fait rin.... V'nez tout d'même. J'me charge d'tout.

Bedaine se laissa entraîner, mais il ne tira même pas une bacouette tant il avait peur d'être pincé par les gendarmes.

Le lendemain, le neveu Castrop rencontrait les gendarmes, et, pour rigoler, leur raconta la chose.

Mais ils ne prirent pas la chose en riant et ces messieurs dressèrent procès-verbal à Bedaine qui ne cesse de répéter :

— Ah ! nom dé nom ! que malheu d'avait un n'veu qui cause trop. (source B. N.)  

 

Mars 1897  -  Parents, veillez.  -  Un jeune enfant de 2 ans, Joseph Lemoine, fils d'un employé de chemin de fer à la gare de Mézidon; trompant la surveillance de sa mère, est tombé dans un fossé plein d'eau où il s'est noyé. (source B. N.)  

 

Juillet 1897  -  Accident de travail.  -  Le sieur Henri Lamy, 19 ans, ouvrier maçon chez le sieur Ridel, à Mézidon, s'est fait de graves blessures à la tête, en tombant d'un échafaudage, élevé de six mètres, sur lequel il était pour réparer un mur. (source B. N.

 

Janvier 1898  -  Chasse.  -  On annonce la fermeture pour le dimanche 30 janvier. (source B. N.)   

 

Mai 1898  -  Écrasé par des wagons.  -  Le sieur François Debos, 42 ans, chef de manœuvres à la gare de Mézidon, venait d'accrocher des wagons. En sortant de la voie, il a glissé sur une plaque tournante et est tombé sur les rails, Les roues de deux wagons lui ont passé sur le corps. La mort a été instantanée. (source le B. N.) 

 

Mai 1898  -  Employés voleurs.  -   Hyacinthe Lebailly, Eugène Roussel, Albert Bènard et Louis Letournel, qui faisaient partie d'une équipe de nuit, à la gare de Mézidon, ont été surpris soutirant des fûts de liquides sous le hall des marchandises, ils vont être poursuivis. (source le B. N.)  

 

Juillet 1898  -  Les pipards de Mézidon.     Depuis quelque temps, on s'apercevait que les fûts de vin et d'eau-de-vie déposés en gare de Mézidon étaient soutirés. On fit le guet, et, un jour, Hyacinthe Lebailly, 33 ans, employé de la gare, fut surpris pipant a même un fût d'eau-de-vie. Lebailly ne put nier, il raconta qu'une vrille destinée au piquage des fûts était cachée dans un endroit que plusieurs employés connaissaient. 

Eugène Roussel, 21 ans, également employé au chemin de fer, après avoir avoué, est revenu sur ses déclarations. Tous les deux ont été condamnés à trois mois et un jour de prison. 

Albert Bénard et Henri Letournel, autres employés à la gare de Mézidon, étaient compris dans la poursuite, mais, ayant nié avoir pris part aux pipages, ils ont été acquittés. (source le B. N.)

 

Janvier 1899  -  Parents, veillez !   -   Dimanche soir, en gare de Mézidon, le petit Quaindry, 19 mois, de Beuvron, courant sur le quai à l'arrivée d'un train de marchandises a été tamponné et a eu la jambe gauche coupée, sa mère, en se portant à son secours, a été également blessée, mais assez légèrement. (source le B. N.)

 

Mars 1899  -  Enfants noyés.   -   Le jeune Charles Anglement, 3 ans, en s'approchant de la mare qui existe près de l'habitation de ses parents, à Fumichon, près Lisieux, y est tombé et s'est noyé. 

— La jeune Victoria Boileau, 4 ans, jouait devant l'habitation de sa mère à Mézidon, avec le petit Moissan, 5 ans. Surprise de voir le silence se faire tout à coup, la dame Boileau demanda au petit garçon où était sa fillette qu'elle ne voyait plus. « Elle est tombée à l'eau » répondit simplement l'enfant. 

En effet, la pauvre-mère aperçut dans un lavoir, qui était à quelques pas, sa petite fille flottant sur l'eau et ne donnant plus signe de vie.  (source le B. N.)  

 

Juillet 1899  -  Médailles d’honneur des cantonniers.   -  MM. Charles, dit Jeanne, à Noyers ; François, dit Marie, à Bretteville-le-Rabet ; Alexandre Grin, à Glanville ; Louis Lecornu, à Mézidon ; Auguste Leblanc, à Bavent ; Auguste Ruault, à Villers-Canivet ; Auguste Madeleine, à Maisy ; Armand Taupin, à Clarbec ; Jean Vaultier, à Torteval. (source le B. N.)

 

Juillet 1899  -  Charité bien ordonnée commence par soi.   -  Une commune du canton de Mézidon va être de nouveau en conflit pour le curé. Le maire et le conseil municipal, en examinant le budget de la fabrique, ont trouvé une gratification de 30 fr. allouée au curé.

Sans se préoccuper de la confusion des pouvoirs, ils ont demandé la radiation de cette somme et l'ont répartie entre les custos et la croix, ( pas la Croix du Calvados )  mais celle du cimetière de la commune. « De quoi se mêlent-ils ? » s'est écrié en chaire le curé de la paroisse, furieux que l'on ne respecte plus rien, pas même les vieux proverbes.  (source le B. N.)

 

Juillet 1899  -  Une simple question.  -  Un habitant du canton de Mèzidon, attiré par les travaux d'embellissement en cours d'exécution sur notre littoral, s'y rendit avec sa femme.

Ils ne tardèrent pas à se joindre à une bande de travailleurs avec lesquels ils se mirent à rigoler.

Mais, au bout de quelque temps, le mari fut pris d'un mal contagieux, sa femme aussi, et toute la bande ouvrière également. Le couple regagna son pays et le médecin constata que les deux époux étaient atteints d'une affection qu'on ne rencontre jamais chez les rosières.

C'est-il pour ces maladies-là que le Conseil général du Calvados a organisé les soins gratuits du médecin et du pharmacien ? Nous en doutons, et cependant tous ces gens-là ont été soignés à l'œil et aux dépens des contribuables. (source le Bonhomme Normand)

 

Août 1899  -  Écrasé par un train.   -   Le sieur Jules Dupont, 40 ans, garde-barrière au passage à niveau situé à 600 mètres au delà de la gare de Mézidon, venait de fermer les barrières et traversait la voie, se rendant à sa guérite.

N'ayant pas entendu le train du Mans arrivant à Caen à 10 h. 55 du matin, le malheureux, fut tamponné et traîné sur un parcours de 15 mètres. 

La mort a été instantanée. Il avait les cotes enfoncées, le crâne broyé et les deux jambes coupées. Dupont, qui n'a pas d'enfants, était divorcé depuis un an. (source le Bonhomme Normand)

 

Octobre 1899   -   Terrible accident.   -  Le sieur Jean Gendrot, 34 ans, graisseur au dépôt de Mézidon, se trouvant sur la voie, a été violemment projeté en avant par une locomotive en manœuvre, il a eu le talon du pied droit enlevé et la jambe gauche coupée à la hauteur du mollet. 

Le blessé a été transporté à l'hôtel-Dieu de Caen, où il a été amputé. Son état ne paraît pas alarmant. (source le Bonhomme Normand)  

 

Avril 1900   -   Accident causé par un cycliste.  -  Le nommé Fossey, 57 ans, journalier à Mézidon, a été renversé par un cycliste qui s'est empressé de prendre la fuite et d'abandonner le blessé, dont l'état est assez grave. (Source : Le Bonhomme Normand)  

 

Avril 1900   -   Accident du travail.  -   Le sieur Couillard, mécanicien au chemin de fer de l'Ouest, de passage à la gare de Mézidon, voulant faire de l'eau pour sa machine, s'empara de la chaîne servant à manœuvrer la prise d'eau. Celle-ci se brisa net et le malheureux, tombant de son tender, se brisa la jambe droite. Son état est grave. (Source : Le Bonhomme Normand)  

 

Avril 1900 - Mort accidentel. - Le sieur Gustave Bisson, auxiliaire à la gare de Mèzidon, était occupé à rattacher deux wagons. Le train se mit en marche et le malheureux ne put se retirer assez vite. Il fut atteint à la tête et horriblement blessé.

Transporté à l'hôtel-Dieu, à Caen, il y est mort quelques heures après, il laisse une veuve et deux enfants. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Juin 1900   -   Accident de travail.  -   Deux ouvriers étaient occupés, à Mézidon, à faire traîner par des chevaux des arbres abattus dans une pièce. L'un des arbres vint à rouler sur le sieur Lejeune, 68 ans, demeurant à Lisieux, et lui écrasa une jambe. On eut beaucoup de peine à dégager l'infortuné. 

— Le sieur Émile Guérin, 36 ans, charretier à la scierie Hommet, à Lisieux, opérait un transport de bois de la gare au chantier. Il se disposait à partir du chantier et était baissé pour ramasser une chaîne qui traînait, lorsque le cheval démarra tout à coup et une roue du « diable » passa sur un pied du malheureux, le lui écrasant. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Juin 1900   -   Nouveau mode d’empoisonnement.  -    Le sieur X.……., se présentait au conseil municipal dans une petite commune voisine de Mèzidon. Quelques jours avant les élections, un jeune veau, appartenant au candidat, se noya dans un fossé rempli d'eau. Il y serait encore si les gendarmes n'étaient pas intervenus pour faire enlever ce véritable foyer d'infection que M. X……. voulait laisser afin d'empoisonner les électeurs qui n'avaient pas voté pour lui.  (Source  : Le Bonhomme Normand) 

 

Juin 1900   -   La fièvre aphteuse.  -    Un maire du Calvados, dans le but d'arrêter la propagation de la cocotte, avait interdit la circulation des chats, le préfet de l'Orne veut interdire aux chiens de courser. (Source  : Le Bonhomme Normand)  

Juin 1900   -   Une chanson qui finit mal.   -   Le sieur Pichon, garde-barrière à Mèzidon, a pris à son service, pour soigner ses six enfants, la veuve Juliette Moissard, 36 ans.

Il faut croire qu'elle aime les coqs qui chantent bien, car un soir, vers onze heures, François Leroy, 57 ans, vint la trouver en lui disant : « Mon garçon est rentré, veux-tu qui vienne t'chanter sa p'tite chanson ».

Le sieur Pichon étant apparu, Leroy se sauva chez lui. Pichon l'y suivit, accompagné de sa servante qui fut appréhendée et jetée sur le lit de Leroy, les jambes en l'air, et traitée de... Pichon voulut sauter sur Leroy, le fils de celui-ci accourut au secours de son père et bouscula Pichon qui fit la culbute, alla se heurter contre un mur et se fit à la tête un trou que la veuve Moissard boucha avec une poignée d'herbe.

Leroy père et fils ont été poursuivis pour coups et blessures. Le père a été acquitté, le fils condamné à trois mois de prison avec le bénéfice de la loi Bérenger. (Source  : Le Bonhomme Normand)  

 

Août 1900   -   Accident de chemin de fer.   -    Dimanche, le train qui part de Caen à 6 heures 35 du matin, étant en retard, allait à une grande vitesse.

Les freins ne fonctionnant sans doute pas bien, le train dépassa la halte de Basseneville, puis il reprit sa marche sur Dozulé. Le train traversa cette gare à grande vitesse, dépassa le signal d'arrêt et alla se jeter sur la machine du train arrivant de Mézidon qui fut projetée hors de la voie. Il se produisit un choc épouvantable.

Les voyageurs du train de Mézidon n'éprouvèrent qu'une forte commotion. Quant au train de Caen, le choc fut si violent, qu'un wagon de première classe, heureusement vide, fut brisé, et que des soldats, assis dans un compartiment de 3° classe, ont défoncé la cloison près de laquelle ils étaient assis.

La catastrophe pouvait être terrible et il n'y a eu qu'une vingtaine de personnes plus ou moins contusionnées. Huit seulement ont donné leurs noms. Le plus atteint est le mécanicien Dordoigne, un excellent employé, très sobre, qui a eu une jambe fracturée.

La préfecture a été prévenue de l'accident par dépêches, mais il n'y avait personne pour les ouvrir : le préfet était à Paris ; le secrétaire général à Beuzeval ; le chef de cabinet on ne sait où…

Le parquet a poursuivi des employés du chemin de fer pour n'avoir pas prévenu les autorités lors de la catastrophe de Lisieux ; poursuivra-t-on les fonctionnaires qui n'étaient pas à leur poste pour recevoir les dépêches leur  annonçant l'accident de Dozulé ? Dame !  (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Août 1900   -   Les suites d’un accident.  -   Journellement on peut le constater, les employés de chemin de fer chargés de rattacher les wagons dans les trains sont d'une témérité dangereuse.

Le 29 avril, vers 6 heures du matin, un train arrivait en gare de Mézidon. Trois wagons devaient être détachés. L'opération eut lieu sans encombres, mais, au moment où l'on rattachait le wagon-vigie, le sieur Bisson, employé préposé au rattachement, entendant le signal de départ du train, voulut sortir, il fut tamponné et eut le bassin fracturé.

Deux jours après, il décédait à l'hôtel-Dieu de Caen sans avoir repris connaissance.

Le parquet a poursuivi M. Réauté, 47 ans, sous-chef de gare, auquel il reprochait d'avoir donné le signal de départ avant de s'être assuré que les hommes préposés à la manœuvre étaient bien sortis du train. M. Réauté a répondu que bien des employés sortent à contre-voie, l'accès étant plus facile que par le quai.

Rien ne pouvant établir que Bisson avait été blessé mortellement par l'imprudence du sous-chef de gare, M. Réauté a été acquitté. (Source  : Le Bonhomme Normand)  

 

Octobre 1900   -   Ecrasé sous sa voiture.  -   Le sieur Laugeois, entrepreneur à Mézidon, revenait avec sa voiture chargée d'un tonneau plein d'eau. Par suite d'un faux mouvement, ce malheureux, qui était assis sur le brancard, tomba sur la route et les roues de sa voiture lui passèrent sur le corps. Relevé immédiatement, il fut transporté à son domicile, où il est mort. (Source  : Le Bonhomme Normand)  

 

Décembre 1900   -   Abus de confiance.  -  Un matin, un individu étranger à la localité se présentait chez le sieur Ferdinand Marie, maître d'hôtel à Mézidon, et lui demandait en location, pour la journée, un cheval et une voiture pour faire une course dans les environs.

L'homme, le cheval et la voiture n'ont pas reparu. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Décembre 1900   -   Le XXe  Siècle.  -  La fin du siècle approche, dans quelques jours, le dix-neuvième siècle aura vécu. Des fêtes se préparent de toutes parts, pour célébrer l'aube du XXe  siècle.

A Rome, On s'apprête à murer, à St-Pierre, la fameuse porte jubilaire qui fut ouverte le 31 décembre dernier, la Cérémonie s'accomplira avec la pompe accoutumée, en présence de pèlerins venus de tous les pays du monde, Léon XIII, lui-même, officiera.

Dans toutes les églises catholiques, des messes de minuit seront chantées le 31 décembre prochain.

Constatons que dans le monde on commence à s'inviter pour le réveillon du 31 décembre. Il sera si agréable, sur le coup de minuit, de se souhaiter un bon siècle ! Cela n'arrive pas si souvent. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Décembre 1900   -   Remarque à propos du temps.  -   Le mois de novembre 1872, fut encore davantage pluvieux que celui de cette année et il fut suivi d'un hiver où il n'y eut que de très rares jours froids. D'autre part, presque tous les hivers rigoureux dont on a gardé souvenance ont fait suite à un mois de novembre clair et sec.

D'après cela, l'hiver qui a commencé le 22 décembre serait donc clément.  (Source  : Le Bonhomme Normand)

Le BREUIL-MÉZIDON   (Calvados)

MÉZIDON   -   Carrefour de l'Eglise

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