UN SIÈCLE D'HISTOIRE DU CALVADOS

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MISSY

Canton de Villers-Bocage 

Les habitants de la commune sont des Misséens, Misséennes


Août 1842    -  Nouvelles locales.   -   Mercredi dernier, dans la commune de Missy, les loups ont reparu avec une sorte d'audace furieuse. Une louve a enlevé, en plein jour et la porte de la bergerie, un mouton qui se trouvait au milieu d'un troupeau tout entier.

Quelques jours auparavant, sept autres moutons avaient été étranglés dans le parc du château de Bougy, tout près des fenêtres de la maison. (source : L’Indicateur de Bayeux)

 

Juillet 1867   -   Le malin.   -   Missy semble actuellement soumis à la domination d'un génie malfaisant.

Le jeudi précédent, un enfant de 20 mois, Léon Taillebosq, était tombé dans un lavoir, d'où, 2 minutes après on retirait son corps inanimé.

Le même jour, où la veille, les gendarmes de Villers avaient conduit à la prison de Caen trois enfants, originaire de Missy, qui, depuis deux mois, ne vivaient que du fruit de leur maraudages.

Les artichauts, les canards et les cerises, étaient surtout l'objet de leurs soustractions. Ils avaient aussi volé du pain, un couteau et de l'argent, dans une maison dont la maîtresse était sortie un instant.  

 

Août 1869   -   Fait divers.   -  Dans la nuit du 27 août, un incendie a détruit presque en totalité la ferme de la Londe, située à Missy, appartenant à M. le comte de Chazot, le feu s'est déclaré avec une telle violence qu'il a été impossible de sauver la majeure partie du mobilier, 80 moutons, des veaux, des porcs et les fourrages ont été brûlés. 

Grâce à la promptitude avec laquelle les pompiers d'Évrecy se sont rendus à l'appel qui leur a été fait et au zèle des habitants de la commune, parmi lesquels l'on remarquait MM. les curés de Noyers et de Missy, bien dirigés par le brigadier de la gendarmerie d'Évrecy aussi accouru sur les lieux, l'on a pu préserver les granges remplies de grains.

 

Août 1869   -   Fait divers.   -   Dans la nuit du Î7 août, un incendie a détruit presque en totalité la ferme de la Londe, située à Missy, appartenant à M. le comte de Chazot, le feu s'est déclaré avec une telle violence qu'il a été impossible de sauver la majeure partie du mobilier. 80 moutons, des veaux, des porcs et les fourrages ont été brûlés.  

Grâce à la promptitude avec laquelle les pompiers d'Évrecy se sont rendus à l'appel qui leur a été fait et au zèle des habitants de la commune, parmi lesquels l'on remarquait MM. les curés de Noyers et de Missy, bien dirigés par le brigadier de la gendarmerie d'Évrecy aussi accouru sur les lieux, l'on a pu préserver les granges remplies de grains.

 

Septembre 1877   -  Travaux.  -  M. le ministre de l'instruction publique, des cultes et des beaux arts, a accordé aux communes de Missy et d'Escoville, un secours de 1 000 fr. chacune, pour les aider à la dépense de restauration de leur presbytère.  

 

Janvier 1879  -  Appropriations et  réparations en 1878.  -  85 locaux, appartenant à 73 communes, ont été appropriés ou réparés dans le Calvados  -  Arrondissement de Caen : Blainville, école mixte ; Curcy, école de filles ; May-sur-Orne, école de garçons ; Hamars, école de garçons ; Norrey, école mixte ; Tournay-sur-Odon ; école de garçons ; Missy, école de garçons.

 

Juillet 1879   -  Secours et subventions.  -  Il a été accordé à Méry-Corbon 18 000 fr. pour la construction d'une école de garçons et de filles.      300 fr. à la fabrique de l'église de Missy, pour l'achat d'objets mobiliers ; à l'école municipale de dessin de Bayeux, 200 fr.  

 

Mai 1888  -  Neuf suicide.  -  Jules-Albert Guénet, 28 ans, occupé chez ses parents, cultivateurs à Blonville, a été trouvé noyé dans une mare. L'enquête a fait connaître que la mort remontait à quelques minutes seulement et qu'elle était le résultât d'un suicide que l'on ne sait à quoi attribuer.

-   Émile Baudel, 19 ans, domestique à Glanville, a été trouvé pendu dans une haie sur le chemin d'Annebault à Bourgeauville. On ne sait pas pourquoi il s'est donné la mort.

-   Le sieur Jean-Louis Perette, 55 ans, demeurant à Cormolain, s'est pendu à l'aide d'une corde, à une poutre, dans la boulangerie de son père, propriétaire. On ignore la cause du suicide.

-   Le sieur Julien-Esprit Marais, 50 ans, charpentier de navire à Trouville, a été trouvé sans vie, pendu dans son bùcher. C'est encore un suicide que l'on ne sait à quoi attribuer.

-   Le sieur Louis Laville, 19 ans, domestique à Gavrus, a été trouvé pendu dans un bois de M. de Lavau, sis à Missy. Il s'était servi de son mouchoir de poche qu'il avait fixé à une branche de sapin, à 4 mètres de hauteur. C'était un bon sujet et l'on ne peut comprendre les motifs qui l'ont poussé à ce suicide.

-   Le sieur Gustave Dethan, 18 ans et demi, journalier chez ses parents, à Colombiers, a été retiré de la rivière la Seulles. Ce jeune homme avait été vu la Veille par des personnes qui n'ont pu le secourir, au moment où il se jetait à l'eau. Dethap était sobre et bon travailleur, rien ne faisait soupçonner qu'il était disposé à se donner la mort.

-   Un ouvrier, descendu depuis deux jours à l'hôtel d'Alençon, à Lisieux, s’est noyé en se jetant dans un fossé peu profond. Cet homme serait un breton qui a travaillé 20 ans chez M. Parent, couvreur à Vimoutiers, où il était connu sous le nom de Grand René.

-   Louis Bacon, 56 ans, arrêté pour vol, à Caen, avait été conduit à la chambre de sûreté, il s'y est pendu au moyen de ses bretelles. Cet individu, qui ne vivait que de vols, avait subi de nombreuses condamnations.

-   La nommée Marie Londais, veuve Foucher, 65 ans, demeurant à Périers-en-Auge, a été trouvée noyée dans une mare. Il résulte de l'enquête que la veuve Foucher, étant en état d'ivresse, a voulu puiser de l'eau dans la mare et s'y est noyée.

 

Août 1888  -  Incendie.  -  La semaine dernière, à Missy, un incendie a éclaté, au domicile, du sieur Louis Vauvrecy, 48 ans, propriétaire, et a consumé un corps de bâtiments à usage de buanderie, laiterie, cave et remise, couverts en ardoise.  

 

Septembre 1891  -  Instituteur noyé.  -  Dimanche, dans la soirée, le sieur Thurin, instituteur à Missy, a été trouvé noyé dans la rivière l'Odon, il laisse une veuve et cinq enfants. Ce malheureux avait été près de vingt ans instituteur à Airan. Sur dénonciation, il avait été envoyé en disgrâce à Missy, où il était arrivé de la veille. Les dénonciateurs ont fait de belle, besogne.  

 

Décembre 1893  -  Un écrasé.  -  Le sieur Queudeville, propriétaire à Missy, revenait de Noyers, marchant derrière une voiture chargée de pommes à cidre que son domestique, Albert Auvray, 34 ans, conduisait. Auvray était monté sur le devant du véhicule et conduisait son cheval au moyen de guides. En passant à Noyers-Bocage, le malheureux Auvray est tombé sur le dos en avant de la roue droite qui lui a passé sur le ventre. Le cheval, sentant de la résistance, s'est arrêté immédiatement et la roue est restée pendant un certain temps sur le corps de la victime. Auvray, qui avait le ventre broyé, est mort une heure après. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Octobre 1897  -  Vaches volées.  -  On a volé, la nuit, au sieur Ferdinand Bisson, à Missy, près Noyers, une vache caille bringé, écornée du côté droit. 

—Vol d'une vache de 450 fr. au sieur Léon Bonamy, à Beuvron. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Février 1898  -  Suicides.  -  Le sieur Joseph Collet, 49 ans, journalier à Missy, qui souffrait depuis 5 mois d'une maladie incurable, s'est, pendu à une corde fixée au-dessus de son lit. 

— Le sieur Michel Anne, 71 ans, sans profession, demeurant à Mandeville, près Trévières, s'est noyé volontairement. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Mars 1898  -  Avortement. -  Une enquête est ouverte au sujet d'un avortement dont se serait rendue coupable une jeune fillette Missy. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Juillet 1907  -  Un drame.  -  Mme Leprunier, âgée de 51 ans, mère de cinq enfants, était allée dimanche à la louerie de Noyers accompagnée de ses fils et d'une de ses filles. Tous  rentrèrent tard dans la nuit, ce qui contraria le père Leprunier. Il entra dans une violente colère, menaçant sa femme et ses enfants de son fusil, qui heureusement n'était pas chargé.

Mais, il avait aussi un revolver. Sa femme s'en empara et sortit de la maison. Le mari se serait alors mis à la poursuite de la malheureuse qui, se voyant sur le point d'être rejointe, se serait retournée et aurait déchargé son arme sur lui. Leprunier tomba comme une masse. Il était mort. Affolée, la meurtrière gagna la gare de Noyers, prit le premier train pour Caen, se rendit au  Parquet et se mit à la disposition de la justice. D'après une autre version, Leprunier se serait tué ainsi. Le Parquet de Caen s'est rendu sur les lieux.  

 

Novembre 1907  -  Le drame de Missy  aux Assises.  -  Les époux Le Prunier mariés le 8 juillet 1875, vivaient depuis longtemps en mauvaise intelligence et à plusieurs reprises la femme avait manifesté l'intention de se débarrasser de son mari, répétant fréquemment : " il faut que je le tue, ou qu'il me tue ".

Dans le courant du mois d'octobre 1906, elle fit l'acquisition d'un revolver et d'une boîte de cartouches ; dans l'après-midi du 7 juillet dernier, une scène sans gravité éclata entre les deux époux et le soir, vers 8 heures, tandis que le mari allait se coucher, l'accusé se rendit à la fête de Noyers, où elle passa la nuit, en compagnie de ses trois fils, de sa fille et du fiancé de cette dernière ; avant de partir, elle prit la précaution d'emporter son revolver et son paquet de cartouches.

Vers 4 heures du matin, accusée songea à quitter Noyers pour rentrer chez elle avec ses enfants et en arrivant près de sa maison, elle fit la rencontre de son mari qui se disposait à se  rendre au travail et qui lui adressait des reproches au sujet de son absence prolongée. Des propos furent échangés, et comme Jules Le Prunier menaçait son père, celui -ci rentra dans son habitation et alla chercher son fusil voulant ainsi effrayer les siens et les empêcher de continuer leur altercation.

La femme Le Prunier et ses enfants s'étant éloignés, le mari regagna son domicile et déposa son arme auprès de la cheminée de sa cuisine. Pendant ce temps, l'accusée remit à son fils  Jules, le revolver chargé en lui disant d'aller déplanter son père et elle-même fit le tour de la maison pour reprendre par surprise, le fusil de son mari. Presque au même moment, Jules Le Prunier, se trouvant en face de son père, tira à bout portant sur lui deux coups de revolver qui atteignirent dans le bas ventre.

Eugène-Jules-Fernand Le Prunier, âgé de 26 ans, est un garçon de solides stature, l'air bestial et de brute. D'une voix sourde, il raconta la scène durant laquelle il tira sur son père...

Après une courte délibération, le jury revient avec un verdict affirmatif n'accordant de circonstances atténuantes qu'à Le Prunier fils. La Cour le condamne à 20 ans de travaux forcés. Quant à la mère, le verdict étant muet sur les circonstances atténuantes c'est là peine de mort.

 

Mars 1921  -  Encore un crime dans le Calvados, deux vieillards assassinés.  -  CAEN, 2 mars. (De notre correspondant particulier). C'est avec une véritable stupeur que les habitants de notre ville apprenaient hier matin les détails horribles du nouveau crime qui vient d'ensanglanter notre région.
Quel est donc le mystérieux et insaisissable malfaiteur qui depuis plus d'un mois sème la mort et l'épouvante dans les campagnes qui nous entourent, tuant avec un raffinement de cruauté des vieillards sans défense, proie rendus plus facile par leur isolement Il est certain dans tous les attentats que nous avons relatés on retrouve même manière, la même main. La justice possède en tous cas dans cette dernière affaire un signalement qui précise la personnalité du meurtrier et tout fait espérer qu'il ne saurait tarder à tomber entre ses mains.

Les époux Baptiste, assassinés la nuit dernière, occupaient depuis 45 ans, sur la route de Villers, à l'entrée du petit bourg de Missy, une maison de modeste apparence, géraient le bureau de tabac et tenaient un débit de boisson. Placé sur une voie ou la circulation est incessante, en raison surtout de l'importance du marché de Villers-Bocage, leur établissement était un tourne-bride très connu des forains et des marchands de bestiaux. Âgés l'un et l'autre d'environ 75 ans, on les disait relativement aisés dans le pays et ils y jouissaient de la considération générale.

Dans quelques mois, les deux commerçants devaient cesser leur exploitation, et der la maison au propriétaire, un honorable cultivateur de Mlssy-sur-Orne, M. Vauvrecy, lequel avait déjà fait effectuer divers travaux en vue de sa prochaine installation.

Comme nous l'indiquons plus haut, le bit de tabac des époux Baptiste était situé à l'extrémité du bourg, qui s'égraine des deux côtés de la grande route sur une certaine étendue. Une voisine Mlle Hangar, demeure à 40 mètres du café et un de. leurs enfants, Raoul Baptiste, journalier, réside a 100 mètres de là. La proximité de ces deux habitations n'a nullement inquiété le meurtrier qui est certainement au courant de la situation des lieux et avait étudié son sinistre projet.

Tragique réveil : Nous connaissons les principales circonstances du crime puisque l'une des victimes a pu parler avant de mourir. Deux heures venaient de sonner, M. Raoul Baptiste et sa femme, les enfants du débitant, étaient veillés tout à coup par une voix plaintive et des appels déchirants. Le journalier reconnut la voix de son père qu'un défaut de prononciation native et un accent spécial signalaient particulièrement. « La maman doit être souffrante, s'écria Raoul Baptiste, papa vient nous chercher. » Et il se leva précipitamment pour ouvrir la porte. Un spectacle affreux le figeait aussitôt sur place. Dehors, accoudé au mur, le vieillard était debout, devant lui en chemise, et seulement chaussé de gros sabotes dans la nuit froide. Il portait des traces rougeâtres,  à la hauteur de l'épaule gauche. 

  -  "Non Dieu, s'exclama épouvanté le journalier, qu'est-il arrivé, voilà du sang, serais-tu blessé ? " 
  -  "Je suis à bout de force, répondit le septuagénaire. Un bandit s'est introduit chez nous tout à l'heure, il vient d'assassiner ta mère sous mes yeux et je sens que je vais mourir moi aussi des coups que j ai reçus."
Soutenu par son fils, le débitant revint vers la maison s'était déroulé le drame affreux. En chemin, il s'arrêtèrent devant l'habitation Philippe et appelèrent au secours. Mlle Hangar fut également prévenu.
Tout s'était bien passé comme l'avait dit le débitant. Au premier étage, on trouva étendue, inanimée dans un flot de sang, la pauvre femme dont l'agonie se terminait sous leurs yeux.

M. Raoul Baptiste aidé des voisins, fit coucher son père dans une chambre contiguë au même étage. On s'empressa de lui donner les premiers soins malgré leurs efforts, le sang s'échappait abondamment des deux larges blessures à l'épaule gauche, aucune ligature ne put arrêter l'hémorragie qui devait hâter le trépas inévitable.

Le récit d'un moribond : Questionné anxieusement par les témoins de cette scène déchirante, le survivant moribond de l'horrible carnage put esquisser en quelques mots les circonstances de l'attentat.

  -   "Armandine et moi nous étions couchés depuis quelque temps, nous venions d'entendre du bruit et nous crûmes que le vent faisait battre un volet au rez-de-chaussée en prêtant l'oreille, nous remarquâmes que le bruit redoublait. Ma femme répéta "Ce n'est rien, dors donc, c'est le vent."  Quelques minutes après, un grande gars portant un pardessus, de taille au-dessus de la moyenne, ouvrit la porte de notre chambre. Nous fûmes pris de peur. Le bandit après s'être jeté sur nous, se dirigea vers l'armoire et s'empara d'un portefeuille contenant 5.000 francs. Annandine était descendue du lit, elle ouvrit la fenêtre et voulut crier pour appeler à l'aide. C'est à ce moment que le meurtrier est revenu sur elle et l'a tuée pour me plonger ensuite son couteau dans l'épaule."

Le récit de la victime devait s'arrêter là. Devenu extrêmement pâle, Il ne put que prononcer quelques mots indistincts, demanda un verre de malaga et supplia son fils de prévenir le curé de la paroisse.

Quelques instants après arrivait M. Duval, médecin de Noyers, prévenu par M. Lefèvre et des habitants de la commune. Le praticien, après avoir examiné rapidement le blessé, conclut que tous les soins étaient inutiles à 5 heures du matin, la mort avait fait son œuvre.

Féroce acharnement de l'assassin  :  Un des témoins trouva dans la chambre avait été commis ce. double crime, un instrument dont s'était servi l'assassin, un grand couteau à cran d'arrêt, abandonné sur une table et une barre de fer couverte de sang. La violence des coups avait été telle que la lame du couteau portait des traces de brèche et qu'il était légèrement faussé à son extrémité. Ce détail fut expliqué par l'autopsie. M. le docteur Aumont, médecin légiste, devait effectivement constater que dans une lutte suprême, le meurtrier avait sectionné entièrement l'os du poignet de la femme Baptiste, laquelle ne porte pas moins de quinze blessures au couteau. N'ayant pas pu avoir raison de sa victime en la tailladant avec une énergie sauvage, l'assassin s'était finalement armé d'une barre de fer et avait asséné sur la tète un rude coup qui avait déterminé une double fracture du crane.

On sait que le meurtrier pénétra par le débit après avoir exercé des pesées infructueuses sur un volet de la fenêtre du milieu. Entré dans la maison, le misérable ayant un maigre butin au rez-de-chaussée, monta l'escalier et s'introduisit dans la chambre qui était restée éclairée toute la nuit. Avant de commettre son crime, il demanda probablement aux deux vieillards était leur argent, car il n'aurait pu trouver assez rapidement les cinq billets de 1.000 francs qui avaient été soigneusement dissimulés. La femme Baptiste se serait même écriée "Prenez tout ce que nous possédons, mais laissez-nous la vie !"
Pendant que le cambrioleur faisait main basse sur l'argent, à sa portée, la débitante crut avoir le temps d'ouvrir la fenêtre et de donner l'alarme. Cette fenêtre fut ouverte. C'est à ce moment que le bandit, pour cacher son forfait, se décida à tuer ses deux victimes.

De nombreuses taches de sang sur la fenêtre dont nous parlons, montrent bien que le drame horrible s'est déroulé de cette manière. La femme Baptiste, nature nerveuse, sista certainement à son agresseur qui pour se dégager d'elle lui taillada le bras gauche dans toute sa longueur.
Le débitant fut atteint près de l'épaule de deux blessures pénétrantes portant des plaies béantes de 25 centimètres. Il est surprenant que le blessé après le départ du bandit ait pu se rendre dans cet état jusqu'à l'habitation de son fils.
L'enquête  :  Les gendarmes de Villers-Bocage prévenus à la première heure par les soins  de M. Mottad, frère de la victime, commencèrent aussitôt leur enquête sous les ordres de M. Henry, commissaire divisionnaire, et de M. le Capitaine de gendarmerie Gaillard. Les gendarmes et les inspecteurs de la brigade mobile continuent en étroite collaboration cette enquête qui promet d'amener des résultats. Il est indiscutable que l'assassin connaissait la maison des époux Baptiste et leurs habitudes.

Bien que vague, le signalement fourni par l'une des victimes a fait naître une piste qui est actuellement suivie. L'homme de grande taille et au pardessus était déjà signalé avant le crime. Il a été vu dans une localité peu distante de Missy, et son arrestation sera prochaine.

 

Mai 1927  -  Encore une victime des Boche !  - M. Alphonse Eudes, 46 ans, demeurant à Missy, s'est suicidé en se pendant dans sa chambre. Le malheureux, fait prisonnier en 1914, avait été rapatrié en 1917 comme atteint de troubles cérébraux. Il avait même été interné pendant un an. C'est certainement au cours d'une crise que M. Eudes s'est tué.

 

Septembre 1928  -  Un incendie.  -  M. Samson, cultivateur à Missy, venait de battre à la machine. Il avait fait monter à proximité de la machine à battre, une meule de paille de 10 mètres de long sur 5 mètres de large. Pendant qu'il était parti conduire chez un cultivateur des environs la batteuse et la chaudière, un incendie a détruit la meule en entier. M. Samson éprouve un préjudice de. 6.000 francs. Les pertes sont couvertes par une assurance. On croit accidentelles les causes du sinistre.

 

Novembre 1936  -   Une voiture attelée est culbutée par une auto.  -  M. Léopold Faucon, cultivateur à Missy, revenait de St-Georges-d’Aunay, en compagnie de sa femme et de son fils Gilles, âgée de 19 ans, dans une voiture attelée d'un cheval, qui était éclairée à l'avant et à l'arrière, quand à l'angle du chemin allant de Villy-Bocage à Parfouru-sur-Odon, il vit venir à sa rencontre une automobile. Au moment où allait la croiser, survint une autre automobile se dirigeant vers Villers-Bocage. En passant elle heurta la roue de la voiture de M. Faucon. Sous la violence du choc, les deux brancards se brisèrent ainsi que l'attelage et les occupants furent projetés violemment sur la chaussée. 

M. Maurice Gaillard, garagiste à Villers-Bocage qui passait en automobile se porta au secours des victimes. M. Faucon avait de multiples contusions sa femme était assez sérieusement blessée à la tête, elle avait en outre le bras gauche fracturé et de multiples contusions. Leur fils Gilles avait des blessures au nez et au bas de la Colonne vertébrale. 

Mme Faucon a dû être transportée dans une clinique de Caen, en vue d'un examen radioscopique. 

L'auteur de l'accident, M. Pierre Soismier, 32 ans, boulanger à Anctoville, qui marchait à 70 km à l'heure, a déclaré qu'ayant ses phares en Code, il n'avait pas vu la voiture de M. Faucon. 

Procès-verbal a été dressé contre M. Soismier pour infraction à l'art. 9 du décret du 31 décembre 1922. (Source  : Le Moniteur du Calvados)

Janvier 1939   -   La nuit, un automobiliste se jette sur une charrette dépourvu d’éclairage.   -   M. Eugène Yver, 36 ans, charretier au service de M. Félix Saint-James, cultivateur à Vieux, conduisant une charrette de fagots attelée de deux chevaux, dépourvue d'éclairage, s'était arrêté sur la route nationale 175, au lieu dit « La Patte d'Oie », face à l'habitation de M. François Benoît, cultivateur à Missy, avec lequel il était parti voir un tas de pommes.

En l'absence du charretier, Mme Benoît était demeurée près des chevaux dont elle assurait la surveillance.

Il était 17 h. 20 environ. Survint tout à coup une auto que pilotait M. Georges Buot, 57 ans, domicilié à Caen, 189, rue de Bayeux, auprès duquel se tenait sa femme.

L'automobiliste ne put s'apercevoir à temps de la présence de la voiture et vint donner très violemment sur l'arrière du véhicule.

Heurtée par le brancard, Mme Benoît fut projetée sur  la berne où elle se fractura la clavicule et se brisa une côte.

Dans l'auto, Mme Buot surtout était blessée en divers endroits par les éclats de vitre, son mari ne portant que de légères coupures.

Les dégâts aux véhicules sont sérieux.

La gendarmerie de Villers-Bocage a effectué l'enquête d'usage et dressé procès-verbal au chancelier dont la négligence provoqua l'accident. (Source  : Le Moniteur du Calvados)

 

Décembre 1944  -  Un Syndicat de sinistrés à Missy.  -  Les habitants de Missy se sont réunis en assemblée générale afin de constituer un Syndicat. Le bureau a été ainsi composé : M. Lefévre , président ; M. Maurice Basley, vice-président ; M. Armand Wiedmann, secrétaire ; M. Louis Marie, Trésorier. Une cotisation de 25 fr. par adhérent sera versé au Syndicat.

Missy  -  L'Église

Le site de la mairie Noyer-Bocage & Missy 

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