UN SIÈCLE D’HISTOIRE DU CALVADOS

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MONTBERTRAND

Canton de Vassy

Les habitants de la commune de Montbertrand sont des Mont-Bertonais, Mont-Bertonaises


Novembre 1866   -   La migration.   -   On ne se rappelle pas avoir vu passer dans notre pays, comme depuis ces jours derniers, autant d'oiseaux venant des contrées septentrionales, surtout des cigognes, des grues et des hérons.

On doit voir là l'indice précurseur d'un hiver précoce et rigoureux.

 

Novembre 1866   -   Les étoiles filantes.   -   Les astronomes comptent sur de magnifiques pluies d'étoiles dans les nuits des 12 et 13 de ce mois.

A cette époque de l'année, on voit généralement un grand nombre d'étoiles filantes. Mais on ne verra pas, dit-on, avant la fin du siècle, un spectacle céleste aussi brillant que celui de cette année.

 

Novembre 1866   -   Un arrêté.   -   Par arrêté du 9 novembre, M. le Préfet a autorisé les instituteurs dont les noms suivent à ouvrir des cours d'adultes, le soir, dans leur commune respectives, à savoir : MM. Ballé, à Cléville ; Lecorbeiller, à Reviers ; Tostain, à Clarbec ; Delacour, à Vaudeloges ; Osmont, à Montbertrand.

 

Avril 1874   -   Mort Accidentelle.  -  Le 18 de ce mois, la dame Delaville, lessivière à Montbertrand, canton de Bény-Bocage, âgée de 62 ans, lavait du linge dans un lavoir du hameau de la Sorinière. En lançant un drap dans le lavoir, elle est tombée dans l'eau et s'y est noyée, bien que la profondeur ne fut que de 80 centimètres. Cette femme sortait de prendre son repas.  

 

Janvier 1881  -  Une femme brûlée vive.  -  Mercredi, commune de Montbertrand, Mme veuve Pannier, née Lampérière, âgée de 82 ans, a été brûlée dans son habitation. Cette dame avait l'habitude de se placer très près du foyer. Le feu s'est ainsi communiqué à ses vêtements. Elle vivait seule, les voisins, attirés par ses cris, sont arrivés trop tard pour lui porter un secours efficace. En effet, la victime était morte quand ils parvinrent près d'elle.  

 

Avril 1885  -  Un fou parricide.  -  Samedi, vers 11 heures 1/2 du soir, la veuve Gilles, âgés de 84 ans, ménagère, demeurant au hameau du Hamel, à Mont Bertrand, canton de Bény-Bocage, a été assassinée dans son domicile. L'auteur de ce crime est le fils de la victime, âgé de 35 ans, charpentier, domicilié au même lieu, atteint d'aliénation mentale depuis quelques jours seulement. Ce malheureux a tué sa mère à l'aide d'une bûche, et, son acte accompli, a transporté le cadavre à dos à son domicile, situé à 200 mètres environ du lieu du crime. Arrêté immédiatement par des voisins, il a été remis à la gendarmerie.  

 

Juillet 1894  -  L’immoralité.   -  Le nommé Paul Fergant, 30 ans, né à Caen, demeurant à St-Pierre-du-Fresne, travaillait sur un chemin vicinal en construction. Comme Fergant ne rentrait pas chez lui tous les soirs, à cause de la distance, il prenait pension chez le sieur Auguste Aumont, journalier à Montbertrand, arrondissement de Vire. Cet homme avait d'autant moins hésité à prendre Fergant, comme son hôte, qu'il avait été élevé par sa femme jusqu'à l'âge de 12 ans, de telle sorte qu'ils le regardaient un peu comme s'il eût été leur propre enfant. 

Une après-midi, la femme Aumont, ayant été obligée de s’absenter de son domicile pour aller dans un pré voisin porter du cidre à son mari, laissa seules à la maison deux jeunes enfants, sa fille Alice de 7 ans et demi et un nourrisson de 2 ans seulement. Fergant attira à lui la petite Alice et la porta sur la table de la cuisine. Là, le misérable essaya d'abuser de l'enfant, ce qui serait arrivé si la mère ne fût rentrée. Fergant est marié et père de quatre enfants. Il a été arrêté. 

— Ce n'est rien auprès de ce qui s'est passé à Rouen. Huit jeunes vauriens ont été arrêtés pour viol et tentatives de viol sur des femmes dont ils guettaient le passage dans des endroits isolés. C'est ainsi qu'ils se sont emparés d'une dame M…..., l'ont jetée à terre et, pendant que les uns lui tenaient les bras et les jambes et qu'un autre lui enfonçait un mouchoir dans la bouche, trois de ces misérables abusaient successivement de la malheureuse femme. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Janvier 1896  -   Suicide.  -  La veuve Badin, née Valentine Lemière, 44 ans, épicière à Montbertrand avait quitté son domicile sans dire à sa jeune fille où elle allait. Trois jours après, dans la matinée, le cadavre de cette femme fut trouvé dans une mare. Depuis la mort de son mari, qui remonte à sept mois, la veuve Badin avait des idées noires et s'adonnait à la boisson, de plus, des questions d'argent avaient contribué à l'affaiblissement de ses facultés intellectuelles. Avant de se jeter à l'eau, la veuve Badin s'était dépouillée d'une partie de ses effets qu'elle avait déposés en un petit paquet sur le bord de la mare. (Source : Le Bonhomme Normand)  

Juillet 1900 - Suicides. - Le sieur Michel Eudeline, propriétaire à Montbertrand, près Bény-Bocage, était souffrant depuis longtemps et avait, maintes fois, manifesté l'intention de se donner la mort.

Il a mis à exécution son sinistre projet, car sa femme, en revenant de porter la collation à des faucheurs qui travaillaient dans un pré voisin, a trouvé son malheureux, mari pendu à un soliveau de sa grange.

— La gendarmerie de Dives-surMer a été appelée à constater le suicide de la femme Anne Le Corre, ménagère à Cabourg. Cause : dérangement des facultés. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Juillet 1901   -   Accidents mortelles.  -  La veuve, Quintaine, journalière à Montbertrand, près Bény-Bocage, était montée sur une échelle, d'où elle passait des bottes à une autre personne qui les tassait dans un grenier. Soudain, perdant l'équilibre, elle fut précipitée sur le sol, se brisant la colonne vertébrale. Elle est morte sur le coup.

— Le sieur Prosper Chartes, 27 ans, domestique à Géfosses-Fontenay, est tombé sous la roue de sa voiture. Il n'a survécu que quelques minutes. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Septembre 1904  -   Les suites d’un marché.    -   Un cultivateur de Bures, canton de Bény-Bocage, le sieur Edouard Manvieu, avait acheté une jument 280 fr. au nommé Jean Decrette, dit Girard, 30 ans, marchand de bestiaux à Saint-Amand (Manche). En revanche, Decrette avait acheté, pour 170 fr., un jeune bœuf au sieur Manvieu.

La différence payée, tous d'eux partirent pour Montbertrand, accompagnés du beau-fils de M. Manvieu, le jeune Ernest Prod'homme, 21 ans, domestique, en emmenant avec eux les animaux vendus. 

Decrette, en arrivant, voulut enfermer ensemble le bœuf et la jument ; Manvieu s’y opposa et Decrette, en colère, le renversa d'un coup de poing. Comme Prod'homme s'interposait, Decrette prit une hache, lui en porta un coup violent au front et en frappa aussi Manvieu dans le dos. Les blessures de ce dernier sont légères ; mais l'état du jeune Prod'homme est inquiétant. Decrette a été mis en état d'arrestation. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Mars 1915  -  Certificat d’études.  -  Le ministre de l'instruction publique et des beaux-arts a décidé, par une mesure exceptionnelle, d'ouvrir l'examen dans sa session normale à tous les enfants qui atteindront l'âge de 12 ans, le 31 décembre prochain.

 

Mars 1915  -  Le temps qu’il fait.  -  On ne dira pas que le Bonhomme Normand n'est pas un bon prophète, puisque son Almanach annonçait de la pluie et du vent pour les fêtes de  Pâques. Malheureusement, ses pronostics pour la suite du mois ne sont pas non plus très bons. Heureusement que, suivant le vieux dicton : Jamais pluie de printemps n'a passé pour du mauvais temps.

 

Avril 1915  -  Les désespérés.  -  A Montbertrand, canton de Bény-Bocage, Mlle Andrée Duval a trouvé son père, Aimé Duval, pendu à une échelle, dans la grange. Depuis le départ de ses deux fils pour l'armée, Duval paraissait soucieux. En outre, on avait réquisitionné sa jument, et il n'avait pu encore la remplacer.

 

Octobre 1915  -  Incendie.  -  M. Donat Lecouflet, propriétaire à Montbertrand, se trouvait, le soir, dans sa cour lorsque son domestique, Armand L…, qu’il venait de quitter, revint en courant et sans rien lui dire prit un seau et retourna vers l’appartenant où il couchait. Trouvant cela anormal, M. Lecouflet l’y suivit. Il aperçut le lit de son domestique en feu, ainsi que la paille déposée dans un petit appartement contigu. Il essaya d’enrayer le feu, mais en quelques instants tout le bâtiment fut embrasé. Plus de 1700 gerbes de blé et d’orge, 300  bottes de paille d’orge devinrent la proie des flammes. On put sauver seulement deux porcs, deux hectolitres d’orge et une faucheuse. Le bâtiment, à usage d’étable, grange, cabinet, loges à porcs, ainsi qu’un hangar couvert en chaume, ont été détruits.  On suppose que le jeune domestique en allant se coucher, aura mis le feu imprudemment.    

 

Octobre 1924  -  Mort accidentelle. -  M. Vautier Édouard, âgé de 59 ans, cultivateur a Montbertrand, alla le 3 octobre, travailler chez un de ses voisins. Le soir, en regagnant son domicile, trompé par la nuit, il tomba sur un roncier placé en bordure d'un ravin ou l'infortuné cultivateur fit une chute terrible et se fracassa la tête.  

 

Février 1936  -  Un bâtiment agricole détruit par le feu.  -   L'autre soir, vers 19 h. 45, Mme veuve Paris, 47 ans, cultivatrice au hameau des Esnouvières, se rendait dans un bâtiment de sa ferme pour y chercher de la paille. La fermière s'éclairait à l'aide d'une lampe-tempête. Alors qu'elle se baissait pour faire sa provision, la vitre de la lanterne s'ouvrit et le feu se communiqua à la paille. L'incendie se développa avec une extrême rapidité et gagna la toiture de la construction couverte en chaume. Accourus aux appels de Mme Paris, des voisins s'employèrent à maîtriser le sinistre mais ne purent que protéger un local voisin. Le bâtiment, qui contenait 1 000 kgs de paille et une certaine quantité de bois, a été entièrement détruit. Les dégâts, couverts par une assurance, atteignent une dizaine de mille francs. 

La construction incendiée avait dix mètres de long sur cinq de large et deux de haut. (Source : Le Moniteur du Calvados)

 

Janvier 1937  -   Un domestique cambriolait la maison de ses patrons.  -  M. Vautier, Joseph, cultivateur à Montbertrand, village de la Ménardière, loua le 27 novembre dernier, en qualité de domestique, le nommé Martinet Georges.

Le 2 janvier, M. Vautier s'absenta de sa ferme pendant deux heures environ. A son retour, il fut très étonné, de voir que la fenêtre de sa chambre à coucher avait été ouverte et qu'un carreau avait été brisé, il entra chez lui et constata la disparition d'un veston, d'un pardessus et d'une bicyclette.

Ses soupçons se portèrent sur son domestique. Celui-ci avait profité de l'absence de son patron pour le voler. Les gendarmes ouvrirent une enquête qui fit apprendre que Martinet, né en 1910, à Fougères, avait été plusieurs fois condamné pour vols et abus de confiance.

Poursuivant leurs investigations, les gendarmes, à la suite de renseignements précis qui leur furent fournis, alertèrent la brigade de Saint-Lô et bientôt Martinet était arrêté à l'endroit  qu'ils avaient indiqué à leurs collègues.

Le montant du vol atteint 850 francs. (Source : Le Moniteur du Calvados)

 

Août 1938   -   Le pacage des Animaux.   -   Sur la proposition de M. Michel, Le Conseil d'Arrondissement, Considérant que : une sécheresse persistante sévit actuellement dans notre région et que beaucoup de petites gens possédant une vache ou deux, vont être obligés de les vendre faute de nourriture.

Emet le vœu : que les personnes qui ne possèdent qu'une vache ou deux, soient autorisées, à titre exceptionnel, pendant les mois de Juillet, Août et Septembre, et dans les endroits non infectés par la fièvre aphteuse, à les garder sur les bermes des routes nationales et les chemins de grande communication, étant entendit que les dits animaux devront être tenus à la corde. (Source : Le Moniteur du Calvados)

 

Août 1938   -   Un père de six enfants se taillade la gorge à coup de rasoir.   -   Il y a quelques jours, M. Lefoulon, cultivateur à Mont bertrand, reçut chez lui, un ouvrier agricole sans travail qu'il embaucha. L'homme travailla toute la journée et son travail donna satisfaction à M. Lefoulon qui, néanmoins, lui fit pressentir qu'il ne continuerait pas à l'occuper. 

Cette idée dut mettre le désarroi dans le malheureux cerveau du journalier, nommé Harnais Louis, père de six enfants, habitant St-Julien-le-Faucon, village de l'Ecande. Toujours est-il que le Iendemain, vers 7 heures, M. Lefoulon, surpris de ne pas le voir, s'en fut dans la chambre où Harnais avait passé la nuit et là il vit l'ouvrier étendu sur le lit, perdant son sang en abondance par une blessure qu'il s'était faite à la gorge avec un rasoir. 

Aussitôt, M. Lefoulon fit diligence pour prévenir les gendarmes et le médecin. Transporté d'urgence à l'hôpital de Vire, l'infortuné y a reçu les soins que nécessitait sa blessure qui, malgré sa gravité, s'est cependant sensiblement améliorée. (Source : Le Moniteur du Calvados)

 

Novembre 1947  -    Un grave incendie à Montbertrand.  -  Un sinistre qui aurait été provoqué par une étincelle tombée de la cheminée sur un tas de bois, s’est déclaré au début de la nuit, dans la cuisine d’une maison occupée par M. Élisabeth, cultivateur. 

Alerté par l’éclatement de cartouches de chasse, celui-ci s’empressa de porter secours à son fils, âgé de 12 ans, qui dormait dans son lit. Sans cette rapide intervention l’enfant, déjà sérieusement brûlé, eut péri dans les flammes. Avec l’aide de voisins, un détachement des pompiers de Vire, sous les ordres du capitaine Stentelaire, parvint à se rendre maître du fléau. Les dégâts dépassent 300 000 francs. (Source : Le Bonhomme Libre)

MONTBERTRAND   - L'Église

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