UN SIÈCLE D'HISTOIRE DU CALVADOS

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NORON - l'ABBAYE

Canton de Falaise

Les habitants de la commune sont des Noronnais, Noronnaises

Septembre 1842    -  Orage du 30 juin.   -   Le conseil engage M. le ministre de l'intérieur à prendre en grande considération la réclamation des communes de Planquery, de la Vaquerie, Cormolain, Sallen, Foulognes et Noron. qui ont souffert de l'orage du 3o juin, et qu'il leur accorde un subside sur le fonds commun. (source : L’Indicateur de Bayeux)

 

Février 1868   -   Une inspection.   -   Il sera procédé, à compter du 15 mars prochain, à l'inspection de tous les chevaux, juments et mulets de trait de l'armée en dépôt chez les cultivateurs.

Pour l'exécution de cette inscription, les différents départements où il existe des animaux en dépôt sont divisés en vingt-six circonscriptions d'inspection.

Chaque circonscription sera inspectée par un officier d'artillerie ou du train des équipages militaires, assisté d'un vétérinaire ou d'un maréchal ferrant.

Les cultivateurs seront prévenus par la gendarmerie, au moins quatre jours à l'avance, du jour, de l'heure, de la localité où ils seront tenus de présenter eux-mêmes les animaux.

Les animaux qui, pour cause de maladie, seul motif de dispense, ne seront pas amenés aux lieux indiqués, seront visités sur place par la gendarmerie.

 

Juin 1875   -   Les orages.  -  L'orage qui a éclaté avec tant de violence sur notre ville jeudi soir, s'est

également fait sentir sur différents points du département. Rappelons qu'à Caen, venelle Buquet, le fluide, après avoir en partie détruit un petit pavillon, a suivi la toiture et a descendu dans la cour voisins le long de la gouttière de la maison occupée par M. Gall, restaurateur, en face de la poissonnerie, à trois mètres de hauteur, il a percé le mur en broyant une pierre, dont on a pas retrouvé de traces, et est entré dans la cuisine de M. Gall, où il a tordu et fondu les conduits à gaz et blessé légèrement M. Gall au cou. Dans la quartier, plusieurs enfants sont tombés au même moment par la force de la commotion, mais sans avoir aucun mal.

La foudre est également tombée sur la seuil de la porte d'entrée de la salle d'asile, située place des Petites Boucheries. Les enfants étaient encore à l'école, la femme Perdrieu, marchande de volailles, rue Bicoquet, qui entrait en ce moment dans la cour, pour aller chercher son enfant, a été renversée, et est restée environ 20 minutes sans connaissance.

Sur la ligne télégraphique de Caen à Creully (territoire de Caen), la foudre a brisé les fils et endommagé trois poteaux.

A Lisieux, place du Marché-aux-Chevaux, la foudre a crevé le toit d'une maison, réduit en morceaux du linge étendu dans le grenier, puis elle est descendue par la tuyau de la gouttière, qu'elle a crevé à un mètre vingt environ du sol. La commotion électrique a été si violente qu'une personne réfugiée sous une porte cochère a été renversée.

A Ouilly-le-Vicomte, elle est tombée dans la ferme de M. Requier, sur un poirier qu’elle a partagé en deux, comme l’eut fait une scie.

A l'Abbaye, elle a pénétré dans la pièce où les jeunes pensionnaires externes déposent les petits paniers contenant leurs provisions pour le goûter et la collation, elle a bouleversé les pitances et détérioré les paniers.

Route de Lisieux à Caen, vers la milieu de la côte, la foudre a creusé un trou de soixante à quatre-vingts centimètres de diamètre, projetant au loin les cailloux et la terre.

A Mondrainville, un incendie causé par la foudre a consumé la toiture en chaume d'une maison d'habitation un pressoir, des objets mobiliers et pour 200 fr. de bois de travail appartenant au sieur Victor Bidel, menuisier.

A Escure-sur-Favières, vers quatre heures du soir, on a trouvé le cadavre de la femme Séraphin Porat, veuve Vincent, âgée de 61 ans, journalière en cette commune, Elle avait été tuée par la foudre.  

 

Décembre 1888  -  Sévérité est tolérance.  -  Il y a quelques années, contravention était faite à un propriétaire d'Ouistreham, pour travaux à une maison frappée d'alignement. La maison fut vendue. Le nouveau propriétaire y a, dit-on, fait faire des travaux de restauration, sans être l'objet d'aucune contravention et avec l'agrément de l'autorité. La tolérance est une bonne chose, mais elle devrait être la même pour tous.

 

Décembre 1888  -  Tirage au sort.  -  Le tirage au sort de la classe 1888 commencera le 27 janvier

 

Décembre 1888  -  Bonne nouvelle.  -  Un arrêté ministériel vient de réduire de 28 à 25 jours, pour l'année 1889, la durée de la période d'instruction « pour toutes les catégories de réservistes appelés, y compris les ajournés des années précédentes. »  

 

Avril 1890  -  Incendie.  -  Un incendie de cause inconnue a détruit à Noron, près Falaise, deux hectares de bois au sieur Lemarchand, agent d'affaires à Falaise. Pertes, 2 000 fr.  

 

Août 1892  -  Assassin par amour.  -  Jules Ruel, 34ans, domestique, était au service du sieur Pinel, cultivateur à Noron. Il se lia avec Louise Marie, 22 ans, servante dans une ferme voisine et lui promettait de l'épouser. Mais, vers la fin de février dernier, la fille Marie, ayant entendu dire, à tort, que Ruel était déjà marié et qu'il n'avait pas d'économies, rompit avec son fiancé. Celui-ci en conçut un vif ressentiment. Ayant rencontré la fille Marie, en compagnie d'un jeune homme, il fut pris d'une violente jalousie.

Son parti de tuer son ex-fiancée fut dès lors arrêté. Le 21 mars, à cinq heures du matin, il arrivait à la ferme muni d'un rasoir, escaladait un mur et se dirigeait vers l'étable où était la fille Marie. Apercevant avec elle le petit valet, il n'osa pas avancer et se contenta de dire à la jeune fille : « Vous avez de la chance d'avoir un gardien ». Il sauta de l'autre côté du mur, retourna chez ses maîtres et leur déclara qui les quittait sur l'heure, parce qu'il ferait un mauvais coup s'il restait.

Il erra dans les bois pendant trois jours, ne cessant de penser au crime qu'il allait commettre, puis, résolu à en finir, il revint à Noron, le soir du 23, ouvrit la barrière, pénétra dans la cour  et se cacha dans le grenier situé au-dessus de l'étable. Il y passa la nuit attendant sa victime, dont il connaissait les habitudes. En effet, la fille Marie entrait dans l'étable, la 24 mars, au petit jour, accompagnée de la femme Moussel. Ruel les laissa traire les vaches, puis, lorsqu'il vit la fille Marie se lever pour rentrer à la ferme, il sauta du grenier dans la vacherie, ouvrit en même temps son rasoir, et, saisissant la malheureuse servante sous le menton avec la main gauche, il lui appuya la tête contre sa poitrine, et lui porta de toutes ses forces un coup violent à la partie droite du cou. Il la poursuivit ensuite dans l'étable jusqu'à l'arrivée de la veuve Piperel qui, malgré ses 71 ans, n'hésita pas à accourir aux premiers cris qu'elle entendit pousser, c'est à cette courageuse femme que Louise Marie doit de vivre encore aujourd'hui.

Moins braves ont été les sieurs Madeleine et le domestique Lelièvre qui étaient tout près du lieu du crime et qui n'ont pas osé approcher. Chacun savait depuis longtemps que la fille Marie courait un réel danger. Ruel avait répété ses menaces de mort devant nombre de personnes et sa victime n'osait plus sortir seule, de peur de le rencontrer. Néanmoins, aucunes précautions ne furent prises et la gendarmerie ne fut pas prévenue, sans doute par crainte de la vengeance de l'assassin.

La fille Marie a une excellente conduite. Quant à Ruel, l'accusation lui reproche deux condamnations : l'une, à 24 heures de prison pour vol d'un peu de pain et de viande chez ses maîtres, l'autre à 8 jours pour outrages. Ruel est condamné à 4 ans de réclusion, minimum de la peine. (Source : Le Bonhomme Normand)   

 

Septembre 1892  -  Un mauvais gendre.  -  Le nommé Emile Sébire, journalier à la Bruyère de Noron, près Falaise, a porté des coups à son beau-père, M. Lecerf. Puis, de plus en plus furieux, il ouvrit son couteau, menaçant d'éventrer la vache de ses beaux parents. (Source : Le Bonhomme Normand) 

 

Janvier 1897  -  Bruits erronés.  -   Le bruit courait, à Noron, près Falaise, qu'une femme serait morte d'un accouchement auquel avait, seule, assisté une femme qui aurait par ses manœuvres amené la mort de la malade. Voici la vérité : une jeune femme est morte, il est vrai, à la suite de couches, mais son décès serait dû non à des manœuvres coupables ou imprudentes, mais à une fièvre dont a été atteinte la malade, quelques jours après l'accouchement. (Source : Le Bonhomme Normand) 

 

Janvier 1897  -  Mesures contre la rage.  -  Un nouvel arrêté préfectoral prescrit que, jusqu'au 1e février 1897, tous les chiens circulant sur la voie publique seront muselés solidement ou  tenus en laisse, à l'exception seulement des chiens de berger ou de bouvier et des chiens de chasse. (Source : Le Bonhomme Normand) 

 

Janvier 1897  -  Le tirage au sort.  -  L'examen des tableaux de recensement de la classe 1896 et le tirage au sort commenceront le 18 janvier 1897. (Source : Le Bonhomme Normand)  

 

Mars 1897  -  Main déchirer.  -  Le sieur Lebourgeois, boucher à Noron, en plaçant, samedi, la tente de son étal sur le marché de Bayeux, a perdu l'équilibre et, en tombant, s'est déchiré la paume de la main, depuis le poignet jusqu'à la naissance des doigts, à un des crochets servant à suspendre la viande. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Juillet 1901   -   Un mauvais coup.  -   La femme Aubert, demeurant à Noron, près Falaise, frappait violemment ses filles, qui se sauvèrent. Un voisin le nommé Desveaux intervint. La femme Aubert lui porta un coup de râteau qui le fit tomber du haut de l’escalier où il se trouvait. En tombant, le malheureux se brisa l'orteil. Le tétanos s’étant déclaré, Desveaux est mort huit jours après.

La femme Aubert a été arrêtée. (Source : Le Bonhomme Normand)  

 

Août 1901   -   Coups mortels.  -   Un soir, la femme Marie Aubert, 49 ans, journalière à Noron, près Falaise, frappait avec violence l'une de ses filles parce qu'elle avait refusé d'aller traire les vaches. Le sieur Desvaux, qui demeurait sur le même palier, sortit et reprocha sa brutalité à la femme Aubert. Celle-ci s'arma d'un râteau en fer et en frappa Desvaux qui tomba au bas de l'escalier et se cassa le gros orteil droit.

Le lendemain, il alla chez le médecin qui constata des blessures faites avec le râteau. Desvaux s'alita, puis il essaya de travailler, finalement, le tétanos se déclara et l'infortuné succomba.

La femme Aubert nie avoir frappé Desvaux. Les témoins affirment le contraire. Elle n'a été condamnée qu'à un an de prison. — Défenseur : Me Grandsart. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Avril 1914  -  Les bois en feu.  -  Samedi soir, vers 11 heures, le feu éclatait au lieu-dit la " Roche-du-Jarret ", sur la commune de Noron. Ce fut d'abord des bruyères et des vignons qui  flambèrent. Des personnes accoururent pour combattre le feu. Dans la nuit on croyait tout danger écarté. Or, dimanche, le feu reprenait, mais cette fois avec une rapidité effrayante. Il gagnait les sapins du bois du Roi, au haut de Villers. M. Le marquis de la Moussaye, principal propriétaire de ce bois, prévint M. Le lieutenant colonel Masson, du 5e de ligne, à Falaise, à 2 heures, un premier piquet d'incendie conduit par le sous-lieutenant de réserve Perpignant partait sur les lieux. Au nombre d'une quarantaine, les soldats attaquèrent le feu avec énergie, abattant les arbres avec leurs haches ou étouffant les flammes avec des perches. À 6 heures, un nouveau piquet commandé par le lieutenant Azais venait relever le premier, puis, vers 11 heures, un troisième piquet, dirigée par le lieutenant Chiffmann, se rendait dans le bois et jusqu'à lundi matin 5 heures, combattait le feu. Alors les soldats regagnèrent Falaise.  

400 hectares de sapins âgés de 30 ans, des bruyères, des vignons et autres arbustes avaient été anéanties sur un parcours de six kilomètres. Les foyers se dispersaient sur la lisière et au milieu du bois et se comptaient par trois et quatre. On pense que le feu est du à la malveillance. Cependant, les gendarmes Seurette et Ruet, venus enquêter lundi matin, n'ont pas pu  trouver de renseignements probants.

Cinquante propriétaires ont été lésés par cet incendie. Le bois comprenait de nombreuses chasses particulières. De nombreux lièvres ont été grillés. Ajoutons que dans l'après-midi et  dans la nuit de dimanche, le brasier immense de l'incendie répandait des lueurs impressionnantes, que beaucoup aimèrent à voir dans la région. Les flammes montaient le long des sapins jusqu'à trois mètres de hauteur. Lundi, vers midi, le feu a repris. Un peloton du 5e de ligne a du se rendre sur les lieux, vers 6 heures du soir, et combattre le feu jusqu'à une heure avancée de la nuit. On signale un autre feu de bois du côté de Vignats.

 

Septembre 1916  -  Le feu dans les bois.  -  A Noron, près Falaise, un incendie a dévoré trois hectares de sapins au marquis de la Moussaye, et cinq hectares d'ajoncs à Mme Pouclé et Chauvel. On croit que ce sinistre est du à l'imprudence d'un fumeur.

 

Septembre 1916  -  Une chasse qui est ouverte.  -  Tous les jours on apprend que des prisonniers de guerre se sont évadés, mais on ignore, trop qu'il y a deux sortes d'intérêts à  favoriser leur reprise. Un intérêt patriotique d'abord : les prisonniers allemand sont des otages qui nous garantissent la vie et la liberté future des Français prisonniers en Allemagne. Un intérêt pécuniaire ensuite : celui qui arrête un soldat allemand en fuite touche une prime de 25 francs. Si c'est un officier qu'il rattrape, il a droit à 50 francs. On peut  formuler sa demande de prime en remettant son prisonnier aux gendarmes.

Dans ces conditions, sait-on quel serait le comble de la roublardise pour un prisonnier boche ? Ce serait de proposer à un de ses gardiens de le laisser feindre de s'échapper pour partager ensuite avec lui la prime de rattrapage. Et sait-on quel serait le comble de la « j’en-foutrerie » pour le gardien ?  Ce serait d'accepter le marché et de garder tout pour lui.

 

Septembre 1922  -  Un odieux malfaiteur est arrêté  -  Le jeudi 7 septembre. Mme veuve Leportier, 50 ans, journalière à Noron-l'Abbaye, travaillait une machine à battre chez M. Martin, cultivateur en cette commune, en, compagnie d'un nommé Morin et de plusieurs autres journaliers. Le repas du soir s'étant achevé assez tard, les ouvriers quittèrent la ferme vers minuit vingt pour rentrer à leurs domiciles respectifs. Morin marchait à une vingtaine de mètres en avant de Mme Leportier et celle-ci ne s'inquiéta pas où il allait.

Vers 3 heures du matin, Mme Leportier fut réveillée par des coups frappés dans sa porte.

 - « Qui est là ? » demanda-elle,

Une voix qu'elle reconnut pour être celle de Morin lui répondit

 - « Ouvrez où je défonce la porte si vous n'ouvrez pas,  je défonce la porte à coups de revolver.

Prise de peur, Mme Leportier se leva, ouvrit la porte et Morin pénétra dans la maison, revolver au poing, en disant.

 - « Ce n'est pas une femme qui me mènera ! »

Devant l'attitude menaçante de cet hommes, Mme Leportier s'enfuit dans les champs, laissant ses deux enfants, âgés de 12 et 3 ans, seuls à la maison avec l'individu.

A peine arrivée dans le chemin, elle entendit sa fillette Andrée, âgée de 12 ans, appeler au secours elle fit le tour de sa maison et aperçut l'enfant en chemise qui criait et l'appelait, mais  elle n'osa avancer, craignant que Morin ne lui fasse un mauvais coup ; elle resta dans les champs jusqu'à 6 heures, puis elle s'en alla traire les vaches chez  M. Grandguillot, ainsi qu'elle  le faisait chaque jour.

Vers 5 h. 30, elle entendit sa fillette crier à nouveau et vit Morin sortir de chez elle. Cet individu s'était livré à des violences odieuses sur la fillette. Les gendarmes, avertis, se mirent aussitôt à la recherche de Morin qu'ils découvrirent chez M. Ameline, cultivateur à Noron. Son signalement donné par la fillette correspondait exactement à la tenue de l'individu.

Il nia énergiquement être l’auteur des faits qui lui sont imputés, disant que Mme Leportier et sa fillette se trompaient sûrement, car en sortant de la ferme, il était allé se coucher dans un bâtiment en face de la dite ferme et qu'il n'était sorti que le matin. Fouillé, les gendarmes ne purent trouver le revolver et Morin prétendit n'en jamais porter sur lui. Mis en présence de Mme veuve Leportier et de sa fillette, celles-ci reconnurent parfaitement leur agresseur et malgré ses dénégations, Morin fut mis en état d'arrestation et écroué la prison de Falaise.

Morin Ange-Alphonse. 38 ans. mécanicien, ancien pupille de l'Assistance publique, est un triste individu réputé dangereux. Il est veuf et a subi en 1908 une condamnation à 6 mois de prison pour coups et blessures, et en 1918 une condamnation à 5 ans de travaux publics pour désertion. Depuis environ cinq mois, il habitait à Falaise, route de Bretagne, où il vivait en concubinage avec une dame veuve Halard, 48 ans, épicière au dit lieu.

 

Mai 1924  -  Coup de pied de cheval.  -  Mardi dernier, M. Émile Poirier, 22 ans, domestique chez M. Georges Martin, a reçu un coup de pied de cheval sur le genou gauche, lui faisant une plaie profonde qui nécessitera trois semaines de repos.  

 

Juillet 1925  -  Mort accidentelle.  -  Le 6 août, le jeune Gallot, employé chez M. Chauvrie, à Saint-Vigor, menait une génisse chez M. Georges Martin, cultivateur.

Le domestique de M. Martin, M. Constant Letournel alla dans l'herbage avec le jeune Gallot et la génisse.

Le taureau qui s'y trouvait paraissait agacé, Letournel dut d'abord lui donner un coups de fouet, puis il lui en donna un second pour le chasser.

Mais, le malheureux fut happé par la bête et roulé par terre. Épouvanté le jeune Gallot s'enfuit chez Mme Martin.

Letournel eut la force de volonté de sortir de l'herbage, mais tomba. Le docteur Saillant appelé constata l'existence de deux plaies profondes à l'oreille droite et à la cuisse droite et ordonna le transfert du blessé, d'urgence, à l'hôpital de Fa!aise le malheureux expira en arrivant.

Letournel était célibataire et âgé de 41 ans, c'était un excellent ouvrier. Cette mort a jela consternation dans le pays.

 

Juillet 1926  -  Un ménage peu uni.  -  C'est celui que forment Jules Delaunay, 47 ans, cultivateur, et sa femme, née Blanche Loudin, 43 ans, la femme Delaunay ayant vendu des moutons à un boucher de Falaise, et ce sans demander avis à son mari fut sévèrement réprimandée au retour de Delaunay, le lendemain celui-ci recommença ses reproches, furieuse, la ménagère saisit un seau de lait et en lança le contenu à la figure de son époux, celui-ci pliqua avec un manche de fourche, aussitôt la dame prit une fourche dans l'écurie et blessa son mari au bras gauche, heureusement ce ne fut pas grave, mais les deux époux ont porté plainte l'un contre l'autre.  

 

Avril 1938   -   Le feu ravage la foret normande.  -  Deux fois en 24 heures, les sapeurs-pompiers de Falaise ont été appelés pour combattre des incendies couvant depuis samedi soir dans les bois de la Tour, propriété de M. le marquis de la Moussaye, dans la partie sise sur les communes de St-Pierre-Canivet et Noron.

Avant-hier après-midi, à leur arrivée sur les lieux, les sapeurs se trouvèrent en présence d'un brasier s'étendant sur un front de 3 kilomètres et une profondeur d'un kilomètre.

Au bout de quelques heures ils étaient maîtres du feu et, à la nuit, pouvaient quitter le bois de la Tour, laissant un piquet de surveillance sur les lieux.

Dans la soirée, le feu reprit vers l'abbaye de Villers-Canivet sur un front d'un kilomètre. Attaqué vigoureusement, il fut maîtrisé après quelques heures de travail.

La partie incendiée comprend surtout des bruyères, des genêts, des fougères sous futaie claire.

 Cependant les arbres se trouvant dans le périmètre où sévit le sinistre, ont beaucoup souffert et les dégats peuvent être considéré comme très élevés.

Les causes du sinistre sont inconnues. Ajoutons que le feu s'est déclaré dans une partie de la forêt très peu fréquentée.

Près de Lisieux.   -   Une vingtaine d'hectares de bois ont été détruits au cours de l'incendie que nous avons relaté, dans notre numéro d'hier. Ces bois, situés sur le territoire de Glos appartenaient à MM. Niaux, Brice et Didonné.

Le vent, qui soufflait assez fortement, favorisait l'extension du sinistre. Les pompiers de Lisieux, ont pu. à l'aide de branchage et après de longs efforts, circonscrire le sinistre, qui menaçait de prendre de grandes proportions. C'est bien par des herbes sèche brûlées en tas à côté du bois de M. Niaux, que le feu a pris. Toute idée de malveillance doit donc être écartée.  (Source  : Le Moniteur du Calvados)

 

Décembre 1938   -  Le drame de Noron-l’Abbaye à l’instruction.   -   M. Daniel, juge d'instruction, a longuement interrogé lundi Lucien Bliais, l'assassin de 18 ans qui, d'un coup de fusil, abattit dans les bruyères de Noron, son camarade de chasse, le grand mutilé de guerre Maisonneuve.

Blais répéta obstinément, avoir tué son compagnon pour être agréable à son amie, Mme Maisonneuve, laquelle se défend d'ailleurs d'être pour si peu que ce soit dans la mort tragique de son époux.

La femme Maisonneuve s'en défend énergiquement, et il faut reconnaître qu'elle n'avait aucun intérêt à la disparition de son mari, puisque ce dernier, qui n'ignorait pas sa liaison, était titulaire d'une très importante pension dont elle perd la plus grande partie.

Le jeune meurtrier qui met en avant la passion que lui inspirait une femme ayant un grand ascendant sur lui pourrait bien avoir tout simplement tué pour voler.

Certaine trouvaille faite à son domicile, indique qu'il espérait « mener la belle vie », après le 17 novembre, date à laquelle il pouvait croire que Maisonneuve. toucherait sa pension de mutilé et les allocations y afférentes, formant un total de 6 400 francs.

Dans le but de faire préciser certains points au jeune meurtrier, le magistrat instructeur a décidé de procéder à la reconstitution du drame. (Source  : Le Moniteur du Calvados)  

 

Juillet 1939  -  Le meurtre du mutilé de guerre Maisonneuve.     On n'a pas oublie les circonstances dans lesquelles un jeune dévoyé falaisien, Lucien Blais, 18 ans, tua d'un coup de fusil dans la tête son bienfaiteur et ami, le grand mutilé et pensionné de guerre Maisonneuve.

Malgré les mensonges du meurtrier et la mise en scène à laquelle se livrèrent plusieurs, familiers de la victime, M. Prigent, commissaire de police, accula aux aveux, Blais, qui, après diverses versions dut reconnaître qu'il avait assassiné son compagnon de chasse sur la Bruyère de Noron-l'Abbaye.

Interrogé sur les mobiles du crime, le jeune meurtrier déclara avoir agi à l'instigation de la femme Maisonneuve, sa maîtresse depuis plusieurs mois. La femme nia énergiquement et, l'information conduite par plusieurs magistrats s'étant succédés dans le cabinet d'instruction de Falaise en 6 mois, semblait devoir se terminer par Je renvoi de Lucien Blais devant la Cour d'Assises du Calvados à la session d'octobre prochain.

Mais M. Henry, le jeune magistrat instructeur qui eût à connaître de l'affaire ces temps derniers, s'intéressa vivement au rôle de la femme Maisonneuve. Il reprit le dossier à l'origine, étudia les premiers rapports du commissaire de police, et, finalement, inculpa la jeune veuve de complicité. Ce qui l'obligea à reprendre l'information en ce qui la concerne.

C'est donc seulement en janvier que cette affaire viendra devant le jury du Calvados.  (Source  : Le Moniteur du Calvados)  

 

Août 1939  -  Sans travail un sexagénaire se suicide.     Alors qu'il taillait des ronces en bordure de son herbage, au lieu dit « La Bruyère », M. Lemercier, cultivateur à Noron-l'Abbaye, commune voisine de Falaise, eut son attention attirée par des émanations pestilentielles. Elles provenaient d'un cadavre en pleine décomposition, qui se balançait à un arbre, dans la futaie.

M. Lemercier prévint aussitôt le maire de la commune, M. Depons, qui alerta la brigade de Falaise. Des gendarmes se rendirent aussitôt sur place pour identifier le corps et faire les constatations d'usage. Ils ne tardèrent pas à établir que le cadavre était celui de M, Aimé Alexandre, âgé de 62 ans, ouvrier agricole, disparu depuis de longues semaines. Il s'agissait d'un suicide. Aussi bien dans un papier en évidence trouvé près du cadavre, et daté du 16 juin, le désespéré faisait part de son intention de se donner la mort et il en précisait les raisons.

Ne pouvant trouver du travail et ne sachant comment vivre, il préférait en finir une fois pour toutes avec les difficultés de l'existence et il prenait la peine d'ajouter qu'il était inutile d'enquêter sur sa mort.

Les gendarmes de Falaise ont néanmoins ouvert une enquête qui a, du reste, confirmé point pour point, les déclarations du suicidé. Ayant dépensé les quelques subsides de sa pension d'ancien combattant, il avait cherché vainement du travail dans la région.

Le cadavre a été examiné jeudi matin par un médecin, qui n'a relevé aucune trace suspecte. (Source  : Le Moniteur du Calvados)

 

Juin 1943   -   Les feux de genêts,   -   Ces temps derniers, il a été constaté par les Autorités Allemandes que la population civile omet, lorsqu'elle brûle des genêts épineux, d'éteindre le feu quand survient la nuit. Il en résulte un grave danger pour la sécurité de la population. Il est rappelé que les feux de genêts et de landes ne peuvent être allumés qu'au cours de la  matinée et que, conformément au paragraphe 44 de l'ordonnance du Militaerbefehlschaber in Frankreich pour la protection des forces d'occupation du 18 décembre 1942, l'allumage de  feu en plein air durant l'obscurité est passible de sanctions. 

 

Août 1943   -   Répression des bals publics clandestins.   -   L'arrêté préfectoral du 1er octobre 1942, interdit sur le territoire du département du Calvados tous les bals et les dancings publics. Le Café du Mont-Myrrha, à Noron-l'Abbaye, exploité par les époux Gauquelin, ayant organisé des bals, a été fermé jusqu'à nouvel ordre par arrêté du 15 juillet 1943.  

 

Juillet 1945  -  Un charnier de la Gestapo à Noron-l’Abbaye.  -  On a découvert à Noron-l’Abbaye, dans l’herbage appartenant à M. Chrétien, deux corps humains couchés cote à cote et reposant sous deux mettes de terre, au fond d’un trou d’obus. Il s’agit de deux hommes jeunes, l’un, grâce aux bagues retrouvées sur lui, a été reconnu pour etre M. Roger Bréard, né le 15 juin 1920, à Vaudry, exerçant la profession de sabotier à Saint-Germain-de-Tallevende. M. Bréard avait été porté disparu à la suite d’une rafle effectuée par la Gestapo à Vire, fin juin 1944.

Poursuivant leurs recherches, les enquêteurs ont mis à jour les restes de trois autres victimes des boches, exécutées, comme les premiers, à coups de mitraillette dans le dos. Ces cadavres sont de forte corpulence. L’un est chaussé de souliers noirs à semelles de bois articulées et coiffé d’une casquette, l’autre porte une culotte de cheval recouverte d’une salopette bleue, le troisième vêtu d’un complet veston, a des lunettes. Ces assassinats coïncident avec l’installation , en juillet 1944, dans la ferme de M. Bertin, à Martigny, des services  de la police spéciale allemande.

Les corps ont été placés dans des cercueils et ceux-ci déposés à l’école de Noron. Des prisonniers allemand procèdent à de nouvelles fouilles sous la surveillance de la gendarmerie.

Le Parquet de Falaise s’est rendu sur les lieux, il a commis le docteur Germain pour procéder à l’examen des victimes.   (Source  : Le Bonhomme Libre)

 

Novembre 1945  -  La dangereuse imprudence de trois enfants.   -  En revenant de chercher du pain, les trois frères Jardin, dont les parents demeurent sur la bruyère de Noron, découvrirent dans les ruines une grenade incendiaire, qu’ils emportèrent. Soudain, alors qu’ils passaient devant l’usine Aubril, l’engin explosa à la suite d’une circonstance inconnu, atteignit les trois garçonnets, dont les vêtements prirent feu.

Trois personnes, MM. André Lebourgeois, Garcia et un camarade de ce dernier se portèrent au secours des enfants et parvinrent à étouffer les flammes. Après avoir reçu les premiers soins à l’hôpital, les jeunes imprudents ont pu regagner leur domicile. L’un d’eux a été assez grièvement brûlé au visage, aux mains et aux jambes. (Source  : Le Bonhomme Libre)

 

Décembre 1946  -  Un accident mortel à Aubigny.  -   Alors qu’elle descendait d’un car qui la ramenait de Caen, Mme Henri Jardin, née Marie Padel, 54 ans, de Noron-l’Abbaye, a été renversée par une automobile que pilotait M. Lemaire, exploitant forestier à Bayeux. Mme Jardin est décédé à l’hôpital de Falaise. (Source  : Le Bonhomme Libre)

EN NORMANDIE  -  Une Scène de Labourage

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