UN SIÈCLE D'HISTOIRE DU CALVADOS

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PIERREFITTE - en - AUGE 

Canton de Pont l'Évêque

Les habitants de la commune sont des Pierrefittais, Pierrefittaises


Juillet 1867   -   Les militaires.   -   Son Excellence le ministre de la guerre a décidé, le 19 juin dernier, que des militaires seraient mis cette année à la disposition des cultivateurs qui en auront besoin pour les travaux des champs, à défaut d'un nombre suffisant d'ouvriers civils.

Les demandes qui en seront faites devront être remises à MM. les maires, qui les adresseront ensuite à MM. les préfets, avec leur avis motivé.

 

Janvier 1870   -   Le Canton.   -  Voici les noms des communes qui doivent faire partie du nouveau canton de Trouville, si l’enquête n'y apporte aucun changement. Il se composerait des communes de Trouville, Deauville, Villerville, Touques, Saint-Arnoult, Bénerville, Tourgéville, prises aux dépens du canton de Pont-l’Evêque, et des communes de Blonville et Vauville, détachées du canton de Dozulé. Sa population serait de 10.115 habitants.

Pour compenser la perte que subirait, le canton de Pont-l'Evêque, on lui attribuerait trois communes du canton de Blangy, Saint-Julien-sur-Calonne, Pierrefitte et le Vieux-Bourg, plus la commune de Glanville qu'on détacherait du canton de Dozulé.

Les cantons de Honfleur et de Cambremer resteraient tels qu'ils sont actuellement.

 

Juin 1873   -   Tentative de suicide.   -  Le nommé Pierre Tahère, âgé de 50 ans, propriétaire à: Pierrefitte, a tenté de mettre fin à ses jours en se donnant un coup, de rasoir à la gorge, dans un champ éloigné d'environ un kilomètre de son domicile. La blessure n'a pas moins de 12 centimètres de longueur, mais d'après M. Poisson médecin, la vie de ce malheureux est hors de danger. On attribue cet acte de désespoir à une récente dissidence de famille.

 

Septembre 1888  -  Le pont de la Touques.  -   La semaine dernière, il a été procédé à une épreuve du pont en fer, sur la Touques, qui relie la commune de Pierrefitte avec l'ancienne route de Lisieux et toute la contrée. Le pont métallique a été construit dans les ateliers de M. Alexis Guidez, constructeur-mécanicien à Flers (Orne), sur les plans de M. Lecourt, agent voyer chef du Calvados. Sa longueur est de 47 mètres et sa largeur de 3 m. 80. 

C'est à peine si, sous une pression énorme (12 tonnes), il a fléchi de un millimètre et demi.  

 

Août 1891  -  Noyé.  -  La semaine dernière, la nommée Rosalie Colas, femme Bouet, 82 ans, de Pierrefitte, a été trouvée noyée. Elle était presque aveugle et infirme, on suppose qu'elle sera tombée à l'eau par accident. (Source  : Le Bonhomme Normand) 

 

Août 1891  -  Brutale agression.  -  Dernièrement, vers deux heures du matin, le nommé Martin, mareyeur à Villerville, revenait de Lisieux avec sa voiture conduite par son domestique, Auguste Robert, 18 ans. Arrivés sur le territoire de la commune de Pierrefitte, Robert assaillit à coups de bâton son maître, couché dans la voiture, et lui fit de graves blessures à la tête et aux mains, puis le jeta de la voiture. Martin fut trouvé ensanglanté sur la route, son agresseur, qui s'était couché dans un herbage voisin, fut arrêté aussitôt, il prétend avoir agi par vengeance. (Source  : Le Bonhomme Normand) 

 

Avril 1892  -  Parents, veillez.  -  Une femme Hue, demeurant à Pierrefitte-en-Auge, ayant eu besoin de s'absenter de son domicile, laissa ses trois jeunes enfants seuls à la maison. Elle leur avait, avant son départ, allumé un bon feu. Peu de temps après sa sortie, le plus jeune des enfants, âgé seulement de 18 mois, s'étant approché trop près du foyer, le feu prit à ses vêtements, et aux cris de frayeur du malheureux enfant se mêlèrent ceux de ses deux petites sœurs. Heureusement pour eux, leurs cris furent entendus par des ouvriers qui travaillaient près de là et qui s'empressèrent de leur porter secours. Il était temps. Déjà le plus jeune enfant se roulait dans d'affreuses convulsions et le bas de son petit corps n'était plus qu'une plaie. (Source  : Le Bonhomme Normand)  

 

Janvier 1896  -  Cadavre retrouvé.  -  On a découvert dans, la Touques le cadavre d'Alcide Hericher, domestique à Pierefitte, disparu depuis le 1er janvier. (Source  : Le Bonhomme Normand)  

 

Avril 1898  -  Découvertes de cadavres.  -  On a retiré de la Seulles, à Fontenay-le-Pesnel, le cadavre d'un individu de 50 ans. Plusieurs personnes ont rencontré le long de la rivière cet homme qui se cachait à leur vue. Aucune trace de violence n'a été relevée sur le corps. 

— Le cadavre présumé du sieur Alfred Dulong, 21 ans, garçon boulanger, ayant demeuré à Lisieux, a été découvert dans la rivière la Touques, à Pierrefitte. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Juin 1900   -   Chute mortelle.  -  A Pierrefitte-en-Auge, le sieur Désiré Hervieu, journalier, est tombé d'un arbre où il coupait du gui, et dans sa chute s'est fait de telles blessures que le malheureux n'a pas tardé à succomber. (Source  : Le Bonhomme Normand)  

 

Mars 1901   -   Mauvais fils.  -   La damé Benout, demeurant à Pierrefitte, près Pont-l'Évêque, a porté plainte contre son fils Adrien qui, en revenant en voiture avec elle, de St-Pierre-de-Cormeilles (Eure), l'a frappée brutalement à la figure, à coups de poing et de manche de fouet, parce qu'elle lui reprochait de se mal conduire, puis il l'a poussée hors du véhicule et fait tomber sur la route. La pauvre femme, après être restée quelque temps évanouie, a été forcée de passer la nuit sous un hangar. (Source  : Le Bonhomme Normand)  

 

Mai 1904  -   Dans une fontaine.   -   Le sieur Pierre Saulnier, 73 ans, demeurant avec son fils à Pierrefitte, près Pont-l’Évêque, est tombé dans une fontaine où il allait puiser de l'eau. Le vieillard n'a pu se relever et est mort asphyxié. (Source : Le Bonhomme Normand)  

 

Août 1904  -   Les autos.    -   Les accidents causés par les chauffeurs imprudents sont toujours très nombreux : M. Paul Leroy, propriétaire à Sainte-Foy-de-Montgommery, près Livarot, a été blessé et à eu sa voiture détériorée par l'auto n° 414-GG, conduit à trop vive allure.

  A Dives, une fillette de 14 ans, la jeune Berthe Noël, a été atteinte par une auto en traversant la rue et blessée à la cheville, au bras et à la tête. Sa vie n'est, heureusement, pas en danger.

— M. Edmond Legras, négociant à Pont-l’Évêque, passait en voiture à Pierrefitte, l'auto 828-B atteignit le brancard et rompit les jambes du cheval.

  A Tourbières, canton de Balleroy, une fillette de 7 ans voulant aller détacher sa chèvre, sur le chemin, au passage d'une auto, fut renversée et traînée pendant une quinzaine de mètres. Le chauffeur, qui allait à une allure modérée, arrêta et s'occupa de l'enfant, qui n'avait pas de blessures apparentes mais pourrait bien avoir des contusions internes.

   Un habitant d'Hermanville, près Lion-sur-Mer, le sieur Marie Bréon, a été renversé par une auto près du chalet Gravier. Il a eu l'épaule démise. L'auto n'a pas arrêté.

  La petite Noblet, 8 ans, dont les parents demeurent à Baynes, canton de Balleroy, jouait sur la route. Une auto l'a renversée et lui a passé sur le corps. Le chauffeur l'a secourue et s'est arrangé avec les parents. On craint pour la vie de l'enfant. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Avril 1913  -  La tempête brise le calvaire  -  La dernière tempête a renversé et démoli le calvaire de Pierrefitte-en-auge.

 

Avril 1914  -  Chien enragé.  -  Près de la rivière, à Pierrefitte-en-Auge, un gardien de M. Boivin-Champeaux, sénateur, a tué un chien qui lui paraissait avoir des allures suspectes. L'autopsie pratiquée par M. Lecarpentier, vétérinaire à pont l'évêque, a permis de reconnaître qu'il était, en effet, enragé.

 

Août 1915  -  Mort glorieuse.  -  Est mort pour la patrie : MM. Fernand Racine, de Pierrefitte-en-Auge.  

 

Juillet 1916  -  Noces d’or.  -  M Roussel, maire de Pierrefitte-en-Auge et Mme Roussel, viennent de célébrer leurs noces d'or, entourés de nombreux parents et amis.

 

Août 1917  -  Les grosses bêtes.  -  A Pierrefitte et Saint-Hymer, prés Pont-l'Evêque, a eu lieu, ces jours derniers, une battue aux sangliers. Un énorme solitaire, pesant 300 livres, a été tué, Il en reste encore, mais, pour le moment, Ils sont inabordables. On les débusquera cet automne.

 

Septembre 1917  -  Accident de voiture. -  M. Jourdain, 45 ans, mobilisé au 22e territorial, en permission chez son beau-frère, M. Clément, cultivateur à Pierrefitte-en-Auge, près Pont-l'Évêque, revenait des champs, monté sur une voiture chargée de foin. Au moment où l'attelage franchissait une ornière, il perdit l'équilibre et tomba. On le releva sans  connaissance et on le transporta chez son beau-frère où il mourut, le lendemain, des suites d'une hémorragie.

 

Mai 1919  -  Un brave.  -  M. Louis Milon, gardien d'herbages à Pierrefitte-en-Auge, soldat au 154e régiment d'infanterie, a été l'objet de cinq citations : trois à l'ordre du régiment et deux à l'ordre de la division.

 

Octobre 1923  -  Un joli concert.  -  Les époux Louis Pattey, journaliers à Pierrefitte, ont grossièrement injurié, et frappé M. Édouard Pilley, cultivateur et sa femme. Ils ont également menacé MM Émile Couesnou et Joseph Rassent, de Saint-Hymer. Ils seront poursuivis pour injures, violences et ivresse.

 

Août 1926  -  Le plafond de l’église classé comme monument historique.  -  Nous apprenons qu'à la suite de la demande qui en avait été faite par le Conseil municipal et par le maire de la commune, le plafond combiné de l'église vient d'être clas comme monument historique.

 

Mars 1928  -  Un rude Gaillard.  -  Rentrant de son travail à l'usine de Goulaffre. M. Charles Bliault, électricien à Pierrefitte-en-Auge, canton de Pont l'évêque, apprenait par sa femme que des cambrioleurs avaient forcé la porte de leur grenier et dérobé des souliers et des victuailles.

Aussitôt, M. Bliault, prenant un revolver, se lançait à la poursuite de deux individus suspects qui lui avaient été signalés et, les ayant rejoints, les tenait une heure en respect jusqu’à l'arrivée des gendarmes.

Ces deux malfaiteurs, récemment sortis de prison de Lisieux, se nomment Daniel Pichot, 18 ans, manœuvre, et Émile Guénon, 22 ans, de Dives, déjà trois fois condamné. C'étaient bien eux qui venaient de cambrioler la demeure de M. Bliault et ils étaient porteurs d'un carnet de chèques du Comptoir d'Escompte, au nom de M. Martin. Ils auront à en expliquer la provenance.  

 

Janvier 1936  -  Un sphérique atterrit.  -   Un sphérique militaire a atterri à Pierrefitte-en-Auge, sur la propriété de M. Boivin-Champeaux, mercredi. 

Parti de Paris vers 7 heures, c'est à la vitesse de 60 à 70 km. à l'heure, poussé par un vent assez violent, qu'il est arrivé à son « point d'atterrissage ». 

MM. Coutance et Beaussieu, gardiens de la propriété de M. Boivin-Champeaux. l'aperçurent qui montait descendait et cherchait, comprirent-ils, à toucher le sol. Une corde d'environ  deux cents mètres pendait de sa nacelle et de temps en temps du « lest » tombait sur le sol. 

Le sphérique évitait d'abord les lignes de transport de force électrique et téléphonique et les arbres, finalement, il atterrit assez durement « à cheval » sur deux champs, la nacelle d'un côté de la haie et l'enveloppe de l'autre côté. Trois capitaines et un adjudant d'aérostats du centre militaire de Paris étaient à bord, en service commandé. L'équipage regagna Paris par le train de 16 h. 11, après avoir déjeuné à Pont-l'Évêque. (Source  : Le Moniteur du Calvados)

 

Janvier 1938  -  Un motocycliste gravement blessé dans une collision.  -  Mercredi soir, vers 7 h. 30, M. Bertout, encaisseur à la Société du Littoral Normand, revenait de son travail, après avoir fait une tournée en campagne. Il se dirigeait vers Pont-l’Evêque, quand, arrivé en face du château de M. Boivin-Champeaux, il se rendit compte qu'il allait être croisé par une auto, conduite par M. Legros, cultivateur, demeurant à Coquainvillers, qui marchait à une allure modérée. Au moment où le croisement allait s'effectuer, M. Bertout infléchit son véhicule vers la gauche et vint se jeter littéralement sur l'arrière droit de la voiture automobile.

Le choc eut lieu avec violence et le malheureux motocycliste fut projeté à 5 ou 6 mètres du coté de la benne droite.

M. Legros se porta au secours de la victime, qui gisait sur la chaussée, perdant son sang en abondance. Elle fut immédiatement transportée à l'hôpital de Pont- l'Evêque, où le docteur Maurin, diagnostiqua une double fracture du crâne. (Source  : Le Moniteur du Calvados)

 

Janvier 1940  -  Une auto volées est retrouvée dans le fossé.  -  Dans la nuit du lundi 29 janviers, une auto appartenant à M. Bilard André, 43, rue de Lévis, à Paris, était dérobée au garage Marionnaud, de Deauville. La voiture volée devait être retrouvée à Pierrefitte-en-Auge, en piteux état, dans le fossé la jeta son conducteur occasionnel, après une randonnée à Lisieux.

L'accident eut lieu dans la nuit par suite d'un dérapage en face de la propriété de M. Bilault, qui se vit sollicité de prêter un cheval pour tirer la voiture de sa fâcheuse position. Sur sa réponse négative, le chauffeur demanda l'aide de deux cyclistes, qui passaient, mais dont les efforts furent vains.

Signalons à ce sujet que les gendarmes chargés de l'enquête seront reconnaissants ces cyclistes de vouloir bien se présenter à la brigade de Pont-1'Evêque la plus grande discrétion leur est assurée.

 

Février 1944  -  Lâche agression.  -  Deux jeunes gens, dont on possède le signalement, voilés de foulards en tissu de couleur, se sont présentés, vers 21 heures, au domicile de M. Prévost Lucien, au lieu dit « La Croix-Poulain », sur le territoire de Pierrefitte. Revolver au poing, ils exigèrent du fermier de l'argent. Ce dernier, qui était en train de faire une partie avec sa femme et ses enfants, n'eut pas le temps de faire un mouvement.

Tandis que l'un des malfaiteurs tenait tout le monde en respect, l'autre, sous la menace de son revolver, se fit ouvrir un coffre-fort par M. Prévost et prit une somme de 130.000 fr, plus une quantité de bijoux représentant une valeur de plus de 20.000 francs. Leur vol accompli, les deux agresseurs disparurent dans la nuit.

 

Avril 1944    -   Fait divers.  -  A la suite des nombreuses agressions à main armée dans la région de Pont-1'Evêque, la gendarmerie a procédé à des recherches qui viennent d'aboutir à quatre arrestations. L'un des principaux auteurs, Jean Cumont, 19 ans, sans profession, à Saint-Hymer, a été le premier appréhendé. Il reconnut s'être présenté dans la soirée du 29  janvier chez un cultivateur de Pierrefitte-en-Auge, M. Prévost et lui avoir soustrait 130.000 fr., 20.000 fr. de bijoux, des pièces d'or et d'argent. Il déclara avoir été accompagné par Fernand Thouret, 18 ans, cultivateur. 

Thouret arrêté, ne put que confirmer les déclarations de Cumont. Les deux jeunes gens avouèrent par la suite avoir commis une agression en compagnie d'un nommé Marcel Tantet, 20 ans, cultivateur, à Saint-Hymer, le 16 février, à 21 h., à la ferme Moulin, à Coquainvilliers, et s’être appropriés 3.000 fr. Cumont et Thouret étaient armés chacun d'un revolver acheté à des réfractaires, Tantet possédait en outre un sabre de cavalerie et un revolver qui lui avait été remis par le nommé Robert Eugène, 53 ans, bûcheron. Interrogé a son tour, ce dernier a été arrêté.   

 

Février 1945  -  Ne conservez pas de matériel militaire.    Le public est averti de la nécessité pour l’armée de renter d’urgence en possession des appareils d’optique et surtout des appareils de pointage des pièces d’artillerie qui peuvent être encore actuellement détenus par des civils. Ces appareils sont indispensable pour doter l’armée française de l’artillerie qui lui manque.

Il importe que chacun fasse son devoir, en déposant d’urgence à la mairie le matériel d’optique qu’il détient.

PIERREFITE-en-AUGE  -  L'Église
PIERREFITE-en-AUGE (Calvados)  -  Chalet du Cottage

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