UN SIÈCLE D'HISTOIRE DU CALVADOS

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PORT- en - BESSIN

Canton de Ryes

Les habitants de la commune sont les Portais et Portaises

Juillet 1760   -   La bataille de Port.   -   Le 15 juillet 1760, cinq bateaux chargés de bois de construction destinée pour Brest furent poursuivis par plusieurs vaisseaux anglais et se réfugièrent sous le canon de la plate-forme de Port où il y avait trois pièces de 24. Les anglais tirèrent biens vaillant 500 coups de canon sur les bateaux sur le village de Port, mais les boulets passaient par-dessus les maisons et venaient jusqu’au Pont-Fâtu.

La poudre manqua dans Port, ce qui fit que les français ne purent guères répondre aux anglais. Le capitaine Padié commandant l’un des bateaux échoués eut les reins fracassés d’un boulet et mourut le lendemain à l’hôpital de Bayeux.

Après que le feu eut cessé les anglais envoyèrent une plaque pour demander que les bateaux échoués leur fussent remis, on leur répondit que c’était impossible.

Le lendemain matin 16 on envoya une plaque de Port vers les anglais pour les prier de ne plus tirer sur le village, mais ils répondirent qu’ils allaient raser Port,  et ils gardèrent trois officiers qui étaient sur la plaque, en effet, bientôt après ils tirèrent plus de 600 coups de canon, mais par la grâce de Dieu il n’y eut que quelques maisons d’endommagées, trois canonniers de tués sur la plate-forme et un pauvre rémouleur tué sur la falaise et cinq personnes blessées dangereusement.

Il y avait bien 6000 personnes tant bourgeois que paysans armés de sabres épée, fusils, fourches, faux etc… sans compter les gardes-côtes et plusieurs compagnies de cavalerie, tous attendent les Anglais de pied ferme, lesquels Anglais voyant cette bonne contenance se retirèrent de devant Port le 16 juillet à trois heures après-midi. (source Archives du Calvados)

 

1824.  -   Huppain (64 habitants en 1821) absorbe Neuville-sur-Port (22 habitants, au sud de Huppain) et Villers-sur-Port (99 habitants, à l'ouest). Les communes de Port-en-Bessin et de Huppain s'associent le 1er octobre 1972.

 

Janvier 1840   -   Nouvelles locales.  -  Des fouilles sont commencées à Port-en-Bessin depuis le six de ce mois, sous la direction de MM. Le Forestier et Lavalley-Duperroux. Le but de ces fouilles est de s'assurer si le sol est assez ferme a une profondeur convenable pour asseoir les murs de quai qui doivent entourer les bassins.

La première fouille a été ouverte sur le bord de la grande route, devant l'hôtel habité, par M. Le Charpentier. Les premières terres trouvées dans cette fouille sont une marne noire, très facile à travailler, qui va jusqu'à la profondeur de 5 mètres, ensuite on a trouvé une marne blanche, très ferme, presque réduite en pierre, on y remarque, en grande quantité, des fragments de pierre plus dure, dont quelques-unes annoncent avoir été battues par l'eau. Cette fouille d'un mètre 60 centimètres d'ouverture, a été poussée à la profondeur de 6  mètres 50 centimètres, la pierre qui parait  faire la suite des roches plates qui se trouvent devant Port, prend beaucoup de consistance, l'eau n'a paru qu'a 5 mètres de profondeur, mais on a terminé la fouille sans qu'elle ait incommodé les ouvriers, et le flux et reflux de la mer ne parait pas en augmenter ou diminuer la solidité.

Une autre fouille ouverte dans la cour de M. Octave Guillot, dans les mêmes dimensions que la première, a donné les terres suivantes : 1° de l'argile remuée que M. Guillot y a fait apporter pour réunir un trou qui se trouvait en cet endroit ; 2° jusqu’à la profondeur de 6 mètres, la marne noire déjà trouvée dans l'autre fouille, ensuite la marne blanche, quoique un peu plus terne que l'autre, du reste la même solidité et les mêmes accidents de pierre. Cette fouille n'a presque pas donné d’eau. Ces deux fouilles ont été terminées le onze.

Une troisième est commencée dans le pré de M. Vardon, et toutes vont se suivre jusqu'à parfaite connaissance du terrain sur lequel on doit bâtir.

Nous ferons notre possible pour tenir nos lecteurs au courant de ces travaux qui intéressent si vivement le pays. (Source : L’Indicateur de Bayeux)  

 

Juin 1840   -   Nouvelle locale.  -  Le silence que nous avons gardé depuis notre dernier article a pu faire penser à quelques personnes que les études préparatoires entreprises par MM. Le Forestier et Lavalley-Duperroux se trouvaient interrompues. Cependant il n'en est rien, et nous devons au public de le tenir au courant de ce qui a été fait dans cet intervalle.

Les immenses couches de pierres qui régnent à Port, sur le rivage de la mer, et celles que l'on trouve dans les deux montagnes qui l'avoisinent, sont toutes plus ou moins calcaires, mais on ignorait jusqu'à ce jour quelle était la qualité de la chaux qu'elles produisent, pour s'en assurer on a fait de nombreux essais dont voici le résultat :

La pierre prise sur le mont Castel, soumise à l'action du feu a produit une chaux maigre et de mauvaise qualité qui, mélangée avec le sable et déposée dans l'eau, s'est bientôt précipitée au fond du vase.

Deux espèces de pierre roulée, ou galet qui se trouvent en abondance sur le rivage, sous les falaises de Manvieux, l'une blanche et l'autre grisâtre, ont produit une chaux d'une excellente qualité. Celle faite avec le galet blanc et mélangée avec le sable, ne s'est durcie dans l'eau qu'avec lenteur, mais celle produite du galet gris, avait au bout de trois jours autant de consistance que la meilleure chaux hydraulique en acquiert ordinairement dans un pareil espace de temps.

Les roches blanches qui se trouvent à droite et à gauche de la boucle, produisent une chaux également hydraulique, mais d'une qualité de beaucoup inférieure à la précédente.

Mais ce qui surtout est véritablement intéressant, c'est qu'il a été reconnu que les roches bleues qui se trouvent à droite de la boucle, au pied même de la falaise, produisent une chaux hydraulique qui durcit dans l'eau avec plus de promptitude que les différentes chaux hydrauliques de Crouay, Subles, St-Vigor et même de Fontenay-le-Pesnel, reconnue par l'ingénieur M. Le Patu comme la meilleure du département.

Ainsi donc il demeure bien constant qu'indépendamment de la pierre et du sable, la chaux qu'on emploie dans les constructions hydrauliques se trouve également sur le lieu, affranchie par cela même des frais de transport, et dans des conditions plus avantageuses peut-être que sur les lieux d'où on la tire en ce moment, à cause de la facilité que l'on a de se procurer à Port la houille que l'on peut tirer, soit de la Belgique, soit de l'Angleterre.

Cette découverte est trop intéressante pour que nous ayons pu différer plus longtemps à la porter à la connaissance de nos lecteurs. (Source  : L'Indicateur de Bayeux)

 

Juin 1840   -   Les bains de mer.  -  L'usage des bains de mer, comme moyen thérapeutique, n'est pas fort ancien, ou du moins n'etait-il employé que dans quelques cas spéciaux assez rares. Mme de Sévigné parle à sa fille du dépari pour Dieppe de plusieurs dames de la cour, auxquelles les médecins avaient ordonné de se plonger clans la mer, parce quelles avaient élé mordues par une petite chienne de boudoir, soupçonnée d'hydrophobie.

Les baigneurs ne s'entassent plus exclusivement à Dieppe et à Boulogne, un grand nombre d'entr'eux préfèrent maintenant les villages maritimes qui garnissent nos côtes, et qui leur offrent plus de liberté, a beaucoup moins de frais.

Parmi ces localités modestes, Port-en-Bessin se recommande à plus d'un titre, et nous parait appelé, dans un délai assez rapproché, à une préférence marquée. Sa proximité de Bayeux, dont il n'est séparé que par une charmante promenade que sillonnent à chaque instant de nombreux omnibus, l'animation que lui donnent les fréquens mouvements de sa flottille de bateaux pêcheurs, enfin, l'agrément des environs, où la végétation se montre bien plus riche et plus fraîche que sur les autres points de la côte, tous ces avantages, dont nous pourrions prolonger rémunération, doivent attirer les habitants de notre ville et même les étrangers.

Si le nom de Port-en-Bessin se trouvait enfin justifié par la création d'un port véritable, création que nous appelons de tous nos vœux, et dont les frais seraient bientôt compensés par les résultats qu'en recueillerait le pays, ce modeste village serait appelé à une prospérité toute nouvelle, et deviendrait certainement le rendez-vous favori d'un grand nombre de baigneurs.

De brillantes constructions entourant le nouveau bassin viendraient promptement rivaliser avec le bel hôtel de l'Etoile du Nord, et offriraient des logements commodes aux visiteurs plus nombreux.

En attendant la réalisation de ces espérances, nous ne pouvons que recommander le pèlerinage de Port-en-Bessin à tous nos concitoyens, malades ou bien portants, en promettant aux uns le soulagement et la guérison de leurs maux, et aux autres une merveilleuse confirmation de leur brillante santé. ( Source : L’Indicateur de Bayeux.)

 

Juillet 1840   -   Nouvelle local.  -  Un des projets de loi adopté le 28 juin par la chambre des députés alloue des fonds pour l'amélioration de certains ports. Nous citons ceux de l'ancienne Normandie : 1 800 000 fr. pour celui de Fécamp ; 900 000 fr. pour un port de refuge à Port-en-Bessin ; 4 500,00 fr. pour la construction d'un bassin à flot à Granville.

Dans la séance de la veille, sur un amendement proposé par M. Dangeville, la chambre avait augmenté le crédit demandé pour l'amélioration des ports, d'une somme de 1 200 000 fr. pour le canal de Caen à la mer.

Nous ignorons si quelque allocation de fonds est destinée au port de Honfleur, dans les 2 961 603 fr. demandés par le gouvernement pour ce chapitre de dépenses. (Source  : Le Journal de Honfleur)

 

Septembre 1840   -   Nouvelles nationales.  -   La levée de 10 000 marins, prescrite par l'ordonnance royale du 29 juillet, s'effectue sur tout le littoral de la France, elle sera complètement terminée dans quelques jours.

Des hommes provenant de cette levée arrivent sans cesse par détachement aux chefs-lieux de leurs arrondissements maritimes respectifs. 

Ces 10 000 marins fourniront les équipages nécessaires aux 6 vaisseaux de ligne et aux 13 frégates en armement dans nos ports militaires.  (Source  : L’indicateur de Bayeux)

 

Septembre 1840   -   Le Conseil Général du Calvados.  -  La commission des chemins vicinaux après avoir fait un rapport sur le chemin de grande communication d'Arromanches à Port-en-Bessin, exprime le regret de n'en pouvoir proposer le classement, mais la proposition de M. le préfet manquant il ne peut y être suppléé. Le conseil arrête donc, qu'il n'y a lieu, quant à présent, de s'occuper de cette communication. (Source  : L’indicateur de Bayeux)

 

Septembre 1840   -   La tempête  -   Les vents terribles qui se sont élevés dans la nuit de vendredi à samedi dernier, ont encore été cause de quelques sinistres sur le littoral de nos côtes.

A Port-en-Bessin entr'autres, la tourmente a sévi avec une violence qui a jeté l'inquiétude et l'émoi dans toutes les familles du village. Tous les bateaux étaient en mer lorsque l'ouragan s'est déchaîné contre elle, alors il s'est passé là, au milieu de la nuit, une de ces scènes muettes et déchirantes qui ne peuvent être bien comprises que par ceux qui en sont les victimes.

Tous les bateaux des pécheurs se sont entre choqués les uns contre les autres avec un fracas horrible, quelques uns ont eu leur mâtures brisées, d'autres sont venus échouer sur la côte et enfin deux ont manqué de rester ensevelis sous les flots. Un d'entr'eux surtout, monté par Poitevin et ses deux fils, dont le plus âgé compte à peine 10 ans, a en plus à souffrir que les autres, il aurait fallu quatre hommes là où il n'y avait que les deux jeunes enfants et leur père, celui-ci cependant n'hésita pas à les employer à la manœuvre, mais les vagues fouettaient avec une telle force que tous sont rentrés au port les mains ensanglantées par les rudes étreintes des cordages. Pendant ce temps là un autre marin cramponné à une corde, disparaissait par intervalles puis reparaissait pour disparaître encore ! et ce malheureux a lutté ainsi pendant plusieurs heures, entre l'espoir de vivre et la crainte de mourir.

En rendant compte de tels désastres, la nécessité d'un port ou les vaisseaux seraient au moins à l'abri de tous ces outrages le fait plus vivement sentir que jamais.

Tout en applaudissant aux études de MM. Le Forestier et LavalIey Duperroux, nous regrettons vivement que toutes les personnes influentes du pays ne fassent pas tous leurs efforts pour arriver enfin à une solution. Quand à nous, nous ne manquerons jamais de nous élever avec force contre une telle indifférence, quand nous voyons chaque jour les malheurs qui peuvent en résulter. (Source  : L’indicateur de Bayeux)  

 

Novembre 1840   -   Nouvelles Locales.  -   Depuis quelques jours, il existe dans notre pays un temps affreux, le ciel est continuellement chargé de nuages orageux qui versent sur nos contrées des masses considérables de pluie. Le vent impétueux qui pendant plusieurs jours n'a cessé de souffler avec une grande violence a causé quelques dégâts dans nos campagnes et a sévi surtout sur les pommiers dont un assez grand nombre ont été brisés.

Heureusement que les travaux agricoles étaient très avancés au commencement de ce mauvais temps, presque partout les blés sont semés et tous les colzas sont replantés. Cette plante présente généralement cette année une belle apparence.

Vendredi la nuit et samedi matin, il a éclaté à Port-en-Bessin un orage d'une violence inaccoutumée, il a tombé pendant plusieurs heures d'énormes grêlons, sur tout le littoral, la mer  a été ce jours derniers très dure pour les marins, toutefois on ne parle pas de sinistres sur nos côtes. Au reste, d'après les nouvelles reçues des départements voisins, ce mauvais temps est général, et dans la Manche et l'Orne on a eu à subir aussi de violents orages. (Source  : L’indicateur de Bayeux) 

 

Décembre 1840   -   Nouvelles locales.  -   Aujourd'hui la température s'est adoucie d'une manière sensible, et tout annonce un prochain dégel. Il serait bon que l'administration municipale prît de promptes sur la glace. (Source  : L’indicateur de Bayeux)

 

Décembre 1840   -   Nouvelles nationales.  -   L'importante question du travail des enfants dans les manufactures, usines et ateliers, préoccupe tous les hommes dévoués au bien-être des populations et aux progrès moraux de la société.

La chambre des députés discute en ce moment cet important projet de loi, dont nous ferons connaître les principales dispositions, quand elle paraîtra au bulletin des lois. (Source  : L’indicateur de Bayeux)

 

Janvier 1841   -   Rétablissement du port.  -   Phares et signaux pour signaler la hauteur d'eau et l'entrée au port. Pour la sûreté de rentrée de quelques ports de mer, on a établi des signaux dont la combinaison bien connue des marins qui les fréquentent leur indique à chaque heure du jour la hauteur d'eau qui s'y trouve, par c e moyen chaque marin connaissant le tirant d'eau de son navire peut en différant son entrée éviter les avaries, trop souvent répétées dans les ports où cette indication manque. (Source  : L’indicateur de Bayeux)  

 

Août 1841   -   Nouvelles locales.   -    L'opinion publique s'est depuis longtemps préoccupée d'un projet élaboré par MM. Lavalley-Duperroux et Le Forestier, tendant à établir à Port-en-Bessin un port de commerce et de refuge.

On demandait au conseil son avis sur le mérite du projet, et on le priait, dans le cas où il lui paraîtrait utile, de le recommander d'une manière assez spéciale pour appeler l'attention du conseil général et fixer celle du gouvernement.  (Source  : L’indicateur de Bayeux)  

 

Août 1841   -   Nouvelles locales.   -    Cette année dans notre pays (et ce triste état de chose paraît être général !...) les fêles champêtres, les assemblées, les parties de mer se passent d'une manière assez originale : on va de Bayeux à Arromanches ou à Port-en-Bessin sur l'aile noire d'un ouragan, on y descend d'un nuage de poussière et on en part sur les flots d'un torrent de pluie.

Ce serait à désespérer nos plus hardis promeneurs, a ruiner nos entrepreneurs d'omnibus à 50 centimes, si de guerre lasse on en venait a prendre son parti et à braver résolument l'intempérie de la saison : d'ailleurs on s'habitue à tout.

Aussi, dimanche dernier et malgré la pluie qui n'a cessé de tomber presque toute la journée, la plage de Port avait attiré une affluence extraordinaire de promeneurs. La musique de notre garde nationale qui s'était réunie, ce jour là, à l'hôtel du Nord, pour son banquet annuel, donnait à cette réunion sur le rivage de la mer un air de fête inaccoutumé. Plusieurs symphonies et morceaux d'ensemble ont été exécutés sous la direction de M. Perrier, aux applaudissements de la foule qui se pressait aux alentours de la terrasse.

Le temps n'a pas permis de donner à la fêle tout son développement, et nous n'avons pas vu cette année de danses animées, de joyeux quadrilles se former dans la cour de l'hôtel. Au reste, les aubergistes de Port n'ont pas eu à se plaindre de ce contre-temps et la soirée s'est prolongée intra muros, fort tard et fort gaiement... en dépit de St-Médard, le saint aquatique et pluvieux ! Ajoutons qu'il ne nous est revenu à enregistrer aucun accident, soit au passage du Pont-Fâtu, soit ailleurs. (Source  : L’indicateur de Bayeux)

 

Août 1841   -   Conseil général.   -  Le conseil s'occupe de l'établissement d'un port de refuge à Port-en-Bessin, la délibération suivante est adoptée : Vu le rapport, etc...

Considérant que les trop fréquents naufrages dont chaque année les navigateurs dans la Manche ont a déplorer les désastres, démontrent d'une manière incontestable, la nécessité d'un port de refuge et de sauvetage entre les ports du Havre et celui de Cherbourg, que Vauban et depuis lui tous les ingénieurs qui ont reçu du gouvernement la mission de rechercher les moyens de pourvoir a cette nécessité, ont reconnu que le havre de Port-en-Bessin, situé à une égale distance des ports du Havre et de Cherbourg, en face des ports militaires anglais de Portsmouth et de Southampton, présentait toutes les conditions voulues pour le succès d'un tel établissement.

Considérant en effet que par la hauteur de ses eaux qui faciliteraient l'entrée du port et du bassin, et par sa position géographique, Port-en-Bessin pourrait être en temps de guerre le centre d'opérations offensives et défensives.

Considérant en autre, que les sacrifices de la ville de Bayeux, la commune et les marins pécheurs de Port-en-Bessin ont déjà faits et sont disposés à faire pour concourir à la dépense, témoignent des avantages qu'ils en attendent pour la sûreté de la navigation, pour le commerce du cabotage et pour l'importante industrie agricole et commerciale de l'arrondissement de Bayeux.

Par ces motifs : Le Conseil appuie auprès du gouvernement la demande du conseil de l'arrondissement de Bayeux, tendant a obtenir l'établissement d'un port de refuge et de sauvetage dans le havre de Port-en-Bessin.

Le conseil arrête que la présente délibération, le rapport fait au conseil d'arrondissement de Bayeux, la notice de MM. Lavalley-Duperroux et Le Forestier, les plans et devis et la délibération du conseil de l'arrondissement de Bayeux, du 19 juillet dernier, seront adressés au gouvernement qui est invité à faire faire l'examen du projet présenté par MM. Duperroux et Le forestier.

Et dans le cas où ces études, fruit d'un dévouement patriotique digne d'éloges, ne paraîtraient pas suffisantes, M. le ministre des travaux publics est invité à vouloir bien en ordonner de nouvelles, aux fins de la plus prompte réalisation d'un projet aussi éminemment utile. (Source  : L’indicateur de Bayeux)

 

Novembre 1841   -   Nouvelles locales.   Nous avons mentionné dernièrement plusieurs sinistres maritimes arrivés sur nos côtes, en émettant le vœu que la réalisation prochaine du projet d'un port de refuge à Port-en-Bessin, vint empêcher dans l'avenir le retour trop répété de semblables malheurs.

Nous avons aujourd'hui sous les yeux les certificats des deux capitaines, du chasse-marée le « Zéphir », de Quiberon, perdu ces jours derniers en vue de Manvieux, et de « Alonzo » échoué en vue de CoIIeville, qui déclarent que s'ils eussent trouvé un port de refuge à Port-en-Bessin, ils eussent sans aucun doute sauvé leurs navires et leurs équipages.

Cet argument en faveur du projet dont nous parlons, est malheureusement d'une application trop fréquente, pour n'en pas faire ressortir l'urgence et la nécessité.

Aux sinistres précédemment annoncés et dus à la même cause, nous devons ajouter celui du trois-mâts « Hélène », parti dans les derniers jours du mois dernier, du Havre pour aller à Cherbourg et qui a été jeté sur la côte à Saint-Martin-de-Varreville.

Nous apprenons, au reste, que M. Bouniceau, ingénieur de notre arrondissement, vient d'être chargé officiellement par le gouvernement de faire lui-même des études à ce sujet et de fournir un rapport sur l'avant-projet présenté par MM. Lavalley-Duperroux et Le Forestier. (Source  : L’indicateur de Bayeux)  

 

Janvier 1842   -   Nouvelles locales.   -   Nous apprenons que dans sa réunion de dimanche dernier, le conseil municipal de Port-en-Bessin a voté une somme de dix mille fr. pour être employé au rétablissement du port de ce nom.

Nous recevons au sujet de cette importante question plusieurs documents dont nous renvoyons la publication à notre prochain numéro. (Source  : L’indicateur de Bayeux)

 

Janvier 1842   -   Remontes du Calvados.   -    Nous nous empressons de faire connaître aux éleveurs et agriculteurs de notre arrondissement que M. le ministre que la guerre, par une lettre à M. le préfet du Calvados, en date du 15 janvier, arrête que le dépôt de remonte de Caen achètera, pendant l'année 1842, 2 168 chevaux d'officiers et de troupe.

Cette décision ne peut manquer d'exercer ure heureuse influence sur la foire du premier lundi de Carême à Caen. Le ministre annonce qu'il est disposé, si les éleveurs et cultivateurs répondent aux espérances du gouvernement, à augmenter dans une forte proportion le chiffre des achats ordonnés dans le Calvados pour 1842. .  (Source  : L’indicateur de Bayeux)

 

Mars 1842   -   Nouvelles locales.   -   La nouvelle du vote de cent mille francs adopté par notre conseil municipal pour le rétablissement du port de Port-en-Bessin, a été accueillie par la population de cette localité avec le plus vif enthousiasme, on n'y doute plus maintenant de la prochaine réalisation de ce projet, et ce n'est plus, dit on, qu'une question de temps, plus ou moins éloignée. 

Nous le croyons aussi et nous ne doutons pas que nos administrateurs, que M. l'ingénieur de notre arrondissement n'apportent, chacun en ce qui le concerne, le même zèle que nos représentants dans leurs démarches à cet égard auprès du gouvernement. (Source  : L’indicateur de Bayeux)  

 

Mars 1842  -   Tempête.   -   Les renseignements qui nous sont parvenus des différents points de notre arrondissement nous ont fait connaître que l'ouragan dont notre ville a ressenti les effets, dans la nuit de mercredi à jeudi, s'est fait sentir dans presque toutes les communes de notre contrée. De toutes parts on ne parle que de toitures enlevées, de murailles renversées et surtout d'une quantité considérables de pommiers arrachés par la violence de la tempête.

On n'a cité jusqu'ici aucun désastre maritime sur notre cote, à Port-en-Bessin où l'ouragan s'était développé dans toute sa furie, tous les bateaux pêcheurs étaient à la mer et la population toute entière garnissait les falaises, assistant avec une anxiété douloureuse à ce déchaînement inaccoutumé des vents, du tonnerre, des éclairs et de la mer qui a envahi une partie des rues de cette commune.

Des marins de la côte nous ont assuré que jamais, de mémoire d'homme, on n'avait assisté à pareil spectacle.

Le jeudi matin, les bateaux étaient rentrés à la pleine mer sauf trois qui avaient donné quelques inquiétudes et qui heureusement étaient parvenus a se réfugier l'un à Grandcamp et les deux autres à Courseulles.

Nous donnons plus bas d'autres détails sur cette bourrasque qui parait avoir étendu au loin ses ravages et ses effets désastreux. (Source  : L’indicateur de Bayeux)

 

Mars 1842  -   Nouvelles locales.   -   Un nouveau crédit de deux mille francs vient d'être accordé à M. l'ingénieur de notre arrondissement, pour le mettre a même de compléter ses études du port de Port-en-Bessin, et de donner en pleine connaissance de cause son avis sur l’avant-projet présenté au gouvernement par nos deux honorables concitoyens, MM. Lavalley-Duperroux et Le Forestier. (Source  : L’indicateur de Bayeux)  

 

Juin 1842  -   Nouvelles locales.   -   Par ordonnance royale, les jeunes soldats de la classe 1841, sont appelés à l'activité, le départ aura lieu le 15 juillet prochain pour le corps de l'armée de mer, de la cavalerie, de l'artillerie, du génie et des équipages militaires, pour les autres corps, le 16 du même mois. (Source  : L’indicateur de Bayeux)

 

Juin 1842  -   Nouvelles locales.   -   La cour de cassation vient de résoudre une question qui intéresse vivement les populations maritimes de notre pays.

Elle a décidé que l'arrêt du conseil du roi dit 24 mars 1787, qui défend, sous des peines fort graves aux pêcheurs de la côte de Normandie d'apporter dans nos ports des harengs pêchés par des navires étrangers, était aboli et qu'il n'y avait lieu, dans l'état actuel de la législation, de prononcer aucune peine pour contravention à cette ancienne prohibition. (Source  : L’indicateur de Bayeux)

 

Août 1842    -  Nouvelles locales.   -   La belle saison continue d'attirer à Port un grand nombre de promeneurs et de personnes qui vont y prendre des bains de mer. Leur usage va devenir plus commun et plus commode encore pour tout le monde à l'aide du nouveau service d'omnibus que l'entreprise « Captain et Compagnie », vient de monter pour toute la durée de l'été, sur cette route si fréquentée.

Ces voitures partent tous les jours de Bayeux avec retour de Port, de trois en trois heures, ce qui permettra aux personnes qui ne veulent absolument que prendre un bain de mer, de revenir presque immédiatement, et après une courte absence de deux heures. (source : L’Indicateur de Bayeux) 

 

Août 1842    -  Nouvelles locales.   -   Par arrêté de M. le recteur de l'académie de Caen, la 3e  session de 1842, pour les épreuves du baccalauréat ès-lettres, ouvrira le 1er août prochain ( pour l'épreuve écrite ). Les épreuves orales et publiques auront lieu le lendemain et les jours suivants jusqu'au 16 août inclusivement. (source : L’Indicateur de Bayeux) 

 

Août 1842    -  Nouvelles locales.   -   Le mot varech ou wrack, dans notre pays, ne désigne pas et n'a jamais désigné une plante unique de la famille des algues : il signifie une plante, une herbe quelconque que la mer jette sur ses bords, et jadis, par extension, tous les débris qui échouaient sur les côtes. — Il était synonyme d'épave.— De là les expressions tomber en wrack, jeter en wrack, encore fort usitées aujourd'hui.

C'est à tort que M. Pilet a dit que le varech avait autre fois sa législation, mais que les lois qui régissent la matière sont tombées en désuétude. Trois ou quatre condamnations ont frappé, cette année même, en 1842, dans l'arrondissement de Caen, des individus qui y avaient contrevenu.

Le droit de recueillir le varech appartient au premier occupant, le droit de récolter les algues qui croissent sur les roches et que sans doute, par analogie, on appelle aussi varech, appartient généralement aux communes sur le territoire desquelles il a poussé.

Au moyen-âge il constituait un droit féodal. Nous voyons, en effet, par une charte du XIIe  siècle, conservée aux archives de la préfecture du Calvados, que Richard-Cœur-de-Lion donne aux moines de St-Etienne de Caen le port de Dives, avec un chantier pour la construction des navires auquel il ajouta le droit de wrack. L'abbesse de Sainte-Trinité de Caen jouissait aussi de ce droit dans diverses paroisses du Cotentin, notamment dans celles de Saint-Vast, de Quettehou et de Morsalines. Beaucoup d'autres seigneurs possédaient de semblables privilèges, mais il est probable que les uns et les autres de ces privilèges étaient plus ou moins restreints et que les cultivateurs riverains en étaient quittes pour abandonner aux suzerains les épaves proprement dites.

En tout cas, si ces dîmes existèrent jamais, on ne les payait plus, bien avant le XVIIe  siècle, car la Coutume de Normandie n'appelle droit de varech que le droit de s'emparer des choses jetées par la mer à terre.

L'ordonnance de la marine de 1681 organisa par son titre X du livre 4e, la coupe du varech dans les paroisses situées sur les côtes.

Les habitants des paroisses devaient s'assembler le premier dimanche du mois de janvier de chaque année, pour régler les jours auxquels devait commencer et finir la coupe des herbes marines croissant en mer à l'endroit de leur territoire.

Les habitants des communes d'Hermanville, Lion et ses hameaux, Luc, Langrune et ses hameaux, Bernières, Courseulles, Arromanches, Tracy, Manvieux , Fontenailles, Longues, Marigny, Commes et ses hameaux, Port-en-Bessin, Huppain, Villers, Ste-Honorine-des-Pertes, Colleville et St-Laurent, pourront faire ladite coupe pendant trente jours, qui seront choisis entre le troisième jour avant la pleine lune de mars, et le troisième jour après la pleine lune d'avril. Ceux des communes de Vierville, St-Pierre-du-Mont, Englesqueville et Grandcamp, pourront faire la coupe des dites herbes, pendant trente jours. à compter du 1er du 15 mars jusqu'au 15 avril suivant.

-  Les conseils municipaux desdites communes, s'assembleront le 11 ventôse prochain, sur la convocation des maires, pour faire ledit choix, auquel il sera procédé les années suivantes, à la session fixée au i5 pluviôse par les lois du 28 pluviôse an VIII.

-  La coupe ou récolte desdites herbes sera faite à la main, avec un couteau ou faucille. Il est défendu de la faire d'une autre manière, et d'arracher lesdites herbes avec la main ou avec des râteaux et autres instruments qui puissent les déraciner, la peine de trois cents livres d'amende pour la première fois, et de peine corporelle en cas de récidive.

-  Ceux qui ne seront point habitants des communes dénommées en l'art. II, ne pourront y faire la coupe desdites herbes de Mer, pour quelque cause et sous quelque prétexte que ce puisse être, à peine de trois cents livres d'amende pour la première fois, et de peine corporelle en en cas de récidive.

-  Il est également permis à toutes personnes de prendre indifféremment, en tous temps et en tous lieux, lesdites herbes détachées des rochers par l'agitation de la mer et jetées à la côte par le flot, et de les transporter où bon leur semblera, soit pour être employées à l'engrais des terres ou à faire de la soude. Il est défendu de les y troubler ni inquiéter, quand bien même ceux qui enlèveraient ces herbes les auraient prises sur d'autres territoires que le leur, à peine contre les contrevenants , de cinquante livres d'amende.  (source : L’Indicateur de Bayeux)

 

Septembre 1842    -  Nouvelles locales.   -   Le conseil émet de nouveau le vœu, que conformément au vœu du conseil d'arrondissement, il soit ouvert dans le hâvre de Port-en-Bessin, un port de refuge et de sauvetage pour la navigation dans la Manche. (source : L’Indicateur de Bayeux)  

 

Janvier 1843   -  Nouvelles maritimes.   -  Le temps déplorable causé par les vents du nord-ouest qui ont soufflé depuis quinze jours sur notre contrée, avec une violence comparable à celle des vents d'équinoxe, n'a pas amené sur nos côtes de ces désastres qui n'y sont que trop communs. Pendant la durée de ces bourrasques inaccoutumées la plus simple prévoyance a dû faire une loi aux pécheurs du littoral de ne pas s'aventurer en mer.

— Vendredi dernier, la petite flottille du Port, qui avait été obligée de tenir la pleine mer pendant deux jours, est parvenue à rejoindre le rivage, après des efforts inouïs et une lutte désespérée contre la tempête. Ces pauvres marins ont eu à courir les plus grands dangers et deux de leurs bateaux pêcheurs ont été obligés de relâcher dans le port de Courseulles.

Un événement fatal a signalé la rentrée dans la boucle de Port des pêcheurs de cette commune à une heure de l'après-midi. Le nommé Tanquerel, âgé de 58 ans, brave marin, bien connu des personnes qui fréquentent cet endroit dans la saison des bains, a été frappé de mort au moment où il s'efforçait d'assujettir l'ancre du bateau qu'il montait, le câble de cette ancre fortement tendu, s'étant trouvé engagé par plusieurs nœuds, a violemment arraché la lice, sorte de balustrade qui entoure le bateau, laquelle a frappé Tanquerel à la tête et lui a fait une blessure mortelle. Ce malheureux transporté sur le champ à son domicile, est mort une heure après. (source : L’Indicateur de Bayeux)

 

Juillet 1843   -  Nouvelles locales.   -   Notre administration locale continue de s'occuper avec zèle et activité de tout ce qui concerne la question du Port-en-Bessin. Par suite de l'adoption des plans de M. l'ingénieur Bouniceau et avant la mise prochaine aux enquêtes de ces plans, M. le préfet vient, par un arrêté du 24 juin et sur la proposition de M. le sous-préfet, de nommer une commission nautique, composée de marins pratiques de la localité, et appelée à donner son avis sur les dispositions de l'avant-projet du port de refuge. (source : L’Indicateur de Bayeux)

 

Juin 1843   -  Nouvelles locales.   -  Depuis quelque temps, malgré les avis réitérés de la presse et les nombreux accidents enregistrés par elle, la gendarmerie de notre arrondissement a eu à constater un grand nombre de contraventions à la police des routes. Ce genre de délit se renouvelle souvent malgré les nombreuses répressions auquel il donne lieu de la part des voituriers qui abandonnent leur attelage, et laissent souvent leurs chevaux errer à l'aventure et sans direction. (source : L’Indicateur de Bayeux)  

 

Juillet 1843   -  Évènement de Port-en-Bessin.   -   Un déplorable événement est venu, dimanche dernier, frapper d'une douloureuse consternation les nombreuses personnes qui fréquentent à cette époque de la saison le rivage et les bains de Port-en-Bessin.

Le matin, M. Angot, négociant au magasin du Grand-Condé, à Caen, sa femme et son fils âgé de 8 ans, et trois de ses commis étaient arrivés vers onze heures sur la plage. Peu de temps après, M. Angot, son fils et les trois jeunes gens s'engagèrent, la mer basse, sur les roches plates qui garnissent la côte, et se dirigèrent vers l'extrémité de la boucle. A une certaine distance de terre, l'un des commis qui portait l'enfant, le déposa sur une roche où bientôt il fut rejoint par son père. Après cette précaution toute providentielle, ce malheureux jeune homme suivit ses camarades pour prolonger avec eux leur fatale et imprudente promenade.

Peu d'instants après avoir quitté M. Angot et son fils, et parvenus au-delà de la boucle, en ligne du chantier de Port, au nord de la poudrière, ils disparurent tous les trois entre deux roches à pic, d'où ils n'ont pu se dégager et où ils n'auront pas tardé sans doute à perdre la vie, cet endroit offrant une excavation assez profonde. Il est à remarquer aussi qu'ils avaient déjeuné à leur passage à Bayeux et que cette circonstance a dû contribuer, d'après l'observation des deux médecins présents sur les lieux, à rendre leur mort instantanée.

Sur les cris de désespoir poussés par M. Angot et son fils qui étaient revenus sur le bord du rivage, plusieurs marins se jetèrent avec empressement dans une barque et s'élancèrent vers l'endroit, malheureusement trop éloigné, où les trois malheureux jeunes gens venaient de disparaître.

Les premières recherches et les premiers efforts étant restés impuissants, les braves marins furent obligés de revenir à terre pour se munir d'une gaffe que la précipitation de leur départ leur avait fait oublier ; et ce ne fut qu'au bout de trois quarts d'heure environ qu'un premier cadavre fut repêché ; les deux autres, après plus d'une heure d'actives recherches.

Les trois victimes de cette catastrophe sont les nommés : Bazin Armand, de Condé-sur-Noireau, âgé de 32 ans ; Châtel Charles, de Vire, âgé de 21 ans ; Barbey Victor, de Formigny (fils d'un gendarme), âgé aussi de 21 ans.

Deux médecins, MM. Despallières et Huard fils, qui se trouvaient sur les lieux, ont donné aux noyés des soins infructueux : leur long séjour dans l’eau, l'état de digestion trop rapproché dans lequel ils se trouvaient, ne laissaient guères d'espoir de salut et l'on a eu bientôt acquis la certitude que la mer n'avait rendu que trois cadavres !…..

M. et Mme Angot en proie à la douleur la plus poignante et après avoir confié aux autorités du lieu la garde de ce lamentable et triple dépôt, ont quitté Port-en-Bessin, vers trois heures de l'après midi, au milieu des marques d'une douloureuse sympathie et d'une consternation profonde. Après toutes leurs angoisses du moment, il leur restait la pénible tâche d'aller faire avertir, sans retard, les familles des trois victimes, et d'aviser près d'elles aux suprêmes dispositions à prendre….

Hier lundi, la famille du jeune Barbey ( de Formigny ) étant arrivée à Port, il a été procédé vers trois heures de l'après-midi à son inhumation, en l'église et dans le cimetière de cette commune.

Ce matin mardi, un ami de la famille Châtel de Vire est venu présider à celle du jeune Charles. Ces deux cérémonies mortuaires ont été accomplies au milieu d'un douloureux recueillement et en présence de tous les habitants de la commune.

Quant à la troisième victime de ce déplorable événement, le nommé Bazin, qui appartenait à la religion protestante, sa famille était venue hier soir à Port, accompagnée du ministre de Caen, chercher ses restes mortels qui seront inhumés dans cette ville. Au moment du départ, en présence de la foule assemblée devant l'hôtel du Nord, le ministre a prononcé sur le cercueil du malheureux Bazin une solennelle et touchante allocution, qui a provoqué de nouveau dans tout l'auditoire une vive et profonde douleur. Le funèbre cortège vient, à midi, de traverser notre ville, pour se rendre à Caen où cette dernière inhumation doit avoir lieu ce soir.

Encore sous l'empire de l'émotion générale excitée autour de nous par ce triste événement, dû à l'imprudence des malheureux jeunes gens qui en ont été les victimes, nous ajournons les réflexions qu'il nous a inspirées, quant aux mesures à prendre pour en prévenir de nouveaux : ce que nous ferons prochainement. (source : L’Indicateur de Bayeux)

 

Août 1843   -  Conseil d’arrondissement.   -  Le conseil ayant acquis la certitude que les études définitives du projet de port de refuge, à Port-en-Bessin, sont approuvées et qu'on louche au terme des enquêtes, a émis le vœu d'obtenir du gouvernement et du Conseil général un concours large et protecteur qui permette de commencer les travaux, dans le courant de l'année prochaine au plus tard.

Cette question si importante sera sans doute vivement  recommandée à l'attention du Conseil général, par les représentants de notre arrondissement dans cette assemblée, et par M. le préfet.

— Le Conseil demande ensuite que le traitement des instituteurs primaires soit porté à 400 fr. ; tant que ce vœu salutaire ne sera point accueilli, les instituteurs moraux et capables abandonneront la carrière de l'enseignement pour embrasser des professions plus indépendantes et plus lucratives.

— Un autre vœu non moins important est émis pour provoquer des mesures législatives destinées à réglementer le contrat de louage des domestiques.  

 

Août 1843   -  Nouvelles locales.   -   Les journaux de notre département et de la Manche mentionnent des accidents trop fréquents causés par des chiens vagabonds et atteints d'hydrophobie.

Ces funestes exemples doivent engager les populations et les administrations de nos contrées à faire exécuter scrupuleusement et sévèrement les arrêtés administratifs, assez à temps pour prévenir de si terribles accidents aux quels chaque jour l'on est exposé par la divagation incessante de cette foule de chiens, sinon habituellement nuisible, au moins complètement inutile. (source : L’Indicateur de Bayeux)

 

Août 1843   -  Nouvelles locales.   -   Un nouvel et fâcheux événement est venu hier attrister la population de Port-en-Bessin. Au moment de la grand-messe une petite fille de trois ans qui se trouvait avec son frère et sa sœur devant l'église a eu le crâne fracassé par le battant de la cloche qui s'est détaché, pendant qu'on sonnait à toute volée la fête du jour.

Recueillie immédiatement, elle a reçu de la part de plusieurs personnes de notre ville, en séjour à Port, les soins les plus intelligents et les plus empressés, jusqu' à l'arrivée d'un médecin qu'on était venu chercher à Bayeux en toute hâte ; tout a été inutile et la pauvre enfant n'a pu survivre à ses horribles blessures. (source : L’Indicateur de Bayeux)  

 

Août 1843   -  Nouvelles locales.   -   La presse locale a déjà en plusieurs fois l'occasion de rendre un hommage mérité au dévouement du nommé Phiant, ( Julien-Louis-Pierre ), marin à Port-en-Bessin, cet homme courageux qui, notamment dans la tempête du 21 février 1839, sauva les 14 hommes d'équipage qui montaient le navire « Elisabeth » du Havre, naufragé sur le banc de la Madelaine, en face les dunes de Maisy.

Ce brave marin vient d'accomplir un nouvel acte de courage et d'humanité : le mardi 22 août, vers cinq heures de l'après-midi , le nommé Cauchard, marin à Port-en-Bessin, occupé en mer, au travail de sa barque, tomba dans l'eau, et malgré les efforts les plus énergiques, il allait périr, quand il fut saisi par les cheveux, et au moment où il avait entièrement perdu connaissance, par Phiant qui, témoin éloigné de l'accident, s'était élancé à son secours : il a été assez heureux de le ramener sain et sauf sur le rivage, aux acclamations des personnes présentes. (source : L’Indicateur de Bayeux)

 

Août 1843   -  Nouvelles locales.   -   Décidément la vogue des bains et des parties de mer est acquise à Port-en-Bessin. Il serait difficile de se faire une idée exacte de l'affluence de promeneurs que le beau temps et la fête annuelle de nos musiciens y avaient attirés dimanche dernier.

Cette tendance de la population de notre pays, si fructueuse pour les intérêts de cette commune, devra désormais être encouragée de plus en plus par l'autorité locale et par la mise à exécution de certaines mesures de sûreté et de police que nous indiquerons prochainement. Une de ces mesures utiles est indiquée dans une lettre que nous insérons aujourd'hui ; elle mérite d'être prise en considération. Il est indispensable de rendre le séjour de cette localité agréable et commode aux nombreux visiteurs qui la fréquentent, si l'on veut que sa vogue se soutienne. (source : L’Indicateur de Bayeux)  

 

Août 1843   -  Nouvelles locales.   -   On nous communique un remède aussi sûr que prompt contre la brûlure. Nous croyons utile de le faire connaître à nos lecteurs.

On prend une pincée de pousses de jeunes buis que l'on pile avec trois blancs de poireaux, et on y ajoute une cuillerée d'huile d'olive. On renferme ensuite le tout dans un linge bien blanc et on l'applique sur la partie brûlée.

Plusieurs personnes qui ont fait l'essai de ce remède, en ont obtenu les plus prompts et les plus heureux résultats. (source : L’Indicateur de Bayeux)

 

Septembre 1843   -  Police correctionnelle.   -   Audiences des 9 et 11 septembre.  -   A la première audience, le nommé Michel Colomb, de Bayeux, comparaissait sous l'accusation de vol d'une certaine quantité de coquillage, commis le 14 du mois expiré, au préjudice de la femme Bunel, poissonnière à Port-en-Bessin. Le tribunal lui a infligé une condamnation de 6 jours d'emprisonnement.

   Félix André, ancien marchand à Canchy, avait à répondre à une accusation de banqueroute simple. Sa culpabilité prouvée par le défaut d'inventaire, et par une comptabilité incomplète et irrégulière, lui a valu un mois d'emprisonnement.

   Les nommés Alphonse Marie, journalier à Ste-Croix-Grand'tonne et Ambroise Tardif, en fuite, de compte à demi avec un autre individu resté inconnu, avaient exploité les poches de Louis Leberruyer, domestique à Commes, le jour de l'assemblée de St-Norbert, à Mondaye.

Le premier a été condamné en un an et un jour de réclusion et 50 fr. d'amende, et son complice Tardif en 15 mois de la même peine.

   Six jours d'emprisonnement ont été appliqués à Pierre-Aimé Lesage, domestique à Audrieu, pour escroquerie d'argent commise envers François Le Bouteiller, domestique à Sully,  dans le mois de juillet dernier. (source : L’Indicateur de Bayeux)  

 

Septembre 1843   -  Nouvelles locales.   -   La journée de dimanche a été encore, malgré l'incertitude du temps et le refroidissement subit de la température, un jour de fête et de solennité pour Port-en-Bessin.

La réunion annuelle dans cette commune de notre subdivision d'artillerie avait attiré sur son rivage privilégié un surcroît de promeneurs, et les voitures publiques n'ont pas à suffi conduire ou à ramener tous ceux qui avaient entrepris le voyage.

  Nos artilleurs, sous les ordres de leur actif chef M. Morel, se sont livrés le matin, en face de la butte de Commes, au tir à la cible, où plusieurs d'entre eux ont fait preuve d'une grande adresse. Le soir, après un banquet cordial et joyeux, un feu d'artifice a été tiré par eux sur la terrasse de l'hôtel de l’Étoile du Nord ; la réussite la plus complète a couronné cette partie de la fête ; la foule a justement applaudi à la beauté de la plupart des places, dont l'exécution a fait honneur au goût spécial du jeune artilleur qui les avait préparées.

Cette joyeuse solennité qui a été pour la commune de Port une nouvelle bonne fortune, s'est passée à la satisfaction de tout le monde ; il y a bien eu quelques petits accidents sans conséquences fâcheuses, quelques doigts de brûlés, quelques chutes de voiture, quelques faux-pas de buveurs attardé, mais, tous renseignements pris, rien de grave et qui puisse inspirer après la journée du plaisir, les regrets du lendemain. (source : L’Indicateur de Bayeux)  

 

Octobre 1843   -  Nouvelles locales.   -   En Basse-Normandie, l'existence de phénomènes de la nature, que depuis le commencement de l'automne ils se sont multipliés autour de nous. Beaucoup d'arbres d'espèces diverses se sont parés d'un second feuillage, et dans plusieurs communes du Pays-d'Auge, voire même sur la route de Caen à Lisieux, on remarque en ce moment certains pommiers tout couverts de fleurs parmi d'autres qui menacent de se rompre sous le poids des fruits maintenant à peu près murs dont, par extraordinaire, ils sont surchargés cette année jusqu'à l'extrémité des branches les plus frêles et les plus délicates en apparence. (source : L’Indicateur de Bayeux)

 

Octobre 1843  -  Nouvelles locales.   -   Un funeste accident est encore venu attrister le village de Port.

Samedi soir un marin en compagnie d'une femme s'embarquèrent dans une chaloupe pour aller, à une certaine distance en mer, lever leurs filets. En ramant, le marin se laissa choir à la mer ; et malgré les secours que lui donna la femme qui l'accompagnait, le malheureux ne reparut pas. (source : L’Indicateur de Bayeux)  

 

Novembre 1843   -  Nouvelles locales.   -   Nous avons encore à enregistrer un funeste événement arrivé à Port-en-Bessin : Vendredi soir, vers 9 heures, une violente bourrasque mêlée d'éclairs et de tonnerre vint surprendre à peu de distance de terre, les vingt-huit chaloupes montées par les marins de Port et qui revenaient de la pèche du hareng.

Toutes parvinrent en ramant et après des efforts inouïs a gagner le rivage, excepté celle qui portait le marin Cauchard et son fils. On suppose que ces deux malheureux qui n'ont pas reparu, ont chaviré par suite de l'imprudence qu'ils ont commise d'appareiller leur canot qui était à voile et qui n'aura pu résister à la violence du vent. (source : L’Indicateur de Bayeux)

 

Novembre 1843   -  Une circulaire.   -   Par une circulaire, en date du 13 de ce mois, M. le ministre de l'agriculture et du commerce a rappelé aux préfets les injonctions de la loi du 22 mars 1841, sur le travail des enfants dans les manufactures, et les a invités à surveiller activement l'exécution de cette loi, dictée par une pensée d'humanité et de civilisation. (source : L’Indicateur de Bayeux)

 

Novembre 1843   -  Ouverture de l’enquête.   -    M. le sous-préfet de notre arrondissement nous transmet, avec invitation de le porter à la connaissance du public, l'arrêté suivant de M. le préfet du Calvados qui fixe l'ouverture de l'enquêté pour les travaux de Port-en-Bessin et nomme la commission chargée de la recevoir.

— Tous nos lecteurs comprendront l'importance qui s'attache à cet acte administratif, dont le résultat immédiat sera d'amener la prochaine exécution des travaux projetés par M. l'ingénieur, et l'heureuse solution d'une question qui intéresse si vivement notre contrée. (source : L’Indicateur de Bayeux)  

 

Décembre 1843   -  Nouvelles locales.   -   Sur la demande de M. le général d'Houdetot, député de notre arrondissement, le Roi vient d'accorder un secours de 150 fr. à la veuve Cauchard, de Port-en-Bessin, qui, dans la dernière tempête sur nos côtes, a perdu si malheureusement son mari et son fils, occupés à leurs filets.

On espère en outre que le second fils de cette veuve, lequel est en ce moment au service, lui sera, par les soins de M. d'Houdetot, prochainement rendu. (source : L’Indicateur de Bayeux)  

 

Juillet 1844   -  Nouvelles locales.   -   Dimanche, pendant la grand'messe, un vol d'environ 400 fr. a été commis au préjudice de la demoiselle Renaud, sœur de la miséricorde, institutrice à Port-en-Bessin. (source : L’Indicateur de Bayeux)

 

Juillet 1844   -  Nouvelles locales.   -   Voici quel a été le mouvement de la population dans le Calvados en 1843 .

NAISSANCES. Enfants légitimes : garçons, 4 432 ; filles, 4 277 ; total : 8 709 .

Enfants naturels reconnus : garçons, 113 ; filles, 116 ; total : 229.

Enfants naturels non reconnus : garçons, 442 ; filles, 382 ; total : 824 .

Total des naissances : 9 762.

MARIAGES. Entre garçons et filles, 3 034 ; entre garçons et veuves, 217 ; entre veufs et filles, 375 ; entre veufs et veuves, 120. Total des mariages : 3 746.

DÉCÈS. Garçons, 2 708 ; hommes mariés, 1 332 ; veufs, 781 ; total : 4 821. Filles, 2 709 ; femmes mariées, 1204 ; veuves, 1 285 ; total : 4 998. Total des décès : 9 819.

Il résulte du tableau ci-dessus qu'en 1843, les décès ont excédé les naissances de 57. (source : L’Indicateur de Bayeux)

 

Avril 1847   -  Nouvelles maritimes.  -  On l'a dit souvent et on a toujours dit vrai, la véritable pépinière de notre flotte, c'est la pêche nationale.

Pendant de longues années, Cancale et Granville ont employé plus de mille cinq cents marins à faire la pêche des huîtres sur des bancs qu'on croyait inépuisables.

Bon an, mal an, cette industrie donnait à six mille individus le pain de tous les jours, qu'ils sont obligés d'aller chercher ailleurs, la source où ils puisaient largement s'étant tarie par  telle et telle cause que nous n'avons pas à rechercher. Aujourd'hui, ce qui a fait la richesse de Cancale et de Granville se présente à nous. Un vaste banc d'huîtres dont l'étendue n'a pu encore être parfaitement constatée, mais qui parait exister sur une longueur d'environ dix lieues, vient d'être découvert, il y a quelques semaines, entre la Héve et Barfleur.

Plusieurs petits bateaux de notre port y ont été s'approvisionner, et l'un deux en livrait hier cinquante mille, Est-il nécessaire de dire que les barques anglaises à l'affût de tout ce qui  peut procurer lucre et bénéfice, ont déjà flairé cette mine féconde à exploiter, et que si l'on n'y met bon ordre, nos voisins vont s'assurer là un nouveau monopole.

Si le gouvernement prenait un peu souci des intérêts nationaux il devrait à l'heure qu'il est, avoir fait étudier le gisement de ce banc ? Et si, comme on le suppose, une partie se trouve  en dehors des limites qu'il s'est laissé imposer par notre peu scrupuleuse alliée, ne devrait-il pas, au moins ordonner une stricte surveillance et une protection absolue sur la partie située dans les eaux françaises, de manière à ce que cette partie ne puisse être exploitée que par nos nationaux.

En supposant même que le nouveau banc d'huîtres ne soit pas du tout dans nos limites, il n'en résulterait pas moins un très grand avantage pour les pécheurs de toute la côte normande. Pendant six mois de l'année, ils seraient occupés d'une manière fructueuse et n'auraient plus besoin, comme ils le font aujourd'hui d'aller courir les chances plus ou moins aléatoires de rachat à l'étranger.

On nous apprend, au reste, que plusieurs de nos armateurs se disposent à envoyer des bateaux faire une pêche dont le produit est assuré, et que notre proximité de Paris rend d'une vente aussi facile que lucrative. ( source : Journal de Honfleur)

 

Juillet 1847  -  Nouvelles locales.   -  Nous avons eu déjà l'occasion de parler de la formation récente d'un banc d'huîtres dans la baie de Seine.

Le ministre de la marine vient de charger le capitaine de corvette Mortunert de Boisse, commandant la station de Granville, et le lieutenant de vaisseau Hugherau de Chakié,  commandant le cutter le « Mirmidon », garde pêche à la Hougue, de faire une reconnaissance exacte du banc.

Les cutters garde-pêche du Havre et de Dieppe sont aussi chargés de s'assurer qu'il ne soit fait aucune pêche d'huîtres sur ce banc, le règlement du 23 juin 1846 ayant fixé au 30 avril la clôture de cette pêche. (source : Journal de Honfleur) 

 

Août 1847  -  Nouvelles locales.   -   Aux derniers examens pour le baccalauréat subis devant la faculté des lettres (Académie universitaire de Caen ), sur 107 candidats qui se sont présentés, 68 ont été admis aux épreuves orales, de ce nombre, 6 ont été reçus avec la mention BIEN, 34 avec celle ASSEZ BIEN,

M. Lachèvre, de Honfleur, est le troisième des six indiqués ci-dessus.

A un semblable examen à l'académie universitaire de Rouen, sur 45 candidats, 35 ont été admis aux épreuves orales, 25 de ceux-ci ont été reçus dont 5 avec la mention BIEN, 20 avec celle ASSEZ BIEN, M. Gilles de Honfleur est le septième de ces derniers.  (source : Journal de Honfleur) 

 

Août 1847  -  Huîtrière de la Basse-Seine.   -   Nous avons donné il y a quelque temps le résultat de l'exploration de ce banc et ce qui concerne la qualité des huîtres et leur  abondance. Nous pensons devoir indiquer spécialement pour les pêcheurs sa position exacte.

On est sur ses accores par les relèvements suivants : Les phares de la Hêve dans le S. 1/4 S. E. du compas à 19 ou 20 milles de terre.

Le feu de Fécamp dans l'E S. E. à 22 ou 23 milles. Il s'étend à 18 milles dans l'ouest et compte environ 12 milles du nord au sud.

On peut évaluer sa surface carrée à 216 milles marins ( enviions 700 kilomètres ).

Le fond de 25 brasses environ sur la partis orientale du banc augmente dans l'O. jusqu'à 24 ou 28 brasses et dans le nord atteint 34 ou 35 brasses.

L'extrémité occidentale se reconnaît facilement au mélange d'huîtres et de moules que rapporte la drague. Ce dernier coquillage est très abondant dans ces parages et s'y rencontre par masses. (source : Journal de Honfleur) 

 

Septembre 1847  -  Nouvelles maritimes.   -   Aux termes de l'article 7, du règlement général des pêcherie conclu le 23 juin 1843 outre la France et l'Angleterre et rendu exécutoire le 27 juin 1846, le ministère de la marine devait faire connaître les lettres indicatives des quartiers auxquels les bateaux de pêche appartiennent.

Une dépêche ministérielle du 19 août 1847 insérée aux « Annales Maritimes et Coloniales », contient le tableau de ces lettres pour tous les quartiers des côtes de France.

Les bateaux de pêche du quartier de Honfleur devront porter désormais les lettres Ho, et à côté le numéro affecté à chaque bateau, suivant un ordre qui comprendra tous ceux du quartier.

De ce moment doivent être supprimés les lettres et numéros qui étaient particuliers à chaque syndical ou petit port.

Dans l'intérêt de nos pêcheurs, nous leur rappelons les articles principaux du règlement que nous avons publié en entier te 19 juillet de l'année dernière.

Les lettres et numéros doivent être placés de chaque côté de l'avant du bateau, sur l'arrière et dans la grande voile, ils doivent être portés sur les bouées, barils et flottes principales de chaque filet,

Les bateaux chalutiers français doivent avoir en tête du mât un guidon bleu de 20 centimètres au moins du hauteur ( ou guindant ) et 60 centimètres de longueur ( ou battant ). (source : Journal de Honfleur) 

 

Septembre 1847  -  Huîtrière de la baie de Seine.   -  L'Écho Bayeusain contenait, dans un de ses derniers numéros, sur cette huîtrière, un article qui donne lieu à quelques  observations.

Nous avons parlé de ce banc d'huîtres retrouvé après avoir été heureusement oublié, ce qui a permis à ce coquillage de se multiplier. Nous avons dit sa position, son étendue, et la nature de ces huîtres. Ce sont celles connues sous le nom de « Pieds de cheval », très-goûtées dans les ports de l'embouchure de la Seine jusque à Rouen, elles ne sont point prisées à Paris, où l'on préfère les petites huîtres dites de Cancalle. Elles ne seront donc jamais l'objet d'un grand commerce, conséquemment jamais d'un haut prix, et ne seront point ce que l’ Echo Bayeusain nomme un aliment de luxe. Ce n'est pas que nous doutions que les réflexions hygiéniques rapportées par ce journal ne soient applicables aux grosses huîtres, nous serions mêmes disposés à croire qu'elles le sont davantage à celles-ci.

Quant aux parcs dont parle ce journal, nous ne pensons pas que la consommation des huîtres du nouveau banc puisse devenir assez grande pour couvrir la dépense à laquelle l'établissement de ces parcs donnerait lieu. Il y a d'ailleurs une raison plus forte qui s'y oppose. L'huître est antipathique aux terrains vaseux et aux terrains sablonneux, or tels sont les fonds où sur les côtes du Calvados et sur celles de la Seine-Inférieure ces parcs devraient être construits.

On a profilé à Trouville d'une petite étendue où l'on en a fait un qui consomme annuellement quatre million de petites huîtres surtout quand la saison permet que beaucoup de baigneurs se réunissent dans ce petit port. Mais on ne peut penser a y en établir pour les grosses huîtres de ce banc, quoique l'on doive affecter deux barques qui iront les pécher et une troisième qui distribuera le produit des deux autres dans les ports du littoral où elle en trouvera le débit.

Honfleur y enverra, comme cela a déjà lieu, mais ce ne sera non plus que pour la consommation locale. Il n'y a donc ni tant à se réjouir de ce que ce banc soit retrouvé, ni tant à regretter d'y rencontrer quoique concurrence anglaise, qui du reste ne sera jamais très grande et à cause de l'éloignement de l'autre côté de la Manche, et à cause de la nature du coquillage.

Ce ne sera pas une raison pour que les bâtiments gardes-pêche ne doivent le surveiller exactement. On ne doit pas oublier que de pareils bancs, sur quelques autres parties de ces côtes, ont été promptement réduits a zéro, non pas tant parce que I’on multipliait la pêche outre raison que parce qu'on y jetait et du sable et des pierres avec intention de les détruire, ce qui ne s'est que trop réalisé en très peu de temps. (source : Journal de Honfleur)  

 

Novembre 1847  -  Nouvelles locales.   -   Il arrive que, dans quelque petit port, des barques, de simples canots se permettent d'arborer à leur mat la flamme nationale et de déployer  à poupe le pavillon national, ce qui est défendu par les ordonnances, notamment celle de 1827. Aucune embarcation de commerce que ce soit ne peut déferler le pavillon à poupe.

De même aucun bâtiment de commerce ne peut porter la flamme nationale, même quand on y placerait quelque signe que ce fût, ou quand on la ferait d’une longueur différente à cette réglementaire.

Il n'y a d'exception que pour les pataches de la douane qui peuvent porter la flamme nationale, mais auxquelles il est interdit de déferler le pavillon à l’arrière. (source : Journal de Honfleur)

 

Décembre 1847  -  Nouvelles maritimes.   -  Nous avons fait connaître dans notre n° du 19 juillet 1846 le règlement convenu entre la France et l'Angleterre et sanctionné pour nous par  une loi.

Ce règlement détermine les limites entre lesquelles la pêche est interdite aux marins d'une des deux nations vis-à-vis des côtes de l'autre. Une centaine de bateaux de pêche de Boulogne ont récemment enfreint ce règlement en jetant leurs filets au[1]delà des limites qu'il leur est interdit de franchir. Arrêtés par quatre bâtiments garde-côtes de Deal, ils ont été conduits devant le magistral anglais et condamnés à une amende qui s'est élevée pour quelques-uns à 450 francs.

Le commandant de la corvette française « Surveillante » qui a été au secours des pêcheurs, a plaidé leur cause avec beaucoup d'énergie, mais en vain. Les pêcheurs n'ont été relâchés qu'aptes avoir payé.

Nos voisins de la Manche surveillent avec soin leurs côtes, comme on le voit. De notre part, si nos pêcheurs doivent se conformer à ce qui leur est prescrit, nos bâtiments gardes-pêche ont aussi à surveiller leurs intérêts. C'est à la mer et non en restant dans les ports comme. il arrive trop souvent qu'ils rempliront ce devoir. Malheureusement, l'abondance du poisson sur la côte anglaise où depuis plus de 25 ans il continue à se porter, son éloignement incessant de la côte de France sont un motif pour nos pêcheurs de regretter que le règlement en question leur ait fait la loi si dure. Mais tant qu'il subsistera, il faut s'y conformer, c'est une nécessité a laquelle on ne peut se soustraire. (source : Journal de Honfleur)  

Janvier 1849  -  Nouvelles locales.  -  Le coup de vent de la semaine dernière nous faisait craindre d'apprendre de fâcheux sinistres. Les avis qui  nous parviennent sont moins tristes que nous ne nous y attendions.

La mer a monté très haut, elle n'était pas depuis 10 à 13 ans, arrivée au même point. La route de Pont-Audemer a été interceptée aux piétons à l'embouchure de la Morelle, et le pont de Fiquefleur couvert pendant quelques heures.

La côte n'a rien éprouvé jusqu'à Villerville, elle était abritée. La falaise du bourg, sur laquelle l'attention de l'autorité a été appelée il y a peu de temps, est crevassée ; Trouville, où la mer portait en côte a éprouvé des dégâts.

A Dieppe, tout le rivage depuis la jetée jusqu'au château a été ravagé. Les bains de mer ont peu souffert. Le quai de la poissonnerie a été entièrement couvert d'eau jusqu'aux arcades.

A Cherbourg une barque employée aux travaux de la digue a eu ses voiles et ses vergues enlevées, elle a été jetée à la côte, personne n'a péri.

Un sloop de Paimpol, allant de Lézardrieux à Portsmouth avec un chargement de pommes de terre, a été jeté à la côte ; l’équipage a été sauvé ; le navire entièrement déchargé sera renfloué sous peu de jours.

A Granville, le canot du vapeur le « Passe-partout » revenant de porter secours à un sloop anglais en perdition à l'entrée du port, a sombré au moment d'atteindre le rivage. Cinq hommes qui l'armaient ont péri, deux ont été sauvés.

Le sloop anglais a été tiré de danger et conduit dans le port par deux pilotes qui venaient de porter secours à un sloop français entré en relâche.

Un garde-pêche anglais qui se trouvait dans le port est resté spectateur tranquille du danger que couraient ses compatriotes, et n'a pas jugé à propos d'aller leur porter secours. Il est vrai qu'il voyait les marins français s'exposer pour les sauver, et plusieurs être victimes de leur zèle plein d'humanité.

Les travaux commencés à Port-en-Bessin ont considérablement souffert. (source Journal de Honfleur)

 

Avril 1849  -  Nouvelles Locales.   -  L'ouragan du 19 avril s'est aussi fait sentir ici. Les sinistres éprouvés sur la rade du Havre, les 19 et 20 courant. Un de ceux que nous mentionnions dans notre dernier n° n'avait pas les conséquences que lui donnait la rumeur publique, et un seul homme avait été victime. Le brick norvégien « Erstatningen », chargé de bois, a eu ses mats coupés au raz du pont, et ayant perdu ses ancres, fut remorqué à l'entrée de l'Orne, par le steamer « Calvados », capitaine Bambine.

—   La goélette anglaise « Thristle », fit côte, le 20, à Villers-sur-Mer. L'équipage s'était réfugié dans la mâture, il y était resté huit heures en proie au désespoir, et attendait la mort à chaque instant, l'état de la mer ne permettait pas de lui porter secours, lorsqu'un jeune homme de 18 ans, fils du lieutenant des douanes, M. Eugène Girard, se lança à la mer, et après avoir lutté contre les vagues sous lesquelles il disparut trois fois, put enfin atteindre et parvenir à sauver ces malheureux en établissant entre la côte et le navire un va-et-vient dont il s'était pourvu.

Les naufragés furent accueillis par le curé, le lieutenant des douanes et les habitants de Villers. M. Guérin, propriétaire les a reçus, logés, habillés, chauffés, nourris, leur prodiguant les soins de la plus grande humanité.

—   Ce n'est pas seulement à la mer que l'ouragan a causé des dommages II a occasionné dans nos vergers des ravages inappréciables. Les fleurs dont étaient couverts les arbres à fruits à noyau sont entièrement brûlées. De jeunes pousses chargées de fruits récemment noués, ont été coupées et ont couvert le sol. Des arbres ont été les uns brisés les autres renversés. L'intérieur des terres a moins souffert, excepté les vallées ouvertes au vent.

—   Comme nous le craignions, les travaux de Port-en-Bessin ont beaucoup souffert, deux grues, cinq fermes posées au pied de la jetée de l'Est ont été enlevées, une partie de maçonnerie démolie, les chemins de fer de la jetée de l'Ouest détruits.

—   La Dives, dont les eaux étaient accrues par les pluies et refoulées par la mer, a rompu une de ses digues et a submergé de près de deux mètres les prairies voisines, dans une étendue de plusieurs kilomètres.

—   Il y a également eu de grands ravages dans la plaine de Caen. Des murs, des toits, des tuyaux de cheminée ont été renversés, beaucoup d'arbres abattus.

Les premiers jours de la semaine avaient été, comme on sait, accompagnés de pluies abondantes, mêlées de neige et de grêle.  (source Journal de Honfleur)

 

Avril 1849  -  Ouragan et travaux du Port.   -  Un ouragan des plus intenses, venant du nord-nord-ouest, a eu lieu dans la nuit du 19 au 20 avril 1849 et toute la journée du dernier jour, ce qui a rendu la mer très agitée : les vagues ondulaient par dessus les jetées dans le port de Port-en-Bessin; heureusement que ce n'était point dans le fort de la grande marée, car les barques de pêche, qui étaient amarrées chacune à leur cale et le nez sur leur cabestan, auraient pu avoir des avaries.

Il n'en a pas été ainsi pour les travaux du port qui étaient plus à portée des lames : cinq fermes, qui avaient été posées sur un allongement de pierres au pied du bout de la jetée de l'est et deux grues, qui étaient sur le haut et vers l'extrémité de la même jetée, ont été enlevées.

Un mètre d'exhaussement de maçonnerie qui avait été rapporté dernièrement sur une partie de la dite jetée, et qui n'avait pas encore pris assez de consistance, a été démoli, les chemins de fer, qui étaient appuyés sur les fermes qui tiennent dans la maçonnerie de cette jetée, ont tenu bon, mais ceux de la jetée de l'ouest, dont les montants en bois avaient été rétablis en dernier lieu, ont été en grande partie détruits. Tous ces dégâts occasionnent des retards pour la fermeture du port.

Le beau temps est revenu, trois fermes sont déjà replacées et les autres ne vont pas tarder à l'être si le temps le permet. Les travaux vont reprendre de l'activité, les ouvriers arrivent, ils[1]sont embauchés et occupés. (source : L’Indicateur de Bayeux)  

 

Mai 1849  -  Nouvelles Maritimes.   -    On nous écrit de Port-en-Bessin, le 8 mai 1849 : Depuis plusieurs jours la tempête se fait sentir avec violence sur nos côtes, et met dans l'anxiété la population de Port-en-Bessin. Aujourd'hui elle semble perdre un peu de son intensité, j'en profile pour vous donner quelques détails sommaires sur ce qui s'est passé.

Samedi soir, 5 courant, il se trouvait à Port deux navires, le « Jeune Édouard », capitaine Aubrée, et le « Jeune Emmanuel », capitaine Piquet. Le premier venait d'effectuer son chargement de charbon, le second était en relâche, il venait d'Aurigny sur lest et allait à Honfleur, son port d'attache.

Ces deux navires étaient mouillés au milieu du havre de refuge, mais beaucoup trop rapprochés du môle de l'ouest. Pendant toute la journée du 5 le temps fut très orageux et la mer fort agitée malgré le calme du vent, lorsqu’à 10 heures du soir le vent se monta tout-à coup et se fixa au nord-est en tempête. La mer devint alors furieuse et bientôt on aperçut les feux de détresse allumés par un des navires, mais déjà la personne de la localité, plus spécialement chargée de la surveillance des marins, avait fait appel au courage, à l'humanité de ses gens, et aussitôt dix hommes dévoués, n’écoulant que leur courage, se jettent dans trois canots et parviennent au péril de leur vie à aborder les navires.

Après quatre heures d'un travail aussi pénible que dangereux, les deux bâtiments sont ramenés près le môle de l'est.

Le 6 la tempête augmentait progressivement, et hier 7. elle était dans toute sa force, mais à la marée basse les navires ont été solidement amarrés, et aujourd'hui 8, nous avons le bonheur de pouvoir dire qu'ils n'ont nullement souffert.

C'est avec une véritable satisfaction que nous mentionnons ici cet heureux résultat du grand Port qui, quoi qu'inachevé, a rendu déjà un si grand service à ces deux bâtiments.

Les dix marins qui se sont empressés de voler au secours du « Jeune Édouard » et du « Jeune Emmanuel » sont : Ménard Pierre, (garde maritime). — Le Fournier Jean.    Dupont Jean-Baptiste. — Le Herpeur Jean Antoine.     Marie Pierre.   Bunel Jean. — Collevil Thomas.     Hue Jacques.   Le Frère Pierre.   Françoise, Jules.

Nous sommes trop heureux de pouvoir signaler à la publicité les noms de ces braves, qui se sont si courageusement dévoués pour leurs semblables.

Les travaux du port ont malheureusement souffert : un bout de maçonnerie de 25 mètres de longueur, presque achevé, a été en partie démoli, plusieurs fermes ont été détruites, quant au travail entièrement terminé, il a parfaitement soutenu la violence de la tempête, et il demeure désormais constant que la mer n'y peut rien. (source : L’Indicateur de Bayeux)  

 

Avril 1866   -   Les naufrages.   -   Il résulte des publications de l'administration du bureau Véritas de Paris, que le nombre des navires perdus totalement pendant le mois de mars  dernier, s'est élevé à 269, sur ce chiffre on compte 145 navires anglais, 32 américains, 28 français, 5 danois, 5 hollandais, 5 italiens, 4 hambourgeois, 4 norvégiens, et 41 de différents  pavillons.

17 navires sont supposés perdus corps et biens, par suite d'absence de nouvelles.

Le nombre des navires perdus en janvier et février s'élevait à 678. En y ajoutant ceux perdus en mars, soit 269, on arrive un total de 947 navires perdus totalement du 1er janvier au 31  mars 1866.

 

1866  -  Port Maritime.  -   Bien que les môles, quais et murs de défense du port de Port-en-Bessin ne laissent rien à désirer, les navires n'y sont point en sûreté pendant les coups de vent du large. Aussi l'importance commerciale du port tend à diminuer. 

M. le Ministre des travaux publics a approuvé un projet de creusement de la roche au pied du môle de l'Est. Ce projet, évalué à 12 000 fr., est destiné à améliorer le mouillage. 

D'autres études importantes se poursuivent, mais exigent des dépenses qui rendent leur exécution lente et difficile.  

Mouvement général des ports. Pendant 9 ans, c'est-à-dire de 1855 à 1863, le tonnage des navires fréquentant les ports de commerce de Honfleur, Caen, Trouville, Courseulles, Isigny, Port-en-Bessin et Dives, a été, en moyenne, de 529,087 tonneaux. En 1864, il s'est élevé à 646,070 t., et en 1865, à 735,2011. Le tableau présenté indique le degré d'importance relative de chacun de ces ports. 

Les crédits affectés aux travaux neufs et aux grosses réparations ont été, en 1866, de 896,124 fr., tandis que, l'année précédente, ils n'avaient pas dépassé 755,064 fr. Et cependant, malgré l'importance de ces crédits, les travaux de Honfleur, Trouville et Courseulles auraient été interrompus si l'entrepreneur, M. Mauger, n'avait pas généreusement fait des avances considérables, dont il est juste de le remercier.

 

Juin 1866   -   Une récompense.   -   M. Tillet Émile, perruquier à Port-en-Bessin, vient d'obtenir une médaille d'argent (2ème classe), pour avoir sauvé un enfant le 23 février dernier.

 

Juillet 1866   -   Une pétition.   -   Le Conseil municipal de Port-en-Bessin, justement préoccupé de l'insuffisance du port extérieur actuel et des dangers qu'il offre aux navires qui  viennent ou s'y réfugier ou apporter leurs changements, a décidé qu'une pétition serait appréciée à l'Empereur dans le but d'obtenir l'amélioration de ce port de refuge.   -   Le Conseil  municipal de Port-en-Bessin, justement préoccupé de l'insuffisance du port extérieur actuel et des dangers qu'il offre aux navires qui viennent ou s'y réfugier ou apporter leurs changements, a décidé qu'une pétition serait appréciée à l'Empereur dans le but d'obtenir l'amélioration de ce port de refuge.

Cette pétition retrace les sinistres dont chaque année ces pays sont le théâtre, la répugnance des capitaines, qui hésitent à les fréquenter, et même à y chercher un abri toujours trop  insuffisant, la pétition fait remarquer que Port-en-Bessin est le seul port du littoral entre le Havre et Cherbourg susceptible, s'il était amélioré, d'abriter des navires d'un assez fort  calant d'eau, elle conclut, en demandant à l'Empereur le rétablissement d'un bassin d'échouage intérieur, qui amènerait une sécurité qui fait complètement défaut aujourd'hui.  

 

Février 1867   -   Par décret.   -  Par décret impérial le maire de Port-en-Bessin est autorisé à accepter la donation faite par le sieur Dajon-Lamare, et consistant en une parcelle de terrain destinée à servir à l'établissement d'un lavoir public.  

 

Mars 1867   -   Le printemps en avance.   -   La végétation est tellement avancé dans notre contrée que les abricotiers sont en fleurs. D'ici huit jours au plus, les poiriers et les guiguiers vont épanouir leurs boutons nombreux cette année. Si la fin de l'hiver et le commencement du printemps sont favorables, il y aura une récolte abondante.

L'herbe pousse...... Les gros bœufs reparaissent...... Les dindes s'en vont avec les gras jours.

 

Mars 1867   -   Une découverte.    -   M. le vice amiral, préfet maritime à Cherbourg, vient déformer M. le chef du service de la marine au Havre, qu'un nouveau banc d'huîtres a été découvert dans la mer commune. Ce gisement, qui paraît assez riche et dont les produits ont été trouvés de belle qualité, est situé dans l'est un quart nord-est des îles Saint-Marcouf, par 17 brasses 1/2 à 20 brasses d'eau, et à 4 lieux 1/2 environ de Port-en-Bessin, dans le nord-ouest un quart-nord du compas. Ses amers nord et sud sont la tour de Maisy, un peu à l'aval de la tache rouge de la pointe de la Percée.  

 

Mars 1867   -   Les naufrages.    -   Il résulte des publications de l'administration du Bureau Véritas de Paris, que le nombre des navires perdus totalement, pendant le mois de février dernier, s'est élevé à 224 ; de ce nombre, on compte 102 navires anglais, 43 américains, 21 français, 11 italiens, 9 danois, 7 prussiens, 5 hollandais, et 26 de différents pavillons.

 

Septembre 1867   -   Un naufrage.   -   Le 18 de ce mois, une bisquine faisant le cabotage commandée par le capitaine Lefort Grégoire, appartenant à M. Testard, armateur à Boulogne  (Pas-de-Calais), chargée de ciment, à destination du Havre, s'est échouée dans le port de Port-en-Bessin, et s'est brisée contre la jetée par une mer très houleuse.    -   Le 18 de ce  mois, une bisquine faisant le cabotage commandée par le capitaine Lefort Grégoire, appartenant à M. Testard, armateur à Boulogne (Pas-de-Calais), chargée de ciment, à destination du Havre, s'est échouée dans le port de Port-en-Bessin, et s'est brisée contre la jetée par une mer très houleuse.

Les papiers du bord ayant été avariés, on ne connaît pas la perte du chargement ni le nom du négociant.

Voici en quels termes le compte-rendu de ce sinistre : un accident maritime vient d'avoir lieu à Port-en-Bessin. La bisquine « Bonne-mère », capitaine Lefort, de Boulogne, est entré  dans le port mercredi vers midi, la mère poussée et soulevée par de forts vents du nord-est était alors très grosse et le navire étant lourdement chargé, il y avait tout lieu de craindre qu'il ne fut englouti en entrant, mais il n'en a pas été ainsi, il a au contraire très bien franchi la passe et fait son évolution pour mouiller son ancre dans l'est du port en vrai marin et  de  manière à enlever toute inquiétude sur son compte, mais à peine l'ancre mouillée l'on reconnut de suite qu'elle était trop légère et ne tenait pas, ensuite les marins fatigués par deux jours de lutte à la mer et trop faibles en nombre (3 hommes) ne pouvaient amener leurs voiles dont les drisses étaient engagées, aucun secours ni amarre ne pouvant leur être portés, tellement la mer était houleuse dans le port, en très peu de temps ce navire a été jeté en plein sur la jetée où les hommes ont pu se sauver, et où il a été disloqué et ensuite brisé par la force des vagues.  

 

Mai 1868   -   Un sauvetage.   -   Le 6 mai dernier, un Port-en-Bessin, deux matelots anglais, sur le point de se noyer, étaient sauvés par les sieurs Le Fournier Jean-baptiste Prospèr, quartier-maître canonnier, et le novice Labbé Jean-Baptiste Aimé.   -   Le 6 mai dernier, un Port-en-Bessin, deux matelots anglais, sur le point de se noyer, étaient sauvés par les sieurs Le Fournier Jean-baptiste Prospèr, quartier-maître canonnier, et le novice Labbé Jean-Baptiste Aimé.

Le ministre de la marine vient, par une décision récente, de décerner à chacun de ces braves marins une médaille en argent.

 

Juillet 1868   -   Un drame.   -   Le 17 de ce mois, à Port-en-Bessin, vers 5 heures du soir, les deux sœurs Désirée et Ernestine Lepelletier, la première âgée de 15 ans et l'autre de 5 ans et demi, se baignaient dans la mer à la marée montante. Entraînées au large par les vagues, elles eussent infailliblement péri sans le secours des sieurs Françoise Lucien Jules, et Moisy Paul, matelots qui se sont jetés tout habillés à la mer, profonde en cet endroit de 4 à 5 mètres et ont été assez heureux pour les sauver au moment ou elles disparaissaient sous  les flots.

Transportées à leur domicile, les sœurs Lepelletier ont reçu des soins empressés, qui n'ont pas tardé à les faire revenir à elles-mêmes.  

 

Août 1868   -   Un accident.   -   Samedi, un brick anglais, en déchargement des charbons à Port-en-Bessin, se trouvait violemment poussé par la grosse mer contre la jetée, lorsqu'un des enfants du capitaine, âgé de 6 à 7 ans, voulant rentrer à bord, manqua la passe et tomba entre le navire et le quai où il fut broyé.    -   Samedi, un brick anglais, en déchargement  des charbons à Port-en-Bessin, se trouvait violemment poussé par la grosse mer contre la jetée, lorsqu'un des enfants du capitaine, âgé de 6 à 7 ans, voulant rentrer à bord, manqua la passe et tomba entre le navire et le quai où il fut broyé.

Un des hommes de l'équipage témoin de l'accident, se précipite vers l'enfant, parvient à le saisir et le remet entre les bras de son infortuné père qui, éperdu, court avec lui chez M. Delarue, ancien pharmacien à Bayeux, en ce moment aux bains de mer à Port, espérant trouver là quelques secours, mais, tout fut inutile, le malheureux enfant expirait une heure après.

La mère était dans la cuisine, au fond du bateau, quand l'accident arriva, et ce ne fut qu'au moment où son enfant allait expirer qu'elle apprit le fatal événement.

Dimanche, il a été inhumé à Port par les marins du bord et l'autorité civile, comme appartenant à la religion protestante, et le brick est reparti mardi, emportant cette famille désolée.  

 

Mars 1869   -   Une grande marée.   -   La marée de lundi dernier est une des plus fortes que l'on ait vues depuis plus de 30 ans. La mer, poussée par un vent nord-nord-est, a été d'une violence extrême et a causé quelques dégâts. Elle est entrée dans beaucoup de maisons du bord de la mer.

Les vagues montaient à 100 mètres le long des falaises de Port.  

 

Mars 1869   -   La tempête du 20 mars.   -   Samedi dernier, on a relevé sur le rivage de Port-en-Bessin que la mer venait d'y porter, un cadavre d'homme.

Il a été trouvé à Luc une planche de poulaine en chêne, peinte en noir et portant en lettres fouillées au ciseau le nom de « Tobina ».

Depuis dimanche, on a recueilli sur la plage entre Langrune et Ouistreham, une assez grande quantité de madriers et de planches en bois blanc, marqués SS. G. d'un bout et X R de l'autre. Parmi ces épaves, on a trouvé un bout-dehors de foc mesurant 7 mètres 40 de long. Toutes ces épaves semble être à la mer depuis peu de temps. Ont fait naturellement sur  leur provenances des tristes conjonctures.  

 

Mars 1869   -   La tempête du 20 mars.   -   Sur la demande de M. le Préfet, Son Excellence M. le Ministre de l'intérieur a bien voulu accorder une somme de 800 francs, pour les  victimes du sinistre de Port-en-Bessin.

De son côté, M. le Préfet s'est empressé de leur envoyer un secours de 500 francs. Le total des sommes recueillies jusqu'à ce jour par souscription dans le Calvados s'élève à environ  8  000 francs.  

 

Avril 1869   -  Les réparations.   -   Par décision du 29 avril, M. le ministre des travaux publics a bien voulu, sur la demande de M. le préfet du Calvados, autoriser l'exécution des travaux de réparation des dommages causés aux ouvrages du port de Port-en-Bessin par les tempêtes du mois de mars dernier, et mettre à disposition de ce magistrat un crédit de 3  500 francs pour le paiement des dépenses.  

 

Avril 1869   -  Les patrons pêcheurs.   -    Les patrons de barque de Port-en-Bessin, dans leur réunion générale de dimanche, ont adopté, en principe, une caisse de prévoyance qui sera fondée au moyen d'une retenue fixée par semaine et par barque à 1 fr. 50 pour la 1er année, et à 1 fr. pour les suivantes.

 

Mai 1869   -  Une décision.   -   Par une décision du 12 mai courant, Son Excellence le ministre de la marine, accueillant les propositions qui lui avaient été soumises par l'autorité maritime, a alloué une somme de 6 205 francs, aux marins de Port-en-Bessin pour les aider à remplacer les bateaux de pêche qu'ils ont perdu ou à réparer les avaries de leurs embarcations pendant la tempête du 20 mars dernier.     -   Par une décision du 12 mai courant, Son Excellence le ministre de la marine, accueillant les propositions qui lui avaient été  soumises par l'autorité maritime, a alloué une somme de 6 205 francs, aux marins de Port-en-Bessin pour les aider à remplacer les bateaux de pêche qu'ils ont perdu ou à réparer les avaries de leurs embarcations pendant la tempête du 20 mars dernier.  

 

Juillet 1869   -   Fait divers.   -  Dimanche denier, vers onze heures du matin, le feu a éclaté dans les bâtiments d'une ferme appartenant à M. Gossel, sise à Port-en-Bessin, près l'église, et touchant aux dépendances du presbytère. 

Au premier cri d’alarme en s'est porté sur le lieu du sinistré et les secours ont été organisés. On s'est empressé tout d'abord de circonscrire, le foyer de l'incendie en l’isolant soit au  moyen de toiles mouillées appliquées sur les bâtiments voisins couverts en chaume, soit en établissant une solution de continuité entre la partie du grand bâtiment où le feu sévissait  et celle qu'il n'avait pas encore atteinte, mais qu'il allait bientôt attaquer. Grâce à ces mesures intelligentes, le feu a été maîtrisé en quelques heures, quoiqu'il existât-une certaine quantité de foin et de paille de colza dans un appentis qui a été détruit et huit cents de fagots dans la partie brûlée du grand bâtiment. 

Il y a malheureusement  des accidents à constater : victime de son courage et de son zèle un ouvrier constructeur de navires, le sieur Émile Vautier, est tombé de six à sept mètres sur  un sol dur  où, sans sa vigueur et sa souplesse, il se fût tué infailliblement; mais tout fait espérer que cette chute n'aura pas de suites fâcheuses. Un brave marin, déjà éprouvé dans la  tempête du 20 mars, le sieur Langlois, a été aussi fortement contusionné, mais son état n'inspire aucune inquiétude.

La ferme est occupée par le sieur Michel Henri. Il a sous-loué à François Henri, son frère, boulanger à Port, la partis du bâtiment où les huit cents fagots ont été incendiés.

On ne sait pas au juste la cause de l'incendie, mais tout fait présumer qu'il est dû à l'imprudence née de quelques fumeurs ou d'enfants qui, dans ce lieu habituel d'ébats et de causeries aux approches des offices, auront jeté des allumettes chimiques non éteintes sur la paille qui garnit la cour, d'où le feu se sera communiqué à l'appentis et au bâtiment.  

 

Septembre 1869   -   Fait divers.   -   Les pilotes et les pêcheurs signalent depuis quelques jours la présence dans la Manche d'une énorme baleine, dont la dimension serait de 30 mètres environ. Le gigantesque poisson a été vu entre le feu de Barfleur et le feu de Ver. Il ne serait pas impossible qu'on apprît qu'il a été trouvé échoué sur quelque plage, car la Manche n'est pas un abri suffisant pour de pareils hôtes.  

 

Décembre 1869   -   Fait divers.   -  La population de Port-en-Bessin a été péniblement impressionnée jeudi 16 décembre.

Il était quatre heures et demie, le temps était affreux et la mer très grosse, les barques faisaient route pour rentrer au port, malgré le vent contraire. L'une d'elles, « Jeanne-d'Arc »,  commandée par le patron Alphonse Deport, était à la cape, lorsqu'un coup de mer enleva l'un de ses matelots, le nommé François Deport, âgé de 20 ans.

Au même instant, l'un des autres matelots, Alphonse Tabouret, âgé de 26 ans, qui s'était amarré promptement, se précipitait à la mer, pour tâcher de le secourir, il lutta pendant plus  de vingt minutes contre les flots qui lui ravissaient son camarade, chaque fois qu'il était sur le point de l'atteindre. Après les plus grands et pénibles efforts, il s'est vu forcé de  l'abandonner et de se rapprocher du bord, où il a été remonté épuisé de fatigue.

Ce n'est pas la première fois, en cas pareil, que ce brave marin, un vrai loup de mer, se fait remarquer par son grand sang-froid et son dévouement pour ses camarades, qui tous se  plaisent à le reconnaître. Tabouret est père de trois enfants, sa femme est accouchée il y a huit jours du dernier. M. Morin, syndic des gens de mer, a demandé pour ce courageux marin une récompense qu'on ne saurait lui refuser.

Cet accident est d'autant plus triste et malheureux qu'il frappe une veuve, mère de plusieurs enfants (six encore), dont l'infortuné Deport était le seul soutient.

 

Février 1870   -   Fait divers.   -   L’Ordre et la Liberté se dit en mesure d'annoncer, de source certaine, qu'un crédit de 600.000 fr., à prendre sur les 17 millions inscrits au budget pour l'achèvement des travaux en cours, serait, destiné à l'établissement d'un bassin à flot à Port-en-Bessin.

La réalisation de cette heureuse nouvelle serait accueillie avec joie dans toute notre contrée normande.  

 

Août 1871   -  Fait divers.   -   Des phénomènes atmosphériques singuliers se sont produits dans le département de la Seine-Inférieure et du Calvados. A Elbeuf, une pluie de fourmis ailées avait couvert de cette manne d'un nouveau genre les toits des maisons et le pavé des rues à Caudebec, des hirondelles ont été ramassées surchargées de ces insectes qui s'étaient attachées à elles et avaient entravé leur vol. Une véritable pluie de papillons s'est abattue aux environs de Paris.

 

Août 1871   -  Les impôts  -  Seigneur ! Seigneur ! Que va devenir le pauvre monde ? On met des impôts sur tout. 

Sur les chats, sur les serins, sur le tabac, sur le boire et sur le manger. 

Mais ce n'est pas tout encore, figurez-vous qu'un député de la droite, qui en aura sans doute mangé comme .. un satisfait, vient de proposer qu'on mette un impôt sur la teurgoule. 

La teurgoule ! qu'est-ce que c'est que cela, vont se demander les petites maîtresses et les muscadins. 

Mes petits agneaux, c'est le riz cuit au four, c'est la terrinée, que les gens comme il faut de la campagne appellent de la teurgoule….,.. 

Et cela, parce que les jours de fête, ces nobles goulifards se fourrent de telles cuillerées de ce mets délectable, que la.... bouche leur en teurd !

 

Septembre 1871   -  Fait divers.   -  On nous signale le départ prématuré des hirondelles, malgré la température élevée à cette époque de la saison. Il en reste cependant encore, mais peu dans nos contrées. On peut voir dans ce phénomène un indice certain d'un hiver précoce et rigoureux.

 

Septembre 1871   -  Incendie.   -  Le 3 courant, vers 8 heures 1/2 du matin, un commencement d'incendie, dont la cause est inconnue, a éclaté à Port-en-Bessin, dans une maison occupée par le nommé Ferdinand Adam, cordonnier et aubergiste, appartenant au sieur Hamel Thibault, négociant à Bayeux. Perte : 250 fr.

 

Septembre 1871   -  Fait divers.   -  La violente tempête qui a sévi sur nos côtes ces jours derniers, a occasionné de nombreux sinistrés en mer. Au Havre les dégâts sont considérables.

 

Septembre 1871   -  Fait divers.   -  On signale, cette année, une abondance fabuleuse de harengs. Déjà les arrivages en sont considérables. Toutes nos côtes de la Manche sont en mouvement, et les pêcheurs se mettent en campagne avec la certitude d'une belle saison. Il faut se rappeler à ce propos que l'abondance de ce poisson est une vraie richesse pour toute notre population maritime. Par contre, les bancs d'huîtres sont peu fournis cette année.  

 

Octobre 1871   -  Fait divers.   -  Une médaille de deuxième classe en argent a été accordée à M. Pierre-Victor Marie, matelot à Port-en-Bessin pour avoir, au péril de sa vie, sauvé un  enfant qui se noyait.

 

Janvier 1872   -  Fait divers.   -   Depuis longtemps on n'avait vu, sur nos côtes, le poisson aussi rare, par suite du mauvais temps continuel que nous avons éprouvé pendant près de six semaines. Cet état de choses rend, on le comprend, la vie difficile dans les localités riveraines de la mer.

 

Février 1872   -  Fait divers.   -  Le ministre de la marine et des colonies a décerné des récompenses pour faits de sauvetage. Sur cette liste nous relevons les noms suivants :

Guillaume Lemarchand, matelot, témoignage officiel de satisfaction. Sauvetage de deux hommes à Honfleur le 28 juillet 1871.

Pierre Marie, matelot ; médaille de 2e classe, argent. Sauvetage d'un enfant le Port-en-Bessin, le 9 juillet 1871.

Pierre Colleville matelot ; médaille de 2e  classe, argent. Sauvetage d'un enfant à  Port-en-Bessin, le 16 septembre 1871.

François Leboucher, sous-patron des douanes ; médaille de 2e classe, argent. Sauvetage d'un enfant à Caen, le 20 septembre 1871.

Florentin-Auguste Gilles, apprenti marin, témoignage officiel de satisfaction ; Pierre-Edmond Genivière, témoignage officiel de satisfaction. Secours à un noyé à Villers-sur-Mer, le 18 juillet 1871.  

 

Septembre 1872   -  L’état civil.  -  Le ministre de l'intérieur vient d'adresser aux préfets une circulaire pour appeler leur attention sur le mauvais état, dans lequel se trouvent les actes  de l'état civil dans la plupart des communes, et les inviter à veiller à ce que les municipalités prennent des mesures pour la conservation de ces importants documents, qui  intéressent à un si grand degré la population tout entière.

 

Septembre 1872   -  Phénomènes atmosphériques.  -  Vendredi et samedi, plusieurs trombes ont été remarquées dans l'arrondissement de Bayeux, les deux premières ont été vues à Port-en-Bessin et à Sainte-Honorine-des-Pertes, et n'ont fait aucun dégât, mais la troisième, qui s'est formée à environ 1 kilomètre en vue de la mer, sur le territoire de la commune de Huppain, a emporté toute la couverture, bois et paille, d'un corps de bâtiment long de 20 mètres, appartenant au sieur Jean Levêque. Cette trombe avait la forme d'un gros cylindre.  Elle a enlevé et porté une partie des matériaux à une distance de plus de 100 mètres, et des morceaux de bois ont été trouvais à une très grande distance. Plusieurs pommiers ont été déracinés, il est à remarquer que chaque trombe se formait après les coups de tonnerre. 

Ces trombes étaient sans doute produites par la décharge vaporeuse des nuages qui se trouvaient immédiatement condensés et enveloppés, pour ainsi dire, par l'état excessivement froid de la température pendant les journées des 20 et 21 septembre. 

La foudre est également tombée sur plusieurs points, mais n'a fait d'autres dégâts que de détruire quelques arbres.  

 

Mars 1873   -   Tirage au sort.   -  On procède en ce moment au Tirage au sort. Malgré l’établissement du, service militaire obligatoire, ce tirage à été maintenu. Il a, du reste, une  certaine importance, les jeunes gens qui tireront les numéros les plus élevés ne feront qu'une année de service, où même six mois, s'ils passent avec succès, au corps leurs examens.  Les jeunes gens qui tireront les numéros les plus bas, 1, 2, 3, etc……, jusqu'à un chiffre que le ministre à la guerre fixera suivant le nombre de soldats dont il aura besoin chaque  année,  feront cinq ans de service.

 

Avril 1873   -   Pêche miraculeuse.   -   La pêche du maquereau est miraculeuse en ce moment sur nos côtés de Normandie. Cinq bateaux sont entrés, rapportent 105 800 Maquereaux, 9 700 avaient été salés en route.

 

Mai 1873  -  Les Événements.   -   Samedi soir, M. THIERS a donné sa démission, de Président de la République française. Il a été remplacé par le maréchal DE MAC-MAHON, duc DE  MAGENTA. Le maréchal-Président est âgé de 65 ans.

 

Mai 1873  -  Commission nautique.   -   Une commission nautique, chargée par M. le ministre de la marine d'examiner les travaux qu'il y aurait lieu de faire au port de Port-en-Bessin, s'est réunie dans cette localité. Après examen des différents projets qui lui étaient soumis, la commission s'est décidée, à l'unanimité, pour la construction d'un bassin intérieur d'échouage, comme offrant de plus grands avantages.

 

Mars 1874   -   Mort accidentelle.  -  Le 20 de ce mois, le sieur Tanquerelle, ouvrier voilier, s'est tué à Port-en-Bessin. Cet homme avait voulu aller à l'arrivée des bateaux de pêche pendant la nuit. Il sera tombé dans le port d'une hauteur de 6 mètres, au moment où la marée était basse, et se sera tué sur les cailloux.  

 

Mars 1874   -   Tentative de vol.  -  Lundi, vers 6 heures du matin, le sieur Renoult, sacristain, se rendit à l'église de Port-en-Bessin pour sonner l'Angelus. Lorsqu'il voulut ouvrir la porte, il s'aperçut que la serrure avait été forcée et qu'un malfaiteur s'était introduit dans l'église. Bien que la porte de la sacristie ne fût pas fermée à clef, on n'a rien trouvé de dérangé. Il est probable que le malfaiteur a été interrompu dans sa tentative, et qu'il s'est retiré sans avoir pu l'exécuter.  

 

Décembre 1874   -   Recensement.  -  Les maires vont commencer dans toutes les communes le recensement des chevaux, juments et mulets susceptibles d'être utilisés pour les besoins de l'armée. Cette réquisition n'aura jamais lieu que moyennant le paiement d'une indemnité de 900 à 1 600 fr.

 

Décembre 1874   -   La neige.  -  La neige continue à tomber en grande abondance dans différentes régions de la France. Depuis vingt ans, dit le Courrier des Alpes, il n'était pas tombé  autant de neige, il y en a deux mètres de haut sur la route de Bourg-Saint-Maurice. Dans la Lozère, la neige encombre les routes. A Angers, la halle s'est écroulée sous le poids de la neige, huit victimes. Au delà de Mézidon et vers Rouen, la neige est tombée la semaine dernière avec abondance.

 

Janvier 1875   -   Le froid.  -  L'année débute mal, le verglas du premier janvier 1875 restera légendaire.  A Paris, le nombre des individus entrés dans les hôpitaux pour blessures à la  suite de chutes sur le verglas est de 2 000 au moins. Quant aux chevaux tués et aux voitures versées, le chiffre en est inconnu.

Dans notre région, les conséquences n'ont pas été aussi graves, mais les accidents ont été assez nombreux pour que deux jours durant, nos médecins n'aient été occupés qu'à  remettre des jambes brisées et des poignets foulés.

En Normandie, dans la nuit du 29 au 30 décembre le thermomètre est descendu à - 12 degrés. A Orléans, le thermomètre est descendu à - 15 degrés. A Pontarlier, - 20 degrés.

En France, à St-Goussaud (Creuse), le sieur Bergeron, âgé de 32 ans, facteur rural, s'est perdu dans les neiges et a péri de froid.

La ville de Paris vient d'acheter un fond-neige d'un modèle assez curieux. C'est un cylindre roulant, ayant un foyer central qui dégage assez de calorique pour fondre la neige qu'il écrase et pour sécher le sol.

 

Janvier 1875   -   Éclipses.  -  Si, en 1875, il n'y a pas d'éclipse de lune, le soleil, en revanche, sera éclipsé deux fois : le 6 avril et le 29 septembre. La deuxième seule sera visible, en partie, à Paris.

 

Février 1875   -   Bassin de Port.  -  Un décret du Président de la République, en date du 3 de ce mois, ordonne qu’il sera procédé à l’exécution des travaux nécessaires pour la construction à Port-en-Bessin, d'un bassin d'échouage. Ce décret, si impatiemment attendu, permettra de donner dans un temps rapproché, une légitime satisfaction aux nombreux  intérêts de la population de Port-en-Bessin. Le département s'est engagé à contribuer pour 50 000 fr., et les marins de Port pour 20 000 fr.

 

Février 1875   -   La Cour.  -  La Cour de Cassation a décidé : 1° que, seuls les propriétaires ou les fermiers avaient le droit exceptionnel de tirer sur les poules des voisins ; 2° qu'ils ne pouvaient les tuer qu'au moment où elles commettaient un dégât actuel et effectif ; 3° et sur les lieux mêmes où le dommage était causé. Ceci s'applique aussi aux pigeons.

 

Février 1875   -   Épave.  -  Jeudi, un bateau qui sortait de Port-en-Bessin pour aller à la pêche, a rencontré en mer une quantité de barils de pétrole flottant sur l'eau. Ces barils provenaient probablement d'un navire naufragé.  

 

Décembre 1875   -  Le commerce du Calvados.  -  Dans le rapport présenté à la Chambre de commerce par M. Paulmier, président, nous trouvons les renseignements suivants :

Il est entré, en 1874, dans les sept ports du Calvados, Caen, Ouistreham, Honfleur, Trouville, Isigny, Courseulles, Port-en-Bessin et Dives, 2 263 bâtiments à voiles et 2 835 bâtiments  à vapeur. Les sorties étant à peu près égales aux entrées, c'est un mouvement maritime de 10 196 navires.

Le plus fort navire est entré à Honfleur, c'est le trois-mâts allemand « Jocking », jaugeant 498 tonneaux seulement, mais du port effectif de 590 tonneaux, tirant d'eau, 5 mètres 06.

Le trois-mâts français « Dupuy-de-Lôme », jaugeant 451 tonneaux, chargé de 450 tonneaux seulement d'arachides, avec plus de 100 tonneaux de lest à bord, tirant d'eau 4 mètres 70, est entré à Caen

Le mouvement commercial du port de Caen a donné lieu à une somme totale d'opérations de 27 millions dont 18 millions à l'entrée et 9 à la sortie. Les principaux articles d'importation sont : la houille, fournissant 109 737 tonneaux, d'une valeur de plus de 4 millions ; Les cotons qui ont donné 5 148 000 fr, avec 2 574 tonnes, viennent ensuite le blé, les graines oléagineuses, le savon, le poisson salé, la fonte, etc…… Comme article d'exportation, on doit mettre en première ligne l'orge pour 7 612 800 fr., en second rang les tourteaux pour 766 080 fr. et les farines pour 639 450 fr.

Les produits de la pêche atteignent 3 500 715 fr. tant pour la pêche en bateaux que pour la pêche à pied. Les ports où la pêche a été la plus fructueuse, en 1873, sont ceux de Trouville, Villerville, Grandcamp, Port-en-Bessin, Honfleur et Courseulles. Il a été péché à pied, à l'embouchure de l'Orne, pour 182 200 fr. de poisson. La commerce des huîtres qui constituait une des richesses de Courseulles, en l824, où ses parcs contenaient 58 millions d'huîtres, apportées par 335 navires, est tombé, en 1874, à 10 millions d'huîtres, dont 170 400 seulement pêchées dans la mer littorale. Cette décroissance est due à l'appauvrissement des bancs de Cancale et de Granville, à l'établissement du réseau des voies ferrées, qui permet aux autres ports de la Manche et de la Bretagne d'expédier directement leurs produits vers les centres de consommation et enfin à la concurrence d'Arcachon et de Marennes.

22   PORT-EN-BESSIN  -  La Poissonnerie

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