UN SIÈCLE D'HISTOIRE DU CALVADOS

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PORT- en - BESSIN

Canton de Ryes

Les habitants de la commune sont les Portais et Portaises

Février 1926  -  La coquille Saint-Jacques se meurt, La coquille Saint-Jacques bientôt ne sera plus.  Interrogez les gourmets normands, ceux qui jadis se délectaient en mangeant ces délicieuses coquilles Saint-Jacques, plus connues sur les côtes de la Manche, sous les noms de « Vannes » ou de « Silleux », demandez-leur si les Coquilles paraissent en abondance sur les marchés, ou sur leurs tables et tous vous répondront que Vannes ou Silleux ne furent mis en vente qu'en très petite quantité et à des prix extrêmement élevés.

Dans la région de Cherbourg, jamais les coquilles ne furent cédées au détail moins de un franc pièce, et des marchande trouvaient même des amateurs assez fous pour en payer 1 fr. 25 et même 1 fr. 50.

De cette rareté et de cette élévation des prix, faudrait-il en conclure qu'au cours de la saison dernière, la pèche des coquilles fut particulièrement déficitaire ? Pas le moins du monde. En réalité, les pécheurs s'accordent à reconnaître que sans être comparable à ces années admirables les Coquilles étaient abondantes au point qu'un mareyeur connu pour en acheter 30.000 et les parquer au prix incroyable de 1 fr. 20 le cent, la saison fut relativement satisfaisante.

 

Février 1926  -  Les expéditions sur l’Angleterre, les surprises du change.  -  Suivant l'expression courante, la pêche aux Coquilles n'a pas mal donné, mais il nous est arrivé pour les Vannes et Silleux, ce qui nous arrive journellement à nous autres consommateurs français, pour les légumes de primeurs et pour quantité d'autres objet, l'exportation favorisée par le change anglais, nous a complètement démunis au bénéfice de nos voisins d'Outre-Manche. Les coquilles Saint-Jacques, que les gourmets de chez nous n'ont pas dégustées, ce sont les consommateurs anglais qui s'en sont régalés à des prix qui, malgré les tarifs élevés des transports et malgré les frais divers, n'étaient pas sensiblement plus élevés que les tarifs de vente en France.

En ces temps derniers, les pêcheurs vendirent des coquilles Saint-Jacques à 60, 75 et 85 francs le mille, que les Anglais payèrent à leur tour sur le taux de 12, 15 et 18 francs la douzaine, suivant la grosseur et les cours, on le voit, plutôt moins cher que les malheureux consommateurs de nos régions.

 

Février 1926  -  Comment les bancs sont épuisés et dévastés.  -  La pêche aux coquilles Saint-Jacques de nos régions Basses-Normandes et les pécheurs de la baie de Saint-Vaast comme ceux des environs de Port-en-Bessin, comme ceux de la région de Grandcamp, n'ont pas eu trop à se plaindre à ce sujet, malheureusement, les amis des marins et ceux qui s’intéressent à leur sort , ne sont pas sans éprouver de vives inquiétudes sur les pèches de l'avenir.

« Si l'on n'y prend garde, nous disait, ces jours derniers, une personnalité particulièrement compétente, si la marine et surtout la Direction des Pèches ne se décident pas à réagir et à veiller à la stricte application des règlements, si on ne s'efforce pas de rechercher et de couvrir de nouveaux bancs, les coquilles Saint-Jacques auront à peu près complètement disparu.
Voyez ce qui s'est passe ces années dernières sur les deux grands bancs qui ont alimenté votre gion le banc de la Percée et le banc bien approvisionné qui fut trouvé devant Port-en-Bessin.
Aussitôt que ces bancs ont été repères et connus, toutes les barques se sont, si l'on peut dire, jetées dessus, les dragues à crochet de fond les plus modernes et les plus puissantes sont entrées en action et, en peu de temps, ces instruments, qui laissent loin derrière eux les bonnes vieilles dragues d’autrefois, ont raclé et littéralement dévasté le fond des bancs. Non seulement ces dragues travaillent rapidement, mais elles fouillent profondément le fond de la mer, elles enlèvent tout ce qui s'y trouve et arrêtent toute production pour longtemps.
Le mal ne serait peut-être pas complet si les services chargés de la surveillance des pêches remplissaient strictement leur consigne, si les préposés étaient armés de manière suffisante pour exiger l'application stricte des règlements.

Tout est bon.  -  Je m'explique un décret du 13 décembre I923 a fixé la taille marchande des coquilles Saint-Jacques à 9 centimètres, toute coquille n'atteignant pas cette taille devrait donc être rejetée à la mer par les pêcheurs prévoyants et les syndics, garde-maritimes, devraient interdire le débarquement de toutes les vannes d'une dimension inférieure.
Il faudrait tout ignorer des choses de la mer et de ce qui se passe dans nos ports de pèche pour ne pas savoir qu'en réalité aucune coquille n'est rejetée à la mer, et que les plus petites, si elle n'entrent pas dans le lot du patron et de l'armateur, viennent, augmenter, par contre, la part de « galet » des hommes de l'équipage.
Les proposés à la surveillance connaissent-ils tous le règlement ? songent-ils à le faire respecter ? Je vous charge de répondre à ces questions, ce qui est, en tout cas certain, c'est que ces braves fonctionnaires sont presque complètement désarmés et dans l'impossibilité d'exercer une surveillance effective. Comment le feraient-ils, sans canots, pour se rendre sur les lieux de pèche, sans aides et en nombre tout à fait insuffisant pour exercer leur profession.
Quoi qu'il en soit, l'enquête que nous avons eu l'occasion de faire ces jours-ci sur notre littoral, nous a amenés à pousser un véritable cri d'alarme.

Puisse-t-il être entendu de tous ceux auxquels il s'adresse des pécheurs aux dirigeants des services des pêches et jusqu'aux consommateurs eux-mêmes qui ne sont pas les moins intéressés dans cette affaire.

 

Avril 1926  -  Vol d’herbe.  -  M. Pierre Pigny, 62 ans, cultivateur à Port-en-Bessin, a surpris la femme André Jules, née Caroff, 59 ans, ménagère au même lieu, en train de couper de l'herbe dans un champ non clos lui appartenant. Il s'est plaint à la gendarmerie, évaluant son préjudice à 50 francs.

 

Juin 1926  -  Baignade tragique.  -  Un jeune ouvrier boulanger, Maurice Boisnée, âgé de 18 ans, se baignait à marée descendante dans l'avant-port, lorsque, frappé de congestion, il fut entraîné par les flots, puis disparut. Un prêtre qui se tenait sur la jetée ouest courut donner l'alarme. Toutes les recherches sont demeurées infructueuses.     Un jeune ouvrier boulanger, Maurice Boisnée, âgé de 18 ans, se baignait à marée descendante dans l'avant-port, lorsque, frappé de congestion, il fut entraîné par les flots, puis disparut. Un prêtre qui se tenait sur la jetée ouest courut donner l'alarme. Toutes les recherches sont demeurées infructueuses.  

 

Août 1926  -  Un marin se noie.  -  Jeudi, le jeune Émile Connin, 19 ans, marin pécheur, qui rentrait au port, dans la chaloupe commandée par son beau-père, est tombé à la mer, en faisant manœuvrer une voile. Le malheureux coula à pic et ne reparut pas à la surface. Les marins de la barque « La Jeannette » qui se trouvaient à peu de distance, draguèrent à l'endroit de l'accident, mais sans résultat.
Le drame a vivement ému la population maritime de Port-en-Bessin.
Émile Connin est le huitième de sa famille qui meurt noyé.  

 

Septembre 1926  -  Les Régates et la fête de l’électricité.  -  Ce fut dimanche dernier par un temps magnifique, que se déroulèrent à Port en Bessin les fêtes des régates et de l'inauguration de l'électricité. Présidées par MM. les Préfet du Calvados, sous-préfet de l'arrondissement de Bayeux et baron François Gérard, député, ces deux fêtes qui n'en firent qu'une remportèrent le plus vif succès.

Dès le matin, la réception de M. François Gérard, député, aux sons de la Marseillaise, le défilé de la fanfare de Noron-la-Poterie, et une belle messe en musique commencèrent la fête.

A midi, la première course à la voile, sur embarcations légères, si rudement disputée, fut remportée gagnée par M. Marion, de Port-en-Bessin. Puis vinrent les courses à l'aviron, à la godille, les courses de natation, les exercices du mât de beau-pré et la fameuse course aux canards, qui remporta le plus grand succès.

Pendant les jeux, la fanfare de Noron-la-Poterie, exécuta les meilleurs morceaux de son répertoire.

A cinq Heures, eut lieu la distribution des récompenses aux nombreux matelots, qui avaient participé aux courses. A cette distribution, M. Noël, sous-préfet et M. François Gérard, prononcèrent une allocution.

Immédiatement après la distribution des récompenses, un cortège se forma, et musique en tète, se rendit au transformateur électrique, devait avoir lieu l'inauguration de l'électricité. Une charmante fillette de la localité, conduite par M. Gérard s'avança vers le tableau, baissa la manette, pendant que la musique jouait la Marseillaise; c'en était fait, Port-en-Bessin possédait sormais la lumière électrique.

Le soir, une grande retraite aux flambeaux, défila sous les arcades éblouissantes, formées de milliers de lampes électriques, qui avaient été si bien disposées par les habitants de Port-en-Bessin. Enfin un bal à grand orchestre termina cette belle fête.

 

Septembre 1926  -  Élection du maire.  -  M. Faussue, négociant, a été élu maire de Port-en-Bessin, en remplacement de M. Lefournier, démissionnaire.

 
Septembre 1926  -  Cadavre retrouvé.  -  Vendredi, on a retrouvé en mer, près du Cap d'Ailly, à quelques kilomètres de Dieppe, le cadavre du marin-pêcheur, Conin, 18 ans, qui au début d'août était tombé à l'eau en face de Port-en-Bessin. Le malheureux jeune homme a été inhumé à Dieppe. 

 

Mars 1927  -  Cambriolage de villas.  -  A Port-en-Bessin, la villa de M. Fortin, d'Ermont (Seine et Oise), a été cambriolée. Le voleur, après avoir tout bouleversé, s'est fait une soupe à l'oignon, à manger un pigeon, et a passé la nuit dans la cuisine où il s'était confectionné un lit.

On y a retrouvé un pansement taché de sang, ce qui fait supposer que ce malfaiteur serait l'individu, blessé à la jambe, récemment arrêté à Saint-Lô.

 

Juin 1927  -  S.O.S.  -  Un trois mois hollandais, lourdement chargé, a manqué l'autre soir la passe de Port-en-Bessin. Il se serait fatalement brisé sur des rochers, si les marins de la goélette "Colette-Bernard" ne s'étaient aussitôt portés à son secours.

 

Janvier 1928  -  La mort du mousse.  -  Sur le « Colette-Bernard », à Port-en-Bessin, un mousse de 15 ans, Eugène Marie, a été pris dans des cordages en manœuvrant le chalut. Il s'est grièvement blessé à la jambe droite. Transporté à l'hôpital de Caen, il y est décédé peu après.

 

Mars 1929  -  Baptême de barque.  -  Jeudi, dans l'après-midi, aura lieu à Port-en-Bessin l'intéressante cérémonie de la bénédiction d'une barque de pêche à laquelle il sera donné le nom de « Notre-Dame-de-la-Délivrande ». Cette grande barque qui possède un armement perfectionné a été construite à Fécamp pour le compte de M. Raymond Adam, patron armateur à Port, gendre de M. Auguste Cavey.  Jeudi, dans l'après-midi, aura lieu à Port-en-Bessin l'intéressante cérémonie de la bénédiction d'une barque de pêche à laquelle il sera donné le nom de « Notre-Dame-de-la-Délivrande ». Cette grande barque qui possède un armement perfectionné a été construite à Fécamp pour le compte de M. Raymond Adam, patron armateur à Port, gendre de M. Auguste Cavey.  

Mars 1929  -  Drame de la mer.  -  Une des nombreuses barques de Grandcamps-les-Bains qui s'étaient jointes à celles de Port-en-Bessin pour se rendre dans les eaux du Pas-de-Calais pécher la gofiche a été coulée lundi soir au large de Boulogne. Il s'agit du sloop de pêche « Mireille », patron Louis Guichard. Tout l'équipage a pu heureusement être sauvé. Une des nombreuses barques de Grandcamps-les-Bains qui s'étaient jointes à celles de Port-en-Bessin pour se rendre dans les eaux du Pas-de-Calais pécher la gofiche a été coulée lundi soir au large de Boulogne. Il s'agit du sloop de pêche « Mireille », patron Louis Guichard. Tout l'équipage a pu heureusement être sauvé.

D'après les renseignements qui ont été communiqués, l'accident se serait produit vers les 20 heures par temps de brume et les la « Mireille » aurait été abordée par la barque « Simon-Méra » de Port-en-Bessin, patron M. Castel. L'enquête se poursuit et à établira les responsabilités.

 

Juillet 1929  -  La température.  -  La chaleur après laquelle tout le monde aspirait en raison des vacances et pour la maturité des récoltes, est survenue brutalement. Et c'est maintenant une température torride que  nous avons à subir, avec des 30° et même plus à l'ombre.

L'absence de vent rend encore cette chaleur plus difficile à supporter et les travaux des champs sont devenus très pénibles dans cette véritable fournaise. Cependant, mardi, le ciel commençait à se couvrir et  l'orage semblait proche. Espérons que des pluies viendront rafraîchir la température, mais souhaitons cependant qu'elles ne soient pas trop fréquentes et que nous ayons un été suffisamment sec.

Août 1929  -  Un beau coup de filet.  -  Ces jours derniers, Mme Hélie, marchande de poissons à Port-en-Bessin, exposait dans la poissonnerie de Bayeux un superbe « dauphin » pêché au large de Port-en-Bessin par M. Émile Hélie, dans sa barque « Isabelle ».

Ce poisson est sur nos côtes, mesurait  3 m. 50 de long et pesait 196 livres. Il a été expédié a Paris.

 

Janvier 1930   -  Un marin a les deux cuisses broyées par un cabestan.   -    Dans la nuit, un marin de Port-en-Bessin, M. Conin, qui se trouvait à bord du « Jean-Bart », a été happé par la chaîne du cabestan de ce bateau. Horriblement serré, il a eu les deux cuisses et le bassin fracturés. II a reçu les soins du docteur Dietz, mais son état est désespéré. Ce malheureux est père de nombreux enfants. (Source  : Le Moniteur du Calvados)

 

Juillet 1930   -   Un enfant tombe par la fenêtre.   -   Mme André Delanois, habitant un rez-de-chaussée, rue Traversière, à Port-en-Bessin, était partie au rocher, cueillir des moules, laissant au logis sa petite-fille âgée de 3 ans. L'enfant se voyant seule, pleurait.

Une voisine compatissante habitant un premier étage, va chercher la fillette, l'emmène chez elle, et descend ensuite faire une commission chez l'épiciere voisine, laissant sa fenêtre ouverte. L'enfant s'y précipite, se penche et tombe dans la rue, se fracturant le crâne. Malgré ce grave accident, les jours de l'enfant ne paraissent pas en danger.

 

Novembre 1930   -   Arrestation d'un dangereux repris de justice.  -   Les gendarmes de Caumont ont arrêté à Cahagnolles le nommé Pierre Montreuil, 26 ans, journalier à Bayeux, recherché pour tentative de meurtre sur la personne de Mme Maria Hélie, 70 ans, marchand de poisson, à Port-en-Bessin. Le 10 novembre, vers 19 heures 30, cet individu c'est présenté chez Mme Hélie, à Port-en-Bessin, lui demandant à voir sa fille, Mme Marie-Louise Hélie, 30 ans, qu'il fréquenta pendant un an. Sur le refus de Mme Maria Hélie de le laisser entrer, Montreuil brisa un carreau de la porte d'entrée, pénétra dans la maison, se précipita sur cette dame et il porta un coup de poing à la poitrine. Mme Hélie tombant à terre, Montreuil la saisit à la gorge en lui disant : « Tu vas y passer ». Aux cris poussés par la victime, les voisins accoururent et la délivrèrent. Ce triste individu est un repris de justice dangereux.

 

Janvier 1932   -   Il y a mine et mine.  -   Se trouvant sur les lieux de pêche, les matelots du chalutier le « Saint-Pierre » de Port-en-Bessin, patron Tabouret, ont ramené dans leur filet une mine du diamètre de un mètre environ. Pas très rassuré tout d'abord de sa trouvaille, l'équipage a ramené à terre son étrange prise. Mais la mine en question datait certainement de la guerre de 1914 car elle était recouverte d'une épaisse couche de rouille et portait de nombreux trous. Examinée par des personnes compétentes, elle a été jugée complètement inoffensive,  

 

Mai 1936  -  La bénédiction de la mer.  -  Son Excellence Monseigneur Picaud, évêque de Bayeux et Lisieux, a choisi cette année le dimanche 12 juillet pour bénir solennellement la mer à Port-en-Bessin. 

Cette cérémonie religieuse qui, par la splendeur du cadre naturel où elle se déploie, et le symbolisme grandiose de ses rites est une des raretés de la liturgie catholique, intéresse on peut le dire, toute la région de Bayeux, voire même bien au delà.

Pour les habitants de Port-en-Bessin, la bénédiction triennale de la mer, due il y a près de trente ans à l'initiative de Monseigneur Lemonnier, n'est pas seulement l'hommage splendide offert au Créateur de qui seul dépend la vie et la fécondité, mais c'est encore en fonction de la religion l'exaltation triomphale du métier, la fêle par excellence de la marine et des marins. 

Aussi vont-ils s'employer de leur mieux pour que la fête de cette année, nonobstant les difficultés économiques et les inquiétudes politiques et sociales de l'heure, ne soit pas inférieure en beauté aux précédentes. 

Leurs amis qui les ont accoutumés à venir par milliers les honorer de leur sympathique présence sont assurés de trouver près d'eux, comme de toujours, l'accueil le plus empressé. 

Mais pour la pleine réalisation du programme traditionnel, les ressources locales ne sauraient suffire. Force est donc de faire appel à la générosité. Les Bayeusains qui considèrent, non sans raison, Port-en-Bessin comme l'extension maritime de leur antique cité et qui prennent un intérêt marqué à la bénédiction de la mer, réserveront donc une bonne et gracieuse réception aux Portais qui, incessamment, viendront leur demander leur collaboration pécuniaire. Les personnes absentes lors de leur passage et désireuses quand même île s'associer à leur oeuvre, et aussi tous les amis de Port-en-Bessin et de l'apostolat maritime, habitant la région et ailleurs seront, d'autre part, les bien venus en adressant leur offrande à M. le chanoine Bernard, curé de Port-en-Bessin, dont le c/c est 296-11 - Paris. (source le Moniteur du Calvados)  

 

Juillet 1936  -  Un patron de barque est tué dans un accident d’auto.  -  MM. Auguste Cavey, armateur à Port-en-Bessin, et son gendre, Raymond Adam, 31 ans, patron de barque, accompagnés de Mmes Cavey et Adam, se rendaient en automobile à Paris lorsqu 'en arrivant à Saint- Aquilin, près de Pacy-sur-Eure, M. Cavey, qui pilotait, manqua un virage. 

M. Adam, voyant le danger, dut vouloir se tenir à la poignée de la portière qui s'ouvrit. Il fut projeté à l'extérieur. La voiture capota, se renversa sur lui et il fut tué sur le coup. M. Cavey, sa femme et Mme Adam n'ont été que contusionnés. (source le Moniteur du Calvados)

 

Novembre 1936  -  Une tempête.  -    Dans la nuit du 31 au 1er, une tempête ravage la côte du Bessin. A Port-en-Bessin, les vagues recouvrent la poissonnerie, défoncent les portes de l'hôtel de la Marine, dépavent les digues et en arrachant les parapets en pierre.  (source le Moniteur du Calvados)  

 

Novembre 1936  -   La tempête sur nos cotes du Bessin.  -  Sur tout le littoral du Bessin, la tempête a causé de gros dégâts.

La terrible tempête qui a débuté dans a soirée de samedi pour se poursuivre durant la plus grande partie de la nuit a causé sur toute la côte du Bessin des dégâts considérables et, en certains points, des travaux importants ont été absolument anéantis par les vagues.

Partant de Courseulles on trouve les premières atteintes de la mer à Ver, où il digue a subi quelques dommages mais sans gravité, c’est sur la route de Ver à Asnelles que l'on commence à s'apercevoir de la violence à laquelle ont pu atteindre les éléments déchaînés.

La partie de la route, où une digue a été édifiée voilà quelques années, couverte de sable et de galets, montre qu'il ne faisait guère bon se trouver à cet endroit.

Plus loin on remarque une maison qui est édifiée à droite de la route, c'est-à-dire tout à fait en bordure de la mer et que les gens du pays appellent « la maison aux chiens ». Elle a subi quelques dégâts et le garde-chasse qui l'habite et surveille le marais avoisinant a dû l'évacuer avant-hier soir alors que l'eau commençait à l'envahir. Hier matin à son retour, il a constaté qu'une vingtaine de volailles composant sa basse-cour avaient été enlevées, ainsi que ses lapins. Les larges barrières qui fermaient l’entrée du jardin ont été transportées à une cinquantaine de mètres après avoir été arrachées. Partout d'ailleurs les clôtures sont en miettes et, par endroits, on retrouve d'énormes blocs de maçonnerie tout on se demande comment ils ont pu être ainsi transportés.

La partie de la place réservée aux cabines des baigneurs est complètement rasée.

Chez le baron Reille. le jardin est envahi par l'eau qui s'écoule en abondance, passant sous les portes, il en était de même pour la niche du chien dont l'occupant, qui n'avait pu être sauvé à temps, était noyé.

Du marais, complètement inondé, l'eau doit s'écouler par un certain nombre de ruisseaux et comme l'embouchure de ceux-ci se trouvait ensablée, l'inondation avait, à Meuvaines, gagné la route, qui était impraticable.

A Asnelles, la première estimation porte à une centaine de mille francs les dégâts causés.

A plusieurs endroits, la digue est sérieusement endommagée et devra faire l'objet d'importantes réparations. Mais ce sont les villas longeant la mer qui ont subi les plus fortes atteintes. Le mur de clôture surmonté d'une grille, qui garde la propriété du général marquis de Saint-Mars a été déplacé.

Arromanches, blottie dans son coin, a été à peu près épargnée, et l'on ne remarque qu'une brèche dans la digue, à l'extrémité droite et un épi détérioré près de la Brèche de Tracy.

Il faut ensuite gagner Port-en-Bessin et c'est là qu'en dépit de la protection de la jetée, la mer s'est faite la plus menaçante. Samedi soir ce fut pour certains habitants une véritable terreur, car nul ne pouvait aller plut loin que le petit édicule situé à l'entrée des bassins. Les pierres, les pavés, étaient arrachés et projetés contre les maisons. Il était devenu impossible d'apercevoir la poissonnerie que les vagues recouvraient et des lames d'une violence inouïe enfoncèrent le bas des portes à l'hôtel de la Marine.

Hier matin, on a pu constater que les ravagea ne se limitaient pas là et que, sur une grande longueur, les énormes plot de pierres formant le parapet de la jetée avaient été enlevés comme des fétus de paille et précipités dans l'avant-port.

De mémoire de marin, on n'avait jamais vu semblable coup de mer, et l'émotion était grande dans la population maritime.

Plus loin, à Vierville, le réparations effectuées par la municipalité au boulevard de Cauvigny ont été anéanties et de nombreuses palissades ont été arrachées.

Des dégâts considérables ont été causés à Maisy, tandis que Graudcamp était à peu près épargné.

Dans le courant de la journée, M. Pinel, sous-préfet de Bayeux, a visité toute la région sinistrée, accompagné de M. Chabrun, ingénieur des Ponts et Chaussées.

Il a été reçu à Grandcamp par M. Damnecourt, président du Syndicat de défense du littoral, et à Port-en-Bessin, par M. Taussac, maire de la localité, qui lui ont exposé l'étendue des dégâts et exprimé l'espoir que le gouvernement apportera de larges secours pour la réparation des ouvrages sinistrés. (source le Moniteur du Calvados)  

 

Décembre 1936  -   Une barque de Port se brise sur les récifs de la Hague.  -  L'équipage a pu être sauvé. La tempête qui s'est élevée hier soir sur la Manche a provoqué un drame de la mer qui a failli renouveler le désastre dont les côtes de Flandre ont été le théâtre il y a quelques jours. 

La barque de pêche « La Mousmé », de Port-en-Bessin, se trouvait cette nuit au large du Cotentin lorsqu'elle fut poussée par une violente rafale sur les récifs de La Hague où elle s'éventra. L'équipage, composé du patron Romain Durand, des matelots Deschamps, André Durand, Caslel et Beaudoin, et du mousse Tabouret, réussit à mettre à la mer le canot et à  s'y embarquer. 

Les naufragés, ayant pu s'éloigner des parages dangereux, allumèrent une torche dont la lueur fut aperçue des douaniers en surveillance sur la côte. L'alarme fut donnée à la station de sauvetage d'Ornonville-la-Hague, dont le canot se porta à leur secours. 

Après de multiples efforts, les courageux sauveteurs réussirent à ramener à terre les six membres de l'équipage, qui se trouvaient tous dans un état d'épuisement complet. Après avoir été réconforté, ils ont été conduits à Cherbourg où ils sont arrivés ce matin à 10 heures.. (source le Moniteur du Calvados)  

 

Janvier 1937  -   L’Héroïque conduite d’un patron de barque.  -  Le chalutier « Emmanuel », de la flottille de Port, se trouvait dans la nuit de mardi à mercredi sur les lieux de pêche, en mettant le filet à la mer, le jeune mousse Vingtrois fut entraîné et tomba à l'eau. 

Sans prendre le temps de ne débarrasser de ses vêtements, le patron du bateau, M. Louis Marie, songeant seulement au danger couru par son mousse, qui ne savait pas nager, se jeta à la mer, il réussit fort bien à sauver le jeune homme de sa position critique et eut la chance de le ramener sain et sauf à bord. Mais son effort avait fatigué le courageux marin, qui pèse près de 100 kilos, et qui était gêné par ses bottes et son ciré. 

Aussi éprouva-t-il de très grandes difficultés à regagner son bateau que la mer, houleuse, déplaçait à chaque instant, et c'est seulement après un quart d'heure d'efforts que l'équipage anxieux put ramener à bord, à l'aide d'un palan, le patron épuisé. 

A son retour, le courageux marin dut s'aliter. Nous espérons que les Pouvoirs publics sauront récompenser comme il le mérite l'héroïsme de ce vaillant marin qui a déjà plusieurs sauvetages à son actif. (source le Moniteur du Calvados)  

 

Janvier 1937  - Un matelot tombe d’un mat à fond de cale.  -  Un accident grave s'est produit à bord du « Triton », bateau hollandais, de Groningen, en cours de déchargement à Port-en-Bessin. 

Le marin Gesienes Toren, âgé de 23 ans, était monté sur la mâture quand tout à coup, il glissa, lâcha prise brusquement et tomba dans la cale d'une hauteur de 6 mètres. 

Le matelot reçut les premiers soins du docteur Dietz, qui le fit transporter d'urgence à l'hôpital de Bayeux. (source le Moniteur du Calvados)  

 

Mars 1937  -  Une barque de pêche de Port, abordée, en rade de Cherbourg.  -  L'autre nuit, la barque à moteur « Jolie-Mascotte », de Port-en-Bessin, rentrait des lieux de pêche par une forte brise de Sud-Est. Alors que par une nuit très noire elle se trouvait devant le fort de l'Ouest et arrivait pour doubler la jetée du Homet, le patron, André Pastourel aperçut un remorqueur qui survenait à bâbord lui coupant la route. La « Jolie-Mascotte » ralentit pour laisser passer le remorqueur, le « Bag-Sacherez », commandé par le capitaine Marot, mais vint heurter violemment à tribord le chaland « Skaff » que traînait le remorquer. 

L'étrave de la « Jolie-Mascotte » ayant été écrasée dans le choc, le patron Pastourel regagna le port. De son côté, le capitaine du remorqueur qui avait eu l'impression que le bateau abordeur n'avait pas vu le chaland, accosta à la jetée du Homet, puis regagna le port. Le chaland a subi de graves avaries. (source le Moniteur du Calvados)  

 

Juillet 1937  -  La médaille d’honneur des marins du commerce.  -  Par décision du sous-secrétaire d'État à la Marine Marchande en date du 8 juillet 1937, la médaille d'honneur des marins du commerce est décernée aux marins dont les noms suivent : 

Delain Albert, patron à la petite pêche, à Port-en-Bessin. 

Guyonvarho Henri, matelot, à Ouistreham. 

Harache Albert, patron à la petite pêche, à Saint-Aubin-sur-Mer. 

Hippolyte Alfred, patron à la petite pêche, à Port-en-Bessin. 

Marie Albert, patron à la petite pêche, à Port-en-Bessin. 

Salter Eugène, matelot, à Trouville. (source le Moniteur du Calvados)  

 

Septembre 1937  -  Un double sauvetage à Port-en-Bessin.   -   Un promeneur imprudent qui descendait le long du quai en pente douce pour ramasser une balle tombée à la mer, glissa sur le varech, tomba à l'eau et perdit pied. Les personnes présentes appelèrent au secours et un brave marin, M. Gibert, n'hésita pas à se porter au secours du promeneur qui allait se noyer. Mais malade et affaibli par une opération récente, il allait à son tour succomber, lorsque M. Labbé, limonadier, entendant les appels désespérés des deux malheureux, se jeta tout habillé à la mer et réussit à ramener à terre sain et saufs les deux hommes épuisés. (source le Moniteur du Calvados)

 

Septembre 1937  -  Une automobile et un autobus entrent en collision.  -   Une violente collision s'est produite dans le tournant qui se trouve après le cimetière de Port-en-Bessin, sur la route qui mène à là gare, dans les conditions suivantes : 

M Jean, instituteur à Port-en-Bessin, roulait en automobile vers 16 h. 30, se dirigeant vers la gare, lorsqu'après le tournant il vit venir vers lui un autocar des Transports départementaux qui assure le service Bayeux-Port-en-Bessin. 

M Jean se rendit compte qu'il n'avait pas le temps de passer, et il bloqua, sa voiture, pensant que le car prendrait l'autre chemin qui débouche au même endroit, et qui rejoint lui aussi la route de Bayeux. Mais le lourd véhicule poursuivit sa route normale. Il essaya bien de passer sur la berne, mais la chaussée étant très étroite, il ne put éviter la collision, et heurta violemment l'automobile de M. Jean, défonçant toute la partie avant gauche. 

Les dégâts matériels sont importants. 

Dans le choc. M, Guitton, qui se trouvait assis auprès de M. Jean, fut blessé au nez, d'ailleurs sans aucune gravité. (source le Moniteur du Calvados)  

 

Septembre 1937  -  Mort en mer.  -   Le 8 septembre dernier, M. Charles Kerbrat, 38 ans, journalier à la glacière de Port-en-Bessin. demanda à un marin-pêcheur du pays, M. René Colleville, 31 ans, patron de la barque « Marthe-André », de l'emmener pêcher pendant ses vacances. Le marin accepta et ce même jour, vers 12 h. 30, le bateau prit le large. 

Deux heures plus lard, alors qu'on arrivait sur les lieux de pèche, dans la baie de Lime-Region, sur les côtes d'Angleterre, le passager se trouva pris de malaise, après avoir mangé du homard. L'équipage se montra fort surpris, car tout de monde en avait consommé sans être le moins du monde incommodé. M. Kerbrat se débattit dans de vives souffrances, et, 45 minutes plus tard, il avait décédé. 

M. Colleville remit aussitôt le cap sur Port-en-Bessin pour ramener au plus vite le corps de son infortuné camarade. 

Le docteur Haddou, après avoir examiné le cadavre, a conclu à une mort naturelle et a délivré aussitôt le permis d'inhumer.  (source le Moniteur du Calvados)  

  

Octobre 1937  -   le romancier Georges Simenon est victime d’un vol.  -   M. Georges Simenon, le romancier connu, demeurant à Neuilly-sur-Seine, étant en villégiature à Port-en-Bessin, avait laissé sur une table de sa chambre, à l'hôtel, une montre bracelet en or, d'une valeur de 3 000  francs. Le soir, il ne la retrouva pas . Il fit part de ce fait à la tenancière de l'hôtel, Mme Pérignon, qui alla déposer une plainte pour vol à la gendarmerie, en précisant que ses soupçons s'étaient portés sur sa bonne, la femme Chardon, qu'elle congédia d'ailleurs aussitôt.

De fait, la jeune femme est allée le lendemain rendre la montre à M. Simenon, mais complètement…. brisée et irréparable. Elle a déclaré qu'elle l'avait trouvée dans cet état, sous l'armoire de sa chambre.

Une enquête est menée par les gendarmes de Port-en-Bessin. (source le Moniteur du Calvados)  

 

Octobre 1937  -   Un cycliste renverse un enfant et s’enfuit…    Au lieu dit « les Cités », à Port-en-Bessin, une collision s'est produite entre un cycliste. M. Roger Pigault, et un enfant, André Ménard, âgé de 7 ans, demeurant à Port-en-Bessin. 

Des témoins de l'accident relevèrent le jeune Ménard qui portait des blessures à la tête et aux jambes. 

Le cycliste, lui, s'empressa de remonter sur sa bicyclette et de prendre la fuite. Les témoins de l'accident l'ayant reconnu, il fut bientôt arrêté par les gendarmes de Port-en-Bessin. (source le Moniteur du Calvados)  

 

Décembre 1937  -  Récompenses pour faits de sauvetage.  -  Par décision du Sous-secrétaire d'État à la Marine Marchande, en date du 24 novembre 1937, les récompenses suivantes ont été accordées aux personnes ci-après désignées pour faits de sauvetage accomplis dans les eaux maritimes :

Médaille de vermeil.

Gibert (Louis), 43 ans, marin pécheur inscrit à Caen, n° 9377 (sauvetages antérieurs) : le 23 août 1937, a fait preuve d'un courage digne des plus grands éloges en se jetant à l'eau tout habillé pour porter secours à un homme entraîné par le courant dans l'avant-port de Port-en-Bessin, incomplètement remis d’une grave opération, a néanmoins réussi à soutenir la victime jusqu'à l'arrivée d'un autre sauveteur, qui les aida tous deux à regagner le rivage.

Médaille de bronze.

Labbé (Léon), 29 ans, commerçant à Port-en-Bessin : le 23 août 1937, alors qu'il venait de terminer son repas, n'a pas hésité à se jeter à l'eau tout habillé pour secourir deux hommes en danger dans l'avant-port de Port-en-Bessin et a pu les ramener en lieu sûr.

Mention honorable.

Chardon (Henri), 29 ans, inscrit à Caen, n° 9481 (sauvetages antérieurs) : le 28 juillet 1937, s'est courageusement porté au secours d'un baigneur en difficulté dans les passes du premier bassin de Port-en-Bessin, a soutenu la victime jusqu'à l'arrivée d'une embarcation. (source le Moniteur du Calvados)  

 

Février 1938  -  Coup de tonnerre à Berlin !   -   Hitler se proclame seul chef des force du Reich et renforce le pouvoir des Nazis.

Devant l'impossibilité d'imposer à l'armée un chef militaire, le chancelier Hitler a assumé la direction immédiate de l'armée. 15 généraux sont mis à la retraite. (source le Moniteur du Calvados)  

 

Février 1938  -  Un curieux accident.   -   Dimanche matin, Mme Drouard, âgée de 72 ans, sortait de la messe à Port-en-Bessin, quand une rafale de vent poussa violemment sur elle le portail de l'église. Projetée brutalement à terre, Mme Drouard se fractura le col du fémur.

Elle reçut du docteur Dietz, de Bayeux, les soins que nécessitait son état. (source le Moniteur du Calvados)    

 

Mars 1938   -   Un bateau de pêche heurte une jetée et coule dans le bassin.   -   Le bateau de pêche à moteur la « Bienheureuse-Thérèse », appartenant à MM. Auguste Cavey, Tauffac et Digne, armateurs à Port-en-Bessin, semble voué a un dramatique destin.

En effet, lorsque le bâtiment était neuf, le feu se déclara à bord. Par bonheur, il put être circonscrit assez rapidement et les dégâts furent peu importants. Mais quelque temps après, il y a de cela sept ou huit années, la « Bienheureuse-Thérèse » s'échoua devant St-Siméon, entre Sainte-Honorine-des-Pertes et ColIeville-sur-Mer. Il fallut faire appel à un remorqueur du Havre.

Son patron habituel, M. Auguste Cavey, fils, se trouvant actuellement souffrant, le bateau partit à la pêche, au large, dans la nuit de jeudi à vendredi, monté par le seul équipage ordinaire composé de six hommes et un mousse.

Vers 9 h. 30, hier matin, le travail fini, le bâtiment se mit en devoir de rentrer. Il approcha du port et deux canots furent mis à la mer pour débarquer sur le quai le produit de la pêche. Seuls deux matelots restèrent à bord pour mettre le bateau à l'abri à l'intérieur du port.

Malheureusement, par suite d'une fausse manœuvre, encore assez mal expliquée, alors qu'il était déjà entré dans le premier bassin, l'avant du bâtiment heurta la jetée juste en face la poissonnerie et une voie d'eau se produisit.

Le pilote essaya alors de manœuvrer en toute hâte pour rentrer malgré tout à l'intérieur du port, mais en moins de dix minutes, la « Bienheureuse-Thérèse » avait coulé dans le milieu du bassin et la marée montante ne tarda pas à la submerger complètement, tandis que les deux marins réussissaient à gagner le bord.

Cet événement a causé une vive émotion parmi la population portaise. On estime dès à présent qu'il faudra au moins deux mois pour remettre le bâtiment en état et qu'il puisse reprendre la mer. (source le Moniteur du Calvados)  

 

Mai 1938   -   Le sixième sauvetage d’un marin portais.   -  Le jeune Albert Poitevin, deux ans et demi, jouait, avec d'autres enfants, à Port-en-Bessin, lorsque, tout à coup; à la suite de circonstances non encore définies, il tomba dans le bassin à marée haute. Le mousse Cottentin se trouvait non loin de là, il appela au secours et ses cris furent entendus par le matelot Louis Folliard, qui se jeta à l'eau tout habillé et parvint à saisir l'enfant au moment où il allait couler.

M. Vallée, négociant à Commes, qui passait en camion sur le quai au moment du sauvetage, s'occupa du malheureux enfant qui était déjà inanimé, il pratiqua des tractions rythmiques et réussit a le ranimer après cinq minutes d'efforts. L'enfant fut ensuite reconduit au domicile de ses parents où le docteur Haddou lui donna les soins nécessaires.

M. Folliard, le courageux sauveteur, qui a sauvé ainsi la vie à cet enfant, est coutumier de ce genre de bravoure. Il a déjà cinq sauvetages à son actif et cinq récompenses. (source le Moniteur du Calvados)  

 

Mai 1938   -   L'aide aux Écoles de pêche.   -   Le Conseil répartit ainsi qu'il suit le crédit de 8 000 francs accordé aux écoles de pêche du département : 2 500 francs à Grandcamp : 8  000 à Port-en-bessin ; 2 500 à Honfleur. (source le Moniteur du Calvados)  

 

Août 1938   -   Un Septuagénaire succombe à une noyade.   -   M. Herrieu, 74 ans, sans profession, demeurant à l'ancienne gare du tramway, à Maisons, circulait à bicyclette sur la digue de Port-en-Bessin quand, par suite d'une fausse manœuvre, il tomba à la mer. Il en fut retiré par des marins, mais d'une santé assez précaire, il décéda quelques jours après des suites de cet accident. Ses obsèques ont eu lieu samedi matin. (Source : Le Moniteur du Calvados)

 

Août 1938 - Après la découverte macabre de Port-en-Bessin. - Nous avons relaté dans quelles circonstances un tronc humain avait été découvert samedi dernier sur la grève, au pied de la Falaise, par des matelots de Port-en-Bessin.

Le docteur Dietz, médecin légiste de Bayeux, a procédé à l'autopsie de ce tronc qui avait été placé dans un local du canot de sauvetage.

Le corps, en complet état de putréfaction, n'avait plus de bras et les jambes étaient coupées à hauteur du genou. La tête était à l'état squelettique. Or, une circonstance particulièrement troublante a été relevée par le praticien, c'est que le crâne avait déjà été sciée scientifiquement, ce qui fait tout naturellement supposer que le cadavre avait dû servir de sujet d'expériences dans un laboratoire ou amphithéâtre quelconque.

Par quel destin est-il venu s'échouer sur notre rivage ? Nul ne le saura jamais sans doute. L'identification a naturellement été impossible, d'autant plus qu'il n'y avait sur le cadavre aucune trace de vêtement.

L'enquête, malgré tout, se poursuit. (Source  : Le Moniteur du Calvados)

Septembre 1938 - Un cadavre dans les rochers. - Vendredi, entre Commes et Port-en-Bessin, on a découvert un cadavre rejeté par la mer échoué dans les rochers qui forment le rivage à cet endroit. Les avant-bras et les jambes manquaient. Le corps était en complète décomposition.

Le cadavre a été transporté à la morgue de Port-en-Bessin. (Source : Le Moniteur du Calvados)

 

Septembre 1938 - La tempête sur nos cotes. - La tempête a soufflé avec rage comme en plein hiver. Sur les côtes, la mer s'est jetée à l'assaut des falaises et des digues. Les marins de Port-en-Bessin, Grandcamp-les-Bains, Isigny-sur-Mer, ont été en partie contraints de rester au port. (Source  : Le Moniteur du Calvados)

 

Septembre 1938 - Un jeune mousse absorbe par erreur de la potasse. - Il y a une dizaine de jours, alors qu'il se trouvait en mer, un jeune mousse de Port-en-Bessin, Jean Hélie, 14 ans, ayant soif et croyant boire du vin blanc, absorba de la potasse contenue dans une bouteille.

En dépit des soins énergiques et dévoués qui lui furent prodigués sans relâche depuis lors, le malheureux enfant, est décédé dans la journée de jeudi, après avoir enduré de terribles souffrances. (Source  : Le Moniteur du Calvados)

 

Septembre 1938 - Le mouvement de la population dans le Calvados. - Pendant le premier trimestre 1938, il y a eu dans le Calvados : 1 958 naissances contre 1 865 dans la même période de 1937.

On a enregistré 1 983 décès contre 1 992 en 1937 : 523 mariages contre 502 ; 55 divorces contre 60.

L'excédent des décès est ainsi passé de 127 à 25 dans les deux périodes. (Source  : Le Moniteur du Calvados)

 

Septembre 1938 - Retour de l'heure d'hiver. - Par suite du rétablissement, dans la nuit du 1er au 2 octobre 1938, de l'heure légale antérieure au 27 mars 1938, la journée du 1er octobre aura exceptionnellement une durée de 23 heures.

A cet effet, les horloges du Chemin de fer seront retardées d'une heure, à l'expiration de la vingt-cinquième heure. (Source  : Le Moniteur du Calvados)

 

Septembre 1938  -  Après la mort tragique du jeune mousse.  -  Nous avons relaté, ces jours derniers, comment le mousse Roger Hélie, 14 ans, embarqué à bord de la barque de pêche La "Jeannine", invité par un camarade de bord, le nommé André Lapotre, matelot sur le même bateau, absorba, par erreur, de la potasse, croyant boire du vin blanc. Malgré les soins immédiats et dévoués qui lui furent prodiguées par le docteur Haddou, de Port-en-Bessin, Roger Hélie décédait plusieurs jours après cette horrible méprise, dans des souffrances atroces.

Son père, M. Joseph Hélie, 33 ans, marin pêcheur, demeurant rue Traversière, à Port-en-Bessin, a adressé une lettre à M. le Procureur de la République, de Bayeux, lui exposant les faits et a porté plainte contre le matelot Lapotre. La gendarmerie a ouvert une enquête. (Source  : Le Moniteur du Calvados)

 

Octobre 1938   -   Après la mort tragique d’un mousse .  -   Nous avons relaté la mort tragique du jeune mousse Roger Hélie, qui avait absorbé de la potasse alors qu'il se trouvait à bord.

Les parents de l'enfant avaient porté plainte contre un matelot de l'équipage, André Lapôtre, que le mousse avait accusé de l'avoir engagé à boire le terrible liquide en lui disant que c'était du vin blanc. Devant les dénégations de celui-ci et en présence de ses explications, le Parquet de Bayeux a décidé de faire pratiquer l'autopsie du cadavre.

M. le docteur Dietz. médecin légiste de Bayeux, a procédé à cette opération hier matin, en présence de M. le maire de Port-en-Bessin, du garde-champêtre et des gendarmes.

L'estomac du malheureux portait des traces de brûlures, confirmant sans aucun doute l'absorption de la potasse.  (Source  : Le Moniteur du Calvados)  

 

Décembre 1938   -   Une nouvelle barque portaise.  -  L'autre jour, les établissements Barbanchon et Doucet ont mis à l'eau, à Cherbourg, la barque de pêche à moteur le « Trois-Frères », construite par leurs soins pour le compte de M. Blaie, armateur à Port-en-Bessin.

Le navire jauge 50 tonneaux, sa longueur est de 22 mètres, sa largeur de 6 m. 40 et son tirant d'eau de 2 mètres. Le moteur a une force de 120 CV et  permettra à la barque de filer 9 nœuds. L'équipage comprendra 5 hommes et un mousse, sous les ordres d'un patron.

Après, avoir reçu deux mâts, le « Trois-Frères » partira pour Port-en-Bessin. (Source  : Le Moniteur du Calvados)

 

Février 1939   -   Une barque de Port-en-Bessin était en détresse au large de Dieppe.   -   Lundi dernier, le bateau de pêche La « Colombe », un dundee de 20 mètres de longueur, appartenant à M. Albert Cavey, armateur à Port-en-Bessin, était parti à la pêche aux coquilles Saint-Jacques au large de Dieppe. Depuis ce jour, on en était resté sans nouvelles et l’angoisse, on s'en doute était grande dans le petit port, d'autant plus que le temps était devenu gros.

L'équipage comprenait sept hommes dont cinq sont pères de famille, ce sont MM. Vingtrois, patron, quatre enfants ; Delain, mécanicien, trois enfants ; Germain Edmond, sept, enfants ; Marie Armand, deux enfants ; Élie François, six enfants ; Jeanne Julien, célibataire, et Marie Paul, petit mousse.

On téléphona un peu partout où l'on savait des barques du port à proximité de la « Colombe ». Les chalutiers « Jean-Bart » et « Marie-Thérèse-André » partirent de Dieppe à sa recherche. Ils eurent le bonheur de découvrir le bateau en détresse, resté en panne par suite d'un défaut de fonctionnement de l’hélice, au Nord-Est de Dieppe. En raison du mauvais temps, il fut assez mal aisé de l'approcher, toutefois, les deux bâtiments sauveteurs réussirent à le prendre en remorque et à le ramener à Port-en-Bessin.

L'équipage était en bonne santé, mais resté sans vivres à bord, il s'était nourri de mardi à samedi uniquement des « gofiches » pêchées.

Toute la population était massée sur les quais du port pour accueillir les rescapés qui, ainsi que leurs dévoués sauveteurs débarquèrent dans la soirée de samedi au milieu de l'enthousiasme général.  (Source  : Le Moniteur du Calvados)

 

Avril 1939   -   Sauvetage en mer.   -   Le chalutier « Gérard-Bernard » se trouvait sur les lieux de pêche, et l'équipage était sur le pont lorsque, par suite d'un coup de mer, le matelot Alphonse Salent, 19 ans, fut projeté par dessus bord.

Le malheureux qui ne savait pas nager, et qui, de plus, se trouvait gêné par les grandes bottes en caoutchouc qu'il portait, se serait certainement noyé si son camarade Henri Chardon ne s'était immédiatement jeté à l'eau pour le sauver.

L'équipage lança un filin, que Chardon lui passa autour du corps. Le naufragé put ainsi regagner le bord sans autre dommage que l'émotion causée par ce bain forcé. (Source  : Le Moniteur du Calvados)

 

Avril 1939   -   Une barque de pêche portaise coule devant Cherbourg après abordage.   -  Mardi soir une, barque à moteur, de Port-en-Bessin, la « Trois-Frangiins » quittait l'avant-port de Cherbourg pour se rendre sur les lieux de pêche.

Appartenant à un armateur de Port-en-Bessin, elle avait été construite par MM. Barbanchon et Doucet, de Cherbourg et lancée il y a quelques mois seulement.

Son équipage était ainsi composé: patron, M1 . Albert Blaie ; mécanicien, M. Lucien Blaie, frère du précédent ; matelots ; MM. Ferdinand Poittevin, André ColIeville, Robert Thoumine, Louis Tabourel et son jeune fils Louis, embarqué comme mousse, tous de Port-en-Bessin.

Vers minuit trente, la Préfecture maritime de Cherbourg recevait un radio du cargo « Cap Figalo » signalant que la barque « Trois Frangins » avait sombré, qu'il avait recueilli ses sept occupants sains et saufs et qu'il continuait sa route sur Calais, où il les débarquerait.

L'accident s'était produit à 9 milles à l'Ouest des Casquets.

M. Gire,. administrateur de l'Inscription maritime a envoyé un télégramme à Port-en-Bessin.

Les pêcheurs déplorent cet accident qui a causé la perte d'une magnifique barque qui faisait l'admiration de tous, mais se réjouissent de savoir sauvés tous ses occupants. (Source  : Le Moniteur du Calvados)

 

Mai 1939   -   Bénédiction de la Mer.   -    C'est le dimanche 9 juillet, à Port-en-Bessin, que l'Evéque de Bayeux et Lisieux bénira solennellement la mer. Cette cérémonie qui, on le sait a lieu traditionnellement de trois ans en trois, ans, ne manquera pas d'attirer cette année comme de coutume, à Port, de nombreux et sympathiques visiteurs, heureux de prendre part, comme témoins à une manifestation religieuse unique par l'émouvant et le pittoresque grandiose de son caractère, et à la bonne exécution de laquelle l'armement, et les équipages portais, et notamment l'Union Catholique des gens de mer, se font un honneur de contribuer.

La journée s'ouvrira par une messe pontificale célébrée à 9 h. et demie par le R. P. Abbé de Mondaye, sous la présidence de S. E. Mgr Picaud. Le sermon sera donné par un ancien capitaine de frégate bien connu, le R.P. Colomban, capucin, aumônier du Foyer des Œuvres de mer au Havre. L'après-midi aura, lieu la procession navale consistant en une flottille de chalutiers fleuris qui gagnera le large portant l'Évêque de Bayeux et sa suite, avec à bord, la musique municipale de Bayeux. La cérémonie rituelle de la bénédiction de la mer et l'absoute des naufragés accomplies, la flottille retournera aux bassin, et, à l'église aura lieu le salut dit Saint Sacrement qui clôturera la journée. 

Des communications faciles avec Port-en-Bessin seront assurées ce dimanche 9 juillet par les services des « Courriers Normands ». (Source  : Le Moniteur du Calvados)

 

Mai 1939   -   Sauveteurs récompensés.   -   Des récompenses pour faits de sauvetage ont été décernées à M. Louis. Foliard, patron-pêcheur, à Port-en-Bessin, le prix Raoul Guérin (100 fr.) et une médaille, de bronze.

Le patron et l'équipage du bateau de pêche « Lucy-Antonin », de Grandcamp-les-Bains, le prix Valère et Gabrielle Arnoult (300 francs).   (Source  : Le Moniteur du Calvados)

 

Mai 1939   -   Un vol peu banal .   -   Il y a quelques jours, Mme Pierre Marie, dont le mari est marin-pêcheur à Port-en-Bessin, s'aperçut que, sur leur chaloupe « Angélus », posée dans la cale du deuxième bassin, l'hélice, son arbre et le torteau avaient été enlevés.

Pensant que son mari avait fait démonter ces pièces pour les faire réparer, Mme Marie ne dit rien tout d'abord, mais, un peu plus tard, ayant eu l'occasion de faire part de cette remarque à son époux, elle apprit que ce dernier n'avait jamais donné d'ordre de cette nature.

Rendu sûr sa barque, M. Marie vit, en effet, que les pièces en question, qui sont en bronze, avaient disparu.

Il prit tout d'abord le soin d'effectuer des recherches minutieuses dans le bassin, à marée basse, et de vérifier, chez les divers mécaniciens du pays, si. elles n'avaient pas été démontées sur son bateau, par erreur, mais il n'en retrouva aucune trace.

La barque de M. Marie était armée pour la pêche au maquereau et devait sortir, cette semaine, pour la première fois.  

Il a déposé une plainte à la gendarmerie de Port-en-Bessin , déclarant subir un préjudice d'au moins 1 200 fr.

Une enquête est ouverte sur cette curieuse affaire. Il est à remarquer que les pièces volées sont difficiles à démonter.  (Source  : Le Moniteur du Calvados)

 

Août 1939  -  La rentrée des récoltes et la réquisition des chevaux et attelages.  -   Le décret de réquisition affiché en même temps que les ordres d'appel de réservistes a provoqué une vive émotion parmi les populations rurales, celles-ci en effet, n'ont pu, par suite du mauvais temps de la première quinzaine d'août, moissonner et rentrer les récoltes aussi rapidement qu'il eut été désirable.

D'autre part les ordres d'appel enlèvent dans chaque exploitation les hommes valides capables de conduire les attelages, et il reste des quantités considérables de grains à rentrer.

L'Union des Syndicats Agricoles du Calvados en lui signalant cette situation particulièrement grave dans la plaine de Caen a demandé à l'Union Nationale des Syndicats Agricoles d'intervenir près du ministre de l'Agriculture pour qu'en tout état de cause les chevaux et attelages nécessaires à la rentrée des récoltes soient laissés à la disposition des cultivateurs tant que les besoins s'en feront impérieusement sentir.

En réponse à cette démarche. l'Union des Syndicats Agricoles du Calvados vient de recevoir de l'U.N.S.A. la note ci-après :

« Nous sommes intervenus auprès du Ministre de l'Agriculture et par l'intermédiaire de celui-ci, auprès du Ministre de la Défense Nationale pour demander que la réquisition des chevaux laisse en dehors de son champ d'opérations les régions dont les récoltes ne sont pas encore rentrées.

Nous venons d'être avisés par le Ministre de l'Agriculture que le Ministre a adressé hier aux Directeurs des Services Agricoles une lettre leur demandant de se mette immédiatement en rapport avec l'autorité militaire du département  pour éviter que les moyens de traction ne soient retirés aux cultivateurs  la où ils sont absolument nécessaires.

Il a donc tout lieu de penser que dans notre département les réquisitions de chevaux si elles venaient à être opérées tiendraient compte de la note transmise par le Ministre de l'Agriculture. (Source  : Le Moniteur du Calvados)

 

Août 1939  -  Des chalutiers français ont été arraisonnés par des navires de guerres allemands.  -   Les patrons des chalutiers rentrés à Boulogne ont déclaré que certains d'entre ceux-ci ont été arraisonnés dans la mer du Nord par la flotte allemande en surveillance. (Source  : Le Moniteur du Calvados)

 

Janvier 1940  -  Deux matelots pêchent une mine.  -  Se trouvant sur les lieux de che, les matelote du chalutier le « Saint-Pierre » de Port-en-Bessin, patron Tabouret ont ramené dans leur filet une mine du diamètre de un mètre environ, pas très rassuré tout d'abord de sa trouvaille, l'équipage a ramené à terre son étrange prise. Mais la mine en question datait certainement de la guerre de 1914, car elle était recouverte d'une épaisse couche de rouille et portait de nombreux trous.   Se trouvant sur les lieux de che, les matelote du chalutier le « Saint-Pierre » de Port-en-Bessin, patron Tabouret ont ramené dans leur filet une mine du diamètre de un mètre environ, pas très rassuré tout d'abord de sa trouvaille, l'équipage a ramené à terre son étrange prise. Mais la mine en question datait certainement de la guerre de 1914, car elle était recouverte d'une épaisse couche de rouille et portait de nombreux trous.

Examinée par des personnes compétentes, elle a été jugée complètement inoffensive mais n'en a pas moins fait l'objet de toutes les curiosités et le sujet de maintes conversations, comme on s'en doute aisément.  

 

Janvier 1940  -  Mouvement démographique pour 1939.  -  Naissances 27 ; reconnaissances 5 ; mariages 5 ; cès 15 ; transcriptions de décès 3.  

 

Juillet 1940  -  Accident.  -   M. Léon Hegaert, 56 ans, marin commandant un bateau de pêche, originaire de Dunkerque, avait amené des réfugiés à Port-en-Bessin.

En faisant une manœuvre, il reçut sur la main une lourde pièce de bois tombant du sommet d'un mât. Par ce coup violent, il eut la main droite en partie écrasée. Après avoir reçu les  premiers soins du  docteur Lalonde, d'Isigny, il fut conduit en automobile à l'Hôtel-Dieu de Bayeux, où il a été hospitalisé. 

 

Janvier 1941   -   Découverte d’un cadavre.   -   Venant à pénétrer dans l'écurie communale, jeudi matin, un cantonnier de Port-en-Bessin couvrit le cadavre de M. Victor Lefèvre, journalier à Commes, âgé de 50 ans. Celui-ci, qui se trouvait depuis la veille, a sans doute être frappé de congestion. M. Lefèvre laisse une veuve et 7 enfants.
Les gendarmes de Port-en-Bessin se sont livrés à l'enquête d'usage.  

 

Février 1941 - Dangereuse méprise d'un bambin. -  Le petit Rousseville, 6 ans, dont les parents habitent Port-en-Bessin, croyant boire du cidre, se saisit d'une bouteille et absorba une gorgée de son  contenu, qui était en réalité de la potasse.

Les parents du malheureux enfant, voyant la terrible méprise, appelèrent un médecin qui ordonna le transport à l'hôpital de Bayeux. Là, les soins les plus énergiques furent prodigués et, fort heureusement, l'état du petit Rousseville ne semble pas devoir inspirer d'inquiétude.

 

Mars 1941    -   Avis à la population côtière.   -   Le commandant en chef des troupes d'occupation en France communique ce qui suit : -   Le commandant en chef des troupes  d'occupation en France communique ce qui suit :

« Des actes dirigés contre les intérêts des forces d'occupation ont été commis dans les régions côtières. Les coupables ont été punis ou attendent leur punition, selon les droits de  guerre qui prévoient la peine de mort. Je préviens catégoriquement la population de la côte de ne pas se laisser provoquer à des activités qui entraîneraient la peine de mort, tant pour  leurs auteurs comme pour toutes leurs complicités.

L'interdiction de la pêche a été relevée, tenant compte de la situation économique de votre région et du ravitaillement de la France, mais si ce geste reste mal compris, ou si les actes précités se répétaient, la population entière aurait à subir selon le droit de la guerre, les représailles les plus dures.

Méfiez-vous des provocateurs irresponsables, qui ne sont pas des français, votre sort et celui de votre pays est entre vos mains. Ne vous livrez pas à des intêrets qui ne sont pas les  nôtres, ne vous laissez pas entraîner et proposez-vous à tous les actes dont vous auriez à regretter les conséquences ».

 

Novembre 1941   -   Un drame de la mer.   -   Une nuit, vers 4 h. 30, la chaloupe à moteur « Madiana », de Port-en-Bessin, prenait le large malgré le mauvais temps. Trois hommes la montaient : M. Jules Durand, 55 ans, son fils André, 29 ans, et son neveu, nommé Durand également. Mais la mer était si forte que, bientôt, l'équipage décida de rebrousser chemin.

Hélas ! dans l'obscurité, il ne retrouva pas l'entrée du port et la barque vint se briser sur les rochers, à l'est de la jetée, du côté d'Arromanches. Éventrée, la « Madiana » fut vite entièrement démembrée. M. Jules Durand coula à pic ; son fils essaya de gagner la rive à la nage, mais les flots déchaînés eurent, raison de ses efforts et il coula à son jour. Seul, le neveu put réussir à se cramponner à une épave et se sauva à la nage. Les corps des deux malheureuses victimes devaient être retrouvés dans le port quelques heures après, à marée descendante. Ce nouveau drame a jeté la consternation parmi nos vaillantes populations maritimes.

 

Janvier 1942   -   L'entrée en zone interdite.    -   La préfecture rappelle que toutes les demandes d'autorisation d'entrée ou de séjour dans la zone côtière interdite du Calvados doivent être adressées par l'intermédiaire du maire de la commune, aux Kreiskmmandant compétentes. Par conséquent, les intéressés ne doivent en aucun cas s'adresser directement ou se présenter à la Feldkommandantur.

 

Janvier 1942   -    Grande pêche et pêche côtière.    -    L'exercice de la grande pêche et de la pêche côtière est soumis à l'autorisation écrite des Marinebefehlshaber Kanalkuste und Westfrankreich (Commandant en chef de la Marine allemande sur la côte de la Manche et de la France occidentale), qui, chacun pour sa circonscription, établiront les permis de  pêche par les soins des services désignés par eux à cet effet.

  Ce permis entraînera les obligations suivantes : a) les patrons des bâtiments doivent annoncer auprès du Service de surveillance compétent ; le départ, en temps opportun et  aussitôt rentrés, le retour de leur bâtiment, en spécifiant le résultat de la pêche. b) il est interdit de le garder à bord d'un bâtiment de pêche des postes émetteurs de T. S. F.. c) La pêche ne peut être exercée que pendant les heures fixées et au dedans des rayons délimités par les  « Marinebefehlshaber Kanalkuste und Westfrankreich ».

   Les Marinebefehlshaber Kanalkuste und Westfrankreich donneront les ordres détaillés pour leurs circonscriptions après s'être mis d'accord avec le Militaerbeflshaber in Frankreich.

 

Juillet 1943   -   Fait divers.   -    A la marée montante de samedi, une barque de Port-en-Bessin, la « Brise Deux », appartenant à M. de Jackson, courtier en bestiaux à St-Martin-des-Entrées, et pilotée par M. Vicquelin, rentrait de la pêche lorsqu'une forte lame la fit couler et s'échouer sur un banc de sable.

Fort, heureusement, M. Vicquelin et l'homme qui l'accompagnait réussirent à se retirer à la nage. La barque a été retrouvée à la marée descendante, fendue en deux et complètement hors d'usage. Toutefois, le moteur a pu être récupéré.

 

Décembre 1943    -   F ait divers.   -    Comme il coupait du bois sur un coteau, près de Port-en-Bessin, un marin-pécheur du bourg, M. R. Ménard, a trouvé le cadavre d'une femme allongée, le dos dans un fossé L'enquête a établi qu'il s'agissait de Mme Ve Augustine Desrues, 65 ans : La malheureuse, qui se rendait à Port faire des provisions, se sera trouvée souffrante et, se sera assise sur le bord du fossé où elle fut foudroyée par une embolie.

 

Mai 1944  -  La pêche aux moules.  -   La pêche des moules est autorisée du lever au coucher du soleil sur les moulières ci-après désignées du 30 avril au 31 octobre, L'Aiguillon, Lion-sur-Mer (partie salubre), Hermanville, la Ronde, Colleville du 1er mai au 30 septembre, la Fosse, Guinehaut-Est, Guinehaut West ; 1er mai au 30 novembre, Longues-sur Mer, Marigny, Commes, Huppain ; 15 mai au 15 septembre, Le Ratier; 15 mai au 30 septembre, Gonneville, Auberville, Villers (dite du Plateau).

 L'exploitation est rigoureusement interdite sur les moulières ci-après Vierville, les Essarts, la Caillotuière, le Rocher, la Roque, le Pontiers, Port-en-Bessin Est et West, Sainte-Honorine-des-Pertes, le Figard, le Capet, le Vilain, la Folie, Villerville, le Quilhoc, L'Anguille, les Iles, le Gruin, l'Epée, Lion-sur-Mer (partie insalubre).

 

Décembre 1944   -   Un appel.   -    Le Comité de Libération de Port-en-Bessin a lancé l'appel suivant :  « Portais ! Le Comité de Libération attend de vous vos suggestions, vos avis,  mais aussi vos critiques. La Gestapo employait la lettre anonyme, les vrais Français signent. C'est à eux que nous nous adressons pour avoir des faits précis. Pour épurer, il faut des preuves, aidez-nous à les trouver. Merci ».  

 

Mars 1945  -   Péri en mer.  -  La « Bonne-Marée », de Trouville, patron Léon Caillot, a ramené un cadavre dépourvu de tête et dont la décomposition était avancée. On a pu établir qu’il s’agissait du corps d’un marin de Port-en-Bessin, M. Jean Thomine, 22 ans, péri en mer, la veille de Noël, avec l’équipage de la barque de pêche à bord de laquelle il se trouvait et   qui sauta sur une mine, les camarades du naufragé n’ont pas encore été retrouvé.   (Source : Le Bonhomme Libre)

 

Juin 1945  -  Pour les famille des victimes de la catastrophe du « Jean-Bart ».  -  Une souscription publique est ouverte en faveur des six veuves et des dix-huit orphelins laissés par les neuf marins qui périrent à bord du chalutier portais « Jean-Bart », détruit par une mine au large des côtes du Bessin.  

Nous nous associons à l’appel adressé à la solidarité de nos compatriotes dont nous connaissons le cœur généreux , et nous prions ceux-ci de faire parvenir à M. le maire de Port-en-Bessin les dons qui permettrons de soulager de douloureuses infortunes.  (Source : Le Bonhomme Libre)

 

 Août 1945  -  La liaison Bayeux-Port-en-Bessin.  -  A partir de lundi prochain, 3 septembre, les Courriers Normands assureront de nouveau un service d’autobus sur la ligne Bayeux-Port-en-Bessin-Ste-Honorine-des-Pertes. (Source : Le Bonhomme Libre)

 

 Août 1945  -  Un drame de la mer.  -  Naviguant au large de Ouistreham, la chaloupe « Nord-Ouest » appartenant à M. Saint-Denis, armateur à Port-en-Bessin, a sauté sur une mine.  Deux membres de l’équipage ont été tués : MM. André Delain, 43 ans, père d’un enfant, Alphonse Fallent, 25 ans, père de deux enfants, la femme de ce dernier en attend un troisième. (Source : Le Bonhomme Libre)  

 

 Septembre 1945  -  In Memoriam.   -   A quatre jours d’intervalle, ont été célébrées, à Port-en-Bessin, les obsèques des marins Delain et Sallent, noyés dans le naufrage du 21 août,  dont les corps ont été retrouvés au large de Ouistreham. M. le sous-préfet de Bayeux avait tenu à s’associer au deuil de la population en assistant aux deux cérémonies au cours  desquelles M. Tabourel, maire de Port, rendit hommage aux disparus. (Source : Le Bonhomme Libre)  

 

Septembre 1945  -  le charbon.  -  Le coupon n° 2 de la carte de charbon « chauffage » 1945-1946 pour foyers domestiques sera mis en vigueur dans les communes bénéficiaires, à compter du 24 septembre. Chacun de ces coupons n° 2 donnera droit à l’achat des quantités ci-après : Carte S (1 personne), 50 kgs ; carte A (2-3 personnes) 100 kgs ; carte B (4-5   personnes) 150 kgs ; carte C ( 6-7 personnes), 200 kgs ; carte D (8-9 personnes), 250 kgs ; carte E (10-11 personnes), 300 kgs ; carte F (12 personnes et plus), 350 kgs.

 

Octobre 1945  -  Un enfant se noie à Port-en-Bessin.  -  Dimanche dernier, le jeune Pierre Lefauconnier, 14 ans, demeurant à Ranchy, qui se promenait à bicyclette sur la jetée, est  tombé à la mer.  Le corps du malheureux enfant a été retrouvé à marée basse. (Source : Le Bonhomme Libre)

 

Novembre 1945  -  On dit….  -  Qu’à Port-en-Bessin, les destructions de mines vont faire la fortune des vitriers, s’ils ont des vitres !

Que la violence des détonations pourrait être atténuée si le service compétent consentait à réduire le nombre d’engins qu’il fait exploser en une seule fois.

Que les prisonniers boches employés au transport des mines s’amusent beaucoup de voir les carreaux et les vitres voler en éclat. (Source : Le Bonhomme Libre)

 

Novembre 1945  -  Après la catastrophe d’Asnières.   -  Chargé d’enquêter sur la catastrophe d’Asnières, M. le général Lee, de l’aviation américaine, a terminé son inspection en  parcourant les localités de la région où sont entreposées les munitions.

Un plan d’enlèvement accéléré de ce dangereux matériel a été établi, ce qui ne mourra être noyé dans les ports d’Isigny et de Grandcamp sera détruit, par explosions fractionnées, sur   la plage entre Saint-Laurent et Fierville. Contrairement a ce qui avait été prévu, il n’est plus question d’ordonner l’évacuation de trois villages.

Nous pouvons être certain que les mesures arrêtées par nos alliés, avec la collaboration des autorités françaises, seront activement menées et entourées de toutes les garanties de  sécurité. (Source : Le Bonhomme Libre)

 

Janvier 1946  -  Victime de son imprudence.  -  En visitant un bateau de D.C.A. allemand, coulé dans le port de Port-en-Bessin, Antonio Mozzi, 32 ans, cimentier, a été blessé par  l’explosion d’un engin qu’il avait ramassé sur le navire. (Source : Le Bonhomme Libre)

 

Mars 1946  -  Port en Bessin fut une des base principale du débarquement.  -  Depuis le débarquement jamais il n’a été fait mention , de ce petit port de pêche qui fut, bien avant   les ports artificiels de Colleville et Arromanches, le seul port de débarquement du Bessin. Et, cependant, son attitude pendant la guerre eût dû lui valoir mieux que l’oubli !

En mai 1940 se joue la tragédie de Dunkerque. Quarante superbe chalutiers sont amarrés à quai après une semaine de labeur. Soudain un ordre arrive : « Tous les bateaux capable de prendre la mer doivent rallier Dunkerque pour coopérer à l’évacuation des troupes alliées ».

Tous les équipages gagnent leur bord hissent les couleurs, et quittent le port en chantant l « La Marseillaise ». Sur les quai, les femmes silencieuses pressentent le drame qui se joue,  essuient quelques larmes, tandis qu’à l’horizon les bateaux disparaissent bientôt.

Après mille péripéties, ils sont tous revenus, leur mission accomplie.

Hélas, la guerre continue. Des avions allemands mitraillent à trois milles en mer un cargo norvégien qui, bientôt, donne de la bande. Nos marins on vu le danger. Ils frètent deux bateaux, vont au secours du navire désemparé et, sous les bombes, ramènent à terre l’équipage norvégien, dont le capitaine tué et plusieurs blessés.

Les évènements se précipitent et notre population consternée voit le Boche arriver en vainqueur. Contrairement aux lois internationales, l’ennemi s’empare de notre belle flottille qu’il  dirige sur des ports inconnus, laissant ainsi sans moyens de travail une population de 1 500 âmes.

Les années passent, lourdes de tristesse, pendant lesquelles Port-en-Bessin paie son tribut de fusillés, de déportés politiques, de requis pur les services.

Un jour, cependant, une lueur d’espoir ! Des avions portant les cocardes belges piquent à 20 m. de hauteur lâchant leurs bombes sur l’entrée du chenal : Une victime, des dégâts  matériels, le coup est raté, mais les Boches ont eu peur !

Un an se passe encore trompant tous les espoirs quand, un matin du 6 juin 44, le brouillard qui s’élève laisse apparaître une formidable Armada forte de 6 000 bâtiments. Chacun a  compris, c’est le Débarquement !

A 6 heures, le bombardement commence. Deux croiseurs français, le « Georges Leygues » et le « Montcalm », ont l’ordre de raser le pays, les allemands ayant annoncé que la  population est évacuée mais, bientôt les avions qui sillonnent le ciel signalent que les gens fuient de tous cotés !

L’Amiral, commandant les FFL, prend sur lui de sauver le premier pays de France qu’il revoit après tant d’années d’exil. Par une merveille de technique, il coule les navire allemands qui  essaient de riposter, détruit les blockhaus et réduit au silence les batteries qui commandaient le port ! Les dégâts sont énormes mais huit victimes seulement sont à déplorer.

Le 7 juin, c’est la prise du pays par les « Royal Commando ».

Le 8 juin, une vedette anglaise débarque à terre un amiral et son état-major. Ils veulent des petites barques pour opérer les premiers transbordements.

L’ordre est transmis et à 15 h., les premiers « Royal Marine » et « Royal Engeeners » préparent les cantonnements.

A partir de ce moment, les dés sont jetés, Port-en-Bessin va devenir le port de débarquement de l’essence, du pétrole et des munitions qui alimenteront la bataille de Caen.

Des cargos, lourdement chargés, accostent aux quais, aux jetées, aux bassins, donnant un petit port de pêche l’aspect d’un grand port marchand.

Pour le déchargement, les équipes anglaises ne sont pas à pied d’œuvre, qu’à cela ne tienne ! 300 volontaires se présentent et, pendant toute  une semaine, de jour comme de nuit,  assurent bénévolement le déchargement des navires.

Puis les services s’organisent. Les jetées, les quais, sont consignés, la population est tenue au secret, personne n’a le droit de quitter le pays, aucun étranger ne peut y pénétrer ! Cette situation va durer trois longs mois.

L’Intelligence Service et les M.P. veillent. Cela explique pourquoi Port-en-Bessin n’a jamais eu les honneurs du communiqué. Sont secret devait être jalousement gardé.

Les consignes étant levées, nos marins veulent retourner en mer.

Sur une quarantaine de chalutiers disparus, quatre sont retrouvés et, après réparations, gagnent le large pour assurer au pays un ravitaillement précieux.

Mais la guerre continue sournoisement son œuvre de mort. Bientôt, c’est le « Jean-Bart » qui à 20 milles de la côte, saute sur une mine, et est perdu corps et biens. Puis, c’est la  « Rose-Effeuillée », dont l’équipage est sauvé miraculeusement par un « Liberty Ship ». Ce sont encore le « Noroit » « La Petite-Yvette », dont les familles pleurent les hommes qui ne   sont pas revenus.

La liste est déjà trop longue. Malgré tous ces malheurs, la grande famille portaise poursuit son labeur, et panse ses blessures. (Source Liberté de Normandie.)  

 

 Décembre 1946  -  Deux barques sombrent au large.  -   La barque « Sainte-Thérèse », du port d’Ouistreham, montée par MM. Ernest Boitard et Auguste Duval, a touché une épave sous-marine à un mille au large de la côte. Un bateau voisin, la « Lucienne-Albertine », de Port-en-Bessin, patron Cauvin, prit en remorque l’embarcation accidentée et tenta de  l’échouer sur un banc. Mais la voie d’eau ne permit pas la réussite de l’opération et les occupants n’eurent que le temps de monter dans l’embarcation venue à leur secours.

Un picoteux inscrit à Isigny et dont le patron, M. Léger, habite St-Aubin-sur-Mer, s’est échoué sur la même épave et a sombré. L’équipage a éré sauvé par la barque « Le Tapageur »,   d’Ouistreham, patron Achille Beuve. (Source : Le Bonhomme Libre)

 

Janvier 1947  -  Une pêche miraculeuse.     Revenant de Paris avec un chargement de 20 caisses de harengs saurs pesant plus de 600 kilos, Marcel Clairat, 38 ans, mareyeur à Port-en-Bessin, a été interpellé sur la route par deux motocyclistes des brigades de police de Rouen. Le commerçant ne possédant pas d’autorisation de transport, la marchandise a été saisie et mise en vente à Lisieux. (Source : Le Bonhomme Libre)  

 

Juin 1947  -    Le lancement d’un chalutier.    Pour la troisième fois depuis la libération, une barque de pêche a été lancée, samedi, aux chantiers Macario, de Trouville. Construit pour M. Lebon, de Port-en-Bessin, le nouveau navire, baptisé le « Sacré-Cœur », jauge 75 tonneaux et mesure 23 m. 50. (Source : Le Bonhomme Libre)

 

Juillet 1947  -    Un prisonnier allemand tué par une explosion.    Une équipe de prisonniers de guerre procédait à la destruction de munitions sur le territoire de Port-en-Bessin.

Le P.G. Peter Matzner, 25 ans, ayant quitté prématurément son abri a été grièvement blessé au ventre et à la tête par une explosion. Il est décèdé au cours de son transport à l’hôpital de Bayeux.  (Source : Le Bonhomme Libre)

 

Octobre 1947  -    La renaissance de la flottille portaise.  -   Avec le cérémonial traditionnel, M. le Chanoine Bernard, curé de Port-en-Bessin, a procédé à la bénédiction d’un chalutier  de 75 tonneaux, le « Bernard-Antoinette », construit par les chantiers Macario, de Trouville, pour le compte de Lebon, armateur. Il y avait foule autour du bassin pour admirer la nouvelle unité et suivre la cérémonie qui s’acheva par une distribution de pain bénit à la grande joie des enfants, ravis de cette manne inespérée. (Source : Le Bonhomme Libre)

 

Novembre 1947  -    L’amour du képi.  -  Le soir des élections, à Port-en-Bessin, le nommé Albert Poitevin, qui se trouvait en état d’ébriété, eut l’idée saugrenue de vouloir s’emparer du képi d’un gendarme. Le fantaisiste tombait mal. Survinrent deux marins, Roland Bihel, 25 ans et Auguste Filiard, 24 ans, domiciliés rue de la Corderie, qui bousculèrent la  maréchaussée. Ils ont été arrêtés pour outrages et rebellions. (Source : Le Bonhomme Libre)  

 

Janvier  1948    -     Une enquête des P.T.T à Port-en-Bessin.   -   L'administration des Postes et des Télégraphes va procéder à l'établissement de lignes électriques à Port-en-Bessin. Un tracé de ces lignes indiquant les propriétés privées où il doit être placé les supports ou conduit restera pendant 3 jours consécutifs à partir du 5 janvier 1948, déposé à la mairie de la commune ou les intéressés pourront en prendre connaissance et présenter leurs observations ou réclamations.

Un agent de l'administration se tiendra à la mairie de Port-en-Bessin le 7 janvier de 9 h. à 12 h.,  pour y fournir tous les renseignements utiles. (Source  : Le Bonhomme Libre)

 

Janvier 1954  -  Un naufrage.  -  Le 30, vers 18h, par gros temps de nordet, le chalutier « Saint-André »  casse son gouvernail dans la passe de Port-en-Bessin. Il s'échoue au milieu du  bassin, mais son canot est enlevé par une lame. Les témoins réussissent à passer à l’équipage un fort câble en acier et, sur le quai, plus de 100 personnes tentent de haler le bateau. Mais le câble rompt et la marée montante drosse le chalutier sur l’enrochement. Il faudra établir un va-et-vient dans le faisceau d’un projecteur, pour sauver un par un, par nuit noire, les 8 marins-pêcheurs.

 

Juillet 1969  -  Bataille navale.  -  A 9 milles de la côte anglaise, le chalutier « Gilles-Béatrice » de Port-en-Bessin est pris à l'abordage par 2 bateaux de pêche britanniques. L'équipage est molesté et le chalutier conduit de force à Salcombe. L'agression a été commise dans la zone autorisée aux Français par une convention de 1964, que les pêcheurs anglais refusent de reconnaître.

 

Décembre 1983  -  Naufrage.  - Dans la nuit du 9 au 10, le chalutier « Étoile des mer », 17 m et 40 tonneaux, affronte une mer de force 10 à 11 et un vent du Nord dépassant 100 km/h pour rentrer à Port-en-Bessin. Il s'écrase sur la jetée et se disloque : 4 morts. Ses débris seront retrouvés épars sur 2 km au pied des falaises.

Calvados   -   15  -  PORT-en-BESSIN,  le Quai 
PORT-EN-BESSIN  -  Quai Letourneur

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