UN SIÈCLE D'HISTOIRE DU CALVADOS

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RANVILLE

Canton de Cabourg

Les habitants de la commune sont les Ranvillais et Ranvillaise


Octobre 1842    -  Nouvelles locales.   -  On s'occupe en ce moment à dessécher le nouveau bras de rivière qui traverse les marais d'Amfréville et de Ranville, pour le creuser encore d'un mètre de Caen à la mer. (source : L’Indicateur de Bayeux)

 

Octobre 1842    -  Nouvelles locales.   -  Les travaux du canal sont suspendus par suite d'un différend survenu entre deux des personnes qui les dirigent, cette interruption n'aura pas de durée. (source : L’Indicateur de Bayeux) 

 

Août 1843   -  Nouvelles locales.   -   On nous communique un remède aussi sûr que prompt contre la brûlure. Nous croyons utile de le faire connaître à nos lecteurs.

On prend une pincée de pousses de jeunes buis que l'on pile avec trois blancs de poireaux, et on y ajoute une cuillerée d'huile d'olive. On renferme ensuite le tout dans un linge bien blanc et on l'applique sur la partie brûlée.

Plusieurs personnes qui ont fait l'essai de ce remède, en ont obtenu les plus prompts et les plus heureux résultats. (source : L’Indicateur de Bayeux)

 

Septembre 1843   -  Nouvelles locales.   -  Tous les réfugiés polonais qui se trouvent encore dans le pays se sont transportés, mardi dernier, à Ranville, pour rendre les derniers devoirs a l'un de leurs compagnons d'exil ; M. Zigismond Kulésinski.

M. Kulésinski était né à Wilua, on 1802, et il était entré, comme médecin en 1830, dans les rangs de l'armée polonaise. Exilé en France, il s'était établi à Ranville, où il vient de finir son existence. Après l'office funèbre, un des compatriotes du défunt a prononcé quelques mots simples et touchants sur son cercueil. Cette triste cérémonie avait attiré un grand nombre de propriétaires et de fermiers des environs, en tête desquels ont remarquait M. le comte de Guernon-Ranville. M. Kulésinski, homme estimable sous tous les rapports est universellement regretté. Nous sommes chargés, au nom de tous les polonais, de remercier avec empressement les personnes qui ont bien voulu assister aux funérailles de leur compagnon d'infortune. (source : L’Indicateur de Bayeux)  

 

Février 1844   -  Cours d’Assises du Calvados.   -   La première session des Assises du Calvados, pour 1844, s'est ouverte jeudi matin, à dix heures. Voici en rapide analyse l'exposé et le jugement de la première affaire de cette audience 

Durant l'après-midi du 1er novembre dernier le nommé Hébert, ouvrier cordonnier à Caen et forçat libéré, s'introduisit à l'aide d'escalade chez le sieur Marin, domicilié à Longueval, hameau de Ranville. Déjà cet audacieux malfaiteur, aprèavoir fracturé différents meubles, se disposait à faire un paquet des objets qui lui paraissaient le plus à sa convenance et à déguerpir, lorsque soudain il fut aperçu par Marin lui-même, par la fille de ce dernier et par un voisin dont ils étaient accompagnés.

Ce fut en vain qu'il voulut fuir : rattrapé et saisi au bout de quelques pas malgré les menaces de mort qu'il ne cessait de proférer, Hébert fut aussitôt conduit à Caen pour y rendre compte de sa conduite. Convaincu de la manière la plus positive du crime qui lui était reproché, Hébert a entendu prononcer contre lui la peine de vingt années de travaux forcés avec une heure d'exposition publique.

    La seconde affaire de la séance concernait le nommé Debons, accusé de vol d'effets d'habillement à l'aide d'effraction extérieure et intérieure. Debons, déclaré non coupable par le jury, a été rendu immédiatement à la liberté .  (source : L’Indicateur de Bayeux)

 

Juin 1860  -  L'Église.  -  En 1860, les Ranvillais décidèrent de démolir leur église, jugée vétuste et trop exiguë. Ils conservèrent seulement le clocher des XIe et XIIe siècles qui subsiste encore aujourd'hui à côté de la nouvelle église.

 

Mars 1866   -   Incendie.   -   Dans la nuit du 24 au 25, vers une heure du matin, un incendie, dont les conséquences sont déplorables, s'est manifesté au domicile de la nommée Désirée Desloges, dentellière en la commune de Ranville.

On pense que le feu couvait depuis plusieurs jours dans le sommier situé au dessous du foyer de la chambre occupée par la femme Desloges, car au moment où il s'est fait jour, le plancher de la maison s'est affaissé et cette malheureuse femme s'est trouvée engloutie au milieu des décombres avec deux de ses filles.

Une d'elle, âgée de 8 ans, a été entièrement brûlée, une autre, âgée de 15 ans, déjà très malade, est depuis ce moment quoique sans blessures apparentes, dans une position désespérée, enfin la mère à l'avant-bras droit fracturé.

Ces deux dernières ont été transportées à l'Hôtel-Dieu, dans la journée du 25, pour y recevoir les soins que nécessite leur fâcheuse position.

 

Avril 1866   -   La mendicité.   -   Dans la soirée de vendredi dernier, le nommé François Gousset, âgé de 19 ans, né à Charchigné (Mayenne), presque sans vêtements ni chaussures, et dans le dénuement le plus complet, a été arrêté par le garde champêtre de la commune de Ranville, sur le territoire de cette commune et conduit à la gendarmerie de Troarn.

Cet individu n'avait pris aucune nourriture depuis 24 heures. Il a été arrêté pour fait de mendicité.  

 

Avril 1866   -   Au château.   -   On nous annonce que la santé de M. Guernon-Ranville, ancien ministre de Charles X, retiré à son château de Ranville près de Caen, inspire les plus vives inquiétudes.  

 

Septembre 1866   -   Les glaneuses.   -   La semaine dernière, plusieurs femmes des environs de Ranville s'en allèrent glaner furtivement dans un champ, dont les récoltes n'étaient pas  encore enlevées.

Par malheur pour elles, le garde champêtre, qui faisait sa tournée dans la contrée où elles étaient, les ayant aperçues, se dirigea vers elles et, ayant pris leurs noms et prénoms, il leur  déclara procès-verbal. Il se dirigea également vers une autre glaneuse qui était à l'écart des autres : il reconnut sa femme.

S'étant approché d'elle et lui ayant montré son écusson pour faire connaître sa qualité, il la somma, au nom de la loi, de lui déclaer ses noms et prénoms, qualité, ainsi que ceux de son  mari.

à cette injonction de l'autorité communale, la femme dut, bon gré, mal gré, obéir. Ensuite, le garde champêtre, qui est ferré sur ses devoirs, lui ordonna de venir le trouver à son domicile, à quatre heures du soir, pour être présente à la rédaction du procès-verbal qu'il lui déclarait, afin d'y faire, si bon lui semblait, tels dires, soutiens et observations qu'elle croyait nécessaires dans ses intérêts.

Après avoir fait évacuer le champ par les glaneuses, il se retira avec la gravité d'un fonctionnaire qui connaît l'importance de ses fonctions.

 

Septembre 1866   -   Un accident.   -   Un bien douloureux accident est arrivé, lundi dernier, dans l'après-midi, en la commune de Ranville.

M. Raoul Le Prévôt, fermier en cette commune, avait envoyé son petit domestique, enfant âgé de 12 ans, nommé Laplanche, nettoyer l'intérieur du pressoir. Cet enfant, ayant eu l'imprudence de tourner la mécanique du treuil du pressoir, le mouvement qui en résulta ébranla la lourde trappe qui sert à presser le marc et qui était placée debout sur le mai, et la fit tomber sur le petit imprudent qui fut écrasé sur le coup. Ce malheureux a causé une bien douloureuse impression dans la commune.  

 

Novembre 1868   -   Une adjudication.   -   Il sera procédé, le samedi 5 décembre prochain, à midi, dans l'une des salles de l'hôtel des anciens bureaux de la Préfecture, à Caen, à l'adjudication, au plus offrant et dernier enrichisseur, de la perception des droits de passage du bac de Ranville, sur la rivière de l'Orne, dont le bail expire le 31 décembre 1868.  

 

Octobre 1869   -   Fait divers.   -  On commence à apercevoir à la marée basse, les premières assises de la pile central du pont de Ranville. On coule également le béton sur lequel reposeront les culées des deux rives. Tout promet, paraît-il, vu le temps favorable, que les travaux seront terminés pour le printemps prochain.  

 

Décembre 1869   -   Fait divers.   -  La crédulité la plus déplorable règne encore en souveraine dans certaines communes rurales, et il faut bien le dire, il en sera ainsi tant que l'ignorance et la superstition régneront dans les campagnes.

Un trop crédule cultivateur de la commune de Ranville, croit depuis plus de trente années être en butte aux persécutions d'un sorcier, qui ne veut pas quitter le pays et les communes voisines. Les bestiaux et les moutons de cet infortuné cultivateur viennent-ils à mourir du tac ou de la clavée, il pense toujours que c'est le sorcier qui continue son oeuvré de destruction.

Obsédé par celle pensée, le cultivateur dont il s'agit ici, se réveilla dernièrement dans un état difficile à décrire, il avait cru entendre le sorcier entrer dans sa chambre. Il se leva vivement, et saisissant un bâton qui se trouvait à sa portée, il se mit à faire une série de voltes-faces, comme un homme qui voudrait écarter de nombreux assaillants. Enfin, de guerre lasse, exténué de fatigue, la sueur au front, il se décida à se remettre au lit. Le lendemain matin, il se réveilla au milieu de plats, de verres, et de vitres brisés, et mit peut être encore tout ce dégât sur le compte du sorcier.

Il y a environ un an, toute la commune d'Escoville était en rumeur. Une belle nuit, on cria dans ce bourg, que le sorcier était dans le pays. Les paysans s'arment de fourches, de bâtons et de fusils. On fait feu, le sorcier n'est pas atteint. Il charme le feu, s'écrie-t-on de toutes parts.

 « Ne tuez pas cette bête », crie tout à coup une voix effrayée. Le sorcier n'était qu'un taureau, appartenant à un honorable cultivateur du pays.

 

1870  -  Un pont tournant.  -  Mis en service en 1870 du pont tournant de Ranville. Sa construction avait été décidée en 1867 par le Conseil Général du Calvados. Il avait été conçu et déssiné par le plus grand constructeur d'ouvrages métalliques de l'époque, Gustave Eiffel.

Son tablier de plus de 66 mètres, fabriqué au Creusot, reposait sur une pile centrale  de  7 m. 90 de diamètre, contenant un mécanisme de rotation faisant pivoter le pont à la force des bras de deux hommes, et pivotant à angle droit, pour s'aligner dans le lit de l'Orne et dégage deux passes de 28 m. 80, utilisées par les petits paquebots à vapeur qui assuraient une  liaison maritime .

Le pont de Ranville était à voie unique et étroite, il restera définitivement verrouillé dans sa position à la circulation terrestre en 1910. Il était prévu pour supporter le passage de charrois de 5 tonnes par essieu. Il fut renforcé en 1892 pour le passage des petit trains de 72 tonnes.

Le pont pivotant fut démoli à l'automne de 1971, le nouveau pont fut ouvert à la circulation le 19 juin 1972.

 

Février 1870   -   Fait divers.   -  Sur le territoire de la commune de Ranville, dimanche dernier, on a trouvé dans l'Orne le cadavre d'une femme, âgée de 30 ans environ, et inconnue. La mort peut remonter à une vingtaine de jours.

 

Octobre 1872   -  Avis aux cultivateurs.  -  Prière présente est faite aux cultivateurs qui auraient à se plaindre des ravages des campagnols, de ne pas employer l'acide arsénieux pour détruire ces rongeurs. Quelques cultivateurs s'étant servis de cette matière vénéneuse pour chauler du grain qu'ils introduisaient ensuite dans des trous à souris, il en est advenu ceci : des perdrix ont becqueté ce grain et sont mortes empoisonnées. En une seule journée, plus de trente perdrix ont ainsi succombé, et l'autopsie n'a laissé aucun doute sur les causes de l'empoisonnement.

 

Décembre 1872   -  Café chantant.  -  Le ministre de l'intérieur vient d'engager les, fonctionnaires et agents auxquels incombent particulièrement la surveillance des cafés concerts, de veiller avec un redoublement de zèle et d'attention, à ce que les chansons obscènes, les saynètes graveleuses et tous les divertissements enfin pouvant porter atteinte à la morale ou à l’ordre public, soient éliminés des programmes.

 

Décembre 1872   -  Pluies et récoltes.  -  Les pluies torrentielles tombées presque sans interruption depuis plus d'un mois ont produit dans notre pays de déplorables effets. Beaucoup de cultivateurs n'ont pu encore terminer leurs semailles de blé, ailleurs le blé n'a point levé, et on n'a plus d'espoir que dans les blés d'avril, qui sont loin de présenter les mêmes avantages. Les colzas, en général, ne paraissent pas trop se ressentir de cette submersion temporaire.

La plupart des pommes à cidre sont recueillies. On parle de prix assez élevés, se balançant généralement de 3 fr. 50 à 4 fr. le demi-hectolitre. On nous fait espérer des arrivages prochains des îles anglaises, qui, sans doute, feront tomber les prix ci-dessus mentionné.

Les pommes de terre sont loin de répondre pour la qualité, aux espérances qu'elles avaient fait concevoir, mais on nous assure que plusieurs départements voisins sont sous ce rapport beaucoup plus favorisés que le nôtre. Enfin, espérons n'est-il pas un pronostic campagnard qui dit : hiver pluvieux, été abondant ».

 

Décembre 1872   -  Cartes-poste.  -  Il va être établi des cartes-poste qui seront vendues par l'administration au prix de 10 centimes et qui circulerons en franchise dans tout le territoire français. Sur ces cartes on met l'adresse d'un côté, et quelques lignes de l'autre. Elles existent déjà en Suisse et en Angleterre, où elles rendent les plus grands service. 

 

Décembre 1872   -  Récompenses.  -  La Société pour l'instruction élémentaire (siège à Paris), dans sa séance annuelle, a récompensé les instituteurs du Calvados dont les noms suivent : Rappels de médailles de bronze : MM. Gaugain, instituteur à Louvigny, et Marie, instituteur à Campandré-Valcongrain.    Médaille de bronze : M. Lavolley, instituteur à Ranville.      Mentions honorables : MM. Leboucher, instituteur à Jort, et Marie, instituteur à Lisores. 

 

Mai 1876   -  Armée.  -  Le fusil Gras ou chassepot modifié vient d'être distribué à toutes les troupes du 3e corps. Contrairement à l'ancien fusil, celui-ci a le canon et les capucines bleu foncé. La batterie est en métal poli. Quant au fonctionnement, il est, à peu de chose près, le même que pour le chassepot, mais le fusil Gras est bien moins sujet à s'encrasser, et on sait que c'était là le défaut principal de l'arme dont se servaient depuis quelques années les troupes français.

 

Mai 1876   -  Nos récoltes.  -  La longue période de sécheresse que nous avons subie pendant près d'un mois avec grands vents d'amont continuels et très-froids, inspirait des craintes sérieuses à l'agriculture : plantes légumineuses et fourragères, prairies naturelles et artificielles, tout semblait dépérir sur pied faute d'humidité. Le temps vient heureusement de changer, il est à l'eau. Dans le Midi, il pleut beaucoup, les orages sont à redouter.

 

Mai 1876   -  Incendie.  -  Vendredi, vers onze heures du soir, un violent incendie a éclaté à Ranville. En très peu de temps, les flammes, poussées par le vent, envahirent trois groupes de maisons. A deux heures du matin, les progrès du fléau dévastateur étaient arrêtés, et à quatre heures tout danger avait disparu. 

La pompe d'Amfréville, accompagnée de M. Viger, a aidé puissamment celle de Ranville. Les pertes s'élèvent environ à 9,000 fr., en partie assurées. 

Le maire, le curé, les religieuses, l'instituteur, le garde champêtre et quelques conseillers étaient des premiers sur les lieux. Tout le monde a fait son devoir. Le nommé Lesueur fils s'est particulièrement distingué en opérant le sauvetage du mobilier. L'on présume que le sinistre es0t dû à l'imprudence d'un homme qui serait entré dans une cave avec une lumière. 

On a fort remarqué que, pendant le plus fort de l'incendie, le nommé Edmond Harvieux, gendre d'un des incendiés, au lieu de porter secours, s'était, avec un de ses enfants, réfugié en chemise chez un voisin, où il a été trouvé, à une heure du matin, couché tranquillement, pendant que sa femme cherchait à sauver le mobilier de son père, qui n'a pas brûlé.  

 

Mars 1877   -  Suicide par amour.  -  Nous avons dans un de nos derniers numéros parlé d'une petite fille qui avait disparu du domicile de ses parents. Lundi dernier, on a trouvé dans la rivière l'Orne, commune de Ranville, le cadavre, d'une jeune fille, âgée de 17 ans ½, elle se nomme Elisa Isabelle, blanchisseuse, et demeurait chez ses parents, à Caen, rue Saint-Jean. Cette fille était recherchée en mariage par un jeune homme, mais il paraît que les parents de la fille s'opposaient à cette union, et que c'est poussée par le désespoir qu'elle s'est jetée dans l'Orne, à Caen, le 2 février dernier. 

Avant d'accomplir son funeste dessein, cette jeune fille avait écrit deux lettres, l'une adressée à son amant, et l'autre à une camarade, dans laquelle elle chargeait celle-ci de prévenir ses parents de sa résolution. Elle manifestait ses regrets de quitter la vie et déclarait qu'elle ne pouvait plus supporter l'existence en présence de l'opposition opiniâtre qu'elle rencontrait chez parents dans ses projets d'union.  

 

Mars 1879   -  Correspondance.  -  La lettre suivante rectifie un article de notre dernier numéro : 

« M. le comte de Guernon-Ranville, ancien ministre de Charles X, n'a pas eu d'enfants, il n'a eu qu'un neveu, M. le comte Charles de Guernon-Ranville, ancien sous-préfet, à Mortain, qui seul a le droit de porter le titre de comte et de s'appeler de Guernon-Ranville, et une nièce, sœur du précédent, Mlle de Guernon-Ranville, aujourd'hui Mme Colmiche, qui habite Ranville. Mme la Marquise de Viaris, née de Guernon, qui vient de mourir, ne peut donc être la petite-fille de l'ancien ministre. »  

 

Août 1879  -  Carrières et tourbières.  -  Les carrières souterraines, telles que celles d'Allemagne, de la Maladrerie, de Fontaine-Henry et de Saint-Pierre-Canivet sont l'objet d'une surveillance toute spéciale. Les carrières à ciel ouvert, beaucoup plus nombreuses et bien moins régulièrement exploitées, ne peuvent être surveillées d'aussi près. Un grand nombre d'exploitants négligent de produire la déclaration prescrite par le décret du 26 décembre 1855, et par suite l'existence même de leurs travaux reste souvent ignorée du service des mines, il en est de même des accidents qui peuvent s'y produire. Heureusement, les carrières à ciel ouvert ne demandent pas, en général, des précautions bien grandes. 

A la suite de deux accidents survenus, les 19 octobre et 27 novembre 1878, dans les carrières abandonnées de Ranville et dans les carrières d'Hérouvillette, les propriétaires ont été mis en demeure de mettre des clôtures aux abords des points dangereux. L'exécution de ces clôtures se poursuit, sous la surveillance du service des mines, et sera prochainement achevé.

L'extraction de la tourbe, dans les marais de Vimont et de Chicheboville, tend à se réduire depuis qu'on a cessé d'employer ce combustible dans la tuilerie du Fresne-d'Argences. Les produits obtenus en 1878 représentent, sur les lieux, une valeur de 5 à 6,000 francs.

 

Juin 1880  -  Les orages.  -  Nous traversons en ce moment une déplorable période de mauvais temps. Jeudi et vendredi derniers, des orages d'une extrême violence ont éclaté sur plusieurs points du département et y ont causé des accidents. Vendredi, la foudre est tombée dans la plaine de Moult-Argences sur une maison non habitée, dans laquelle s'étaient réfugiés six ouvriers et un berger. Les nommés Henri-Félix, dit Caudelair, berger à Moult ; Amand Bornier, carrier à Bellengreville, et Hippolyte Houel, carrier à Benouville, ont eu des contusions et des brûlures graves et sont restés longtemps sans connaissance : les autres en ont été quittes pour la peur. La toiture de la maison a été défoncée et les vitres ont été brisées. Il avait été déposé en ce lieu trois kilogrammes de poudre de mine dans un baril. Par un hasard providentiel, la foudre ne les a pas atteints. 

A Ranville, la foudre a traversé la toiture d'une maison et, arrivée au rez-de-chaussée, est sortie par la fenêtre en passant devant une jeune fille en train de travailler et qui n'a eu que la peur. Les carreaux ont été tous cassés, à l'exception d'un seul que la foudre a percé d'un trou parfaitement rond. A Caen, le tonnerre s'est abattu sur la barque du batelier qui habite à l'extrémité du cours Cafarelli. L'embarcation a été séparée en deux parties par le choc et a coulé. 

A Caumont, l'orage s'est déchaîné avec une violence extrême. Les chemins charriaient des masses d'eau, les ruisseaux ordinaires sont bientôt devenus des torrents. Dans les jardins, les dégâts ont été grands, les herbes sont roulées, sur certains points, les récoltes ont été hachées. 

Dans l'arrondissement de Lisieux, sur divers points de la contrée, et notamment sur les communes de Manerbe, de Coquainvilliers et du Torquesne, la grêle est tombée avec une violence inouïe et a haché les blés. Les grêlons avaient l'épaisseur d'une grosse noisette. Les dégâts sont considérables et montent à plus de 60,000 francs.  

 

Juillet 1880  -  Les orages.  -  Samedi soir, un orage épouvantable à éclaté sur Caen et une partie du Calvados. A Caen, les rues de la ville ont été transformées en torrents et l'eau a envahi beaucoup de maisons. Des arbres ont été renversés par l'ouragan, notamment près de l'école de natation, ainsi qu'à Louvigny 

Dans les communes d'Hérouvillette et Ranville, les colzas, blés, sarrasins, ont été broyés par la grêle.

Le canton d'Évrecy a beaucoup souffert. Les blés, les orges sont roulés et hachés, les seigles, plus avancés, ont la paille moins altérée, mais les sarrasins sont endettés et absolument perdus. Les avoines n'ont plus d'épis, les colzas sur pied sont émondés, ceux qui étaient coupés sont aux trois quarts battus. L'écorce des jeunes pommiers est même détachée du tronc dans les endroits où les grêlons ont frappé. C'est un désastre complet. Les communes les plus frappées sont : Sainte-Honorine-du-Fay , Maizet, Avenay, Esquay, Vieux, Maltot  et Feuguerolles. A Hamars, les récoltes des quatre principales fermes sont complètement détruites et non couvertes par assurances.

Dans le canton de Ryes, on évalue à plus de trente mille francs les dégâts causés par la grêle.

A Fontaine-Etoupefour, les dégâts s'élèvent à 30 000 fr. A Argences, la foudre a tué une jument appartenant au sieur Deschamps, maître d'hôtel.  A Billy. elle est tombée sur la maison du sieur Bisson, a dérangé un lit dans lequel étaient couchées deux personnes, mais n'a fait que de légers dégâts. A Livarot, elle a brûlé une meule de foin. A Trouville, il y a eu un véritable déluge.

A Goustranville, la foudre a tué une jument appartenant à M. Gosselin. A Dozulé, les marronniers placés de chaque côté de l'église ont été rompus.

Cet orage a aussi occasionné de grands dégâts dans le canton de Balleroy : la foudre est tombée plusieurs fois, et a renversé, à Balleroy, deux personnes qui se trouvaient dans un champ, sans leur faire néanmoins de graves blessures. A Castillon, par suite de la foudre, le feu a pris à une boulangerie dépendant de la ferme de M. Pelcerf. Perte 600 fr. Assurée.

A Honfleur et les environs, notamment du côté de Gonneville, l'orage a fait des dégâts considérables. Rue Boudin, à Honfleur, une petite fille a été renversée par la masse d'eau qui, de la côte, se précipitait par cette rue en pente. Sans le prompt secours d'un habitant du quartier qui fut assez heureux pour ressaisir l'enfant qui disparaissait entraînée par le courant, il est certain qu'elle n'eût pu d'elle même échapper au danger qui la menaçait.

Le préfet rappelle aux maires dont les communes ont subi des pertes, qu'ils doivent adresser à la préfecture une demande de secours, indiquant nominativement les cultivateurs sinistrés et la perte de Chacun. Dans la même pétition, ils feront connaître les noms de deux cultivateurs d'une commune voisine les plus aptes à assister les contrôleurs dans l’estimation des pertes.

 

Octobre 1880  -  Avis aux réservistes.  -  Les gendarmes de Troarn ont, en vertu d'un bulletin de recherche, procédé à l’arrestation du nommé Pierre-Emile-Eugène Lecourtois, 29 ans, né à Ranville, insoumis de la classe de 1872, lequel, comme réserviste, ne s'est pas présenté pour accomplir la période de vingt-huit jours, au mois de septembre dernier. Interrogé par les gendarmes, il leur à déclaré qu'au moment de l'appel des réservistes, il se trouvait dans le département de l'Aisne, et que, n'ayant pas d'argent pour se rendre à destination, il ne s'était pas dérangé et avait travaillé pendant ce temps, afin d'acquérir les fonds nécessaires pour revenir chez ses parents, à Ranville.  

 

Juin 1881  -  Instruction et service militaire.  -  La Chambre des députés vient de repousser le projet de loi qui avait pour but de réduire à 3 ans la durée du service militaire. La loi établissant l'enseignement primaire gratuit dans toutes les écoles publiques vient d'être promulguée et sera mise en vigueur à la rentrée prochaine. 

 

Juin 1881  -  Menaces de mort.  -  Dimanche, dans l'après-midi, les nommés Émile Lecourtois et Auguste Legrand entrèrent chez le sieur Ducellier, cafetier au pont de Ranville, à leur table vint bientôt s'asseoir Émile Guernet, journalier. Une discussion s'éleva entre Legrand et Guernet, celui-ci sortit du café, mais y rentra bientôt avec un bâton à la main. Quand Legrand et Lecourtois sortirent, il les attaqua, la rixe fut de courte durée. Mais plus loin, Guernet les rejoignit-et leur lança des pierres. Il fit à Legrand une grave blessure à la tête. La gendarmerie de Troarn ayant été informée de cette agression, le brigadier, accompagné d'un gendarme, se rendit le soir chez Guernet pour l'interroger, mais celui-ci se saisissant d'un fusil chargé mit le brigadier en joue et le menaça de tirer sur lui. Le brigadier se retira, mais fit prévenir les 3 gendarmes de la brigade, la maison fut cernée et le lendemain matin on procéda à l’arrestation de Guernet.

 

Novembre 1881  -  L’hiver.  -  D'après de récents avis des diverses, agences météorologique les plus dignes de foi, l'hiver de cette année sera l'un des plus rigoureux du siècle, du commencement de décembre à la mi-février, le froid serait très vif, la neige est déjà apparue dans l’Est de la France. Elle est tombée dimanche à Lisieux.

 

Novembre 1881  -  Instruction primaire.  -  Un décret porte que chaque commune va recevoir une subvention extraordinaire destinée à lui rembourser la somme qu'elle doit prélever sur ses revenus ordinaires pour la gratitude de l'instruction.

 

Décembre 1881  -  Un drôle de pont.  -  Le service vicinal ferait bien de s'occuper un peu du pont du chemin du Bac-du-Port qui se trouve sur la route de Dives au pont de Ranville, dans la traverse de cette dernière commune. Il va certainement s'effondrer un de ces jours, et déjà plusieurs accidents ont failli s'y produire. On a, il est vrai, interdit aux grosses voitures de passer dessus. Il faudra bientôt faire la même défense aux voitures légères ainsi qu'aux piétons, et suspendre ainsi toute circulation sur un chemin très fréquenté. Il nous semblait pourtant que le service vicinal avait pour mission d'assurer les communications et non pas de les interrompre.  

 

Mai 1885  -  C’est a ne pas croire.  -  Depuis le commencement de l'année, dans le hameau du Marequet, dépendant de la commune de Ranville, il a été volé à MM. Marivint, en deux fois, cinq lapins et une poule ; Godard, une dinde et des poules ; Lepage, deux canards et une dinde ; Osmond, trente francs ; de Brie, quatorze lapins ; Bourdon, deux lapins ; à Mme Dusoir, cinquante bouteilles de vin ; à Mme Truffaut, trois canards et un lapin. 

Pas un seul voleur n'a été découvert. Cependant il y a dans la commune un jeune garde champêtre bien paye et les gendarmes de la brigade de Ouistreham qui visitent la commune plusieurs fois la semaine.

 

Octobre 1891  -  Silence éloquent.  -  Les habitants de Ranville ont offert par souscription une épée au propriétaire du château de cette commune, M. de Brie, qui vient d'être nommé général de brigade. Dimanche, M. de Brie leur faisait à son tour servir un banquet de 300 couverts. Au dessert, le nouveau général s'est levé et, dans une patriotique allocution, a remercié les habitants. Quand il a eu terminé, tous les regards se sont portés vers le maire de Ranville, qui occupait une des places d'honneur. On attendait de lui une réponse à l'allocution de M. de Brie. Mais il a observé un éloquent silence, au grand étonnement de ses administrés, qui le croyaient plus bavard que ça, surtout après un bon repas, non moins bien arrosé. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Février 1892  -  Circulation interdite.  -  Par suite des travaux pour le tramway de Dives à Luc, la circulation est interdite jusqu'au 1er avril, sur la partie du chemin comprise entre la rive gauche du canal de Caen à la Mer et l'origine du chemin de grande communication n° 57, du pont de Ranville à Dives, par Sallenelles, au haut de la côte de Longueville.   (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Mars 1892  -  Une supplique.  -    Les habitants du littoral, lésés par l'interdiction du pont de Ranville, se demandent, de la façon dont marchent les travaux, s'il sera livré à la circulation dans le délai indiqué, et pensent, avec raison, qu'on eût dû apporter le matériel nécessaire aux travaux avant l'interdiction. Les intéressés supplient l'administration de bien vouloir faire activer ces travaux, car c'est un comble d'interdire un passage aussi fréquenté pour un tramway qui le sera peu. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Avril 1892  -  Vol de dynamite.  -  Les gendarmes de Ouistreham ont arrêté un nommé Gendran, 35 ans, ouvrier terrassier à Ranville. Il était employé aux travaux de terrassement pour le tramway, mais avait depuis quelques jours quitté son travail. On a trouvé sur lui deux cartouches de dynamite, des capsules et de la mèche, dix autres cartouches, enveloppées dans un mouchoir de poche, ont été découvertes dans sa chambre. Gendran, qui était en état d'ivresse lors de son arrestation, a déclaré qu'il avait dérobé ces cartouches chez l'entrepreneur des travaux de la digue, à Cherbourg, chez lequel il a travaillé. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Juin 1892  -  Fête.  -  Dimanche et lundi de Pentecôte, grande fête au pont de Ranville. Tir aux coqs et aux canards et pigeons. Jeux, divertissements. Bal public. (Source : Le Bonhomme Normand) 

 

Juillet 1893  -  Tramway Decauville.  -  La ligne de Caen à Bénouville fonctionne. Ce tramway dessert, d'un côté : Caen, Calix, Hérouville, Blainville et Bénouville ; de l'autre : Ouistreham, Riva-Bella, Colleville, Bréche-d'Hermanville, Lion et le Haut-Lion. 

Enfin, de l'autre côté du Canal : Ranville, Amfréville, Sallenelles, Merville, Le Home et Cabourg, avec correspondances avec les lignes de l'Ouest et de la Mer. Dimanche, il y a eu foule de voyageurs. (Source : Le Bonhomme Normand)  

 

Août 1893  -  Cour d'assises du Calvados.   -  Vol qualifié.  -   François Fouques, 35 ans, cultivateur à Ranville ; François Fremin, 31 ans, charron, Numa Breville, 49 ans, carrier ; Auguste Beaumont, 48 ans, domestique ; femme Breville, 56 ans, couturière, demeurant tous à Hérouvillette, et François Nemèse, dit Kroumir, journalier à Lingèvres, ont littéralement dévalisé les environs de Bavent. Ils ont été condamnés ; Fouques, à 5 ans de travaux forcés ; Fremin, Breville et Beaumont, à 4 ans de prison ; Nemèse à 3 ans. La femme Breville a été acquittée. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Novembre 1894  -  C’est a ne pas croire.   -  Lundi de la semaine dernière, la nuit tombée, le tramway â destination de Dives allait s'engager sur le pont de Ranville, lorsqu'on s'aperçût, à quelques mètres de la rivière, qu'il était ouvert. Un accident épouvantable aurait pu se produire si le mécanicien n'avait pas fait à temps machine en arrière. On force bien les chemins de fer à faire garder les simples passages à niveau, et on n'oblige pas les tramways à surveiller le passage d'un pont, autrement que par une prescription qu'un employé en goguette peut bien oublier. C'est à  ne pas croire. (Source : Le Bonhomme Normand) 

 

Février 1895  -  Pauvre vieux.   -  Un vieillard de Ranville, Louis Duroy, 76 ans, qui ne pouvait travailler, avait demandé, il y a trois semaines, des secours à la commune. Ces secours ne sont pas venus, il s'est tué samedi d'un coup de fusil dans la bouche. Voilà qui montre combien est défectueuse l'organisation de l'assistance dans nos campagnes. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Février 1895  -  Neige et froid.   -  L'hiver que nous traversons menace d'être un des plus longs que nous ayons eu depuis longtemps. Il est de nouveau tombé de la neige dimanche la nuit, et le froid continue. Les routes et les chemins sont impraticables. On s'étonne de l'inaction des administrations que cela concerne. Les bras inoccupés sont nombreux dans nos campagnes et en leur faisant appel on pourrait rétablir la circulation sur beaucoup de points, au besoin, on pourrait avoir recours aux prestataires. Si cet affreux temps continue, les navires ne pourront plus arriver à Caen. L'Orne est prise et le paquebot La « Dives » est resté huit jours retenu par les glaces près de Longueval. Il n'a été dégagé que mercredi matin. Quant au canal, les glaçons l'encombrent. Cette situation est d'ailleurs générale. La Seine est prise à Paris et à Rouen. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Février 1895  -  Pas de bureau de bienfaisance.   -   Nous avons dit, dans notre dernier numéro, qu'un vieillard de Ranville, Louis Duroy, 76 ans, réduit à la misère et ne pouvant obtenir de secours, s'était suicidé. On nous écrit à ce propos que la commune de Ranville, qui cependant a beaucoup de ressources, n'a pas de bureau de bienfaisance. Après la mort de ce vieillard, va-t-on enfin en établir un ? (Source : Le Bonhomme Normand)  

 

Avril 1895  -  Un père tué par son fils.  -  Les époux Godard exploitent à Ranville un important faisant valoir. Ils sont très connus à Caen où ils écoulent les produits de leur ferme. Louis Godard se livrait à la boisson, pour s’étourdir, dit-on, car il n'était pas heureux du côté de sa femme qu'il aurait épousée, en reconnaissant une fille qui avait 14 ans de moins que lui, c'est-à-dire que si l'enfant avait été pour Godard, il l'aurait eue à 13 ans. Donné sous toutes réserves, à cause de l'étrangeté du fait.

Jeudi matin, la dame Godard était allée à Hérouvillette à l'enterrement de son frère, son fils Victor l'avait accompagnée. Godard était resté à la maison et avait bu. 

Au retour, une querelle s'éleva pendant le déjeuner. Godard se leva de table, un couteau à la main, pour se jeter sur sa femme. Le fils prit un bâton pour défendre sa mère et en frappa son père, puis il prit un couteau et lui en porta plusieurs coups dont un dans l'aine. Une artère fut coupée, Godard tomba baigné dans son sang et mourut quelques minutes après.

On prétendit d'abord que c'était Godard, en se débattant, qui s'était tué. Mais Victor Godard avoua bientôt que c'était lui qui avait frappé son père sans intention de lui donner la mort.  Le fils Godard passe, dans le pays, pour avoir de mauvais instincts, aussi ce drame n'a pas surpris personne. Le parricide a été arrêté et passera aux assises de mai. La dame Godard, qui avait été aussi arrêtée, a été remise en liberté. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Décembre 1895  -  Déraillement du tramway du Calvados.  -  Samedi, le tramway partant de Bénouville à 2 h. 47 du soir, à destination de Dives, a déraillé en arrivant en gare de Ranville, au passage de l'aiguille de la voie de garage. Il n'y a eu aucun accident de personnes. Ce déraillement, dû à la malveillance, est attribué à l'enlèvement du boulon servant à fixer la pointe de l'aiguille au rail. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Décembre 1895  -  Les années bissextiles.  -  Tout le monde sait que l'année prochaine sera bissextile, son millésime étant divisible par quatre. Mais ce que l'on sait peut-être moins généralement, c'est que ce sera la dernière bissextile du siècle, l'année séculaire, celle qui clôturera le dix-neuvième siècle, l'année 1900, ne le sera pas, et nous devrons attendre huit ans pour revoir un mois de février ayant 29 jours. (Source : Le Bonhomme Normand) 

 

Mai 1898  -  Crime ou accident.  -   On a retiré de l'Orne, à Ranville, village des Carrières, le cadavre du sieur Hyacinthe Lacroix, 22 ans, garçon boulanger à Audrieu. Ce jeune homme, trouvant qu'il ne gagnait pas assez, était arrivé à Caen, le 5 mai, pour y chercher une place. Dans la journée, il était allé voir son frère, employé, rue de la Gare, et lui avait donné, pour le soir, rendez-vous auquel il ne vint pas. 

Depuis on ne l'avait pas revu. Son corps a séjourné plusieurs jours dans l'eau. On n'a retrouvé sur lui que 1 fr. 50, alors qu'il devait posséder davantage. Une montre et une chaîne ont, en outre, disparu. On ne sait encore s'il y a eu crime ou accident. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Mai 1898  -  Mort accidentelle.  -   Le nommé Pierre Durand, journalier, 47 ans, est tombé, dimanche soir, dans une carrière de Ranville, profonde de 15 mètres et s'est tué. Durand laisse une veuve et sept enfants. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Novembre 1898  -  Coupables sans le savoir.   -  Au mois d'août, les époux Guillemette, journaliers à Ranville, avaient remis au sieur Cabouret, voiturier de Bavent, des lapins de garenne qu'il donna à vendre à la dame Bebin, marchande à Caen. Comme les autres marchands et comme elle l'avait toujours fait, elle les mit en vente à son étalage. Quelle ne fut pas la surprise de toute le monde en recevant, quelque temps après, des assignations pour comparaître en police correctionnelle sous l'inculpation de colportage et vente de gibier en temps prohibé. Tous les trois ont été condamnés à 50 fr. d'amende chacun. C'est par une lettre anonyme que le parquet a été prévenu, il en pleut, parait-il, rue Saint-Jean. 

— Un bonhomme qui n'en est pas encore revenu non plus, c'est le père Eugène Brière, 67 ans, menuisier à Bonnebosq. Énervé d'entendre un chat-huant crier autour de sa maison et de ses poulets, il prit son fusil et envoya du plomb dans l'aile du chat-huant. Le père Brière fut dénoncé, et poursuivi pour délit de chasse. Résultat : 20 fr. d'amende et confiscation du fusil… Pour avoir tiré sur un chat-huant, le père Eugène n'en revient.  (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Décembre 1899   -   Une victime de l’alcool.  -   Vendredi, le nommé Michel Hallot, 45 ans, saisonnier à Ranville, était venu à Caen avec sa femme. Ils y prirent de nombreux sous de café. Vers 7 heures du soir, ils se quittèrent aussi gris l'un que l'autre.

Hallot resta à Caen fort tard. Vers minuit, revenant chez lui, il trouva, à la sortie de la ville, sa femme couchée dans une flaque d'eau. Il la rapporta à Ranville sur son dos, puis retourna, dit-il, chercher des effets qu'il avait laissés à l'endroit où il avait rencontré sa femme. En rentrant chez lui, le matin, il trouva sa femme morte. L'enquête a établi que cette mort était due à l'ivresse et au froid. La femme Hallot s'enivrait fréquemment et tombait de mal. (Source : Le Bonhomme Normand)  

 

Janvier 1900   -   Découverte de cadavre.  -  Samedi, on a trouvé dans l'Orne, à Ranville, hameau de Longueval, le cadavre d'une femme de 65 à 70 ans, de forte corpulence, portant une chemise coton blanc marquée aux initiales C. P. Le corps ne portait aucune trace de violence. On n a trouvé ni papiers, ni autre objet sur le cadavre. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Janvier 1900   -   Cadavre reconnu.  -  Nous avons annoncé dans notre dernier numéro qu'on avait trouvé, dans la rivière l'Orne, à Ranville, le cadavre d'une femme de 65 à 70 ans. L'identité est établie. C'était celui de la demoiselle Lepley, rentière, âgée de 72 ans, demeurant rue Caponière, à Caen. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Avril 1900   -   Suicide ou accident.  -  On a repêché de la rivière l'Orne, à Ranville, hameau de Longueval, le cadavre d'un individu, dont l'identité n'a pu être établie et qui était porteur d'une somme de 13 fr. 45 et d'une montre en argent. Le corps ne portant aucuns trace de violence, la mort parait être le résultât d'un suicide ou d'un accident. (Source : Le Bonhomme Normand)

Janvier 1901   -   Basse vengeance.  -   Un individu s'est introduit la nuit dans un petit herbage de Ranville, appartenant au sieur Louis Picard, et a étêté dix-sept pommiers greffés depuis trois ans. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Janvier 1901   -   Le port de la soutane.  -   Plusieurs maires ayant interdit le port de la soutane dans leurs communes, l'archevêque de Paris vient de prescrire aux prêtres de son diocèse de toujours porter la soutane au dehors. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Janvier 1901   -   Le froid.  -   Sans crier gare, le froid et la neige viennent de faire leur apparition. C'est général.

Le Midi n'a pas été épargné, depuis 1870, on n'y avait pas vu pareille chute de neige. Plusieurs trains ont été bloqués. Un grand nombre de personnes sont mortes de froid.

— En Autriche, à Vienne, neuf personnes ont été gelées. A Naples, trois mendiants ont été trouvés morts. A Venise, tous les canaux sont gelés. En Russie, c'est pire encore, les agents de police sont relevés d'heure en heure.

— Dans nos régions, la baisse n'a pas dépassé 14 degrés au-dessous de zéro. En Russie, à Moscou notamment, on a enregistré 35 degrés, toujours au-dessous de zéro. (Source  : Le Bonhomme Normand)  

 

Avril 1901   -   Découverte de cadavre.  -     Lundi, le cadavre d'une femme, jusqu'à présent inconnue, paraissant âgée de 30 ans, a été retiré de l'Orne, à Ranville. L'état de décomposition avancé dans lequel était ce cadavre laisse supposer qu'il a été longtemps dans l'eau. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Août 1901   -   Bains de Mer.  -  C'est incontestable, il y a en ce moment énormément de monde sur nos plages, mais beaucoup de baigneurs ont attendu le 10 et même le 15 août afin de louer pour rien ou pour peu de chose. D'un autre côté, tout le monde restreint son train de maison, et les habitants peuvent, cette année, avec vérité, dire qu'il n'y a que des « mangeux d'œufs » sur la côte.

— Fin de promenade désagréable pour beaucoup, le 10 août. Toute la journée, il a venté. Le soir, la mer était démontée et les bateaux à vapeur n'ont pas pu démarrer, ni au Havre, ni à Trouville.

— Une charge d'infanterie comme on n'en voit guère a eu lieu le jour des courses de Cabourg. La machine, de force insuffisante, parvenait difficilement à monter la rampe de Ranville. Les soldats du 36e qui étaient dirigés vers le champ de courses pour faire la police descendirent de wagon, puis, sous la conduite du commissaire central de Caen, faisant fonctions de commandant, ils poussèrent le train et parvinrent à faire démarrer la machine.

— Fêtes et régates du littoral : le 25, à Arromanches et à Saint-Aubin.  (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Septembre 1903  -  Triste bilan.   -  L'hiver s'annonce mal. Par suite des temps pluvieux, la récolte des blés s'est mal faits, il a fallu, aussitôt coupé, le mettre en meulettes au lieu de le laisser sécher.

Dans ces conditions, le prix du pain ne diminuera guère, heureux encore s'il n'augmente pas.

— Les pommes de terre aussi se récoltent dans de mauvaises conditions, l'humidité ayant propagé la maladie. Peu de fruits de table et presque pas de pommes à cidre. Les bouchers caennais parlent aussi d'augmenter la viande. Voilà le bilan, il n'est pas gai. (Source : Le Bonhomme Normand) 

 

Septembre 1903  -  Suicide.   -   Le sieur Alphonse Besselièvre, 56 ans, surveillant militaire en retraite, demeurant à Ranville, près Troarn, était très affecté de la mort de sa femme survenue il y a trois mois et avait manifesté souvent l'intention de se suicider. On a trouvé, ces jours derniers, le désespéré asphyxié dans sa chambre, close hermétiquement avec de vieux journaux. Près du lit se trouvait un réchaud à charbon et sur la table un papier annonçant que c'était volontairement qu'il se donnait, la mort. (Source : Le Bonhomme Normand) 

 

Février 1904  -   La tempête.   -   Depuis bientôt dix jours une tempête épouvantable désole notre région. Le veut souffle en bourrasque, la pluie, la grêle et la neige tombent en cataractes. Partout les rivières débordent.

 L'Orne et l'Odon sortent de leur lit et inondent les prairies. Celles de Caen, Mondeville, Hérouville et Ranville sont sous l'eau. Les habitants de Louvigny et du bas Venoix sont  bloqués chez eux.

 A Pont-l’Évêque on aurait pu aller en bateau dans certaines rues et la municipalité a dû organiser un service de voitures. Une voie de garage s'est affaissée et devra être refaite.

La crue de la Touques et de l'Orbiquet a été une des plus fortes qu'on ait vues.

Pourtant Lisieux a été épargne, grâce à ses récents travaux de protection.

 A Orbois, canton de Caumont, un champ de pommiers a été dévasté, quarante-trois ont été arrachés par le vent.

— A Feuguerol!es, un gros sapin, rompu, a été transporté dix mètres plus loin.

— A Mesnil-Mauger, la Viette a inondé les chemins sur plus d'un kilomètre et arrêté complètement la circulation.

 A Saint-Pierre-sur-Dives, il y a eu 0,50 centimètres d'eau dans les prés ; on n'avait pas vu pareille crue depuis celle de 1881.

 Sur la cote, la mer charrie des épaves nombreuses. En outre du naufrage de l’ « Etienne-Maurice » dont nous parlons plus haut, de nombreux navires ont été on perdition.

— L'Espérance, de Trouville a été sauvée par le canot de sauvetage de Honfleur.

 La « Rose-Marguerite » de Grandcamp, montée par sept hommes, a été rasée comme un ponton et l'équipage, enfermé dans la chambre et attendant la mort, a été sauvé par un autre bateau, le « Noël », qui, avec une peine inouïe, l'a ramené au port.

 La tempête dure encore et ne paraît pas devoir cesser de sitôt. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Juillet 1904  -   Noyé devant son père.  -   Un saisonnier de Ranville, canton de Troarn, Emile Cagnard, 25 ans, rentrait de la mer en bateau, avec un de ses cousins, marin de l'État, en permission. Ils abordèrent au pont et Émile Cagnard, voulant montrer qu'il était bon nageur, se mit à l'eau pour prendre un bain, malgré les avertissements de son père, monté dans un autre picoteux. 

Le jeune homme fut pris dans le remous du pont et entraîné. Voyant le danger, Cagnard père se porta à force de rames au secours de son fils, mais il arriva trop tard, celui-ci coulait au moment même où il allait le saisir. 

Malgré toutes les recherches le corps n'a pu être retrouvé. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Avril 1907  -  Mort subite.  -  M. Lemarignier, cultivateur, ancien maire de Ranville, a été trouvé mort, samedi matin vers 8 heures. Il était âgé de 71 ans.  M. Lemarignier était atteint d'une maladie de cœur a laquelle il a succombé. 

Il était très estimé dans la commune et de tous ceux qui le connaissaient. (Source : Le Moniteur du Calvados)

 

Avril 1908  -  Découverte d'un cadavre.  -   On a découvert vendredi soir, dans l'Orne, sur le territoire de la commune de Ranville le cadavre de M. Calbris, cafetier place de l'ancienne Comédie, dont nous avions annoncé la disparition il y a quelques semaines.

 

Avril 1912  -   Découverte de cadavre.  -  On a découvert dans l'Orne à 500 mètre environ en amont du pont de Ranville, à moitié enfoui dans la vase le cadavre d'un homme qui a été reconnu pour être celui du nommé Adrien-Léon Ramier, 29 ans, garçon livreur, disparu de son domicile rue Arcisse de Caumont, le 29 février dernier, il était rentré cette nuit-là étant ivre  et avoir dit à sa femme que tout se tourner contre lui, mais qu'il ne voulait plus lui faire de peine et allait quitter existence, il venait seulement lui dire adieu ; il sortit aussitôt ; sa femme qui était couchée, se leva et s'habilla en hâte  rejoindre son mari, mais elle ne put le retrouver dans la rue et le chercha en vain le lendemain partout. Le malheureux avait du se  jeter dans l'Orne et le courant aura entraîné son cadavre jusqu'à Ranville. Par suite du long séjour dans l'eau, la figure du noyer était méconnaissable ; on put établir son identité par  ses vêtements, Ramier était originaire de Clequemont, en Seine-inférieure.

 

Octobre 1913  -  Plantation de calvaire.  -  Dimanche, Ranville a élevé un calvaire, au milieu d'une superbe fête. Une centaine d'hommes se relayant l'ont porté de l'église à son  emplacement. Le drap pourpre et or, sur lequel il était couché, était porté par le maire, des conseillers municipaux et diverses personnalités. La musique de Bénouville prêtait son concours. M. Le chanoine Hugonin a pris la parole. 

 

Avril 1917  - Si le blé manquait !  -  Il y a seulement une soixantaine d'années, on ne comptait pas exclusivement sur le blé pour faire le pain. Les céréales de printemps, orge, sarrasin, maïs, faisaient le fonds de la nourriture de nos paysans, suivant les régions. Chez nous, on mangeait du pain d'orge qui était frais et excellent, et on mêlait la farine de seigle à celle du froment. La galette et la bouillie de sarrasin étaient aussi consommées en quantité, aussi bien en Normandie, qu'en Bretagne. Ailleurs on mangeai des « gaudes » de maïs, s’il est trop  tard pour refaire les blés manqués, on peut encore, en avril, semer d'autres céréales, et même des pommes de terre tardives. Ce serait trop bête de souffrir de la faim, l'hiver prochain, sur la terre la plus fertile du monde.

 

Avril 1917  -  La dernière récolte.  -  Un marchand de cresson, Adolphe Alphonse, 65 ans, demeurant à Caen, rue Pémagnie. était allé, comme de coutume, approvisionner à Ranville. Se sentant souffrant, il s'était réfugié dans la grange de la ferme de M. Lemoine, maire de Ranville. Aux enfants de ce dernier, qui étaient allés lui porter des aliments, il déclara qu'il désirait rentrer à Caen le plus tôt possible pour se faire hospitaliser. Le malheureux n'en eut pas le temps, car, peu après, on le trouvait mort.

 

Janvier 1925  -  Nécrologie.  -  Nous apprenons la mort du vicomte de Rohan-Chabot, survenue à la suite d'une opération douloureuse. Il était le fils aîné de la vicomtesse de Rohan-Chabot et le frère du comte Sébran de Rohan-Chabot, du comte Louis de Rohan-Chabot, Maire de Ranville. Nous adressons à la famille de Rohan-Chabot, l'expression de nos plus vives condoléances.

 

Août 1925  -  Un accident d’autocar.   -  Hier après-midi, un autocar de l'entreprise Godard, de Saint-Aubin-sur-Mer, transportait à Cabourg plusieurs parisiennes en villégiature sur la côte, lorsque près de Ranville, le pneu de l'une des roues avant se détacha. Le conducteur voulut bloquer ses freins, mais ceux-ci ne fonctionnèrent pas. Dirigée sur le côté gauche de la route, la voiture vint s'épauler contre une maison en bordure de la chaussée. Une des voyageuses projetée sur le mur du bâtiment, fut profondément blessée à la main. Une autre touriste. Mme Fontaine, 47 ans, a été contusionnée au bras droit.  

 

Mars 1927  -  Découverte doublement funeste.  -  Le 31 décembre, M. Exupère Houlbey, maire à Ranville, s'était noyé accidentellement dans l'Orne. On ne put retrouver son cadavre.  Or, l'autre matin, son frère, M. Eugène Houlbey, 26 ans, aperçu, en suivant le chemin de halage de l'Orne, une épave arrêtée par un vieux bateau. Curieux, le jeune homme s'approcha et reconnu, avec une douloureuse stupeur, le cadavre de son frère, déjà en état de décomposition.

 

Mai 1927  -  Tragique fin d'un gendarme.  -  Dimanche, vers 19 heures, M. Jean Grenouillac, 25 ans, gendarme à la brigade de Colombelles, revenait à bicyclette de Bénouville avec un ami lui-même monté sur une motocyclette, lorsque, en s'engageant à vive allure sur le pont de Ranville, la roue de son vélo se prit dans un rail de tramway.

Projeté par dessus le parapet, le gendarme essaya bien de s'y agripper, mais tomba presque aussitôt dans l'Orne. 

Les secours,  immédiatement organisés par un témoin, M. Félicien, furent impuissants, à cause de la marée montante, a sauver le malheureux qui, après s'être débattu un moment,  coula sans avoir pu saisir les cordes qu'on lui lançait. L'infortuné militaire, originaire de Baladou (Lot) avait prêté serment il y a un mois à peine. Il était très estimé de ses chefs et de ses camarades. Les recherches entreprises pour retrouver son corps sont, jusqu'ici, restées vaines.

 

Juin 1927  -  Triste épilogue.  -  On se souvient de l'accident mortel survenu, le 29 mai dernier au gendarme Jean Grenouillac, de Colombelles : la roue de son vélo s'étant prise dans un rail, sur le pont de Ranville, le malheureux était projeté dans l'Orne où son corps ne put être retrouvé. Or, samedi, un pêcheur, M. Ducellier, de Longueval, ramenait un cadavre sur la berge, c'était celui de l'infortuné gendarme. Le  corps a été porté à Colombelles, puis dans le Lot, pays d'origine de M. Grenouillac.  

 

Juillet  1928  -  Un terrible accident d'auto.  -  Dans un virage, sur la route de Troarn à Petiville, la roue arrière d'une auto pilotée par M. Jean Lemoine, à Ranville, a chassé dans le fossé, caché à cet endroit par des herbes très hautes.
En voulant redresser sa voiture, M. Lemoine est allé heurter dans un poteau de la ligne téléphonique, qui se trouvait à quelques mètres du lieu du dérapage. Par le choc, un ami de M. Lemoine, qui était assis à côté de lui, M. René Robin, de Ranville également, a été projeté sur le sol il est resté sans connaissance.
Transporté à l'hôpital quelques instants après, il y est décédé des suites de ses blessures.

 

 Juin 1930   -   Un incendie détruit le château de Longueval.   -   Au cours de la nuit, vers 2 h. 30, un incendie s'est déclaré au château de Longueval, propriété de Mme Piotet, qui en était absente depuis une huitaine de jours.

Seul, le chauffeur Youg Cordhuis, 30 ans, de nationalité hollandaise, se trouvait au château lorsque éclata le feu. M. Cordhuis dormait dans sa chambre, située au second étage et au centre du bâtiment principal, quand il fut tiré de son sommeil par le bruit de chute des matériaux dans les appartements voisins. La pièce étant envahie par la fumée et toute retraite lui étant coupée, le chauffeur jeta par la fenêtre le matelas de son lit et se précipita dans le vide. Par malheur, il tomba à côté du matelas, sur des pots de fleurs, et demeura sur place, évanoui.

Peu après, apercevant des flammes, un habitant de Longueval, M.Couvrand, demeurant à 150 mètres du château, donna l'alarme.

On songea tout d'abord à M. Cordhuis dont on s'enquit vainement. On crut ce dernier asphyxié dans sa chambre et l'on se porta à son secours. C'est à ce moment que fut découvert le  chauffeur, toujours inanimé. Des soins empressés lui furent prodigués, l'état de M. Cordhuis qui avait subi une forte commotion n'inspire aucune inquiétude.

En dépit des efforts des pompiers de Colombelles, tout le château comprenant 17 pièces a été détruit à l'exception de deux chambres de bonnes. Quelques meubles du salon, seuls, ont été sauvés.

Les dégâts sont considérables. Le château et son mobilier étaient assurés. On ignore les causes du sinistre sur lesquelles la gendarmerie enquête.  

 

Août 1930   -   L'exploit d'une chauffarde.   -   Passant à bicyclette sur le pont de Ranville, M. Émile Bussy, 52 ans, voyageur de commerce, 9, rue Calibourg, à Caen, a été renversépar une automobile portant le n° 1836  R. D. 4, occupée par trois femmes, et dont la conductrice a poursuivi son chemin.

Blessé au genou et au côté droit, M. Bussy à portait plainte à la gendarmerie de Blainville. Dans sa déposition, il précise que l'une des voyageuses dés aussitôt l'accident, regarda par la glace arrière de la voiture ... et sourit !  

 

Septembre 1930   -   Une ferme en feu.   -   Un incendie dont les causes sont encore inconnues, a détruit une ferme importante à Ranville, sur la route qui relie Ouistreham-Riva-Bella   à  Cabourg. Peu après avoir traversé le pont de Bénouville et de Ranville, s'élevait une coquette maison d'habitation, propriété de Mme Langlois, qui l'habitait avec son gendre et sa  fille,  M. et Mme Lemanissier.

Dans la fin de l'après-midi, le feu se déclarait dans la ferme. Malgré la promptitude des secours apportés par les pompiers de Ranville et de Bénouville, et par la moto-pompe de la Maternité de Bénouville, tous les bâtiments de la ferme et de la maison d'habitation ont été détruits. Rien n'a pu être sauvé à l'exception de quelques meubles. Les bestiaux qui se trouvaient dans les étables et les écuries ont été carbonisés.

En coopérant aux opérations de sauvetage, un des pompiers de Ranville, M. Louis Marie, a fait une chute d'une dizaine de mètres et a été sérieusement blessé. Il a reçu les soins d'un docteur.

Les dégâts sont considérables et peuvent, en première estimation, être évalués à plus de 500 000 francs.

M. le capitaine Bercier des brigades de gendarmerie de Caen s'est rendu sur les lieux pour enquêter.

 

Décembre 1936  -   Un malfaiteur opère à Ranville.  -  Au cours de la nuit, un malfaiteur s'est introduit dans la boucherie Latour, à Ranville. Le malandrin a fait main basse sur une somme de 25 francs environ se trouvant dans un meuble-caisse, et sur trois kilogs de viande. La gendarmerie enquête. (Source : Le Moniteur du Calvados)  

 

Février 1937  - La fâcheuse mésaventure d’un garde-champêtre.  -   Ces jours derniers, un sapin était abattu et volé dans le bois Colmiche, dépendant de la ferme, exploitée par un cultivateur de la localité, M. A. Lacour. Ce dernier porta plainte. L'enquête ouverte par la gendarmerie d'Ouistreham a permis d'établir que le vol avait été commis par une veuve Pierre, 22 ans, et par son frère, Pierre Crouay, 19 ans, fille et fils de la maîtresse du garde-champêtre de Ranville, Paul Fleury, 64 ans. Le sapin ayant été débité et en partie brûlé au domicile du représentant de la loi, celui-ci sera poursuivi pour recel bien qu'il se défende d'avoir été au courant du vol. (Source : Le Moniteur du Calvados)  

 

Mars 1937  -  Abaissement du plan d’eau de l’Orne.  -  Les habitants des communes de Ouistreham, Sallenelles, Ranville, Bénouville, Blainville, Hérouville, Colombelles, Mondeville,  Caen, Venoix, Fleury-sur-Ome, Louvigny, Maltot, St-André-sur-Orne, Feuguerolles-sur-Orne, Bully, May-sur Orne, sont informés qu'un abaissement du plan d'eau de l'Orne aura lieu du  25 mars inclus au 27 mars inclus pour permettre aux riverains d'exécuter les travaux nécessaires à leurs ouvrages établis en bordure de cette rivière. 

Si cette opération ne peut être effectuée par suite des circonstances atmosphériques elle sera reportée à la période s’étendant du 12 avril inclus au 14 avril inclus. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Juillet 1937  -  Le marché du travail.  -   L'activité est soutenue dans l'agriculture.

Les trois fonds municipaux de chômage allouent des secours à 263 chômeurs, dont 200 à Caen, 50 à Honfleur.

Cette semaine encore nouvelle diminution du chômage dans le Calvados, se chiffrant par 26 chômeurs en moins, par rapport à la semaine précédente, le nombre de chômeurs passant de 289 à 263.   (Source : Le Moniteur du Calvados)

 

Juillet 1937  -  Quatre blessés dans une collision.  -  Au cours de la matinée, une collision s'est produite au croisement du chemin le G .C. 37 et d'un chemin vicinal, entre une automobile pilotée par M. Pierre Lancien, 30 ans, employé de commerce, demeurant à Bihorel (Seine-Inférieure) et un camion conduit par le chauffeur René Besmer, 29 ans, au service de M. Denis, marchand de primeurs, rue des Jacobins à Caen, et demeurant dans cette ville, rue de la Seine, 67.

Sous la violence du choc, l'auto de M. Lancien fit plusieurs tours sur elle-même et capota après que l'un de ses pneus eut éclaté.

M. Lancien, sa femme, et un couple qui les accompagnait, M. et Mme Cointrot, de Créteil, ont été blessés légèrement. Ils ont été transportés à l'Hôtel Morel, de Bénouville, où ils étaient descendus.  (Source : Le Moniteur du Calvados)

 

Janvier 1938  -  Le feu dans un château des environs de Caen.  -  Au début de la soirée d'hier, un commencement d'incendie s'est déclaré au Château de la Haume, situé au Bas de Ranville, et propriété de M. Doix. 

Le feu, qui avait pris naissance dans une poutre traversant la cheminée des cuisines, s'est communiqué au plancher d'un salon et a causé dans dans la pièce des dégâts assez sérieux. 

Le sinistre fut combattu par les pompiers du bourg et par les pompiers de Caen accourus sous les ordres de leur nouveau chef, M. Bonza. 

Le capitaine Gaubert, commandant les brigades de gendarmerie de Caen, l'adjudant Michel, des brigades de Caen, et les gendarmes d'Ouistreham s'étaient rendus sur les lieux. (Source : Le Moniteur du Calvados)

 

Janvier 1938  -  Un cadavre dans l’Orne.  -  On a découvert hier après-midi, dans l'Orne, au lieu dit « Longueville », territoire de la commune de Ranville, le cadavre d'un noyé dont le corps avait séjourné quelque temps dans l'eau. Amené sur la berge, le corps a été fouillé. On a trouvé dans les poches des papiers au nom de Allain Marie, cantonnier aux Chemins de  fer de l'État, demeurant à Pontaubault (Manche), né en 1912, à Pleine-Fougères. 

Le corps ne portant aucune trace de blessure, il semble que toute idée de crime doive être, dès maintenant écartée. (Source : Le Moniteur du Calvados)

 

Février 1938  -  Coup de tonnerre à Berlin !   -   Hitler se proclame seul chef des force du Reich et renforce le pouvoir des Nazis.

Devant l'impossibilité d'imposer à l'armée un chef militaire, le chancelier Hitler a assumé la direction immédiate de l'armée. 15 généraux sont mis à la retraite. (Source : Le Moniteur du Calvados)

 

Février 1938  -  La mort horrible d'une jeune femme.   -   Avant-hier soir, vers 20 h. 30, Mme Lemasson, née Rouault femme d'un ouvrier métallurgiste, demeurant au bas-Ranville, emplissait de pétrole une lampe encore allumée, lorsque celle-ci prit feu. 

Les flammes se communiquèrent aux vêtements de la malheureuse qui, rapidement transformée en torche vivante, s'enfuit en poussant d'horribles cris. Un voisin, M. Poulain, se précipita à son secours et parvint à étouffer les flammes à l'aide de son veston, dont il s'était dépouillé. 

Effroyablement brûlée sur tout le corps, Mme Lemasson est décèdée, après d'atroces souffrances, à l'hôpital de Caen, où elle avait été transportée. Originaire de Sens-de-Bretagne (Ille-et-Vilaine), la victime était âgée de 34 ans. (Source : Le Moniteur du Calvados)

 

Mars 1938   -   Le cheptel calvadosien.   -  L'inventaire des animaux de ferme présents dans le Calvados vient de fournir d'intéressants renseignements.

Il y a dans le département 310 590 bêtes à cornes, dont 3 780 taureaux, 18 190 bœufs, 156 030 vaches, etc...

Pour l'espèce chevaline, on compte 40 650 chevaux, dont 31 700 de trois ans et au-dessus. Il existe 62 810 porcs et 24 460 moutons et agneaux. (Source : Le Moniteur du Calvados)

 

Mars 1938   -   Un accident.   -   Vers 15 heures, dans le bourg de Ranville, un motocycliste de la localité, M. André Poirier, 25 ans, chauffeur-mécanicien, qui sortait d'une cour, s'est jeté contre une automobile, pilotée pur M. Bernard Saguez, de Breuvery, inspecteur aux Etablissements Peugeot, à Caen.

Dans l'accident, Mme Poirier, qui avait pris place à l'arrière de la moto, a été légèrement blessée à la jambe gauche. (Source : Le Moniteur du Calvados)  

 

Septembre 1938 - Un énergumène. - M. Edmond Chaumont, 49 ans, débitant à Ranville, prévenait hier par téléphone les gendarmes de Ouistreham qu'un ivrogne faisait du scandale chez lui, l'avait frappé et le menaçait de mort. Il s'agissait d'un ouvrier agricole, Alphonse Avice, âgé de 29 ans. sans domicile fixe, qui étant en effet, en état complet d'ivresse.

Cet individu qui avait été déjà plusieurs fois condamné était entré dans le café tenu par M. Chaumont et réclamait à boire. Comme le débitant refusait de le servir il le poursuivit dans sa cour et le brutalisa. Auparavant il avait frappé sa mère qui ne voulait pas le recevoir.

Les gendarmes ont dressé procès-verbal à ce mauvais garçon. (Source  : Le Moniteur du Calvados)

 

Novembre 1938   -  Une vache a été volée.   -  Dans la nuit de samedi à dimanche une vache d'une valeur de 3 200 fr. a été volée au préjudice de M. Armand Lacour, cultivateur à Ranville. Plainte a été portée.  (Source  : Le Moniteur du Calvados)  

 

Juin 1939  -  Un garçonnet se jette contre une auto.   -  Au carrefour du Maresquet, à Ranville, le jeune Rolland Vasnier, âgé de 9 ans, a été renversé devant le domicile de ses parents par l'automobile de M. Marcel Rossignol, 40 ans, boucher à Sallenelles. L'enfant ayant surgi devant lui, M. Rossignol avait donné un coup de volant à gauche pour tenter de l'éviter, mais en vain. Le garçonnet a eu la jambe droite fracturée. (Source  : Le Moniteur du Calvados)

 

Mai 1941    -    Encore un câble coupé !   -    Mardi, la garde des câbles sur la route de Falaise était levée à Caen.

Mercredi, entre Ranville et Colombelles, un autre câble a été coupé à environ 1800 mètres au sud-ouest de Ranville. La gendarmerie française qui a ouvert l'enquête fait un appel  pressant à la population pour qu'elle lui donne, sans délai, les indications utiles pour la recherche du coupable. C'est la rapidité des renseignements recueillis qui peut permettre d'obtenir un résultat. Quiconque a fait des observations utiles doit les communiqués immédiatement à la brigade la plus proche.

Disons une fois encore combien ces actes anonymes de sabotage sont odieux et lâches ; combien aussi ils sont absurdes et inutiles, puisque le matériel de détection que possèdent les  troupes allemandes leur permet de découvrir rapidement le lieu de sectionnement. Bref, les seules victimes de ces méfaits sont les populations françaises frappées de sanctions collectives et de fatigues dont elles se passeraient bien. Or on arrive à se demander si le but profond de tant de sabotages n'est justement pas de rendre les français encore plus malheureux aigris et haineux...  

 

Juin 1944  -   Bataille de Normandie.  -  Ranville a été le premier village de France libéré le 6 juin 1944 par le 13e bataillon parachutiste britannique,  commandé par le  Lieutenant-Colonel Peter Luard.  Le clocher médiéval de l'église a été le théâtre d'un fait tragique : un tireur allemand embusqué au sommet a abattu trois parachutistes britanniques, avant d'être lui-même tué. Il repose aujourd'hui auprès de ses victimes dans le cimetière civil à quelques mètres du clocher.

 

Mars 1945  -  In memoriam.  -   La Fédération des anciens Combattants Belges du Calvados fera célébrer, dimanche à 10 h. 30, en l’église de Ranville, un service solennel à la mémoire des soldats de l’Armée belge de Libération, morts au champ d’honneur.   (Source : Le Bonhomme Libre)

 

Mai 1945  -  Des patriotes à l’honneur.  -  Le Comité Départemental de Libération a cité à l’ordre du jour de sa séance plénière, avec inscription au procès-verbal :

Pour leur belle conduite durant l’occupation, et pendant le débarquement : M. Arthur Lequen, Ranville  -  « Grand blessé de la guerre 14-18, médaillé militaire. A fait preuve, pendant toute la période du 6 juin au 17 août du dévouement le plus absolu pour les Anglais et les réfugiés. Est resté sans se mettre à l’abri un instant et sans prendre aucun repos à leur  entière  disposition, se prodiguant pour les nourrir et les abriter sous les bombardements ».

  -  M. Laurent André, garde-champêtre à Ranville  -  « Blessé de la guerre 1914-18. Pendant l’occupation allemande,  a cherché constamment à faire échapper les hommes au travail  obligatoire et à les camoufler malgré les risques qu’il courait. Dés l’arrivée des Anglais, s’est mis à leur entière disposition et leur a rendu des grands services par les renseignements  qu’il leur a procurés souvent sous un violent bombardement ».

Nous pouvons être fiers des ces vaillants compatriotes.  (Source : Le Bonhomme Libre)

 

Septembre 1945  -  La fête de Longueval.  -  Le coquet hameau de Longueval, dépendant de Ranville, premier village libéré de France, voit renaître, cette année, sa fête patronale fixée au dimanche 30 septembre.

Sous l’énergique impulsion de M. Colin, nouveau conseiller municipal, et du Comité de Fêtes, tous les habitants ont rivalisé de zèle pour l’organisation de cette fête locale qui aura,  cette année, un attrait particulier. Un programme magnifique fera la joie de la population qui oubliera dimanche et lundi les dévastations et les ruines.

Les visiteurs seront nombreux et ne regretteront pas leur déplacement. Qu’on se le dise ! (Source : Le Bonhomme Libre)

 

Mai 1946  -  Les fêtes du débarquement.  -  Ranville qui fut libérée à l’aube du débarquement par les troupes de parachutistes alliés célébrera le 6 juin, le deuxième anniversaire de sa  délivrance en présence d’un détachement de la 6e Division Airborne. A 10 h. 30, messe en musique, avec le concours d’un groupe de la « Fraternelle » de Caen, à l’issue de la messe,  dépôt d’une gerbe aux monuments aux morts Français, Belges et Anglais au cimetière Pégasse ; Fête foraine sur la place de la Libération ; 16 h. Dépôt d’une gerbe à la plaque commémorative ; Vin d’honneur ; à 22 h., Bal, entrée 40 francs. (Source : Le Bonhomme Libre)

 

Juin 1946  -  Les dangers de la récupération.  -  Deux habitants de Blonville, René Jeanne, 32 ans, et Hélène Devinast, récupéraient, pour leur compte, des douilles d’obus sur le territoire de la commune de Ranville. L’un des engins fit explosion tuant sur le coup René Jeanne. Grièvement blessée, sa compagne fut transportée à l’hôpital de Caen où elle a subi  l’amputation de la main droite.

Un polonais, nommé Micheliech qui se trouvait sur les lieux n’a pas été atteint par les éclats du projectile. (Source : Le Bonhomme Libre)

 

Janvier 1947  -  Toutes les terres exploitables doivent être utilisées.     Toutes terres incultes ou abandonnées peuvent faire l’objet d’une demande de concession pour être remises  en exploitation. Bien qu’en dehors des terrains pas encore déminés ou non remis en état, les terres incultes soient rares dans le Calvados, il est possible que certaines parcelles ne soient pas utilisées. Les demandes de concessions doivent être adressées à la Préfecture du Calvados, 4e division. (Source : Le Bonhomme Libre)

 

Janvier 1947  -  L’entretien des tombes des militaires alliés.     La commission Impériale des sépultures militaires britanniques procède à l’aménagement définitif des nécropoles  ci-après : Cimetières militaires britanniques de Fontenay-le-Pesnel, Secqueville-en-Bessin, Ryes, Cambes, Douvres-La-Délivrande, Tilly-sur-Seulles, Hottot-les-Bagues, Hermanville, Brouay, Saint-Manvieu, Ranville-Jeruzalem, tombes britanniques du cimetière communal de Ranville, cimetières militaires canadiens de Brettevile-sur-Laize et Bény-sur-Mer, Cimetière militaire polonais de Langannerie.

Des arbustes et des fleurs vont y être plantés. Les personnes ayant adopté des tombes de soldats sont priées de n’y déposer que des fleurs coupées et de s’abstenir de déposer des couronnes artificielles ou des récipients quelconques (vases, douilles d’obus, etc…).  (Source : Le Bonhomme Libre)

Janvier 1947  -  L’écharpe tricolore.     M. Césare Doix a été élu adjoint au maire de Ranville en remplacement de M. le comte Louis de Rohan-Chabot, décédé. (Source : Le Bonhomme Libre)  

 

Mars 1947  -  La mort qui rode.     A Ranville, habitant le hameau de Longueval, Mme Favre, qui dessertissait un obus pour récupérer le cuivre, a été mortellement blessée par  l’explosion de l’engin. (Source : Le Bonhomme Libre)

 

Juin 1947  -  Des récoltes flambent à Ranville.    Un incendie, provoqué par le jeune J…… B……., de Bavent, qui aurait jeté une allumette enflammée prés d’une meule, a détruit cent  quintaux d’avoine appartenant à M. Lacour, cultivateur, 100 000 fr. de pertes. (Source : Le Bonhomme Libre)

 

Juin 1947  -    Un bel exploit des pompiers caennais à Ranville.    Pendant des opérations de désobusage  un incendie prenait naissance, mardi dernier, prés du dépôt de munitions de Ranville, menaçant de faire sauter 150 tonnes d’explosifs. Avec un courage digne d’éloges, les pompiers de Caen, sous les ordres du commandant Fallevoz, s’employèrent durant plus d’une heure à conjurer la catastrophe. (Source : Le Bonhomme Libre)

 

Juin 1947  -    Les suites des l’explosion de Ranville.    Nous avons relaté la semaine dernière la catastrophe dont furent menacés les habitants de Ranville et de la région par suite de  la propagation d’un feu d’herbages à proximité d’un dépôt de munitions refermant 150 tonnes d’explosifs. Les déflagrations partielles qui se produisirent ont provoqué le bris de 150  carreaux à la Maternité de Bénouville. Des vitres ont également volé en éclats à blainville. On signale un blessé au hameau de Longueval. (Source : Le Bonhomme Libre)

 

 Juillet 1947  -    Blessé par un engin de guerre.    M. Léon Chardinne, au service de M. René Doix, qui labourait un champ à Ranville, a été blessé à un œil par l’explosion d’un engin de guerre. (Source : Le Bonhomme Libre)  

 

Novembre 1947  -    Le voleur était aux trois-quarts honnête.  -   S’étant rendue à Caen, Mme Monique Filet, cultivatrice à Ranville, avait oublié sur un fauteuil, dans sa chambre un sac renfermant une somme de 65 000 fr.

A son retour, la propriétaire a eu la désagréable surprise de constater la disparition de 15 000 francs. (Source : Le Bonhomme Libre)

 

Décembre 1947  -  On ne passe plus !  -  La circulation sur le pont de Ranville est interdite aux véhicules jusqu’au 5 janvier. (Source : Le Bonhomme Libre)  

Janvier 1948   -   Des munitions explosent à Ranville.  -   Pour la 3e  fois une violente déflagration c’est produite provoquée par l’explosion d’un engin de guerre pesant une tonne dans le dépôt de munitions installer au carrière de Longueval.

Les pompiers de Caen sont intervenus. Un ouvrier qui travaillait à la réfection du pont de Bénouville a été blessé à une main par un éclat du projectile. Dans de nombreuses habitations, les  vitres volèrent en éclats.

Le préfet s’est rendu à la Maternité Départementale où tous les carreaux ont été brisés et des fenêtres enfoncées. Deux vitres de 85 cm sont tombées sur des berceaux sans heureusement atteindre les bébés. (Source : Le Bonhomme Libre)

RANVILLE (Calvados)   

Château du Haume.

RANVILLE  (Calvados) 

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