REUX

Canton de Pont-l'évêque

Les habitants de la commune sont des Reuxois et Reuxoises


Octobre 1868   -   Un phénomène.   -   Un curieux phénomène s'est produit mercredi, vers minuit. Les quelques personnes qui, à cette heure avancée, se donnaient le plaisir de la promenade, ont aperçu dans l'espace un magnifique meteore qui apparaissant dans la direction de l'est est allé disparaître derrière les hauteurs du bois de Rocques.

Sa forme était celle d'un globe de transparence blanche, traînant à sa suite une longue bande d'un rouge étincelant, illuminant le paysage comme une vive lumière électrique.

La marche peu rapide de ce bolide a permis à ceux qui l'ont aperçu d'admirer son éclat.

Son passage est signalé dans plusieurs villes. À Caen son passage n'a été annoncé par aucun bruit, tandis qu'à Rouen, on a entendu une forte détonation.  

 

Avril 1895  -  Médecine gratuite.  -  Les préfets sont en train de mettre à exécution une loi votée depuis longtemps déjà par les Chambres : L'assistance médicale dans les campagnes. 

Ça ne va pas tout seul, car les conditions sont dérisoires pour les médecins : 1 fr. par visite jusqu'à quatre kilomètres ; 50 centimes par kilomètre en plus. Passe encore pour les médecins qui ont cheval et voiture, mais, pour les autres, quatre kilomètres aller et retour à pied, ajoutés au temps de visite et du repos, donnent bien trois heures, quelque chose comme sept sous de l'heure. C'est-à-dire que le dernier des maçons gagnera davantage que ne recevra un médecin. 

Comment veut-on que ce service soit bien fait ? C'est impossible. Il sera fait comme celui du dispensaire, à Caen, où il faut la croix et la bannière pour avoir la visite des médecins titulaires. (source B. N.)

 

Avril 1895  -  Madame sans gêne.  -  Marie Gervais, femme Lecanteur, 33 ans, habite Reux, près Pont-l'Evêque. Elle a deux enfants de six et dix ans qu'elle envoyait mendier pour se donner du bien-être, au point qu'avec les générosités des habitants de Pont-l'Evêque elle pouvait se payer un homme qu'elle nourrissait et abreuvait. Malheureusement, cette nouvelle madame Sans-Gêne eut l'idée d'envoyer l'épître suivante à M. Jules Ruffin, qui était très malade : « Vraiment, monsieur, avec une pareille fortune comme celle que vous avez, vous n'avez pas pitié de moi et de mes enfants. C'est malheureux pour le peu de temps que vous avez à pisser sur terre. Vous n'emporterez pas votre fortune dans l'autre monde ». Tout cela a valu trois mois de prison à la femme Lecanteur « qui ne les emportent pas en paradis », comme le dit l'un de nos confrères. (source B. N.)  

 

Mai 1895  -   Mère dénaturée.  -  La nommée Célestine Lecanteur, journalière à Reux, a quitté son domicile, abandonnant ses deux enfants sans aucunes ressources, les pauvres petits, âgés de 10 et 7 ans, ont été admis à l'hospice de Pont-l'Evêque. La gendarmerie recherche cette mère dénaturée. (source B. N.)  

 

Janvier 1897  -  Un voleur de vache pincé.  -  Maître Hardy, cultivateur à Reux, en allant un matin visiter ses bestiaux, s'aperçut qu'on lui avait emmené une vache. Il se dit : « L'voleu n' va pas penser qu'on s'en est d'sitôt aperçu, et il va aller vendre ma vaque aujourd'hui à la foire de Livarot ». 

Il ne se trompait pas. S'étant rendu en toute hâte à la foire, il y trouva sa vache et son voleur auquel il tint ce langage : « Eh ! m'n' ami, m'est avis que v'là eune vaque qui n'vos coûte pas cher ?» 

Le voleur n'en demanda pas davantage. Il se sauva, abandonnant sa proie. Mais les gendarmes le rejoignirent. C'était un nommé Benjamin Vigne. Il a été condamné à treize mois de prison et à 16 fr. d'amende par le tribunal de Lisieux. (source B. N.)  

 

Février 1898  -  Des jeux qui finissent mal.  -  Le sieur Auguste Leclerc tient à Reux une ferme appartenant au sieur Gabriel Bénard, 33 ans. Ce dernier venait souvent à la ferme et jouait avec la jeune Leclerc qui n'avait pas encore 16 ans. Des relations coupables s'ensuivirent. Ils ne se cachaient pas, car, à plusieurs reprises, ils ont été aperçus de la route se courtisant dans les herbages. Bénard, poursuivi pour outrage public à la pudeur, a été condamné par le tribunal de Pont-l'Evêque à trois mois de prison et 16 fr. d'amende avec application de la loi Bérenger. Il a pris l'engagement de donner une indemnité à la famille Leclerc, dont la fille est accouchée il y a 2 mois. Bénard est marié et père de famille, sa femme lui a pardonné. (source B. N.)

 

Mars 1916  -  Le temps qu’il fait.  -  Depuis trois jours, on est entré dans le printemps et on attend toujours que l'hiver commence. De l'eau ! toujours de l'eau ! (Que d'eau ! Que d'eau !) Un peu de neige, mais plus de gelées, nous n'avons plus que des hivers pourris. Il doit y avoir quelque chose de détraqué autour de nous. Enfin, malgré les jours mauvais, les arbres bourgeonnent, les oiseaux fredonnent, et notre confrère, M. Lebbyteux, fleuronne, car il a un marronnier déjà épanoui dans sa cour. Celui légendaire des Tuileries va en dessécher de jalousie. 

 

Avril 1916  -  Prisonniers de guerre pour les travaux agricoles.  -  Le Ministre de l'Agriculture vient d'accorder au département du Calvados un contingent de 140 prisonniers choisis parmi les hommes exercés aux travaux agricoles. Ces prisonniers pourront être attribués par équipes de 20, non compris la garde. Ils doivent être logés ensemble, mais peuvent être divisés pour le travail en groupe de 5, au minimum. Les Comités agricoles, les Syndicats et les particuliers qui désirent utiliser leur travail, sont priés de faire parvenir une demande à la Préfecture le plus tôt possible, en donnant les détails nécessaires sur l'étendue et la nature du travail à effectuer et sur l'époque où devra commencer le travail.

 

Avril 1916  -  Une manie dangereuse.  -  Pour la troisième fois, à peu d'intervalle, le feu a pris chez M. Boissière, à Reux, près Pont-l'Evêque. La maison d'habitation et le mobilier ont été brûlés. Une minutieuse enquête a fait découvrir le coupable, qui n'est autre que le fils du sinistré, un jeune homme de 20 ans. Il a avoué être l'auteur des deux précédents incendies. Il ne semble pas très conscient. On l'a arrêté et écroué à Pont-l’Evêque. Les dégâts s'élèvent à 6 000 fr. et sont couverts par une assurance.  

 

Mai 1917  -  Pauvre petit bleuet !  -  Le jeune Othon, soldat de la classe 18, était venu passer vingt-quatre heures de permission chez son ancien patron, M. Descelliers, cultivateur à Reux. Le pauvre bleuet confia à son patron que ses camarades lui faisaient des misères et qu'il ne rentrerait pas, le soir. M. Descelliers lui remonta le moral et parvint à le décider à partir dans la nuit, après s'être un peu reposé. Mais le lendemain matin, en entrant dans la sellerie, le cultivateur trouva son ancien domestique pendu.

 

Février 1929  -  Une victime du froid.  -  A Reux, M. Louis Drandimort, 38 ans, concierge le château de Reux, est mort subitement d'une congestion due au froid.  

 

Mars 1929  -  Grave accident de auto.  -  M. Lebailly, vétérinaire à Reux-sur-Dives, suivait en automobile la route de Crèvecœur, lorsqu'arrivé au lieu-dit « carrefour Goussaire », sa voiture fut violemment heurtée par celle de M. Pilon, notaire à Saint-Julien-le-Faucon, qui débouchait d'une route transversale. Sous le choc, la voiture de M. Lebailly fut renversée est.

Dans la chute, l'occupant de reçut que des contusions heureusement sans gravité, mais sa voiture fut gravement détériorée et semble momentanément utilisable.  

 

Avril 1936  -  Un grand blessé de guerre se suicide.  -  M. Louis Coudray, 46 ans, cultivateur à Reux, s'est suicidé par pendaison dans un bâtiment de sa ferme, à usage d'étable. 

Grièvement blessé au cours de la guerre et titulaire d'une pension d'invalidité de 65 %, M. Coudray donnait, depuis quelque temps, des signes de dérangement cérébral. Il ne sortait presque plus et recherchait la solitude. Fréquemment, il répétait : « Ceux qui sont morts sont bien heureux... ». (source M. du C.)  

 

Août 1937  -  Élections de municipalités.  -  Appelé à élire le maire, par suite de la démission de M. le marquis d'Oilliamson, et à nommer aussi l'adjoint, M. Joseph Sureau étant décédé, le conseil municipal de Saint-Germain-Langot a désigné pour les remplacer MM. le vicomte d'Oilliamson et Constant Lecourt.

A l'issue de la réunion, un très beau souvenir artistique a été offert par les anciens conseillers au maire démissionnaire. M. d'Oilliamson a rappelé avec émotion ses quarante-neuf années de vie municipale, dont trente-trois à la mairie, et remercié ses collègues de cette nouvelle marque de sympathie.

Un vin d'honneur a clôturé la séance en réunissant amicalement anciens et nouveaux conseillers.

Reux : Le Conseil municipal vient de procéder à l'élection du nouveau maire de la commune. A l'unanimité, l'assemblée a voté une adresse de sympathie à M. Arthur Pillon, maire depuis 1919, qui fut démissionnaire pour raison de santé.

Puis, sous la présidence de M. Verger, adjoint, on procéda à l'élection du nouveau maire. M. Rémy a été proclamé élu. (source M. du C.)

REUX  -  Le Manoir du Bois Tillard

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