UN SIÈCLE D'HISTOIRE DU CALVADOS

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RULLY

Canton de Vassy

Les habitants de la commune sont des Rullois, Rulloises


Novembre 1789   -   Les limites respectives desdits départements sont les paroisses.   -   Il a été définitivement arrêter entre Messieurs les députés du département de Caen et d'Alençon que les limites respectives desdits départements sont les paroisses dont le détail suit, lesquelles feront partie du département de Caen :  Le Petit et le grand Treiuttemer (Truttemer-le-Grand) ; Bernière (Bernières-le-Patry) ; Ruilly (Rully) ; Vassi (Vassy) ; St Germain du Crissous (St Germain du Crioult) ; Condé-sur-Noireau ; St Christophe ; Ouilly ; Les Esles Bardel (Les Iles Bardel) ; Fourneaux ; Cordey (Corday) ; Vignards (Vignats) ; Fourche (Fourches) ; le Marais ; la Chapelle Chouquet (la Chapelle Souquet) ; Grandmenil (Grandmesnil) ; Garnetot ; St Geneviève ;  St Germain de Mongommery (St Germain de Montgommery) ; et la Halle Bourdière (commune de familly) de sorte qu’au delà desdites paroisses du côté du departement d’Alençon, celui de Caen ne pourra réclamer aucune partie du territoire, mais il est entendu que les deux regards* (Voir dans la marge) font partie de celui de Caen. Fait et arrêté ledit jour et an. Signé le Cte Louis de Vassy et Belzais de Courmenil.

*  Les paroisses de St Martin et St Pierre du Regard font partie du Bourg de Condé-sur-Noireau. (Source : Archives Nationales)

 

Janvier 1846   -   Rapport du jury central de l’exposition des produits de l’industrie française en 1844.  -  Nous venons de recevoir communication du rapport dont nous venons d'écrite le titre.

Ainsi la part du département du Calvados dans les récompenses décernées à la suite de l'exposition de 1845, a été : Une médaille d’or, Cinq médailles d'argent, Neuf médailles de bronze, Sept mentions honorables, Quatre citations favorables.

Mais avant d'en venir à ce détail, nous ne pouvons nous dispenser de faire remarquer qu'en 1798 date de la première exposition, on ne comptait que 110 fabricants qui y eussent envoyé leurs produits et que la dixième, celle de 1844, en a vu 3 960. Quel développement en près d'un demi-siècle.

Produits céramiques. - MM. Fred Langlois et Cie ont établi nouvellement à Isigny une fabrique de grès-cérame qui va parfaitement au feu.

Elle est trop récente pour que ses produits puissent être complètement appréciés par le jury qui se borne à la citer favorablement.

Madame veuve Langlois, à Bayeux, a reçu en 1839 la médaille de bronze pour ses porcelaines, qui jouissent éminemment de la propriété de soutenir sans altération des changements de température assez élevés et assez brusques. Elle est toujours digne de cette médaille.

Papeterie. - M. Jean Barey, à Milly prés Villers-Bocage, a exposé des cartons minces et forts obtenus des tiges du colza, ils sont souples, légers, on peut même écrire sur ces cartons. En attendant qu'on puisse bien les juger, une citation favorable est accordée à cet exposant.

Tannerie. - Rappel de médaille de bronze décernée en 1839 à M. Durand (Pierre), à Rully, pour ses veaux d'une excellente qualité, fort recherchés par les fabricants de cuirs vernis. 

Ainsi la part du département du Calvados dans les récompenses décernées à la suite de l'exposition de 1845, a été : Une médaille d’or, Cinq médailles d'argent, Neuf médailles de bronze, Sept mentions honorables, Quatre citations favorables. Le compte que nous venons de rendre, s'il est, comme nous le disions en commençant une récompense des travaux des exposants qui y sont dénommés, doit être un encouragement, une excitation pour ceux qui, marchant dans la même route, peuvent prétendre à un égal succès.  (Source  : Journal de Honfleur)

 

Juillet 1867   -   Un louerie.   -   D'après une décision du Conseil municipal de Rully, une louerie de domestiques et d'ouvriers pour la moisson, aura lieu dans cette commune le dimanche 14 courant.

À l'occasion de la fête Saint-Martin, et de l'inauguration de cette louerie, il y aura quelques jeux de réjouissance, dont voici le programme :

à 1 heure, commencement de la louerie, à 5 heures : Courses en sac ; Course à pied ; Jeu de la tuile ; Chasse au gigot. A 9 heures et demie, feux d'artifice.

 

Août 1869   -   Fait divers.   -   Un acte d'inqualifiable sauvagerie est venu indigner, il y a quinze jours environ, la population de la commune de Rully, près Vassy.

La dame X... n'avait qu'un enfant, un jeune garçon d'environ neuf ans. Elle l'envoya ramasser du crottin de cheval sur la route et lui intima l'ordre d'en rapporter plein son panier s'il voulait éviter une correction sévère. Il paraît que l'enfant, pour une cause ou pour une autre, ne put s'acquitter convenablement de sa commission, et, pour remplir son panier, il vida celui d'un petit camarade. Plainte fut portée à la mère qui, pour punir le petit délinquant, se rua sur lui comme une furie, l'accabla de coups, malgré ses cris, et le foula aux pieds après l'avoir jeté à terre. Le grand-père survint et recommença la correction. Le pauvre enfant fut laissé râlant et n'ayant plus qu'un souffle de vie. On le mit au lit, un médecin fut mandé, mais son  assistance devint inutile.

La victime de ce traitement indigne ne tarda pas à succomber aux suites des coups qu'elle avait reçus. Quelques jours après, la justice ayant été informée de la conduite de ces parents dénaturés, ils furent incarcérés après une enquête à laquelle elle procéda, et ils auront à répondre de la mort de l'enfant.

 

Août 1869   -   Fait divers.   -   Dans notre dernier numéro, nous parlions d'un acte de brutalité qui aurait eu lieu à Rully (canton de Vassy). Les faits heureusement n'ont pas eu l'importance qu'on leur avait donnée dans le récit par nous publié.

Le cadavre de l'enfant a été exhumé. Du rapport du médecin qui la examiné, il résulte que la mort a été occasionnée par une maladie dont la cause est toute naturelle. Le corps ne présentait aucune trace de violences, et une ordonnance de non-lieu a été rendue en faveur de la mère et du grand-père.  

 

Mars 1873   -   Tirage au sort.   -  On procède en ce moment au Tirage au sort. Malgré l’établissement du, service militaire obligatoire, ce tirage à été maintenu. Il a, du reste, une certaine importance, les jeunes gens qui tireront les numéros les plus élevés ne feront qu'une année de service, où même six mois, s'ils passent avec succès, au corps leurs examens. Les jeunes gens qui tireront les numéros les plus bas, 1, 2, 3, etc……, jusqu'à un chiffre que le ministre à la guerre fixera suivant le nombre de soldats dont il aura besoin chaque année, feront cinq ans de service.

 

Mars 1873   -   Prenez garde à vous !   -  Nous rappelons à nos lecteurs qu'il est interdit d'introduire dans les colis expédiés par voiture ou chemin de fer, des lettres ou circulaires assujetties à des droits de poste. Et si nous faisons cette remarque, c'est qu'en ce moment l'administration des postes fait fouiller tous les colis à leur arrivée dans les gares de chemins de fer et dans les bureaux de voitures publiques. De nombreuses contraventions ont été constatées en ces derniers jours.

 

Avril 1873   -   Incendie.   -  Le 10 de ce mois, vers midi, un incendie accidentel a éclaté à Rully, et a consumé la maison d'habitation du sieur Victor Larcher, journalier. La perte est évaluée à 1 000 fr., couverte par une assurance.

 

Novembre 1877   -  Secours.  -  M. le ministre des cultes a accordé à la fabrique de Rully un secours de 300 fr., pour l'aider à payer la dépense d'acquisition d'objets mobiliers.  

 

Octobre 1879   -  Chute de voiture.  -  Vendredi de la semaine dernière, vers trois heures de l'après-midi, le sieur Victor Guillouet, cultivateur et boulanger à Rully, arrondissement de Vire, étant monté sur une charretée de sarrasin, le cheval partit inopinément, et le sieur Guillouet, perdant l'équilibre, tomba à la renverse. Dans sa chute, il se fit plusieurs contusions à la figure, et depuis cet accident, il ressent aussi de vives douleurs dans la poitrine.  

 

Novembre 1879  -  Dons et subventions.  -  Les secours suivants ont été accordés aux communes ci-après : Ryes, mobilier d'église, 300 fr.  -  Saint-Aubin-d'Arquenay, école mixte, 1 380 fr.  -  Courseulles, restauration de l'église, 1 000 fr.  -  Saint-Aubin-sur-Mer, école de garçons, 3 900 fr.  -  Fontaine-Etoupefour, école des filles, 1 000 fr.  -  Bernières-le-Patry , école de garçons, 8 300 fr.  -  Courson, logement pour l'institutrice, 1 100 fr.  -  Saint-Martin-de-Tallevende, école mixte, 630 fr.  -  Neuville, école de garçons, 3 000 fr.  -   Mesnil-Caussois, mobilier d'église, 300 fr.  -  Rully, école de garçons, 600 fr.  -  Viessoix, école de garçons, 10 000 fr.

 

Octobre 1880  -  Mort subite.  -  Vendredi dernier, un accident est arrivé à Rully, au village des Landes. La demoiselle Madelaine, âgée de 70 ans, montant dans son grenier à l'aide d'une échelle, afin d'aller chercher du bois, a été frappée d'une attaque d'apoplexie et est tombée au pied de l'échelle. Quelques instants après, ses neveux, revenant de l'école, ont trouvé  cette pauvre femme baignant dans son sang, ils se hâtèrent de sortir pour aller prévenir leur père. Des voisins aidèrent à transporter sur son lit la demoiselle Madelaine, qui est morte sans avoir repris connaissance.  

 

Août 1884  -  Les accidents de la moisson.    Les accidents sont toujours nombreux au moment de la moisson. La semaine dernière, à Vassy, il s'en est produit un mortel. Le sieur Soinard, 65 ans, est tombé en tassant des gerbes dans sa grange et s'est brisé la colonne vertébrale. Il est mort deux heures après.

— Le sieur Jouenne, 66 ans, de Saint-Denis-de-Méré, est tombé dans les mêmes conditions. Il a eu de graves lésions internes.

— Jeudi, à Rully, le sieur Décoville fils, cultivateur, occupé à rentrer son blé, était monté sur sa voiture. Les chevaux ayant pris le trot, il sauta à terre et se brisa une jambe.  

 

Janvier 1889  -  Les voleurs d’église.  -  La semaine dernière, des malfaiteurs se sont introduits dans l'église de Rully et ont fracturé le tronc de la chapelle de N. D. de Lourdes.  

 

Juin 1893  -  A propos de sécheresse.  -  La plus grande que nous avions eue en Normandie est celle de 1559. De Pâques à la Toussaint la chaleur fut fort grande, dit M. de Bras. Le temps était toujours à l'orage et, pendant plus de six mois, il ne tomba pas, ou très peu d'eau. L'hiver qui suivit fut très doux et les violettes de mars parurent en janvier. Les arbres, trop avancés, donnèrent peu de fruits. (source : Le Bonhomme Normand)

 

Juillet 1893  -  La sorcière et sa grenouille.  -  Ceci n'est pas une fable, mais une histoire parfaitement vraie. Dernièrement, une vieille dame de Saint-Pierre-du-Regard constatait la disparition de 600 fr. en billets de banque et de 1 550 fr. en billets à ordre.

L'enquête des gendarmes n'ayant fait rien découvrir, la vieille dame fit appeler une sorcière qui habite du côté de Rully, canton de Vassy. Moyennant 20 fr. la séance, la sorcière vint plusieurs fois à Saint-Pierre et finit par faire découvrir à une grenouille celle de la vieille dame, c'est-à-dire les fameux billets, enveloppés dans un journal et cachés sous une armoire. C'est, sans doute, la vieille dame qui avait placé en cet endroit le paquet et elle ne s'en rappelait pas. (source : Le Bonhomme Normand)

 

Novembre 1893  -  Chronique judiciaire.  -   Élie Hébert, 33 ans, épicier à Pierres, 2 journées de travail, violences légères. 

—  Gustave Durand, 21 ans, maçon à Rully, 30 fr., coups et blessures. 

—  Armand Jouenne, 21 ans, cultivateur à Rully, 6 jours, vol. 

—  Arsène LouveL, 29 ans, journalier à Ste-Marie-Laumont, 24 heures, coups. (source : Le Bonhomme Normand)

 

Août 1894  -  Tué avec son fusil.   -   Jeudi matin, le sieur Alcide Robert, 36 ans, boulanger à Rully, entra chez M. Duchemin, pour prendre deux sacs de blé. Robert s'approcha de sa voiture dont il enleva le derrière pour faciliter la charge des sacs. Un vieux fusil à deux coups se trouvait au fond de la voiture. Robert, qui, dit-on, avait l'habitude de braconner avec cette arme, la prit par les canons, « Fais attention, lui dit Duchemin, tu pourrais te blesser ! — Il n'y a pas de danger, il est désarmé ». A peine avait-il prononcé ces mots qu'il tombait foudroyé. Le chien de droite, s'accrochant à un sac, s'était un peu relevé, et, en retombant, avait enflammé la capsule. Robert laisse une veuve et un jeune enfant. (source : Le Bonhomme Normand)

 

Décembre 1896  -  Un cas de fièvre épatant. -  Le sieur François Bernet, demeurant à Rully, près Vire, avait disparu : Il a été retrouvé dans son grenier, étendu sur un tas de foin. On attribue sa disparition, qui a duré sept jours, à un accès de fièvre chaude. On se demandera peut-être comment il se fait que Bernet n'est pas mort de faim. Il est probable que, la nuit, il descendait à la cuisine, car, à plusieurs reprises, on a constaté que du pain y avait été pris. (source : Le Bonhomme Normand)

 

Décembre 1896  -  Vélocipédistes, attention ! -  Au commencement de l'hiver, il est utile de rappeler aux vélocipédistes l'arrêté préfectoral. Pour répondre au vœu du conseil général du Calvados, les ordres ont été donnés pour que prescriptions de cet arrêté soient observées, surtout en ce qui concerne l'éclairage et l'addition d'un grelot ou sonnette pour avertir les piétons et éviter les accidents. (source : Le Bonhomme Normand)

 

Mars 1897  -  Cheval tué par la foudre.  -  Un cheval de 900 fr., au sieur Jacques Leconte, cultivateur à Rully, a été tué par la foudre. (source : Le Bonhomme Normand)

 

Juillet 1897  -  Une septuagénaire brûlée vive.  -  Un incendie dont on ignore les causes, s'est déclaré dans la maison de la veuve Colin, née Decoville, 70 ans, habitant seule à Rully, près Vassy. Les voisins, n'apercevant pas la veuve Colin, enfoncèrent la porte et découvrirent entre le mur et le lit en feu le cadavre de la pauvre femme. Elle avait une cuisse et les pieds carbonisés. Fait à signaler : la veuve Colin avait dit à ses voisins qu'un jour ou l'autre on la trouverait assassinée où brûlée. (source : Le Bonhomme Normand) 

 

Décembre 1898  -  Les armes à feu.   -  Le sieur Blais, 28 ans, domestique chez le sieur Amand Lecoiffier, propriétaire à Rully, près Vassy, s'est blessé grièvement à la main gauche en faisant partir un fusil, chargé depuis longtemps.  (source : Le Bonhomme Normand)

 

Mars 1900   -   Fillettes brûlée vive.  -   Une petite fille de 6 ans, revenant de l'école de Rully, près Vassy, tenait sa chaufferette sous son tablier. Des étincelles mirent le feu à ses vêtements. Sa sœur appela au secours et des voisins accoururent, mais il était trop tard, la pauvre entant mourut dans d'horribles souffrances. (Source : Le Bonhomme Normand)  

 

Avril 1900   -   Petites et grosses bêtes.  -   L'un de nos lecteurs, nous fait une juste observation. Partout, on interdit les courses de taureaux avec mise à mort de la bête. Dans les départements de l'Ouest, on tolère sous le nom de « tir aux coqs,» le massacre de malheureuses volailles attachées par la patte a un piquet.

Pourquoi plutôt protéger les taureaux que les poules. Est-ce parce que ce sont de plus grosses bêtes ? (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Avril 1900   -   Sauvagerie.  -  La veuve Pelin née Caroline Victoire, 39 ans, tisserande à Rully, près Vassy, a le défaut, dit-on, de ne pas savoir mesurer ses paroles.

Les nommés Armand Hubert, 31 ans, et Victor Patard, 23 ans, cultivateurs, ayant sans doute à se plaindre d'elle, l'ont terrassée et frappée, puis ont excité un chien contre elle et l'ont fait mordre au visage. Les blessures de la veuve Pelin sont nombreuses, elle a un avant-bras fracturé et le corps meurtri. Procès-verbal a été dressé contre Hubert et Patard.  (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Novembre 1900  -   Chute dans un puits. -  Le sieur Durant, maçon à Rully, qui travaillait à la construction d'un puits, est tombé de l'échafaudage d'une hauteur de 22 pieds et s'est cassé la jambe gauche.

 

Mai 1901   -   Quatre pendus.   -  On a trouvé, pendu à un pommier dans une prairie, Émile Richebord, 18 ans, domestique à Burcy, près Vire. Le malheureux était économe et sobre. On ne s'explique pas pourquoi il s'est donné la mort.

— La dame Élise Chardin, 40 ans, cultivatrice à Rully, près Vassy a été trouvée, par son mari pendue avec une corde neuve à une poutre du grenier.

Son suicide est attribué à une discussion qu'elle avait eue quelque jours avant avec son père, et qui l'avait beaucoup affectée.

— Le sieur Huet, caissier à Grangues, s'est pendu, on ne sait pour quel motif. La constatation de ce suicide a été faite par la gendarmerie de Dives- sur- Mer.

— Lundi matin, la dame Colas, journalière à Colleville-sur-Orne, a trouvé son fils pendu depuis quelques minutes au milieu de sa chambre. La pauvre mère s'empressa de couper la corde, il était trop tard et l'asphyxie était complète. Colas, âgé de 38 ans, s'adonnait, parait-il, à la boisson. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Novembre 1901    -   Cour d'assises du Calvados.   -   La session débute par trois affaires de coups et blessures ayant occasionné la mort. Ces trois crimes ont été commis sous l'empire de la boisson.

Le premier accusé est un gamin, Gustave Catel, 18 ans, cultivateur à Rully, près Vassy. Un soir d'août qu'il était ivre, comme cela lui arrivait souvent, Catel entendit près de sa demeure un ouvrier chanter en travaillant au clair de lune. C'était un nommé Tabesse, un pauvre diable à demi idiot, gris aussi.

Catel prit son fouet pour aller le faire taire. Tabesse n'en chanta que plus fort. Catel prétend que le chanteur lui donna un soufflet, et que furieux, il riposta par des coups de manche de fouet.

Le pauvre hère eut le crâne fracassé et la mort fut presque instantanée.

Sans remord, Catel s'en fut se coucher et dormit jusqu'au matin. Le cadavre de Tabesse fut trouvé dans une mare de sang. On constata sur son corps vingt-sept traces de coups et trois fractures du crâne.

L'excuse de Catel c’est qu’il était ivre. C’est le fils d'un alcoolique, on dit que sa mère boit aussi. Il a été condamne à deux ans de prison. — Défenseur : Me  Dubourg.(Source : Le Bonhomme Normand)

 

Janvier 1903    -   Parents, veillez.  -   Les époux Alcide Voivenel, propriétaire à Rully, près Vassy étaient partis à la grand’messe, accompagnés de leur aine garçon. Pendant leur absence, leurs deux jeunes enfants jouaient dans la cour.

A leur retour, les parents trouvèrent le plus jeune, âgé de 16 mois, étendu dans la cour et portant à la tête une, blessure d'où le sang s'écoulait.

Malgré des soins empressés, le pauvre enfant, dont la blessure ne semblait pas devoir avoir de suites fâcheuses, était pris d'une méningite et mourait quelques jours après. On ne sait trop comment l'accident s'est produit. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Juillet 1918  -  A la Cour d’Assises  -  Un infanticide.  -  Louise Huard, 21 ans, journalière à Rully, est inculpée d'infanticide.

Voici les faits qui lui sont reprochés. Le 27 avril 1918, vers 9 h. 1/2, la fille Huard, qui travaillait dans un champ à Rully, avec le sieur Garnier, donna le jour a un enfant du sexe masculin. Elle cueillit au pied d'un talus, une fine branche d'un arbuste, et la passa autour du cou du nouveau-né qu'elle étrangla. Elle enterra immédiatement le cadavre dans un talus, et rentra chez elle. La fille Huard, interrogée par des personnes soupçonneuses, nia les faits. Elle n'a avoué son crime qu'en présence des constatations médico-légales, qui 'ont établi que la mort de l'enfant vivant, viable et à terme, était due à la strangulation.

La fille Huard, qui n'a pas d'antécédents judiciaires, ne fait pas l'objet de renseignements défavorables.

M. Franck, substitut du procureur général, soutient énergiquement l'accusation, que Me Le Coq s'efforce de réduire à néant.

La fille Huard, est condamnée à deux années de prison.

 

Juin 1930   -   Les orages causent de gros dégâts.   -   L'orage qui a éclaté soudainement dans la nuit du 14 au 15, sur toute la région de Condé-sur-Noireau, a causé de nombreux dégâts. En dehors des couvertures qui ont été endommagées par la violence du vent et des averses, on signale en différents points les méfaits de la foudre.  

A Cerisy-Belle-Etoile, l'église et deux granges ont été atteintes. Fort heureusement, les commencements d'incendie qui s'étaient déclarés ont pu être rapidement circonscrits. Plusieurs bestiaux qui se trouvaient dans des prés ont été foudroyés, savoir : à Money, une vache appartenant à M. Lecouturier ; à Rully, deux veaux appartenant à Mme Vautier, et au village de Rouvel, près de Vassy, une vache appartenant à M. Letellier.

 

Janvier 1940  -  Trouvée morte en chemin.  -  Le 24 Janvier, Mme Vve Gallier, née Chassu Marie, âgée de 66 ans, originaire de Viessoix, cultivatrice à Rully, village « le Hamel » se rendit, vers 18 heures, chez M. Paul Grave, pour emporter 14 kgs de grain. M. Grave fit remarquer à la sexagénaire que la Charge était trop lourde pour ses forces et que d'autre part, la circulation était difficile.

Malgré ce sage avertissement, Mme Vve Gallier reprit, avec son chargement, le chemin de son domicile. Mais, hélas, à peiné eut-elle parcouru 500 mètres qu'elle s’affaissa, foudroyée par une congestion. Ce ne fut que le lendemain matin que l'on trouva son cadavre tout glacé.

 

Mars 1944  -  Un gendarme est abattu par deux cyclistes.  -  Un drame qui s'est déroulé avec une excessive rapidité a mis en émoi hier, vers 15 h. 30, la commune de Rully. Deux gendarmes de la brigade de Vassy en tournée furent interpellés par deux jeunes cyclistes qui sans aucune discussion tirèrent à tout portant sur l'un d'eux, M Bonnier, le tuant sur le coup.

Leur coup fait, les deux cyclistes prirent aussitôt la fuite. La victime était mariée et père de deux enfants. Les recherches sont entreprises pour retrouver, les deux agresseurs.

      RULLY (Calvados)  -  Le Calvaire 

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