ST - JEAN - le - BLANC

Canton de Condé-sur-Noireau

Les habitants de la commune sont des Saint-Jeannais, Saint-Jeannaises

Octobre 1863  -  Marché hebdomadaire.  -   En 1861, le Conseil municipal de Saint-Jean-le-Blanc a pris une délibération pour demander la création d'un marché hebdomadaire, le dimanche, au bourg.

Cette affaire n'a pu être complètement et régulièrement instruite, en 1862, pour la session du Conseil général, et elle se présente aujourd'hui dans les conditions suivantes : Sur 54 communes de l'arrondissement de Vire, consultées, 22 se sont montrées favorables à la demande, 24 contraires, 8 indifférentes.

Sur 29 communes de l'arrondissement de Caen, intéressées, 11 ont exprimé une opinion favorable, 9 une opinion contraire, et les Conseils municipaux des 9 autres communes n'ont cru devoir prendre aucune délibération.

Dans l'arrondissement de Falaise, 20 communes se sont associées à la demande du Conseil municipal de Saint-Jean-le-Blanc, 2 communes s'y sont opposées, et 6 d'entre elles sont restées neutres.

Enfin, dans la partie du département de l'Orne, limitrophe de l'arrondissement de Vire, les 18 communes dont les Conseils ont délibéré, se classent ainsi : 12 favorables, 6 indifférentes.

La chambre consultative d'agriculture de l'arrondissement de Vire s'est prononcée contre la création demandée, et le Conseil d'arrondissement a pris, dans la première partie de sa session, une délibération dans le même sens.

Je vous prie d'examiner si les raisons invoquées par le Conseil municipal de Saint-Jean-le-Blanc, dans sa délibération, qui contient d'ailleurs tous les renseignements statistiques nécessaires pour apprécier sa demande, sont de nature à justifier la création sur ce point d'un marché pour les denrées, qui se tiendrait le dimanche matin de chaque semaine, si cette création répondrait à un besoin public constaté, sans nuire aux

marchés voisins préexistants, ou si les oppositions qu'elle a rencontrées s'appuient sur un intérêt général qu'elle aurait pour résultat de compromettre, sans autre compensation que de procurer à la commune de Saint-Jean-le-Blanc quelques revenus, produit de droits de place amodiés.

 

Mars 1868   -   Un incendie.   -   Samedi, vers les deux heures du matin, un incendie dont les causes sont encore inconnues, a consumé la totalité de la toiture en chaume d'une maison d'habitation et une petite écurie y attenant appartenant au sieur Jacques Alix, maréchal et aubergiste à Saint-Jean-le-Blanc (Calvados).

 

Mars 1868   -   Une circulaire.   -   M. le Préfet du Calvados vient d'adresser aux maires du département une circulaire relative à l'échenillage et au hannetonnage.

Quant aux hannetons, M. le Préfet dit qu'il insiste d'autant plus pour leur destruction que suivant les entomologistes, une reproduction exceptionnelle de ces redoutables coléoptères doit  se manifester cette année.  

 

Mai 1868   -   Un incendie.   -   Vendredi 8 courant, à trois heures de l'après-midi, un violent incendie a éclaté dans la commune de Saint-Jean-le-Blanc, au domicile du sieur Pierre Louis Libois, cultivateur, et à consumé la toiture d'un appartement couvert en chaume servant à l'usage de grange et étable, d'une longueur d'environ 10 mètres.

On attribue ce sinistre au feu du ciel, car au moment où l'incendie s'est déclaré, un coup de tonnerre venait de se faire entendre.

Au premier cri d'alarme, l'instituteur de la commune, accompagné de tous ses élèves, s'est transporté sur les lieux, où il est arrivé un des premiers, il s'est jeté au milieu des flammes afin de sauver un veau qui allait devenir la proie des flammes.  

 

Juin 1868   -   Un accident.    -   Mercredi matin, un terrible accident est arrivé dans la commune de Saint-Jean-le-Blanc. La petite fille du sieur Lemonnier, âgée de 4 ans, est tombée dans une chaudière pleine d'eau bouillante, pendant que sa mère lui coupait du pain.

Malgré les soins qui ont été prodigués à l'enfant par M. le docteur Leroux, elle est expirée dans la soirée.  

 

Février 1869   -   Un décès.   -    Vendredi dernier est décédée dans la commune de Saint-Jean-le-Blanc, la dame Marie Pannier, veuve Raguet, âgée de 98 ans. Cette femme jouissait de toutes ses facultés, et 8 jours avant de mourir elle allait encore à l'église distante de  sa demeure de près d'un kilomètre, jamais cette dame ne s'est servie de bâton. elle marchait encore aussi droit qu'à l'âge de 25 ans, et ne s'est jamais servie de lunettes pour travailler. Son gendre est âgé de 80 ans.  

 

Juillet 1869   -   Fait divers.   -  Le nommé Alphonse Roussel, âgé de 49 ans, qui, depuis le 20 novembre dernier, avait trouvé moyen, en se cachant dans la campagne, de se soustraire à la peine de trois mois de prison qui a été prononcée contre lui par le tribunal correctionnel de Vire, dans son audience du 23 octobre dernier, pour bris de clôtures et violation de domicile, a été arrêté vendredi dernier, sur le territoire de la commune de Saint-Jean-le-Blanc.

La brigade de gendarmerie de Condé, qui se trouvait en tournée dans cette commune, apprit que le condamné avait été vu, la veille, travaillant au bottelage du foin dans un pré appartenant au meunier Marivingt. Les gendarmes se transportèrent dans le champ en question, mais on leur dit que Roussel travaillait ce jour-là sur un autre pré, village, de la Plumaudière, commune de Lassy. Ils s'y rendirent, accompagnés du garde champêtre, M. Prosper Dufay, et aperçurent en effet Roussel au milieu d'une troupe de huit à neuf botteleurs. Roussel, comme on sait, avait déclaré à qui voulait l'entendre, qu'il se défendrait avec énergie et qu'il n'hésiterait pas à planter son couteau dans la gorge du premier qui tenterait de s’emparer de sa personne.

Les gendarmes se formèrent donc en triangle, et le garde champêtre qui, à cause de ses vêlements civils, devait exciter le moins, de défiance, chez le condamné s'avança seul vers les travailleurs. Roussel, à l'approche du garde champêtre, voulut se mettre sur la défensive, mais celui-ci le saisit courageusement à la gorge, et malgré sa vive résistance parvint à s'en  rendre maître. Les compagnons de Roussel firent un mouvement pour le secourir, mais les gendarmes étaient déjà réunis, et l'arrestation du malfaiteur s'acheva sans aucune autre difficulté.

 

Novembre 1869   -   Fait divers.   -  Dans la nuit du 16 au 17 novembre, un vol d'effets d'habillements estimés à une trentaine de francs a été commis à Saint-Jean-le-Blanc, au préjudice des sieurs Cagnant et Levêque, maçons travaillant à la maison d'école en construction dans ladite commune.

Le voleur paraît être un individu qui, la veille, avait demandé du travail aux deux ouvriers volés, et qui avait passé avec eux une partie de la soirée du 16.

 

Août 1871   -  Fait divers.   -   Le sieur Albert Dalalande, âgé de 26 ans, propriétaire à Saint-Jean-le-Blanc, s?est pendu à un pommier à l'aide d'une corde dont il se servait pour attacher ses bestiaux.  Ce malheureux jeune homme passait dans le village pour ne pas jouir de la plénitude de ses facultés intellectuelles.

 

Août 1871   -  Les impôts  -  Seigneur ! Seigneur ! Que va devenir le pauvre monde ? On met des impôts sur tout.

Sur les chats, sur les serins, sur le tabac, sur le boire et sur le manger.

Mais ce n'est pas tout encore, figurez-vous qu'un député de la droite, qui en aura sans doute mangé comme .. un satisfait, vient de proposer qu'on mette un impôt sur la teurgoule.

La teurgoule ! qu'est-ce que c'est que cela, vont se demander les petites maîtresses et les muscadins.

Mes petits agneaux, c'est le riz cuit au four, c'est la terrinée, que les gens comme il faut de la campagne appellent de la teurgoule….,..

Et cela, parce que les jours de fête, ces nobles goulifards se fourrent de telles cuillerées de ce mets délectable, que la.... bouche leur en teurd !  

 

Avril 1875   -   Le printemps.  -  Un jeune homme de la commune de Saint-Jean-le-Blanc a tenté de se suicider la semaine dernière. Le pauvre garçon aimait deux filles du même village, il leur manifesta si bien une égale tendresse qu'elles se trouvèrent toutes deux dans un même embarras. Sommé par elles de régulariser les choses par le mariage, le pauvre amoureux, fort perplexe, ne trouva rien de mieux que de se faire sauter la cervelle. Il chargea donc son fusil, en mit le canon sous son menton et pressa la détente... La balle, heureusement, a dévié, et après avoir traversé la bouche, elle est sortie sans atteindre le crâne. L'état du blessé n'est pas inquiétant.  

 

Mars 1878   -  Mort de froid.  -  Le 30 mars, le nommé Lerot, âge d'environ 69 ans, idiot, mendiant, à Saint-Jean-le-Blanc, a été trouvé mort de froid dans un pré de la dite commune.  

 

Janvier 1879   -  La neige et les inondations.  -  Une partie de la France a été pendant plusieurs jours enfouie sous les neiges. Sur beaucoup de points, la circulation a été interrompue.

Dans le Calvados, la ligne de la mer a dû suspendre son service. La neige a atteint dans certains endroits plus de trois mètres de hauteur. Dans un grand nombre de localités, on se plaint que les cantonniers n'aient pas été, dès les premiers jours, envoyés sur les routes pour déblayer. Sur la route de Pont-l'Évêque à Bonnebosq, on nous signale des excavations produites par les eaux, ayant pour cause des puits creusés il y a longtemps pour extraire de la marne ou des moellons, à l'administration des ponts et chaussées de veiller.

Au dire des anciens, il faudrait remonter à cinquante ans pour trouver l'exemple d'une semblable avalanche de neige. Pendant l'hiver 1829-1830, on avait été obligé d'employer des soldats de la garnison de Caen pour tracer des voies  sur les routes aboutissant à Caen, les neiges relevées sur les côtés du chemin formaient un talus de 4 à 5 mètres de hauteur. De distance en distance on avait réservé des espaces pour le croisement de deux voitures. C'est le mardi 7 janvier que la neige a commencé à tomber, il y a cent soixante-dix ans, jour pour jour (le 7 janvier 1709), entre 8 et 9 heures du soir, le vent qui était au midi et à la pluie, tourna subitement au nord et à la neige. Le froid fut tellement intense que le pain et l'eau gelaient auprès du feu, les prêtres à l'autel étaient obligés de faire mettre un réchaud plein de feu à côté du calice qui gelait encore, malgré cette précaution.

Le dégel qui s'est produit va amener des inondations, tous nos cours d'eau débordent. Sur les rives de la Loire, la consternation est grande, des villages entiers sont sous l'eau, à Nantes, plusieurs quartiers sont submergés. Les dégâts sont incalculables. L'évêque de Nantes fait un appel à la charité des fidèles en faveur des victimes des inondations. L'une des plus grandes inondations occasionnées en Normandie par les neiges est celle du 2 février 1508. Tous les cours d'eau débordèrent, la Seine s'éleva à trois pieds au-dessus des rives.

 

Janvier 1879   -  Crime et incendie.  -  Un nommé Édouard Godard, âgé de 75 ans, journalier à St-Jean-le-Blanc, canton de Condé, devait de l'argent au sieur Jean-Baptiste Lamotte, propriétaire en la même commune, et était sous le coup de poursuites. Le sieur Lamotte avait fait saisir la maison et les meubles de son débiteur. Le vieillard en avait conçu une vive irritation et avait tenu à plusieurs voisins le propos suivant : « Il veut, me faire vendre ma maison ? eh bien ! je sais bien un moyen de l'en empêcher ! ».

En effet, à 11 heures du soir, Godard mettait le feu à la maison saisie. Elle fut entièrement consumée ainsi que la maison du voisin, appartenant à M. Jules Lemoisson, couvreur. La haine que le père Godard nourrissait contre son créancier n'était sans doute pas satisfaite par ce bel exploit, car, au même moment, une tentative d'incendie avait lieu dans le domicile du sieur Lamotte. Des secours portés dès l'abord en empêchèrent le développement.

Après avoir accompli ces méfaits, le sieur Godard se jeta dans le puits de son créancier, d'où il fut retiré sans vie.

La perte est évaluée à 2 000 fr. pour chacun des immeubles incendiés. Le père Godard aura réussi à faire perdre à son créancier l'argent qu'il lui devait, car rien chez lui n'était assuré. M. Lemoisson, le voisin, n'éprouvera heureusement qu'un léger préjudice, car sa maison était assurée.  

 

Octobre 1879   -  Pêche.  -  La pêche du saumon, de la truite et de l'ombre-chevalier est interdite dans tous les cours d'eau du département, depuis le 19 octobre, au coucher du soleil, jusqu'au premier février 1880, au lever du soleil. Cette interdiction s'applique à tous les procédés de pêche, même à la ligne flottante à la main. 

 

Novembre 1879  -  Danger des machines à battre.  -  Un accident fâcheux s'est produit la semaine dernière dans la commune de St-Jean-le-Blanc. Mme Ruault, propriétaire à Lénault, était allée chez son gendre, M; Loison, lui aider à battre sa récolte de sarrasin. Mme Ruault eut un de ses bras saisi par la machine à battre et l'amputation fut jugée nécessaire. Cette douloureuse opération a été faite par les docteurs Vaullegeard, oncle et neveu, de Condé-sur-Noireau, et Vasnier, de Lassy, L'état de la blessée est aussi satisfaisant que possible.  

 

Juillet 1880  -  Un nouveau piége .  -  Le jour des élections, dans un des Saint-Jean de la Basse-Normandie, il est arrivé malheur à maître Zizi, père et maire de ses administrés. En glissant un bulletin, son doigt s'est trouvé pris dans le trou de l'urne électorale. Il avait beau tirer, le doigt s'étant gonflé, impossible de le dégager. On proposait d'ouvrir l'urne, mais Zizi s'y est opposé au nom de la loi qui défend de toucher à là boite du scrutin avant 6 heures du soir. Et, victime du devoir, il est resté ainsi, de deux à six, le doigt dans l'urne, qu'on ne désigne plus dans le pays que sous le nom de « piège électoral ».  

 

Octobre 1880  -  Le Typhus.  -  Divers cas de typhus se sont déclarés à St-Jean-le-Blanc. Douze vaches appartenant à M. Rasiphe Delalande, propriétaire, ont été atteintes de la maladie nommée la cocotte, ainsi que six vaches et un veau appartenant à M. Jean Laplanche, cultivateur, et deux vaches et six moutons appartenant à M. Auguste Bidard, cultivateur au même lieu. On présume que ce sont des moutons achetés par ce dernier à la foire Saint-Michel, à Vire, qui ont donné cette maladie à ses bestiaux ainsi qu'à ceux de M. Delaplanche, sur la propriété duquel ont passé les moutons atteints. Quant à M. Delalande, ce serait, dit-on, un bœuf acheté à la foire St-Denis, à Montilly, d'un sieur Brion, cultivateur au Plessis-Grimoult, qui aurait communiqué cette maladie à ses bestiaux.  

 

Novembre 1880  -  Vols odieux.  -  Un genre de vol des plus odieux se pratique dans le Calvados, notamment à cette époque de l'année, c'est la dévastation des cimetières, où se conservent les souvenirs.

Les vols ont lieu continuellement, il n'y a pas de semaine où une famille n'ait à déplorer l'enlèvement de quelque objet précieux, de quelque souvenir doublement cher confié à la tombe, à la foi publique ! Récemment encore, c'était une balustrade en zinc repoussé qui a été arrachée d'une fosse et emportée.

 

Novembre 1880  -  Le typhus.  -  De nouveaux cas de typhus se sont déclarés dans les communes de St-Jean-le-Blanc et St-Denis-de-Méré. Une cinquantaine de bestiaux sont atteints. Des mesures ont été prises pour combattre le développement de l'épidémie.

 

Juillet 1881  -  Gare au gigot.  -  Le jour de la fête patronale de Saint-Jean-le-Blanc, au moment où un des trois vainqueurs au mât de cocagne décrochait une blouse, le gigot de mouton, mal attaché, est tombé et a atteint à la tête une petite fille, qui a été fortement blessée.

 

Juillet 1881  -  Les chaleurs.  -  La chaleur torride que nous avons éprouvée pendant la dernière quinzaine s'est fait ressentir partout et depuis longtemps on n'avait vu été aussi chaud. A Paris, à la revue du 14, il y a eu de nombreux cas d'insolation, une vingtaine sont fort graves. Les arbres des boulevards ont perdu leurs feuilles comme à l'automne, et dans les rues on enfonçait en marchant sur l'asphalte, amollie par la chaleur. L’eau a failli manquer.

Dans beaucoup de départements, il y a eu des morts subites causées par la chaleur. A Cincinnati, en Amérique, 414 personnes sont mortes de chaleur. Il faut remonter jusqu'en 1793 pour trouver des chaleurs semblables.

 

Novembre 1882  -  Messe au rabais. -  Les habitants de Saint-Jean-le-Blanc, canton de Condé, rêvaient depuis longtemps d'avoir une petite messe le dimanche : d'abord, pour y assister, ensuite, pour tenir après un petit marché. Les intéressés s'adressèrent à M. le curé de St-Vigor-des-Mézerets, qui demanda 500 fr. comme indemnité de déplacement. Trouvant le prix trop élevé, les paroissiens de Saint-Jean furent trouver le curé de Lénault, qui se chargea de la messe à raison de 400 fr.  Cent francs de gagnés, c'est toujours ça.  

 

Juin 1885  -  Trop tard.  -  Dernièrement, Désiré Jouvin, 42 ans, se cassait une jambe en tombant d'un frêne qu'il émondait pour un propriétaire de St-Jean-le-Blanc. Celui-ci se débarrassa du blessé, qu'il fit reconduire chez lui où il resta sept jours sans soins, car il n'a pas da famille. Un médecin est enfin venu, mais il était trop tard. La jambe n'a pu être remise et Jouvin est blessé pour la vie.

 

Novembre 1885  -  Un sanglier galant.  -  La semaine dernière, un sanglier traversant le chemin, hameau de Crepigny, à Saint-Jean-le-Blanc, aperçut dans le plant du sieur Fontaine une truie couchée au soleil. Il saute dans le plant et s'approche galamment de la truie. Maison l'avait aperçu, trois hommes s'arment de fusils et le sanglier est abattu. Il pesait 75 kilos.  

 

Août 1886  -  Taureau furieux.  -  Samedi, le sieur Dorenlot, soixante ans, cultivateur à St-Jean-le-Blanc, traversait son champ pour se rendre à son moulin, lorsque son taureau s'est jeté sur lui, l'a terrassé, et grièvement blessé à coups de cornes.  

 

Mars 1890  -  Frères ennemis.  -  Les frères Quesnot habitent l'un et l'autre le village de Soumargé, à St-Jean-le-Blanc. Paul Quesnot vend des journaux, Jules est charpentier. Ces deux frères se détestaient. 

Un soir, Jules Quesnot, la femme Leriche et son jeune enfant se rendaient à un village voisin lorsqu'ils rejoignirent et dépassèrent Paul Quesnot et sa mère. Celle-ci marche péniblement avec son bâton. A ce moment, Paul Quesnot murmura quelques paroles de menaces. Jules Quesnot, la femme et l'enfant Leriche les avaient dépassés, lorsque Paul Quesnot saisit le bâton de sa mère et courut après Jules qu'il rejoignit et à qui il porta un violent coup à la tête. S'armant ensuite de son couteau, il en porta quatre coups à la tête et à la figure de Jules, un cinquième coup allait l'atteindre lorsqu'il fut paré par la femme Leriche qui fut blessée au poignet de la main droite. A ce moment, Jules Quesnot porta à son frère des coups de serpe qu'il avait pour son travail. La lutte dura à peine quelques instants. Paul Quesnot alla se faire soigner chez un voisin et rentra ensuite chez lui. Le lendemain, il dut s'aliter et mourut quelque temps après. Jules Quesnot paraît avoir agi dans le cas de légitime défense. Il a été laissé en liberté. Il sera cependant poursuivi pour coups et blessures.  

 

Avril 1890  -  Méchanceté.  -  La dame veuve Richard, de Saint-Jean-le-Blanc a trouvé dans sa cour un grand nombre de petites boules empoisonnées qu'on y avait jetées pour faire périr ses volailles dont plusieurs ont été malades. L'auteur de cet acte est resté inconnu.

 

Avril 1890  -  Une nouvelle épidémie.  -  Une maladie appelée la « Nona » a été signalée d'abord en Italie, plusieurs cas viennent de se produire en Suisse, on craint qu'elle ne gagne la France. Les personnes atteintes restent comme mortes, cette léthargie dure quatre jours, puis on revient. Les cas de mort sont rares.

 

Avril 1890  -  Pêche fluviale.  -  La pêche de tous les poissons autres que le saumon, la truite, l'ombre chevalier et le lavaret est interdite du 15 avril jusqu'au 15 juin compris. La pêche de l'écrevisse demeure interdite jusqu'au 1er août.

 

Octobre 1890  -  Un enfant abandonné.  -  Le sieur Albert Dujardin, cafetier à Saint-Jean-le-Blanc, s'est chargé, il y a quelques semaines, d'un nourrisson, moyennant la somme de 50 cent. par jour. Une provision de quelques francs lui a été versée par la mère de l'enfant, et puis le sieur Dujardin n'a rien vu revenir. Il ne sait même pas ce qu'est devenue la mère. Quant au père, il est inconnu.  (Source B-N)

 

Novembre 1890  -  Audacieux mendiant.  -  Jean Bienassi, âgé de 41 ans, marchand de peaux de lapins, parcourait dernièrement le bourg de St-Jean-le-Blanc, il sonna à la porte du presbytère et, voyant que personne n'ouvrait, il l'enfonça en proférant des menaces, puis il s'éloigna. Il adressa ensuite la parole à plusieurs personnes sollicitant l'aumône avec menaces, et racontant qu'il avait démoli la porte du presbytère. II fut arrêté et le tribunal de Vire l'a condamné à 6 mois de prison.   (Source B-N)

 

Mars 1891  -  Méchanceté.  -  Un de ces derniers jours, le sieur Jules Oblin, boucher à Saint-Jean-le-Blanc, a tué d'un coup de couteau le chien de sa voisine, la dame Dujardin. Il prétendait que l'animal avait pénétré dans sa boucherie et mangé de la viande. L'autopsie du chien a prouvé qu'il n'avait mangé que de la soupe. Plainte a été portée contre Oblin.  (Source B-N)

 

Avril 1891  -  Petit commencement d’incendie.  -  Une dame de St-Jean-le-Blanc, près Condé, qui avait mal dans le ventre, l'enduisit d'un certain liquide propre à guérir ces sortes de douleurs, mais malheureusement combustible. Le soir, une fois couchée, elle dit à son mari d'examiner l'effet produit par le médicament. Celui-ci s’approcha, mais il faut croire que la chandelle n'était pas bien assujettie à son chandelier, car elle tomba et le liquide inflammable prit feu. Le mari a réussi à éteindre seul ce commencement d'incendie. Les dégâts sont de peu d'importance La malade en sera quitte pour quelques douleurs de plus.  (Source B-N)

 

Juin 1891  -  Vol de bestiaux.  -  Charles Gâté, 27 ans, et Armand Lautour, demeurant à Vassy, s'étaient introduits, la nuit, dans l'herbage du sieur Turmel, cultivateur à St-Jean-le-Blanc, et en avaient fait sortir deux bœufs. L'un s'étant échappé, les voleurs mettaient en vente l'autre, sur le marché de Caen, lorsqu'ils ont été arrêtés. (Source B-N)

 

Novembre 1891  -  Lâche attentat.  -  Il y a une quinzaine de jours, la nommée Augustine Quesnée, 18 ans, servante à St-Jean-le-Blanc, revenait de St-Vigor-des-Mézerets, lorsqu'en longeant le bois de Beaumont un individu, qu'elle ne connaissait pas, l'arrêta et chercha à abuser d'elle. Mais elle se défendit énergiquement, appela au secours et put enfin se sauver. Une enquête a été ouverte.  (Source B-N)  

 

Janvier 1892  -  Suicide.  -  Le corps de Miltiade Marie, 40 ans, de St-Jean-le-Blanc, disparu de son domicile, le 28 novembre dernier, a été retrouvé dans la rivière, au bac de Clopée, territoire de Mondeville, samedi dernier. Il paraît résulté de l'enquête que cet homme s'est suicidé.    (Source B-N)  

 

Janvier 1892  -  L’influenza.  -  Cette grippe, pour l'appeler par son nom, fait de grands ravages à Caen, parmi les personnes âgées.

— Dans plusieurs communes des environs, c'est une véritable épidémie. 

— Du reste, partout on France, on nous signale de nombreux cas. En Belgique c'est pire encore. En Italie, il y a de nombreux cas, à Milan, la mortalité a monté de 30 à 100 par jour.   (Source B-N)  

 

Juin 1892  -  Fête.  -  St-Jean-le-Blanc. — Fête St-Jean, le 26 juin. A 7 heures, louerie de domestiques. Jeux et divertissements, illuminations et feu d'artifice fourni par la maison du « Bonhomme normand »  (Source B.N.)   

 

Septembre 1892  -  Femme brûlée.  -  Un incendie considérable s'est déclaré à Saint-Jean-le-Blanc, chez le sieur Laplanche, fermier à la Ruanière. Cette ferme appartient à la communauté de Blon. Tous les bâtiments d'habitation et d'exploitation ont été la proie des flammes. Seule, l'écurie a pu être préservée. Dix minutes à peine ont suffi au feu pour faire ces ravages. 3 000 gerbes de blé, 3 000 gerbes de petit grain, le foin et la paille ont été consumés.

Heureusement les chevaux et les bestiaux ont pu être sauvés. On ne connaît pas encore le total des pertes. On ignore à quelle cause est attribué cet incendie. Une demoiselle Marie, fille du fermier de la ferme d'Escure, était entrée dans la maison pour enlever quelques objets, quand la couverture vint à s'effondrer, l'entourant de flammes, Quand on l'a retirée des décombres, elles était presque carbonisée et elle n'a pas tardé à rendre le dernier soupir dans d'horribles souffrances. Un sieur Maufras, demeurant à Danvou, a été aussi très grièvement brûlé. (Source B.N.)

 

Juillet 1900  -  Père indigne. -  Le 26 juillet, la gendarmerie de Condé-sur-Noireau a arrêté le nommé Pierre Madeleine dit Delaune, âgé de 36 ans, journalier, demeurant à  Saint-Jean-le-Blanc, hameau de Soumarger.

Cette ignoble individu qui est accusé d'attentats à la pudeur sur ses deux filles légitimes âgées l'une de 12 ans, et l'autre de 15 ans, a été écroué à la maison d'arrêt de Vire.  

 

Avril 1912  -  Agression. - Jacques Lehoux, 35 ans, cultivateur à Tourneux, passait en voiture au carrefour Celerin à Saint-Jean-le-blanc, lorsqu'il fut attaqué par une bande d'hommes et de femmes qui voulurent arrêter la voiture et le menacèrent à coups de fourches. Il put leur échapper en mettant son cheval au trot. Une enquête est ouverte pour découvrir les auteurs de cette agression bizarre.

 

Juillet 1917  -  Une mort mal expliquée.  -  Mme Vautier, cultivatrice à St-Jean-le-Blanc, canton de Condé-sur-Noireau, a été trouvée morte, sous son pressoir, par sa sœur, Mme Hinard,  journalière à Lassay, qui habitait chez elle depuis quelque temps. Une enquête a été ouverte sur cette mort dont les circonstances paraissent mystérieuses.

 

Août 1917  -  Mort mystérieuse. -   Mme Himard, journalière à Lasson, qui habite depuis quelques temps avec sa sœur, a trouvé cette dernière morte sous son pressoir. Le Parquet fait une  enquête sur cette mort mystérieuse.  

 

Février 1926  -  Un cultivateur meurt écrasé sous son attelage.  -  Le 14 courant, vers 14 h. 30. M. Hardy, âgé de 50 ans, cultivateur à Saint-Jean-le-Blanc, conduisait un tombereau chargé de bois. L'attelage suivant un chemin très étroit et coupé de profondes ornières. Subitement le cheval fit sortir leurs ornières les roues dont l'une, celle de droite, tomba dans le fossé. La voiture perdant l'équilibre, se renversa.

Pris entre le brancard et le cheval, M. Hardy ne put en être retiré que quelques instants après l'accident. Il avait cessé de vivre.

 

Mai 1927  -  Fin tragique.  -  L'autre matin, M. Louis Le Bissonnais, 59 ans, cultivateur à Saint-Jean-le-Blanc, partait de chez lui en emportant son fusil caché dans un sac. Or, vers 14 heures, Mme Le Bissonnais trouvait dans un champ que le cadavre de son père, tué d'un coup de feu.

On croit que le malheureux, en tirant son fusil du sac, a fait partir le coup et a été atteint au bras. L'artère humérale sectionnée, l'infortuné cultivateur aurait succombé à l'hémorragie.

 

Janvier 1942   -   Tickets de sucre.   -   Les tickets spéciaux de sucre de 50 gr. du 4e trimestre 1941 (titre C. 185) ont leur validité prorogée jusqu'à nouvel ordre, et seront employés pour les régimes concurremment avec les nouveaux tickets de 500 gr. du Premier trimestre 1942 (titre C. 205).

 

Janvier 1942   -   Les tickets de charcuterie.   -   Le Préfet a arrêté que les tickets BA et BB de la feuille de viande du mois de janvier 1942 auront chacune une valeur de 90 gr. Ils seront utilisés en principe pour la charcuterie.

Les tickets-lettres, BC, BD et BE de cette même feuille sont provisoirement sans valeur.

 

Juillet 1942   -   Dans la municipalité.   -   Par arrêté préfectoral,  M. René Camille, conseiller municipal de Saint-Jean-le-Blanc, qui a fait l'objet de plusieurs procès verbaux pour infraction à la législation sur le ravitaillement, a été déclaré démissionnaire d'office de ses fonctions de conseiller municipal.  

 

Mars 1944    -   Fait divers.   -    A la suite du cambriolage du bureau de tabac tenu par Mme Anne, à St-Jean-le-Blanc, les gendarmes ont arrêté trois individus suspects qui se cachaient dans le vieux moulin de Béquerel, sur le territoire de Périgny. Ces bandits, qui ont été nettement reconnus par Mme Anne, s'apprêtaient a attaquer une ferme dans la soirée.   

 

Août 1945  -  Les réquisitions allemandes.  -  Les personnes qui, sur l’ordre des allemands, ont déposé des pneumatiques, batteries et armes, peuvent retirer à la mairie les imprimé nécessaires à la confection de leur dossier. (Source B.L.)

3   St-JEAN-le-BLANC (Calvados)  -  Entrée du Bourg  -  La Mairie

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