UN SIÈCLE D’HISTOIRE DU CALVADOS

1

ST -  LAMBERT

Canton de Thury-Harcourt

Les habitants de la commune sont des Saint-Lambertois, Saint-Lambertoises


Juillet 1840   -   Nouvelle locale.  -  Dernièrement, nous écrit-on, un accident déplorable, attribué à l'imprudence, a eu lieu dans une auberge à la sortie de Falaise.

Le maire de la commune de St-Lambert, son fils et trois autres personnes de la même commune, revenant de la révision, entrèrent dans un cabaret pour y prendre un repas. Ce qui leur fut offert avait été préparé, à ce qu'il paraît, dans un vase de cuivre mal nettoyé, ces cinq personnes ne tardèrent pas à éprouver les effets d'un empoisonnement, et malgré les secours qui leur ont été administrés aussitôt que la cause du mal a été connue, l'on craint pour les jours de plusieurs de ces personnes. ( Source : L’Indicateur de Bayeux.) 

 

Mai 1866   -   Une décision.   -   Par décision du 22 mai 1866, M. le ministre de l'instruction publique a approuvé le projet d'acquisition et d'appropriation d'une école de garçons dans la commune de Saint-Lambert, et en considération des sacrifices que ladite commune s'impose dans cette circonstance, Son Excellence a bien voulu lui accorder un secours de 3000 francs.  

 

Décembre 1868   -   Un incendie.   -   Un incendie, dont les causes sont restées inconnues, a éclaté le 6 de ce mois, vers dix heures du soir à Saint-Lambert, canton de Thury-Harcourt, et a consumé neuf corps de bâtiments servant de maisons d'habitation, granges, étables et écuries, appartenant à huit cultivateurs de cette commune, les sieurs Letournel, Fournet, Maufras, Vasière, Jacques Leneveu dit Lacroix, Amand Leneveu, Jacques Leneveu, et la veuve Leneveu.

Une partie de ces bâtiments étaient assurés. La perte approximative est évaluée à plus de 30 000 francs.  

 

Avril 1870   -   Avis.   -   Les mans ont déjà commencé leurs ravages printaniers, les hannetons vont bientôt sortir de terre. Nous recommandons tout spécialement la destruction de ces coléoptères qui, l'année dernière, ont causé aux agriculteurs des pertes qui se chiffrent par des millions de francs.

 

Avril 1870   -   Fait divers.  -  Un incendie accidentel a éclaté le 28 avril dernier5 à 9 heures du soir, en la commune de Saint-Lambert. Cinq corps de ferme appartenant à M. Amand Fournet, Victor Brunet, Jacques Barasin, François Olivier et Pierre Fournet, propriétaires, ont été entièrement détruits. La perte approximative est évaluée à environ 25.598 fr. dont 20,800 fr. garantis par une assurance. La cause de ce sinistre est jusqu'ici restée inconnue. On sait seulement que le feu s'est déclaré dans un petit bâtiment inhabité situé sur le bord de la grande route.  

 

Septembre 1881  -  Effets de la foudre.  -  Dernièrement, la foudre est tombée à Saint-Lambert, chez M. Désiré Leneveu, menuisier. Toutes les vitres ont été brisées. Au moment même où Mlle Leneveu se disposait à ouvrir l'armoire, pour retirer ses papiers d'un tiroir, celle-ci s'est brusquement ouverte, et les tiroirs ont été violemment projetés contre le mur, à l'extrémité de la chambre. 

Un sieur Héroult, qui se trouvait là, ayant eu l'idée de s’avancer à la porte pour voir la direction que prendrait le fluide pour sortir, a eu la semelle de son soulier emportée, sans que le pied  ait été brûlé. La commotion a été si forte que M. Héroult est resté deux heures sans connaissance.

 

Août 1884  -  Les victimes du travail.    Vendredi midi, un éboulement s'est, produit dans une carrière d'argile à ciel ouvert, située sur le territoire de la commune de St-Lambert, et a enseveli le nommé Désiré Bellou, âgé de 52 ans cultivateur au hameau du Mardet. Retiré immédiatement et transporté à son domicile, ce malheureux est mort quelques heures après l’accident. 

— A Mesnil-sur-Blangy, un chaudronnier de Pont-l'Evêque, la nommé Prosper Haupais, est tombé au fond d'un puits de 12 mètres, pendant qu'il était occupé à en réparer les tuyaux, et s'est cassé les deux jambes, luxé une épaule et fait à la tête de graves contusions.

 

Juin 1887  -  Carte postale.  -  A l'avenir seront punis d'un emprisonnement de 5 jours à 6 mois et de 16 à 3 000 fr., d'amende, ceux qui auront injurié ou diffamé par carte postale. 

 

Juin 1887  -  Sauvetage.  -  Le jeune Tranchant, 14 ans, voulant passer la rivière l'Orne, au Gué du Port, entre St-Lambert et St-Rémy, se serait noyé sans le secours que lui a porté le sieur Constant Lemuroir.

 

Juin 1887  -  Les fortes chaleurs.  -  Les fortes chaleurs que nous subissons ne sont rien auprès de celles que nos pères eurent à supporter. Ainsi, en 1803, la Normandie vit s'écouler une période de quatre-vingt-quinze jours sans pluie. En 1811, année de la fameuse comète, les rivières tarirent dans plusieurs départements. En 1844, nouvelles chaleurs, le thermomètre resta stationnaire entre 50 et 60 degrés. Dans quelques départements, les bestiaux périrent faute d'eau. En 1859, 1860, 1869 et 1874, le thermomètre monta à 38 degrés. L'année dernière, il y eut 20 degrés au mois d'octobre, température exceptionnelle pour la saison.  

 

Mai 1888  -  Viol sur un chemin.  -  Victor Levillain, 29 ans, journalier à St-Lambert, a les plus mauvais antécédents. Après avoir été détenu dans une maison de correction, il a subi deux condamnations pour vol. Il travaille peu, s'enivre souvent et est redouté dans la contrée qu'il à parcourue tout l'hiver en mendiant. Le 22 mars 1888, vers 10 heures du matin, la dame Marie, 21 ans, quittait le domicile de ses maîtres pour se rendre à Donnay, canton d'Harcourt. Arrivée à l'embranchement d'un chemin, elle aperçut un homme dont les allures suspectes  l'effrayèrent. Elle entra dans une maison voisine où elle resta un quart d'heure, mais, quand elle se remit en route, elle retrouva à nouveau l'inconnu qui revenait au-devant d'elle, après s'être caché. 

L'accusé fit alors des propositions honteuses à cette femme et se livra sur elle, malgré ses cris et sa résistance, aux actes les plus obscènes. La malheureuse femme était enceinte. A la suite des violences de Levillain, elle a été pendant plusieurs jours obligée de garder la chambre. Elle a une excellente réputation, et on est surpris de voir que Levillain ose soutenir qu'elle lui a cédé volontairement. 

Levillain a été condamné à 10 ans de travaux forcés et à la relégation.  

 

Décembre 1891  -  Enterrement civil.  -  La semaine dernière, M. Lebrun, maire de St-Lambert, a été inhumé civilement. Plus de 1 500 personnes assistaient au convoi. M. Lebrun a fait beaucoup de bien dans sa commune. Quoique franc-maçon, il a fait des démarches pour obtenir des fonds du gouvernement destinés à la restauration de l'église. Lui en a-t-on su gré ?   Non.  (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Juillet 1892  -  Un noyé.  -  On a découvert dans l'Orne, à Saint-Lambert, un cadavre qui a été reconnu pour être celui du nommé Charles Tallet, 70 ans, journalier. La mort parait devoir être attribuée à un accident.  (Source B.N.)  

 

Février 1895  -  Mort accidentelle.   -  Jeudi, aux mines de Saint-Rémy, un des ouvriers, le sieur Lelouvier, 32 ans, demeurant à Saint-Lambert, tomba dans un puits mesurant 6 mètres d'eau, en traversant une galerie pour se rendre à son chantier. Lorsque ses camarades parvinrent à le retirer, il ne donnait plus signe de vie. Lelouvier avait perdu sa femme il y a deux mois. Il laisse une orpheline de 4 ans. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Février 1895  -  Neige et froid.   -  L'hiver que nous traversons menace d'être un des plus longs que nous ayons eu depuis longtemps. Il est de nouveau tombé de la neige dimanche la nuit, et le froid continue. Les routes et les chemins sont impraticables. On s'étonne de l'inaction des administrations que cela concerne. Les bras inoccupés sont nombreux dans nos campagnes et en leur faisant appel on pourrait rétablir la circulation sur beaucoup de points, au besoin, on pourrait avoir recours aux prestataires. Si cet affreux temps continue, les navires ne pourront plus arriver à Caen. L'Orne est prise et le paquebot La « Dives » est resté huit jours retenu par les glaces près de Longueval. Il n'a été dégagé que mercredi matin. Quant au canal, les glaçons l'encombrent. Cette situation est d'ailleurs générale. La Seine est prise à Paris et à Rouen. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Janvier 1897  -  Noyé.  -  Le sieur Jules Fouquet, 20 ans, ouvrier de filature à Saint-Lambert, est tombe dans l'Orne, près d'un bief. Un de ses compagnons, Édouard Carpentier, 69 ans, se jeta dans l'eau. Au moment où il allait saisir Fouquet, un remous violent l'engloutit et faillit noyer le sauveteur. Cet acte de courage est d'autant plus méritoire que les ouvriers, sortant de l'usine, avaient chaud et que le vieillard courait risque d'être frappé d'une congestion. (Source : Le Bonhomme Normand)  

 

Août 1901   -   Triste accident.  -  A St-Lambert, près Harcourt, la femme Letiraud, qui venait de traverser la rivière l'Orne, dans une barque, est tombée accidentellement à l'eau en voulant mettre le pied sur la terre ferme. Son mari, qui se trouvait à proximité, a voulu lui porter secours, et a sauté vivement à l'eau, mais, comme il était en train de prendre son repas, il a été pris d'une congestion. Des personnes accourues aux cris de la dame Letiraud ont pu retirer celle-ci saine et sauve, son mari était mort quand il a été ramené au rivage. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Décembre 1924  -  Élections municipales.  -  M. Raphaël Lepetit, a été élu maire, en remplacement de M. Leneveu-Lacroix.

 

Décembre 1926  -  Outrages au Maire.  -  Le jour de la fête de St-Lambert, M. Raphaël Lepetit, maire, vit au milieu d'un groupe, un homme qui riait, gesticulait et menaçait. M. Lepetit déclina ses qualités, priant le tapageur de quitter late, mais l'homme, pris de boisson, refusa de s'en aller, et injuria grossièrement le maire, le menaçant même, disent les témoins.

C'était un nommé Maurice Delemo, demeurant à St-Martin-de-Fontenay. Le maire a porté plainte.

 

Juillet 1929  -  Un aveugle se tranche la gorge d'un coup de rasoir.  -  Mlle Romain, 59 ans, rentière, demeurant à Saint-Lambert, hameau de la  vardière, se trouvait chez elle lorsqu'elle entendit des plaintes semblant provenir de la maison voisine occupée par son frère Pierre, dont la femme était partie travailler journée. Accourant aussitôt, Mlle Romain trouvait fermées  portes et fenêtres de la demeure.

Prévenue, Mme Romain regagnait son domicile et brisant un carreau pénétrait dans l'habitation. Elle y découvrait son mari, étendu sur un lit, couvert de sang. Le malheureux, aveugle depuis plusieurs années,  s'était tranché la gorge d'un coup de rasoir au cours d'une crise de neurasthénie.  

 

Juin 1937  -    Pour ne pas aller en prison, un ouvrier agricole et sa maîtresse se pendent.   vers 17 heures, M. Arthur Marie, 26 ans, ouvrier mineur, demeurant à Saint-Lambert, pénétrait pour y prendre des outils dans une grange isolée, située au lieu dit « La Thuile » et appartenant à M. Gobé, ce dernier lui ayant donné l'autorisation de déposer dans le bâtiment ses instruments de jardinage. 

Constatant la disparition d'une petite échelle et d'une caisse, M. Marie se préparait à effectuer des recherches lorsqu'il se trouva en présence de deux corps pendus à une même poutre et à moins de deux mètres l'un de l'autre. Le premier pendu était un homme, le second une femme. Il s'agissait d'un ouvrier agricole, de Saint-Lambert, Cyprien Leberrurier, 42 ans, et de sa maîtresse, une veuve Tirard, condamnés à un mois de détention, le 4 juin, par le Tribunal Correctionnel de Falaise, pour vol d'eau-de-vie. Près des cadavres se trouvaient l'échelle et la caisse disparues. 

La mort remontait à plusieurs jours, car les fosses nasales et la bouche de la veuve Tirard étaient remplis de fourmis, et les yeux de Leberrurier recouverts d’œufs de mouches. 

Dans un panier déposé à proximité des corps, les gendarmes, prévenus, découvrirent un sac à main, des papiers d'identité et un carnet où les désespérés avaient tracé quelques lignes expliquant qu'ils se donnaient la mort parce qu'ils ne voulaient pas aller en prison. Leberrurier et son amie avaient laissé également une déclaration dans laquelle ils donnaient les noms de deux personnes qui auraient également participé à des vols d'eau-de-vie, et qu'ils s'indignaient de n'avoir pas vu poursuivre. 

Lorsqu'elle avait été interrogée par la gendarmerie à l'occasion du vol qui lui avait valu sa condamnation, la veuve Tirard avait affirmé qu'elle se donnerait la mort si l'affaire était publiée dans les journaux. (Source : Le Moniteur du Calvados)

 

Août 1938   -   Une échelle à poisson dans le barrage de Saint-Rémy.   -  Le Préfet du Calvados porte à la connaissance du public que, par arrêté en date du 1er août 1938, il à prescrit une enquête dans les communes de St-Rémy, St-Lambert et Clécy, sur le projet de construction d'une échelle à poissons dans le barrage de St-Rémy.

Pendant toute la durée de l'enquête, soit du 10 août au 30 inclus un registre sera ouvert dans les mairie des communes de Saint Rémy, Saint-Lambert et Clécy, pour recevoir les observations des intéressés.  (Source : Le Moniteur du Calvados)

 

Janvier 1939   -   Un ancien instituteur se suicide.   -   Dans une crise de neurasthénie, M. Armand Lemière, 65 ans, instituteur retraité, demeurant à Saint-Lambert, s'est tiré un coup de fusil dans la tête. Transporté à l'hospice, du Bon-Sauveur, à Caen, il y est décédé peu après. (Source  : Le Moniteur du Calvados)

 

Août 1940  -  Le bûcheron irascible.  -  Il ne faut pas mettre le doigt entre l'arbre et l'écorce dit le proverbe dont Mme Fossard Marie, 63 ans, journalière au hameau de la Varviére. doit maintenant se repentir de n'avoir pas suivi le conseil.
 Passant dernièrement devant la cour de M. Poline Eugène, bûcheron, à Culey-le-Patry, et voyant ce dernier battre son chien à coups de gourdin, Mme Fossard l'interpella et lui demanda de laisser le chien tranquille, ce que fit le bûcheron. Mais ce fut pour se jeter sur Mme Fossard qu'il renversa et à qui il porta plusieurs gifles et coups de poing.
Devant de tels faits, la victime a porté plainte tandis que Poline nie formellement.

 

Août 1940  -  Le feu dans une grange.  -  Pour des causes inconnues, le feu s'est déclaré dimanche 28 juillet, à la ferme exploitée par M. Letellier Armand à Saint-Lambert, dans un bâtiment à l'usage de grange, écurie et étable.
C'est vers midi que la belle-mère de M. Letellier s'aperçut que la toiture de la grange était en flammes.
De ce bâtiment, avaient été rentrées environ 1.500 bottes de foin, il ne reste plus debout que les quatre murs, malgré le dévouement des pompiers de Clécy, conduits par le sous-lieutenant Delaunay. Jusqu'à présent, les dégâts n'ont pu être évalués.  

 

Octobre 1946  -  La langue trop longue.  -  Un vol de 20 litres d’essence était commis, l’un dernier, au préjudice de M. Émile Duros, cultivateur à Saint-Lambert. Dernièrement, un de ses anciens employés, Alfred Pouclée, 35 ans, manœuvre au hameau de la Sauvagère, commit l’imprudence de se vanter de son exploit, il aurait même ajouté qu’il ferait, quand il le voudrait, un petit voyage à la mer. 

Ces propos vinrent aux oreilles de M. Duros puis, des gendarmes, Pouclée cria d’abord à la calomnie, malheureusement pour lui le carburant a été retrouvé dans son grenier, caché sous des fagots. La promenade envisagée pourrait bien se transformer en une ballade moins agréable. (Source : Le Bonhomme Libre)

 

Novembre 1947  -    Procès-verbal a été dressé.  -   Contre Marcel Jouvin, de Saint-Lambert, pour récupération de douilles d’obus et détention d’un fusil de guerre allemand et de manillons. (Source : Le Bonhomme Libre)

SAINT-LAMBERT (Calvados)   -   Vue générale du Jardin

SAINT-LAMBERT (Calvados)   -   Vue générale du Bourg

Commentaires et informations : Facebook - @