UN SIÈCLE D'HISTOIRE DU CALVADOS

1

ST - PIERRE - du - JONQUET

Canton de Troarn

Les habitants de la commune de Saint-Pierre-du-Jonquet sont des

Juin 1867   -   Une belle mort.   -   Jeudi dernier, vers neuf heures du matin, le sieur Neuville, propriétaire à Saint-Pierre-du-Jonquet, section de Rupierre, a été trouvé mort sur son lit.

Ce vieillard, âgé de 81 ans, se levait tous les jours de grand matin et travaillait à son jardin pendant une heure ou deux, il rentrait ensuite chez lui vers six heures, et se jetait sur son lit pour se reposer un instant. Il habitait seul sa maison.

Son petit-fils étant allé le chercher, jeudi, pour le promener au marché d'Argences, suivant son habitude, le trouva étendu, tout habillé, sur son lit et ne donnant plus aucun signe de vie. La mort était toute récente, car le corps était encore chaud.  

 

Avril 1882  -  Morts accidentelles.  -  Jeudi, à Saint-Pierre-du-Jonquet, le nommé Eugène Palais, 62 ans, de Janville, a eu la colonne vertébrale brisée par un arbre qu'il abattait et qui est tombé sur lui. La mort a été instantanée. 

 

Juin 1882  -  Fantaisie d’un syndicat.  -  Mercredi, puis samedi, le marais de Cléville a failli être inondé par la Dives, mais le maire de Cléville ayant requis tous les ouvriers disponibles, l'inondation a pu être empêchée. Quant au syndicat de la Dives, qui aurait dû prendre des mesures, il n'a pas donné signe de vie. En revanche, il a fait un joli travail à St-Pierre-du-Jonquet. Mercredi, en pleine crue de la Dives, ses ouvriers ont établi un barrage dans le ruisseau appelé la Tranchée. Immédiatement une inondation s'est produite, en avant de ce barrage, et l'eau a couvert 6 hectares de terrain, et montré ainsi que le syndicat de la Dives, n'est pas plus malin qu'il n'en a l'air.  

 

Mai 1892  -  Vols de bestiaux.  -  Des malfaiteurs se sont introduits dans l'herbage du sieur Louis Guérard, cultivateur à Saint-Pierre-du-Jonquet, et ont volé à son préjudice : une génisse de 2 mois 1|2, une autre génisse de 2 mois et un petit taureau. 

— Une vache appartenant au sieur François Postel a été volée dans un herbage de Heurtevent. 

— Un veau, estimé 130 fr., a disparu d'un herbage appartenant au sieur Pichard, propriétaire à Vieux-Pont. Cette disparition est attribuée à un vol.  (Source  : Le Bonhomme Normand) 

 

Août 1893  -  Mort accidentelle.  -   Le sieur Georges Beaunieux, 18 ans, fils unique de parents cultivateurs à Argences, a été trouvé étendu sans vie sur le territoire de Saint-Pierre-du-Jonquet, section de Rupierre. 

Le jeune Beaunieux était parti chercher une voiture de foin. On présume que son cheval s'est emporté, et que le malheureux a voulu descendre pour l'arrêter. Il serait alors tombé sous la roue qui lui a broyé la tète. Ce jeune homme faisait partie de la fanfare d'Argences. Cette société a Voulu s'associer à ce deuil cruel en s'abstenant de prendre part au concours musical de Caen.  (Source  : Le Bonhomme Normand) 

 

Août 1900   -   A propos de fièvre aphteuse.  -  M. Médéric Guilbert, propriétaire à Mosles ; Adolphe Revel, propriétaire à Saint-Manvieu ; Morel, propriétaire à Creully ; Henri Audrieu, propriétaire à Bavent ; Martine, maire de Brucourt ; Martine, maire de Varaville, et Bézières, propriétaire à Saint-Pierre-du-Jonquet, étaient poursuivis devant le juge de paix pour avoir refusé d'ouvrir la bouche de leurs bœufs, sur l'injonction du vétérinaire sanitaire chargé de la visite du marché de Caen. Tous ont été acquitté. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Juillet 1917  -  Pincée quand même.  -  Deux laitières, la dame Wattelet, d'Argences, et la dame Retout, de St Pierre-du-Jonquet, se trouvèrent, l'autre jour, en présence de l'agent de répression des fraudes, qui émit la prétention d'effectuer un prélèvement dans les channes de ces dames. 

Croyant sans doute se soustraire à une sanction possible, ces dernières retournèrent leurs récipients sens dessus dessous. C'était clairement avouer que leur lait était baptisé. Bien entendu, l'agent put vérifier ce lait ; mais les deux femmes furent condamnées, quelques jours plus tard, à 50 fr. d amende chacune par le Tribunal correctionnel de Caen.

 

Novembre 1924  -  Un drame près de Caen.  -  La petite commune de Saint-Pierre-du-Jonquet, située à quelques kilomètres de Troarn, vient d'être le théâtre d'un drame sanglant.

A une faible distance de l'église, sur la route d'Argences, Mme Vve Quesnot habitait avec sa fille, divorcée depuis 1920, une maison qui est la propriété des deux femmes. Après le jugement qui lui rendait la liberté, Mme Quesnot jeune, commit l'imprudence d'accueillir chez elle un ouvrier dont la putation était déplorable, Alcide Gondouin, menuisier, âgé de 47 ans.
L'union fut de courte durée dans le faux ménage. L'hôte indésirable hébergé par sa généreuse protectrice, avait été condamné antérieurement à 5 ans de réclusion pour viol et ce précédent fâcheux le faisait redouter dans le pays.

Il se livrait à des brutalités quotidiennes sur la personne de sa compagne à laquelle il ne pardonnait pas d'avoir adopté un orphelin, Pierre Hersent, aujourd'hui âgé de 16 ans. Ce dernier était fréquemment menacé par le menuisier, malgré l'intervention de la femme Quesnot.

 - Nous disparaîtrons l'un ou l'autre, s'écria au cours d'une scène violente Alcide Gondouin, qui s'était armé de son fusil.

Maintes fois la femme Quesnot avait songé à s'enfuir. La peur du menuisier seule l'avait retenue. Gondouin eut-il connaissance des intentions de sa compagne, on le croit. Toujours est-il que depuis quelque temps il se montrait constamment irascible. Un drame était inévitable.

Voici d'abord les renseignements que nous avons recueilli sur les circonstances dans lesquelles il s'est produit.
Lundi dernier, réunis dans la pièce servant à la fois de cuisine et de salle a manger, Gondouin, la femme
Quesnot, la mère de celle-ci et Pierre Hersent achevaient leur repas du soir lorsqu'éclata la querelle habituelle. Surexcité par la boisson, le menuisier se précipita sur sa compagne et se mit la frapper. Pierre Hersent voulut s'interposer, mais moins robuste que Gondouin, il fut repoussé par celui-ci et se réfugia au fond de la pièce. Le menuisier le rejoignit. Terrifié, le jeune homme qui avait réussi à se dégager, courut à l'atelier tout proche il décrocha un fusil suspendu au mur. Au moment Gondouin paraissait dans l'embrasure de la porte, il aperçut Pierre Hersent qui le tenait en joue. Avant qu'il ait pu faire un pas, deux coups de feu avaient retenti. Mortellement atteint à la nuque, Gondouin s'écroula immédiatement.

Les gendarmes de la brigade de Troarn, prévenues, mirent Pierre Hersent en état d'arrestation. Le jeune homme a été écroué hier à la prison de Caen. Comme on lui demandait s'il regrettait son acte, il a répondu « Ah, bien sûr que non ! j'ai rudement bien fait ! »

L'autopsie de la victime a été faite hier après-midi.

 

Juillet 1940  -  Un acte de vandalisme.  -  M. Joseph Leteillier, 53 ans, cultivateur à Saint-Pierre- du-Jonquet, revenait de porter son lait en automobile, lorsqu'après avoir dépassé le passage à niveau de Giberville, sur la route de Caen à Rouen, il aperçut un grand camion qui barrait la route.
En arrivant à hauteur du hicule, il fut arrêté par un groupe de huit hommes qui se placèrent devant sa voiture. Sous la menace d'un pistolet, que tenait l'un de ces individus, il dut descendre de son auto. Les individus jetèrent ses bidons à lait dans le fossé, montèrent à six dans la voiture de M. Leteillier et partirent en direction de Troarn.
Le cultivateur n'eut plus qu'à conter sa mésaventure à la gendarmerie de Troarn, qui a ouvert une enquête.
M. Leteillier a précisé que les hommes avaient un fort accent étranger et portaient pour la plupart, un collier de barbe. Ils étaient en civil. Ils sont activement recherchés.

 

Décembre 1941   -   Délimitation de la région « Pays d'Auge ».  -  Elle comprend pour le Calvados : a) Arrondissement de Lisieux (en entier, sauf Thiéville) : b) Arrondissement de Pont-l'Evêque (en entier) ; c) Les communes suivantes du canton de Troarn : Amfréville, Argences, Bavent, Bréville, Bures, Cabourg. Canteloup, Cléville, Janville, Merville, Petiville, Robehomme, St-Ouen-du-Mesnil-Oger, Sallenelles, St-Pierre-de-Jonquet, St-Pair, Troarn, Varaville ; d) Les communes suivantes du canton de Bourguébus : Airan, Cesny-aux-Vignes, Moult : e) Les communes du canton de Morteaux-Coulibœuf : Baron, Courcy, Louvagny, Moutiers-en-Auge, Norrey-en-Auge.

 

Février 1943   -   Faits divers.   -   Une nuit. Mme Barbey femme de l'adjoint au maire de St-Pierre-du-Jonquay, était réveillée par des crépitements  la toiture d'un de ses bâtiments agricoles, de 45 métrés de long, flambait. Trouvant un aliment facile dans le foin et le charbon de bois entreposés, le feu prit si vite une extension considérable qu'un jeune et courageux domestique eut à peine le temps de sauver sept des huit vaches qui étaient dans le local.

Les pompiers de Caen, alertés, ne purent circonscrire et maîtriser, le sinistre qui à pris de longues heures d'effort. Les dégâts s'élèvent à plusieurs centaines de mille francs.  

 

Mai 1946  -  Une fête religieuse.  -  Isolée à la lisière des marais de la Dives et dominant de l’autre côté une frondaison de plantureux herbages, la charmante église de Saint-Pierre-du-Jonquet a connu, l’autre dimanche, une animation inaccoutumée. En présence de M. le Doyen de Troarn, entouré d’un nombreux clergé, on y bénissait une nouvelle cloche.

Au cours de la grand’messe célébrée par M. l’Abbé Thouroude, curé de Venoix et ancien desservant de la paroisse, un éloquent sermon fut prononcé par M. le curé d’Argences. L’après-midi, selon les rites traditionnels, la nouvelle née reçut les prénoms de Marie-Madeleine-Jacqueline. Les parrain et marraine étaient M. Jacques Barbery et Mlle Marie-Louise Bézières. A l’issue de la cérémonie, un vin d’honneur offert par M. le maire réunit les autorités religieuses et civiles. (Source  : Le Bonhomme Libre)

 

Novembre 1946  -  On découvre deux nouveau charniers dans la région de Caen.  -   Les atrocités commises chez nous par les Allemands durant la période du débarquement se font jour peu à peu, apportant à des familles qui voulaient encore espérer contre toute raison la plus cruelle des certitudes. Dans le bois de Rupierre, à St-Pierre-du-Jonquet, le passage d’un sanglier a mis à jour des débris humains et des morceaux de vêtements. Le fait fut remarqué samedi par un habitant de la commune qui avisa le maire M. Bézière. Des fouilles entreprises aussitôt ont permis de découvrir dans une fosse vingt-et-une victimes de la Gestapo. Quatre d’entre elles ont été reconnues. Ce sont : M. l’abbé Leclerc, ancien curé de Dives ; M. Serret, rue des Sports, à Colombelles ; M. André Vermughen, courtier en bestiaux, à Cabourg ; M. Bivarès, gendarme en retraite, employé à la Société Electro-Métallurgique de Dives. MM. Stanislas Ludwiczak, Fernand Manoury, Pierre Lecunff, Kiliggoski, Jacques Bimont, Stéphane Okobgierka, tous domiciliés à Dives ; Jean Roger, de Villerville, et Léon Pouchin, de Villers-sur-Mer. Le docteur Martin, de Troarn, a été chargé de procéder à l’examen des corps.

Le même jour, à Merville-Franceville, cinq cadavres de parachutistes anglais portant des traces de balles à la nuque ont été découverts à proximité d’un blockhaus. Les autorités militaires alliées se sont rendues sur les lieux. (Source  : Le Bonhomme Libre)  

 

Novembre 1946  -  Le ravitaillement.  -   La distribution des nouvelles cartes d’alimentation se poursuivra dans l’ordre alphabétique et aux jours suivants : Vendredi 29 novembre, L ; Samedi 30 : M. N. ; lundi 2 décembre : O. P. Q. R ; mardi 3 : S. T ; mercredi 4 (matin seulement) : U. V. W. Y. Z ; jeudi 5 et vendredi 6 : retardataires. (Source  : Le Bonhomme Libre)

 

Novembre 1946  -  Les obsèques des victimes de la barbarie nazie.  -   Une foule nombreuse et recueillie a assisté, à Dives, aux obsèques des huit patriotes divais dont les restes ont été découverts dans le charnier de Saint-Pierre-du-Jonquet.

Le représentant du Ministre des Anciens Combattants était accompagné de MM. le sous-préfet de Lisieux, Lenormand, député ; Léonard Gilles, président du Comité départemental de Libération, conseiller général ; Heuzé, conseiller général de Dozulé. Ces cérémonies furent précédées d’une veillée funèbre par les anciens déportés et anciens combattants. (Source  : Le Bonhomme Libre)

 

Juin 1947  -  A la tienne Gerhard !    Pour fêter le trente-deuxième anniversaire de leur camarade de captivité, Gerhard Haaze, deux prisonniers boches au service de M. Bézières, de Saint-Pierre-du-Jonquet, se sont introduits dans la cave de leur patron et ont volé une douzaine de bonnes bouteilles.

La « nouba » s’est terminé au camp de Fleury. (Source  : Le Bonhomme Libre)

54   -   EN NORMANDIE   -   Distillerie de cidre

Commentaires et informations :  Facebook  -  E-mail