UN SIÈCLE D'HISTOIRE DU CALVADOS

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TILLY  s/  SEULLES

Canton de Tilly-sur-Seulles

Les habitants de la commune sont des Tillois, Tilloises

1410  -  En 1410, le roi d'Angleterre fit raser la forteresse de Tilly-Verolles (Tilly-sur-Seulles), il ordonna à toutes les femmes, dont les maris tenaient le parti du roi de France, de sortir de la province, sous huit jours, sous peine de prison. Cette dernière mesure avait pour objet d'empêcher que ces femmes, restées en Normandie, ne fissent parvenir à leurs maris absents une partie quelconque de leurs revenus.  

 

Janvier 1843   -  Nouvelles locales.   -  A l'occasion du dernier accident, rappelons comme nouvel avis aux personnes imprudentes qui conduisent des voitures et qui négligent, le plus souvent de guider elles-mêmes leurs chevaux, que le tribunal de Bayeux vient de condamner à deux mois de prison et cinquante francs d'amende, le sieur François Roupnet, domestique à Tilly, convaincu d'avoir fait passer, par imprudence, sa voiture sur le corps du sieur Levêque, vieillard septuagénaire.

Roupnet, avant sa comparution à la barre correctionnelle, avait offert à la victime toutes les indemnités qu'il lui plairait d'exiger. (source : L’Indicateur de Bayeux)  

 

Février 1843   -  Nouvelles locales.   -  On avait annoncé un hiver rigoureux pour l'année 1842-43, déjà le solstice d'hiver est passé, l'année 1843 s'ouvre, le soleil commence à remonter sur l'horizon, et la température est restée jusqu'ici fort douce et fort égale, on a compté, en décembre, des journées comparables à celles de mars et d'avril. 

Les cultivateurs en sont arrivés au point de désirer quelques gelées pour empêcher que les plantes semées ne s'avancent trop. 

En Suisse, on récolte déjà des fraises dans les bonnes expositions, et de toutes parts on signale des phénomènes de précocité surprenants. (source : L’Indicateur de Bayeux)

 

Février 1843   -  Nouvelles Locale.   -   L'immense quantité de neige tombée dans notre pays, durant la seconde moitié de cette semaine, a rendu excessivement pénible et difficile le service des voilures publiques. La poste elle même a éprouvé des retards de 5 à 6 heures et à présent encore ce n'est que fort avant dans l'après-midi qu'on reçoit les journaux et la correspondance de Paris.

Le dégel qui a commencé dès hier rendra promptement il faut l'espérer, un libre cours à la circulation sur les grandes routes, et le départ et l'arrivée reprendront alors leur régularité accoutumée. Nous n'avons point entendu dire jusqu'à ce moment que cette subite invasion des neiges ait causé aucun accident grave. (source : L’Indicateur de Bayeux)

 

Février 1843   -  Cour d’Assises du Calvados.   -   Alexandre Lantheuil, âgé de 19 ans, demeurant à Tilly-sur-Seulle, accusé d'un vol de colza au préjudice des sieurs Dumont et Allard, avec circonstances aggravantes de nuit et de complicité, avec un nommé Léon Fontaine et une fille Dargène, contumaces, a été déclaré non coupable et acquitté. (source : L’Indicateur de Bayeux)  

 

Août 1848  -  Cour d’Assises du Calvados.    -   Audience du 2 août.   -   Le 6 mai, on s'introduisit chez la fille Lecointe, à Lingèvres, par la fenêtre dont on avait cassé un carreau, on vola une chemise, deux mouchoirs, une pièce de fil fin.

Cette pièce de fil fut vendue le même jour par un nommé Lebec, journalier sur lequel on retrouva la chemise. Il n'a été condamné qu'à deux ans d'emprisonnement.

 Mondey, âgé de 24 ans, a volé dans le parc de Tilly en mai 1837, une jument, après avoir forcé une des grilles du parc et brisé un cadenas. Ce vol était resté inconnu mais le coupable, poursuivi en 1848 à Lisieux pour vol d'un cheval, fut alors reconnu comme auteur de celui de la jument.

II a été condamné à cinq ans de réclusion.

 La troisième affaire de la journée était une accusation d'infanticide, qui s'est réduite à celle d'homicide par imprudence. La fille Poirier qui en est reconnue coupable ne subira que deux ans de prison. (source : Le Journal de Honfleur)

 

Mars 1866   -   Démolition.   -   On travaille en ce moment à démolir en partie le château de Tilly-sur-Seulles, l'un des plus remarquables du département par ses vastes proportions et qui rappelait l'opulence de son illustre fondateur, M. de Fontette, intendant de la généralité de Caen. Il n'en restera plus que la partie centrale, les deux ailes sont condamnées à disparaître.

Situé au centre d'une vaste et verdoyante prairie, adossé au pied d'une magnifique colline couronnée d'un bois d'agrément, entouré de belles avenues qui se déroulaient de part et d'autre, ce monument offrait un tableau des plus charmants.

Les avenues ont successivement disparu, les derniers arbres de la colline ont été rasés cette année, l'édifice lui-même va être réduit à des proportions relativement très modeste, c'est une perte pour le bourg de Tilly dont il faisait le principal ornement.  

Juin 1866   -   Un incendie.   -   Dans la nuit de vendredi à samedi dernier, un incendie a éclaté à Tilly-sur-Seulles, avec la même violence et précisément dans le même voisinage que celui dont nous avons parlé il y a quinze jours.

Toute la population est encore une fois accourue, mais, malgré de prompts secours, un bâtiment couvert en paille et long d'environ 30 mètres a été la proie des flammes.

La perte, d'environ 4000 francs, est couverte par une assurance.

M. le procureur impérial et M. le juge d'instruction ont fait lundi une descente sur les lieux.

Le nommé Victor Halley, propriétaire de ladite maison et sur lequel planent de graves soupçons, aurait été mis en état d'arrestation. Il est à désirer que le coupable ne reste pas un inconnu, car ces deux sinistres ont jeté la terreur dans toute la commune.  

 

Juillet 1866   -   Les sapeurs-pompiers.   -   M. le maréchal ministre de la guerre vient de mettre à la disposition de l'autorité municipale de Tilly-sur-Seulles, pour le service de la  compagnie des sapeurs-pompiers, 20 fusils à silex, n° 1,  de voltigeurs.  

 

Janvier 1867   -   Une grande misère.   -   Lundi soir, 7 courant, un pauvre mendiant portant sur son extérieur toutes les empreintes d'une grande misère, se présenta chez la dame veuve Frandemiche, cultivatrice à Tilly-sur-Seulles, pour y réclamer l'hospitalité.

Il y fut charitablement accueilli, soupa avec les gens de la ferme, et y reçut la nuit un gîte aussi convenable que possible.

Le lendemain matin, on l'a trouvé mort dans son lit. Son identité n'est pas encore bien constatée, mais il aurait déclaré être de la commune de la Lande-sur-Drôme, près Caumont.  

 

Mars 1867   -   Un outrage.    -   Paul Margueritte, cultivateur à Tilly-sur-Seulles, ayant outragé l'adjoint et le garde champêtre de sa commune, paiera une amende de 16 francs.  

 

Septembre 1867   -   Un incendie.   -   Le jeudi 26 septembre, sur les trois heures du soir, un incendie a éclaté à Tilly-sur-Seulles, le village de Montilly, dans une maison appartenant au sieur Isabelle, négociant à Caen, et occupée par le sieur Charles Godard.

Le feu a commencé dans un hangar rempli de bois et attenant à cette habitation, dont le toit couvert en chaume a été bientôt consumé.

Quatre cent bottes de foin, quelques sacs de blé et d'orge ont été détruits et, sans de prompts secours, on aurait eu à redouter de bien plus grandes pertes. Le dommage total est évalué à 1500 francs. Les circonstances dans lesquelles le feu a pris feraient croire à la malveillance.  

 

Janvier 1868   -   Une querelle.   -   Dimanche dernier, le paisible village de Tilly-sur-Seulles a été le théâtre d'une scène mémorable. C'était en face le presbytère.

Une boulangère et une bouchère avaient commencé à échanger, à propos d'une querelle insignifiante, force gros mots, puis la dispute s'enveniment, la boulangère s'arma d'un balai  d'une propreté douteuse, dont elle badigeonna de la bonne façon, le visage de son antagoniste.

Heureusement que diverses personnes survenues fort à propos arrêtèrent le bras de la victime, qui armée d'un long coutelas, (accessoire obligé de son métier), jurait de tirer vengeance de l'affront dont elle venait d'être l'objet.  

 

Janvier 1868   -   Une querelle.   -   Le mardi suivant, une autre scène non moins regrettable a eu lieu dans le même endroit.

Il s'agissait encore de deux femmes, les deux belles-sœurs, s'il vous plaît, qui en sont venues aux mains, en plein village.

Dans la bagarre, la cruche de l'une des ménagères s'est trouvée cassée, elle a prétendu s'en dédommager, en s'emparant de la culotte du mari de son adversaire.

Les choses en sont là, quant à présent. Reste à savoir si les époux de ces deux femmes irascibles..... pousseront le dévouement jusqu'à ......... pousser leurs querelles.  

 

Mars 1868   -   Un incendie.   -   Le 21 de ce mois, à deux heures et demie du matin, un incendie, attribué à la malveillance a éclaté en la commune de Tilly-sur-Seulles, et à consumé quatre maisons d'habitation appartenant aux nommés Dalibert Alexandre, menuisier ; Fierralle Pierre, tisserand ; Gosselin Philippe, journalier ; Palfresne Aimé, cultivateur ; Leconte Pierre, boulanger, et la veuve Asselin, dentellière.  

 

Août 1868   -   La récolte des pommes.   -   Il résulte des plus récentes communications faites à la Société centrale d'agriculture, que la récolte des pommes, dans les contrées à cidre, sera cette année, d'une abondance extraordinaire.

 

Août 1868   -   Un incendie.   -   Les habitants de Tilly ont été surpris dimanche matin, à 5 heures, par le son du tocsin, un incendie venait de se déclarer dans l'écurie dépendant de l'auberge Saint-Pierre, tenu par le sieur Le Monnier, écurie pouvant contenir 100 chevaux.

Le feu a fait des progrès si rapide que ce bâtiment a été entièrement consumé en un clin d'œil. La perte consiste, pour l'aubergiste, en 6000 bottes de foin, 100 douzaines de cercles,  d'autres céréales et fourrages, et quelques ustensiles.

Les sieurs Marie, maçon, et Charles Lebas, boucher, ont également éprouvé d'assez grands dommages, ce dernier a perdu, entre autre choses, 3000 bottes de foin.

Ce n'est qu'après un travail de deux heures que les pompiers de Tilly et ceux de Lingèvres se sont rendus maîtres du feu. Tout le monde, du reste, a bravement fait son devoir.

On attribue ce sinistre à l'imprudence d'un domestique, qui s'étant endormi derrière l'attelage de son maître, marchand de chevaux à Saint-Lô, aurait laissé tomber une allumette enflammée dans la paille. Cet homme était encore assoupi quand on a été assez heureux pour le dégager de l'écurie, où il aurait infailliblement  péri au milieu des flammes si on ne lui eut porté secours.

 

Mars 1869   -   Un incendie.   -   Le 21 de ce mois, à deux heures et demie du matin, un incendie, attribué à la malveillance, a éclaté en la commune de Tilly-sur-Seulles, et à consumé quatre maisons d'habitation appartenant aux nommés Dalibert Alexandre, menuisier ; Fierralle Pierre, tisserand ; Gosselin Philippe, journalier ; Palfresne Aimé, cultivateur ; Leconte Pierre, boulanger, et la veuve Asselin, dentellière.

 

Juin 1869   -   Élection.   -   L'élection d'un conseiller général dans le canton de Tiily a donné le résultat suivant : M. David Beaujour, ayant obtenu 1,247 suffrages a été élu ; M. le marquis de Blangy n'a obtenu que 1,019 voix.  

 

Août 1869   -   Fait divers.   -   Les habitants de Tilly ont été surpris dimanche matin, à 5 heures, par le son du tocsin : un incendie venait de se déclarer dans l'écurie dépendant de l’auberge St-Pierre, tenu par le sieur Le; Monnier, écurie pouvant contenir 100 chevaux.

Le feu a fait des progrès si rapides que ce bâtiment a été entièrement consumé en un clin d’œil. La perte consiste, pour l'aubergiste, en 6,000 bottes de foin, 100 douzaines de  cercles, d'autres céréales et fourrages, et quelques ustensiles. L'immeuble seul était assuré.

Les sieurs Marie, maçon, et Charles Lebas, boucher, ont également éprouvé d'assez grands dommages, ce dernier a perdu, entre autre choses, 3.000 bottes de foin.

Ce n'est qu'après un travail de deux heures que les pompiers de Tilly et ceux de Lingèvres se sont rendus maîtres du feu. Tout le monde, du reste, a bravement fait son devoir.

On attribue ce sinistre à l'imprudence d'un domestique, qui s'étant endormi derrière l'attelage de son maître, marchand de chevaux à Saint-Lo, aurait laissé tomber une allumette enflammée dans de la paille. Cet homme était encore assoupi quand on a été assez heureux pour le dégager de l'écurie, où il aurait infailliblement péri au milieu des flammes si on ne lui eût porté secours. La perte totale s'élève à 20,000 fr.  

 

Novembre 1869   -   Fait divers.   -  Un bureau télégraphique municipal vient d'être ouvert à Tilly-sur-Seulles.

 

Février 1870   -   Fait divers.   -   Vendredi dernier, à Tilly-sur-Seulles, vers 8 heures du soir, en l'absence de ses parents, le jeune Désiré Marguerite, âgé de 3 ans, s'amusait â allumer de la paille qui se trouvait dans la maison lorsque le feu prit à ses vêtements. Cet enfant voulut se sauver en courant, mais il ne fit qu'aggraver sa. position, le vent augmentant la  force du feu. Le malheureux enfant eut tout le haut du corps brûlé, il est mort dans la soirée.  

Août 1870   -  Mobilisation.   -    La garde mobile du Calvados, formant un effectif de plus de 6,000 hommes, est définitivement constituée, elle comprend quatre bataillons, divisés en huit compagnies chacun.

Le premier bataillon, composé des cantons de Balleroy, Bayeux, Isigny, Ryes, Trévières, Creully, Douvres et Tilly-sur-Seulles, et le quatrième bataillon, composé des cantons de; Caumont, Villers-Bocage, Aunay, Beny-bocage, Condé-sur-Noireau, St-Sever, Vassy et Vire tiennent provisoirement garnison à Caen.

Le deuxième bataillon, composé des cantons de Bourguébus, Caen (Est et Ouest), Evrecy, Troarn, Bretteville-sur-Laize, Falaise, Coulibœuf et Thury-Harcourt, tient garnison Lisieux.

Le troisième bataillon composé des cantons de Lisieux, Livarot, Orbec, Mézidon, St-Pierre-sur-Dives, Blangy, Cambremer, Dozulév  Honfleur et Pont-l'Evêque, tient garnison à Bayeux.  

 

Juin 1871   -  Fait divers.   -   Le 17 de ce mois, vers 11 heures 1/2 du matin, la dame Roussel, demeurant à Tilly-sur-Seulles, en voulant mettre de l'huile dans l'engrenage de son moulin, fut prise par ses vêtements, le sieur Jules Perré, garçon meunier, accouru au secours de sa maîtresse, fut également pris par ses vêtements. Tous deux furent entraînés par le  mouvement du moulin et tout allèrent avec lui à toute vitesse. Un des enfants, âgé de 4 ans, appela son frère, âgé lui-même de 15 ans, lequel arrêta le moulin.

La dame Roussel fut retirée contusionnée, quant au malheureux Perré, il était mort, victime de son dévouement.  

 

Janvier 1872   -  Fait divers.   -   Entre les communes de Tilly-sur-Seulles et de Bucéels, il existait une passerelle, dite des Marais, qui s'est brisée par suite d'usure. L'absence de cette passerelle cause un préjudice sérieux aux ouvriers du pays, qui sont obligés, quand leur travail les appelle d'un côté ou de l'autre du marais, de faire 3 kilomètres. Nous pensons qu'il suffira de signaler cet état de chose aux municipalités de Bucéels et de Tilly, pour qu'elles prennent les mesures nécessaires pour y remédier.  

 

Février 1872   -  Fait divers.   -  L'un de ces samedis, Brindosier, marchand de bourriches à Cristot, fit rencontre, à la boucherie de Tilly, d'un de ses amis de bouteille, habitant Bucéels.

Ils se serrèrent la main, et après avoir absorbé la goutte de l'amitié, reprirent à leur bras le panier à anses traditionnel, rempli de provisions, et se quittèrent en se donnant  rendez-vous pour le samedi suivant.

Mme Brindosier, qui attendait impatiemment son époux, à l'arrivée de celui-ci s'empara du panier pour en extraire le contenu, mais soudain, rouge de Colère, elle s'écria :

- Cornes de bœuf ! Brindosier, t'as co fit des bêtises... J'te demande eune tête d'cochon, et tu m'apporte un gigot de mouton.

Brindosier se rendit immédiatement compte de ce qui s'était passé : les deux amis, sans le vouloir, avaient échangé leurs paniers.

Et pour avoir la paix et son panier, il fallut que Brindosier se rendît à Bucéels, où il fût très-mal reçu par la femme de son ami, qui lui jeta à la tête celle du cochon, que le marchand de paniers reçut fort adroitement dans ses bras.....

A la grande jubilation des assistants, qui trouverait que, dans cette position, Brindosier ressemblait à ce saint de l'Évangile tenant sa tête dans ses deux mains.

 

Décembre 1872   -  Café chantant.  -  Le ministre de l'intérieur vient d'engager les, fonctionnaires et agents auxquels incombent particulièrement la surveillance des cafés concerts, de veiller avec un redoublement  de zèle et d'attention, à ce que les chansons obscènes, les saynètes graveleuses et tous les divertissements enfin pouvant porter atteinte à la morale ou à l’ordre public, soient éliminés des programmes.

 

Décembre 1872   -  Cartes-poste.  -  Il va être établi des cartes-poste qui seront vendues par l'administration au prix de 10 centimes et qui circulerons en franchise dans tout le territoire français. Sur ces cartes on met l'adresse d'un côté, et quelques lignes de l'autre. Elles existent déjà en Suisse et en Angleterre, où elles rendent les plus grands service. 

 

Janvier 1873   -   L'Ouragan de dimanche.   -   Les prédictions de nos astronomes qui nous ont annoncé les tempêtes pour la dernière dizaine de janvier s'accomplissent.

Un véritable ouragan s'est déchaîné dimanche au soir sur nôtre pays.

Accompagné d'une pluie torrentielle, il a duré près de trente-six heures, torturant les arbres, faisant voler les ardoises, ébranlant les cheminées et retournant avec une prestesse de prestidigitateur les parapluies qui s'aventuraient dans les rues.

Dans la soirée de dimanche, il a pris des proportions inquiétantes. Le vent mugissait d'une manière effroyable et menaçait d'enfoncer les fenêtres sous sa violence. Ces rafales étaient accompagnées de grêle, d'éclairs et de tonnerre.

Cet orage nous est également Signalé de Bayeux, de Lisieux, de Rouen, de Paris, etc...... A Paris surtout, sa violence a été extrême, la foudre a frappé plusieurs personnes, des passants et jusqu'à des voitures ont été renversés, des toitures enlevées, les spectacles interrompus même à l'Odéon, il y a eu un moment de panique indescriptible.

Aux portes de Caen, la force de l'ouragan a brisé le calvaire de St-Pierre à un mètre du sol,  sur la route de Bayeux, un cabriolet a été enlevé et les voyageurs jetés sur le sol, la foudre est tombée sur divers points.

A Tilly-sur-Seulles, l'ouragan à enlevé la toiture de l'église, renversé les murs, bouleversé les étables, déraciné les pommiers, une pierre énorme a été enlevée par le vent et transportée à plus de cinquante mètres. L'ouragan s'est dirigé vers le midi. 

 

Juillet 1873   -   Avis.   -   Le maire de la commune de Tilly-sur-Seulles porte à la connaissance du public que la louerie et l'assemblée de la Madeleine auront lieu cette année le dimanche 20 juillet.

 

Décembre 1875   -  Enfant brûlé.  -  Dimanche, un incendie a éclaté an domicile de la fille Ruffier, journalière à Tilly-sur-Seulles, et a consumé son petit mobilier qui est estimé 100 fr., non assuré. La perte pour le propriétaire, M Tahère, maire de Tilly-sur-Seulles, est de 80 fr. environ. Cet incendie a été causé par l'imprudence du jeune Adrien Ruffier, âgé de 4 ans, qui était resté seul avec son frère Cyprien, âgé de 3 mois, ce dernier a été asphyxié.  

 

Février 1876   -  Tempêtes et inondations.  -  A Bayeux et dans les environs, la bourrasque a occasionné de nombreux dégâts. Des toits ont été enlevés et des cheminées renversées. Toutes les rues étaient jonchées de débris de couvertures. Un nombre incalculable d'arbres et de pommiers ont été déracinés. 

Dans un hameau appelé Sagy, qui se trouve à peu de distance de Tilly-sur-Seulles, l'ouragan a failli faire deux victimes. Les époux Lahaye dînaient tranquillement quand ils s'aperçurent que le vent enlevait le chaume de leur demeure. Le mari monta vite au grenier pour aviser aux moyens de consolider la toiture. A peine avait-il commencé son travail que la charpente tombant subitement défonça la plancher qu'elle entraîna dans sa chute. Il put heureusement se dégager des décombres et appeler les voisins au secours de sa femme littéralement ensevelie sous les ruines. On la trouva près de l'horloge, entièrement privée de connaissance, ayant à la tête une blessure grave. 

 

Mai 1876   -  Nos récoltes.  -  La longue période de sécheresse que nous avons subie pendant près d'un mois avec grands vents d'amont continuels et très froids, inspirait des craintes sérieuses à l'agriculture : plantes légumineuses et fourragères, prairies naturelles et artificielles, tout semblait dépérir sur pied faute d'humidité. Le temps vient heureusement de changer, il est à l'eau. Dans le Midi, il pleut beaucoup, les orages sont à redouter.

 

Mai 1876   -  Terrible suite de l’ivrognerie.  -  Un jeune homme de Tilly-sur-Seulles, appartenant à une honorable famille, avait la triste habitude de s'enivrer journellement. Surexcité par l'alcool, il donnait depuis quelques jours des signes non équivoques d'aliénation mentale. Jeudi soir, vers 6 heures, il fut pris subitement d'un accès de folie furieuse. Il se mit  alors, avec une activité fiévreuse, à ramasser tout ce qu'il put trouver de bois et à en former un immense bûcher dans son jardin, entre sa maison et celle du voisin. Y mettre le feu fut pour lui l'affaire d'un instant. La flamme s'éleva bientôt à une prodigieuse hauteur et menaçait sérieusement les habitations voisines. Ravi du spectacle et pour faire durer plus longtemps le plaisir, le malheureux fou se mit alors à briser portes et barrières pour en jeter les débris dans le feu. On ne peut savoir où il se serait arrêté si la brigade de Tilly, prévenue à temps, n'était accourue pour s'emparer de sa personne. Grâce à la force herculéenne du jeune homme, ce n'est qu'après une lutte longue et terrible qu'on est parvenu à s'en rendre maître. Le maire, M. Tahère, l'a fait conduire à la maison de santé du Bon-Sauveur de Caen. La gendarmerie de Tilly a fait preuve dans cette circonstance, d'un courage et d'un sang-froid vraiment dignes d'être signalés.  

 

Octobre 1876   -  Nos maires.  -  L'élection du maire de la commune d'Anctoville a été annulée par le conseil de préfecture, attendu que le conseil municipal n'était pas au complet lors de l'élection, par suite du décès du sieur Madelaine, conseiller municipal. 

L'élu du 8 octobre sera assurément réélu, et par suite reprendra le titre de père et de maire de ses administrés, auquel il a droit. 

On nous signale dans le cantonde Tilly-sur-Seulles un fonctionnaire municipal qui ferait « son beurre avec de la braise... ». Ce jeu de mots cache évidemment un mystère que nous allons essayer d'approfondir.  

 

Juillet 1878   -  Écoles Primaires.  -  Les vacances ouvriront le jeudi 1er août, les classes rentreront le lundi 2 septembre.

 

Juillet 1878   -  Étrange !  -  Vendredi soir, le nommé Albert Hébert, 14 ans, allant au bourg de Tilly-sur-Seulles faire une commission pour ses parents, rencontra deux individus qui le saisirent, le bâillonnèrent et le jetèrent ensuite dans un abreuvoir situé au bord de la route, qui fort heureusement ne contenait, en ce moment, qu'une faible quantité d'eau. L'enfant eut beaucoup de mal à se dégager de la vase. Il alla immédiatement porter plainte contre ses lâches agresseurs, qui sont activement recherchés.  

 

Juillet 1878   -  Cheval emporté.  -  La semaine dernière, le sieur Pierre Duvet, voiturier à Tilly-sur-Seulles, conduisait un cheval vicieux attelé sur un banneau chargé de sable, lorsque, tout à coup, l'animal se cabra, renversa son conducteur et s'échappa ensuite a toute bride. Le malheureux Duvet n'avait eu que tout juste le temps de se jeter de côté pour ne pas passer sous les roues de sa voiture. Quand on le releva, on put constater que le sabot du cheval lui avait rompu un bras. Malgré la blessure et la secousse occasionnée par la chute, on espère que cet homme, qui est vieux, en sera quitte pour quelques jours de repos.  

 

Mai 1879   -  Un enterrement civil.  -  La semaine dernière, Tilly-sur-Seulles voyait enterrer civilement une vieille fille qui n'avait pas voulu recevoir le prêtre à ses derniers moments. Dès 5 heures du matin, pour éviter le scandale, le garde champêtre, accompagné de quatre hommes, conduisait au cimetière le corps de la demoiselle Lebreton, âgée de 60 ans, devant le cercueil, marchait une femme qui portait une couronne : c'était une de ses voisines, celle qui avait eu la charité, malgré sa pauvreté, de la veiller jusqu'à sa fin. Le corps de la défunte, selon une étrange coutume, devait être déposé dans une partie isolée du cimetière, réservée aux personnes ayant refusé de voir, le prêtre, mais, sur l'ordre exprès de M. Lepersonnier, maire de Tilly, le corps de la morte a été inhumé au rang des autres.  

 

Décembre 1879  -  L'hiver, la neige, le froid.  - Voici l'hiver dans toute sa rigueur. Le froid a sévi sur toute la France, et sur bien des points la neige a intercepté les communications. Cette tempête a duré plusieurs jours. Le manteau de neige dans lequel la France paraissait enveloppée avait dans les endroits les moins atteints de 50 à 60 centimètres d'épaisseur. 

En divers endroits, la neige, poussée et amassée par le vent, s'élevait à plus d'un mètre. Beaucoup d'habitants se trouvaient bloqués chez eux et ont été obligés de faire une tranchée pour communiquer avec leurs voisins. Depuis bien des années on n'avait vu en décembre, en si peu de temps, la neige tomber aussi abondamment.

En 1831 l'hiver fut des plus rigoureux. Le 6 décembre, de cette année, une trombe de neige s'abattit sur la ville de Caen et fit les plus grands ravages. Un café de la rue Venelle-aux-chevaux s'effondra.

En 1709, le froid fut tel qu'à l'autel les prêtres étaient obligés de mettre un réchaud à côté du calice, qui gelait, malgré cette indispensable précaution.

En 1480, le froid dura du milieu de décembre au commencement de mars, et fit beaucoup de victimes. La terre était gelée à quatre pieds de profondeur, l'eau gelait auprès d'un feu  très bien alimenté.

Pendant plusieurs jours, les voitures n'ont pu circuler sur les routes.

Le service des chemins de fer a été momentanément interrompu, les trains de Paris étaient restés à Mantes. Les facteurs de la poste n'ont pu faire leur service dans les campagnes qu'en surmontant les pics grandes difficultés. De nombreux accidents se sont produits. Des voilures sont restées en détresse sur les routes.

Le froid qui est excessif a causé de nombreuses morts par suite de congestion.

Sur nos côtes, on ramassait à pleins paniers les crabes et les étrilles, engourdis par le froid. Partout le poisson abonde, on le pêche pour ainsi dire à fleur d'eau, où il demeure comme paralysé.

 

Décembre 1879  -  Morts de froid.  - Le nommé Delaunay, âgé de 60 ans, contre-maître aux carrières. Le M. Lepetit, à Tilly-sur-Seulles, est tombé devant le presbytère, ramené chez lui, il a succombé quelques heures après. La mort est due à une congestion pulmonaire causée par le froid.

 

Juillet 1882  -  14 Juillet.  -  A Tilly-sur-Seulles, la revue des pompiers a fourni à l'un des chefs l’occasion de se montrer avec un superbe hausse-col orné de l'aigle impériale, et avec un ceinturon orné du même oiseau.

 

Octobre 1882  -  Statistique.  -  La statistique vient de découvrir que la Calvados est un des départements dans lesquels il y a le plus de vieilles filles, et où les vieillards se trouvent en plus grand nombre.

 

Octobre 1882  -  La laïcisation.  -  Ça ne va pas comme sur des roulettes, loin s'en faut. A Tilly-sur-Seulles, les institutrices religieuses, dont la supérieure exerçait depuis 47 ans, ont été remplacées par des laïques, très bien.  Mais voilà que les pauvres religieuses sont accusées d'avoir illicitement fait la classe dans le château de M. Lepetit, où elles se sont réfugiées en attendant la construction de leur pensionnât. Les sœurs prétendent n'avoir fait réciter que le catéchisme. Si c'est là leur seul crime, peut-on les condamner ?  C'est ce crue le tribunal dira. 

 

Novembre 1882  -  Laïcisation et engraissement. -  A Tilly-sur-Seulles, le maire ne se contente pas de pousser à la laïcisation, il engraisse, les élèves. Pour encourager les enfants, a venir à l'école, il a fait tuer un cochon, dont il leur distribue, des morceaux comme récompense. Si, après cela M. le Maire de Tilly n'est pas décoré, c'est que la croix lui sera soufflée. Par qui.?... Dame ! par un médecin du canton, qui, dit-on, en a une fière envie.  

 

Novembre 1882  -  Un instituteur qui n’est pas aussi diable qu’il en a l’air. -  On s'est fait une fameuse boss de bons sens, jeudi dernier, à Tilly. Un conseiller municipal ayant demandé pourquoi l'instituteur avait enlevé le crucifix de l'école communale, un autre a répondu que l'instituteur lui avait dit qu'il ne l'enlevait que les jours du tirage et de la révision : d'abord pour faire plaisir au préfet, qui est protestant, et ensuite pour que le bon Dieu n'ait pas à rougir de voir les conscrits en tenue... (c'est le mot du maître d’école).... en tenue d'Adam dans le paradis terrestre. Et pour preuve que ledit instituteur n'est pas aussi païen qu'il en a l’air, l'un de ses protecteurs a ajouté que les dimanches et fêtes, il envoyait son instituteur-adjoint jouer des polkas à l’église pendant les offices.

 

Décembre 1882  -  Morts ou vifs. -  Il parait que le conseil municipal de Tilly doit voter une paire de lunettes à l'Instituteur de l'endroit, qui a adressé aux parents de trois enfants décédés des lettres d'invitation à comparaître devant la commission scolaire. Cette, erreur n'est guère pardonnable, chez un homme qui, greffier de la mairie depuis plus de vingt ans,  rédige tous les actes de l'état civil. Le maire, on le conçoit, n'est pas content. Pères et mères veulent l'étrangler, et depuis ce jour il n'ose plus sortir qu'armé d'un mousquet. C'est un moyen comme un autre, d'imposer sa popularité. 

Le maire de la même localité, craignant sans doute de trop engraisser les enfants des écoles laïques avec ses rations de cochon, leur fait distribuer de la bouillie le vendredi. Ce changement de nourriture a été mal inauguré, une petite fille est morte quelques jours après. Espérons que ce n'est pas d'une indigestion ?

 

Mai 1883  -  Mort accidentelle. –  Vendredi, à Tilly, un accident s'est produit dans les carrières de M. Lepetit. Le nommé Vincent Estalem, 49 ans, carrier, s'étant obstiné, malgré les observations de ses camarades à creuser trop profondément dans la paroi de la carrière, un éboulement s'en est suivi, le malheureux ouvrier a été enseveli, et écrasé sous les décombres. On a immédiatement procédé au  déblaiement, mais, quand on a découvert Estalem, il était mort. Il est marié et laisse des enfants dans une situation précaire.  

 

Juillet 1883  -  Distribution des prix.    Les habitants de Tilly sont très inquiets de savoir si, la distribution des prix, ils auront encore à subir le discours chinisko-chinoski avec lequel l'instituteur de l'endroit les endort chaque année. Ils disent, avec raison, que, puisque cet instituteur-discoureur a supprimé le crucifix de sa classe, il devrait bien aussi supprimer son sermon de la distribution des prix.

 

Octobre 1883  -  Affaire mystérieuse.    La veuve Angot, demeurant à Tilly-sur-Seulles a été trouvée morte dans son lit le dimanche matin 14 octobre. La veille, elle avait fait la lessive et avait reçu la visite de l'un de ses parents. Rien ne faisait prévoir une fin si subite. 

L'opinion publique s'est émue. Partout circulaient des bruits d'empoisonnement ou d'étouffement. On disait qu'on avait trouvé un carreau brisé et un désordre dans la maison qui indiquaient un vol. Le parquet de Caen, prévenu, s'est rendu samedi à Tilly. Le cadavre a été exhumé. D'après le médecin, cette femme a dû mourir le samedi 13 courant, à 9 heures du soir, d'une congestion. Elle avait mangé à son souper de la soupe, des pois et une poire. On a dû emporter les viscères à Caen pour une vérification plus exacte. Les scellés apposés sur les meubles ne seront levés que dans une dizaine de jours. Ce n'est qu'à cette époque qu'on pourra vérifier si un vol a été commis. 

La bonne femme montrait souvent un louis de cent francs. On dit qu'elle aurait été déjà victime d'un vol d'argent assez considérable, et qu'elle n'aurait pas osé porter plainte par crainte.

 

Octobre 1885  -  Crime du braconnage.  -  Il y a six mois, Thomasse, braconnier de la pire espèce, sortait de prison, où il avait passé deux années pour coups et blessures au garde de M. d'Ursus. Aussitôt sorti, Thomasse a recommencé ses exploits de braconnier assisté de ses enfants et d'un nommé Achille Quinot. Tilly, Garcelles, Saint-Aignan et Cintheaux ont été pillés par ces misérables, qui ont été heureusement arrêtés, samedi la nuit, par les gendarmes de Bretteville-sur-Laize et deux des gardes de M. Bunouf. Ils ont été trouvés porteurs de plus de « huit cents pieds de filets. »

 

Novembre 1886  -  Un tir.  -  Dimanche 14 et 21 novembre, tir du 23e  régiment territorial au fusil de guerre, gratuit pour les hommes des classes 1872,1873,1871,1875 et 1876, domiciliés dans les cantons de Tilly-sur-Seulles et Villers-Bocage, 23 prix seront décerné. — Voir les affiches.  

 

Mars 1888  -  Distinctions honorifiques.  -  Le ministre du commerce a accorde des médailles d'honneur en argent aux sieurs Louis Cosne, ouvrier dans la maison Lepetit, à Tilly-sur-Seulles ; Ferdinand Danjou et Armand Beaujon, ouvriers à la manufacture de porcelaines de Bayeux.  

 

Mai 1888  -  Élections.  -  Canton de Tilly, surpris dernièrement par sa femme en conversation peu moral avec sa servante, un fermier de M... se demandait comment se faire pardonner.. « Je vas t'm'ettre su ma liste, lui dit le maire de son endroit, ma femme te pardonnera quand à t’verra dans l’z’hônneurs ». Et il l'y a mis.  

 

Mai 1888  -  23e Territorial.  -  Tir du canton de Tilly-sur-Seulles. Concours dimanche 27 mai Nombreux prix, gratuits pour les territoriaux et 5 fr. pour les civils, à 9 heures, distribution  des prix.  

 

Mai 1890  -  L’immoralité.  -  L'enquête sur les faits scandaleux qui se sont passés à Lisieux, et dont nous avons parlé dans notre dernier numéro, se poursuit. Il n'y a pas eu de nouvelle arrestation. La veuve Clémentine Lecomte, 39 ans, dentellière à Tilly-sur-Seulles, se livrait à la prostitution dans la chambre où couchaient ses enfants, deux garçons de 10 et 14 ans. Elle a été condamnée à 13 mois da prison. Ses complices n'ont pas été atteints.  (source, le Bonhomme Normand)

 

Septembre 1890  -  Une petite fortune dans une commode.  -  Dernièrement, on vendait le mobilier d'un vieil usurier de village, bien connu entre Tilly et Balleroy. Les époux X…….... achetèrent une commode. Aussitôt à la maison, ils trouvèrent sous un tiroir une somme assez ronde qu'ils eurent l'imprudence de compter devant leur domestique. Celui-ci prévint l'héritier de l'usurier, et, après bien des difficultés, les époux X…….... ont rendu une partie de la somme. L'héritier a donné 50 fr. au domestique révélateur. (source, le Bonhomme Normand)

 

Octobre 1890  -  Découverte du cadavre d’un nouveau-né.  -  Le 6 octobre, le squelette d'un enfant a été trouvé dans une cave de Tilly-sur-Seulles, sous un escalier, il était à moitié enveloppé dans un linge noir portant les initiales V. L V. les seuls indices pour découvrir la coupable. Le médecin n'a pu se prononcer sur la date exacte où l'enfant a été déposé en cet endroit, depuis combien de temps et s'il était né viable. La maison où ce cadavre a été découvert appartient à une personne habitant Caen, elle est louée à M. Vauquelin, médecin. (source, le Bonhomme Normand)

 

Octobre 1890  -  Les pommes.  -  Dans le Calvados, le pays-d'Auge surtout, n'a pas de pommes, on parle de 4 et 5 fr. la barretée. Dans la Manche, il y en a davantage, les prix varient entre 3 et 3 fr. 50. La Bretagne est plus favorisée, on en trouva en gare à 2 fr. 25 et 2 fr. 50. Sur certains points on les vend au poids.   (source, le Bonhomme Normand)

 

Octobre 1890  -  Un drôle de garde.  -  Le garde champêtre d'une commune du canton de Tilly dressait dernièrement procès-verbal contre une femme pour vol de récoltes. L'enquête  a établi que cette femme était innocente, et que le procès-verbal était faux. Malgré cela, le garde reste en fonctions. L'adjoint et deux conseillers ont donné leur démission pour protester contre le maintien de ce garde. (source, le Bonhomme Normand)

 

Février 1892  -  Les prix ou l’argent.  -  Il y a deux ans, le maire de Tilly-sur-Seulles organisa un concours de tir à la carabine et annonça que, dans le cas où il n'y aurait pas assez de cartons de pris, les prix ne seraient pas distribués et l'argent rendu aux tireurs. Comme depuis deux ans on n'a entendu parler ni des prix, ni de l'argent, on se demande, parmi les tireurs, s'il a été fondu pour préparer les balles du prochain concours. (source, le Bonhomme Normand)

 

Mars 1892  -  Le pauvre payant pour le riche.  -  Les paroissiens d'une commune d'auprès Tilly ont acheté par souscription un drap mortuaire. Tout le monde a souscrit, y compris les plus pauvres. Or, aujourd'hui, le curé prétend réserver ce drap pour les premières classes et il l'a refusé pour les obsèques d'une femme qui avait cependant donné son offrande. Il en  résulte que les pauvres se trouvent ainsi avoir fait cadeau à la fabrique d'un drap pour les riches.  (source, le Bonhomme Normand)  

 

Juillet 1892  -  Nos récoltes.  -  La récolte du foin est réduite aux deux tiers d'une récolte ordinaire par la sécheresse. On parle de 100 fr. le cent : mais ce prix ne se maintiendra pas. Blé, orge, avoine, sarrasin, assez bons. Pommes peu nombreuses en général. Quelques contrées en ont cependant.  (source, le Bonhomme Normand)

 

Juillet 1892  -  Fête.  -  Tilly-sur-Seulles. — Fête le 3 juillet, messe en musique, concert par la fanfare de Tilly, jeux et divertissements, illuminations et feu d'artifice par la maison du Bonhomme normand. (source, le Bonhomme Normand)

 

Septembre 1892  -  Danger du pétrole.  -  Mardi, le sieur Lebourlier, serrurier à Tilly-sur-Seulles, s'est approché, en tenant une lumière à la main, d'un appareil à pétrole placé dans son atelier. Le distributeur n'était pas fermé, le pétrole s'est alors enflammé et le sieur Lebourlier a été grièvement brûlé à la figure, à l'estomac et aux bras. Son état est très grave. Les sieurs Laurent et Monlier se sont aussitôt portés a son secours et, en l'enveloppant dans des sacs, ils ont pu arrêter les progrès du feu. (source, le Bonhomme Normand)

 

Février 1893  - Amusement dangereux.  -  Mardi de la semaine dernière, à Tilly-sur-Seulles, Mme Liégard, 42 ans, étant chez elle avec son cousin, nommé Desobeaux, lui remit un revolver appartenant à son mari. Desobeaux, y ayant introduit des cartouches, tira deux coups en l'air. Un nommé Marie, 31 ans, entrant en ce moment, prit le revolver et en tira un coup. Mme Liégard, qui se tenait sur le pas de sa porte, fut atteinte par la balle et blessée à la cuisse droite. Le médecin n'a pu extraire la balle, il assure, cependant, qu'il n'y a aucun danger. (source, le Bonhomme Normand)

 

Mai 1893  -  Compte rendu non officiel.  -  C'est celui de la réunion du conseil de révision de Tilly que nous allons faire, un peu tardivement, il est vrai. 

Le préfet fait son entrée, il est reçu selon le cérémonial accoutumé, maire en tête. M. Lejamtel tire un petit papier de sa poche. Le préfet l'arrêté, « Voilà trois fois déjà que je viens ici. Je la connais, rengainez votre discours ». Nez du maire et défilé des membres du conseil de révision, munis de toutes les huiles indispensables pour sacrer soldats les jeunes conscrits de 1893. 

A l'issue, banquet prestement enlevé. Au dessert, M. Lejamtel boit un coup à la santé de M. Carnot, (le coup du rallié, selon le vœu papal) puis à celle du préfet, de sa suite et des assistants. Le préfet y répond : il parle du Panama, de son « excellent ami », M. Lejamtel et des bonnes choses absorbées, (bonnes choses qui, ajoutées à la fatigue, ont mis sur le flanc » plusieurs membres du conseil de révision. 

Une voix, au bout de la table : « Espérons qu'y z'en r'viendront, m'sieu l'préfet ? ..... » Rires et troisième toast à la meilleure santé de M. Anne. La même voix au bout de la table : « Vos nos dites pas si, c't'année, il y a z'eu un nouveau-né d'plus à May... Not'e sénateur érait-il été obligé de baisser pavillon ? » Nouveaux rires et embarras du préfet. Toujours la même voix, au bout de la table : « Mais on n'causé pas d'candidat. Si vos n'n'avez pas, pérnez M. Lejamtel ». On ne rit plus, silence. Le préfet le rompt en levant le siège et l'on se sépare avec les poignées demain et le portez-vous bien traditionnels. 

Le plus heureux, en ce jour, a dû être M. Lejamtel, s'il n'est pas candidat, il pourra au moins, à la litanie de titres portés sur sa carte, ajouter celui de candidat à la députation proposé par une voix. (source, le Bonhomme Normand)

 

 Mai 1893  -  Attentat à la pudeur.  -  Une jeune fille de 17 ans, Blanche Lefèvre, habitant Tilly-sur-Seulles, revenait de son travail, le 27 février dernier, lorsqu'elle fut saisie sur le bord de la route par un ivrogne, qui se livra sur elle à des actes de la plus grande immoralité. Le coupable fut arrêté. C'est un nommé Eugène Lesomptier, 32 ans, perruquier à Tilly. Il a été condamné à 3 ans de prison. (source, le Bonhomme Normand)

 

Juillet 1893  -  Egalité, tu n’es donc qu’un vain mot.  -  Par suite d'une dénonciation, la gendarmerie de Tilly a dressé procès-verbal, pour chasse en temps prohibé, contre un magistrat de l'ordre administratif du canton. On fait courir le bruit que, grâce à l'influence de son patron, l'affaire n'aura aucune suite et sera étouffée. Est-ce que, dans ce canton, tous ne seraient pas égaux devant la loi ? (source, le Bonhomme Normand)

 

Octobre 1893  -  Incendies.  -  Un incendie s'est déclaré chez la dame Armandine Sabine, propriétaire à St-Germain-le-Vasson, et a détruit en partie un corps de bâtiments à usage d'habitation, grange et étable. 

 — Incendie chez le sieur Lafosse, 58 ans, demeurant au Breuil. 

— Incendie à Saint-Philbert-des-Champs, au préjudice de M. Ernest Legrip. On croit à la malveillance. 

 — Un incendie a détruit, à Tilly-sur-Seulles, une maison et le mobilier qu'elle contenait, le mobilier appartenait à M. Eugène Barbey, menuisier à Tilly-sur-Seulles, et l'immeuble à Mme veuve Barbey, débitante, place St-Patrice, à Bayeux. 

 — A Moyaux, une grange, appartenant au sieur Guillaume Ollivier, propriétaire au Pin, a été brûlée. (source, le Bonhomme Normand)

 

Novembre 1893  -  Les machines à battre.  -  Mercredi, à Tilly, le sieur Alfred Litard, cultivateur à Fresné-la-Mère, battait du grain et surveillait la marche de la machine, mise en mouvement par un cheval. Son jeune fils, Alfred Litard, âgé d'une douzaine d'années, plaçait les gerbes sur le tablier de la machine. Tout à coup l'enfant glissa et son pied gauche fut pris et broyé instantanément. Au cri qu'il poussa, son père arrêta la batteuse, mais il était trop tard pour sauver le membre pris. On a dû amputer la jambe. (source, le Bonhomme Normand)  

 

Novembre 1893  -  Chronique judiciaire.  -   Arthur Eudine, 22 ans, ancien facteur à Tilly-sur-Seulles, abus de confiance de somme d'argent au préjudice du sieur Basley, et suppression de lettres, 2 mois et 5 ans d'interdiction. 

— Albert Girouard, 10 ans, et Jules-Alphonse Marin, 7 ans, écoliers à Vendes, attentat à la pudeur sur une petite fille de moins de 13 ans, remis à leurs parents. 

— Gustave Postel, 33 ans, journalier à Troarn, coups et blessures à la veuve Destigny, 6 jours de prison.

(source, le Bonhomme Normand)

 

Août 1894  -  Conseil général.   -   Exhaussement du plan d'eau du canal a été admis. 

— La question des tramways est résolue. Sont concédées les lignes de Grandcamp à la Mine-de-Littry ; de Courseulles à Arromanches et à Bayeux ; de Caen à Falaise ; de Port-en-Bessin à Bayeux et Caen, Tilly, Balleroy et La Mine. Une gare centrale serait construite place du Parc à Caen où tous les trains aboutiraient. (source, le Bonhomme Normand)

 

Décembre 1894  -  Que de mal pour se faire unir.   -  Un mariage entre veuve et divorcé a été célébré ces jours derniers à Tilly, mais cela n'a pas été sans mal. 

D'abord, le maire a refusé de ceindre l'écharpe, trouvant sans doute indigne un mariage civil non suivi de cérémonie religieuse, l'adjoint s'est récusé pour cause de raison personnelle, et le premier conseiller, pour raison de famille. C'est donc le deuxième conseiller, maréchal ferrant de son état, qui a rivé la chaîne conjugale des deux époux. Mais, dans le pays, il règne une certaine anxiété parmi les filles à marier, car elles se demandent, dans le cas où tous les conseillers se récuseraient, si c'est au garde champêtre qu'elles devraient s'adresser. (source, le Bonhomme Normand)

 

Avril 1896  -  Les apparitions.  -  En raison de l'importance que prennent ces faits, nous croyons devoir résumer, en quelques lignes, ce que nous avons déjà publié.

— C'est le 18 mars, en récitant le chapelet en commun, que la vision miraculeuse est apparue à une élève de l'école des filles dirigée par des religieuses de Coutances. Non seulement les enfants, mais aussi les religieuses auraient été attirées par des lueurs surnaturelles. Néanmoins, les religieuses engagèrent les enfants à n'en rien dire. Pourquoi ? — Le bruit de cette vision se répandit cependant et parvint aux oreilles du curé de Tilly qui se contenta de prescrire aux religieuses de redoubler de prières.

Les vacances de Pâques étant venues, les enfants s'en allèrent, mais l'apparition ne resta pas pour cela inactive. Le mercredi saint, elle s'adresse à Louise Polinière, grosse et vigoureuse fillette de 14 ans, en service chez une dame Travers, Louise Polinière cueillait de herbe pour les lapins quand elle se sentit attirée vers le champ de M. Lepetit. Elle s'agenouilla, dit son chapelet et aperçut l'apparition que, depuis, elle a revue et d’autres personnes aussi, notamment, Mmes Le jamtel, de Tournebu, Patry et Duvey, MM. Yon, lieutenant de pompiers, Arcade Noël, journalier, et Damoiseau, coiffeur à Caen, rue Saint-Jean. A celui-ci on avait demandé : « Si vous voyiez la sainte Vierge, qu'est-ce que vous feriez ? » — « Ah ! ma foi, répondit-il, je la saluerais. » A peine a-t-il dit cela, qu'il pâlit, se trouble, tire sa casquette et salue profondément. Il affirme depuis avoir vu, à ce moment précis, une grande clarté éblouissante dans la, direction du champ de l'apparition.

— Quant à M. Lepetit, propriétaire du champ où a lieu la vision, homme très pieux, il a en vain regardé, mais il n'a encore rien vu. 

Voilà pour le passé, au présent, maintenant. Depuis dix jours, les visions ont pris une forme plus accentuée. L'un de nos plus honorables concitoyens, M. René Boisard, négociant à Caen, homme de conviction, sans fanatisme, a été deux jours à Tilly. Le second soir, au dîner de l'hôtel Morel, auquel assistait M. Martine, boucher à Caen, qui n'a rien vu, il racontait que dans la journée, étant seul dans le champ, il avait vu, adossée à un arbre, une lueur blanchâtre, ayant la forme d'une femme mince, serrée à la ceinture par un ruban bleu. A différentes reprises, il avait détourné les yeux de cette apparition, et, à chaque fois qu'il y reportasses regards, il la voyait très distinctement, mais sans éprouver cette émotion qu'un sincère croyant doit ressentir en présence d'une manifestation céleste.

—M.Auguste Térond, voyageur de commerce, habitant Guéron, qui se trouvait au dîner, dit: « Monsieur, le récit sincère que vous venez de faire me décide, je ne suis pas religieux, mais ce soir j'irai voir ». M. Térond était sur le champ d'avoine depuis une heure, entouré de nombreuses personnes. Il allait se retirer sans avoir rien vu, lorsqu'il étendit le bras en s'écriant : « La voilà, la voyez-vous! c'est la Vierge ! elle est grande, son diadème est d'or avec perles jaunes et rouges », et comme ses voisins, qui ne voyaient rien, lui disaient : « Puisque vous la voyez, parlez lui ? » Il répondait : « Je ne puis pas ! » et il tombait à genoux sur la terre boueuse, pleurant, sanglotant et gémissant. Cette vision est apparue de neuf heures à minuit à M. Térond, mais à lui seul.

Lundi dernier, une femme, de Torteval voit la Vierge et est prise d'une attaque de nerfs, il faut quatre personnes pour l'enlever. Le vendredi soir, Jean Madeleine, 50 ans, garde chez M. de Broglie, était à Tilly, priant, agenouillé au pied de l’arbre. Il aperçoit la Vierge, immédiatement un tremblement nerveux l'agite, ses traits se contractent, sa figure devient terreuse, il est en proie à une violente terreur. La crise passée, il déclare que la Vierge lui a parlé et que le lendemain, l'après-midi, il fera connaître le résultat de sa conversation avec la mère de Dieu.

Le lendemain, arrivé auprès de l'arbre, les mêmes phénomènes nerveux se produisent, une sueur abondante lui coule sur la figure et alors, avec le ton d'un prédicateur, il s'écrie : « Vierge Immaculée, ô ma bonne Mère, je souffre. Vous m'avez choisi entre tous pour accomplir une mission, vous m'avez dit : Annoncez à mon peuple que je souffre, car je suis encore tachée du sang de mon fils et pour l'effacer, il faut prier ».  A ce moment, il se retourne vers l'assistance et crie d'une voix forte : « Peuple, priez, priez ! » il fut obéit immédiatement. Ensuite, il continue sur un ton déclamatoire : « Vous m'avez dit aussi, bonne Mère, que j'avais également deux taches du sang de votre Fils. Peuple, priez, priez ! » L'émotion est à son comble parmi les pieux fidèles. Jean Madeleine reprend ses sens petit à petit, la foule l'entoure et alors une chose incroyable se passe. « Regardez mon oeil, regardez mon coté » et quelques-uns constatent la présence de deux taches rouges. Immédiatement le visionnaire se rend au presbytère pour y faire sa déclaration, où des centaines sont déjà enregistrées. Une demi-heure après, il reparaît sur le champ et donne une deuxième séance qui a eu autant de succès que la première. Le prince de Broglie va, assure-t-on, faire une situation exceptionnelle à ce garde qui est favorisé des confidences de la Ste Vierge et qui est tacheté du sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Samedi, M. Delarbre, conseiller d'arrondissement de Troarn, a vu une Vierge très bien dessinée et Mme Le Jamtel, qui l'accompagnait, a vu la forme d'une chapelle.

Cela veut dire que, sous peu, comme en Vendée, l'apparition demandera, en ce lieu, l'érection d'une chapelle qui deviendra miraculeuse. En attendant, on dépose des fleurs et de modestes souvenirs au pied de l'arbre sacré, et on fait ripaille dans le champ qui fut d'avoine, puis, en espérant l'apparition, on allume des cierges et on chante des cantiques. Louise Poliniêre voit toujours, mais sa vision s'est augmentée : a Vierge tient un enfant sur son bras.

Mardi dernier, jour du conseil de révision, la Vierge s'est encore montrée, et si les membres du conseil et les conscrits ne l'ont pas vue, c'est qu'ils n'étaient pas en état de voir.

Au dire de quelques personnes, des miracles se seraient encore produits : une fille de 21 ans, rabougrie, à demi idiote, marchant avec peine, avait été amenée par sa mère, qui habite Lingèvres. Tout à coup, la Vierge apparut et la jeune fille se mit à marcher, soutenue de chaque main, il est vrai, et fait ainsi deux cents mètres au milieu de la foule étonnée. Puis c'est un individu d'Audrieu qui a vu la vision au moment où il blasphémait. Du coup, il s'est couverti

Mais ces visions produisent un singulier effet sur la plupart des voyants : les uns s'évanouissent et sont pris d'une terreur folle, il faut les relever. Les autres tombent à genoux, couverts de sueurs et gardent le lit à la suite.

Voici les faits, nous les donnons pour ce qu'ils valent. Ces visions viennent-elles de la terre ? viennent-elles « du ciel ou de l'enfer ? » comme le dit « la Croix ». Ce n'est pas à nous, de trancher cet étrange interrogant, mais au clergé qui parait, jusqu'à ce jour, avoir accueilli ces visions avec une très grande réserve. Quoi qu'il en soit, c'est un joli coup de commerce pour les voitures, le chemin de fer et surtout pour les commerçants, car, en bonne mère, la Vierge de Tilly ne fait pas passer le goût du pain à ses visiteurs. Au contraire, ils sortent du champ d'avoine avec un besoin de se restaurer, qui doit faire l'affaire des gargotiers de l'endroit. Le nombre des visiteurs est innombrable. Dimanche, on en a compté plus de 4 000. Pour se rendre à Tilly, i! y a le chemin de fer qu'on prend jusqu'à Audrieu, distant de cinq kilomètres. En outre, MM. Primois et Lépicier ont organisé des services quotidiens de voitures publiques. Pendant plusieurs soirs, des étudiants se sont rendus à Tilly en chantant sur l'air : « A Ménilmontant » : « La Vierge a paru seule... à Tilly-sur-Seulles... » (source, le Bonhomme Normand)

 

Avril 1896  -  L’apparition de Tilly.  -  Pendant que le propriétaire de la demoiselle Couesdon, avec l'assistance de messieurs les huissiers, force sa locataire à aller faire ses révélations sous d'autres toits, M. Lepetit, le propriétaire du champ d'avoine où apparaît la Vierge de Tilly, a fait placer un poteau blanc dans son champ avec ces mots : « Ici, on ne blasphème pas... » Ah! mais...   Malheur aussi à celui qui se permet une innocente plaisanterie, il est immédiatement expulsé, quelquefois rudement. 

Toute la semaine, la Vierge est apparue. Mais, en éclipse capricieuse, elle ne se montré qu'à ses amis. L'un d'eux, un cultivateur qui hersait dans un champ voisin, a vu un matin la Vierge, haute de deux mètres, se promenant en robe bleue. Il est tombé à genoux et, d'émotion, a gardé le lit toute la journée. Les autorités du pays se sont aussi rendues sur les lieux. Le chef de la municipalité, lui, a cru apercevoir une petite lueur, mais un conseiller, moins myope, a vu distinctement la Vierge couronnée d'un diadème auquel il manquait une perle du côté gauche. Et si vous dites à cet illuminé qu'il était « ébéloui », il vous menace de vous passer son sabre à travers le corps. Au point ou en sont les choses, il est à craindre que des rixes n'éclatent entre les croyants et les incrédules. 

Aujourd'hui, c'est par des centaines de personnes que le champ est visité. Ce sont de longues processions venant de tous les points du département. Les apparitions se produisent maintenant le soir. La petite vachère, dont certains membres de sa famille auraient été « possédés », est accroupie dans un fossé. Quand elle pressent que la Vierge va lui apparaître elle donne l'ordre aux assistants de s'agenouiller et d'entonner des chants sacrés. Puis quand elle voit, elle croise les mains et s'écrie : « Je vous vois !... Bonne sainte Vierge, que voulez-vous ?... Est-ce une chapelle, une église ? »  Hommes et femmes écarquillent les yeux. C'est alors un spectacle indescriptible, car on entend des femmes crier et tomber en syncope sur la terre délayée par la pluie. 

La Vierge avait dit à la vachère, cause de tout ce remue-ménage, qu'elle parlerait à sa dix-huitième apparition. La dix-huitième est passée et la Vierge n'a pas causé. C'est dans un champ d'avoine, derrière un four à chaux, au-dessus d'un arbre, que la vision se produit. Aussi chaque croyant a-t-il emporté une brindille de cet arbre sacré qui est aujourd'hui complètement émondé. Comme il fallait s'y attendre, cette nouvelle Vierge a déjà fait des miracles : un sceptique, atteint d'une douleur à la jambe, a été guéri en se frictionnant avec de l’écorce de l'arbre à la Vierge, et un enfant de 18 mois, ankylosé depuis sa naissance, s'est mis soudain à marcher. Le clergé, qui a fait jusque-là la sourde oreille, commence à se remuer et à rechercher d'où vient cette étrange vision qui pourrait bien être produite par ces sortes de phosphorescences qui s'échappent à de certains moments des fours à chaux. 

A Paris, la demoiselle Couesdon a recommencé ses conversations journalières avec l'ange Gabriel. Elle a annoncé la chute du Ministère Bourgeois pour la fin du mois de Marie. 

Un qui ne doit pas croire aux choses surnaturelles, c'est le Père Ernest, l'un des organisateurs de la grande fête de la Trappe. Le jeudi saint, on l'a surpris dans une maison galante, à Alençon. La police a dû le protéger contre la foule qui voulait infliger au galant Père une correction méritée, qui lui aurait, à tout jamais, enlevé l'envie de recommencer. (source, le Bonhomme Normand) 

 

Avril 1896  -  Les apparitions.  -  Cette semaine, la foule a continué d'affluer à TilIy-sur-Seulles. Le champ où ont lieu les visions offre maintenant un aspect assez curieux. Les abords en sont encombrés de marchands d'objets de piété, de cierges, et de vivres de toutes sortes. 

Dimanche il y a eu environ 3 000 visiteurs. Il y avait même une marchande de cantiques remplaçant le marchand de chansons des foires populaires. Au bout du champ est une haie de grands arbres et de cépées, longée d'un fossé. Un de ces arbres est dépouillé de son écorce jusqu'après de deux mètres de hauteur : c'est l'arbre miraculeux, celui près duquel la Vierge se montre le plus souvent. Devant l'arbre, une certaine étendue de terrain est entourée de ronces artificielles. C'est dans cet espace que se met la petite visionnaire Louise Polinière et souvent le journalier Arcade Noël, qui vient presque tous les jours, mais, il fuit ceux qui veulent l'interroger sur ses visions et les malaises qui les ont suivies. 

Au fond du fosse, brûlent devant l'arbre des cierges et des bougies, des bouquets sont suspendus dans les branches des arbustes voisins, autour de la clôture sont rangés les plus ardents croyants, qui chantent des hymnes et des cantiques et psalmodient de temps en temps : « Notre-Dame de Tilly, priez pour nous ». Quand la petite Louise Polinière et une autre fillette de l’école des Sœurs sont là, elles disent : « Notre-Dame de Tilly, priez pour nous. — Notre-Dame de Tilly, apparaissez aux incrédules. — Notre-Dame de Tilly, voulez vous qu'on vous bâtisse une chapelle ? — Notre-Dame de Tilly, faites connaître vos volontés ». 

Mais la Vierge reste muette. (source, le Bonhomme Normand)

 

Mai 1896  -  Les dernières nouvelles.  -  Là Vierge se montre de moins en moins. Les curieux l'imitent et diminuent chaque jour. L'évêque se fait envoyer, chaque soir, le compte rendu de ce qui s'est passé à Tilly dans la journée. 

Un miracle un vrai, cette fois, s'est produit dimanche à Tilly. La liste municipale, dite des Incrédules, est restée sur le carreau. Ce sont les croyants qui ont passé. Parmi les anciens conseillers élus cinq avaient vu la Vierge, un nouveau était dans le même cas. Si les six autres n'ont rien vu, leurs femmes ont vu pour eux. Parmi les élus se trouve le patron de la petite Louise Polinière. La Vierge lui devait bien cela. 

L'autre jour, la dame du Tertre, demeurant à Caen, s'était rendue à Tilly pour voir si elle verrait quelque chose. Pendant qu'elle avait les yeux fixés sur l'arbre, on lui a enlevé, comme par miracle, son porte-monnaie contenant 70 fr. et une bague en diamants qu'elle estime à 300 fr. (source, le Bonhomme Normand)

 

Mai 1896  -  A Tilly !  -  Ce nouveau lieu de pèlerinage est en baisse, il y a eu, cette semaine, encore moins de monde que les précédentes. On cherche toujours d'où peut venir cette vision visible pour très peu. Un correspondant de la Croix, qui doit être un membre du clergé, car il connaît les sermons de saint Bernard par cœur, écrit : « Les faits dont Tilly est le théâtre ne sont pas de l'ordre naturel, ils me paraissent provenir d'une cause supérieure, être dus à une intervention soit divine, soit diabolique ». Ce correspondant ne croit pas au diable. Il a raison, car Satan n'a certes rien à gagner à cette recrudescence de foi plus étonnante encore que la vision elle-même. 

Le champ Lepetit est toujours surveillé par des « triquards » qui insultent et frappent même ceux qui mettent en doutent les effets miraculeux de la vision. Jeudi soir, un visiteur a encore reçu un violent coup de canne sur la tête. Quelques jours auparavant, deux cents personnes menaçaient un officier ministériel qui soutenait que la petite infirme de Lingèvres ne marchait pas mieux que par le passé. Ce qui est exact, un prêtre, mêlé indirectement à cette bagarre, l'a reconnu depuis.

Tous les autres soi-disant miracles : sont à l'avenant. Ce n'est pas vraiment la peine de se déranger pour ne rien voir et pour être insultés et frappés par les imbéciles qui se sont faits les « thuriféraires » de cette vision imaginaire. Les gendarmes ont dû s'en mêler, mais les habitants de Tilly voient avec peine leur intervention, car ils redoutent toujours que, par ordre supérieur, ils n'arrêtent la vision. (source, le Bonhomme Normand)

 

Janvier 1897  -  De plus en plus fort.  -  Nous avons annoncé que le comte Legonidec était mort à la suite d'un refroidissement attrapé sur le champ miraculeux de Tilly. La famille du défunt a fait brûler de nombreux cierges devant la niche de la Notre-Dame-de-Tilly. Rien à dire, toutes les croyances sont respectables. 

Mais il parait que Louise Polinière aurait été invitée à demander à l'apparition la place exacte que défunt Legonidec occupe dans l'autre monde. La Polinière est tombée en extase et a posé la question à la Vierge qui lui serait apparue en souriant, ayant à sa gauche une religieuse et à sa droite le comte Legonidec, couronné de roses et couvert d'un vaste manteau blanc. La Polinière aurait même déclaré que cette apparition lui aurait fait « une fiée poux », car le comte a paru s'avancer vers elle.  

Quel beau sujet de Furetage, si le respect des morts ne nous arrêtait pas ! (source, le Bonhomme Normand)

 

Janvier 1897  -  Comme on arrive au ridicule.  -  Une constatation qui n'a pas encore été faite, c'est la façon dont les visions du champ de Tilly ont grossi depuis huit mois. Au début, c'était un nuage, puis la vision a pris du corps, elle s'est affublée de robes roses et bleues, elle s'est décorée de banderoles, ornée de diamants. Ennuyée de se montrer seule, la Vierge de Tilly a ensuite fait appel aux archanges et aux séraphins. Après, c'a été les tableaux du chemin de la Croix, avec le Christ et ses bourreaux. Là ne doit pas s'arrêter la progression, car, ces jours-ci, la Polinière a vu de nouveau M. Legonidec, mort récemment d'un refroidissement attrapé sur le champ de Tilly, apparaître derrière la Vierge. Il était encore couronné de roses et couvert d'un manteau bleu. Au milieu de son extase, la Polinière, qui ne paraît pas pour la dépense, s'est écriée, en tendant les mains et en se traînant dans la boue dont elle avait plein le nez : « Bonne mère ! bonne mère ! emmenez-mé avec moussieu l'Gonidec ! » 

Au début des apparitions, les voyantes se contentaient de prier, puis elles sont insensiblement arrivées à faire la causette avec les apparitions. Enfin, la veille de Noël, Louise Polinière s'est mise à chanter un cantique que lui soufflait sa « bonne et sainte mère. » Allons, à quand la grosse caisse ? (source, le Bonhomme Normand)

 

Février 1897  -  Tilloiseries.  -   Malgré la neige et le mauvais temps, il y a encore quelques curieux sur le champ des apparitions. La Polinière y vient tous les deux jours. Elle rit, elle chante, elle pleure et mange de la terre du champ Lepetit qui est, paraît-il, un tonique fortifiant, car la grosse fille est loin de maigrir. 

Quant à Marie Martel, elle se fait de plus en plus rare. Lorsqu'elle vient au champ, c'est en carriole, d'où elle ne descend que pour faire quelques pas et tomber toujours en extase, volontairement ou non, devant la boutique du même marchand de bibelots, qui en profite pour faire son petit commerce. (source, le Bonhomme Normand)

 

Février 1897  -  Chiens enragés.  -   Le chien du sieur Albert Pézeril, marchand de poisson à Tilly-sur-Seulles, reconnu enragé, a été abattu. Un autre chien, appartenant au sieur Albert Marie a été également abattu. (source, le Bonhomme Normand)  

 

Janvier 1898  -  Ca ne va plus.  -  Les visiteurs du champ miraculeux de Tilly deviennent de plus en plus rares. La foi s'en va et les clients aussi. Les voyants eux-mêmes commencent à douter. Les uns ferment boutique, les autres passent leurs affaires à d'autres thuriféraires. Pour secouer le zèle des curieux, une circulaire abracadabrante vient de paraître. En somme, la vierge de M. Lepetit n'est pas contente. Elie ne veut plus de basilique, et si l'indifférence continue elle menace d'enlever Marie Martel au ciel et d'emmener Louise Polinière loin de ces lieux où la croyance est de si courte durée.

Quant à Marie Martel qui avait promis, pour la fin de 1897, les plus grandes catastrophes, elle ne sait plus quoi répondre quand on lui demande ce qu'elle voulait dire. Les choses en sont arrivées à un point que le Moniteur du Calvados lui-même en est aujourd'hui à dire : « Les gens sérieux s'éloignent de plus en plus du champ Lepetit où ils n'ont plus rien à faire. S'il y a eu des phénomènes curieux à étudier, le temps en est passé. La religion n'a plus rien à voir avec les fumisteries qui se passent maintenant. ». Il y a longtemps que nous avons dit cela.  (source, le Bonhomme Normand)

 

Juillet 1898  -  D’une extrémité à l’autre.     Dernièrement, le maire de Tilly-sur-Seulles révoquait son garde champêtre pour avoir, entre autres griefs, placardé plusieurs affiches semblables dans un village de la commune. Son successeur, redoutant sans doute les foudres vengeresses de son maître, trouve moyen de n'en pas afficher du tout. C'est ainsi que le discours de M. Gavaignac,qu'on peut lire dans toutes les communes voisines, est encore à paraître à Tilly-sur-Seulles. (source, le Bonhomme Normand)

 

Novembre 1898  -  Laïcisation.   -   C'est en vertu d'un arrêté ministériel du mois de septembre que toutes les écoles communales en faveur desquelles il n'y a pas de fondations ont été laïcisées à partir du 1er novembre. (source, le Bonhomme Normand)

 

Décembre 1898  -  Jument empoisonnée.   -   Une jument de 200 francs appartenant au sieur Guernier, cultivateur à Tilly-sur-Seulles, a été trouvée morte couchée dans une mare. L'autopsie a fait croire qu'elle a été empoisonnée. Une enquête est ouverte.  (source, le Bonhomme Normand)

 

Décembre 1898  -  Reprise des séances tilloises.   -   La société de la Vierge dans l’œil a recommencé ses représentations merveilleuses sur le champ des miracles de Tilly. 

Le 8 décembre, à l'occasion de la fêté de la Conception, il y a eu une séance extraordinaire avec projections célestes. La figure de Marie Martel a été éclairée à giorno, et les assistants ont vu, dans les « châsses » de cette fille hystérique : oeil droit, une forme indécise garnie d'une ceinture bleue, oeil gauche, la Vierge de Tilly telle qu'elle est gravée sur les médailles frappées en son honneur. 

Cette nouvelle série de visions coïncide avec la mise en mouvement d'un service d'automobiles sur routes desservant la région tilloise. Mais, pour que ces représentations miraculeuses puissent être suivies, un vrai miracle est indispensable : faire monter les côtes aux trains Scott, sans qu'il soit besoin de pousser à la roue. (source, le Bonhomme Normand)

 

Décembre 1898  -  Recensement.  -  Les propriétaires de chevaux, juments, mulets et mules et de voitures attelées, devront, sous peine de poursuites, se présenter à la mairie, avant le 1er janvier, pour en faire la déclaration. (source, le Bonhomme Normand)

 

Décembre 1898  -  Incendies.  -  D'une maison au sieur Louis Delaunay, à Brémoy. Pertes, 1 000 fr.

— D'une meule de foin au sieur Maillard, à Bretteville-le-Rabet. Pertes, 320 francs.

— Commencement d'incendie chez le sieur Tardif, épicier à Tilly-sur-Seulles. Pertes, 1 500 fr.

— D'une maison à la dame Lemichel, à St-Germain-le-Vasson.

— D'immeubles à la dame Lebourgeois, à Blangy. Pertes, 1 500 francs.

— D'une buanderie au sieur Tirel, à Saint-Jouin. Pertes, 1 050 francs. (source, le Bonhomme Normand)

 

Février 1899  -  Tentative d’infanticide.   -   M. Le Goaster, receveur d'enregistrement à Tilly-sur-Seulles, entendait, vers neuf heures du matin, des cris plaintifs dans la chambre de sa servante, la nommée Françoise Lefloch, 26 ans. Pénétrant dans l'appartement, accompagné de Mme Le Goaster, il découvrit dans le tiroir de la commode un enfant nouveau-né, du sexe masculin, recouvert d'un jupon. Le petit être portait des traces de strangulation produites par un lacet. On remarquait également sur la tête des traces de pression par les mains et deux petites coupures faites par les ongles. L'enfant, dégagé du lacet put être rappelé à la vie.

Interrogée par la gendarmerie, la fille Lefloch a déclaré être accouchée clandestinement, le matin à 3 heures. Elle avait conservé l'enfant dans son lit jusqu'à 7 heures, où elle était descendue pour faire son travail habituel. Mais, auparavant, elle avait enroulé le lacet autour du cou de son enfant pour l'empêcher de crier et lui avait comprimé deux fois fortement la bouche avec les mains. La fille Lefloch affirme n'avoir pas eu l'intention de lui donner la mort.

La sage-femme, appelée à donner des soins au nouveau-né, a déclaré qu'il était né à terme et parfaitement constitué, un quart d'heure plus tard, l'asphyxie eût été complète. En raison de son état, la fille Lefloch a été laissée en liberté provisoire et conduite chez la sage-femme jusqu'à son rétablissement. 

Entrée chez M. Le Goaster en décembre dernier, elle avait pu jusqu'à ce jour dissimuler sa grossesse. (source, le Bonhomme Normand)

 

Octobre 1899   -   Veillez sur vos animaux méchants.   -   Le sieur Lecarpentier, cultivateur à Tilly-sur-Seulles, avait mis au piquet deux vaches dont l'une est très méchante. Cette dernière arracha son piquet, traversa une haie, pénétra dans une pièce voisine et se jeta sur le sieur Belheux, 72 ans, cultivateur à Bucéels. 

L'animal, furieux, lui porta plusieurs coups de cornes à la figure dont un pénétra dans le larynx. Sans son petit-fils, qui eut toutes les peines du monde à chasser la vache, le malheureux vieillard eût été certainement tué. 

Poursuivi pour blessures par imprudence, le propriétaire de la vache est condamné à 20 fr. d'amende.  (source le Bonhomme Normand)  

 

Novembre 1899   -   Tout lasse, tout passe.   -  Une lectrice du Bonhomme nous demande ce que deviennent les visions de Tilly.

C'est en dégringolade, comme tout ce qui s'appuie sur la bêtise humaine. Il y a encore une dizaine, de visiteurs étrangers qui viennent à Tilly, principalement au moment des fêtes de la Vierge, voilà tout.

La vision ne se montre plus à Marie Martel. Elle lui tient toujours « le crachoir », non pas sous l'orme miraculeux, mais dans une pièce à côté.

Le bruit a couru que le curé de Tilly avait été suspendu de ses fonctions de doyen à la suite de certain voyage à Lourdes et remplacé par le curé de Fontenay. Ce bruit ne parait pas fondé. Mais ce qu'il y a de certain, c'est que M. l'abbé Marquet, supérieur du grand séminaire, a été remplacé non pour raison de santé, mais parce qu'il a laissé dire sans protester, dans l'Echo du Merveilleux, qu'il avait été guéri miraculeusement par Notre-Dame de Tilly. Il circule même, à ce sujet, une amusante histoire de chasuble que nous raconterons un jour.

On a fort remarqué que Mg Amette est venu dans les environs de Tilly présider de petites fêtes religieuses, mais qu'il s'est bien gardé de faire une entrée sensationnelle dans le bourg miraculeux.

On n'y voit pas non plus l'ombre d'une soutane. Quand le curé a besoin d'assistants, il est obligé de s'adresser aux moines de Mondaye.

Mg Amette est un prélat trop convaincu pour ne pas comprendre que de pareilles momeries font plus de mal que de bien à la religion (source, le Bonhomme Normand)  

 

Février 1900   -   Tentative d’infanticide.     M. Le Goaster, receveur d'enregistrement à Tilly-sur-Seulles, entendait, vers neuf heures du matin, des cris plaintifs dans la chambre de sa servante, la nommée Françoise Lefloch, 26 ans. Pénétrant dans l'appartement, accompagné de Mme Le Goaster, il découvrit dans le tiroir de la commode un enfant nouveau-né, du sexe masculin, recouvert d'un jupon.

Le petit être portait des traces de strangulation produites par un lacet. On remarquait également sur la tête des traces de pression par les mains et deux petites coupures faites par les ongles. L'enfant, dégagé du lacet put être rappelé à la vie.

Interrogée par la  gendarmerie, la fille Lefloch a déclaré être accouchée clandestinement, le matin à 3 heures. Elle avait conservé l'enfant dans son lit jusqu'à 7 heures, où elle était descendue pour faire son travail habituel. Mais, auparavant, elle avait enroulé le lacet autour du cou de son enfant pour l'empêcher de crier et lui avait comprimé deux fois fortement la bouche avec les mains.

La fille Lefloch affirme n'avoir pas eu l'intention de lui donner la mort. La sage-femme, appelée à donner des soins au nouveau-né, a déclaré qu'il était né à terme et parfaitement constitué, un quart d'heure plus tard, l'asphyxie eût été complète. En raison de son état, la fille Lefloch a été laissée en liberté provisoire et conduite chez la sage-femme jusqu'à son rétablissement.

Entrée chez M. Le Goaster en décembre dernier, elle avait pu jusqu'à ce jour dissimuler sa grossesse. (Source : Le Bonhomme Normand)  

 

Avril 1900   -   Graves accidents.  -   Le sieur Louis Guérin, 25 ans, employé d'assurances à Caen, et son frère, Eugène Guérin, 23 ans, revenaient de Juaye-Mondaye à bicyclette.

Ne connaissant pas la route, ils descendirent la côte de Tilly-sur-Seulles à toute vitesse. Arrivés au tournant, ils ne purent diriger leurs machines par suite de la vitesse acquise, et le premier fut projeté sur un mur, tandis que le second allait tomber quelques mètres plus loin. Ils ont été relevés dans un état alarmant par les témoins de l'accident. Les blessures d'Eugène Guérin inspirent les plus grandes inquiétudes.

— Comme il se rendait à son restaurant, le sieur Cléret, 80 ans, demeurant à Vire, est tombé d'une façon si malheureuse qu'il s'est fracturé une jambe. L'âge du blessé et le séjour prolongé au lit qu'il lui faudra faire rendent cet accident assez grave. (Source : Le Bonhomme Normand)  

 

Juin 1900   -   Accident de travail.   -   Le sieur Léon Bétournet, 55 ans, né à Caen, ouvrier plâtrier à Bayeux, travaillant à Tilly-sur-Seulles, est tombé accidentellement d'un 2e étage. Dans sa chute, il s'est fracturé plusieurs côtes et s'est blessé à la tête. L'état de ce malheureux ouvrier est grave. (Source  : Le Bonhomme Normand)  

 

Octobre 1900   -   Vols.  -   A Ouistreham, d'une bicyclette de 460 fr. au sieur Lemenuet, menuisier à Caen.

— D'une paire de bottes de 10 fr. au sieur Lecot, à Tilly-sur-Seulles.

— De 100 fr. d'objets mobiliers au sieur Pouchin, à Cabourg.

— De 50 fr. de pommes au sieur Bellenger, à Goupillières.

— D'un fusil de 100 fr. au sieur Aubry, cultivateur à Tailleville.

— D'une paire de bottines de 18 fr. au sieur Casset, cultivateur à Saint-Samson. — De 66 fr. d étoffes à la veuve Lecoq, mercière à Bernières-sur-Mer.

— De 200 bouteilles de vin dans la villa du sieur Claverie, à St-Aubin-sur-Mer. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Octobre 1900   -   Fièvre typhoïde.  -   Cette maladie sévit avec assez de violence au Havre. C'est au point qu'on a jugé prudent de ne pas faire l'appel des « treize jours » du 24e d'infanterie.

— Dans les autres villes de Normandie, les réservistes ont commencé lundi leur période d'exercice. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Novembre 1900   -   Tentative de vol.  -  Des malfaiteurs ont tenté, la nuit, de forcer la porte du bureau de poste de Tilly-sur-Seulles.

La receveuse, réveillée par le bruit, se montra à la fenêtre et appela ses voisins. Ils accoururent aussitôt, mais les malfaiteurs avaient pris la fuite. Des traces d'effraction ont été constatées sur la porte et aux trois fenêtres du rez-de-chaussée. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Août 1901   -   Ballons et vessies.  -   Avec la belle saison et le retour des baigneurs sur notre littoral, il fallait s'attendre à voir se produire quelque phénomène nouveau sur cette terre féconde de merveilleux de Tilly-sur Seulles pour attirer les étrangers. En remplacement des visions de Marie Martel; quelque peu démodées, on a vu une myriade de petits ballons multicolores voltigeant devant le soleil, qui s'est mis de la fête en tournoyant avec l'entrain d'un soleil de feu d'artifice. Ce phénomène, présage de terribles catastrophes, au dire des visionnaires, est attesté par plusieurs témoins, y compris le curé de Tilly, dont la crédulité intéressée n'a pas encore reçu l'approbation de Monseigneur l'évêque de Bayeux.

Mais, pour ne pas laisser tomber dans l'oubli Marie Martel et sa vierge, on raconte leur dernier miracle : Un aubergiste de l'endroit, Henri Morel, était atteint d'un mal de vessie. Son médecin, le Dr. Vauquelin, lui avait dit qu'il faudrait lui faire une opération pour laquelle il demanderait l'assistance de l'un de ses confrères de Caen. Entre temps, l'aubergiste consulta Marie Martel, et lorsque les médecins se présentèrent, ils durent rengainer leurs bistouris. Le malade était guéri grâce à l'introduction d'un petit morceau de bois de l'arbre miraculeux au pied duquel Marie Martel s'est tant roulée et a roulé tant de gens. Les deux docteurs crièrent au miracle ! Il n'y avait pas de quoi, cependant, car ces histoires de ballons et de vessies n'ont rien d'extraordinaire dans un pays où on les prend si facilement pour des lanternes. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Août 1901   -   Tilly et ses miracles.  -  La vierge de Marie Martel, représentée  par le Sacré-Cœur, lui a annoncé de grandes calamités. On signale sur nos côtes des quantités de marsouins qui détruisent les poissons et, dans les jardins, des myriades de chenilles qui hachent les légumes. Est-ce le début des calamités annoncées.  (Source : Le Bonhomme Normand)  

 

Septembre 1901   -   Le revers de la médaille.  -  Nous avons raconté que le sieur Henri Morel, hôtelier à Tilly-sur-Seulles, avait été guéri d'un mal de vessie par l'intercession de Marie Martel et l'application d'un morceau du bois de l'arbre du champ Lepetit dans lequel ont eu lieu les apparitions.

Nous n'inventons rien, car Henri Morel a raconté sa guérison miraculeuse dans une longue lettre adressée à Monseigneur l'évêque de Bayeux, aussi incrédule que nous en cette circonstance. Mais il paraît qu'aujourd'hui la vessie de ce bon monsieur Morel fonctionne de plus en plus difficilement et qu'il y a avoir, de nouveau, recours à Marie Martel et à son morceau de bois.

L'infortuné malade attend ce second miracle avec une vive anxiété, car, s'il ne se produisait pas, les médecins devraient l'opérer.

Comme on le voit, toutes les médailles ont leur revers, même celle de Tilly-les-Miracles. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Décembre 1901    -   récompenses honorifiques.  -  Des médailles et des diplômes d'honneur ont été accordés aux sapeurs-pompiers ci-après désignés : MM. Tranquille Bourdon, sergent à Tilly-sur-Seulles ; Louis Louville, sergent à St-Laurent-de-CondeI ; Émile Longuet, tambour à St-Laurent-de-Condel. . (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Décembre 1901    -   Chevaux et voitures.  -  Avant Je 1er Janvier, devront être déclarés, dans les mairies, chevaux et ânes de n'importe quel âge et toutes les voitures, à l'exception de celles affectées au transport des personnes. (Source : Le Bonhomme Normand)  

 

Janvier 1903    -   Au théâtre de Tilly.  -   Les Spectateurs qui se sont, sur lettre d'invitation, rendus à la dernière représentation du théâtre des miracles de Tilly on été volés. La vierge du champ Lepetit ne s'est pas montrée. Elle boude Marie Martel.

Par ce temps de « traite des blanches », elle trouve sans doute que sa protégée pousse un peu loin l'ingénuité en courant les champs, malgré ses 28 ans, les cheveux sur le dos et les jupes au-dessus des chevilles, comme une petite fillette de douze ans au plus. .  (Source : Le Bonhomme Normand)  

 

Mai 1903    -   A Tilly.  -  Dimanche dernier, grande réunion à Tilly-les-Miracles. On avait annoncé des miracles, notamment la guérison de l'aveugle dont nous avons parlé, il n'y a eu aucune guérison, la Vierge prétendant que i'on n'avait pas prié avec assez de ferveur, sans doute à cause de la pluie.

La chaleur religieuse de Marie Martel était telle que ses vêtements séchaient à mesure, disent les visionnaires.  (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Avril 1903    -   Singulier garde-champêtre.  -   Les sieurs Jean Lieurey, domestique, et Jules Greppy, garde champêtre à Tilly-sur-Seulles, quoique beaux-frères, ne sont pas pour cela toujours d'accord.

Témoin le procès-verbal qui vient d'être dressé pour voies de fait contre le garde champêtre. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Septembre 1903  -  Marie Martel, d’après le R. P. Lesserteur   -   « Je vous salue, Marie, pleine de grâces, de piété et de pureté, soyez bénie entre toutes les filles, car le Sacré-Cœur est avec vous, ainsi que le curé Guéroult et le restaurateur Morel... ».

Voici à peu près en quels termes s'exprime le R. P. Lesserteur, auteur de la biographie de la voyante de Tilly, qu'il nous parait ne voir qu'avec les yeux de la foi.. Marie Martel est mieux connue de ses contemporains. Née à Cristot, en 1872, elle fut nourrie avec du lait de vache non baptisé et du chocolat du Bonhomme normand.

Ses premières années se passèrent avec peu d'éclat. Elle sortit de l'école sans avoir son brevet supérieur, puis se livra à la couture et aux amusements de son âge et de son sexe. Marie Martel n'avait rien d'une sainte jusqu'au jour où elle apprit que les enfants de l'école de Tilly avaient aperçu, à travers les arbres dû champ du bienheureux Lepetit, quelque chose qui ressemblait à une image d'Epinal. Marie Martel y courut. Là où les enfants n'avaient vu qu'une enluminure, elle prétendit voir une femme d'une beauté céleste dont les pieds foulaient une banderole blanche sur laquelle était écrit : « Je suis l'Immaculée! ».

  La première vision remonte à 1896. Il y a sept ans ! et Tilly, grâce à une habile réclame, est toujours visité par des pauvres d'esprit et par des malades ne sachant à quel saint se vouer. Cependant, le nombre des visiteurs est de moins en moins grand. Est-ce parce que Marie Martel n'est pas en odeur de sainteté auprès des évêques et des archevêques ?

Mgr Amélie ne peut pas la sentir et l'archevêque de Toulouse vient d'interdire de lire l'opuscule où le R. P. Lesserteur fait un ange de l'ex-couturière de Cristot.  (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Octobre 1909  -  Les saintes villas.  -  Nous avons dit que le champ des Miracles de Tilly-sur-Seulles avait été acheté par une dame Coetloquet, pour le prix de 500 080 fr. La somme a été versée et les formalités judiciaires accomplies. D'autres achats ont été aussi faits en cet endroit par des croyants ou des spéculateurs. Toutes les maisons du hameau de Saint-Pierre, voisines du champ Lepetit, ont été achetées à prix d'or et sur leurs ruines se sont élevées des villas auxquelles on a donné les noms de tous les saints du Paradis. 

C'est ainsi que l'usine à papier illustrée, par les orgies da Vintras et de ses adeptes, après avoir été purifiée par le curé de la paroisse, a été baptisée du nom de villa Saint-Benoît. Il n'y a pas encore de villa Ste Marie Martel, mais cela viendra, certainement. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Avril 1912  -  Fait divers.  -  Le 6 au soir, Armand Benoît, 31 ans, et Victor Adeline, 14 ans, tous deux domestiques à Tilly-sur-Seulles passaient , rue de Bayeux, en criant à tue-tête en  s'accompagnant  d'un accordéon. A une question des gendarmes apparus malencontreusement, l'un d'eux déclara qu'ils chantaient " La Résurrection " . La réponse ne désarma pas  l'autorité qui verbalisa. Le même soir à Tilly-sur-Seulles, il arriva pareille aventure à Albert Marie, journalier, à Carcagny, Georges Marie, 16 ans, apprenti maçon même localité, qui  chantaient " La Résurrection ", également rue de Bayeux, en s'accompagnant d'un accordéon et d'un triangle. 

 Les vieilles coutumes calvadosiennes ne sont décidément goûtées des gendarmes. Ils est vrai que les gens qui dorment sont de leur avis.

 

Février 1913  -  Mouvement de la population  -  Voici le mouvement de la population de Tilly-sur-seulles en 1912 : naissances, 18 ; publications, 12 ; mariages, 7 ; décès, 12. Tilly  augmente donc faiblement, mais augmente...

Février 1913  -  La secousse sismique  -  La secousse sismique a été ressentie fortement dans la région de Tilly. Dans le bourg même, plusieurs personnes, réveillées en sursaut se  dressèrent effarées dans leur lit qui leur semblait soulevé de terre et elles entendirent comme une explosion.  

Octobre 1913  -  La mort de la voyante.  -  On annonce la mort de Mme Marie Martel, la célèbre voyante de Tilly, qui eut à son heure de célébrité et qui était tombé dans l'oubli  depuis plusieurs années. Âgé de 42 ans, elle vivait chez Mme Veuve Émile Henry, propriétaire. On se rappelle, au temps de prétendues apparitions, Marie Martel eut le don de faire venir à Tilly des foules innombrables.

 

Janvier 1914  -  État civil. -  Mouvement de la population en 1913 : naissances, 18 ; publications, 9 ; mariages, 5 ; décès, 25.    

 

Juin 1915  -  Tombé au champ d’honneur.  -  M. Paul de Longuemarre, l’excellent conseiller général du Canton de Tilly-sur-Seulles, vient d’être bien cruellement éprouvé dans ses plus chères affections.

Son fils, Pierre, qui faisait fonctions de capitaine au 236e et qui jusqu’à ce jour avait pu traverser indemne les plus grands dangers, a été frappé mortellement dans la tranchée qu’il  occupait faisant face à  l’ennemi.

M. Pierre de Longuemarre était marié récemment. Nous adressons à sa jeune femme, ainsi qu’à M. et Mme de Longuemarre, l’expression bien sincère de notre douloureuse sympathie.

 

Septembre 1916  -  Un peu de tact S.V.P !.  -  Certains maires, ayant le douloureux devoir d'apprendre aux familles la mort glorieuse d'un des leurs, trouvent tout naturel de s'y dérober. C'est ainsi que le maire d'une commune du canton de Tilly s'est contenté d'envoyer son garde champêtre porter, aux parents d'un soldat, l'avis de son décès. Le garde leur a remis le papier en disant : « Prenez connaissance de ça ! » Quel procédé délicat !

 

Octobre 1923  -  Une femme se suicide par peur du tribunal.  -  Mme Désiré Lebâtard, 52 ans, ménagère à Tilly-sur-Seulles, s'était vu dresser procès-verbal pour mouillage de lait. Elle devait comparaître à l’audience devant le Tribunal. Les poursuites dont elle était l'objet affectèrent vivement la fermière, qui ne voulut pas survivre au déshonneur d'une Condamnation infamante.

Hier dans la matinée, elle s'enferma dans sa chambre au premier étage, calfeutra soigneusement toutes les ouvertures avec des vêtements et après avoir allumé du charbon de bois placé dans une bassine au milieu de la pièce, la désespérée s'étendit sur le lit.

Quelques heures après, son mari s’étonna de ne pas la revoir et pris de soupçon, il monta au premier. La femme Lebâtard avait succombé à l’asphyxie.

 

Mars 1926  -  Le pharmacien menaçait les clients de son revolver.  -  Dimanche dernier, M. Robert Hardy, 28 ans, quincaillier à Tilly-sur-Seulles, s'était rendu à la pharmacie tenue  dans cette localité par M. Drugeon, pour y faire préparer une ordonnance, ayant un enfant malade depuis quelques jours.

Mlle Drugeon, sœur du pharmacien, allait remettre le médicament prescrit lorsque M. Drugeon, qui ne passe pas dans le pays pour être de caractère facile, entra en coup de vent dans  la boutique.

 -  C'est trop fort, s'écria-t-il, Il suffit que je m'absente deux minutes pour être sûr de trouver ici deux ou trois clients.

Un peu décontenancé par ce propos peu aimable, M. Hardy ne répondit pas d'abord et attendit la préparation.

 -  Mais vous ne serez pas servi, ajouta le pharmacien vous savez que nous fermons le dimanche. Vous repasserez demain.

Indigné, le client reprocha à M. Drugeon de manque d'humanité, ce qui lui valut cette admirable réponse :

 -  Moi, l'humanité, je m'en f.... La sentimentalité, je la mets sous mes chaussures. Si les commerçants de Tilly-sur-Seulles sont des imbéciles, est-ce une raison pour que j'en sois un ?

Et redoublant d'arrogance, le pharmacien intima à M. Hardy l'ordre de sortir.

Comme celui-ci ne paraissait pas pressé d'acquiescer « Ah, vous ne voulez pas sortir, réitéra M. Drugeon, nous allons employer les grands moyens » et il se dirigea vers  l'arrière-boutique.

Quelques secondes après, M. Drugeon rentrait dans la pharmacie. Il avait les mains dans les poches de son veston et se dirigea droit vers le commerçant. Le croyant armé, M. Hardy lui saisit vivement les poignet, les deux hommes se bousculèrent dans la boutique. Le quincaillier, se rendit ensuite à la gendarmerie et porta plainte contre l'irascible pharmacien.

Au cours de l'interrogatoire que lui firent subir les gendarmes, M. Drugeon reconnut formellement avoir tenu les propos que nous venons de relater, il ajouta même, en les aggravant, que si les clients s'obstinaient a venir l'embêter, il les recevrait à coups de revolver, étant maître chez lui.

Ajoutons que plusieurs habitants de la petite commune s'étaient déjà paints des agissements de M. Drugeon, établi depuis vingt-cinq ans à Tilly-sur-Seulles. Les clients sont souvent obligés d'attendre plusieurs heures devant la pharmacie, laquelle du reste n'est pas des mieux tenues. 

 

Juin 1926  -  Le facteur irascible.   -   Jules Lefresne, mutilé de guerre, facteur à Tilly-sur-Seulles, vit en mauvaise intelligence avec son collègue Alphonse Michel, 25 ans, facteur dans la même localité.
Avant-hier, pour un prétexte des plus futiles, Lefresne injuria et frappa la femme de ce dernier. Après cette scène, qui s'était déroulée en présence de nombreux témoins, l'agresseur, sachant que Michel allait passer à bicyclette pour porter le courrier à la gare, l'attendit sur la route et voulut le contraindre à descendre de machine pour régler leur différend à coups
de poing. M. Michel et sa femme ont porté plainte.

 

Juillet 1926  -  On découvre le cadavre d’une noyée.  -  Avant-hier M. Dumes Émile, cantonnier à Tilly, péchait sur le bord de la rivière la Seulles, lorsqu'il aperçut une masse informe retenue par les arbustes de la berge. S'étant approché, il constata qu il s'agissait d'un cadavre en décomposition.

La gendarmerie avisée réussit à identifier la victime, une femme octogénaire, la veuve Henneveu, atteinte de démence et disparue de son domicile depuis le 10 juin. On suppose que la malheureuse était tombée accidentellement dans la rivière.

 

Mai 1927  -  Les méfaits de l'orage.  -  Avec les premières chaleurs sont arrivés les premiers orages. D'une façon générale, ces pluies violentes ont fait le plus grand bien aux cultures  mais certains accidents, causés par la foudre sont à déplorer :

À Fierville-les-Parcs, canton de Blangy-le-Château, un bœuf et une vache prête à vêler, appartenant M. Goulley, ont été tués.

De même à Fontenay-le-Pesnel ou une vache, à M. Pieplu, a été foudroyée.

Tout près de là, à Tilly-sur-seulles, le fluide est tombé sur le bureau de poste, interrompant les communications téléphoniques.

A Argences, il est tombé en 20 minutes 41 millimètres d'eau ce qui, de mémoire d'homme, ne s'était jamais vu. Aussi, par suite de l'insuffisance des égouts, les rues ont-elles été un  moment transformées en torrents et de nombreux rez-de-chaussée inondés.

Enfin, à Pont-l'évêque, un poteau télégraphique, route de Lisieux, a été sectionné par la foudre qui est également tombée sur le garage Even, rue d'Alençon, où les dégâts ont été  purement matériels.

 

Février 1928  -  Inondations.  -  Vendredi dernier 10 courant, à leur réveil les habitants de la rue d'Enfer et de la place du Marché à Tilly-sur-Seulles, étaient désagréablement surpris en constatant que leur cave et rez-de-chaussée étaient remplis d'eau.

La pluie tombée au cours de la tempête de la nuit, ayant trouvé vannes et puisards fermés ou obstrués, était venu se loger dans les appartements en contrebas, c'est ainsi qu'à l'épicerie Marie, place du Marché, les harengs saurs nageaient au milieu des bouteilles de vin. Les dégâts ne sont cependant pas très importants.

Les prés avoisinants la rivière « La Seulles » sont également submergés.

 

Mai 1928  -  Pendu a son clocher !   -  Entrant dans l'église de Tilly-sur-Seulles, le fils du sacristain trouvait son père pendu dans le clocher. Cette triste découverte à jeté la consternation dans le pays sans toutefois y provoquer un grand étonnement, le désespéré ayant à plusieurs reprises manifesté l'intention de se suicider. Il laisse deux jeunes enfants.  

 

Mars 1937  -  Une passante renversée par un cycliste.  -  Dans la soirée de dimanche, un grave accident s'est produit dans le bourg de Tilly-sur-Seulles, Mlle Tardif, demeurant audit  lieu, sortait en courant de l'épicerie tenue par son frère sur la place. 

Passant derrière un autobus, arrêté, elle commit l'imprudence de s'engager sur la chaussée sans s'assurer si la voie était libre. Or, à ce moment arrivait un cycliste, venant de la direction de Bayeux. 

Le choc fut si brutal que le piéton et le cycliste roulèrent sur la chaussée. 

Ce dernier, M. Alphonse Marie, 26 ans, demeurant à Le Manoir, se releva avec de simples blessures à la face, mais il n'en fut pas de même pour Mlle Tardif, qui avait une blessure ouverte de la jambe gauche. 

Après avoir reçu des soins d'un docteur, elle a été transportée dans une clinique de Caen. 

Les gendarmes de Tilly-sur-Seulles ont ouvert une enquête. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Juin 1937  -    A la suite d’une collision d’autos, un piéton est blessé.   Vers 19 heures 30, au hameau Saint-Pierre, une automobile pilotée par M. Georges Boucher, 41 ans, grainier à Tilly-sur-Seulles, a été prise en écharpe par une camionnette conduite par le chauffeur Ecolasse, 40 ans, au service de M. Lefranc, de Brouay. Sous la violence du choc, la  camionnette fut déportée et alla heurter un marchand des quatre-saisons, M. Robert Bourdon, 31 ans, demeurant à Tilly, qui vendait sa marchandise à l’entrée d'une ferme. Coincé  entre la voiture et un mur, M. Bourdon fut dégagé sérieusement blessé sur diverses parties du corps. Après avoir reçu les premiers soins de M. le docteur Malassis, il fut transporté dans une clinique de Caen, puis ramené à son domicile. (Source : Le Moniteur du Calvados)  

 

Novembre 1937  -   Un grand mutilé de guerre est renversé par une auto.     M. Georges Gontrand, 47 ans, garde-champêtre de Tilly, amputé à la suite d'une blessure de guerre,  se rendait à bicyclette porter le courrier chez le maire du bourg, lorsqu'il fut renversé, au carrefour de la route de Bayeux et de la rue de la Justice, par une automobile pilotée par Mme Marion. cultivatrice à Aunay-sur-Odon. 

Dans l'accident, M. Gontrand a été profondément blessé à la jambe gauche. (Source : Le Moniteur du Calvados)

 

Janvier 1938  -  La mort du vagabond.  -   Dans la soirée, vers 19 h. 30, M. Thomas, propriétaire à Tilly-sur-Seulles, se trouvait à son domicile lorsque son attention fut attirée par des gémissements provenant du dehors. Sortant aussitôt, M. Thomas aperçut, dans la cour de son habitation, un vagabond, Charles Bompain, 66 ans, qui, soudain, s'affaissait. M. Thomas se précipita, mais le malheureux avait cessé de vivre. 

Peu auparavant, Bompain avait été rencontré par les gendarmes auxquels il avait déclaré qu'il se rendait à Caen pour se faire hospitaliser à la suite d'un ulcère variqueux. (Source : Le Moniteur du Calvados)

 

Mars 1938   -   Le cheptel calvadosien.   -  L'inventaire des animaux de ferme présents dans le Calvados vient de fournir d'intéressants renseignements.

Il y a dans le département 310 590 bêtes à cornes, dont 3 780 taureaux, 18 190 bœufs, 156 030 vaches, etc... 

Pour l'espèce chevaline, on compte 40 650 chevaux, dont 31 700 de trois ans et au-dessus. Il existe 62 810 porcs et 24 460 moutons et agneaux. (Source : Le Moniteur du Calvados)

 

 Mars 1938   -   Au lendemain de l’inhumation de son mari une septuagénaire se suicide.   -  Mme Vve Labbey, 70 ans, demeurant au hameau St-Pierre, à Tilly-sur-Seulles, s'est  suicidée en se jetant dans un puits, au cours de la nuit qui a suivi l'inhumation de son mari, retraité de la Compagnie Parisienne du Gaz. Mme Labbey redoutait que la réduction  qu'allait subir la pension dont le ménage avait vécu jusqu'alors ne lui permette plus de subsister. (Source : Le Moniteur du Calvados)  

 

 Septembre 1938   -   Un braconnier pincé à Tilly-sur-Seulles.   -  Les gendarmes de Tilly-sur-Seulles ont surpris à la lisière des bois de Juvigny, alors qu'il relevait des collets, Eugène Nicolle, 20 ans, ouvrier agricole à Fontenay-le-Pesnel. Le braconnier tenta de s'enfuir, mais il fut rejoint après une poursuite de 300 mètres. (Source : Le Moniteur du Calvados)  

 

Septembre 1938 - Les gendarmes arrêtent l'auteur de plusieurs vols. - Depuis quelques mois, la gendarmerie recherchait activement un individu auteur de plusieurs méfaits  dans la région du Bessin, le nommé Maurice Gillette, 23 ans, domicilié au Tronquay. Déserteur du 48e R. I. de Guingamp, où il effectuait son service militaire, Gillette avait, voici deux mois, cambriolé La Bazoque, chez M. Claire, où il avait dérobé une somme de huit mille francs.

Ayant dépensé toute cette somme, Gillette commit un second cambriolage à Livry, le 21 août dernier, chez M. Vaussy, instituteur honoraire, chez lequel il avait été employé. Profitant de l'absence des habitants, il pénétra dans la maison, après avoir brisé un carreau d'une fenêtre, et emporta une somme de 14 000 francs et cinq louis d'or de vingt francs. Cette somme fut dépensée en une dizaine de jours par le cambrioleur. Malgré les recherches de la brigade de Bayeux et de l'arrondissement, Gillette restait introuvable.

Vendredi, vers 17 h. 30, les gendarmes de la brigade de Tilly-sur-Seulles, suivant la route qui mène à Juvigny, furent amenés à interpeller deux individus pour divers renseignements militaires. Il s'agissait de Gillette et de son compagnon, un nommé Bourdon, de Monts-en-Bessin, à qui Gillette remettait de l'argent afin qu'il l'accompagnât.

Gillette commença d'abord par donner un faux nom, puis voyant les choses se gâter, il essaya de s'enfuir. Les gendarmes coururent derrière lui et le rejoignirent peu après. Se rendant compte qu'ils avaient à faire à Gillette, ils l'arrêtèrent aussitôt. Le cambrioleur n'avait plus sur lui qu'une dizaine de francs. Il avait donc, dépensé 22 000 francs en deux mois.

Traduit devant le procureur de la République à Bayeux, Gillette a été conduit à la maison d'arrêt de Caen. Son compagnon est laissé en liberté. (Source  : Le Moniteur du Calvados)

 

Décembre 1938   -  Un vol sur un terrain de foot-ball.  -   M. René Villeroy, 16 ans, cultivateur à Lingèvres, a porté plainte contre inconnu pour vol de son porte-monnaie contenant  115 fr. 

Le maroquin se trouvait dans l'une des poches des vêtements que M. Villeroy avait déposés, pendant qu'il prenait part à un match, à proximité du terrain de football de Tilly-sur-Seulles. (Source  : Le Moniteur du Calvados)  

 

Août 1939  -  Tilly-sur-Seulles se prépare a recevoir des réfugiés.  -   Sur l'initiative et sous la présidence de M. Le Roux, maire, s'est tenue, à la mairie, une réunion à laquelle  assistaient surtout des commerçants, en vue d'organiser la réception des réfugiés qui devront être hébergés par la commune en cas de guerre.

Le maire fait appel à là générosité de ses concitoyens. Le garde-Champêtre passera dans toutes les maisons pour prendre note des objets qui pourront être mis par chacun à la disposition de la municipalité. En outre, deux cantines seront installées. L’une à la salle paroissiale Saint-Pierre et l'autre à la halle, il a été également prévu une infirmerie sous la surveillance de M. le docteur Malassis. (Source  : Le Moniteur du Calvados)

 

Janvier 1940  -  L’activité de la maréchaussée.  -  Les gendarmes de la brigade de Tilly-sur-Seulles ont, malgré les événements, fait montre d'une grande activité au cours de l'année 1939.

Ils ont, en effet, dressé 152 procès-verbaux pour contraventions ordinaires de la circulation, 47 pour infractions fiscales, 67 pour délite. 11 pour ivresse. 11 relativement à la loi sur les étrangers, 7 pour arrêtés divers constaté, 7 morts, blessures accidentelles ou suicides, exécuté 4 mandats, établi 190 procès-verbaux pour renseignements judiciaires et administratifs et diverses recherches. Ils ont, en outre, procédé à une enquête pour crime et à 19 arrestations, chiffre particulièrement élevé par rapport aux années précédentes.

Il s'agit au total de 520 procès-verbaux sans compter les vérifications de pièces d'identité d'étrangers, les délivrances de sauf-conduit, les vises de permissions, etc...  

 

Mars 1940  -  Mouvement de la population pour l’année 1939.  -   Naissances, 15 ; décès, 15 ; mariages, 2 ; divorces. 2.  

 

Mars 1940  -  Jeune fille en uniforme.  -  Si, en France, la loi n'autorise pas encore le beau sexe à porter les armes, elle ne lui permet pas non plus de porter l'uniforme : cependant celui-ci jouit toujours d'un grand prestige dans l'âme féminine ainsi que le démontre l'aventure arrivée à Mlle M. R., 17 ans, domiciliée chez ses parents à Tilly et bonne à tout faire à Caen.
Dimanche, profitant de la présence d'un brigadier d'artillerie chez ses parents, Mlle M. R. endossa l'uniforme du permissionnaire et s'empressa de se rendre au bourg de Tilly à bicyclette.
Son costume chevaleresque ne l'empêcha pas d'être reconnue par un gendarme de la brigade de Tilly qui se rendit aussitôt chez ses parents, hôteliers à Juvigny.
Après interrogatoire, tant des parents que de la jeune fille, le gendarme dressa à celle-ci procès-verbal pour port illégal d'uniforme.
 

 

Avril 1940  -  Un blessé dans un accident.  -  Une collision s'est produite dimanche à Saint Pierre de Tilly, entre un camion automobile de la maison Giacona, conduit par M. Angelot-Delcombe, d'Audrieu et une voiture automobile appartenant à M. Level, propriétaire du château d'Audrieu. Mme Level qui se trouvait à côté de son mari a été fortement contusionnée et a reçu les soins de M. le docteur Malassis.

La voiture de M. Level a été gravement endommagée. Une enquête est ouverte.

 

Juin 1940  -  Dans un ravin.  -  Un pénible accident s'est produit à Tilly-sur-seulles, hameau de Juvigny.

Plusieurs autos appartenant à un industriel hollandais roulaient venant de Bayeux lorsqu'en arrivant dans le virage de Juvigny, le conducteur de l'une d'elle se trouva surpris par le  changement subit de direction. En dépit de ses efforts, il ne put redresser sa voiture qui monta sur le talus et capota dans un ravin profond plusieurs mètres. Les voitures suiveuses s'arrêtèrent immédiatement et se portèrent au secours des accidentés.

De la voiture, on retira grièvement blessé le jeune Franck Loopuit, 4 ans, qui fut conduit cher M. le docteur Malassis, de Tilly. Ce dernier lui prodigua les premiers soins, de même qu'à  Mme Loopuit qui était légèrement atteinte à la tête.

En raison de l'état du garçonnet, le médecin ordonna son transport d'urgence à la clinique de la Miséricorde à Caen où il décédait peu après.

 

Juillet 1940  -   Ordonnance de la Kommandatur.  -  Une Kommandantur est installée, depuis le 10 juillet, à l'Hôtel Jeanne-d'Arc, sous les ordres de M. le lieutenant Keimer.
Nous reproduisons ci-dessous la teneur conforme de la première ordonnance actuellement en vigueur pour la commune de Tilly. 
    « J'ordonne ce qui suit :

  « 1°) Toutes les armes à feu de main, toutes les munitions, grenades à main, poudre, ainsi que tous les instruments de guerre doivent être déposés, à la Mairie. 12 heures après l'affichage de cet ordre. Celui qui sera rencontré après cette heure en possession d'armes à feu, de munitions et d'autres instruments de guerre sera puni de la peine de mort ou de prison.
  « 2°) II est du devoir de celui qui possède un poste émetteur de déposer l'appareil et les batteries à la Kommandantur.
    « 3°) Chaque réunion sur la rue de plus de cinq personnes est interdite ainsi que la distribution de brochures et tout discours public contraires à l'Allemagne.
 « 4°) Entre 10 heures du soir et 6 heures du matin (d'après l'heure allemande), il est interdit à la population de circuler dans les rues, sauf en cas d'absolue nécessite.
 « 5°) Il est interdit d'élever les prix de vente de marchandises quelconques.
  « Le logement des soldats et officiers est gratuit pour eux.
 « 6°) La police française a le devoir d'exécuter les ordres militaires et à continuer son service usuel.
 « 7°) Celui qui n'obéira pas à tous ces ordres et qui préparera ou exécutera un attentat contre l'armée allemande sera puni de la peine de mort.
 « 8°) Cet ordre est valable de suite après l'affichage et plus tard. »
              signé KElMER. Lieutenant et Commandant de la Ville.  LE Roux, Maire.  

 

Août 1940  -  Qui a commencé.  -  Travaillant dans un champ à ramasser du foin chez Mme Valentine Bouet, 66 ans, cultivatrice Tilly-sur-Seulles, Mme Albertine François, ménagère, et son mari Gustave, 51 ans, ouvrier agricole, demeurant au hameau de Montilly, ont échangé des coups avec le jeune Daniel O…, 14 ans, ̃ouvrier agricole, demeurant chez ses parents à Chouain.
Tut cela s'est mal terminé. Les époux Lefrançois qui prétendent que c'est le jeune 0…, qui a commencé par frapper la dame si fort à coups de poing et de râteau que le mari dut 
  intervenir pour le mettre en fuite, ont porté plainte contre lui. Mais les parents du jeune O… ont également , porté plainte contre le couple, car d'après les dires de leur fils, ce serait la dame Lefrançois qui aurait commencé à le battre, bientôt aidée par son mari.

 

Mai 1942  -  Deux voleurs sont arrêtés.  -  De nombreux vols de volailles, pommes de terre, engrais, etc….. étaient commis depuis l'hiver dernier dans la commune. Le 9 courant, M. Gaston Noury, cultivateur,  porta plainte à la gendarmerie de Tilly-sur-Seulles  pour vol de 80 kgs de pommes de terre et de plusieurs litres d'eau-de-vie commis la nuit précédente et par effraction. L'enquête, qui débuta chez une dame Pierre, née Charlotte Aublet, 56 ans. ouvrière agricole, révéla la présence d'objets compromettants et permit vite de retrouver les  coupables. Cette dame avoua que son ami, Joseph Lepelletier, 43 ans, couvreur, rapportait des produits de la ferme qu'elle recelait à la maison et qu’ils consommaient en famille. Elle accusa également le nommé Jules Marie, dit « Le Rouquin », 38 ans, ouvrier agricole, de se ravitailler à bon compte. Celui-ci. interrogé, a reconnu avoir dérobé une poule chez Mme  Renouf, des pommes de terre au préjudice de M. Noury. des engrais chez M. Guillaume et de l'argent chez M. Legrand. 

Appelé à son tour à fournir des explications au cours de la perquisition effectuée chez lui. Le Rouquin avoua également avoir recelé un passe-partout qui serait la propriété de M. Raymond Drouin. charron à Tilly.

 Lepelletier et Marie furent aussitôt appréhendés non sans que ce dernier ait opposé une vive résistance aux gendarmes en les outrageant copieusement. 

 Au moment de leur arrestation, les deux voleurs étaient en possession d'un trousseau de clés Important qu'ils prétendaient avoir trouvé et qui leur servait à cambrioler la nuit. 

 Les deux malfaiteurs ont été conduits devant M Jacobson, juge d'instruction, qui a délivré un mandat d'arrêt contre, eux. Quant à la femme Pierre, laissée en liberté, elle sera  poursuivie pour complicité. 

 

Juin 1944  -  La médaille militaire du régiment de wellington.  -  Le 17 juin 1944, James Curtis occupait le poste de responsable d'une section chargée de nettoyer le château. Après avoir dégagé le château de l'ennemi, le tireur Bren de sa section a été blessé par un tireur d'élite. Dans une tentative de reprendre le fusil, le sergent de peloton a été blessé.

Observant cela, James Curtis s'est précipité vers le fusil de Bren, est entré en action et l'a ensuite remis à un membre de sa section. Il est allé dans les bois et a éliminer  un tireur d'élite.

Tout au long de l'engagement avec l'ennemi, James Curtis a fait preuve de détermination et de courage. (source familiale)

 

Avril 1945  -  Premiers pas vers la reconstruction.  -  Des projets de reconstruction et d’aménagement seront établis dans les communes dont les noms suivent : Aunay-sur-Odon, Caumont, Condé-sur-Noireau, Dozulé, Falaise, Isigny-sur-Mer, Lisieux, Ouistreham, Tilly-sur-Seulles, Troarn, Villers-Bocage, et Vire.

En ce qui concerne Caen, Les projets d’aménagement précédemment approuvés seront révisés en tant que de besoin.  (Source : Le Bonhomme Libre)

 

Mai 1945  -  Un nouveau geste fraternel de nos amis méridionaux.    A la suite de la visite faite à Tilly-sur-Seulles et Vendes, une délégation de Condom (Gers), un wagon entier de vêtements, ustensiles de ménage, œufs, légumes, etc… a été envoyée aux deux localités sinistrées. MM. Leroux et de Longuemare, maires de Tilly et Vendes ont adressé à M. et Mme Fraysinier et M. Durieu, délégués de Condom, qui ont procédé à la distribution les remerciements de leurs administrés.  (Source : Le Bonhomme Libre)

 

Juin 1945  -  Le premier anniversaire.  -  Anniversaire du premier appel du général de Gaulle à la Résistance le 18 juin est aussi celui de la journée la plus meurtrière de la bataille de la libération pour la population de Tilly-sur-Seulles.

Pour commémorer le lourd et douloureux sacrifice que leur demanda la victoire, les habitants de Tilly ont fait célébrer un service religieux auquel assistaient notamment M. Triboulet, sous-préfet, délégué par le préfet, un représentant des autorités britanniques, M. Thomasse, maire du bourg martyr, assisté de son conseil municipal, etc…. Après avoir fleuri les tombes des victimes civiles et le monument aux Morts, on se rendit en cortège au cimetière  anglais où des gerbes furent déposées par l’officier britannique et un ancien combattant.   (Source : Le Bonhomme Libre)

 

Septembre 1945  -  Démission.  -  M. Louis Thomasse, maire de Tilly-sur-Seules, a démissionné pour raison de santé. (Source : Le Bonhomme Libre)

 

Septembre 1945  -  Vive M. le Maire !  -  Lors de la dernière réunion, le Conseil municipal de Tilly-sur-Seulles a élu maire M. André Marie, par 8 voix contre 2 à M. Guillot et 2 à M. Champs. (Source : Le Bonhomme Libre)

 

Février 1946  -  Dangereuse imprudence.  -  En manipulant une grenade, Léon Laguerrin, 17 ans, au service de Mme Philippe, cultivatrice à Tilly, a été brûlé par l’éclatement de l’engin.  (Source : Le Bonhomme Libre)  

 

Mars 1946  -  Les loups et la brebis.  -  C’est une histoire à la manière de la Fontaine : Une brebis appartenant à M. Ferdinand Halbout, cultivateur à Tilly-sur-Seulles, broutait dans un  herbage de Saint-Vaast. Six prisonniers boches, travaillant au déminage à Juvigny et qui cherchaient aventure…. On connaît la suite. 

Arrêtés par les gendarmes les « gefangs » ont reconnu avoir volé l’animal qu’ils avaient dépecé et consommé à leur kommando. Ils apprendront à leur tour et à leurs dépens que « la  raison du plus fort est toujours la meilleurs ». (Source : Le Bonhomme Libre)

 

Mars 1946  -  Des sanctions contre les parents négligents.  -  Les parents des enfants fréquentant les écoles sont informés que M. l’inspecteur d’Académie a décidé en application du Code de la famille, que 4 demi-absences non motivées dans un même mois entraîneraient la suppression des allocations familiales pour le mois en cours. (Source : Le Bonhomme Libre)

 

Avril 1946  -  Les doléances des maires du canton de Tilly.  -  M. Magnien, conseiller de préfecture, a présidé, ces jours derniers, une réunion des maires du canton de Tilly-sur-Seulles. Ceux-ci se sont élevé contre l’interruption des travaux de déminage, le non-désobusage, et souligné le danger que constitue toujours la présence de nombreuses munitions sur les territoires du canton. Il ont également protesté conte les lenteurs des opérations préliminaires à la reconstruction et fait ressortir que dans maintes communes où cependant un plan d’urbanisme a été effectué. 

Les maires ont demandé que dans la répartition des crédits de la reconstruction, les localités rurales cessent d’être oubliées. A l’issue de la séance, M. Magnion a visité les ruines de Tilly dont en attend toujours le déblaiement. (Source : Le Bonhomme Libre)

 

Juin 1946  -  Une voyageuse tombe du car.  -  Une portière d’un autobus de la ligne de Caumont s’étant brusquement ouverte, une voyageuse est tombée sur la chaussée, à  Tilly-sur-Seulles, dans la descente de la côte Saint-Pierre et a été blessée à la tête. (Source : Le Bonhomme Libre)  

 

Juin 1946  -  Les écoliers modèles.  -   Deux élèves des écoles publiques de Tilly-sur-Seulles, Marie-Thérèse Anne et Roland Lemière, ont été reçus premiers du canton aux épreuves du Certificat d’études, suivis par leurs camarades , MM. Maurice Colard et Raoul Marivingt. A l’école libre on a enregistré les succès de Mlle Sosson et Bourdon. (Source : Le Bonhomme Libre)

 

Juillet 1946  -  Sinistrés, attention !  -  C’est le 31 juillet prochain qu’expire le délai prévu pour le dépôt des déclarations de sinistrés concernent les dommages de guerre. Sauf en ce qui concerne les mobiliers familiaux et les personnes n’ayant pas la qualité de commerçant. Il est suffisant que ces déclarations contiennent des précisions sur l’identité du sinistre, la nature et l’emplacement du bien détruit ou endommagé et l’origine du sinistre. Le dossier complet ne sera exigé qu’ultérieurement.

Renseignements complémentaires dans les mairies ou les délégations départementales de la Reconstruction. (Source : Le Bonhomme Libre)

 

Juillet 1946  -  Un grave accident de travail.  -  En débitant du bois avec une scie circulaire, M. Louis Lemonnier, commerçant à Tilly-sur-Seulles, s’est presque entièrement sectionné la mains gauche. Le blessé a été transporté à l’hôpital de Caen. (Source : Le Bonhomme Libre)

 

Janvier 1947  -  Toutes les terres exploitables doivent être utilisées.     Toutes terres incultes ou abandonnées peuvent faire l’objet d’une demande de concession pour être remises en exploitation. Bien qu’en dehors des terrains pas encore déminés ou non remis en état, les terres incultes soient rares dans le Calvados, il est possible que certaines parcelles ne soient pas utilisées.  Les demandes de concessions doivent être adressées à la Préfecture du Calvados, 4e division. (Source : Le Bonhomme Libre)

 

Janvier 1947  -  L’entretien des tombes des militaires alliés.     La commission Impériale des sépultures militaires britanniques procède à l’aménagement définitif des nécropoles ci-après : Cimetières militaires britanniques de Fontenay-le-Pesnel, Secqueville-en-Bessin, Ryes, Cambes, Douvres-La-Délivrande, Tilly-sur-Seulles, Hottot-les-Bagues, Hermanville, Brouay, Saint-Manvieu, Ranville-Jeruzalem, tombes britanniques du cimetière communal de Ranville, cimetières militaires canadiens de Brettevile-sur-Laize et Bény-sur-Mer, Cimetière militaire polonais de Langannerie.

Des arbustes et des fleurs vont y être plantés. Les personnes ayant adopté des tombes de soldats sont priées de n’y déposer que des fleurs coupées et de s’abstenir de déposer des couronnes artificielles ou des récipients quelconques (vases, douilles d’obus, etc…).  (Source : Le Bonhomme Libre)

 

Juillet 1947  -    Au Conseil municipal de Tilly-sur-Seulles.    En raison de travaux urgents à effectuer au clocher, le Conseil a voté le principe d’un emprunt de 650 000 francs destiné à faire face aux défaillances éventuelles du M.R.U. Une demande a été faite à « l’Électricité de France » en vue de l’installation d’un transformateur.

Les familles de Condom, ville marraine de Tilly, qui avaient hébergé l’an dernier des enfants de la commune ont fait savoir qu’elle étaient disposées à les recevoir de nouveau pendant les vacances. 

Par suite de la réduction des subventions, l’assemblée, sur la demande du Préfet, a été dans l’obligation de comprimer certaines dépenses. 

La majorité du Conseil ayant protesté contre l’abstention des écoles publique au service religieux organisé à la mémoire des victimes civiles, il a été répondu que cette absence résultait d’instructions du Ministère de l’Éducation national. (Source : Le Bonhomme Libre)

 

Novembre 1947  -    La renaissance d’une industrie.  -  C’est bien la première fois qu’il nous faut enregistrer un pareil fait. La guerre qui a causé tant de ravages chez nous, vient d’amener la renaissance, à Tilly-sur-Seulles, d’une industrie qui connut, il y a un demi-siècle, une certaine prospérité. Les milliers de mètres cubes de cailloux extraits par les armées alliées au cours de leur avance pour la construction de routes stratégiques ont eu pour résultat d’inciter quelques habitants à reprendre la fabrication de la chaux.

Après un an d’efforts, une installation a été édifiée au village St-Pierre, sur l’emplacement des anciens fours. Le rendement de l’usine atteint déjà journellement 7 tonnes d’une chaux d’excellente qualité destinée à l’agriculture.

L’an prochain, on compte bien faire mieux et sortir une chaux hydraulique dont nous n’avons jamais eu autant besoin pour relever nos ruines. Voilà au moins des matériaux qui seront à pied-d’œuvre. (Source : Le Bonhomme Libre)

 

Décembre 1947  -  Un Conseil municipal de Tilly-sur-Seulles.  -  Au cours de sa dernière séance, l’assemblée communale a étudié l’installation d’un transformateur électrique de haute puissance, en remplacement de celui sinistré.

On sait que certains utilisateurs habituels de courant-force en sont privés par suite de l’insuffisance du transformateur de St-Pierre.

Plutôt que de faire édifier un nouveau transformateur à Saint-Pierre aux frais de la commune, en ce qui concerne la maçonnerie, le Conseil préconise d’obtenir du remembreur et de l’urbaniste un emplacement définitif au bourg sinistré.

Un crédit de 10 000 francs est voté pour l’arbre de Noël. En vue de déterminer les prioritaires pour 1948. Les propriétaires sinistrés partiels qui désireront, ou ceux, sinistrés totaux sis en dehors du périmètre d’urbaniste, qui voudront reconstruire peuvent se faire inscrire à la mairie. Ils devront, bien entendu, déposer leur dossier au ministère de la Reconstruction, section immobilière.

Le marché projeté pour la réparation du clocher sera bientôt signé avec l’entrepreneur. (Source : Le Bonhomme Libre)

 TILLY-sur-SEULLES

Hameau de Juvisy  -  Le vieux Pont

 TILLY-sur-SEULLES.   -   La Place du Marché

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