UN SIÈCLE D'HISTOIRE DU CALVADOS

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VAUVILLE

Canton de Trouville-sur-mer

Les habitants de la commune de Vauville sont des Vauvillais, Vauvillaises


Février 1843   -  Nouvelles locales.   -  On avait annoncé un hiver rigoureux pour l'année 1842-43, déjà le solstice d'hiver est passé, l'année 1843 s'ouvre, le soleil commence à remonter sur l'horizon, et la température est restée jusqu'ici fort douce et fort égale, on a compté, en décembre, des journées comparables à celles de mars et d'avril.

Les cultivateurs en sont arrivés au point de désirer quelques gelées pour empêcher que les plantes semées ne s'avancent trop.

En Suisse, on récolte déjà des fraises dans les bonnes expositions, et de toutes parts on signale des phénomènes de précocité surprenants. (source : L’Indicateur de Bayeux)

 

Février 1843   -  Nouvelles Locale.   -   L'immense quantité de neige tombée dans notre pays, durant la seconde moitié de cette semaine, a rendu excessivement pénible et difficile le service des voilures publiques. La poste elle même a éprouvé des retards de 5 à 6 heures et à présent encore ce n'est que fort avant dans l'après-midi qu'on reçoit les journaux et la correspondance de Paris.

Le dégel qui a commencé dès hier rendra promptement il faut l'espérer, un libre cours à la circulation sur les grandes routes, et le départ et l'arrivée reprendront alors leur régularité accoutumée. Nous n'avons point entendu dire jusqu'à ce moment que cette subite invasion des neiges ait causé aucun accident grave. (source : L’Indicateur de Bayeux)

 

Février 1843   -  Cour d’Assises du Calvados.   -   Dans la soirée du 28 juillet, le feu se manifesta dans le toit d'une ferme située dans l'arrondissement de Pont-l’Évêque, faite valoir par une veuve Pouëtre, fermière de M. Letellier de Vauville. L'incendie alimenté par le vent, dévora en peu de temps tous les bâtiments d'exploitation. La manière dont le feu avait commencé, l'examen des localités, tout laissait à penser que la malveillance seule avait occasionné cet incendie.

Une femme Mauduit, ancienne domestique de la veuve Pouëtre, que cette dernière avait chassée de chez elle à cause de son mauvais naturel, fut de suite soupçonnée d'être l'auteur de ce crime. La femme Mauduit, en parlant de son ancienne maîtresse, avait dit : « La Pouëtre ne périra que par le feu, on la trouvera brûlée tôt ou tard, si elle était dans un tas de bourrées, j'y mettrais le feu !... ».

Et quelques jours après le feu se manifeste, et la veuve Mauduit avait été vue près du larmier, premier foyer de l'incendie, toutes ces preuves déjà si évidentes ayant corroboré avec d'autres aussi concluantes, il était difficile à la veuve Mauduit, malgré ses vives dénégations, de prouver son innocence.

Le jury l'ayant déclarée coupable avec circonstances atténuantes, elle ne subira que 10 ans de travaux forcés avec exposition publique. (source : L’Indicateur de Bayeux)

 

Juillet 1845   -   Nouvelle local.  -  Dans la nuit de dimanche à lundi, un violent orage a couvert toute notre contrée. Déclaré vers minuit il a duré environ cinq heures. Les éclairs ne cessaient sans interruption, le tonnerre roulait sourdement et éclatait fréquemment, la pluie tombait à torrents.

La foudre a tombé plusieurs fois sur le banc devant notre port, sans faire aucun dommage.

Nous n'avons pas entendu dire que nos campagnes aient souffert.

Plusieurs bruits d'accidents fâcheux ont été répandus, aucun heureusement n'est fondé. Si c'est la malveillance qui les a fait courir, c'est un tort fort grave, de la part de ceux qui les ont inventés, si c'est par légèreté, c'est au moins blâmable, ils ont été répandus dans des journaux extérieurs à la localité, nous ne les démentons que par ce simple paragraphe.

La foudre a tombé sur l'église de Trouville, dont la couverture seule a souffert, ainsi que sur le château de M. Vallée. Mais comme ce bâtiment est muni d'un paratonnerre, le tonnerre a suivi la chaine sans faire aucun dégât.

A Touques et dans ses environs, des arbres ont été complètement dépouillés de leur écorce par la foudre, un bœuf a été tué dans l'herbage de M. Rebut,

A Vauville, des bâtiments couverts en chaume ont été, en un moment incendiés, sur un longueur d'environ 30 mètres. Un millier de foin a été brûlé. Rien n'était assuré, on évalue la perte à 12 000 fr. elle eût été plus considérable sans les secours immédiatement portés par les pompiers de Touques et grand nombre d'habitants des communes voisines, accourus au bruit du tocsin qui sonnait à plusieurs églises.

Nous craignions que Pont-l'Evêque n'eût souffert par la crue des cours d'eau qui y affluent. On ne cite aucun nommage.

Nous avons les mêmes craintes pour Lisieux, nous espérons cependant qu'il n'y aura pas eu plus de mal. Cet orage a éclaté à Caen dans la même nuit. Les journaux de cette localité ne mentionnent d'autre suite que l'incendie, par la foudre, d'une meule de foin élevée en plein champ dans le hameau de Gruchy non loin d'Ardennes. (Source  : Le Journal de Honfleur)

 

Février 1847   -  Nouvelles locales.  -  Nominations des Maires et Adjoints dans les communes ci-après.

Canton de Honfleur. — Peltier, adjoint à Cricquebeuf. — Moutier, adjoint à Fourneville.

Canton de Pont-l'Évêque. — Veret, adjoint à Bénerville. — Diète, adjoint à Vauville. — Dumont, maire, Letamiend. adjoint à Englesqueville. — Brèville; adjoint à St-Melaine. ( source : Journal de Honfleur)

 

Janvier 1870   -   Le Canton.   -  Voici les noms des communes qui doivent faire partie du nouveau canton de Trouville, si l’enquête n'y apporte aucun changement. Il se composerait des communes de Trouville, Deauville, Villerville, Touques, Saint-Arnoult, Bénerville, Tourgéville, prises aux dépens du canton de Pont-l’Evêque, et des communes de Blonville et Vauville, détachées du canton de Dozulé. Sa population serait de 10.115 habitants.

Pour compenser la perte que subirait, le canton de Pont-1'Evêque, on lui attribuerait trois communes du canton de Blangy, Saint-Julien-sur-Calonne, Pierrefitte et le Vieux-Bourg, plus la commune de Glanville qu'on détacherait du canton de Dozulé.

Les cantons de Honfleur et de Cambremer resteraient tels qu'ils sont actuellement.

 

Mars 1894  -  Mort accidentelle.  -   Le sieur Zèphir Ray, 35 ans, charretier à Vauville, chez M. Legris, a été presque écrasé entre le brancard de sa voiture et un poteau situé à l'entrée du chantier de M. Lecornu, entrepreneur de charpente à Trouville, au moment où il essayait de faire entrer son attelage de quatre chevaux dans le chantier. Ray est mort dans l'après-midi. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Décembre 1901    -   Noyé.  -   Le sieur Jules Chauvin dit « Le chef de gare », 44 ans, journalier à Vauville, près Villers-sur-Mer, a été trouvé noyé dans le ruisseau dit la « Planche-à-Bec », à Tourgéville. La mort parait accidentelle.  (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Juin 1903  -  Démission du maire.  -  M. Durand, maire de Vauville, ayant donné sa démission, les électeurs de cette commune sont convoqués pour le dimanche 28 juin courant à l'effet de compléter le conseil municipal, en remplacement de MM. de Glauville, Victor Legrip et Geffrey décédés, et préalablement à l'élection d'un maire en remplacement de M. Durand.

 

Avril 1917  -  La misère !  -  On a trouvé sous un hangar, dans un herbage bordant la route de Vauville, canton de Pont-l'Evèque le cadavre d'un sieur Auguste Martin, rémouleur ambulant. Le malheureux était mort de misère et de froid. 

 

Avril 1917  -  Si le blé manquait !  -  Il y a seulement une soixantaine d'années, on ne comptait pas exclusivement sur le blé pour faire le pain. Les céréales de printemps, orge, sarrasin, maïs, faisaient le fonds de la nourriture de nos paysans, suivant les régions. Chez nous, on mangeait du pain d'orge qui était frais et excellent, et on mêlait la farine de seigle à celle du froment. La  galette et la bouillie de sarrasin étaient aussi consommées en quantité, aussi bien en Normandie, qu'en Bretagne. Ailleurs on mangeai des « gaudes » de maïs, s’il est trop tard pour refaire les blés manqués, on peut encore, en avril, semer d'autres céréales, et même des pommes de terre tardives. Ce serait trop bête de souffrir de la faim, l'hiver prochain, sur la terre la plus fertile du monde.

 

Juin 1919  -  Nécrologie.  -  M. Auguste Durand, ancien maire de Vauville, est décédé lundi dans sa 79e année.  

 

Juin 1924  -  Un mariage princier.  -  A la mairie de Vauville a eu lieu le mariage, d'un grand seigneur italien, M. Domenicq-Napoléon Orsoni, duc de Gravina, avec Mme Laura-Madeleine Schwartz, tous les deux en résidence chez M. Macomber au château du Quesnay. Le mariage religieux a été célébrée à la Chapelle du Quesnay.    

 

Mai 1927  -  Délire tragique.  -  L'autre nuit, dans un accès de folie, Mme Joséphine Jehanne, 51 ans, ménagère à Vauville, canton de Pont-l'évêque, à affreusement mutilé son mari, gardien  d'herbages, qui dormait près d'elle. Le malheureux, secouru par son fils, a été porté dans un état très grave à l'hôpital de Pont-l'évêque.

Quant à la meurtrière, elle prenait la fuite, en emportant dans ses bras un bébé de quatre ans. Elle a été arrêtée le lendemain à Caen où elle s'était rendue pour assister à l'inhumation de sa fille, Thérèse Jehanne, 20 ans, décédé à l'hôpital.

Juin 1928  -  Affreuse découverte.  -  En relevant les bords d'un tas de fumier, M. Scelles, journalier à Vauville, canton de Pont l'évêque, mettait à jour un paquet soigneusement ficelé. Intrigué, M. Scelles ouvrit le colis et y découvrit le cadavre d'un nouveau-né, le crâne défoncé et portant serré, autour du cou, un cordon de tablier.

Malgré plusieurs pistes suivies, enquête de gendarmerie et de la brigade mobile de Rouen n'a donné aucun résultat.  

 

Octobre 1947  -    Une macabre découverte.  -   Le chauffeur de la cidrerie Theuriot, à Vauville, a découvert dans un fossé de la route de Tourgeville, à califourchon sur sa bicyclette, le corps de M. Albert Fesquet, 61 ans, demeurant à Blonville.

Le malheureux cycliste avait succombé aux suites d’une embolie. (Source  : Le Bonhomme Libre)

183.    VAUVILLE.  -  Manoir du Grand Foyer (XIIIe Siècle)

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