VERSAINVILLE

Canton de Falaise

Les habitants de la commune de Versainville sont des Versainvillais, Versainvillaises.

Janvier 1870   -   Fait divers.   -  Le dix janvier, dans la matinée, un affreux accident a en lieu au moulin de la Vallée, commune de Versainville, canton de Falaise.

Le sieur Fleury, meunier, et sa femme étaient occupés dans l'intérieur du moulin, à monter des sacs de blé. Tout à coup, les jupons de madame Fleury se trouvent enroulés autour de l'arbre vertical et de transmission, d'une façon si malheureuse, que la pauvre femme est fortement serrée contre l'arbre et par ses jupes et par une corde autour de laquelle elle avait le bras gauche engagé.

Aux cris poussés par l'infortunée, au désordre qui règne dans les cordages, M. Fleury pressent un accident. Il descend précipitamment de l'étage supérieur où il se trouvait en ce moment, et court bien vite baisser la vanne, mais, malgré toute sa diligence et sa célérité, lorsqu'il revient pour retirer sa femme de l'horrible position qu'elle occupe, il constate que le bras gauche de l'infortunée est horriblement mutilé et fracturé à deux endroits. Madame Fleury était enceinte et dans le septième mois de sa grossesse. À peine eut-elle reçu les premiers soins, qu'elle se trouva prise des douleurs de l'enfantement et mit au monde un enfant du sexe féminin, qui vit et paraît se bien porter.

Mardi matin, MM. les docteurs Bodey, Turgis et Liette, après avoir examiné les graves désordres de la blessure, ont décidé, d'un unanime accord, qu'il y avait lieu de procéder à l'amputation du bras de Mme  Fleury. L'opération a été faite immédiatement. On espère sauver la mère et l'enfant.

Il résulte des déclarations des époux Fleury, qu'on peut attribuer cet accident à un défaut de précaution d'abord, ensuite a un étourdissement dont la victime aurait été atteinte en travaillant.

 

Mai 1871   -  Fait divers.   -  Le 28 mai, vers dix heures et demie du soir, un incendie présumé accidentel a détruit un corps de bâtiment à usage de bergerie, situé à Versainville. Perte, 900 fr. Assurée.

 

Janvier 1874   -   Une histoire de jour de l'an !  -   C'est Joliveau, maçon à Versainville, qui en est le héros.

Rentrant le 31 au soir, quelque peu pompette :

— Tiens, se dit notre homme, si j'profitiomes d'l'occasion pour aller souhaiter la bonne année à Catin, ma voisine.

Aussitôt dit, aussitôt tenté...

Joliveau se dirige vers la porte de la voisine.….. lève la clanche.….. avance vers le lit….. et à la place que doit occuper sur l'oreiller la tête de Catin, il approche ses lèvres grosses et rouges…..

— Mais, sapristi, comment, donc qu' t'es couchie, Catin, murmure le galant Voisin….. c'est pas ta goule, cha !

Joliveau, pour bien s'en convaincre, approche une deuxième fois ses lèvres….. un beulement répond à cette nouvelle accolade.

V là le gas pris de peur, il crie au secours, les voisins accourent avec des lanternes, et jettent un peu de clarté sur cette scène.

Joliveau s'était trompé,  au lieu de la porte à Catin, il avait pris celle de l’étable, et au lieu de donner un bécot à sa voisine, il avait embrassé un veau de six semaines…….  

 

Mars 1877   -  Révision.  -  Les opérations du conseil de révision pour la formation des contingents de la classe de 1876 auront lieu prochainement. L'administration rappelle que c'est aux familles et aux jeunes gens à se procurer les pièces qui doivent justifier devant le conseil de leurs droits à la dispense. Il peut être accordé des sursis d'appel aux jeunes gens qui, avant le tirage au sort, en auront fait la demande. Les jeunes gens doivent, à cet effet, établir que, soit pour les besoins de l'exploitation agricole, industrielle ou commerciale à laquelle ils se livrent pour leur compte ou pour celui de leurs parents, il est indispensable qu'ils ne soient pas enlevés immédiatement à leurs travaux.

 

Mars 1877   -  La température.  -  Le temps est toujours très mauvais. Pendant qu'il pleut ici, ils neige dans l'est. En Russie, la reprise du froid a fait descendre le thermomètre jusqu'à vingt-huit degrés au-dessous de zéro.

 

Mars 1877   -  La récolte du cidre et du vin.  -  La quantité, de cidre récoltée en 1876, est évaluée approximativement à 7 036 000 hectolitres, elle est inférieure de 11 221 000 hectolitres à la récolte de 1875, et beaucoup au-dessous de la moyenne des dix dernières années, qui est de 10 093 000 hectolitres. La récolte des vins, en 1876, est évaluée à 41 848 000 hectolitres, c'est-à-dire à la moitié de la récolte précédente, qui avait atteint 83 632 000 hectolitres environ.

Mars 1877   -  Un homme écrasé.  -  Mardi, à 5 heures du soir, le nommé Michel-Parfait Lebourgeois, marchand de fromages à Boissey, est tombé accidentellement d'une voiture qu'il conduisait sur la route nationale n° 4 de Falaise à Rouen, territoire de la commune de Versainville, La mort a été instantanée.  

 

Décembre 1879  -  Accident.  -  Une charrette appartenant à M. Désiré Dumont, meunier à Versainville, et conduite par lui, a été brisée le 30 novembre dernier, au passage à niveau de la route de Falaise à Livarot, par un train se dirigeant sur Berjou-Cahan.

Le conducteur et le cheval n'ont pas été blessés. Le cheval a été effrayé par le bruit du train et a franchi la barrière, malgré les efforts de son conducteur.  

 

Avril 1890  -  Un incendie.  - Un incendie a détruit un hectare et demi de jeunes sapins dans un bois appartenant à la commune de Versainville. Le feu a été mis à de l'herbe sèche au pied des sapins. Perte 500 fr.  

 

Octobre 1891  -  Une victime du travail.  -  Jeudi, à Falaise, le sieur Ferdinand Lecouvreur, 55 ans, maçon, demeurant à Versainville, était occupé à poser une pierre de 600 kilog. environ, devant former le couronnement d'une porte de l'habitation appartenant au sieur Sebire, rue des Prémontrés. Un faux mouvement sans doute fit basculer cette pierre sur une des jambes de ce malheureux, qui a été pour ainsi dire broyée.  

 

Janvier 1898  -  Audacieuse tentative de vol.  -  L'autre nuit, des cambrioleurs ont pénétré dans la salle à manger du château de Versainville par une fenêtre donnant sur le parc et qui fermait mal et ont fait main basse sur l'argenterie. Le comte de Versainville, réveillé par le bruit de sa porte que l'on essayait de forcer, donna l'éveil aux gens du château et tout le monde fut vite sur pied, mais les cambrioleurs avaient déguerpi. On trouva dans la salle à manger les lustres allumés, des verres de vin servis, et l'argenterie éparse sur les meubles. La gendarmerie recherche activement ces audacieux voleurs. (source B. N.)  

 

Décembre 1898  -  Suicides.  -  Le sieur Aimable Dupont, 50 ans, domicilié au Mesnil-Au-zouf, s'est coupé la gorge d'un coup de rasoir, à Montchauvet, près Bény-Bocage, chez sa mère, 70 ans, où il travaillait plusieurs jours par semaine. Il a expiré au bout de quelques heures. On dit que le désespéré se serait suicidé parce qu'une jeune fille du Mesnil-Auzouf, qui fut quelque temps au service de la mère de Dupont, serait enceinte de ses oeuvres. 

—- Une jeune fille de 18 ans 1/2, jouissant de la meilleure réputation, s'est jetée dans l'étang du château de Versainville, près Falaise. Le valet de chambre de M. de Versainville se jeta dans l'eau et parvint à ramener le corps au bord de l'étang, mais la mort avait déjà fait son oeuvre. (source le B. N.)

 

Novembre 1915  -  La Peur des boches.  -  A Versainville, près Falaise, la veuve Houguet, 37 ans, s'est jetée dans son puits d'où on a pu la retirer à temps. La pauvre vieille avait eu l'imagination frappée par les cruautés commises par les Allemands, et elle préférait se suicider, a-t-elle déclaré, plutôt que d'être tuée par les Boches, coupée en morceaux et jetée  en pâture aux porcs.

 

Avril 1916  -  Outrages.  -  Dans la soirée du 23 mars, M. Née, garde-champêtre à Versainville, sortait de chez Mme Jourdain, lorsque Almire Leménager, taupier au même lieu, l’interpella grossièrement en lui disant qu’il avait fait injustement imposer son chien à la première catégorie. Le garde-champêtre essaya en vain de lui faire comprendre que cela  était affaire des répartiteurs. Des injures le remercièrent. Comme c’est la seconde fois que M. Née est outragé par cet individu et pour le même motif, il a déposé une plainte contre lui.

 

Septembre 1916  -  Complicité de désertion.  -  On a arrêté, ces jours-ci, à Bretteville-sur-Dives, une femme Duclos, 28 ans, qui, pour favoriser la désertion du soldat Bichot, lequel n'avait pas rejoint son corps, à la suite d'un congé de convalescence passé à Potigny, lui avait procuré des effets civils. Bichot a été arrêté à Versainville. La femme Duclos, dont le mari est mobilisé en Algérie, a une conduite déplorable, elle a été condamnée déjà plusieurs fois. Elle est mère de deux enfants, qui ont été confiés à l'Assistance publique.

 

Mars 1917  -  Suicide.  -  M. Constant-Victor Yvon, né le 23 octobre 1874, à Flers (Orne), a été trouvé pendu à un pommier, à 200 mètres du village. Ce malheureux s'est suicidé pour échapper à la misère.

 

Janvier 1918  -  Arrestation d’un déserteur.  -  Le 30 cembre, dans la matinée, la gendarmerie de Falaise arrêtait à Versainville, le soldat Bourdon, Gaston-Charles, 28 ans, mécanicien, à Evron (Mayenne), soldat au 5e  d'infanterie, déserteur de son corps il fut reconduit le même jour, à midi. Dès le soir, cinq heures profitant du moment de la soupe Bourdon escalada un mûr, et prit de nouveau la fuite.

La gendarmerie, aussitôt prévenue, se mit à ses trousses, et le déserteur fut découvert le 3 janvier, à six heures du matin, chez son amie, la veuve Guillot. née Léontine Capitrel, âgée de 24 ans, demeurant à Versainville.

Cette dernière portait à manger à Bourdon dans les Monts-d'Eraines, près du champ de tir, il s'était réfugie depuis son évasion, il se cachait dans une bouverie, et venait coucher à Versainville  pendant la nuit.

Bourdon a été enfermé dans les locaux disciplinaires de la caserne et soumis à une active surveillance. Sa maîtresse la veuve Guillot a été arrêtée pour recel de déserteur. ainsi que sa mère, la nommée Hougnot, femme divorcée de Capitrel, demeurant à Versainville. Toutes deux ont été écrouées à la maison d'arrêt de Falaise.

 

Mai 1924  -  Traîné par un cheval.  -  M. Marcel Jardin, cultivateur, rentrait des champs à la ferme monté sur un cheval, celui-ci ayant pris peur renversa son conducteur dont malheureusement un pied fut pris dans les traits, il fut traîné ainsi pendant, quarante mètres par la bête, affolée. Le docteur Saillant a constaté des contusions sur tout le corps et quarante jours de repos seront cessaires au blessé pour son rétablissement.

 

Septembre 1924  -  Violent orage.  -  Dans la nuit de samedi à dimanche vers 3 heures du matin, un violent orage s'est déclaré sur Falaise et ses environs. La foudre est tombée en plusieurs endroits, sans causer d'accident de personnes. A Versainville, la foudre est tombée sur un arbre.  

 

Février 1926  -  Médaille militaire.  -  La daille militaire et la croix de guerre ont été conférées à la mémoire du soldat Moutier Robert-Octave, du 119e régiment d'infanterie, mort pour la France.
« Tombé en brave au poste d'honneur confié à sa garde, le 29 octobre 1914, à la ferme du Luxembourg. Croix de guerre avec étoile de bronze.

La famille de ce brave habite Versainville.

 

Juillet 1926  -  Sans-gêne.  -  Mme Thouroude, débitante à Falaise, place Belle-Croix, possède à Versanville, une petite maison inhabitée et un champ entouré de ronces artificielles, l'autre jour, Mme Thouroude demanda à M. Travers, cultivateur, de lui faucher le foin de son champ, celui-ci se rendit le lendemain à la propriété de la débitante et constata qu'il n'y avait plus d'herbe, celle-ci ayant été pâturée, une chèvre et une vache y avaient été mises au piquet.

Mme Thouroude, avertie, porta plainte et on sut que que les animaux appartenaient à Pierre Legoux, 70 ans, cultivateur, à Chènedouit (Orne). Celui-ci déclara qu'il y a déjà plusieurs années, il louait le champ à M. Foyer, propriétaire, et qu'il croyait avoir encore le droit d'y faire pâturer ses bestiaux, mais la propriété est vendue à Mme Thouroude depuis deux ans et dont le préjudice pour cette année est de 150 francs.

 

Juillet  1928  -  Cheval emballé.  -  M. Auguste Peschet, cultivateur, revenait du marché de Falaise, lorsque dans le chemin conduisant à sa ferme, son cheval attelé à une charrette normande s'emballa, malgré les efforts faits par le conducteur qui, voyant le danger, avait sauté à la tête de l'animal pour le maintenir, le cheval traversa la cour de la ferme et passa au travers d'une grande barrière par suite du choc, l’équipage fut rompu et la voiture très abîmée. Le cheval, continuant sa course, fut retrouvé dans un pré. Les dégâts sont importants.

 

Juin 1930  -  Un bœuf électrocuté.  -  À Versainville,  canton de Falaise, un bœuf au pacage dans un herbage, s'étant approché d'un poteau en ciment armé supportant la ligne à  haute tension, a été foudroyé. Le propriétaire M. Picot, étant accouru, reçut une violente commotion, et le petit vacher fut renversé par la secousse. D'après les techniciens, l'accident serait dû à une fêlure d'un isolateur en verre  : par suite de l'humidité, le contact s'établit ainsi entre le câble et les parties métalliques du poteau, autour duquel le sol se trouva imprégné d'électricité. Le bœuf, étant venu être paître la, fut électrocuté. Son propriétaire sera indemnisé par la société d'électricité de Caen.

 

Février 1937  -  Un vieillard brûlé vif.  -  Lundi, vers 18 heures, M. Prosper Faucon, âgé de 70 ans, domicilié chez ses enfants, était assis dans sa chambre près de la cheminée, lorsque, en se penchant, il tomba la tête en avant dans le foyer. 

Le vieillard, qui était impotent, ne put se retirer, quand sa fille, Mme Ralu, arriva pour le secourir, le septuagénaire avait le crâne horriblement brûlé, il mourut dans la nuit, après plusieurs heures d'horribles souffrances. (source M. du C.)

 

Janvier 1941   -   Exercices de tirs de l'armée allemande le 22 janvier 1941.   -   Le Préfet du Calvados porte à la connaissance du public que de nouveaux exercices de tirs de l'armée allemande. Auront lieu le 22 janvier, de 9 heures à 18 heures, sur le Champ de tir de Falaise, situé sur les communes de Berniéres-d'AiIly, Epaney, Perriéres, Olendon, Eraines, Damblainville, Versainville.
Les limite du champ de tir sont indiquées par des tableaux de signalisation (la délimitation exacte du champ figure sur un plan déposé à la mairie de chaque commune).
Il est interdit de circuler sur le territoire du champ de tir pendant les tirs sans autorisation spéciale de l'armée allemande.
L'agglomération de Sainte-Anne-d'Entremont et la maison située à l'entrée de la route conduisant à la route nationale de Falaise à Lisieux, devront être entièrement évacuées de 8 heures à 18 heures.
Pendant les tirs, tous les travaux dans les champs et les bois doivent être interrompus à l'intérieur de la zone dangereuse. Les animaux en liberté sont en danger et, dans l'intérêt même de leurs propriétaires, doivent être retirés.
Pendant la durée des tirs, toutes les routes et tous les chemins traversant le champ de tir sont barrés. Des tableaux indiquant les dérivations sont posés et les chemins et les routes barrés sont gardés par des sentinelles.
Le public est avisé que l'inobservation des prescriptions ci-dessus indiquées est susceptible d'entraîner les plus graves inconvénients.

 

Février 1941  -  Exercice de tirs de l'armée allemande.  -  De de nouveaux exercices de tir auront lieu les 14 février et 22 février, 6 mars et 18 mars, de 9 heures à 18 heures, sur le champ de tir de Falaise (Mise en batterie, au nord de Versainville).

Les évacuations prévues devront être terminées une heure avant le début de tirs. Par ordre des autorités allemandes, elles devront être entièrement évacuées pendant les heures de tir, la localité de Sainte-Anne-d'Entremont ainsi que la maison située à l'entrée de la route conduisant d'Epaney à la route nationale de Falaise à Lisieux.

 

Octobre 1945  -  Comme au vaudeville.  -  M. Cussot garde-Chasse à Versainville, a surpris son collègue Hérel, alors que celui-ci chassait sans autorisation sur les terres de M. Brilland. (source La B. L.)  

 

Octobre 1945  -  Choses municipales.  -  L’assemblée communale de Versainville a élu maire M. Henri Picot et adjoint M. Moiseron. (source La B. L.)  

 

Décembre 1946  -  On a arrêté.  -   Maurice Dupont, 23 ans, manœuvre à Versainville, engagé dans la Légion Étrangère et recherché pour désertion.

A Caumont-sur-Orne, un individu prétendant se nommer Letourneux et exerçant la profession de scieur de bois ; sa véritable identité est Marcel Derencourt, 25 ans, secrétaire à Paris, recherché pour vols, trahison et atteinte à la sûreté extérieure de l’État. (Source B.-L.)  

 

Avril 1947  -  Des travaux au château de Versainville.     Le magnifique domaine dont nous annoncions récemment l’acquisition par la Société Ford, qui se propose d’y installer une colonie de vacances, va être l’objet d’importants travaux. A cet effet, l’acquéreur a obtenu des Beaux-Arts l’autorisation d’édifier une seconde aile. Les communs seront aménagés en clinique. Une première tranche de 15 millions de travaux va être entreprise. Un personnel de 60 hommes et femmes sera pris sur place et, en 1948, la colonie abritera en permanence une centaine d’enfants. (Source B.-L.)

Chaumière normande

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