VILLERS  s/ MER

Canton de Trouville-sur-Mer

Les habitants de la commune sont des Villersois, Villersoises

Mai 1866   -   Décret impérial.   -   Un décret impérial du 28 avril 1866, autorise le trésorier de la fabrique de l'église de Villers-sur-Mer à accepter  la donation faite à cet établissement par le sieur Paris d'Illins, et consistant dans un terrain d'une contenance de 100 mètres et un calvaire construit sur ce terrain.

 

Novembre 1866   -   Un incendie.   -   Dimanche dernier, vers neuf heures du matin, à Villers-sur-Mer, un feu de cheminée très violent a éclaté dans la maison du sieur Moret, entrepreneur, occupée par le sieur France.

Les sapeurs-pompiers, sous la direction de leur lieutenant, se sont rendus immédiatement sur les lieux, et, au bout de quelques instants de travail, ils ont pu se rendre complètement maître du feu.

 

Juillet 1867   -   Les plages normandes.   -   Les illustrations de tous genres, les grands noms arrivent sur les plages normandes. Le prince Murat vient de s'installer à Villers, dans l'élégante habitation de M. Pigeory, le fondateur, comme on sait, de cette charmante colonie balnéaire.

Parmi les visites que doit procurer à Villers la présence du prince, on doit mettre en première ligne celle de Mme la duchesse de Mouchy, sa fille.

 

Octobre 1867   -   Un incendie.   -   Le 18 de ce mois, à huit heures du matin, un incendie que l'on croit devoir attribuer à la malveillance, a détruit un corps de bâtiment composé de deux remises, deux écuries, une buanderie, huit chambres occupées par quatre locataires, avec grenier sur le tout. Il appartenait au sieur Charles Morice, entrepreneur de voitures publiques. Le mobilier des locataires et les voitures du propriétaire ont été sauvés.

Trois enfants en danger d'être asphyxiés ont été sauvés par les sieurs Honoré Henry et Jean Désiré Vassel, charpentier à Villers. La justice s'est rendue sur les lieux pour informer.

 

Juillet 1868   -   Une noyade.   -   M. Bruyant-Desplanques, âgé de 46 ans, fabricant à Elbeuf, est mort samedi dernier, à Villers-sur-Mer, sous les yeux de sa famille, qui s'était rendue dans cette commune pour y prendre des bains.

M. Bruyant-Desplanques, en nageant, s'est trouvé atteint de quelque indisposition ou mis par les vagues dans l'impossibilité de gagner la terre, il a appelé du secours mais la force des lames a empêché qu'on arrivât assez tôt.  

 

Juin 1869   -  La saison des bains de mer.   -   Le temps exceptionnellement froid et pluvieux dont nous sommes affligés depuis plus d'un mois rend très mauvais le commencement de la saison pour nos villes  de bains. à Trouville, il y a très peu de location consenties ; à Deauville, les transactions sont plus paralysées que jamais ; à Villers, quelques familles seulement, parmi lesquelles on nous cite celle de l'amiral Jurien de La Gravière, ont retenu leur logement.

 

Juillet 1869   -   La saison des bains de mer.   -  Une importante location a été faite à Villers-sur-Mer au nom du prince Napoléon. Le prince, la princesse Clotilde et leurs enfants viendront passer la saison des bains dans cette résidence. Le prince Murât est déjà depuis plusieurs semaines installé à Villers. 

 

Septembre 1869   -   Les bains de mer.   -   Depuis dix ans, la population sédentaire de Villers est plus que triplée, et les baigneurs qui viennent y passer la saison d'été sont au nombre de plusieurs milliers, on comprend que la vieille église ne peut plus suffire à contenir les fidèles, aussi M. l'abbé Robé, le jeune curé de cette paroisse, a-t-il l'intention de faire agrandir ou reconstruire l'église au vieux clocher  Roman.

On parle, d'une liste de souscription qui contiendrait des dons importants, on espère que le conseil municipal trouvera des ressources pour aider le curé dans son œuvre.  

 

Septembre 1869   -   L’ouragan du 12 au 13 septembre.   -  Une épouvantable tempête a sévi pendant quarante-huit heures sur notre contrée, elle a commencé dans la huit de samedi à dimanche, le calme n'est revenu que lundi dans la soirée.

A Caen, les dégâts ne sont pas fort considérables : un platane renversé sur le Cours-la-Reine, quelques branches et quelques vitres brisées, un coin de mur renversé rue Basse et la chute d'une cheminée, rue Saint-Sauveur sont, avec beaucoup d'ardoises et de tuiles arrachées aux toits, à peu près tout ce qu'on peut, ici, reprocher à la bourrasque.

Dans la campagne, sur les routes, les pertes sont beaucoup plus grandes, on ne voit qu'arbres brisés et renversés, les arbres fruitiers sont dépouillés de leur récolte, les pommiers sont partout fort endommagés.

Il y a eu interruption dans le service des bateaux â vapeur de Caen au Havre. L'ouragan a été terrible sur la côté du Havre, On apercevait, tout en face de nos cotes, un certain nombre de barques chavirées.

Déjà le 10 courant, le nommé Désiré Génie, étant dans son canot sans lest, a sombré à deux milles de Villers, il s'est cramponné â la mâture, où il s'est maintenu jusqu'à l'arrivée de la barque de pêche « Tout-à-Marie », n° 100, de Trouville, patron Gagnard, qui, l'ayant aperçu, l'a recueilli et déposé à Villers.

 

Juillet 1870   -  Une belle pêche.   -   Une pèche miraculeuse vient d'être faite près de Villers-sur-Mer : 1.100 gros yeux (brème rouge), y ont été péchés dans une nuit.

 

Février 1872   -  Fait divers.   -  Le ministre de la marine et des colonies a décerné des récompenses pour faits de sauvetage. Sur cette liste nous relevons les noms suivants :

Guillaume Lemarchand, matelot, témoignage officiel de satisfaction. Sauvetage de deux hommes à Honfleur le 28 juillet 1871.

Pierre Marie, matelot ; médaille de 2e classe, argent. Sauvetage d'un enfant le Port-en-Bessin, le 9 juillet 1871.

Pierre Colleville matelot ; médaille de 2e  classe, argent. Sauvetage d'un enfant à  Port-en-Bessin, le 16 septembre 1871.

François Leboucher, sous-patron des douanes ; médaille de 2e classe, argent. Sauvetage d'un enfant à Caen, le 20 septembre 1871.

Florentin-Auguste Gilles, apprenti marin, témoignage officiel de satisfaction ; Pierre-Edmond Genivière, témoignage officiel de satisfaction. Secours à un noyé à Villers-sur-Mer, le 18 juillet 1871.  

 

Juin 1872   -  Recensement.   -  D'après les documents relatifs au recensement recueillis jusqu a ce jour, on, estime et que la population du Calvados a diminué de 25.000 habitants, depuis le recensement de 1866.

 

Juillet 1872   -  Accident.   -  Rien de plus divertissant quand deux femmes se battent. Il faut toujours que le chignon danse.

Dimanche dernier, une petite scène de ce genre s'est passée à Villers-sur-Mer, entre deux laitières, qui, après s'être disputé l’allaitement d'une famille de baigneurs, récemment débarquée dans le pays, en sont venues aux cheveux.

Je crois même que les combattantes seraient rentrées complètement chauves au domicile conjugal, si l'un des assistants au péril de sa.... vue, n'eût séparé les deux commères.

L'une d’elles, qui prétend que son adversaire la, un peu au-dessous de la collerette, pincée jusqu'au sang, a porté plainte aux gendarmes.

Mais ces agents de l'autorité n'ont voulu verbaliser qu'à une condition : c'est qu'on leur montrerait le corps du délit……     La plaignante a refusé, et l'affaire n’eu de suites.

 

Août 1872   -  Loi sur les boissons.   -  Tout détenteur d'appareils propres à la distillation d'eaux-de-vie ou d'esprits est ténu d'en faire, au bureau de la régie, une déclaration énonçant le nombre et la capacité de ses appareils.

 

Août 1872   -  La fin du monde.   -  On sait que la fin du monde avait été prévue pour le 5 de ce mois, elle n'a pas eu lieu, parce qu'elle a été, paraît-il, remise au 12 août, selon les uns, et selon les autres, au 15 août, fête de l'ex-empereur.

 

Août 1872   -  Les bains de mer.   -  Nos côtes commencent à se peupler de baigneurs. Les locations, pour le mois d'août, se sont faites à des prix assez élevés, quoique inférieurs aux années précédentes.

M. Thiers est arrivé lundi à Trouville, où il a été reçu avec acclamations.

Trente douaniers font un service d'honneur à l'entrée du chalet. Deux petits camps microscopiques sont installés à côté de la résidence présidentielle. Un fil télégraphique met le chalet en communication avec l'hôtel de la présidence à Versailles. M. Rampont, directeur des postes, vient d'organiser un service entre Versailles et Trouville.

Le Ministre de la guerre est attendu à Houlgate, où se trouve l’ex-reine d'Espagne. A Villers, M. Say, le préfet de la Seine. A Cabourg, Georges Sand. A Villers-sur-Mer, M. le duc de Nemours est arrivé lundi.  

 

Avril 1873   -   Pêche miraculeuse.   -  La pêche du maquereau est miraculeuse en ce moment sur nos côtés de Normandie. Cinq bateaux sont entrés, rapportent 105 800 Maquereaux, 9 700 avaient été salés en route.

 

Mai 1873   -  Les Événements.   -   Samedi soir, M. THIERS a donné sa démission, de Président de la République française. Il a été remplacé par le maréchal DE MAC-MAHON, duc DE MAGENTA. Le maréchal-Président est âgé de 65 ans.

Juin 1873   -  Le Maréchal Mac-Mahon en Normandie.   -   On s'attend sur la côte normande, pour la fin du mois, à la visite du maréchal président de la République. Les préfets du Calvados et de la Seine-Inférieure ont été prévenus.

 

Juin 1873   -  Saison des bains.   -  Il se confirme que le maréchal de Mac-Mahon viendrait passer quelques semaines à Houlgate. —  M. Thiers, de son côté, reviendrait à Trouville, au chalet Cordier.    Enfin, la princesse Mathilde viendrait séjourner à Villers-sur-Mer.  

 

Novembre 1873   -   Récompenses.   -  Le ministre de la marine a décerné des récompenses pour faits de sauvetage aux personnes ci-après désignées, domiciliées dans notre département : Eugène-Clair Baverel, marchand ébéniste ; médaille de 2eme  classe, argent, — Secours à quatre soldats à Langrune, 13 juillet 1873.

Alexandre-Clovis-Louis France, guide-baigneur ; médaille de 2eme classe, or. — Sauvetage de deux baigneurs. Villers-sur-Mer.

François-Marin-Zéphir Haupois, matelot, témoignage officiel de satisfaction ; Jean-Baptiste-Emmanuel Lepareux, matelot, témoignage officiel de satisfaction. — Secours d'un bateau chaviré à Bernières.

Théophile-Félicien Lemarchand, matelot, médaille de 1er classe, argent.— Sauvetage de quatre personnes. Saint-Aubin-sur-Mer.

M. Carel, avocat à Caen, récemment nommé chevalier de la Légion d'honneur, vient de recevoir du pape le cordon de commandeur de Saint-Grégoire-le-Grand.  

 

Août 1875   -   voie de communication.  -  Il est question d'établir une voie de communication perfectionnée qui permettrait d'aller de Trouville à Villers-sur-Mer en 20 minutes. Ce serait un chemin d'un système nouveau qui comporte à la fois l'emploi de la vapeur comme force motrice et l'adoption d'une chaussée en macadam ou en asphalte, sur laquelle les véhicules seraient impérieusement guidés suivant un frayé invariable. L'auteur est M. Léon Le Cordier.  

 

Septembre 1876   -  Imprudence de baigneur.  -  Jeudi, vers onze heures du matin, Mme Jover, 24 ans, femme d'un général carliste qui réside en ce moment à l'hôtel de la Plage, à Villers-sur-Mer, se baignait à marée haute avec sa femme de chambre, Marcelline Bourdieu, âgée de 17 ans, née à Coubias-Loos, canton de Lascar (Basses-Pyrénées). La mer étant très grosse, ces deux malheureuses femmes ont été entraînées par un fort courant, personne en ce moment ne se trouvait sur la plage pour leur porter secours. Cependant quelques habitants sortis par hasard des maisons du rivage, virent la situation critique des deux baigneuses et volèrent à leur secours. 

Ils ont pu retirer Marie Jover, que de prompts secours ont pu faire revenir à la vie, mais la femme de chambre, qui s'était baignée par complaisance avait été entraînée à une centaine de mètres vers Trouville, et les soins des hommes de l'art ont été impuissants. L'asphyxie était complète. L'empressement qu'on a mis à essayer de rappeler à la vie la jeune servante a fait négliger les règles élémentaires de la décence, et ce n'est que sur l'observation de plusieurs personnes qu'on a recouvert d'un linge le corps nu de la noyée. Le Figaro annonce que Mme Jover vient de mourir, elle était enceinte de 6 mois.

 

Septembre 1878   -  Ou est l’accord parfait ?  -  Il y a eu, dimanche dernier, concours d'orphéons à Deauville. Les Sociétés chorales du Calvados qui ont été couronnées appartiennent à Bonnebosq, La Boissière et Villers-sur-Mer.

Les fanfares d'Angerville, Villers-sur-mer, Argences, Courtonne-la-Ville, Bonnebosq, la Boissière, Orival et Aunay-sur-Odon (Enfants du Bocage), ont également obtenu des récompenses. Dans la 1er division des fanfares, Pont-l'Evêque a enlevé le 1er  prix à la Philharmonique d'Honfleur, qui a dû se contenter du second. Les philharmoniques honfleurais sont furieux, leur président veut porter un défi de 10 000 fr. aux vainqueurs. A la suite de cet échec, un journal honfleurais a écrit qu'il y avait trop de pianistes dans le jury.  

 

Avril 1879   -  Pêche des moules.  -  L'exploitation des moulières ci-après désignées est autorisée, savoir : Quartier de Caen : Moulières de Gonneville, d'Auberville, de Villers, d'Hermanville, de Lion, de l'Aiguillon, de Tracy, de Port, de Longues, de Huppain, de Ste-Honorine. Sous-quartier de Courseulles : Moulières de Figar, de Lombay, de Creuhot, de Lihan, de la Folie, de la Home, de l'Escorbat,  de l'Anguille, de Langrune, de Saint-Martin, de Valet, de Haut-Rocher, des Grouins, de la Vieille-Pouque, de la Roquette, des Essarts, de Bernières, de Maragnan, de Germain, de la Roquette, de la Tunelle: de Saint-Gerbaut, de l'Epecque. 

Les moules pêchées en contravention seront reportées par les délinquants sur les bancs d'où elles proviendront. Il est défendu d'arracher les moules à poignée et de les cueillir avec d'autres instruments qu'un couteau, et de circuler sur les moulières avec des voitures ou des bêtes de somme. Il est défendu de pêcher et d'employer à un usage quelconque, notamment à l'engrais, les moules n'ayant pas la dimension minimum de trois centimètres.  

 

Juin 1879   -  Récompenses.  -  Les récompenses suivantes viennent d'être accordées à des marins de notre région : Pierre-Théodore Petit, matelot, témoignage officiel de satisfaction pour sauvetage d'un homme, plage de Villers.    Jules-Octave Prestavoine, quartier-maître de manœuvre, témoignage officiel de satisfaction pour sauvetage d'un enfant à Port-en-Bessin.    Jules-Lucien Françoise, matelot, médaille argent 2e classe, pour sauvetage d'un novice, à Port-en-Bessin. 

 

Juillet 1879   -  Imprudence d’un baigneur.  -  Vendredi dernier, vers 5 heures du soir, M. Lucien-Désiré Dreyfous, âgé de 31 ans, propriétaire, à Paris, en villégiature à Villers-sur-Mer, s'est noyé en se baignant isolément, à marée basse, à environ 250 mètres de l'établissement des petits bains. M Dreyfous avait eu l'imprudence de se mettre au bain peu de temps après avoir mangé. C'est à cette circonstance qu'il doit la mort.

 

Juillet 1879   -  Écoles primaires.  -  Les vacances des écoles primaires commenceront le 1er  août pour finir le 1er  septembre.

 

Avril 1881  -  Les dangers du feu.  -  Mercredi, entre 4 et 5 heures du soir, un incendie dont la cause est inconnue, a détruit la demeure des époux Fouques dits Lemoine, propriétaires à Villers-sur-Mer. Ce bâtiment, très ancien déjà, était construit en colombage et torchis et couvert en chaume, le feu a tout envahi en un instant. Les époux Lemoine, gens avancés en âge (le mari a 77 ans)  aidés de leurs voisins accourus à leurs cris, ont eu beaucoup de peine à sauver une partie du mobilier. Un tonneau rempli de cidre s'est défoncé sous l'action du feu. Le père Lemoine, en voulant arracher aux flammes une vieille horloge qu'il gardait précieusement, est tombé à la renverse et a couru, pendant quelques instants, un réel danger. Quelques personnes se sont élancées à son secours, et sont parvenues à le retirer de la lâcheuse position où il se trouvait, il était temps, le plafond s'effondrait. Le brave homme en sera quitte  pour quelques contusions sans gravité. La perte est évaluée à 950 fr. L'immeuble seul était assuré, le mobilier ne l'était pas. 

 

Avril 1881  -  Un curé marchand de vin.  -  Dernièrement, le curé d'une commune du pays de Villers ayant acheté une pièce de vin, s'aperçut, après y avoir goûté, que la marchandise était un peu surette. Il ne s'est pas désespéré pour cela, et ne voulant pas boire son vin, il le fait boire à ses paroissiens, auxquels il le vend 60 c. le litre. On ne dit pas s'il s'est mis en règle avec la régie.  

 

Août 1881  -  Deux baigneuses imprudentes.  -  La plage de Villers-sur-Mer a été, la semaine dernière, le théâtre d'un accident qui a failli coûter la vie à deux baigneuses qui s'étaient mises à l'eau peu de temps après leur repas. Le baigneur Ferdinand Petit, de Trouville, les a retirées sans connaissance. Elles ont pu, après un quart d'heure de soins, revenir à la vie, et ne conserveront de cet accident qu'une leçon.  

 

Septembre 1882  -  Inauguration.  -  Villers-sur-Mer était en fête ces jours-ci, à l'occasion de l'inauguration de son chemin de fer. On avait fait une souscription pour cette fête, et un des baigneurs des environs, le docteur Coupetoujours, s'était inscrit pour 50 fr. 

Chacun admirait sa générosité, mais la joie a été courte, car la veille de la fête, notre docteur réclama ses 50 fr., en disant qu'il en avait besoin pour une oeuvre de bien... C’était une atroce blague, car ils lui ont, parait il, servi à payer le rémouleur qui repasse ses bistouris, lesquels n'ont assurément jamais fait de bien.  

 

Décembre 1882  -  Souscription publique. -  Les habitants de VilIers-sur-Mer sont prévenus qu'une souscription va être ouverte, à seule fin d'offrir : 1° un attirail complet de balayeur à l'entrepreneur préposé à l'enlèvement des fumiers et boues de la localité, 2° une paire de lunettes qui pourra permettre au garde champêtre de découvrir les nombreux délits qui sont commis journellement, 3° une couronne d'immortelles à M. le maire, pour le remercier du mal qu'il se donne pour assurer la sécurité et la salubrité publiques. S'il y a un excédant de fonds, on offrira, encore à ce fonctionnaire une paire d'échasses, pour qu'il puisse franchir, sans danger, les tas d'ordures qui ornent certaines rue de la commune.  

 

Septembre 1883  -  Ils l’ont échappé belle.    La semaine dernière, quatre jeunes gens de Villers-sur-Mer, qui avaient voulu faire une promenade seuls en canot, ont été recueillis en mer à demi morts de froid et prêts à naufrager, par le patron Lacheraye, de Trouville.  

 

Avril 1885  -  Sinistre en mer.  -  Jeudi soir, le vent soufflait en tempête devant Villers-sur-Mer. Le canot « Bon Père de Famille », de la rue de Lamare (petit hameau situé entre Deauville et Villers) pris au milieu d'une trombe de vent, a sombré à pic en engloutissant les trois malheureux qui le montaient, le père et les deux fils. Ces pauvres gens étaient sortis malgré le mauvais: temps pour se livrer à leur pêche habituelle.

 

Mars 1886  -  Laïcisation.  -  Le Sénat a voté l'instruction; primaire obligatoire et laïque, c'est-à-dire que dans un délai déterminé, les frères et les religieuses qui dirigent encore des écoles primaire seront remplacés par des instituteurs et des institutrices n'appartenant à aucune congrégation.

 

Avril 1886  -  Mort accidentelle.  -  Mercredi, à Villers-sur-Mer, un coup de vent a renversé un mur en réparation appartenant au sieur Abadie, propriétaire à Paris. Derrière ce mur, travaillait un nommé Adolphe-Alexandre-Célestin Chopin, 61 ans, peintre. Il a été retiré grièvement blessé, et est mort le lendemain.

 

Juillet 1886  -  Une petite affaire qui devient grosse.  -  Le 21 juin dernier, le Conseil municipal de Villers-sur-Mer était en séance. On examinait un mémoire de fournitures fait pour la commune par le sieur Juillard, un des conseillers. Un autre conseiller, le sieur Cingal, contesta ce mémoire. Juillard protesta plus que vivement et une prise de corps s'en suivit. On sépara les combattants, et chacun s'en fut déjeuner. Mais le sieur Juillard, se prétendant avoir été frappé, a cité son adversaire en police correctionnelle, à Pont-l'Evêque. 

De son côté, lé sieur Cingal, s'appuyant sur la loi de 1881, cite Juillard, en cour d'assises. 

Oui, l'affaire sera appelée lundi prochain. Et dire que tout cela eût été évité si le maire de Villers-sur-Mer, connaissant mieux la loi, s'était rappelé que le sieur Juillard ne pouvait pas prendre part à une délibération dans laquelle il était intéressé ! Si nos lecteurs veulent rire, ils n'ont qu'à se rendre lundi aux assises.  

 

Juin 1887  -  Les fortes chaleurs.  -  Les fortes chaleurs que nous subissons ne sont rien auprès de celles que nos pères eurent à supporter. Ainsi, en 1803, la Normandie vit s'écouler une période de quatre-vingt-quinze jours sans pluie. En 1811, année de la fameuse comète, les rivières tarirent dans plusieurs départements. En 1844, nouvelles chaleurs, le thermomètre resta  stationnaire entre 50 et 60 degrés. Dans quelques départements, les bestiaux périrent faute d'eau. En 1859, 1860, 1869 et 1874, le thermomètre monta à 38 degrés. L'année dernière, il y eut 20 degrés au mois d'octobre, température exceptionnelle pour la saison.

 

Juillet 1887  -  La sécheresse.  -  Si le temps devenu si chaud, si serein, n'est pas défavorable aux céréales, la maraicherie se plaint vivement de la sécheresse prolongée, les légumes et les fruits ont soif. D'autre part, les vers rongeurs, qui font, sous terre, la guerre à nos récoltes, se développent à l'aise, la pluie ne venant plus les noyer. On demande un peu d'eau.

 

Août 1887  -  Les infos.  -  La préfecture du Calvados recevait, il y a quelques jours, une demande d'autorisation pour installer un tramway à vapeur au fond de la mer, sur les bancs de sable que le flot découvre à chaque marée, pour relier Deauville à Villers et à Houlgate. 

Ce tramway ne fonctionnera, bien entendu, qu'à marée basse, et ses heures de départ varieront chaque jour comme les départs des bateaux de Caen au Havre. La voie sera posée, chaque année, le 1er juillet, et enlevée le 1er octobre. 

Le promoteur de cette idée hardie et vraiment nouvelle est M. Decauville. Il lui a semblé qu'en jetant simplement sur le sable mouillé une de ses voies portatives en acier du type, qui, posé avec soin, sert à porter des canons de trente-quatre tonnes, celte voie présenterait encore une solidité suffisante pour porter des petites locomotives de trois tonnes. 

Ce genre de tramway ne pourrait-il point être également installé sur nos côtes, depuis Graye à Grandcamp, durant la saison des bains, où il mettrait en communication directe entr'elles toutes les stations de notre littoral ?

 

Mai 1888  -  Au pas de course.  -  On nous signale, du côté de Villers-sur-Mer, un jeune vicaire qui a la prétention de faire marcher ses paroissiens au pas de course. 

Ces jours derniers, il conduisait un enterrement. Trouvant que le cortège n'allait pas assez vite, il cria de presser le pas. On n'en fit rien. Arrivé au cimetière, il fit déposer la bière près de la fosse et dit, aux assistants ; « Puisque vous n'avez pas voulu, aller plus vite, vous allez rester là cinq minutes par pénitence...». En effet, ce ne fut que cinq minutes après, montre en main, que ce jeune autoritaire fit descendre le cercueil et l'aspergea.  

 

Juin 1888  -  Caen à Trouville.  -  C'est dimanche prochain, 1er juillet, que la Compagnie inaugure son service de trains de plaisir sur Cabourg, Dives, Beuzeval, Villers-sur-Mer et Trouville. Prix, aller et retour, 2 et 3 fr.   Départ de Caen, 8 h. 16 ; arrivée à Trouville 10 h. 45.  Départ 7 h. 35 ; arrivée à Caen, 10 h. 16.  

 

Juillet 1888  -  Tempête.  -   Samedi, une violente tempête a sévi sur nos cotes. A Villers-sur-Mer, le sieur Ulysse Thieuland, 18 ans, s'est noyé, son camarade a été retiré de l'eau à demi asphyxié. A Yport, un marin a été noyé aussi. A Saint-Valery-en-Caux, un bateau de pêche a chaviré, cinq hommes sur six ont péri. Les bateaux de Caen et de Trouville n’ont pas pu sortir du Havre. la « Normandie », qui devait partir à une heure, n'a pu quitter le Havre que pendant la nuit.

Les orages continuent. A Honfleur, la foudre est tombée sur un steamer, amarré dans le bassin, et a fendillé le mât.

 

Août 1888  -  Les bains de mer.  -  Malgré le mauvais temps, beaucoup de baigneurs sont arrivés le 1er août. La semaine dernière, on a constaté l'arrivée de 296 étrangers à Trouville. On dit que le général Boulanger doit venir à Villers-sur-Mer, chez M. d'Ennery, romancier et auteur dramatique.  

 

Décembre 1888  -  Bonne nouvelle.  -  Un arrêté ministériel vient de réduire de 28 à 25 jours, pour l'année 1889, la durée de la période d'instruction « pour toutes les catégories de réservistes appelés, y compris les ajournés des années précédentes. »

 

Décembre 1888  -  Le plaisir d’être électeur.  -  Pour nommer un juge au tribunal de commerce, les cinquante électeurs de Villers-sur-Mer sont obligés de faire trois lieues pour aller et trois lieues pour revenir. Total, six. 

Beaucoup d'autres communes sont dans le même cas. Qu'on s'étonne après cela du nombre toujours croissant des abstentions des électeurs consulaires. Et quand il y a ballottage, c'est double voyage.  

 

Février 1890  -  La jetée de Villers.  -   Un décret autorise le sieur de St-Clair, demeurant à Paris, 1, rue Lincoln, à établir et à exploiter une jetée-promenade métallique sur la plage de Villers-sur-Mer.  

 

Avril 1890  -  Chiens errants.  - Par arrêté, la circulation des chiens est interdite dans le Calvados jusqu'au 5 juin, à moins qu'ils ne soient muselés ou tenus en laisse. Sont exceptés les chiens de berger ou de bouvier. Ceux qui n’auront pas de collier et dont le propriétaire sera inconnu dans la localité seront abattus. 

 

Avril 1890  -  La vérité n’est pas toujours bonne à dire.  -  Dans l'un de nos Villers, rentrant en grande tenue dans la sacristie, le porte-croix et un chapier se sont battus. La querelle est venue parce que le chapier aurait dit au porte-croix que « le bon Dieu était porté par un c... » On a eu toutes les peines du monde à séparer les combattants. Ce sont les soutanes, les surplis et la chape qui ont le plus souffert.  

 

Août 1890  -  Baigneur noyé.  -  M. Liot, de Dreux, en villégiature à Villers-sur-Mer avec sa famille, avait fait venir une barque de Rouen, Jeudi matin, il monta dans sa barque avec son fils et un ami. Il était en costume de bain. Devant la rue de la Digue, il piqua une tête à peu de distance du rivage. Il reparut sur l'eau, inerte, et les vagues le poussèrent, sur la plage, aux pieds d'un promeneur qui le retira de l'eau. Malgré les soins énergiques qui lui furent prodigués. immédiatement il fut impossible de le rappeler à la vie.  

 

Septembre 1890  -  Villers embêté.  -  Cette coquette bourgade éprouve, en ce moment-ci, de bien grands malheurs. Son maire démissionne pour une cochonnerie, c'est-à-dire que, contrairement à tous les usages, l'administration préfectorale a autorisé un cochonnier à établir un abattoir tout près de l'école communale.

Autre guigne. Toujours le même maire, faisait une promenade à cheval, sa monture a fait une cabriole, lui aussi, si bien qu'ils se sont couronnés tous les deux. 

Puis c'est un conseiller municipal que sa femme a surpris embrassant sa bonne, et elle est tellement courroucée de ce fait, (y a-t-il bien de quoi !)  qu'elle veut absolument divorcer. 

Enfin, c'est une fontaine publique érigée dernièrement, surmontée d'un espèce de génie qui semble se moquer des passants, et qui, malgré tous les efforts des hommes de l'art, ne veut nullement…. pas le génie…. mais la fontaine pisser l'eau dont on a pourtant un pressant besoin.  

 

Novembre 1890  -  Nominations.  -  Les conseillers de Villers-sur-Mer viennent de faire un bon choix en nommant maire M. Clair-Cingal, en remplacement de M. Tarbouriech-Nadal, démissionnaire. (Source B-N)

 

Février 1891  -  Les dévaliseurs de villas.  -  Les vols dans les villas de la côte vont ils recommencer ?  La semaine dernière, pendant la nuit, à Villers-sur-Mer, des malfaiteurs se sont introduits, en escaladant un mur, dans la villa Carmen, appartenant au sieur François Lasserre, propriétaire, de Paris. 

Après avoir forcé la porte d'entrée, ils ont brisé et fouillé les meubles et mis le plus grand désordre dans cette habitation. Les dégâts causés s'élèvent à environ 500 fr. Les voleurs se sont ensuite introduits dans la villa la Brise, appartenant au sieur Philibert, propriétaire à Douai, et ont forcé, fouillé et brisé les meubles des trois étages. Les pertes occasionnées par ces dégâts s'élèvent à 300 fr.  (Source B-N)

 

Juin 1891  -  Baigneurs, attention !  -  Voila la saison balnéaire à son aurore. Dès le mois de juin, des étrangers viennent se reposer sur nos côtes. 

Nous ne saurions trop leur recommander la prudence, et de ne jamais s'aventurer à la mer montante, dans les endroits dangereux. Pour ne pas avoir eu cette réserve, un grand malheur a failli arriver à Villers-sur-Mer. Il y a quelques jours, M. et Mme Richet, en villégiature dans cette localité, faisaient une excursion sous les falaises. Il était neuf heures du soir, la mer montait, cernés par le flot, ils cherchèrent un refuge sur l’espèce de terrasse composée d'éboulis et de glaise qui forme, sur certains points, un piédestal à la falaise même. Dès leurs premiers pas sur ces fondrières, qui sont d'autant plus dangereuses qu'une végétation abondante dissimule le péril, les imprudents sentirent le terrain leur manquer, et, tandis que le mari, par un brusque saut en arrière, put se dégager, Mme Richet enfonça d'un seul coup jusqu'à la ceinture. 

M. Richet appela au secours. Il fut entendu. Deux douaniers accoururent avec un jeune ouvrier du pays. Mme Richet avait de la vase jusqu'au cou, ils ne la voyaient pas, cependant, elle put jeter un cri, et les douaniers, s'aidant de pierres qu'on leur jetait, s'approchèrent de la malheureuse jeune femme, mais ils durent se coucher et ramper sur ce terrain liquéfié, pour l'atteindre et lui soulever la tête hors de l'abîme, puis, lui passant sous les bras des ceintures et des cravates, ils tirèrent avec ardeur, donnant leurs mains aux autres assistants, qui les secondaient de leur mieux, mais cette corde improvisée se rompit ! C'est alors que les douaniers pensèrent à utiliser leurs ceinturons réunis par la boucle, et qu'après mille efforts ils  réussirent à arracher à une mort certaine la pauvre victime, qu'ils transportèrent jusqu'à l'hôtel des Herbages, après avoir couverte de leurs propres vêtements. Mme Richet va aussi bien que possible.   (Source B-N)

 

Juin 1891  -  Découverte de cadavre.  -  On a relire de la mer, sur la commune de Villers, le cadavre du nommé Bouvier, ancien couvreur, ayant demeuré dans la Mayenne. (Source B-N)

 

Août 1891  - Les fêtes.  -  Les fêtes données sur le littoral ont eu partout un réel succès, aussi, regrettons-nous qu'elles ne soient pas plus répétées, hélas! pendant que les petites plages se lancent hardiment, les grandes comme Trouville, sont d'une lésinerie « dans le pays on dit d'une cou...yerdise » inexplicable. (Source B-N)

 

Décembre 1891  -  Chasseurs veinards.  -  Deux chasseurs de Villers-sur-Mer, MM. Auger et Colin, ont été assez habiles pour pincer, dans leur terrier, trois renards qui étaient la terreur des basses-cours du voisinage. Dans le pays, on leur a fait une véritable ovation. La mère La Vigne (nous ne savons si elle s'y met quelquefois) à voulu à toute force leur en payer pour un sou de la bonne et les à embrassés en plus. Veinards, tous les bonheurs ! (Source B-N)  

 

Mars 1892  -  Bonne capture.  -  On vient d'arrêter, à Villers-sur-Mer, le nommé Victor Germaine, qui était la terreur du pays. Ce malfaiteur avait la spécialité de piller les villas et chalets situés au bord de la mer. A la suite de perquisitions opérées chez lui, la gendarmerie de Trouville a découvert, en différents endroits, plusieurs objets volés dans diverses habitations et de plus l'outil qui a servi à forcer les serrures et les meubles.    (Source B.N.)  

 

Mai 1892  -  Les drames de l’adultère. -  Pendant la saison 1888, M. Deacon, un américain très original, et sa femme très coquette, habitaient un pavillon à Villers-sur-Mer. La, ils reçurent M. Émile Abeille, sportsman très connu , venu pour les courses de Caen, de Cabourg et de Trouville. M. Abeille n'était pas beau, mais il était riche. C'est donc grâce à ses billets de mille francs qu'il devint l'amant de Mme Deacon. 

Les amoureux ne se gênaient pas, ils se voyaient très souvent, sans souci du mari, que des lettres anonymes avaient cependant mis au courant de ce qui se passait. Quand ils étaient surpris, Mme Deacon inventait une histoire invraisemblable et le mari rentrait ses velléités de jalousie. M. Abeille a suivi un peu partout sa maîtresse : à Villers, à Houlgate, à Trouville, à Paris, à Nice, à Cannes, où le mari trompé s'est enfin décidé à se venger, en tuant à coups de revolver M. Abeille, au moment où il sortait en chemise de la chambre de sa femme. Cette affaire est venue devant le jury. M.Deacon a été condamnée 1 an. (Source B.N.)   

 

Octobre 1892  -  Les deux docteurs.  -  Le docteur Calbris et le docteur Calvet exercent tous les deux à Villers-sur-Mer. En vrais médecins, ils se délestent et se jalousent. M. Calbris aurait même poussé ce dernier sentiment jusqu'à solliciter la place de médecin du chemin de fer, dont son confrère est titulaire, en alléguant que celui-ci ne s'occupe pas de ses malades.

De ceci, vous pouvez deviner toutes les petites misères que se faisaient les deux ennemis. Le docteur Calvet aurait même trouvé un moyen d'être désagréable à son collègue en paraissant faire l'aimable avec sa femme à laquelle il envoyait des baisers quand il passait devant sa maison ou quand il la rencontrait par les chemins. L'envoi des baisers n'a pas été bien prouvé, mais l'envoi d'une gifle par le docteur Calbris au docteur Calvet a été parfaitement établi. M. Calbris pensait que l'affaire aurait son dénouement sur un autre terrain. M. Calvet a préféré déférer son gifleur aux tribunaux et le faire condamner par celui de Pont-l'Evêque à 25 fr. d'amende et à 25 fr. de dommages-intérêts. Chacun son goût. (Source B.N.)

 

Novembre 1892  -  Récompenses honorifiques.  -   Ont obtenu des témoignages officiels de satisfaction : Victor Retout, baigneur à l'établissement de bains de Villers, sauvetage d'une femme à Villers, le 22 août 1892.

François Jacqueline, matelot, sauvetage d'un homme à Cabourg, le 10 août 1892. 

—Adjutor Guichard, matelot, sauvetage d'un enfant, à Grandcamp. (Source B.N.)  

 

Juillet 1893  -  Les guêpes.  -  Il y a beaucoup de guêpes cette année par suite des chaleurs. Nos campagnes et nos plages en sont couvertes. Dans le Cher, ces insectes sont si nombreux qu'on ne peut pas cueillir les fruits. (Source B.N.)

 

Juillet 1893  -  Fermeture des colombiers.  -  Les colombiers seront fermés, cette année, depuis le 1er juillet jusqu'au complet achèvement de la moisson des blés, qui sera annoncé par une publication du maire. Ces prescriptions ne s'appliquent pas aux pigeons voyageurs. 

 

Août 1893  -  Accident de bicyclette.  -  Vendredi, sur |a route de Trouville, à l'entrée de Villers-sur-Mer, un jeune bicycliste, marchant très vite, a renversé et blessé une jeune femme qui traversait la voie avec un enfant dans les bras. La jeune femme a été frappée au visage par le guidon qui l’a tout ensanglantée. L'enfant a été projeté sur la chaussée à quelques mètres, avec une telle violence que ses jours sont en danger.  (Source B.N.)  

 

Août 1893  -  L’immoralité.  -  Pauline Eveillard, femme Petrie, 27 ans, habite à Villers-sur-Mer, une maison commune. C'est à qui en veut, et pour ne pas perdre de temps, elle s'arrêtait quelquefois avec ses amoureux de passage dans l'escalier de la maison, ne se dérangeant même pas pour laisser passer les habitants qui, à plusieurs reprises, ont été obligés de lever la jambe pour enjamber pardessus les tourtereaux. 

La femme Pétrin a été condamnée à trois mois et un jour de prison. (Source B.N.)  

 

Septembre 1893  -  Incendie.  -  Lundi, un violent incendie a éclaté dans un immeuble appelé « villa Loggier », sis à Villers-sur-Mer, appartenant à M. Renduel, receveur principal des postes à Paris, qui l'habite avec sa famille. Pertes, 100 000 fr. pour l'immeuble et 40 000 francs pour le mobilier, le tout assuré. (Source B.N.)  

 

Septembre 1893  -  L’immoralité aux champs.  -  Le nommé Louis Ricard, 57 ans, maçon, a été arrêté à Villers-sur-Mer, sous l'inculpation de tentative de viol commise sur sa fille, âgée de 13 ans. 

— La femme Clémence Hubert, 39 ans, journalière à Cheffreville-Tonnencourt, canton de Livarot, a une très mauvaise réputation, elle rattire de la jeunesse chez elle. La jeune Maria Chrétien, servante, n'a pas voulu se soumettre aux caprices de cette femme ignoble. Celle-ci l'abattue. La jeune servante a porté plainte et a fait tout découvrir. (Source B.N.)

 

Octobre 1893  -  Les voleurs de chevaux.  -  M. Lorme, loueur de voitures à Villers-sur-Mer, a constaté la disparition d'une jument estimée 450 fr. Divers individus sont soupçonnés.

— Chez M. Gustave Langlois. fermier à Basseneville, des voleurs se sont emparés d'une jument de 300 francs. Auteurs inconnus. (Source B.N.)  

 

Novembre 1893  -  Avortement.  -  Une femme Labbey, déjà mère de deux enfants, se trouvant enceinte de nouveau, s'adressa à Armande Cottin. veuve Sorel, 55 ans, matelassière à Villers-sur-Mer, pour la débarrasser.

Malgré les manœuvres abortives pratiquées au mois de décembre 1891, la femme Labbey n'accoucha que le 29 janvier suivant d'un enfant qui mourut quelques instants après sa naissance. 

Cette mort doit-elle être attribuée aux pratiques criminelles de la veuve Cottin ? Le jury l'a pensé, car, à la suite de son verdict, l'inculpée a été condamnée à 2 ans de prison. (Source B.N.)   

 

Novembre 1893  -  Attentat à la pudeur.  -  Dès l'année 1878, Louis Ricard, 57 ans, maçon à Villers-sur-Mer, avait été poursuivi pour attentats à la pudeur, commis sur une de ses filles, alors âgée de 14 ans. Sur les déclarations de l'enfant, qui chercha évidemment à sauver son honneur et celui de son père, Ricard bénéficia d'une ordonnance de non-lieu. 

Sa femme, qui s'était vue dans l'obligation de se séparer de lui à la suite des mauvais traitements qu'il lui faisait subir et qui l'avait même fait condamner pour coups, eut le tort de revenir prendre la vie conjugale. L'accusé en profita pour commettre, sur sa petite fille âgée de dix ans seulement, une série d'attentats à la pudeur qui lui ont valu 6 ans de réclusion. (Source B.N.)

 

Novembre 1893  -  La tempête.  -  Samedi et dimanche, une tempête s'est déchaînée sur la Manche et a fait d'incalculables dégâts dans notre région.

— Plusieurs navires se s'ont échoués sur le littoral. Deux cadavres de marins ont été trouvés au milieu de monceaux de débris de toute sorte. La force du vent a renversé plusieurs wagons du Decauville, pas un des 14 voyageurs qui s'y trouvaient n'a été blessé.

— Le « Chanzy », M. Allainguillaume, s'est échoué à Ouistreham, le navire n'est pas en danger.

— L' « Elisabeth-Kelly », bateau anglais, allant en Islande, était en vue des côtes d'Angleterre, lorsqu'il a été pris par un coup de vent qui lui a brisé ses mâts et déchiré ses voiles. Il s'est échoué en face de Langrune. Huit marins, dont six sont mariés, sont montés dans deux canots, au risque d'être engloutis, et ont sauvé les six hommes d'équipage. On espère sauver, le bateau.

— Trois hommes de l'équipage d'un bateau de Port-en-Bessin, enlevés par une lame, auraient été considérés comme perdus pendant quelques instants, lorsqu'une autre vague les aurait rejetés miraculeusement sur le pont.

— Au Havre, le pilote Mauger a été enlevé par une vague.

— A Dieppe, quatre hommes, qui portaient des amarres au paquebot « Paris », ont été jetés sous les roues : deux ont été tués.

— A Calais, on compte déjà 14 morts et plus de 50 orphelins.

— Un mur s'est écroulé sur la voiture du docteur Renaud, de Harfleur. Le domestique a été tué, M. Renaud est très grièvement blessé.

— A Châteaudun, éboulement d'un bloc de rocher qui a écrasé des maisons de la rue, des Fouleries. Huit personnes sont ensevelies et sûrement mortes.

—16 cadavres de marins anglais ont été trouvés sur les côtes de la rade de Morlaix. C'était l'équipage du trois-mâts anglais « Aboukir-Bay », de 1,117 tonneaux.

— Le vapeur « Orientos », de Hambourg allant à Lisbonne, s'est brisé sous Barfleur : 9 hommes sauvés, 5 noyés.

— Un vapeur grec le « Parastevi », allant à Cardif, naufragé sous St-Germain-de-Vaux, le pilote hollandais noyé ainsi que le second du bord.

— Le voilier « Surprise », perdu corps et biens en face de Biarritz : morts, 1 capitaine et 4 matelots.

— Devant Douvres, un steamer à sombré : 21 personnes ont péri.

— On estime à 134 le nombre de personnes qui ont péri, en Angleterre, dans les accidents provoqués, par la tempête et en dehors de celles mortes avec les navires naufragés restés  inconnus qui ont sombré.

— De Copenhague, on écrit qu'il y a eu une violente tempête. Un grand nombre de bateaux de pêche ont fait naufrage. 37 pêcheurs se sont noyés.

— Le vent a brisé des arbres d'une grosseur énorme. Beaucoup de pommiers ont été renversés. Il y a eu des trombes de neige à Alençon et au Mans. Il y a même eu, dimanche, dix centimètres de neige à Caumont-l'Eventé, et la voiture de Villers est restée en détresse sur la route. A Limoges et à Lyon, à Caen, il a encore neigé mercredi la nuit. (Source B.N.)  

 

Mars 1894  -  Mort accidentelle.  -  La semaine dernière, le sieur Hyacinthe Goupil, 53 ans, charpentier à Villers-sur-Mer, est tombé d'un échafaudage et s'est tué sur le coup. (Source B.N.)  

 

Août 1894  -  L’immoralité.   -  Un jeune homme de 17 ans a été arrêté sous l'inculpation d'avoir abusé, sans violences, d'une fillette de 14 ans. C'est sur la plainte des parents que ce jeune homme a été arrêté à Villers-sur-Mer. (source B. N.)

 

Août 1894  -  Suicide.   -  Le sieur Louis Lefèvre, 37 ans, cordonnier à Villers-sur-Mer, s'est tué d'un coup de feu. On ignore la cause de ce suicide. (source B. N.)  

 

Août 1894  -  Ils n’y a plus d’enfants.   -   Arsène Vincent, 17 ans, habite Villers-sur-Mer. Il avait pour voisine la petite Hébert, une fillette de 14 ans qui est très avancée pour son âge. Les deux jeunes gens jouaient souvent ensemble, leur récréation favorite était de jouer au mari et à la femme. 

La maman Hébert, trouvant sans doute que le jeu se prolongeait, monta à la chambre de sa fille et sur son lit trouva Arsène dans un déboutonné indiquant qu'il voulait jusqu'au bout jouer au mari. Quant à la fillette, elle se trouvait au milieu de la chambre, et à la vue de sa mère se mit à pousser des cris de poule effarouchée. Le jeune homme voulut se sauver mais, pour se faire place, il bouscula la dame Hébert, et voilà pourquoi il a été condamné à 4 mois de prison et à 16 fr. d'amende pour coups et outrage public à la pudeur. (source B. N.)

 

Novembre 1894  -  Quel toupet.   -  Une femme Pauline Pelhion, 28 ans, demeurant à Villers-sur-Mer, a déclaré à l'autorité qu'on lui avait volé ses faux cheveux. Quel toupet ! On dit que, en cherchant bien, peut-être les trouverait-on sur la soupe d'une des voisines de la volée. (source B. N.)  

 

Janvier 1895  -  Le déplacement des marché.   -  Le conseil d'État vient de décider qu'en cas de déplacement d'un marché on doit réduire la contribution foncière imposée aux propriétaires du quartier où il était situé. (source B. N.)

 

Février 1895  -  Une mauvaise idée.  -  Les nommés Jean Fesque, 26 ans ; Paul Lavinay, 16 ans ; Gaston Rogerie, 19 ans ; Alcide Battel, 20 ans, et Jean Mendec, 26 ans, ayant bu outre mesure la veille de Noël, eurent l'idée d'aller à la messe de minuit à Villers-sur-Mer. Lavinay, qui est charcutier, fit le tour de l’église avec son tablier, par suite d'un pari. Puis nos cinq personnages se mirent à rire, à chanter des gaudrioles et à apostropher les dames. Cette petite partie vient de les conduire devant le tribunal de Pont-1'Evêqne, qui les a condamnés à 12 jours de prison chacun et 16 fr. d'amende, avec la loi Berenger. (source B. N.)  

 

Avril 1895  -  Accouchée sur la route.   -   Dans la nuit de mercredi à jeudi, vers 2 heures du matin, la nommée Victorine Isabel, 27 ans, servante au Havre, se rendait à pied dans sa famille, qui habite les environs de Caen, pour y faire ses couches. Entre Villers et Trouville elle fut prise de douleurs et mit au monde une petite fille. Elle plaça son enfant dans un panier garni de quelques hardes et revint sur ses pas. Arrivée à Trouville, elle s'adressa chez Mlle Eudes, sage-femme, qui lui donna les soins que nécessitait sa situation. Le maire fit mettre la mère et sen enfant chez la logeuse des indigents. (source B. N.)  

 

Avril 1895  -  Une couturière qui sait enfiler les gens.  -  Mam'zelle Ernestine Marmion est âgée de 23 ans. Elle se dit couturière. Elle habite au Havre, rue Voltaire. Un matin, elle alla, en sourdine, trouver la dame Gas, aubergiste sur le Grand-Quai. Elle lui raconta qu'elle allait toucher un héritage de 1 200 fr. et devenir propriétaire d'une villa à Villers-sur-Mer. Ernestine Marmion, pour accréditer sa fable, avait embauché des commissionnaires pour déménager les meubles de son pavillon. 

Les commissionnaires se rendirent à Villers-sur-Mer où la belle Ernestine les abandonna, leur laissant pour compte leurs frais de voyage. Quant à la dame Gas, séduite par cette mise en scène, elle y est pincée pour 118 fr. de nourriture et d'argent. Ernestine Marmion a été arrêtée et va passer en police correctionnelle. (source B. N.)  

 

Juin 1895  -  Pauvre fille.  -  Dimanche soir, une jeune fille de 16 ans, domestique à Villers-sur-Mer, s'est jetée dans la Touques par-dessus le pont de Trouville. Retirée immédiatement, elle a été transportée à l'hospice. On a trouvé sur elle un billet ainsi conçu : « Je me nomme Hélène Bellois, demeurant à Villers-sur-Mer. Ceux qui trouveront mon corps, je les prie de le renvoyer à Villers ». Elle n'a pas voulu faire connaître le motif de son désespoir, se bornant à déclarer qu'elle renouvellerait sa tentative de suicide, le plus tôt possible. (source B. N.)

 

Octobre 1895  -  Découverte de dynamite.   -  On a trouvé, la semaine dernière, 50 kilos de dynamite dans un magasin à chaux appartenant à M. Duchemin, architecte à Villers. Ce dépôt était là depuis longtemps et M. Duchemin en ignorait l'existence. Cette découverte a été faite à la suite d'une plainte déposée par le sieur Allain, maçon, contre son fils, qui le maltraitait et le menaçait de le faire sauter. En effet, on trouva dans la chambre du fils Allain quatorze cartouches de dynamite qui lui avaient été données par un chaufournier de Touques qui les avait économisées sur celles qui lui avaient été remises pour faire sauter des rochers. Procès-verbal a été dressé. (source B. N.)  

 

Novembre 1895  -  Départ des conscrits.  -  Le 12 novembre, départ des jeunes gens de la classe 1894 appelés pour un an, le 14, des conscrits appelés pour deux ou trois ans et appartenant à des subdivisions impaires, le 16, des jeunes gens des subdivisions paires. (source B. N.)

 

Novembre 1895  -  Terrassée par un taureau.  -  On dit que la bonne de M. Sandret, propriétaire à Villers-sur-Mer, a été renversée et entièrement déshabillée par un taureau. C'est grâce à un facteur des postes que cette malheureuse a été sauvée. (source B. N.)  

Janvier 1896  -  Vilain réveil.    Un matin, au petit jour, on frappait à la porte d'Edouard Gagu, 45 ans, charpentier à Villers-sur-Mer.

— « Vous allez m'fiche la paix, s'pé », cria Gagu.

— «  Pas du tout, lui répondit-on, j'sommes les gendarmes et vous allez ouvrir, au nom de la loi ».

— Gagu ouvrit. Il était en chemise et, derrière lui, aussi en chemise, Marie Toulons, femme Thomas, n'ayant que 25 ans, dont quelques-uns de ménage. C'est pour cela que les gendarmes venaient, sur la plainte de maître Thomas, dresser un procès-verbal de flagrant délit d'adultère, ce qui ne fut pas discutable en raison du léger costume des deux complices.

— Gagu s'en est tiré avec six jours de prison, mais Mme Marie Thomas, ne s'étant pas présentée, en a attrapé pour quinze jours. (source B. N.)  

 

Janvier 1896  -  Attention.  -  Le ministre vient d'ordonner que les auteurs d'acte de cruauté ou de mauvais traitements excessifs envers les animaux, soient rigoureusement poursuivis, ainsi que les personnes qui se servant de chien pour faire traîner leurs camions. (source B. N.)

 

Février 1896  -  Récompense.  -  Une mention honorable vient d’être décernée à M. Armand Cordier, facteur rural à Villers-sur-Mer : a porté secours à une jeune fille terrassée par un taureau furieux. (source B. N.)

 

Février 1896  -  La chasse au lapins.  -  La chasse au lapin qui était permise en temps prohibé vient d'être singulièrement restreinte. Elle ne sera plus permise que pour huit jours seulement aux propriétaires et fermiers, qui auront donné des preuves de l'abondance du lapin sur leurs terres et des ravages causés par lui. (source B. N.)

 

Février 1896  -  Congés des jours gras.  -  Les congés des jours gras dans les lycées et collèges ont été fixés aux lundi 17 et mardi 18 février. Les cours reprendront le mercredi 19. (source B. N.)

 

Février 1896  -  Mouvement de la population dans le Calvados.  -  Voici le relevé de la population dans notre département en 1895. Population : 429 417 habitants ; mariages, 2 895 ; divorcés, 100 ; naissances, 8 453, dont 7 436 légitimes et 1 017 illégitimes ; décès, 10 709. Excédent des décès sur les naissances. 2 256. (source B. N.)   

 

Mars 1897  -  L’immoralité aux champs.  -  Joseph Lemire, qui n'a rien de commun avec le Joseph de l'antiquité, est un fort gaillard de 19 ans, domestique à Préaux. Une après-midi, il aperçut au coin d'un bois, sur la route d'Orbec à Lisieux, la fille Houssaye, couchée ivre-morte. Pour cacher la honte qui devait lui monter au front de se trouver dans cet état, notre Joseph lui releva ses jupons sur la figure. Cette précaution lui a valu quinze jours de prison, mais avec la loi Bérenger. 

 — Un midi, le jeune belge Van Estraëte, 16 ans, rencontrait la dame Plichon, sur la route des Deauville à Villers, ayant voulu s'assurer si elle portait des pantalons, il mit sa main où elle n'avait que faire. Cet excès de curiosité lui coûte quatre jours de prison. (source B. N.)

 

Avril 1897  -  Pas assez punis.  -  Un soir, Louis Marie, 17 ans, et Airné Verdière, 19 ans, étaient attablés dans le débit tenu par le sieur Saillenfest, rue Caponière, à Caen, lorsque le sieur Philibert entra et acquitta une petite dette contractée précédemment. Les deux buveurs remarquèrent que Philibert remettait dans son mouchoir le reste de sa monnaie. Marie et Verdière complotèrent de s'en emparer, ils suivirent le malheureux garçon, et, un peu au-dessus de l'octroi de Villers, ils l'accostèrent, le renversèrent et, pendant que l'un le maintenait, l'autre fouillait dans sa poche et enlevait le mouchoir et l'argent. C'est, ou peu s'en faut, un vol de grand chemin. Aussi tout faisait supposer que ces deux vauriens, dont la réputation est mauvaise, seraient sévèrement punis. Ils s'en sont tirés, Marie avec trois mois et Verdière avec deux. (source B. N.)

VILLERS-SUR-MER  -   La Place de Villers  -  L D.

121           VILLERS-SUR-MER.  -   La Gare

Commentaires et informations : Facebook @