VILLERS - BOCAGE

Canton de Villers-Bocage

Les habitants de la commune sont des Villersois, Villersoises

Janvier 1791  -  Évènement.  -  A Noyers, les fanatiques ayant à leur tête, les fermiers de quelques ci-devant, veulent en expulser le curé constitutionnel, l’accablent d’insultes, d’outrages, et en veulent à ses jours. Huit de ces coquins avaient été arrêtés, la municipalité de Villers en a réclamé six, on ne sait trop pourquoi, deux ont été envoyés à Caen, et mis en état d’arrestation dans le château. (Source C. du C.)

 

Septembre 1866   -   Un accident.   -   Mardi dernier, à Villers-Bocage, le nommé Marie, domestique chez le sieur Dupont, cultivateur, avait été chargé d'extraire d'un fourneau la chaux qui venait d'être brûlée.

Ce malheureux cru abréger sa besogne en descendant dans le fourneau pour pousser la pierre et la faire sortir plus promptement par l'ouverture qui se trouve au bas. À peine était-il descendu qu'un pas énorme de pierres s'écroula et ensevelit le domestique.

Ses cris furent entendus, on accourut à son secours. Malgré la promptitude qui fut déployée dans cette circonstance, lorsqu'on parvint à tirer Marie de là, il était dans l'etat le plus pitoyable qu’on pût imaginer.

Les vêtements et les chairs tombaient en lambeaux. Marie a rendu le dernier soupir un quart d' heure après. Il était âgé de 34 ans, et laisse une veuve presque aveugle et deux enfants en bas âge.  

Décembre 1866   -   Le dentiste.   -   Au marché de Villers-Bocage, mercredi dernier, sur la place publique, dans la voiture d'un dentiste forain, un homme, d'une forte complexion pourtant, s'est évanoui sous l'empreinte de la clef de Garengeot, qui avait juré la perte d'une molaire barrée, a-t-on dit depuis.

La disposition n'a pas eu de suites fâcheuses. L'habitant du Bocage s'est remis dans un des cafés de la localité.  

 

Juillet 1867   -   Un chien errant.   -   Le 20 de ce mois, à 2 heures du soir, un chien errant, qui s'était rué sur plusieurs autres, a été abattu dans le bourg de Villers-Bocage.

Le 21 au matin, M. Letulle, vétérinaire, a fait l'autopsie du cadavre et a reconnu que cet animal était atteint d'hydrophobie. Plusieurs des chiens sur lesquels il s'était rué ont été abattus et des mesures sont prises pour qu'elle le soit tous.

Ce chien avait parcouru les communes d'Épinay et de Tournay-sur-Odon où il avait mordu plusieurs chiens, dans la nuit et les jours précédents. L'autorité municipale, informée par les soins de la gendarmerie, a requis l'abattage de ces animaux. L'on a pu jusqu'à présent découvrir le propriétaire du chien hydrophobe.

 

Septembre 1867   -   La rage.   -   Les habitants ordinairement si paisible des communes de Noyers et Villers-Bocage, n'osent bientôt plus sortir le soir de leurs demeures, sans être armés de toutes pièces.

C'est que ces communes subissent en ce moment le régime de la terreur.... des chiens enragés.

Un chien présumé atteint d'hydrophobie, appartenant au sieur Samson, boucher à Villers-Bocage, a parcouru le 12 courant, la commune de Maisoncelles-Pelvey, où il a  mordu en deux endroits le nommé Bauquais Ernest, domestique. Il s'est également rué sur plusieurs chiens, dont certains ont été abattus. Des mesures vont être prises afin que tous les animaux mordus soient tués.

Un autre chien appartenant au sieur Siméon, boulanger à Noyers, fut atteint d'hydrophobie, dans la journée du 9 courant, il s'était déjà rué sur plusieurs autres chiens, lorsqu'il fut abattu par son maître.

M. Allais, vétérinaire à Évrecy, en fit l'autopsie et reconnut que cet animal était atteint d'hydrophobie.

Quatre des chiens sur lesquels il s'était rué ont été abattus, plusieurs autres sont à l'attache et des mesures ont été prises par l'autorité pour prévenir tout danger.  

 

Juin 1868   -   Un incendie.    -   Mercredi matin, vers les trois heures, un incendie s'est déclaré dans une maison appartenant à M. Daigremont, située au bas du bourg de Villers-Bocage est occupée par le sieur Guilbert, boulanger. On attribue la cause de cet incendie à de la braise mal éteinte qui avait été déposée sur le four. Sans le secours des pompes arrivées en temps opportun pour combattre le feu, on aurait très probablement de grand malheur à déplorer.

M. le maréchal des logis de la gendarmerie avec sa brigade, de concert avec la compagnie des pompiers, organisaient les secours.  

 

Septembre 1868   -   Bureaux télégraphiques.   -   Le bureau télégraphique municipal d'Évrecy a été ouvert le 4 septembre courant. Celui de Villers-Bocage a été ouvert le 8.  

 

Octobre 1868   -   Une disparition annoncée.   -   Voici un détail qui prouve la rareté, pour ne pas dire la prochaine disparition du lièvre en France.

Dans deux des cantons les plus giboyeux de toute la Normandie et des plus favorisés sous le rapport de la production de ce gibier, à Villers-Bocage et à Aunay, les lièvres se vendent de 8 à 10 francs en moyenne. Ilya à peine cinq ans, on ne les payait encore que de 3 à 3 fr. 50.  

Janvier 1869   -   Le marché au beurre.   -   Considérant que le commerce des beurres prend chaque semaine, depuis quelques années, sur la place de Villers-Bocage, un accroissement considérable, et qu'il est nécessaire, dans l'intérêt des marchands aussi bien que des vendeurs, de réglementer les heures pendant lesquelles cette marchandise est mis en vente, le maire de cette localité a décidé que les mercredis, jour du marché hebdomadaire de  Villers-Bocage, de même qu'à l'époque des foires, la vente des beurres commencera à 9 heures du matin depuis le 1er octobre jusqu'au 1er avril, et à 8 heures depuis le 1er avril jusqu'au 1er octobre.

La clôture de la vente aura lieu en tout temps à 11 heures précises du matin.  

 

Février 1870   -   Fait divers.   -  Mercredi matin, le courrier chargé du service des dépêches de Caen à Villers-Bocage a, par suite de l'ouverture de la caisse de sa voilure, répandu tout le contenu de cette caisse sur la route, à environ un demi-kilomètre avant d'arriver dans le bourg de Villers-Bocage. Plusieurs personnes se rendant au marché ont rapporté au bureau des postes les paquets qu'ils ont trouvés, mais celui qui contenait les dépêches de Paris et où il y avait des lettres chargées ne s'y trouvaient pas.

Le coupable est un nommé Alexandre Jeanne, âgé de 22 ans, né à Jurques, garçon boulanger chez M. Hamel, à Villers-Bocage.

Les soupçons planèrent bientôt sur lui, d'autant plus qu'il a été autrefois courrier de la malle-poste, et une perquisition faite dans une grange occupée par le sieur Hamel, amena la découverte du sac contenant les dépêches, à l'exception de celles qui contenaient des valeurs.

On savait que Jeanne était, ce jour-là, à Aunay-sur-Odon. Deux gendarmes partirent immédiatement pour cette localité et ne tardèrent pas à arrêter cet individu. Aux questions qui lui furent posées, il avoua qu'il était l'auteur du vol. Seulement, comme on ne trouva sur lui aucunes valeurs, il restait à savoir ce qu'elles étaient devenues. D'abord, il indiqua un champ contigu à la grange dont il est parlé ci-dessus, mais les recherches qu'on y fit étant restées infructueuses, on se rendit de nouveau auprès du prisonnier, qui désigna un pommier au pied du quel il avait caché les valeurs, puis, à l’exemple de Troppmann, il demanda à être conduit dans ce champ, afin de remettre aux mains des agents de la force publique le trésor qu'il y avait déposé.

Croyant à la sincérité de sa déclaration, deux gendarmes raccompagnèrent jusqu'au lieu désigné par lui. Là, montrant un pommier : « C'est ici que j'ai mis le tout, » dit-il. Mais-on ne trouva encore une fois absolument rien. Il ajouta alors : « C'est que quelqu'un a passé par là et s'en est emparé ». On vit bien aussitôt qu'on était dupe d'un mensonge et que Jeanne ne voudrait pas faire connaître l'endroit de sa cachette. On le réintégra dans la chambre de sûreté.

La nuit porte conseil, dit un proverbe, c'est ce qui arrivé pour ce prisonnier. Le lendemain matin, avant son départ pour Caen, il fit appeler le maréchal des logis, passa des aveux complets. Il dit : « Les billets de banque contenus dans les lettres sont dans la maison de mon frère, à Aunay, conduisez-moi chez lui, et je vais vous les remettre ». On a accédé à sa demande, et en effet, dans cette maison, après avoir descellé une pierre, Jeanne trouva et remit au chef de brigade plus de 9,000. fr. qui y étaient cachés.  

 

Août 1870   -  Mobilisation.   -    La garde mobile du Calvados, formant un effectif de plus de 6,000 hommes, est définitivement constituée, elle comprend quatre bataillons, divisés en huit compagnies chacun.

Le premier bataillon, composé des cantons de Balleroy, Bayeux, Isigny, Ryes, Trévières, Creully, Douvres et Tilly-sur-Seulles, et le quatrième bataillon, composé des cantons de; Caumont, Villers-Bocage, Aunay, Beny-bocage, Condé-sur-Noireau, St-Sever, Vassy et Vire tiennent provisoirement garnison à Caen.

Le deuxième bataillon, composé des cantons de Bourguébus, Caen (Est et Ouest), Evrecy, Troarn, Bretteville-sur-Laize, Falaise, Coulibœuf et Thury-Harcourt, tient garnison Lisieux.

Le troisième bataillon composé des cantons de Lisieux, Livarot, Orbec, Mézidon, St-Pierre-sur-Dives, Blangy, Cambremer, Dozulév  Honfleur et Pont-l'Evêque, tient garnison à Bayeux.  

 

Août 1871   -  Fait divers.   -   Depuis quelque temps, diverses maladies sévissent dans le bourg de Villers-Bocage. De nombreuses victimes ont succombé, entre autres, M. le receveur de l'enregistrement, enlevé en quelques heures. Les médecins de Villers sont d'avis que pour faire disparaître, ou du moins atténuer le fléau, des mesures salubres devraient être prises, entre autres l'enlèvement des lumières qui ne doivent point séjourner dans les cours, l'enlèvement des détritus provenant de l'abatage des bestiaux chez les bouchers, Les établissement insalubre d'excoriateur existe à quelques centaines de mètres du bourg de Villers, sur le bord de la route d'Amayé, M. le doyen de Villers,-Bocage a commencé des prières publiques pour la cessation de l'épidémie.

 

Mars 1872   -  Fait divers.   -  « C'est rien ! c'est une femme qui s’noie ! » répondait l'autre jour une lessivière de Villers-Bocage, à un agent de l'autorité qui lui demandait ce qu'on voyait barboter au milieu du vivier communal.

En effet, c'était la mère Pouledeau, dont la tête, après boire s’était trouvée plus lourde  que le reste de sa personne, qui était allée piquer une tête au fond de l’eau.

je crois que l'infortunée y serait encore, aucune de ses compagnes ne se trouvant assez solide pour aller à son secours, si maître S…..... ne s'était pas trouvé là pour la repêcher.

Et le lendemain, comme les gendarmes faisaient de justes remontrances à mère Pouledeau sur ses habitudes d'intempérance….

— « J'vas vo dire, leur répondit-elle, si j'bais, c’est afin d'noyer mes chagrins….. Seulement, j'ai bieau faire, j'peux pas y parvenir, les gueux savent, mieux nagé qu'mé ?

 

Août 1872   -  Loi sur les boissons.   -  Tout détenteur d'appareils propres à la distillation d'eaux-de-vie ou d'esprits est ténu d'en faire, au bureau de la régie, une déclaration énonçant le nombre et la capacité de ses appareils.

 

Août 1872   -  La fin du monde.   -  On sait que la fin du monde avait été prévue pour le 5 de ce mois, elle n'a pas eu lieu, parce qu'elle a été, paraît-il, remise au 12 août, selon les uns, et selon les autres, au 15 août, fête de l'ex-empereur.

 

Août 1872   -  Fait divers.   -  Le père Jean, dit Vide-Bonteille, de Villers-Bocage, aime fort la goutte, si fort même, que ça lui en a donné une autre... de goutte, et pas du tout agréable.

Le médecin lui défend donc sévèrement l'eau-de-vie…..

Mais quelle n'est pas la surprise de l’homme de l’art de voir l'autre jour sur la table de nuit du père Vide-Bouteille, une bouteille pleine d'eau-de-vie.

    Comment, malheureux, s'écria-t-il, vous n'avez pas perdu votre déplorable habitude....., je vous avais pourtant bien défendu déboire !

    D'bère, oui, docteux mais vo n'm'aviez point d'fendu d'guetter la bouteille !...

 

Décembre 1873   -   Visites du premier janvier.   -  C’est le moment, ou jamais, de s’occuper des cartes qu’il est dans l’usage d’échanger à l’occasion du premier de l’an. C’est seulement à l’époque du 1er  janvier qu’on peut envoyer des cartes par la poste, c’est-à-dire sous enveloppe. Les cartes envoyées sous enveloppe doivent être affranchies à 5 cent, pour le rayon du bureau de distribution, en dehors du bureau de distribution, l’affranchissement est de 10 cent. Les cartes ne doivent porter que le nom, la profession et l’adresse. On peut en mettre deux sous la même enveloppe. Une dame ne peut envoyer sa carte à un homme non marié, une demoiselle, quel que soit son âge, n’envoie jamais de carte.

 

Décembre 1873   -   Démission.   -  M. Féron ne pouvant plus consacrer tous ses instants à l’administration du bourg de Villers-Bocage,. vient de donner sa démission de maire de cette commune.

 

Février 1874   -   Nomination.  -  Par décret, M. Charles-Désiré Lhomme est nommé maire de Villers-Bocage, en remplacement de M. Féron.  

 

Novembre 1874   -   L’hiver.  -  Les astrologues annoncent, comme chaque année du reste, que l'hiver sera des plus rigoureux. 

— La semaine dernière, il est tombé un peu de neige à Paris et dans, quelques-uns des départements voisins. Les oies sauvages et autres passent par bandes se rendant à leurs  quartiers d'hiver.

 

Décembre 1874   -   Recensement.  -  Les maires vont commencer dans toutes les communes le recensement des chevaux, juments et mulets susceptibles d'être utilisés pour les besoins de l'armée. Cette réquisition n'aura jamais lieu que moyennant le paiement d'une indemnité de 900 à 1 600 fr.

 

Décembre 1874   -   La neige.  -  La neige continue à tomber en grande abondance dans différentes régions de la France. Depuis vingt ans, dit le Courrier des Alpes, il n'était pas tombé autant de neige, il y en a deux mètres de haut sur la route de Bourg-Saint-Maurice. Dans la Lozère, la neige encombre les routes. A Angers, la halle s'est écroulée sous le poids de la neige, huit victimes. Au delà de Mézidon et vers Rouen, la neige est tombée la semaine dernière avec abondance.

 

Janvier 1875   -   Accident de chasse.  -  Dimanche, vers 2 heures et demie du soir, un sieur Jacques Martin, âgé de 30 ans, propriétaire à Villers-Bocage, voulut aller à la chasse. A ce moment il tenait son fusil par le canon, l'arme était chargée et armée, les deux coups partirent on ne sait par quelle fatalité et lui enlevèrent entièrement le pouce de la main droite et lui firent une grave blessure à l'épaule.

Juin 1875   -   Accident.  -  Samedi matin, le sieur François Fiant, âgé de 42 ans, garde champêtre à Villers-Bocage, revenait du bois Canet où il s'était rendu pour donner la chasse à un chien errant, qui est depuis environ 15 mois dans ce bois et qui étrangle les moutons parqués dans le voisinage. Fiant portait son fusil à deux coups sur son épaule, en rentrant chez lui, il voulut le retirer, mais la bretelle cassa et le fusil étant tombé sur les chiens, le coup gauche partit, traversant la porte de la maison et blessant sa femme qui était devant, une partie de la charge a porté dans le mollet gauche. La blessure est grave, mais cependant sans danger.

 

Juin 1876   -  Condamnation.  -  Samedi a comparu, devant le tribunal correctionnel de Caen, Jean-Alexis Desaunay, 27 ans, cultivateur au Tourneur, a été condamné à 3 mois de prison et 50 fr. d'amende, pour avoir pris dans une auberge de Villers-Bocage un cochon vendu au sieur Larivière. Ni les prières de son père, ni les instances de son défenseur n'ont pu déterminer Desaunay à faire des aveux qui eussent été d'un très bon effet sur le tribunal.

Desaunay a persisté à dire qu'il avait acheté ce cochon 140 fr. à un marchand étranger, et cependant il n'a pu faire connaître ni son vendeur, ni les personnes en présence desquelles le marché avait été conclu.  

 

Août 1876   -  Remise des prix.  -  Le directeur du pensionnat de Villers-Bocage a, par une lettre circulaire, invité les habitants de Villers a assister à la distribution des élèves du pensionnat pour le 3 du mois courant. Les habitants de Villers désirent savoir quel jour l'instituteur communal décernera les prix aux enfants de la commune, afin de pouvoir assister avec le même empressement à cette solennité.

 

Novembre 1876   -  Nouveau système de moralisation.  -  Depuis quelque temps, on constatait que le nombre de gens trouvés en état d'ivresse dans le bourg de Villers-Bocage allait progressant. Chacun en recherchait en vain la cause, et ils se trompaient ceux-là qui prétendaient que les gens trouvés en état d'ivresse étaient des contribuables qui essayaient de noyer dans leur verre le chagrin qu'ils éprouvaient de voir les sommes fabuleuses dépensées pour le pensionnat des Frères. 

La vérité, la voici, nous l'avons trouvée au fond des pompes de la commune. Depuis plusieurs mois, cinq à six pompes de Villers-Bocage ne fonctionnent plus, les débitants n'ayant plus d'eau sous la main pour mettre dans leurs liquides, les livrent presque purs, et comme la quantité consommée ne diminue pas, il s'ensuit que l'équilibre de Messieurs les consommateurs en est sérieusement compromis.

 

Décembre 1876   -  Plaintes.  -  Les habitants de Villers-Bocage se plaignent de la façon dont les réverbères de la commune sont entretenus : dès 9 heures, paraît-il, beaucoup sont éteints, les autres éclairent fort mal. 

C'est à cette cause que doivent être certainement attribués les échecs subis par l'adjudicataire, lorsque ce citoyen s'est présenté comme aspirant bedeau et garde champêtre. Les autorités civiles et religieuses, trop peu éclairées, n'auront pu voir et apprécier les mérites réels du postulant.  

 

Février 1876   -  A propos de pétards.  -  M. le maire de Villers-Bocage a, par arrêté, défendu à ses administrés de faire de la musique et de tirer des pétards sans son autorisation. 

La semaine dernière, un homme cassait du bois sur la place Richard-Lenoir, et, pour venir à bout des racines, il se servait de mines qui produisaient de fortes détonations. Un fonctionnaire municipal, attiré par le bruit, parlait de dresser procès-verbal, lorsque le casseur de bois lui fit remarquer qu'une mine n'était pas un pétard. Le fonctionnaire s'est mis à réfléchir; puis, après dix minutes de méditation, s'est retiré en disant : « Citoyen, vous avez raison, continuez ».  

 

Janvier 1879   -  La neige et les inondations.  -  Une partie de la France a été pendant plusieurs jours enfouie sous les neiges. Sur beaucoup de points, la circulation a été interrompue.

Dans le Calvados, la ligne de la mer a dû suspendre son service. La neige a atteint dans certains endroits plus de trois mètres de hauteur. Dans un grand nombre de localités, on se plaint que les cantonniers n'aient pas été, dès les premiers jours, envoyés sur les routes pour déblayer. Sur la route de Pont-l'Évêque à Bonnebosq, on nous signale des excavations produites par les eaux, ayant pour cause des puits creusés il y a longtemps pour extraire de la marne ou des moellons, à l'administration des ponts et chaussées de veiller.

Au dire des anciens, il faudrait remonter à cinquante ans pour trouver l'exemple d'une semblable avalanche de neige. Pendant l'hiver 1829-1830, on avait été obligé d'employer des soldats de la garnison de Caen pour tracer des voies sur les routes aboutissant à Caen, les neiges relevées sur les côtés du chemin formaient un talus de 4 à 5 mètres de hauteur. De distance en distance on avait réservé des espaces pour le croisement de deux voitures. C'est le mardi 7 janvier que la neige a commencé à tomber, il y a cent soixante-dix ans, jour pour jour (le 7 janvier 1709), entre 8 et 9 heures du soir, le vent qui était au midi et à la pluie, tourna subitement au nord et à la neige. Le froid fut tellement intense que le pain et l'eau gelaient auprès du feu, les prêtres à l'autel étaient obligés de faire mettre un réchaud plein de feu à côté du calice qui gelait encore, malgré cette précaution.

Le dégel qui s'est produit va amener des inondations, tous nos cours d'eau débordent. Sur les rives de la Loire, la consternation est grande, des villages entiers sont sous l'eau, à Nantes, plusieurs quartiers sont submergés. Les dégâts sont incalculables. L'évêque de Nantes fait un appel à la charité des fidèles en faveur des victimes des inondations. L'une des plus grandes inondations occasionnées en Normandie par les neiges est celle du 2 février 1508. Tous les cours d'eau débordèrent, la Seine s'éleva à trois pieds au-dessus des rives.

 

Janvier 1879   -  Une femme brûlée vive.  -  Jeudi, vers les dix heures du soir, une personne, en traversant l'une des rues de Villers-Bocage, aperçut de la lumière dans la maison qu'habite seule une dame veuve Lair, âgée de 82 ans. A onze heures, la maison était en feu et peu après on retrouvait le cadavre carbonisé de la dame Lair au pied de son lit. On a cru un moment que le feu avait été mis pour cacher un vol d'argent commis au préjudice de la dame Lair, qu'on disait posséder quelques économies, mais l'enquête paraît avoir établi au contraire que le feu a été mis par la veilleuse que la dame Lair laissait près d'elle allumée toutes les nuits. La maison appartient à MM. Hamel et Léger ; perte. 8,000 f., assurée.

Février 1880  -  Vache furieuse.  -  Mercredi de la semaine dernière, au marché de Villers-Bocage, une vache s'est échappée et a descendu le bourg à fond de train, renversant quatre ou cinq personnes, dont trois ont été blessées grièvement. On a eu beaucoup de peine à la maîtriser. Procès-verbal a dû être dresse contre un individu qui avait contribué à la rendre furieuse en la faisant mordre par son chien.  

 

Août 1880  -  Mort accidentelle.  -  Mardi dernier, le nommé Villedieu, âgé de 50 ans, journalier à Villers-Bocage, chargeait une échelle sur une voiture attelée d'un cheval, lorsque cet animal s'est emporté et est parti à fond de train. Villedieu ayant voulu le maîtriser a été entraîné l'espace de trente mètres. La roue de la voiture lui est passée sur le corps, relevé et transporté à son domicile, il y est mort une heure après.  

 

Octobre 1880  -  Inondation.  -  Qu'a donc fait notre pauvre France ? Toutes les calamités semblent accumulées sur elle. Presque toute;notre région est sous l'eau, plus loin, nos lecteurs trouveront les désastreux détails de cette crue que nous n'avions pas vue aussi forte depuis vingt ans. L'été a été déplorable. Il n'y a pas de pommes, les récoltes ont été  faites dans les conditions déplorables, et si le temps continue, on se demande comment on arrivera à faire, le blé. Les pluies qui ont tombé pendant toute la semaine dernière ont considérablement grossi les cours d'eau de notre département. 

Dans la nuit de vendredi, il est tombé de la neige dans la Manche et du côté de Trouville. Il en est tombé également dans plusieurs communes des environs d'Honfleur. Il en a été de même à Villers-Bocage et à Falaise. Voilà qui n'est pas de nature à confirmer les pronostics de ceux qui annonçaient un hiver très doux.

 

Décembre 1880  -  Outrages.  -  Procès-verbal a été dressé contre le nommé Sébastien Anne, dit Quentin, marchand grainetier à Villers-Bocage, inculpé d'injures envers M. Buguet, adjudant au 5e de ligne.  

 

Février 1885  -  Tempêtes.  Une tempête s'est fait sentir dans notre région. Dimanche dernier dans l’après-midi, vers 3 heures, une légère secousse, attribuée à un petit tremblement de terre, s'est fait sentir à Caen. L'oscillation n'a duré que deux ou trois secondes. Elle a été précédée d'un bruit assez semblable à celui que ferait une voiture lourdement chargée passant sur le pavé.

A Balleroy et à Vaubabon, des secousses ont été également ressenties. A Littry, un sieur L..., demeurant sur le bord de la route de Balleroy, près la gare, a été secoué d'une façon telle qu'il a perdu l'équilibre et est tombé sur le plancher.

Dimanche aussi, entre 4 heures 1/2 et 5 heures, et à 10 minutes d'intervalle, deux secousses de tremblement de terre ont été ressenties à Villers-Bocage. Un bruit souterrain, ressemblant à celui que produirait une charrette pesamment chargée et lancée au galop dans la rue, a été facilement perçu en même temps que les piles d'assiettes, et les fenêtres étaient ébranlées.

Dans la nuit, la maison du sieur Charles Alexandre Lepetit, journalier à Mesnil-Auzouf, s'est effondrée sous la violence du vent. Le sieur Lepetit, fort heureusement, n'était pas chez lui.

 

Novembre 1886  -  Un tir.  -  Dimanche 14 et 21 novembre, tir du 23e  régiment territorial au fusil de guerre, gratuit pour les hommes des classes 1872,1873,1871,1875 et 1876, domiciliés dans les cantons de Tilly-sur-Seulles et Villers-Bocage, 23 prix seront décerné. — Voir les affiches.  

 

Février 1887  -  Les voleurs de vaches.  -  Depuis quelque temps il se rencontre assez souvent, au marché de Villers-Bocage, des vaches volées, il y a huit jours une vache fut reconnue par son propriétaire et le voleur fut arrêté, il paraît que mercredi dernier un autre malfaiteur aurait amené, à ce même marché, trois vaches également volées. Grand émoi jeudi dans le bourg d'Aunay-sur-Odon. Un audacieux voleur avait dû s'introduire jusque dans la cour de la dame Voivenel, au centre du bourg, et lui enlever sa vache. Naturellement, une plainte fut portée à la gendarmerie qui allait se mettre en campagne, lorsque la vache disparue a été retrouvée sur la route de Beauquay. Cette vache s'est-elle échappée elle-même de son étable, ou a-t-elle été enlevée par un hardi voleur qui, ayant rencontré quelqu'un sur son chemin, l'aura lâchée dans la crainte de se faire arrêter ? On ne sait.

Juin 1887  -  Les fortes chaleurs.  -  Les fortes chaleurs que nous subissons ne sont rien auprès de celles que nos pères eurent à supporter. Ainsi, en 1803, la Normandie vit s'écouler une période de quatre-vingt-quinze jours sans pluie. En 1811, année de la fameuse comète, les rivières tarirent dans plusieurs départements. En 1844, nouvelles chaleurs, le thermomètre resta stationnaire entre 50 et 60 degrés. Dans quelques départements, les bestiaux périrent faute d'eau. En 1859, 1860, 1869 et 1874, le thermomètre monta à 38 degrés. L'année dernière, il y eut 20 degrés au mois d'octobre, température exceptionnelle pour la saison.

 

Juin 1887  -  Moutons dévorés par des chiens.  -  Pendant la nuit, une douzaine de moutons et agneaux, appartenant aux sieurs Jean Richer, de Villy-Bocage, et Grelley, de Villers-Bocage, ont été étranglés et en partie dévorés par des chiens errants du pays.  

 

Janvier 1888  -  Le froid.  -  La température glaciale que nous avons eue la semaine dernière n'est rien en comparaison du froid qui fait en Autriche. Durant huit jours, le thermomètre n'a pas dépassé 30 degrés au-dessous de zéro. Soixante personnes sont mortes de froid aux environs d'Agram. 

— En Amérique, il y a eu des tempêtes de neige. Le chiffre des morts atteint 200. Un grand nombre de personnes ont eu des membres gelés. Beaucoup de malheureux, aveuglés par la neige, se sont laissé mourir à deux pas d'abris où ils auraient été sauvés. Des bandes entières d'enfants ont péri en revenant de l'école. Les pertes en bétail sont considérables.

 

Janvier 1888  -  Enfant étouffé.  -  Le nommé Paris et la fille Joséphine Lottin, 23 ans, habitent en commun, à Villers-Bocage. Tous les deux ne sont d'accord que quand il s'agit de lever le coude. Le 30 novembre, un enfant de deux mois, né de cet assemblage, était trouvé mort. Un médecin du pays donna un certificat de complaisance déclarant que l'enfant était mort du croup, la rumeur publique disait tout haut que le pauvre petit avait été étranglé, la fille Lottin protesta et déclara qu'étant ivre elle s'était, sans s'en apercevoir sans doute, assise sur son enfant et l'avait étouffé. C'est l'hypothèse retenue par le parquet, car il n'a poursuivi cette fille que pour homicide par imprudence et l'a fait condamner à quinze jours de prison. 

 

Septembre 1888  -  L’accident de Villers-Bocage.  -  Dimanche, Ernest Queudeville, 21 ans, et Henri Sevestre, 14 ans, tous deux domestiques à Villers-Bocage, s'amusaient avec un fusil chargé. Soudain une détonation se fit entendre et un cri de douleur fut poussé. C'était le jeune Sevestre qui venait de tomber, mortellement atteint par un coup de feu. 

Queudeville déclare que c'est en faisant jouer le chien que l'accident a eu lieu. Le juge de paix ayant des doutes sur l'exactitude de ce récit, a maintenu à vue Queudeville jusqu'à l'arrivée du parquet, qui a fait procédé à une enquête. 

Elle a démontré que la malveillance est étrangère à cet accident. Des poules ayant disparu dernièrement, M. Gresley, le propriétaire, avait remis lui -même le fusil à son domestique.

 

Mars 1890  -  Plus de peur que de mal.  -  Le sieur Lechevallier, ancien marchand de vins et eaux-de-vie à Caen, aujourd'hui établi à Villers-Bocage, allait se mettre au lit, lorsqu'un projectile a été jeté, du dehors, dans la chambre. Aux cris du sieur Lechevallier et de la personne qui se trouvait avec lui en ce moment. les voisins sont accourus. On a cru d'abord à un coup de revolver, mais il est établi que c'est un gros caillou qui à été lancé par une main inconnue. Plainte a été portée. 

 

Mai 1890  -  Malades contagieux.  -  Les enfants atteints de la variole, de la scarlatine et de la diphtérie ne devront rentrer à l'école qu'après 40 jours, pour la varicelle, la rougeole, et les oreillons, 20 jours après. Quant aux enfants atteints de coqueluche, maladie dont la durée et variable, ils ne pourront être admis de nouveau dans les écoles qu'en présentant un certificat du médecin.

 

Mai 1890  -  Pas de restitution, pas d’absolution.  -  Dans uns petite commune du canton de Villers-Bocage, un saint homme du lieu, fait pour le compte de l'église, une perception dont le montant est déposé dans un tiroir de la sacristie. Avant Pâques, le contenu du tiroir disparut. Notre saint homme jura, par saint Pancrace, son patron, qu'il était innocent. Le curé ne dit mot. Pâques arrive et notre homme se présente au confessionnal. Le curé ne veut pas lui donner l'absolution sans restitution. Notre homme frémit de la peur de l'enfer, et un beau matin le bienheureux tiroir se trouve rempli par l'opération du Saint-Esprit. Le lendemain, le saint homme faisait, ses Pâques.  

 

Décembre 1890  -  Un maquignon pincé.  -   Le tribunal correctionnel de Caen a rendu, la semaine dernière, un jugement que certains maquignons feront, bien de méditer. M. Cosnard-Desclozets, propriétaire à Bretteville-sur-Odon, avait acheté à la foire de Villers un cheval que le vendeur, Alexandre Potel, 50 ans, journalier à Saint-Martin-des-Besaces, lui déclara être « sain et garanti de tous vices ». 

M. Cosnard ne tarda pas à constater que l'animal était rétif et qu'il était impossible de songer à l'atteler. Le vendeur le savait, mais il avait, à la foire de Villers, « adouci » momentanément le caractère du cheval à l'aide d'un breuvage. Toutefois, quand l'acquéreur peu satisfait, on le conçoit, s'adressa à Potel, celui-ci, avec un certain cynisme, lui répondit « qu'à la rigueur il consentirait peut-être à reprendre la bête, mais jamais à rendre l'argent qu'il n'avait plus ». 

Plainte en escroquerie ayant été portée, Potel s'est vu condamner à quatre mois de prison.  (Source B.N.)

 

Juin 1891  -  Arrestation.  -   Mercredi 24 juin, jour du marché, la veuve Gauquelin, journalière à Évrecy, a essayé de vendre une vache et n'a pu expliquer la provenance ; elle a été prise sur le fait et arrêté.  (Source B.N.)

 

Août 1891  -  Conseil de guerre.  -  Léon Lecorsu, soldat au 5e d'infanterie, prévenu d'avoir, étant ivre, à Villers-Bocage, frappé deux femmes audit lieu et outragé par paroles et menaces un gendarme, a été condamné à 6 jours de prison pour ivresse et à 2 mois pour les autres faits. 

— Pierre Lesueur, soldat au 159e, prévenu d'avoir, à Lisieux, frappé un caporal en dehors du service, a été condamné à 5 ans de travaux publics.  (Source B.N.)

 

Octobre 1891  -  Dissolution d’un Conseil municipal.  -  Par décret, le conseil municipal de Villers-Bocage est dissous.   (Source B.N.)

 

Avril 1892  -  Distinction.  -  Nous apprenons, que M. T. Chonnaux-Dubisson, médecin de l'hôpital de Villers-Bocage, a reçu du président des États-Unis du Venezuela la croix d'officier de l'ordre du Libérateur. Par décret, la grande chancellerie de la Légion d'honneur l'autorise à accepter et à porter cette décoration. (Source B.N.)  

 

Juin 1892  -  Mort accidentelle.  -  Le sieur Barguet fils, accompagné de son père, revenait de Villers-Bocage avec une voiture chargée d'ardoises, lorsqu'en entrant dans la cour de la ferme il se trouva pris entre un des brancards de la voiture et le poteau de la barrière, et fut si gravement atteint qu'il a succombé à la suite d'atroces souffrances. Barguet était âgé de 33 ans.   (Source B.N.)   

 

Août 1892  -  Orages et foudre.  -  Un orage épouvantable s'est abattu sur la France vendredi et samedi. Après avoir fait de très sérieux dégâts dans la Manche, le fléau a atteint le Calvados et s'est étendu sur presque toute la France en faisant des victimes et en occasionnant des pertes immenses. A Caen et dans l'arrondissement, rien de grave heureusement. 

A Villers-Bocage cependant, deux vaches appartenant au sieur Delaunay ont été foudroyées dans un herbage où elles étaient à pâturer.

A Authie, la foudre a tué un cheval dans un herbage. A Bayeux, elle est tombée dans les herbages de M. Langlois, boulevard de la Gare. A Bellefontaine, elle est tombée sur la maison inhabitée appartenant à Mme Duperron et connue sous le nom de « Maison hantée, ou « Maison du Diable ». Elle a démoli un tuyau de cheminée et fait deux brèches assez larges à la toiture. 

A Sully, dans un herbage, une vache appartenant à M. Jacques Lefèvre, de Ranchy, a été tuée. 

A Ver, la foudre est tombée chez le sieur Ponty, menuisier, mais n'a fait que des dégâts insignifiants. Personne n'a été attrapé sauf un ouvrier qui s'est plaint d'avoir reçu une commotion dans les reins. : A Crépon, la foudre est tombée sur un veau qu’elle à tué et sur une maison dont elle a abattu la cheminée. 

A Vire, l'orage a été d'une violence inouïe. La foudre a tué deux personnes sur le champ de foire. Ce sont les sieurs Sourdeval fils, 20 ans, à Saint-Martin-de-Tallevende, et Lechevalier, 50 ans, cultivateur, demeurant à Pleines-Oeuvres, qui s'étaient retirés sous les marronniers. Une femme qui se trouvait près d'eux est tombée sans faire le moindre mouvement, et a été portée à l'hospice. Elle n'est pas morte, et la paralysie des jambes qu'on a crainte ne se produira pas. Elle sera quitte pour la peur. Plusieurs bestiaux ont été foudroyés à Roullours, la foudre, a incendié la ferme du sieur Briard. Les pertes sont importantes, assuré. La foudre est tombée également à Neuville, à St-Germain-de-Tallevende, à St-Martin-de-Chaulieu où elle a tué des bestiaux. A Pont-Erembourg, elle a mis le feu à la filature Baron-Langlois, mais l'incendie a été rapidement éteint. Elle est tombée également dans un champ où elle a brûlé des gerbes de seigle. 

A Saint-Pierre-sur-Dives, la foudre est tombée par deux fois sur l'église, où elle a fait des dégâts considérables, découvrant une partie de la tour du milieu, crevassant les murs en nombreux endroits et endommageant la charpente et faisant de grands dégâts dans l'intérieur de l'église. MM. Lechoisne et Lecerf étaient montés sur la grosse tour, comme ils en descendaient, Un coup de tonnerre les renversa. M. Lechoisne se releva avec un bras endolori, M. Lecerf fut quelque temps avant de reprendre connaissance. Il n'a eu d'ailleurs aucun mal. Une religieuse qui priait a été renversée sans avoir aucun mal. La foudre est tombée également sur l'école des garçons et plusieurs habitations. Dans les environs, il y a eu des gerbes de blé de brûlées, sur la route de Crèvecœur, les poteaux du téléphone de M. Lepetit ainsi que plusieurs peupliers ont été atteints et teillés. A Victot-Pontfol, le tonnerre est tombé sur une jument, que M. Marie venait de dételer, elle a été tuée net. 

A Méry-Corbon, M. Semaison, l'éleveur bien connu, a eu un cheval de course, d'une très grande valeur, tué par la foudre dans un herbage. 

A Coulibœuf, la foudre est tombée sur un poteau près de la gare et a interrompu les communications télégraphiques avec Falaise. 

A Urville, la foudre est tombée sur le calvaire en contournant le fût de la croix, elle a détaché le Christ qui, est resté suspendu par un bras. Même commune, trois bestiaux ont été tués dans l'herbage de M. Macé.

Les campagnes sont dévastées et les récoltes entièrement perdues.   (Source B.N.)   

 

Juillet 1892  -  Triple chute.  -  M. Malherbe, marchand d'antiquités à Bayeux, s'était rendu dimanche en voiture à Villers-Bocage pour assister à une vente. En revenant avec deux amis, son cheval s'est emporté, et les voyageurs ont été précipités sur le sol. M. Malherbe a plusieurs doigts de la main écrasés, il a été traîné sur une longueur de près de 300 mètres.  (Source B.N.)  

 

Août 1892  -  Chaleurs et orages.  -  A la suite des chaleurs tropicales que nous avons ressenties, de nouveaux orages se sont déchaînés sur le Calvados.

 - A Banville la foudre à mis le feu dans un bâtiment appartenant au sieur Doudeville. Pertes, 3 000 fr.

 - Incendie dû également à la foudre à la Ferrière-Hareng, dans un bâtiment exploité par le sieur Achille Groult, pertes considérables.

 - Un cheval, appartenant au, docteur Dietz, médecin à Villers-Bocage, a été tué dans un herbage.

 - A Osmanville, près Isigny, un veau a été tué chez le sieur Albert Lebouvier.

 - Un âne, appartenant à M. Achille. Lebouvier, cultivateur à Vouilly, a été foudroyé.

 - On annonce aussi qu'à Longueville, deux vaches ont été broyées par la foudre.

 - Dans les monts de Vaudry, près de la chapelle Saint-Roch, elle a enfoncé en terre une barre de fer qui se trouvait sur le sol.

 - A Bény-sur-Mer, la foudre est tombée sur la maison du sieur Jules Lacouve et l'a endommagée.

 - A Préaux, près Rouen, deux hommes ont été tués par la foudre.

De nouveaux orages sont à craindre. Partout la chaleur a été excessive et la sécheresse compromet beaucoup les récoltes.

Par suite de ces chaleurs, quelques cas de diarrhée cholériforme se sont déclarés à Rouen, à la caserne des chasseurs à cheval. 120 fièvres typhoïdes sont en traitement dans les hôpitaux.

Beaucoup de bestiaux sont morts, dans les wagons. A Paris, 120 porcs ont été retirés gonflés et pourris d'un wagon où ils étaient restés 12 heures. (Source B.N.)  

 

Septembre 1893  -  Explosion.  -  Dimanche, avait lieu le concours agricole de Villers-Bocage. Le soir, au moment où l'on se rendait au banquet, une forte détonation s'est fait entendre dans la grande rue du bourg. Une lampe avait communiqué le feu à des pièces d'artifice et fait éclater des bombes chez M. Roussel, quincaillier-arquebusier. Après un moment de panique, des secours ont été apportés et en une demi-heure on a été maître de ce commencement d'incendie. La devanture du magasin a été en partie brisée. Dégâts considérables.  (Source B.N.)  

 

Novembre 1893  -  Vol d’un reliquaire.  -   L'autre nuit, des voleurs sont entrés dans l'église de Villers-Bocage en fracturant l'a porte de la sacristie. Ils se sont empires d'un reliquaire contenant des reliques de saint Martin, patron de la paroisse. Ce reliquaire était enfermé dans une armoire avec des vases sacrés, mais ils n'ont pas touché à ces derniers. (Source B.N.)  

 

Mars 1894  -  Mort accidentelle.  -  Dimanche, le cadavre de Jean-Baptiste Paysan, 57 ans, maréchal à Torteval, a été trouvé dans un fossé du chemin vicinal de Bayeux à Villers-Bocage, hameau de la Diligence. Cette mort est attribuée à un accident. (Source B.N.)  

 

Juillet 1894  -  Déserteur récalcitrant.   -  Le nommé Pierre Ouellet, natif du canton de Villers-Bocage,à la suites de condamnations pour vols, avait été envoyé au 3e bataillon d'Afrique. il y a sept ans, il vint en permission en France, puis disparut. On l’avait en vain recherché de tout côtés. Ouellet, qui avait pris un faux nom, était signalé, il y a quelques jours, comme devant habiter Amiens, et c'est dans un champ où il fauchait que trois gendarmes le mirent en état d'arrestation. Ouellet, qui est bâti en hercule, opposa une résistance désespérée, et les gendarmes furent obligés de le ficelé pour le transporter devant l'autorité militaire. (Source B.N.)

 

Septembre 1894  -  Gendarmes dérangés pour rien.   -  Dans une petite commune du canton de Villers-Bocage, il y avait une pauvre vieille malade, dans la plus dégoûtante misère. Les voisins, fatigués de la soigner, firent prévenir le maire. Ce fut madame qui vint et dit qu'il était impossible que la commune se chargeât de faire soigner cette femme, car « ça augmenterait trop le budget ».

On lui répliqua qu'elle mériterait qu'on portât la pauvre vieille, morte depuis, à la porte du maire. La dame, considérant cette réponse comme une injure à une mairesse dans l'exercice de ses fonctions, fit prévenir les gendarmes. Ils sont venus et ont fait une enquête qui n'a pas abouti, naturellement.

Eh bien ! si les mairesses se mêlent de mettre en branle les gendarmes pour leurs petites histoires personnelles, faudra tripler les brigades. (source B. N.)

 

Septembre 1894  -  Trop de vacances.   -  Pour l'année scolaire 1893-1894, on arrive, dans les lycées et collèges, au total inouï de 201 jours de congé contre 164 de travail. (source B. N.)

 

Septembre 1894  -  Le vélo.   -  L'Académie a parlé. Tout compte fait, sauf de très rares exceptions, hommes et femmes peuvent, sans danger pour leur santé, monter en vélocipède, cet exercice n'est interdit qu'aux personnes atteintes d'une maladie de cœur. (source B. N.)

 

Décembre 1894  -  Le froid.   -  Il fait un froid glacial depuis quelques jours. Le temps est à la neige. A Paris, il en est tombé et le froid a déjà fait des victimes. (source B. N.)

 

Décembre 1894  -  Chevaux et mulets.   -  Les propriétaires de chevaux, juments, mulsts et mules devront se présenter a la mairie de leur commune avant le 1" janvier pour faire la déclaration des animaux qui sont en leur possession, sans aucune distinction, et en indiquer l'âge et le signalement. Il leur sera donné récépissé de cette déclaration. La loi punit d'une amende de 25 fr. à 1,000 fr. le défaut de déclaration. (source B. N.)

 

Décembre 1894  -  Voleuse de vaches pincée.   -  Dans la journée du 28 novembre, la femme Théophile Larue, 42 ans, descendait à l'hôtel des Trois-Rois, à Villers-Bocage. Dans la nuit, elle partait à la sourdine en emportant une corde et s'en fut sur la route en quête d'une bête à voler. Après avoir bien cherché, elle finit par s'introduire dans l'herbage de M. Gresley et y trouva une vache qu'elle amena sur le marché de Villers. Mais la bête portait une marque spéciale à M. Gresley, bien connue de M. Lebrun, boucher à Villers, qui s'empressa de prévenir les gendarmes. La femme Larue fut arrêtée et la vache rendue. La voleuse a été condamnée à un an et un jour de prison. (source B. N.)  

 

Février 1895  -  Avis.   -  L'affaire Pierre Daigremont, ancien garde champêtre à Villers-Bocage, cité à la requête du ministère public, pour diffamation et injures envers M. Huet, maire de Villers-Bocage, a été rayée, par suite de la loi d'amnistie. (source B. N.)

 

Février 1895  -  Neige et froid.   -  L'hiver que nous traversons menace d'être un des plus longs que nous ayons eu depuis longtemps. Il est de nouveau tombé de la neige dimanche la nuit, et le froid continue. Les routes et les chemins sont impraticables. On s'étonne de l'inaction des administrations que cela concerne. Les bras inoccupés sont nombreux dans nos campagnes et en leur faisant appel on pourrait rétablir la circulation sur beaucoup de points, au besoin, on pourrait avoir recours aux prestataires. Si cet affreux temps continue, les navires ne pourront plus arriver à Caen. L'Orne est prise et le paquebot La « Dives » est resté huit jours retenu par les glaces près de Longueval. Il n'a été dégagé que mercredi matin. Quant au canal, les glaçons l'encombrent. Cette situation est d'ailleurs générale. La Seine est prise à Paris et à Rouen. (source B. N.)

 

Décembre 1895  -  Grave accident.  -  Le nommé Deslandes, 67 ans, cultivateur à Maisoncelles-Pelvey, descendait la rue principale de Villers-Bocage. Étant légèrement sourd, il n'entendit pas venir une voiture qui lui passa sur le corps. Quand on le releva, on constata qu'il avait une luxation à l'épaule gauche, une double fracture des quatrième et cinquième côtes gauches et une plaie à la joue. Le conducteur de la voiture, le nommé Richard, cultivateur à Foulognes, partit sans prendre aucune nouvelle du blessé et sans même lui porter secours. Procès-verbal a été dressé.  

 

Février 1896  -  Dévalisé.  -  Mercredi, au marché de Villers-Bocage, un individu qui venait de vendre une vache en avait mis le montant, 400 fr. environ, dans sa poche. Il vint à l'hôtel pour déjeuner, et quand il fut sur le point de payer sa note, il ne trouva plus d'argent. On lui avait coupé sa poche et pris le contenu. (source B. N.)  

 

Février 1896  -  Blessures par imprudence.  -  Le tribunal correctionnel de Caen a condamné à 80 fr. d'amende le nommé Pierre Mariette, cultivateur à Trungy, pour blessures par imprudence occasionnées dans les circonstances suivantes : le 27 novembre dernier, il traversait en voiture le marché de Villers-Bocage, il allait au trot malgré la foule, aussi il atteignit un vieillard presque sourd qui ne put se ranger à temps et une des roues passa sur le corps du malheureux, qui eut l'épaule démise et deux côtes fracturées. Mariette descendit alors de voiture, mais se contenta de regarder la victime, en disant : « Oh ! il n'a rien, ce n'est pas grave », puis il repartit aussitôt. (source B. N.)

 

Février 1896  -  Respect au règlement .  -  Plusieurs personnes ont été bousculées cette semaine dans les rues de Caen, par des bicyclistes qui n'avaient pas la sonnette réglementaire. Espérons qu'on fera désormais observer le règlement qui les oblige à l'avoir. (source B. N.)  

 

Février 1896  -  Volailles empoisonnées.  -  Le 25 février, la femme Goubin, 33 ans, ménagère à Villers-Bocage, s'aperçut que deux de ses volailles étaient malades. Elle consulta un vétérinaire, qui déclara que les volailles étaient empoisonnées avec de la bouillie de sarrasin salée. La femme Goubin a porté plainte, en accusant de ces empoisonnements des personnes du pays. (source B. N.)

 

Novembre 1909  -  Un ex-agent de police incendiaire.  -  Vers quatre heures du matin, l'autre nuit, un violent incendie éclatait dans une maison inoccupée de Villers-Bocage,  appartenant à une demoiselle Marie Geffroy, domestique. Tout le mobilier, linge et objets divers, a été brûlé, et les pertes, heureusement assurées, ont dépassé 4 000 francs. 

Un nommé René Vidril, 39 ans, qui a été agent de police à Caen, ayant vendu, ces jours-ci, des effets et du linge que la demoiselle Geffroy a reconnus comme siens. Vidril, qui était dernièrement garçon épicier à Villers, a été arrêté à Vire. On l'accuse d'avoir mis feu à la maison après l'avoir pillée.  (Source B.N.)

 

Mars 1912  -  Un incident au bureau de Poste.  -  La receveuse du bureau des Postes de Villers-Bocage a porté plainte contre un propriétaire de Missy, qui s'était présenté l'autre soir au guichet pour se faire délivrer un mandat poste : cet homme remettant une somme insuffisante, la jeune employée le lui fit remarquer, mais alors il injuria et, comme la receveuse intervenait, il la reçut fort mal et se mit à la tutoyer, impatientée, la receveuse gifla l'homme et porta plainte contre lui à la gendarmerie. Cet habitant de Missy a bonne  réputation; il ne s'enivre pas souvent mais, quand par hasard ce malheur lui arrive, il se livre à toutes sortes d'extravagances, et tel était son cas ce jour-là.

 

Mars 1912  -  Un dangereux pochard.  -  L'autre nuit,  les gendarme de Villers-Bocage entendaient le bruit d'une violente dispute sur la place de la liberté; ils s'y rendirent aussitôt et se trouvèrent en  présence d'ivrognes qui se querellaient. Ils voulurent s'interposer mais l'un des combattants, le nommé Léon Noël, âgé de 38 ans, journalier à Villers-Bocage,  frappa d'un terrible coup de poing en pleine figure le gendarme Bouchier et comme le maréchal des logis Mottet intervenait pour défendre son camarade, il se jeta sur lui et le  renversa. On dut faire appel à l'aide d'un passant pour conduire au violon l'ivrogne qui opposait une résistance acharnée. Le lendemain Noël était transféré à la prison de Caen. Il a déjà subi deux condamnations pour vol.

 

Février 1914  -  Contre l'hygiène. -  Un de ces derniers soir, vers 9 heures 40, les époux Parvule Victor vidaient leur seau hygiénique sur la voie publique et le lavaient ensuite à la  pompe communale ; malgré leurs protestations, il leur fut établi que le seau contenait autre chose que du liquide. Comme il y a plusieurs fois que ce fait se produit, ils se sont vu dresser procès-verbal.

 

Mars 1914  -  La Mi-carême.  -  A l'occasion de la Mi-carême, la fanfare municipale de Villers-Bocage offrira à ses membres honoraires et aux enfants travestis un bal costumé et  masqué, le jeudi 19 mars, à 8 h. du soir, dans la Salle des Fêtes de l'Hôtel de Ville.

 

Juillet 1915  -  Un soldat tombe et se tue.  -  Venu en permission de fenaison, Albert Leligeois, du 23e territorial travaillait chez M. Martin, cultivateur à Villers-Bocage à réparer une toiture en chaume. Le soldat poursuivait sa besogne debout au sommet d'une échelle, quand soudain il tomba et vint s'abîmer sur le sol : on le releva grièvement blessé et le crâne fracturé. Il expira en arrivant à son domicile ou en le transportait.

 

Mai 1916  -  Un incident au marché.  -  Mercredi dernier, au marché, s'est passé  un incident scandaleux qui nous est relaté par plusieurs lettres de lecteurs que nous bornons à résumer. Le marché commençait : le cours des oeufs se fixait à 1 fr 25, 1 fr. 30 la douzaine, lorsqu'une femme passant rapidement de place en place, déclarait aux vendeurs prendre toutes leurs marchandises à 1 fr 40 la douzaine. Des ménagères, qui s'étaient aperçues du manège signalèrent le fait aux autorités  qui se refusèrent à intervenir, disant que " cela  ne l'ai regardait pas ... " et l'accapareuse put poursuivre ses achats en masse le plus  tranquillement du monde. Les acheteuses indisposées par l'inertie des autorités, se décidèrent  à s'y opposer et elles firent quelque tapage autour de celle qui provoquait sans raison la hausse du cours. Celle -ci, hôtelière à Lisieux, répondit : " je n'ai pas fait le voyage pour rien ! Je paye les oeufs le prix que je veux ! ". Les habitants de Villers-Bocage ne sont pas de cet avis ...  et peut-être n'ont-ils pas tort. IL est peut-être fâcheux que le autorité  compétente, qui certainement partage au fond leur manière de voir, n'ait pas le courage insuffisant pour faire respecter ses propres décisions et laisse par une faiblesse et une  coupable insouciance, les accapareurs opérer leur nuisible et honteux négoce.

 

Septembre 1916  -  Noyade accidentelle.  -  On a découvert dans une citerne où s'écoulent les eaux sales de l'abattoir, le cadavre de la veuve Feuillet, 62 ans, domestique chez M. Loiseleur, boucher à Villers-Bocage. Elle avait lavé, toute l'après-midi, près de cette citerne, et on croit à un accident.

 

Juin 1923  -  Inauguration du monument.   -  L’inauguration du monument de Villers-Bocage érigé à la mémoire des Enfants de Villers-Bocage, aura lieu demain dimanche 17 juin, sous la présidence de  M. le Préfet du Calvados, en présence de MM. les sénateurs et putés, de M. le général Maison, commandant la subdivision de la 3e région.

 A 9 heures, à l'Hospice, distribution de bons alimentaires aux indigents; à 9 h. 30, à l'Hôtel de Ville, réunion des membres du conseil municipal, des anciens mobilisés, des fonctionnaires, de la compagnie des Sapeurs Pompiers et de la Fanfare municipale ; A 10 heures, réception des autorités civiles et militaires; à 10 h. 15. A l'église paroissiale, messe solennelle pour les enfants de Villers-Bocage morts pour la France. Allocution de M. le chanoine Balley, curé doyen de Saint-Jean à Caen à midi, sous les halles, grand banquet offert aux anciens mobilisés de la commune et aux invités ; à trois heures, bénédiction du monument par le chanoine Resnier, curé doyen de Villers-Bocage.

 

Août 1924  -  Le goudronnage des routes.  -  L'Administration des Ponts et Chaussées procède, en ce moment, à des travaux de goudronnage de nos routes les plus fréquentées. Automobilistes et cyclistes protestent avec raison contre le zèle de cette Administration qui aurait pu choisir une époque plus favorable que celle de la saison balnéaire. En effet par suite de ces travaux, la circulation est rendue très difficile sur un grand nombre de voies. 

Comme la plupart du temps aucun écriteau ne signale la présence des goudronneurs, des accidents peuvent se produire. Un cycliste qui se rendait ces jours derniers à Villers-Bocage, a été victime de fait de ces accidents. Il a porté plainte contre les Ponts et Chaussées et la gendarmerie a ouvert une enquête.

 

Septembre 1924  -  Une agression à Villers-Bocage.  -  Mme Marie Lecoquet, journalière, demeurant à Mont-en-Bessin, s'était rendu ces jours dernière à Villers-Bocage. Lorsqu'elle quitta celle localité vers 8 heures du soir, pour rentrer chez elle, un individu la rejoignit sur la route, s'offrit à l'accompagner. Mme Lecoquet, après avoir remercié l'obligeant personnage, chercha à le devancer. Elle fut suivie par l'importun qu'elle rencontra de nouveau à la hauteur du boulevard de Villers-Bocage.

 - Je fais le même trajet, que vous, lui dit-il. N'ayez pas peur de moi, ma maison est tout près d'ici.
Quelques instants après, la journalière était brusquement assaillie et terrassée.
 - C'est ton argent que je veux, s'écria l'agresseur, qui réussit à s'emparer du porte-monnaie de Mme Lecoquet. Ayant proféré des menace contre sa victime, si elle essayait de le dénoncer, l'inconnu prit la  fuite.
La journalière se rendit la gendarmerie qui procéda aussitôt à une enquête. L'auteur de cet exploit fut bientôt retrouvé. C'était un Le Gigan, manœuvre, demeurant rue Saint-Martin, à Villers-Bocage. Reconnu par Mme Lecoquet, il protesta contre l'accusation dont il était l'objet, mais au cours d'une perquisition, les gendarmes découvrirent sous sa paillasse le porte-monnaie contenant la somme de 147 francs.

Le Gigan menaça de son couteau les représentants de l'autorité et leur opposa une énergique résistance. Il a été incarcéré après interrogatoire.

 

Novembre 1925  -  Tragique scène de famille.  -  Ces jours derniers, M. Louis Colette, 22 ans, domestique chez M. Duboscq, maire Villers-Bocage, était allé voir sa mère, mariée en secondes noces à un journalier de la même commune, Alexandre Albert. Ce dernier était légèrement pris de boisson. Une discussion s'étant élevée entre les époux. Alexandre gifla sa femme dont le fils prit la défense.

Les deux hommes en vinrent aux mains et échangent quelques coups et le mari brutal pour montrer qu'il était le maître chez lui, expulsa Colette. En sortant, celui-ci renversa une table de cuisine. Furieux, le beau-père, saisissant son fusil, se mit à la poursuite du jeune domestique.
Interrogé par la gendarmerie, l'irascible journalier se défendit, affirma qu'il avait tiré en l'air. Ses dire sont formellement démentis par les témoins.

 

Novembre 1925  -  Grave accident en gare.  -  Il y a quelques jours, M. René Grelley, 22 ans, se rendait accompagné de l'un de ses domestiques, Charles Dubourg, à la station du chemin de fer pour prendre livraison de trois vaches qui devaient arriver par un train omnibus de Caen passant en gare à 18 h. 30.

Les deux jeunes gens ayant aperçu le fourgon attendu, montèrent à contre-voie, au moment ou les wagons étaient refoulés sur la rampe. Par suite d'une erreur de manœuvre, le fourgon glissant de lui-même sur la pente vint heurter violemment un butoir. Sous le choc, M. Grelley perdant l'équilibre donna de la tête sur la cloison, tandis que son compagnon allait s'effondrer parmi les bestiaux.

M. Grelley, blessé assez grièvement, fut transporte dans un hôpital voisin il reçut les soins d'un médecin appelé en toute hâte.

 

Août 1926  -  Réouverture du marché.  -  Nous sommes informés que le marché de bestiaux, fermé à cause de la fièvre aphteuse, seraitouvert toutes transactions le mercredi 1er septembre prochain. On prévoit la confirmation officielle de la réouverture pour mercredi prochain.

Août 1926  -  Cantonnement du 43e R.D.A.  -  Nous apprenons que le 43e Régiment d'Artillerie Divisionnaire, retour des manœuvres du Camp de Coëtquidan, cantonnera à Villers-Bocage, le vendredi 3 septembre prochain. Comme il y a deux ans, le meilleur accueil sera réservé aux officiers, sous-officiers et soldats, On nous annonce qu'un concert sera donné par la Fanfare Municipale, à 9 heures du soir, sur le Kiosque, place de la Liberté, sous la direction de M. Laloue.

 

Octobre 1926  -  Le marché de Villers-Bocage.  -  Comme nous l'avons annoncé, le marché de Villers-Bocage est rouvert aux transactions. Voici les termes de l'arrêté pris à ce sujet :

« Tout marchand de bestiaux en général, toute personne qui introduit des animaux dans une étable ou turage, en vue de les revendre, devra se conformer aux dispositions de l'arrêté du 20 février 1924 visant la surveillance obligatoire des animaux pendant une période de cinq jours.

Le marché aura une entrée unique dont le sol sera recouvert d'une couche de substance absorbante largement imprégnée d'une solution antiseptique.

« Des locaux à usage de fourrière seront prévus par la municipalité pour y placer les animaux malades ou contaminés. Les animaux seront individuellement examinés à l'entrée du marché par le vétérinaire inspecteur, assisté par la police locale ou la gendarmerie qui devra exiger des marchands la production du récépis de déclaration et du certificat de visite prévu par les arrêtés.

Les animaux invendus seront soumis aux prescriptions de l'article 94 du décret du 6 octobre 1924 et placés sous la surveillance du service sanitaire chez leur propriétaire pendant une période de cinq jours, à l'expiration de laquelle le propriétaire fera constater à ses frais par le vétérinaire sanitaire qu'ils sont indemnes de fièvre aphteuse.

Les animaux des espèces bovine, ovine et porcine ne pourront sortir du marché de Villers-Bocage sans être accompagnés d'un certificat livré gratuitement par l'inspecteur du marché indiquant le nom et l'adresse de l'expéditeur, leur destination, le mode de transport. Les gares de Villers-Bocage, Noyers, Aunay-St-Georges, ne pourront accepter à l'embarquement les animaux des espèces précitées que s'ils sont accompagnés du certificat mentionné ci-dessus.

L'inspecteur du marché adressera le jour même à la préfecture la liste des propriétaires auxquels il aura livré des certificats. Le directeur des services vétérinaires avisera la préfecture de chaque département destinataire.

 

Novembre 1926  -  Violation de domicile.  -  La nuit dernière, M. Martin, hôtelier à Villers-Bocage, était réveillé par des coups violents frappés à la porte de son établissement. Ouvrant aussitôt une fenêtre du premier étage, il reconnut un ancien pensionnaire, Louis Guillemin, 46 ans, ouvrier à l'usine de Villers-Bocage et lui dit qu'il n'avait plus de chambres disponibles.

L'homme finit par s'éloigner. Une heure après l'hôtelier était de nouveaux arraché au sommeil par des bruits de pas dans l'escalier. Il sortit de sa chambre et se trouva en présence de l'ouvrier, qui avait réussi à s'introduire dans l'habitation en forçant la porte d'une laverie.

M. Martin a porté plainte contre le visiteur nocturne.

 

Janvier 1928  -  Une femme renversée par une carriole.  -  Mme veuve Bures, 76 ans, journalière à Jurques, a été renversée alors qu'elle marchait sur le bas-côté de la rue, à Villers-Bocage, par une voiture attelée conduite par M. Émile Guillet, cultivateur.

Mme Bures, qui a été piétinée par le cheval, porte des blessures à la jambe et à l'épaule droite qui, toutefois, ne semblent pas graves. M. Guillet qui s'était arrêté aussitôt après l'accident est parti en disant qu'il était assuré et que son assurance s'en occuperait.

 

Mars 1929  -  Découverte macabre.  -  Le 2 décembre dernier disparaissait brusquement de la ferme où il était employé à Villers-Bocage, un domestique agricole, Louis Auguste Marguerite, 29 ans. Toutes les recherches entamées pour retrouver le jeune homme demeurèrent vaines et l'on crut qu'il avait pour une raison inconnue quitté le pays.

Or, avant-hier, le cadavre de Marguerite était retiré de la rivière l'Odon au bourg d'Épinay. Le corps portait de nombreuses traces de violences, le bras gauche était fracturé. Pensant  se trouver en présence d'un crime, le Parquet de Caen prescrivit l'autopsie. Celle-ci a conclu à un décès accidentel.

 

Avril 1931  -  Subvention.  -  Demande de subvention de l'Administration des P. T. T., l'intérêt que présente pour un certain nombre de communes la création d'un circuit automobile postal dans la région de Villers-Bocage, les subventions votées par les communes s'élevant à 3 115 francs, il paraît impossible de prévoir si le circuit projeté donnera les résultats espérés pour justifier sa création. Que l'on ne saurait avant toute expérience, évaluer ces résultats, soit en bénéfice, soit en déficit. 

Le Conseil décide d'accorder à l'Administration des P. T. T. une subvention de 1 000 francs, à titre provisoire.  

 

Juillet 1936  -  Mérite diocésain.  -  S. Exc. Mgr l'Évêque a décerné la médaille d'argent du Mérite diocésain à : M. Ernest Denis, organiste et chantre à Basseneville, depuis 53 ans. 

M. Joseph Wacker, chantre à Villers-Bocage : « 63 années de dévoués et fidèles services à l'église ». (source M.-C.)  

 

Septembre 1936  -   En apprenant à conduire une automobiliste heurte une femme.  -  Vers 17 h. 30, pilotant une automobile, Mme veuve Dufay, 45 ans, débitante à Anctoville, passait à proximité de la Halle aux Grains, lorsque en voulant éviter un camion venant de la direction opposée à celle qu'elle suivait, elle heurta et renversa une passante, Mme Léon Hardy, journalière, à Villers-Bocage, qui suivait le côté droit de la chaussée. Mme Hardy passa sous les roues de l'auto. Relevée assez grièvement blessée, elle a été transportée à l'Hospice. 

Mme veuve Dufay, qui ne possède pas son permis de circulation, apprenait à conduire lorsque se produisit l'accident. (source M. du C.)  

 

Novembre 1936  -   Ou le bétail est trop bon marché.  -  Un cultivateur de Tracy-Bocage, M. Barbot, avait acheté, au marché de Villers. une vache dont le vendeur, disant se nommer Panel, et habiter Monceaux-en-Bessin, de mandait la modique somme de 900 fr. 

M. Barbot intrigué par cette baisse anormale sur le bétail, et flairant une affaire louche, avertit la gendarmerie en lui donnant le signalement du vendeur. Celui-ci fut bientôt arrêté à Villers même, où il attendait l'autobus dans un café. 

On vérifia son identité et on consulta que s'il s'appelait réellement Panel, i! demeurait à Condé-sur-Seulles, chez son père, à qui appartenait la vache vendue à M. Barbot. Il avait emmené l'animal avec l'aide d'un nommé Onfroy, âgé de 25 ans, demeurant à Ste-Croix-Grand'Tonne, qui fut arrêté et aura à répondre de complicité a un délit qui n'existe pas. Car on sait qu'il est impossible, légalement, de voler ses parents. (source M. du C.)

 

Janvier 1940  -  Deux voitures entrent en collision.  -  Un accident s'est produit au carrefour de l'église de Villers. Il était environ 19 h. 16, M. Jules Beauslieu, marchand de bestiaux à Bény-Bocage, venant de Vire, s'apprêtait à traverser le bourg de Villers, lorsque, alors qu'il avait franchi en grande partie le carrefour de l'église, sa voiture automobile fut heurtée à l'arrière par le camion que conduisait M. Bellin, marchand de charbons à Villers-Bocage. Celui-ci, qui venait d'Aunay-sur-Odon, n'a pas respecté la priorité de passage à tout véhicule venant sur la droite. De ce fait, il se vit dresser procès-verbal, lequel procès-verbal a été doublé d'un autre sanctionnant, l'état d'ivresse dans lequel il se trouvait et constaté par le chef de brigade Groult.

 

Janvier 1940  -  Collision.  -  M. Blais Léon, maire de la commune de Saint-Pierre-Tarantaine, venant de Caen et se dirigeant vers Vire, est entré en collision avec M. Pottier Maurice, boulanger à Balleroy, lequel venait de Saint-Louet-sur-Seulles. La voiture de ce dernier a heurté la devanture du café Madeleine et fait quelques dégâts.

Les deux voitures ont également subi quelques dégâts matériels.

 

Février 1940  -  Une véritable « brochette ».  -  En tournée de surveillance sur le marché, les gendarmes de Villers-Bocage ont eu à dresser des contraventions pour défaut de sauf-conduit contre les Polonais Walak, venant de Fleury-sur-Orne, et Siroki, venant de Bougy, tous les deux devant occuper un nouvel emploi à Villers-Bocage.
Un autre étranger, M. Paul Duquesne, 50 ans, sujet belge, cultivateur à Bretteville-l'Orgueilleuse, titulaire d'une carte de circulation provisoire dont la validité est expirée, sera
également poursuivi.  

 

Février 1940  -  Un accrochage.  -  Un accident s’est produit dans la grande rue de Villers- Bocage, une voiture hippomobile conduite par M. Bisson, cultivateur à Tracy-Bocage, qui montait la rue principale du bourg, a été accrochée par un camion automobile appartenant à M.  Robine, marchand de bestiaux à Villers-Bocage. Le chauffeur de ce camion, M Dallet, de Villers, marchait dans la même direction que M Bisson et commit l'imprudence de vouloir doubler le véhicule hippomobile alors que la rue était encombrée par des véhicules en station.
C'est au cours de cette manœuvre que l’accrochage s'est produit.
Au cours de l'accident, l'attelage de M Bisson fut déporté violemment sur la droite, les brancards de la voiture cassés, les harnais brisés et le cheval brisé.
L'enquête et les constatations ont été faites par les gendarmes de Villers.

 

Mars 1940  -  Le conducteur d’un camion provoque un accident et prend la fuite.  -  M. Louis Dujardin, 34 ans, voyageur de commerce à Tourcoing (Nord), se rendait en auto à Caen, accompagné de sa femme et de ses trois enfants. Lorsqu'il arrivait à Villy-Bocage, M. Dujardin croisait une auto conduite par M. Fillon, agent des P.T.T. à Villers-Bocage, quand soudain déboucha de derrière sa voiture un camion citerne qui voulut passer entre les deux autos et accrocha celle de M. Dujardin à hauteur du pont arrière lui occasionnant de graves dégâts.
Par un heureux hasard, aucun des occupants de l'auto ne fut blessé. Au lieu de s'arrêter, le conducteur du camion citerne poursuivit sa route sans s'occuper de l'accident qu'il venait de causer.
Les gendarmes
de Villers-Bocage alertèrent leurs collègues de Vire qui furent assez heureux pour retrouver le chauffeur, M. Auguste Gruguelu, demeurant place du Château, à Caen,
au service de M. Poussin, entrepreneur de transports à Lisieux.
Cet imprudent chauffeur a été gratifié de plusieurs contraventions pour infractions au code de la route.
 

 

Juillet 1940  -  Un drame navrant.  -   Vers la fin de l'après-midi de samedi, la gendarmerie de Villers-Bocage était alertée, au sujet d'une grave affaire. Un bébé âgé de 27 jours était mort la veille dans des circonstances tragiques. Aussitôt, les gendarmes se rendirent à l'endroit qu'on leur avait indiqué et commencèrent leur enquête.
La maison d'une garde-barrière avait été le théâtre du crime. Cette maisonnette se trouve bâtie près du passage à niveau 34, qui coupe la ligne Caen-Vire, et situé à environ un
kilomètre du bourg de Villers-Bocage, sur la route qui va vers Aunay-sur-Odon.
L'occupante en est Mme Angèle Feuillet, 19 ans, qui à la surveillance du passage à niveau. Son mari, qui fut mobilisé, est actuellement prisonnier en Belgique. Pour subvenir aux besoins de sa petite famille, elle avait deux enfants l'aînée Paulette, 16 mois, et le pauvre bébé de 27 jours. Mme Feuillet cultivait un petit jardin, entourant sa maison et cela permettait d'avoir des légumes à bon compte. D'ailleurs, elle avait tout le temps nécessaire, car, depuis quelque temps, il ne passe sur la ligne de chemin de fer que deux trains par jour.
Sans être riche, la petite famille vivotait cependant et n'était pas dans la misère.
Le drame : Comme elle le faisait chaque jour, vendredi vers 13 h. 30, Mme Feuillet sortit de son habitation, laissant ses deux poupons à l'intérieur, et se mit en devoir de sarcler une planche de pommes de terre. Auparavant elle avait donné à boire à son dernier-né et l'avait couché dans sa voiture, espérant qu'il allait s'endormir. Mais le bébé ne voulut rien entendre et, étant rentrée chez elle, sa mère lui donna une tétine rempile de sucre, comme elle le fait d'habitude. Mais tout fut inutile et le bébé continua de pleurer, et même de plus en plus fort.
C'est alors que le malheureux drame se produisit, subitement furieuse, Mme Feuillet entra précipitamment dans la pièce où se trouvait son enfant et, d'un violent coup de pouce, lui enfonça la tétine jusqu'au fond de la gorge.
Racontant cette scène de brutalité, la femme, sans paraître avoir une bien grande douleur, précisa aux gendarmes que le malheureux bébé avait eu alors un petit soubresaut puis était resté étendu sans bouger. Affirmant qu'elle n'avait pas remarqué que son petit étouffait. Mme Feuillet, tranquillement, se rendit de nouveau à son jardin et continua son travail. Ce n'est que près d'une demi-heure plus tard qu'elle rentra.

Comme on le pense, l'enfant, mort étouffé, ne donnait plus signe de vie, il avait la face toute violacée, Mme Feuillet tenta alors de retirer la tétine, mais celle-ci était enfoncée trop profondément et elle ne put y parvenir. Elle prit son bébé dans ses bras et alerta un voisin qui accourut aussitôt. A son tour il ne put que constater la mort de l'enfa
nt.

L'enquête : Le drame se déroula vendredi, vers 13 heures et ce n'est que samedi, dans la fin de l'après-midi que la gendarmerie de Villers-Bocage fut alertée.  

Les gendarmes, devant la gravité de l'affaire, avisèrent le capitaine Gaubert, commandant les brigades de gendarmeries de l'arrondissement de Caen. Celui-ci, dans la soirée, se rendit sur les lieux et fit procéder aux constatations, aux interrogatoires et aux auditions utiles. Indiquons que ce drame a causé la consternation dans le bourg de Villers.

Mme Feuillet, qui avait été élevée par l'Assistance publique, s'était mariée il y a deux ans, elle avait à peine 17 ans. Elle était venue habiter Villers avec son mari, et déjà la famille comptait deux enfants. Elle était bien considérée et on ne peut s'expliquer le crime dont elle s'est rendue coupable.

Dans la journée d'hier dimanche, le Parquet de Caen s'est rendu sur les lieux.  

Juillet 1940  -  Une jeune mère étouffe son bébé.  -  Au passage à niveau n° 34 de la ligne Caen-Vire, situé près de Villers-Bocage, Mme Angèle Feuillet, 19 ans, vit avec ses deux enfants (16 mois et 27 jours). Vendredi dernier, mise en fureur par les pleurs redoublés de son dernier né, Mme Feuillet lui enfonça d'un seul coup dans la gorge une tétine. Le malheureux bébé ne tarda pas à expirer, et quand une demi-heure plus tard sa maman revint le voir, elle ne put même pas retirer l'objet qui avait causé la mort et dut appeler un  voisin. 

Le lendemain seulement, on  alerta la gendarmerie qui commença son enquête. Dimanche, le Parquet de Caen s'est rendu sur place.

 

Décembre 1943    -   Le terrorisme chez nous.   -   Notre département, jusqu'ici si paisible, vient de connaître, à son tour, les méfaits des bandits armés qui, dans toute la France et  chaque jour, attaquent, pillent et tuent. Fort heureusement, les deux actes de banditisme commis chez nous, la semaine dernière, n'ont point été sanglants. Il était 19 h. 15, Mme Marguerite, femme de l'huissier et secrétaire de la mairie de Villers-Bocage, et son aide, Mlle Grelley, s'apprêtaient à rentrer chez elles après avoir timbré au sceau de la mairie, les 1.200 feuilles de rationnement de décembre. A ce moment on frappa à la porte du bureau, où l'on accède par une entrée dérobée, rarement empruntée. « C'est pour visiter un  télégramme », dit-on a travers la porte, Mme Marguerite ouvrit et deux hommes entrèrent, le visage dissimulé, l'un par une serviette, l'autre par un foulard. Aussitôt, ils braquèrent leur revolver sur les employées, raflèrent les 1.200 feuilles d'alimentation et disparurent. Remises de leur frayeur, les deux femmes alertèrent la gendarmerie. 

Le même soir, vers 19 h. 40, deux hommes, dont l'un était masqué par un loup noir et l'autre avait la figure cachée par un passe-montagne, se présentaient à la mairie de St-Hymer,  ils y furent reçus par Mme Chenot, mère du secrétaire de mairie et instituteur de la commune. Poliment ils réclamèrent « des tickets d'alimentation de la commune ainsi que du café de la mairie ». Très surprise, Mme Chenot appela sa belle-fille qui, sous la menace d'une mitraillette et d’un revolver, dut remettre ce qui lui était demandé. Le sac de ravitaillement  contenait 600 jeux complets de cartes d'alimentation de décembre. Les deux hommes réclamèrent aussi des cartes de travail, mais la mairie n'en possédait pas. Ils se retirèrent et, aussitôt leur Mme Chenot voulut alerter par téléphone la gendarmerie mais tous les fils téléphoniques avaient été coupés par les agresseurs. Prévenue peu après la Gendarmerie de Pont-l'Evêque poursuivit une minutieuse enquête, ainsi que la gendarmerie de Villers-Bocage.

 

13 juin 1944  -  La bataille de Normandie.  -  Michael Wittmann brise l'offensive Perch de la 7e division blindée britannique qui venait de libérer la ville. Relativement épargnée jusqu'alors, la ville est entièrement détruite par les bombardements alliés qui suivent le retrait Britannique. Les Allemands ne seront chassés définitivement de la ville que le 4 août 1944.

 

Août 1944  -  Violents combats.  -  Pénétrant dans la brèche ouverte dans les lignes ennemies, les alliés progressent au sud-est d'avranches. La forêt de Saint-sever est débordée  du nord et du sud. Les combats de rue continuent à Vire complètement encerclée.

Les britanniques rencontrent une vive résistance dans le secteur Villers-Bocage, Aunay-sur-Odon ou l'adversaire a reçu d'importants renforts en blindés.

Entre Vire et Villers-Bocage, les combats sont incertains. Hier, tard dans la soirée, un correspondant annonçait que les alliés étaient entrés à Villers-Bocage. Des avions alliés ont  signalé des importantes colonnes de chars qui s'éloignaient de Villers-Bocage et d'Aunay-sur-Odon. Les troupes britanniques ont atteint Évrecy.

 

Février 1945  -  Ne conservez pas de matériel militaire.    Le public est averti de la nécessité pour l’armée de renter d’urgence en possession des appareils d’optique et surtout des appareils de pointage des pièces d’artillerie qui peuvent être encore actuellement détenus par des civils. Ces appareils sont indispensable pour doter l’armée française de  l’artillerie qui lui manque.

Il importe que chacun fasse son devoir, en déposant d’urgence à la mairie le matériel d’optique qu’il détient.  

 

Mars 1945  -  Pour les sinistrés de Villers-Bocage.  -  Le 22 mars, à 14 heures, dans la propriété de M. Bernouis, aura lieu une importante réunion d’information au cours de laquelle MM. Bures, secrétaire départemental ; Richard, membre de la Fédération nationale et un expert des questions agricoles traiteront des questions d’ordre général et particulièrement, des questions agricoles intéressant les sinistrés.

 

Mars 1945  -  Une calvadosienne reçoit une distinction britannique.  -  La marquise de Clermont-Tonnerre, qui dirigea, pendant six semaines, un poste actif de Croix-Rouge sur le champ de bataille de Villers-Bocage, vient d’être décorée par le gouvernement britannique de l’ordre « The most excellent Order of the British Empire ». 

Cette distinction lui a été remise au cours d’une cérémonie qui s’est déroulée à l’ambassade d’Angleterre à Paris. La citation qui l’accompagne porte : « Pour les éminents services rendus à la cause des alliés ».  

 

Avril 1945  -  Premiers pas vers la reconstruction.  -  Des projets de reconstruction et d’aménagement seront établis dans les communes dont les noms suivent : Aunay-sur-Odon, Caumont, Condé-sur-Noireau, Dozulé, Falaise, Isigny-sur-Mer, Lisieux, Ouistreham, Tilly-sur-Seulles, Troarn, Villers-Bocage, et Vire.

En ce qui concerne Caen, Les projets d’aménagement précédemment approuvés seront révisés en tant que de besoin.  (source B-N)  

 

Mai 1946  -  L’Amérique ne nous oublie pas.  -  La Croix-Rouge américaine vient de faire parvenir à l’Entr’Aide Française, 22 000 pièces de vêtements qui ont été réparties entre des pupilles de l’Assistance Publique, les Orphelins d’Epron et de Neuilly-le-Malherbe, les pensionnaires du Préventorium de Graye et les sinistrés des cantons d’Évrecy, de Troarn, et de Villers-Bocage. (Source B. L.)

 

Novembre 1946  -  Un wagon-dortoir détruit par un incendie.  -   L’entreprise Renvoise héberge une dizaine d’ouvriers dans un train parc n° 8 stationné en gare de Villers-Bocage.

L’autre soir, vers 20 h., alors que M. Louis Lebot, 24 ans, menuisier, versait de l’essence dans son briquet et tandis qu’il se trouvait à l’intérieur du dortoir, le briquet s’enflamma, l’ouvrier le lâcha en en tombant le briquet communiqua le feu au bidon d’essence qui le transmit lui-même aux couchettes de bois et de paille.

Le wagon-dortoir et tout ce qu’il contenait d’objets et de vêtements appartenant aux ouvriers a été détruit. (source B. L.)

 

Novembre 1946  -  Un déshabillage en règle.  -  Un incident qui aurait été provoqué par un embarras de circulation s’est produit sur le marché de Villers-Bocage. Le conducteur d’un camion auto venait d’obtenir le passage lorsqu’il reçut un coup de bâton en pleine figure bientôt suivi d’un « uppercut ».

Le chauffeur descendit de son véhicule et « allongea » son agresseur par un direct bien placé. Bientôt entouré par une cinquantaine de personnes, l’automédon fut bousculé, frappé et proprement déshabillé, si l’on ose dire. Lorsqu’il se présenta à la gendarmerie, il paraît que les représentants de la loi étaient sur les routes pour assurer la circulation. Une employée de bureau reçut ses doléances. Heureusement qu’une âme charitable lui avait auparavant rendu sa dignité en lui prêtant des habits. (Source B.-L.)

VILLERS-BOCAGE  -  Bataille de Normandie  -  Rue Jeanne Bacon

VILLERS-BOCAGE  -  Bataille de Normandie  -  Carrefour du Bas du Bourg

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