UN SIÈCLE D'HISTOIRE DU CALVADOS

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VILLERVILLE

Canton de Trouville-sur-Mer

Les habitants de la commune sont des Villervillais, Villervillaises

Septembre 1846   -   Nouvelles locales.  -   Il nous a été assuré que M. l'abbé Duchemin, de Honfleur, qui avait été nommé l'an dernier, curé de Martragni, canton de Creully, vient d'être transféré à la cure de Villerville, canton de Pont-l’Évêque, vacante par le décès du précédent titulaire. (source : Journal de Honfleur)  

 

Avril 1847   -  Nouvelles locales.  -  Par dépêche du 31 mars 1847, la pêche des moules sur le Ratier, à Hennequeville et Villerville est autorisée à compter du 1er mai, sous peine pour ceux qui contreviendraient d'être traduits devant le procureur du roi, conformément à la déclaration du roi, du 18 décembre 1728. ( source : Journal de Honfleur)

 

Septembre 1847  -  Nouvelles Locales.   -    Le nommé Grinville, de Villerville, a été condamné le 4 août, par le tribunal de police correctionnelle de Pont-l’Évêque, à 25 fr. d'amende et aux frais, qui se sont élevés à 25 fr. 65, pour avoir pêché à poignée des moules qui n'avaient pas 33 millimètres (15 lignes, expression de l'ordonnance de longueur ). (source : Journal de Honfleur) 

 

Septembre 1847  -  Contingent de la classe de conscription.   -   Sur les 80 000 hommes formant le contingent de la classe de conscription de 1846, 60 000 sont appelés à l'activité par une ordonnance du roi insérée au « Moniteur », savoir :

53 650 pour l'armée de terre ; 6 350 pour l'armée de mer.

L'époque du départ sera ultérieurement déterminée par le ministre de la guerre. (source : Journal de Honfleur) 

 

Septembre 1847  -  Conseil Général du Calvados.   -   Le conseil général a appelé l'attention du ministre des travaux publics sur la nécessité des mesures à prendre pour la conservation des falaises de Villerville, l'amélioration du port de Dives, celle du port de Trouville, de la rivière de Touques.

Il réclame l'augmentation d'étalons à la station de Pont-l’Évêque.

Il donne un avis favorable à l’établissement d’une foire à Mery-Corbon le 20 Janvier de chaque année.

Il renouvelle le vœu exprimé pour l'embrigadement des gardes-champêtres.

Et celui relatif à la conservation des armes confiées aux gardes nationales rurales.  (source : Journal de Honfleur) 

 

Septembre 1847  -  Nouvelles Maritimes.   -   Les marées de samedi, dimanche et lundi prochains seront très fortes, et les plus hautes de l'année. Pour peu que les vents les favorisent, la mer s'élèvera, dimanche 26 à 7 mètres 90, et sera pleine à 10 heures.

Il y aura le 24 une éclipse de lune invisible à Paris.

L'automne commencera le 23, à 4 heures 32 du soir, temps moyen de Paris. (source : Journal de Honfleur) 

 

Septembre 1847  -  Nouvelles Locales.   -   Sur les 80 000 hommes formant le contingent de la classe de conscription de 1846, 60 000 sont appelés à l'activité par une ordonnance du roi insérée au « Moniteur », savoir :

53 650 pour l'armée de terre ; 6 350 pour l'armée de mer.

L'époque du départ sera ultérieurement déterminée par le ministre de la guerre. (source : Journal de Honfleur)

 

Août 1858  -  Les moulières.  -  Le Conseil d'arrondissement de Pont-l'Évêque demande qu'il soit pris des mesures pour la conservation des moules sur le banc du Rattier. Le Conseil général s'associe à cette réclamation. 

Le rapport de M. le Préfet, qui signale le mauvais état des moulières, sur le banc du Rattier. Considère qu'il importe que la seule ressource d'un grand nombre de familles indigentes de Honfleur, Trouville et Villerville ne vienne pas à leur manquer. La diminution de la pêche des moules sur le banc du Rattier est attribuée à la vase provenant du nettoyage du port du  Havre, demande que l'attention de l'Administration supérieure se porte sur cet état de choses.

 

Juillet 1866   -   Les loups.   -   Dans l'arrondissement de Pont-l'Évêque, les loups continuent leurs ravages. Jeudi, un mouton appartenant à M. Pierre Guérin, à la ferme de la Bergerie, près de Villerville, a été dévoré.

M. Lemercier, lieutenant de louveterie, prévenu, a immédiatement organisé une battue dans les bois de M. de Landal, malheureusement cette battue n'a eu aucun résultat. Une soixantaine de chasseurs et de rabatteurs seulement ont pris part à cette chasse qui a recommencé vers cinq heures du soir.

 

1866  -  Port Maritime.  -   Un projet, montant à 135,000 fr., vient d'être approuvé pour la construction d'une jetée d'abri à Villerville. L'exécution des travaux est subordonnée à la réalisation d'une souscription volontaire de 35,000 fr. à la charge des marins et de la commune. Il est bien à craindre que ce sacrifice ne soit au-dessus des forces des intéressés. Aussi, en notifiant sa décision, M. le Ministre des travaux publics a recommandé d'appeler sur ce projet l'intérêt bienveillant du Conseil général, et de demander une allocation départementale qu'il propose de fixer à 15,000 fr. payables en 1869, et qui viendrait à la décharge de la commune et des marins de Villerville.

 

Novembre 1866   -   Un incendie.   -   Dans la nuit de dimanche à lundi dernier, vers deux heures du matin, les habitants de Villerville, canton de Pont l'évêque, ont été réveillés par les cris « au feu !... au feu ! ... » poussés par un individu qui parcourait les rues de cette localité. Quelques instants après, le tambour répandait l'alarme à son tour et appelait des secours sur le lieu du sinistre.

Le feu venait d'éclater dans une maison sise au hameau du Bout-de-Haut, appartenant au nommé Pierre Guibout.

Malgré les secours apportés et les services rendus par une pompe portative appartenant à M. Lebatard, cette maison, couverte en paille, et un bâtiment à côté, également couvert en  paille, ont été la proie des flammes, mais on a pu préserver des ravages de l'incendie d'autres habitations contiguës à celle qui a été détruite. Fort heureusement le temps était très calme, car, si le vent eut soufflé avec la moindre violence, leur destruction était inévitable.

La perte est évaluée à 2000 francs, mais la maison était assurée. On ignore les causes de cet incendie.

 

Juin 1867   -   Un suicide.   -   Le 7 de ce mois, vers dix heures et demie du matin, dans un champ planté de pommiers, le sieur Léger Jean Denis Isidore, âgé de 60 ans, cafetier à Villerville, a été trouvé pendu à un arbre. Quand on a coupé la corde, il avait cessé de vivre.

Cet homme était depuis quelque temps atteint d'une maladie noire. Déjà en 1862, il avait cherché à se couper la gorge.  

 

Juillet 1867   -   Un naufrage.   -   Deux pêcheurs de crevettes, François Duffay et Jean Poignavent, de Villerville, s'en revenaient pour aborder à la côte, vendredi l'après-midi, sous les bains de leur commune, la mer était grosse et la lame était forte, leur embarcation a été prise en travers et chavirée.

Ils ont été roulés à la côte, et malgré tous les soins qu'on leur a donnés, ils sont morts des suites de leur naufrage.  

 

Décembre 1867   -   La Poste.   -   Par décision de M. le ministre des finances, du 28 novembre, un bureau de distribution de poste a été créé à Villerville.

 

Janvier 1868   -   Des médaillés.   -   M. le ministre de la marine vient de décerner, pour faits de sauvetage, une médaille de 2ème classe, en or, au sieur Petit, garde maritime à Villerville, et une médaille de 2ème classe, en argent, au sieur Levillain, menuisier à Villerville, pour le sauvetage de deux marins, à Villerville, le 26 juillet 1867.  

 

Avril 1868   -   Un homme à la mer.   -   La plate de pêche n° 179, de Villerville, patron Baron, a perdu son  mousse, lundi dernier au soir, près du banc du Rattier.

Il était cinq heures du soir, et l'on mettait le chalut à la mer, quand le pauvre enfant fut enlevé par le halin. On espérait le sauver en lui tendant un aviron, mais il ne reparut pas.

Le corps de ce malheureux jeune homme a été retrouvé mardi sur le banc Saint-Michel en face de Villerville, par le patron Pierre Ozerais, du bateau de pêche « Sainte-Marie », de Villerville.

Ce mousse se nommait Eugène Flambard, né à Honfleur, âgé de 17 ans. Il était orphelin et il  a une sœur dans une maison religieuse à Trouville.  

 

Juillet 1868   -   L'orage.    -   Nous recevrons de tous les points du département, des lettres relatant les dégâts occasionnés par les orages de samedi et dimanche.

À Honfleur, la foudre est tombée dans une propriété plantée, située rue Bourdet.

A Conteville, la grêle a tombé avec tant de violence, qu'un nombre considérable de carreaux du presbytère ont été brisés.

A Villerville, le tonnerre est tombé sur une maison que les locataires devaient occuper le lendemain. La majeure partie des fenêtres ont été brisées, et les boiseries intérieures arrachées. On évalue la perte à 400 francs environ.

Dans une maison de la même commune, plusieurs sacs de chaux vive se sont subitement enflammés, et auraient déterminé un grave incendie, si les habitants de ce quartier n'avaient apporté de prompts secours.  

 

Mai 1869   -  Un drame de la mer.   -   Une plate de Villerville a rencontré hier matin, au large de Honfleur, un picoteux à moitié plein d'eau dans lequel il y avait un homme. Le patron Germain fit monter cet homme à son bord et apprit un triste accident.

Le picoteux avait chaviré, et l'un des deux pêcheurs qui le montaient avait disparu sans pouvoir être secouru par son compagnon.

Ce dernier s'était cramponné à l'embarcation, et recueilli par le patron Germain, il a été débarqué à Honfleur, où la plate de Villerville a également conduit le picoteux.

Au sujet de cet événement, voici ce que nous lisons : jeudi dernier, 12 courant, un petit bateau de pêche monté par le sieur Jehanne, patron, et par le sieur Brunet, matelot, était sorti du port à la marée du matin et s'était dirigé du côté d'Orcher. Après avoir terminé sa pêche et au moment où il se disposait à rentrer, ce bateau a chaviré sous voile et a entraîné dans  l'abîme le sieur Brunet. Quant au sieur Jéhanne, patron, il a pu se maintenir sur l'eau au moyen de deux avirons, jusqu'à ce qu'il ait été recueilli par une plate de Villerville.

Ce n'est que le lendemain que le cadavre du malheureux Brunet a été retrouvé sous la côte Saint-Jacques, près Orcher. Brunet avait 26 ans.

 

Janvier 1870   -   Le Canton.   -  Voici les noms des communes qui doivent faire partie du nouveau canton de Trouville, si l’enquête n'y apporte aucun changement. Il se composerait des communes de Trouville, Deauville, Villerville, Touques, Saint-Arnoult, Bénerville, Tourgéville, prises aux dépens du canton de Pont-l’Evêque, et des communes de Blonville et Vauville,  détachées du canton de Dozulé. Sa population serait de 10.115 habitants.

Pour compenser la perte que subirait, le canton de Pont-l'Evêque, on lui attribuerait trois communes du canton de Blangy, Saint-Julien-sur-Calonne, Pierrefitte et le Vieux-Bourg, plus la commune de Glanville qu'on détacherait du canton de Dozulé.

Les cantons de Honfleur et de Cambremer resteraient tels qu'ils sont actuellement.

 

Janvier 1870   -   Fait divers.   -  À la fin de la semaine dernière, un enfant de 5 ans a été trouvé noyé à Villerville, dans un ruisseau qui traverse la propriété delà comtesse de Landal.

Disparu depuis un instant, le père courut à sa recherche; il eut la terrible douleur de retrouver lui-même le cadavre de son pauvre petit. La mort remontait à une heure.  

 

Mai 1870   -   Fait divers.  -  La ferme de la Bergerie est située sur la commune de Villerville, elle est louée, à un sieur Guérin. Ce dernier avait vendu, il y a quelque temps, à un nommé Régnier, 4.500 litres de petit cidre, placé dans une des caves. Régnier, demanda depuis au sieur Guérin l'autorisation de bouillir sur sa ferme même et dans sa cave située non loin de là, le cidre qu'il avait acheté. Guérin y consentit. Régnier se mit à l'œuvre. Quinze jours s'étaient écoulés, on bouillait toujours, quand Guérin s'aperçut que, malgré que 1.360 litres d'eau-de-vie avaient été recueillis, les fûts dont il avait vendu le contenu étaient toujours pleins.

Voulant éclaircir le mystère, il chercha partout et trouve derrière le fût un tuyau en caoutchouc recouvert de toile plongeant jusqu'au fond du tonneau et communiquant à l'aide à une  ouverture faite dans la cloison, avec la cave renfermant le cidre vendu à Régnier. M. Guérin avertit le commissaire de police qui, accompagné d'un gendarme, se mit à la recherche du  voleur.

Ils aperçurent dans un bois situé sur la commune de Trouville, le sieur Régnier, qui à leur approche, s'esquiva. La course commença, voleur devant, commissaire et gendarme à la suite. Un ravin sert de route à Régnier, on le suit toujours sans pouvoir l'atteindre, on le voit sauter un fossé, tenant d'une main une paire de soulierss et de l’autre un instrument quelconque, que l'on suppose être un couteau, puis à un détour, il disparaît, on saute des fossés, des barrières, on ne le revoit plus. La trace était perdue. Mais le lendemain il fut arrêté par le brigadier de police Guelon.

 

Octobre 1870   -  Fait divers.   -   Le détachement de hussards qui, depuis quelques jours, tient garnison à Honfleur est sorti, son maréchal-des-logis en tête, pour une promenade à cheval jusqu'à Villerville. Les bons habitants de ce paisible pays, peu habitués à voir de la troupe, ont pris ces militaires pour des Uhlans, aussi, en moins de temps qu'il ne faut pour l'écrire, nos Villervillais se sont-ils portés à leur rencontre avec des armes de tout genre, mais bientôt on reconnaît la méprise à l'uniforme de nos soldats et de suite on leur a fait  l'accueil qu'ils méritent.

C'est alors que le sous-officier qui commandait le détachement a félicité ces braves pêcheurs de la manifestation défensive en leur disant qu'il serait à souhaiter que toutes les populations rurales à l'approche de l'ennemi, prissent la même attitude et fussent animés du même esprit. Enfin, bourgeois et militaires se sont séparés aux cris de : « Vive l'armée ! vive les Villervillais ».  

 

Décembre 1871   -  Fait divers.   -  Une plate de pêche de Villerville, a ramassé l'autre jour, au nord-ouest du cap d'Antifer, 4.000 harengs d'un seul coup de filet.

 

Septembre 1872   -  Écoles communales.  -  Des secours applicables à des constructions de maisons d'école ont été accordés par le ministre aux communes suivantes du Calvados : Le Torquesne, 4.100 fr.    Villerville, 7.000 fr.  Landelles et Coupigny, 4.500 fr.    Truttemer-le-Petit, 1.500 fr.      Rouvres, 2.500 fr. 

 

Mars 1873   -   Tirage au sort.   -  On procède en ce moment au Tirage au sort. Malgré l’établissement du, service militaire obligatoire, ce tirage à été maintenu. Il a, du reste, une certaine importance, les jeunes gens qui tireront les numéros les plus élevés ne feront qu'une année de service, où même six mois, s'ils passent avec succès, au corps leurs examens. Les jeunes gens qui tireront les numéros les plus bas, 1, 2, 3, etc……, jusqu'à un chiffre que le ministre à la guerre fixera suivant le nombre de soldats dont il aura besoin chaque année, feront cinq ans de service.

 

Avril 1873   -   Pêche miraculeuse.   -   La pêche du maquereau est miraculeuse en ce moment sur nos côtés de Normandie. Cinq bateaux sont entrés, rapportent 105 800 Maquereaux, 9 700 avaient été salés en route.

 

Mai 1873  -  Les Événements.   -   Samedi soir, M. THIERS a donné sa démission, de Président de la République française. Il a été remplacé par le maréchal DE MAC-MAHON, duc DE MAGENTA. Le maréchal-Président est âgé de 65 ans.

 

Mai 1873  -  Fait divers.   -  Le nommé Joseph Germain, patron de la plate n° 104, de Villerville, s'est noyé dans la nuit de dimanche à lundi sur la rade du Havre, vers onze heures, du soir,  il dit à son Matelot et à son mousse d'aller se coucher, qu'il resterait à veiller. Au bout de quelque temps, n'entendant aucun bruit, le matelot inquiet monta sur le pont et n'y voit plus, son patron. On suppose qu'il se sera assis sur la lisse au bateau et qu'un coup de roulis l'aura fait tomber. Il laisse trois jeunes enfants, et sa femme est dans un état de grossesse avancée.  

 

Juin 1873   -   Triste pêche !   -  Nous avons parlé de l'accident survenu à bord d'un bateau de Villerville, à la suite duquel le patron Germain avait disparu. Le cadavre de ce malheureux a été repêché dans les circonstances les plus douloureuses. C'est le père de la victime qui a retrouvé les restes de son malheureux fils ! Une vingtaine de bateaux se trouvaient mouillés au même endroit, mais par un singulier hasard, ce fut vers celui du père Germain que le cadavre vint soudain à apparaître à la surface de l'eau, au moment où cet infortuné était pour mettre son chalut à la mer. Le corps du noyé fut aussitôt hissé sur le pont, et l'on fit voile pour Villerville. Ainsi que nous l'avons dit, Germain était marié et père de six enfants.  

 

Juin 1874   -   Bains de Mer.  -  Samedi dernier, le maréchal Canrobert est arrivé à Villerville pour y passer la saison des bains.  Citons ce distique significatif concernant l'illustre soldat : « Quand Canrobert donnera, Sébastopol on prendra !….. »  

 

Mai 1875   -   Bains de Mer.  -  On construit en ce moment, à Villerville, une estrade de 80 mètres de long sur 25 de large et 5 de haut, garnie de cinq escaliers pour prendre les bains de mer pleine , le prix de cette construction s'élèvera à 40 000 fr. 

A la suite d'éboulements, dans la même commune, on a trouvé à deux mètres au-dessous du sol, deux petits fours en briques parfaitement conservés. Les savants du pays s'occupent de faire des mémoires sur cette étrange découverte.  

 

Mai 1875   -   Accident de Mer.  -  La bourrasque qui a éclaté dans la nuit du 6 mai a causé des événements très fâcheux, et notamment la mort d'un mousse, nommé Louis Mauger, embarqué à bord de la  plate de Villerville n° 197, qui se trouvait au large au moment du grain. Ce pauvre garçon a été enlevé par l'écoute au foc. Le corps du jeune Mauger a été retrouvé par un bateau de Villerville.  

 

Novembre 1875   -  Tempête.  -  Depuis quelques jours, le vent souffle en tempête dans nos contrées, il en est de même sur toutes les côtes de la Manche et du golfe de Gascogne. Les steamers transatlantiques du Havre n'ont pu sortir. La mer est énorme, nous aurons sans doute d'autres sinistres à ajouter à la longue liste.

La pluie ne cesse de tomber, les cultivateurs sont dans la consternation, car tout de blés restent encore à faire. 

Les cours d'eau du Pays-d'Auge sont débordés, à Paris, la Seine est très forte, la Garonne et la Loire ont débordé. Dans le Midi, de nouveaux malheurs sont signalés : dans l'Ariège, le village de Biert a été submergé, dans l'église il y avait 1 mètre 50 d'eau, l'office n'a pu avoir lieu. Quelques ponts ont été enlevés, plusieurs routes sont coupées.

 

Novembre 1875   -  Suites de l’ouragan.  -   Horrible temps que celui de novembre. Que de tempêtes ! que de désastres ! que de sinistres. De mémoire d'homme, on n'avait vu plus long et plus effroyable ouragan. Tels étaient la force du vent et la fureur des vagues que sur le littoral les maisons tremblaient sur leur base et faisaient redouter des éboulements.

Les différents cours d'eau de notre région sont rentrés dans leurs lits, de leur côté, la Seine, la Loire, le Rhône et la Garonne ne donnent plus d'inquiétudes.

Sur nos côtes, la mer rejette des débris de toute nature, des agrès, des marchandises, des vêtements, sur les côtes de Bretagne, on a recueilli plusieurs cadavres.

A Villerville, dans les roches moulières, on a retrouvé le cadavre du nommé Arsène-Désîré Duchemin, perdu en mer alors qu'il rentrait à Trouville de la pêche à la crevette, la mer n'a pas encore rendu le corps du jeune Lezin, qui montait, avec Duchemin, l'  « Oiseau bleu ».

Dans les villes et dans les campagnes, des toitures ont été enlevées, des cheminées ont été renversées, des arbres déracinés. Le parapet de la jetée de Trouville a été brisé, à Deauville, la digue a été endommagée. A Lisieux, le vent a renversé un échafaudage établi pour les travaux du séminaire, et deux ouvriers ont été jetés sur le sol, l'un d'eux a eu deux côtes enfoncées. Une ouvrière qui traversait le petit pont provisoire du Moulin-Biot, à Condé, est tombée à l'eau, poussée par le vent, et se serait noyée sans l'aide de plusieurs hommes qui accoururent à ses cris.

Dimanche dernier, le Havre a été inondé. Plusieurs familles ont cru devoir abandonner leurs demeures, qu'elles avaient peur de voir détruites a chaque instant. Rouen, Étretat et Fécamp ont beaucoup souffert.

Voici le relevé aussi exact que possible des dégâts causés, à Paris, par l'ouragan : 10 000 cheminées ont été abattues, 160 toitures ont été endommagées, 30 000 carreaux ont été brisés, 1 000 palissades renversées, 200 arbres cassés ou déracinés.  

 

Mars 1876   -  Tempêtes sur mer et naufrages.  -  Nous avons depuis quelques semaines, sur les côtes de la Manche, un temps abominable. Il vente presque continuellement en tempête.

La mer est affreuse. La navigation n'est pas plus praticable qu'en plein mois de décembre. Les pécheurs sont a l'ancre depuis douze jours.

  Un picoteux de Luc ayant cassé ses amarres, a été poussé vers Trouville, il est inscrit au port de Courseulles sous le n° 179.

  Une  goélette ou bisquine se serait naufragée sur le ratier de Villerville. Le bateau est perdu, on dit que l'équipage aurait péri. Nous n'avons pu avoir de renseignements à cet égard.

  Dimanche, à la suite de la tempête, les communications avec l'Angleterre, la Belgique, Lille, le Havre, Rouen, Amiens, Arras, Beauvais , etc……., ont été momentanément interrompues.

  Des pêcheurs assurent avoir vu engloutir, par la mer démontée, le vapeur anglais « Thittle ». Ce navire, qui était attendu à Dieppe avec un chargement de charbon devait être monté par onze hommes d'équipage.

  Mardi, vers sept heures du matins le brick-goélette anglais « Juliette », capitaine Roberts, venant de Llanelly avec un chargement de 250 tonneaux de charbon à destination de Caen, est tombé sur les rochers situés vis-à-vis de Bernières, à trois milles environ du rivage. A 8 heures l'équipage, composé de sept hommes, embarquait dans le canot du bord et atteignait la côte de Langrune. A 9 h., après deux heures de mer démontée, la « Juliette »  était entre deux eaux, ballottée par la houle qui était très forte, elle perdait ses mâts de perroquet et de flèche. On n'aperçoit actuellement que les bas mâts de ce navire. Les matelots sont arrivés à Caen par le chemin de fer de Luc.

 

Mai 1876   -  Maçons et bains de mer.  -  Les ouvriers maçons d'Honfleur, profitant des nombreux travaux en cours d'exécution à Trouville, Deauville, Villerville, etc…., se sont mis en grève. Ils demandent que le prix de leur salaire soit porté à 45 c. au lieu de 40 c. l'heure.

— La municipalité de Villerville fait enlever au devant de l’estacade des bains, l'énorme quantité de cailloux et de rochers qui faisait le désespoir des baigneurs, cette masse de cailloux retirée de la mer n'est pas perdue et sert à construire solidement un chemin vicinal qui longe les falaises.

— Du côté de Trouville, les locations ne marchent pas du tout. On a des craintes sérieuses pour la saison. La reine d'Espagne ne viendra pas cette année, d'autres hôtes habituels sont en partance pour l'Exposition de Philadelphie.  

 

Octobre 1876   -  La tempête.  -  Une tempête épouvantable s'est déchaînée sur nos contrées dans la nuit de samedi à dimanche, de nombreux arbres ont été déracinés dans les campagnes, sur notre littoral, beaucoup de barques ont brisé leur ancre. A Villerville, la barque de pêche du sieur Baron, est allée se briser sur les galets, en face de Pendedepie. 

Les échafaudages et la tour en construction de l'église du Molay, près Bayeux, ont été renversés par le vent. 

Les herbages de la vallée de Pont-l'Evéque ont été inondée, il en a été de même de certaines rues de Pont-l'Evêque où la circulation a été interrompue pour les piétons.  

 

Janvier 1877   -  Naufrage et naufragés.  -  Samedi dernier, on a trouvé sur la plage de Villerville, le cadavre du sieur Eugène Vigard-Germet, âgé de 25 ans, né à Hipport, demeurant au Havre, où il exerçait la profession de marin. Ce malheureux était monté dans un canot, qui sombra à l'entrée du chenal du port du Havre, et, malgré les secours immédiats, il avait été impossible de retrouver son corps, qui a séjourné dans l'eau pendant près de vingt jours. 

 

Juin 1877   -  Bains de mer.  -  Les plages du littoral font leur toilette, elles se préparent à dignement recevoir les étrangers qui viennent leur demander asile pendant la belle saison. Dans l'intérêt des voyageurs, la Compagnie du chemin de fer de l'Ouest a modifié son service. Les locations se font à des prix encore supérieurs à ceux de l'an dernier.

Le maréchal Canrobert a loué à Villerville ; M. le Préfet du Calvados doit louer, à Langrune, la propriété Hallais. A Trouville, Pasdeloup et son orchestre sont annoncés.

Partout on a construit : auprès du casino de St-Aubin, un hôtel avec bains chauds a été établi par M. Niard, l'ouverture est annoncée pour le 1er  juillet, à Saint-Aubin, sur la plage, M. Vermont a placé une tente café ; à Langrune, la masure qui se trouvait devant l'hôtel Delaunay a été démolie ; à Luc, on parle d'éclairer la grande rue de la mer avec des candélabres.

Alors qu'il était communal, le chemin qui conduit de la gare de Luc, à la propriété Larivière, était quasi praticable, aujourd'hui qu'il est classé départemental il n'est pas sans danger de s'y aventurer les jours de pluie. Ce n'était pas la peine assurément... d'en changer le classement (air connu).

Ouistreham, presque désert depuis l'installation du chemin de fer de la mer, reprend vie, grâce à la gondole le « Chevreuil » et au steamer « l'Utile » qui font, chaque dimanche, le trajet de Caen par le canal. Départs de Caen à 9 heures du matin, de Ouistreham à 6 heures 30 du soir. Parcours en 1 heure et demie. Prix : 1 fr. 50 aller et retour, et moitié place pour les enfants. 

 

Août 1878   -  Les bains de mer.  -  C'était fête à Courseulles dimanche. Jamais il n'y avait eu foule pareille. Dans le train de 9 heures 20, qui n'est parti qu'à 10 heures, plus de 1 000 promeneurs ont pris place. Dans la gare et aux abords, c'était un tohu-bohu indescriptible, il y a même eu des vitres de brisées. Pendant que les uns maugréaient et se lamentaient, les  autres chantaient et criaient, au grand mécontentement des gendarmes, qui nous ont paru, dans la circonstance, un peu trop irascibles et enclins à verbaliser.

— On se plaint toujours et partout de la malpropreté des dunes. A Luc, la descente à la mer n'est plus seulement un cloaque, c'est aussi un casse-cou.

  A Villerville, c'est au nez et à la barbe du garde champêtre qu'on dépose, en face de l'hôtel, les détritus des cuisines.

  A Lion, c'est avec les saletés de la commune qu'on élargit les dunes.

— A Langrune, on a dernièrement planté un calvaire. Par suite d'autorisations un peuu trop légèrement données, le lieu où s'est tenue la cérémonie religieuse extérieure était entouré de femmes colosses et de veaux à deux tètes. Au banquet, des invités se sont plaint de n'avoir qu'un verre et une tasse à café pour deux. Passe, pour le verre, mais pour le café, impossible d'accorder celui qui ne met dedans qu'un larmo d'eau-de-vie et celui qui s'en fourre douze demoiselles comme, un chantre que nous connaissons.

— Que les temps sont changés !.. Aujourd'hui, à Saint-Aubin, on se plaint de trop entendre retentir la cloche de la vente au poisson. Jadis, c'était différent. Au premier coup, tout le pays était sous cloche. C'est là qu'on apprenait les nouvelles du jour et de la nuit, c'est là qu'un petit groupe, aujourd'hui en partie disparu, passait en revue le bataillon féminin, c'est là qu'on recherchait, pourquoi Mme X……. avait les yeux gros de larmes et sa voisine les traits un peu fatigué, et toujours on en trouvait la cause dans le départ subit d'un ami intime, ou l'arrivée  d'un mari anxieusement attendu. C'est là aussi que Jamet annonçait qu'à la grand'messe maître Rossignol chanterait en musique, et qu'à vêpres son curé prêcherait, en faux-bourdon.  

 

Décembre 1878   -  Phare.  -  On fait en ce moment, à Villerville, des études pour établir un phare dominant l'embouchure de la Seine, et destiné à protéger les navires contre les nombreux bancs de sable, qui s'y sont formés.

 

Janvier 1879  -  Appropriations et réparations en 1878.  -  85 locaux, appartenant à 73 communes, ont été appropriés ou réparés dans le Calvados  -  Arrondissement de Pont-l'Evêque : Rumesnil, école mixte ; Gonneville-sur-Honfleur, école mixte ; La Rivière-Saint-Sauveur, école de garçons ; Blonville, école mixte ; Clarbec, école de garçons ; Villerville, école de garçons.

 

Avril 1879   -  Découverte d’un cadavre.  -  Le cadavre d'un homme inconnu, paraissant âgé de 60 ans, a été trouvé dans une mare située sur la commune de Villerville, canton de Pont-l'Evêque. Voici son signalement : Tête presque chauve, front large, nez moyen, bouche moyenne, menton rond, vêtu d'une blouse en toile bleue, pantalon en velours bleu foncé, gilet en drap noir, tricot en laine marron, casquette en drap marron avec bordure noire, chemise en toile, cravate en laine noire, chaussé de brodequins. Cette mort doit être attribuée à un suicide.  

 

Mai 1879   -  Un noyé.  -  Le cadavre d'un inconnu trouvé dans une mare de Villerville a été reconnu pour être celui d'un nommé Modeste-Théophile Blain, âgé de 62 ans, cultivateur, né et demeurant à Marmimont (Oise). La mare où il s'est noyé contenait à peine 300 litres d'eau. On attribue cette mort à un suicide déterminé par un dérangement du cerveau par suite d'un emprunt de 1 200 fr. qu'il ne voulait faire connaître à personne. Il ne se trouvait pas cependant dans une situation gênée, car il possédait un capital de 15 à 20 000 fr.  

 

Octobre 1879   -  Pêche.  -  La pêche du saumon, de la truite et de l'ombre-chevalier est interdite dans tous les cours d'eau du département, depuis le 19 octobre, au coucher du soleil, jusqu'au premier février 1880, au lever du soleil. Cette interdiction s'applique à tous les procédés de pêche, même à la ligne flottante à la main. 

 

Novembre 1879  -  Un étrange suicide.  -  Une histoire assez singulière et où un moment d'aliénation a pu jouer un certain rôle, s'est passée mardi à Villerville. Un nommé Delaunay, âgé de trente ans, demeurant avec sa mère, s'était marié civilement la veille et devait se marier mardi à l'église, à 6 heures du matin. On le vit à ce moment, alors que quelques personnes attendaient le commencement de la messe, entr'ouvrir la porte de l'église, se retirer aussitôt et se rendre chez sa mère qui, paraît-il, s'opposait au mariage et s'était refusée à y assister. Delaunay dut quitter sa mère au bout de peu de temps, on se mit à sa recherche, et quatre heures plus tard, ou le trouvait mort dans le sous-sol, d'une maison en construction. Il était pendu par le milieu du corps, une corde lui serrait les reins et les flancs, sa tête était en bas et touchait ses pieds. On s'explique difficilement ce genre de suicide.  

 

Mai 1880  -  Pêche aux moules.  -  La pêche des moules est permise sur les moulières du Râtier de Villerville et de Hennequeville.  

 

Novembre 1882  - Un homme à la mer. -  Vendredi l'après-midi, vers 4 h. 1/2, Louis Dufay, patron et armateur du bateau de pêche, n° 217, de Villerville, a été enlevé par une lame sourde et jeté à la mer au moment où il se dirigeait sur Honfleur. Dufay montait la « Reine-du-Ciel » avec son gendre, que ce même coup de mer a roulé à bord, et avec un mousse qui, fort heureusement, en ce moment était dans la chambre du bateau où son patron venait de l'envoyer chercher un peu de tabac à chiquer. Chacun a fait son possible pour tenter le sauvetage du malheureux Dufay,  mais toutes les tentatives ont été vaines. L'infortuné marin était à peine tombé à l'eau qu'il disparut en criant : « Mes pauvres enfants, adieu. » 

Il était marié et père de quatre enfants. La mort semble s'abattre cruellement sur la famille Dufay : il y a une vingtaine d'années, l'aîné de la famille périssait dans une circonstance semblable. Un autre frère était emporté, dernièrement, par une affreuse maladie cancéreuse.

 

Février 1884  -  Un homme à tout faire.    Il parait que le garde champêtre de Villerville et à la fois receveur-buraliste, allumeur de réverbères, afficheur public, et garde champêtre.

 

Septembre 1885  -  L’ouragan.  -  La tempête qui a sévi cette semaine sur notre contrée a causé d'immenses ravages.

A Caen et dans les campagnes voisines, les dégâts sont purement matériels : arbres arrachés, pommiers brisés et dépouillés de leur récolte, couvertures endommagées. Le train de 8 heures, de Courseulles à Caen, est demeuré en détresse pendant 3/4 d'heure à la sortie de Douvres. Quatre grands arbres, arrachés par le vent, obstruaient la voie, ayant brisé les fils télégraphiques. Il a fallu scier les troncs d'arbres qu'il aurait été impossible de déplacer, s'ils étaient restés entiers.

A Lisieux, Pont-l'Evèque, Vire, Bayeux, grands dégâts, mais pas d'accidents. A Condé, où se tenait la foire, des tentes de forains ont été renversées. Des peupliers sont tombés sur un bâtiment de la tannerie de M. Maillard, et l'ont effondré. Un ouvrier a failli être tué.

Sur nos côtes, cet ouragan coïncidait avec la grande marée, ce qui en a augmenté la violence. A Langrune, la mer a enlevé sur plus de cent mètres les talus en terre bordant la rue de la Plage, démoli des murs en pierre sèche, coupé les pentes qui conduisent à la mer et brisé les escaliers en bois. A Cabourg, les cabines des bains culbutées. Les branches des arbres jonchaient toutes les avenues.

Une barque d'Arromanches dont l'équipage se composait de 13 hommes a échoué à Asnelles, après avoir lutté 10 heures contre l'ouragan. A Deauville, la mer a enlevé le pavillon en bois placé au bout de l'estacade. A Trouville, la jetée Est a été endommagée. Un homme a été jeté à la mer par le vent et n'a pu être sauvé qu'avec grandes difficultés. Un pêcheur montant une barque du Havre, Auguste Fouriel, 35 ans, né à Honfleur, enlevé par une lame, n'a pu être retrouvé. De mémoire de marin, la mer n'avait jamais été plus furieuse. A Honfleur, le musoir de l'estacade a été assez fortement avarié par les vagues, de même que le côté nord de la digue construite à l'entrée du port. A Villerville, la tempête a eu des effets désastreux. Les falaises hautes de 20 mètres ont été escaladées par les lames, le village a été envahi, les cours remplies d'eau, des maisons démolies, le casino est littéralement emporté. Les peintres Duez, Pinel, Ravaud, le romancier Montaigut, qui ont voulu voir ce spectacle effrayant, ont manqué d'être enlevés par la mer. On est sans aucune nouvelle de plusieurs barques de pêcheurs.

Au Havre, une barque de Trouville, poussée par le vent, a heurté le steamer « l’Éclair » et brisé ses tambours. La barque a eu son beaupré cassé. Le trois-mâts italien « Nipoli-Accume » a été jeté contre le mur du quai et a éprouvé de fortes avaries. Au poste des Transatlantiques, les pieux d'amarrage s'arrachaient, et il a fallu mouiller les ancres des paquebots pour parer à tout événement.

Le cotre de Cherbourg, « l'Avenir » a fait côte sur les rochers de Mielle, l'équipage a été sauvé.

 

Mars 1886  -  Le hareng.  -  La pêche du hareng qui a été faite cette semaine dans nos parages peut être qualifiée sans exagération de « pêche extraordinaire ». Une barque de Villerville en a vendu pour 800 fr. qu'elle avait pris dans sa marée. Une autre plate en a vendu, en trois jours pour 1 500 francs.

 

Juin 1886  -  Démission.  -  La municipalité de Villerville n'est pas d'accord en ce moment. La politique n'y est pour rien. Six conseillers municipaux viennent d'adresser leur démission au préfet, et on dit que l'adjoint est également disposé à y ajouter la sienne. Tout cela, parce que, disent-ils, le maire ne s'occupe pas assez des choses de la commune, surtout au moment où les étrangers vont arriver.  

 

Juin 1886  -  Découverte d’un cadavre.  -  On a trouvé sur la grève de Villerville le corps du malheureux jeune homme qui s'était donné la mort en se tirant deux coups de revolver sur le bord du bateau qui fait le trajet du Havre. Il a été inhumé sous le nom de Jules Wencker, 26 ans, né à Levallois Perret (Paris).  

 

Juin 1887  -  Les fortes chaleurs.  -  Les fortes chaleurs que nous subissons ne sont rien auprès de celles que nos pères eurent à supporter. Ainsi, en 1803, la Normandie vit s'écouler une période de quatre-vingt-quinze jours sans pluie. En 1811, année de la fameuse comète, les rivières tarirent dans plusieurs départements. En 1844, nouvelles chaleurs, le thermomètre resta stationnaire entre 50 et 60 degrés. Dans quelques départements, les bestiaux périrent faute d'eau. En 1859, 1860, 1869 et 1874, le thermomètre monta à 38 degrés. L'année dernière, il y eut 20 degrés au mois d'octobre, température exceptionnelle pour la saison.

 

Juillet 1887  -  La sécheresse.  -  Si le temps devenu si chaud, si serein, n'est pas défavorable aux céréales, la maraicherie se plaint vivement de la sécheresse prolongée, les légumes et les fruits ont soif. D'autre part, les vers rongeurs, qui font, sous terre, la guerre à nos récoltes, se développent à l'aise, la pluie ne venant plus les noyer. On demande un peu d'eau.

 

Août 1887  -  Le drame de Villerville.  -  A Villerville, vivaient avec leurs cinq enfants, les époux Grandinot, journaliers. Le mari, emporté et brutal, s'enivrait, puis, querellait sa femme et la rouait de coups. Jeudi, les voisins entendirent le bruit d'une querelle, mais n'y firent pas attention, et Gaudinot s'en alla, comme de coutume, à son travail. Mais la femme ne parut pas. Dans l'après-midi, des voisines s'inquiétèrent, et, avisant la fillette de trois ans qui jouait sur la porte, l'interrogèrent. « Maman, répondit le bébé, elle est en haut, elle est morte !... » 

Les voisines, qui montèrent en toute hâte, virent la malheureuse femme sur son grabat. Au bruit qu'elles firent, Mme Grandinot souleva sa tête, tendit la main à l'une d'elles, et fit de vains efforts pour parler. Deux grosses larmes coulèrent, le long de ses joues, elle poussa un soupir et expira. 

Les autorités furent prévenues, les gendarmes ne tardèrent pas à arriver, ils cernèrent la maison de Grandinot qu'ils arrêtèrent le soir même. Les cinq enfants ont été aussitôt recueillis par des voisins charitables. On ne sait encore si Grandinot a commis un assassinat ou si les mauvais traitements dont il accablait sa femme ont hâté la fin de cette malheureuse. Sa  première femme, décédée il y a quelques, années, avait eu beaucoup à souffrir de ses violences. Grandinot n'a pas été arrêté et se tient à la disposition de la justice. 

 

Août 1887  -  L’affaire de Villerville.  -  Le nommé Gaudinot, demeurant à Villerville, avait été accusé d'avoir involontairement causé la mort de sa femme. L'autopsie n'a fait découvrir aucune trace de coups ou de violences sur le corps de la morte.  

 

Mai 1888  -  Défense du littoral.  -  Le ministre de la guerre a décidé qu'il sera procédé immédiatement aux études et à la construction d'une batterie haute, à Villerville, sur la route de Honfleur à Trouville.

 

Mai 1890  -  Moules.  -  La pêche en est autorisée du 1er mai au 31 octobre, sur le banc du Ratier et aux moulières de Villerville et de Hennequeville.

 

Mai 1890  -  Abeilles.  -  Dans le Calvados, les ruches d'abeilles devront être éloignées d'au moins dix mètres de la voie publique ou des héritages voisins, et en être séparées par une clôture haute de deux mètres au moins. Dans les champs, elles-devront être à cent mètres au moins de tout chemin ou de toute maison. Les ruches ne pourront être transportées dans les landes, bruyères ou bois, qu'avec une autorisation spéciale du préfet, délivrée sur un avis du conseil municipal. 

 

Mai 1890  -  Malades contagieux.  -  Les enfants atteints de la variole, de la scarlatine et de la diphtérie ne devront rentrer à l'école qu'après 40 jours, pour la varicelle, la rougeole, et les oreillons, 20 jours après. Quant aux enfants atteints de coqueluche, maladie dont la durée et variable, ils ne pourront être admis de nouveau dans les écoles qu'en présentant un certificat du médecin.  

 

Janvier 1891  -  Abordage.  -  Un abordage a eu lieu jeudi, à un mille sud-ouest de l'entrée du port du Havre, entre le steamer « Emilie », de Dunkerque, venant de Rouen, et la plate de pêche « Sainte-Marie-Protégez-Nous » n° 186, de Villerville, patron Duchemin, montée par trois hommes. Le navire abordeur s'est éloigné aussitôt après la collision. Quant à la plate qui faisait eau de toutes parts, elle a pu cependant regagner le port, mais, arrivée devant le Musée, elle a coulé. L'équipage a été sauvé.

 

Juillet 1891  -  Un triste accident.  -   Un triste accident s'est produit à bord du bateau de pêche de Villerville n° 151. Le patron, Cyrille Prentout, âgé de 34 ans, et un matelot, Victor Acard, qui jouaient sur le pont, ont glissé et sont tombés à la mer.

Prentout a disparu aussitôt, mais Acard qui savait nager, a pu attendre les secours que l'équipage s'est empressé de lui porter. Quand on l'a recueilli, il était épuisé et allait disparaître à son tour. Toute la nuit,  on lui a prodigué les soins les plus efficaces et, le matin, le bateau est entré à Honfleur, d'où Acard, à peine remis, a été conduit en voiture à Villerville. Le malheureux patron laisse une veuve et trois enfants en bas âge.

 - Le corps de Cyrille Prentout, a été rencontré en mer par les pêcheurs d'Yport. Aucun n'a voulu le ramener, dans la crainte, ont-ils dit, de ne pouvoir vendre leur poisson, s'ils avaient apporté le noyé ; est aussi par superstition. Quel égoïsme et qu'elle inhumanité !

 

Janvier 1891  -  Incendie.  -  Un incendie s'est déclaré chez le sieur Leménager, boulanger à Villerville. Le feu a pris naissance dans la chambre à coucher. Il a dû être communiqué aux rideaux par une lampe à huile sans verre restée allumée. Pertes, 1 500 fr.  

 

Juin 1891  -  Jeu de main, jeu de vilain.  -  Jeudi soir, la plate de pèche de Villerville « Tout-à-Dieu » se trouvait en face le Havre. Elle était montée par le patron Prentout, 34 ans ; le matelot Accard, 52 ans ; un novice et un mousse. 

Pendant que le chalut était alla mer, Prentout et Accard s'amusaient à se bousculer sur le pont, lorsqu’ils tombèrent sur la lisse du bateau et furent précipités à l’eau, Prentout ne savait pas nager, il coula aussitôt. Accard se maintint et, malgré le courant très fort à cet endroit, s'efforça de regagner son bord. 

Une gaffe lui fut lancée par le novice de la plate, mais il s'épuisait visiblement et allait à son tour disparaître lorsqu'un autre bateau de pèche, le « Félix », également de Villerville, arriva sur les lieux. 

Aidé du mousse et du novice, un homme du « Félix » ramenai presque sans vie, le malheureux Accard. Prentout laisse une veuve et trois enfants ; Accard est dans la consternation.  

 

Juillet 1891  -  Bêtise, égoïsme, superstition.  -  On se rappelle l'accident dont un malheureux pêcheur de Villerville, Cyrille Prentout, patron de la plate « Tout-à-Dieu », T.-R. 151, fut victime il y a une quinzaine de jours. 

D'après une lettre adressée d'Yport, le corps de Prentout aurait été rencontré à différentes reprises à deux milles au large, soit par le travers d'Étretat, soit par le travers d'Yport, par des canots de pèche de ce dernier port, mais les patrons ne voulurent pas le recueillir « par rapport à leur marée qu'ils n'auraient pu vendre, s'ils avaient apporté le noyé, et aussi par superstition. »  

 

Janvier 1893  - Série d’adultères.  -  Dans une seule audience, le tribunal de Pont-l'Evèque a eu trois flagrants délits d'adultère à juger. En tête, un baron, autrichien il est vrai. Or, ce baron Joseph Janische, 27 ans, né à Vienne, était, l'été dernier, en villégiature à Villerville. Ce n'est pas très gai Villerville. Aussi, pour charmer ses loisirs, il fit la cour à une charmante voisine de 31 ans, répondant au doux nom d'Annette, dont le mari s'absentait souvent pour aller à Paris où il habite.

Prévenu par quelque domestique mécontent, le mari fit pincer le couple en flagrant délit. Ils ne se sont pas présentés à l'audience. A leur défaut, on à entendu les domestiques qui ont tout raconté. Le baron a été condamné à 20 jours de prison et la gentille Annette Schareb, à 40 jours de la même peine. 

—  Flagrant délit à Trouville : Marie Le Drinlenec, femme Canu, 28 ans, 1 mois ; son complice, Charles Delarose 29 ans, 10 jours. 

—  Clémentine Leseur, femme Lepetit, 32 ans, demeurant à Cabourg, 1 mois de prison ; son complice, Henri Gourgues, 27 ans, demeurant à Trouville, 8 jours. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Juin 1893  -  La saison des bains.  -  Le beau temps amène déjà des baigneurs. M. Pasteur est arrivé cette semaine à St-Aubin, où il restera un mois. 

Ce sont MM. Noël et Passard, propriétaires du Grand-Hôtel de Monaco, qui se sont rendus concessionnaires des établissements de la plage de Cabourg, hôtel et restaurant. 

M. Lajoye a loué l'hôtel Belle-Plage de Luc à un homme du métier, M. Menard, dont les parents tiennent un hôtel à Paris. L'ouverture a lieu dimanche prochain. 

M. Simon-Max, l'artiste parisien si connu et si aimé, vient de. prendre la direction du casino de Villerville, troupe choisie, avec Mme Simon-Girard en tête. Tous les jours, Five O'Clock.  (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Septembre 1893  -  Respect aux morts.  -  Dernièrement, on enterrait à Villerville un honnête et brave citoyen : M. Lebrun, ancien chef de bureau des enfants assistés du Calvados, officier d'académie et décoré de huit médailles. Il n'a pas voulu du clergé à son inhumation. C'était, son idée à cet homme, nous la respectons, sans la partager. Mais, au moment de la mise en terre, la fosse s'est trouvée trop petite et le fossoyeur s'est mis à piétiner sur le cercueil pour le faire entrer de forces. Sachant que l'on pouvait agir ainsi avec ce mort qui se « faisait enterrer comme un chien ». Triste résultante des sermons de ces faux apôtres qui admettent la liberté, mais à la condition qu'elle fasse bouillir la marmite du presbytère. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Novembre 1893  -  La baleine de Villerville.  -  La baleine qui s'était échouée par le travers de Villerville, a été mise en vente par les soins du service de la marine. 

Elle a été achetée 400 fr. par M. Max, directeur du Casino de Villerville. Il s'est entendu avec des industriels du pays pour dépecer et vendre les parties marchandes de l'énorme poisson. Il en fera monter le squelette qui sera exposé la saison prochaine à l'entrée du Casino. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Juin 1894  -  Casino de Villerville.   -  Prochainement ouverture. Inauguration de la baleine de Villerville, échouée vivante le 21 octobre 1893, reconstituée par les soins de M. Simon-Max. Des fêtes seront organisées dans le ventre de la baleine. Le public entrera par la tète du cétacé et sortira, par l'arrière train. 

Jonas, revue en un acte, avec chants, voyage sous-marin, théâtre, concerts. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Août 1895  -  Mérite agricole.  -  Sont décorés : MM. Barassin, cultivateur à St-Martin-de-Fontenay ; Fanet, cultivateur à Fontaine-Henry ; Gombault, aviculteur à Merville ; Gouye, maire de Canchy ; Henry, éleveur à Thaon ; Lepailleur, éleveur à Tessel-Bretteville ; Piel, horticulteur à Deauville, et Ricard, éleveur à Villerville. (Source  : Le Bonhomme Normand) 

 

Novembre 1895  -  Que d’affaires ! que d’affaires !  -  Cette affaire a déjà été racontée par mon compère. Il s'agit de maître Jean Guéret, 53 ans, conseiller municipal à Villerville, qui aurait dû tenir caché ce qu'il a montré à la femme Travers et à sa fille. Ce sont elles qui l'affirment. Cette exhibition n'est pas prouvée, mais ce qui est certain, c'est que maître Jean, en leur crachant au nez, a traite « de vache » la femme Travers, et que celle-ci lui a répondu : « Je n'vos en ai jamais servi ».

C'est Me Engerand qui plaidait cette affaire devant le tribunal de Pont-l'Evêques. A force de faire rire messieurs les juges, il les a désarmés, car, toujours en riant, ils ont acquitté Guéret qui, à sa sortie, a encore regardé de travers mame Travers et sa fillette. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Avril 1896  -  Les victimes de la Mer.  -  Dimanche 12 avril, vers six heures du soir, la barque de pêche « Augustine », de Villerville, patron Lamidey, se trouvait sur le banc d'Anfard quand le vent s'éleva tout à coup et fit chavirer l'embarcation qui coula immédiatement. Le matelot Perchet, jeté à la mer par une lame, parvint à saisir une vergue et se maintint ainsi à la surface de l'eau pendant près de deux heures, c'est-à-dire jusqu'au moment où le matelot Lesault, du vapeur le « François 1e », malgré la mauvaise mer, n'hésita pas à se jeter à la nage. 

Après des efforts inouïs, il put saisir la vergue et sauver enfin le malheureux marin qui n'en pouvait plus. Quant au patron et au mousse, ils sont disparus. Perchet a entendu le malheureux Lamidey crier, avant d'être englouti : «Mes enfants !... Mes pauvres enfants ! » Ce malheureux était âgé de 32 ans, il laisse une veuve et trois enfants. Quant au mousse Leroy, qui est de Saint-André-d'Hébertot, il a, jusqu'au dernier moment, crié au matelot Perchet : « Oh ! père Jean ! père Jean ! sauvez-moi !... »  (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Avril 1896  -  Conseil Général.  -   Comme il était facile de le prévoir, l'impôt sur le revenu n'a pas été bien accueilli par la presque totalité des conseils généraux. Celui du Calvados, à l'unanimité moins deux abstentions, celles de MM. Knell et Bunel, a émis le vœu que le projet du gouvernement soit repoussé. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Avril 1897  -  Dangers de la mer.  -  On a trouvé échoué sur la plage aux Grandes-Dalles, près Fécamp, un cadavre que l'on croit être celui du jeune mousse de quinze ans, Jules Dabourday, qui était à bord de la « Marguerite », barque de Villerville récemment coulée.

— La barque du sieur Victor Marie, dit Léon, a sombré près de Port-en-Bessin. Pendant prés d'une heure, le malheureux Marie est resté entre la vie et la mort, cramponné au haut d'une vergue. Il a été sauvé. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Avril 1897  -  La neige.  -  Dès samedi,  il en est tombé sur notre région. Mardi, elle a été plus abondante, mais sans tenir. Dans les Alpes, il y a eu une véritable tourmente. Au col de la Traversette, où trois de nos soldat ont été récemment engloutis, la neige a atteint près de 5 mètres d'élévation. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Avril 1897  Vent et tempête.  - Ces derniers jours, la mer a été démontée sur nos côtes. Il n'y a pas eu de sinistres causant mort d'hommes, mais les embarcations ont eu beaucoup à souffrir, et le vapeur « le Havre » a coulé à pic en vue de Cherbourg. Les six hommes qui le montaient ont été sauvés. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Avril 1897  -  Pêcheur retrouvé.  -  Une barque du Tréport a retrouvé le corps du pêcheur Fortuné Aubert, de Villerville, noyé par suite de l'abordage de la plate « Liberté », le 30 janvier dernier. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Mai 1897  -  Pêcheur retrouvé.  - On a retrouvé à Senneville, près Fécamp, le corps de Julien Bacon, 18 ans, la dernière victime de la plate de Villerville « Marguerite », perdue le 3 mars dernier. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Juillet 1897  -  Terrible accident de voiture.  -  Le peintre Dantan, 49 ans, très connu à Paris, venait depuis plusieurs années en villégiature à Villerville. Mercredi, il était allé en voiture à Trouville, avec sa femme, une dame Flint et ses deux jeunes filles. Au retour, en descendant la côte qui aboutit à Villerville, les guides se sont brisées, le cheval s'est emballé et est allé s'abattre contre le mur de l'église, M. Daman s'est brisé le crâne, il est mort quelques instants après. Sa femme, qui avait eu une cuisse brisée en deux endroits, est morte 48 heures après. L'une des jeunes Flint, âgée de 16 ans, a été blessée aux jambes et contusionnée par tout le corps, sa mère et sa sœur n'ont eu que de légères contusions. M. et Mme Dantan laissent trois jeunes enfants. Mlle Flint a été opérée, son état est aussi satisfaisant que possible. (Source  : Le Moniteur du Calvados)  

 

Juillet 1897  -  Cadavre retrouvé.  -   On a retrouvé en face de Tancarville et transporté à Villerville le cadavre du sieur Julien Baron, patron de la barque de pêche « Liberté » N°15, coulée le 30 janvier dernier par le steamer « Olive », montant à Rouen. (Source  : Le Moniteur du Calvados)  

 

Août 1897  -  Basses vengeances.  -  Des malfaiteurs inconnus ont mutilé un animal domestique à la dame Olive, à Villerviile, et à la veuve Richard, à Brucourt.

-  Quatre pommiers de 20 ans, appartenant au sieur Gouley, de Maisoncelles-Pelvey, ont été dépouillés de leur peau sur un côté et dans le pied de l'arbre. Préjudice causé : 80 francs. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Janvier 1898  -  Barques de pêche coulées.  -  Dans la nuit de jeudi à vendredi, la barque « Espérance-en-Marie-Joseph », de Villerville, a abordé, à un mille environ dans le sud-ouest du Ratier, la barque « Manola », n° 114, de Trouville, qui a coulé presque aussitôt. Les trois hommes d'équipage ont été sauvés. Mardi matin, la barque « Espérance-en-Marie-Joseph » a été abordée à son tour et coulée par le steamer anglais « Niobé ». Le patron et le mousse ont été sauvés, mais les deux hommes d'équipage, Aubert, 24 ans et Hauvel, 17 ans, ont péri. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Janvier 1898  -  Barque de pêche coulée.  -  Nous avons dit dans notre dernier numéro que la barque de pèche « Espérance-en-Marie-Joseph » de Villerville, avait été abordée et coulée en Seine par le vapeur « Niobé » et que deux hommes de l'équipage avaient péri.

Le malheureux Aubert, 24 ans, de Villerville, une des victimes, qui laisse une veuve et un enfant de quelques mois sans aucunes ressources, était le frère de l'un des pêcheurs noyés l'année dernière à la suite de l'abordage de la barque « Liberté » par le navire anglais « Olive ». La seconde victime, Hauvel, 17 ans, demeurait chez ses parents, à Vasouy. (Source  : Le Bonhomme Normand)  

 

Mai 1898  -  Charité chrétienne mal appliquée.  -  Dernièrement, pendant la prière du soir, un vol avec escalade était commis au presbytère de Villerville. Une lettre, signée « Tante Rose », signalait comme le voleur un individu de la commune. Les gendarmes firent chez lui une perquisition minutieuse et ne découvrirent rien. Du reste, cet homme put établir qu'au moment du vol il se trouvait loin du presbytère. Le signataire de la lettre est connu, l'auteur du vol aussi, dit-on. Mais l'affaire en reste là, le curé l'ayant demandé. 

C'est beau la charité chrétienne, mais à la condition qu'elle ne serve pas à couvrir les voleurs. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Mai 1898  -  Canot de pêche coulé.  -  Le canot de pêche « Notre-Dame-des-Flots », de Tancarville, revenait de la pêche aux moules, à Villerville, près Trouville. Surpris par le flot dans l'estuaire de la Seine, il a chaviré sous voile et a disparu presque aussitôt. Le patron du canot naufragé, Pierre Cousin, laisse une veuve et cinq enfants. 

Triste coïncidence : le fils aîné de Pierre Cousin a trouvé la mort dans des conditions analogues, en janvier dernier, à bord du canot « Augustine-et-Marie », chaviré sous Berville. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Juin 1898  -  Vol d’une brebis.    On a volé une brebis de 90 fr. au sieur Lemènager, boulanger à Villerville. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Juin 1898  -  Réservistes et territoriaux.    Les réservistes et territoriaux d'infanterie, convoqués pour accomplir une période d'instruction en 1898, sont invités à retirer dans la première quinzaine de juin leurs ordres d'appel qui sont déposés à la gendarmerie de leur résidence. (Source  : Le Bonhomme Normand) 

 

Juillet 1898  -  Grave accident de voiture.     Un cheval attelé à un banneau appartenant au sieur Letellier, entrepreneur de travaux publics à Trouville, s'est emballé sur la route de Villerville. Le conducteur, renversé, a passé sous une roue. Poursuivant sa course, l'attelage rencontra un break de Honfleur dans lequel se trouvaient six personnes. L'avant-train du break fut brisé et les roues tordues, mais heureusement, les voyageurs n'eurent aucun mal. Quant au conducteur du banneau, il avait été relevé dans un état lamentable et on craint pour ses jours. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Août 1898  -  La saison.   -   Le temps s'est maintenu au beau jusqu'à ce moment. Le mois d'août est sauvé. L'affluence est toujours grande sur nos côtes. Les propriétaires de maisons, effrayée par les creux de juillet, se sont décidés à diminuer les prix de leurs maisons. Seules, les grandes locations n'ont pas toutes trouvé preneurs. Les localités les moins favorisées sont Deauville, Villers et Villerville.

— Les baigneurs se plaignent plus que jamais du prix exagéré des denrées. Aussi beaucoup de familles font-elles venir la viande, les volailles et même les légumes en colis de 5 à 10 kilos dont le port se trouve couvert par la différence de prix d'un seul poulet.

« Que voulez-vous, nous disait à ce sujet un commerçant... Il faut bien que nous gagnions pendant la saison de quoi vivre tout l'hiver ».

Nous sommes heureux de constater qu'il y a moins de mendiants, cette année, à Trouville, mais plus de pickpockets et de grecs, et que la grande voie des quais est balayée souvent et arrosés suffisamment. Il n'y a plus que cette coquine de pissotière du quai dont les marées font, comme odeur, concurrence à celles de la poissonnerie.

Moins de chant et de musique, cette saison, dans les deux églises de Trouville. Les curés rechignent, dit-on, à payer les artistes, ils voudraient qu'ils se fassent entendre pour l'amour de Dieu afin de laisser à l'église tout le bénéfice de quêtes souvent fructueuses. Dimanche, à Notre-Dame-des-Victoires, où l'orchestre du casino jouait, la quête a produit environ 1 200 fr. Il  est vrai que c'était pour les pauvres et non pour les embellissements de l'église ou l’achat d'un orgue monumental comme celui de Bon-Secours.

Dès lundi, les déménagements ont commencé à Trouville avec un trop remarquable ensemble. Du reste, ni la municipalité, ni le casino ne font rien pour retenir le public. Quant aux représentations théâtrales du Casino, toujours les mêmes fours dont se souviendront les Coquelin, les Le Bargy, les Lina Munte et autres grands artistes en tournée. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Octobre 1898  -  Découverte de cadavre.   -   Nous avons annoncé dans notre dernier numéro que le sieur François Martin, 35 ans, ouvrier maçon à Trouville, s'était noyé accidentellement en péchant de l'équille. Le corps du malheureux a été retrouvé devant les bains de Villerville.  (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Janvier 1899  -  La tempête.   -   Une violente tempête s'est déchaînée la semaine dernière, sur notre littoral. Il y a eu de très grands dégâts à Saint-Aubin, Bernières et à Langrune. A Ouistreham, les vagues ont culbuté et enlevé presque toutes les cabines sur la plage jusqu'à Riva-Bella. Le pavillon nord de la villa de la marquise d'Angerville, à Beuzeval-Houlgate, s'est écroulé. Celle de M. Auburtin, maître des requêtes au conseil d'État, a été en partie éventrée. Les dégâts sont immenses à Trouville : tous les bordages de la jetée ouest ont été enlevés. La mer a pénétré dans le café Mottet, sous les galeries de la plage la promenade en planches est presque détruite, les cabines ont été enlevées, jetées l'une sur l'autre, brisées en miettes. La mer a dévasté toutes les propriétés bordant la plage, depuis l'hôtel des Roches-Noires jusqu'à la digue, faisant d'énormes dégâts. Le parapet a été enlevé sur plus de 70 mètres. Quant à la jetée-promenade, elle est encore debout, mais dans toute sa longueur son plancher a été enlevé, ce n'est plus qu'un monceau de décombres.

Grands dégâts également à Villerville, ainsi que sur le littoral entre Grandcamp et Isigny.

Les quartiers St-François et Notre-Dame, au Havre, ont été inondés. Dans plusieurs rues, on ne pouvait circuler, car l'eau atteignait jusqu'au moyeu des roues. A Fécamp, la violence des flots a détruit complètement la digue du boulevard du Casino. Une machine à vapeur a été précipitée dans le brise-lames. La plage de Dieppe est dévastée. Des pièces de bois et des fermes en fer, arrachées du musoir de la jetée, volaient comme des allumettes sur le tablier du brise-lames.

Dans les départements, la tempête a causé également des accidents : à Raon-l’Étape (Vosges), un douanier a reçu sur le corps une pile de planches et a été tué net. il était marié et père d'un enfant. Partout il y a eu des inondations par suite de crues subites des fleuves et des rivières. Les pertes sont énormes. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Janvier 1899  -  Noyé accidentellement.   -   Le sieur Louis Ledec, 31 ans, marin du bateau de pêche n° 61, de Villerville, rentrait dimanche matin à bord de son navire, amarré quai des Remorqueurs, au Havre. lorsque, par suite d'un faux pas, il a été précipité dans l'avant-port, ce n'est que vers midi que le cadavre du malheureux marin, qui avait coulé à pic, a pu être retrouvé. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Mars 1899  -  Une garnison.  -  Villerville, la coquette petite station balnéaire, va devenir ville de garnison. Le génie militaire entreprend en ce moment, auprès de la batterie de  Cricquebœuf, la construction de baraquements pour loger une compagnie d'infanterie ; ces travaux seront terminés, assure-t-on, dans les premiers jours d'avril.  (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Juillet 1899  -  Découvertes de cadavres.  -  Le cadavre en putréfaction du sieur Eugène Guille, 36 ans, journalier à Bayeux, a été trouvé dans l'étang de M. de Rampan, à Saint-Loup-Hors, près Bayeux. C'est une citation trouvée dans sa poche qui a permis de le reconnaître. On croit que, trompé par l'obscurité, le sieur Guille est tombé accidentellement dans l'étang.

— Ou a trouvé à Villerville, près Trouvilie, le cadavre d'un inconnu assez bien mis, de 25 à 30 ans, auquel manquait le doigt majeur de la main droite. Il avait dans sa poche 25 centimes. La mort paraissait dater de quelques heures seulement. On croit qu'il était domestique. (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Août 1899  -  Affaires de mœurs.   -  Louis Caillebot, 60 ans, marin à Villerville, est prévenu d'avoir commis de nombreux attentats à la pudeur, notamment sur Gabrielle Lecoq, 8 ans, et sur Marguerite Hébert, 9 ans. Caillebot qui a tout nié, a été condamnée à 2 ans de prison. Défenseur, Me  Dubourg.

— On ne reproche à Eugène Fischer, 20 ans, journalier à Vire, qu'un seul attentat à la pudeur commis sur Eugénie Goulhot, 5 ans et demi. Mais comme ses antécédents sont très mauvais, Fischer a été condamné à 5 ans de réclusion. Défenseur, Me  Boissais.

— Frédéric Dupont, 78 ans, propriétaire et adjoint à Basly, était accusé d'attentats à la pudeur commis sur Aimée Pain, 9 ans. Sur les instances de l'accusé, la femme Pain avait consenti à ne pas porter plainte. Mais une lettre anonyme dénonça les faits au parquet qui fit faire une enquête. Heureusement pour lui, Dupont était défendu par Me Guernier, qui a obtenu son acquittement.

— Désiré Delanoë, 27 ans, journalier à la Folletière, arrondissement de Lisieux, a comparu comme prévenu d'avoir commis un attentat à la pudeur sur la veuve Anneval, âgée de 85 ans ! Le jury, pensant que cet attentat ne pouvait pas avoir de suites graves, a eu pitié de Delanoë et l'a acquitté. Défenseur,Me  Chéron.

— Jules Desprès, 43 ans, maçon au Mesnil-Bacley, est prévenu d'avoir commis plusieurs attentats à la pudeur avec violence sur sa fille, alors qu'elle était âgée de moins de 15 ans. Ce misérable père nie les faits. Il est condamné aux travaux forcés perpétuels. Défenseur, Me  Martin.

— Un vagabond, François Angué, 34 ans, né à Claire-Fougère (Orne), de passage à Moult, a violé la jeune Berthe Lefevre, âgée de 11 ans et demi. Il a été condamné à 20 ans de travaux forcés. Défenseur; Me  Grandsart.  (Source  : Le Bonhomme Normand)

 

Octobre 1900   -   Suicides.  -   Le sieur Camille Gaucher, laveur de vaisselle dans un hôtel de Villerville, près Trouville, s'est pendu. Cause inconnue. 

— Le sieur Jules Duclos père, propriétaire à Orbec, s'est pendu dans sa grange. On ignore les causes du suicide. (Source  : Le Bonhomme Normand)  

 

Octobre 1900   -   Accident mortel, mais pas assassinat.  -  Le sieur Georges Marescot, 29 ans, journalier à Villerville, était allé à l'affût, la nuit, avec le jeune Casimir Lhomme, 18 ans, domestique à Glanville, venu chez ses parents. 

En route, Marescot, ayant besoin de se baisser, porta la main au fusil pour relever la crosse, mais sa main s'appuya inconsciemment sur la gâchette et le coup partit, atteignant mortellement le malheureux Lhomme qui le suivait et qui tomba la tête dans l’ornière du chemin. Marescot, voyant tomber son jeune compagnon, courut pour le relever. 

Il recula épouvanté en constatant que le malheureux, ayant reçu la charge dans le cou, ne donnait plus signe de vie. Marescot perdit alors la tête. Il courut tout d'une traite à Trouville et frappa à la porte du garde champêtre Vergy auquel il raconta que Lhomme venait de se suicider en se tirant un coup de fusil dans la tète. Marescot ne put soutenir ce récit mensonger devant les résultats de l'autopsie et finit par tout avouer. 

Marescot aimait le jeune Lhomme qui était très estimé, car, l'aîné de sept enfants, il donnait tout ce qu'il gagnait à sa mère. (Source  : Le Bonhomme Normand)  

 

Mars 1901   -   Vol peu banal.  -  Un malfaiteur, ne doutant de rien assurément, a volé, à Villerville-sur-Mer, dans la villa de M. Pottier, substitut du procureur de la République à Paris, dix mètres de tuyaux de plomb et deux robinets, le tout d'une valeur de 70 francs. (Source  : Le Bonhomme Normand)  

 

Juin 1901   -   Gens du littoral, veillez.  -  Un individu, ayant les allures d'un cocher de grande maison, parcourt le littoral et se fait héberger en se présentant comme envoyé d'un millionnaire en cherche d'une magnifique habitation pour la saison des bains.

A Villerville, route de Trouville à Honfleur, il commença par louer, dans un hôtel, une chambre superbe, et, après avoir retenu les écuries pour son soi disant patron, il se fit nourrir et héberger, chez de pauvres diables, il retint la femme comme cuisinière et embaucha un jeune garçon de 13 à 14 ans comme valet de pied à des appointements fantastiques.  Les fournisseur se disputaient déjà les faveurs d'un aussi puissant personnage, lorsqu'il disparut sans donner son adresse, que personne n'avait songé à lui demander, tant il inspirait confiance.  (Source : Le Bonhomme Normand)  

 

Juin 1901   -   Tué par l’alcool.  -   Un moulier de Villerville, près Trouvilie, avait bu plus que de raison. Un bouilleur d'eau-de-vie, en train de distiller, lui offrit un bol de ce poison. A peine l'eut-il absorbé, que ce malheureux est tombé foudroyé.

Ces plaisanteries mortelles devraient bien être punies. (Source : Le Bonhomme Normand)  

 

Juillet 1901   -   Empoisonné par l’alcool.  -  Dans notre dernier numéro, nous avons dit qu'un malheureux alcoolique était décédé à Villerville-sur-Mer après avoir absorbé un bol d'eau-de-vie nouvellement fabriquée.

C'est un pauvre diable nommé Joseph Planeur, 51 ans, qui allait à la pêche des moules pour les vendre dans les environs. Les constatations légales, faites par le docteur Hillets, attribuent la mort à un empoisonnement causé par l'alcool. Ceux qui ont donné à cet individu ce breuvage mortel resteront-ils impunis ? (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Octobre 1902  -   Découverte d'un cadavre.  -  Le cadavre d'une femme, dont l'identité n'a pu jusqu'à ce jour être reconnue, et ayant séjourné quelques jours dans l'eau, a été rejeté,  samedi, à la côte, sur le territoire de Villerville, près de la limite de cette commune et de celle de Trouville.

Cette femme paraissait âgée d'environ 50 ans ; elle était vêtue de flanelle blanche, d'un corsage percaline, d'une jupe noire, ceinture rouge, chaussée de souliers Molière.

 

Septembre 1903  -  Pendu.   -   On a trouvé accroupi contre une haie, à Villerville, le cadavre d'un homme inconnu paraissant âgé de 50 ans. L'individu s'était pendu avec une ficelle servant aux emballages et qui s'était rompue sous le poids du corps. Une partie pendait à i'arbre et l'autre lui entourait le cou. On croit reconnaître en lui un pêcheur de moules, depuis peu dans le pays. (Source : Le Bonhomme Normand)

 

Janvier 1907  -  Installation du Curé.   -  A la suite de la récente installation de M. l'abbé Martin, le nouveau curé de Villerville, le conseil municipal de cette localité, dans sa dernière séance, a  décidé, à l'unanimité des membres présents, de consentir un bail à M. l'abbé Martin, pour l'occupation du presbytère. (Source  : Le Moniteur du Calvados)

 

Juillet 1908  -  Le nu sur la plage. -   On s'est beaucoup inquiété  du nu au théâtre. M. Béranger, lui-même, s'en est ému. Mais on avait pas encore parlé du nu sur nos plages. Villerville  vient de mettre à l'ordre du jour cette importante et très morale question.

Ce sont deux étrangers, écrit notre correspondant, deux étrangers aux  formes massives et au parler tudesque qui ont connu à la poser devant le gracieux public balnéaire. Ces deux distingués produit des vertueux  pays de langue allemande, apparurent un beau jour tout nus dans le quartier réservé aux hommes. Grand émoi de la mère de famille chargée de fournir  des costumes. On cria, mais le directeur de l'établissement n'entendit pas.

Le lendemain, même tableau s'offrit aux yeux, mais avec une variante ; un officier en villégiature, apercevant l'homme tout nu, saisi l'occasion par les cheveux et enferma dans sa cabine  homme tout nu.

Quand il en sortit, il se trouva en présence du maire de Villerville. Mais l'homme n'en fut point surpris et revendiqua les droits du nu. Ce sont, s'exclama-t-il, dans sa langue tudesque, des  " Hippocrate" qui ne sont pas contents.

Il fallut un arrêté, affiché par le garde champêtre, pour rappeler cet amateur du nu, pour lui même, au respect des convenances.

 

Mars 1913  -  Lugubre épave.  -  La mer a rendu le corps du jeune Marcel Prévost qui s'est noyé, l'autre jour, aux Roches-Noire de Trouville.

C'est sur la plage de Villerville qu'il a été retrouvé. On l'a transporté à Bernay, d'où il est originaire et où il a été inhumé.

 

Juillet 1914  -  A Villerville.  -   Ce fut aussi pendant longtemps un simple village de pêcheurs, sans port, et sans abri, mais ce fut aussi le rendez-vous favori des artistes et hommes de lettres.

Un des plus connus, M. Simon Max, fit la fortune du pays en y créant un Casino, dont la réputation est justifiée par de nombreux visiteurs.

La grande distraction à Villerville c’est l’excursion au château d’Herbertot.

 

 Juillet 1914  -  La circulation des autos. -  M. Pierre Marcel, sous-préfet de Pont-l’Évêque, vient de prendre différentes mesures pour réglementer la circulation des automobiles.   Sont interdites dans les communes de Pont-l'Évêque, Honfleur, Trouville, Villerville, Deauville, Tourgéville, Bénerville, Villers-sur-Mer, Houlgate et Dives. Tout excès de vitesse  au-delà de l'allure de 18-22 kilomètres à l'heure ; tout jet de fumée et l’emploi des sirènes, sifflets mécaniques et de l'échappement libre ; la divagation de chiens non surveillés.

 

 Mars 1917  -  Les braves.  -  La médaille militaire a été conférée à MM. Émile Leroy, de Villerville, Pierre Maussion, de Lisieux, soldat au 203e ; Lucien Lair, de Courson ; Alexandre Frissonnet, de Lisieux, soldat au 1er tirailleurs algériens.  

 

Novembre 1917  -  Macabre découverte.  -  On vient de découvrir près de Villerville le cadavre d'un individu paraissant âgé d'une trentaine d'années. Le corps était en pleine  décomposition et absolument méconnaissable, On croit que c'est celui d'un habitant de Dives-sur-Mer, M. Thébault, qui, comme nous l'avions relaté en son temps, avait disparu en  péchant de la crevette.

 

Décembre 1917  -  Sinistre maritime.  -  Une goélette s'est perdue dans la nuit de dimanche à lundi, en face de Villerville et à environ deux milles de la côte.

Jusqu'à ce jour, cinq cadavres ont été trouvés, 3 à  Pennedepie, 2 à Cricquebœuf. À marée basse, seul les mats émergent. La gendarmerie maritime a ouvert une enquête.

 

Juin  1919  -  Vol.  -   Un âne a été volé le 27 mai, à M. Paul Hébert, mareyeur à Villerville. (Source  : Le Moniteur du Calvados)

 

Juillet 1923  -  Violence.  -  Mercredi dernier, Hémery Georges journalier à Villerville,  hameau de Grand-Bec, rencontrait, sur la route de Trouville, Gosset Eugène, mareyeur à Villerville, avec lequel il vivait depuis quelque temps en mauvaise intelligence.
Une nouvelle discussion s'engagea entre les deux individus, à la suite de laquelle Gusset, se croyant menacé, porta à Hémery un violent coup à la tète avec le manche de son fouet. La
victime a porté plainte la gendarmerie de Trouville.

 

 Octobre 1923  -  La mort du vagabond.  -  Dans un hangar de Villerville on vient de découvrir le corps d'un homme pendu à une poutre.

La gendarmerie de Trouville, prévenue aussitôt, s'est rendue sur les lieux. On se trouvait en présence du cadavre du nommé Auzeris, âgé de 57 ans, sans domicile fixe.
Cet homme, qui avait plusieurs fois manifesté l'intention d'en finir avec la vie, était à bout de ressources, ayant dissipé toute sa fortune, ne travaillant qu'irrégulièrement et se livrant à la
boisson.

 

Février 1924  -  Mouvement de la population en 1923.  -  Naissances, 18 - mariages, 11 -  décès, 17.    

 

Août 1924  -  Paroisse Saint-André.  -  Le dimanche 24 août, bénédiction d'une statue de la Bienheureuse Thérèse de l'Enfant-Jésus.  

A 10 h. 30 (légale) Grand'messe, pain bénit.

A 3 h. 30, Procession avec la statue, dans la rue Pavée; vêpres solennelles, présidées par M. le chanoine Guérin, curé doyen de Trévières; cantate en l'honneur de la Bienheureuse « La Rose effeuillée », allocution par M. le chanoine Poisson, curé de Notre-Dame de Caen; bénédiction de la statue, salut solennel. A la grand'messe et aux vêpres, les chants seront exécutés par Mme Léa Imbert-Carré, membre de la Société Nationale des Beaux-Arts et par plusieurs artistes amateurs de la plage.  

 

Juillet 1926  -  Les sauveteurs normands.  -  Les annales du Sauvetage Maritime, pour le 1er  semestre 1926, relatent les actes de courage accomplis par nos marins normands.
Le 13 janvier dernier une chaloupe était en détresse dans le nord de Villerville, et elle demandait du secours avec son pavillon en berne.

Il ventait très dur de l'est et en rafales la mer était grosse et toute blanche par la force du vent. Prévenu par le préposé de la marine, M. Ch. Tourneur, capitaine du remorqueur  « Honneur », appareilla aussitôt avec son remorqueur et le canot de sauvetage.

A la hauteur du Sud Ratier, il aperçut la chaloupe 108, désemparée de sa voilure et de son gouvernail, risquant de sombrer à chaque coup de tangage.

Il réussit à lui passer une remorque, sauvant ainsi ses deux hommes. Les naufrages avaient passé toute la nuit par un temps glacial, trempés et sans nourriture.

 

Septembre 1926  -  Les travaux sur le littoral.  -  M. le Maire de Villers-sur-Mer demande la réfection et l'élargissement du chemin de grande communication, n° 34, longeant la plage de Villers-sur-Mer. Pareille demande est faite par le Syndicat d'initiative de Villerville-Cricqueboeuf, pour la partie du chemin de grande communication n° 34, dans la traversée de ces deux  communes. La même demande est présentée dans un vœu émis parle Conseil d'arrondissement de Pont-l'Evêque, concernant le même chemin entre Trouville et Honfleur : A ce dernier vœu, le service vicinal a fait la réponse-suivante : « L'élargissement du chemin de grande, communication n° 34, entre Trouville et Honfleur, dans les parties étroites, entraîne une  dépense et détruirait certaines plantations qui font  le charme de cette voie côtière. La solution envisagée serait très onéreuse pour les finances départementales et communales et  elle pourrait être évitée en réglementant la circulation des gros véhicules sur cette section de chemin. L'Administration se propose, l'année prochaine, de réglementer la circulation en  sens unique des poids lourds, autocars et en général des véhicules de grand gabarit, pendant les 3 mois de la saison balnéaire.

 

Octobre 1926  -  Un Villervillais à l’honneur.  -  Dimanche prochain, aura lieu à Rome, la cérémonie de la béatification des Martyrs de septembre 1798. Parmi eux figure Thomas-Jean Monsaint, à Villerville et massacré pour la défense de sa foi, le 2 septembre 1792, l'Abbaye, à Paris.

Ses parents étaient fermiers de « la Bergerie » Il fut ordonné prêtre à Lisieux, en 1749, fut vicaire d'Orbec, prêtre sacristain à l'hôpital de la Salpetrière, curé de Blangy-le-Château, il ne fit que passer, puis vicaire de Saint-Roch à Paris. Il refusa de prêter le serment de la constitution civile du clergé, fut incarcéré à l'Hôtel de Ville de Paris et égorgé le jour même, avec vingt autres prêtres.

 

Décembre 1926  -  Prés de Trouville une villa est incendiée et toute une famille périt dans les flammes.  -  Un violent incendie s'est déclaré, vers minuit 15, à la villa « La Falaise », rue Georges-Clemenceau, à Villerville, dont le propriétaire, M. Roger Émile, industriel, 23, quai de la Porcherie, à Corbeil, était arrivé la veille avec sa femme et ces trois enfants, pour passer les fêtes de Noël.

Réveillé brusquement par un craquement insolite, M. Roger ouvrit la porte de la chambre des enfants contiguë à la sienne et constata avec terreur qu'une partie de l'immeuble était déjà la proie des flammes. Il sauta de la fenêtre de sa chambre située au premier étage, après avoir dissuadé sa femme, qui voulait l'imiter, de suivre son exemple, afin d'aller chercher une échelle pour sauver les siens.  Malheureusement il n'en trouva pas dans le voisinage et quand il revint, affolé, pour tenter un suprême effort, il assista impuissant à l'écroulement de la villa en feu.

Sa famille tout entière avait péri dans les flammes.

Les pompiers de Villerville auxquels s'étaient joints ceux de Trouville avec leur moto-pompe, parvinrent à maîtriser le feu après six heures d'efforts.

Les quatre victimes dont les cadavres carbonisés n'ont pu encore être retirés des décombres fumants, sont, Mme Roger, âgée de 48 ans, Maurice, âgé de 12 ans, Marguerite, âgée de 10 ans, et Suzanne, âgée de 9 ans, ses trois enfants.

On suppose que l'incendie a été communiqué par le calorifère du chauffage central situé au sous-sol et allumé depuis deux jours. Cette nuit de Noël tragique a jeté la consternation dans le pays.

 

Août 1927  -  Victimes de leur courage.  -  Ayant appris qu'un homme sur le point de se noyer était cramponné à une bouée, en face de Villerville, le patron Armand Lacheray a mis aussitôt à la mer, avec quelques hommes courageux, le canot de sauvetage « Amiral-de-Maigret ». Mais la mer était basse et le canot a heurté un mur dissimulé dans la vase. Il en est résulté un choc violent qui a occasionné au patron Lacheray une profonde blessure au dessus de l'arcade sourcilière gauche, tandis que le matelot Jean Desvaux était grièvement blessé  au nez.

Le canot n'en est pas moins sorti, mais il n'a pas eu à intervenir, le naufragé avait déjà été recueilli par une autre barque.

 

Janvier 1929  -  Un calvaire renversé par un coup de vent. -  Le calvaire en granit de Bretagne, qui s'élevait à mi-cote et dominait le bourg de Villerville, a été renversé par à coups de  vent. M. Levasseur, pharmacien chez M. Lacoste, à Trouville, qui passait en bicyclette, a eu quelques contusions. Ce calvaire avait été élevé il y a 40 ans.  

 

Février 1929  -  Un château cambriolé.   -   Se rendant comme de coutume au château de Villerville de la comtesse de Nétmières, pour les besoins de la garde qui lui est confiée, Mlle C.  Marie se rendit compte que des malfaiteurs avaient opéré dans plusieurs pièces du château. Un rapide inventaire permit aussitôt de constater que deux garnitures de cheminées avaient été enlevées, cinq boules de billard en ivoire ont été également emportées, ainsi qu'une certaine quantité de linge que refermaient deux grands placards.  

 

Juillet 1929  -  La température.  -  La chaleur après laquelle tout le monde aspirait en raison des vacances et pour la maturité des récoltes, est survenue brutalement. Et c'est maintenant  une température torride que nous avons à subir, avec des 30° et même plus à l'ombre.

L'absence de vent rend encore cette chaleur plus difficile à supporter et les travaux des champs sont devenus très pénibles dans cette véritable fournaise. Cependant, mardi, le ciel  commençait à se couvrir et l'orage semblait proche. Espérons que des pluies viendront rafraîchir la température, mais souhaitons cependant qu'elles ne soient pas trop fréquentes et que nous ayons un été suffisamment sec.

 

Août 1929  -  Deux automobilistes attaqués sur la route de Trouville.  -  Vers 17 heures, MM. Aubert fils, mareyeurs, revenant de Honfleur en conduisant leur camionnette et  regagnaient leur domicile à Villerville. Environ 200 mètres après avoir passé le phare des Fonds, profitant que l'auto roulait à faible allure, deux individus, qui semblent être étrangers au pays, montèrent chacun d'un côté sur le marche-pied du véhicule en marche avec l'intention évidente de faire un mauvais parti aux occupants. L'un des agresseurs donna un coup de  poing au chauffeur pendant que l'autre s'attaquait à celui qui était assis à côté. Les deux frères Aubert se défendirent, qui, avec une clef anglaise, qui avec un levier et réussirent à se  débarrasser de leurs agresseurs. Ces derniers ont la gendarmerie possède le signalement sont activement recherchés.

 

Septembre 1929  -  La sécheresse.  -  Le temps magnifique dont nous jouissons a aussi ses inconvénients. Aux cas d'insolation toujours possibles et aux véritables souffrances physiques  que cause une température aussi élevée, il faut ajouter le manque d'eau qui commence à inquiéter sérieusement les agriculteurs.

Non seulement, il ne pleut pas depuis plusieurs jours, mais l'année presque entière a été d'une sécheresse inaccoutumée. A la campagne, les cultivateurs qui n'ont pas de source sur leur  propriété, ou de puits, sont obligés d'aller chercher l'eau à la rivière pour les besoins de leur ménage et pour abreuver les bestiaux, et de la faire charrier à des distances quelquefois  très grandes, d'où une gêne sensible et des dépenses considérables.

Les villes ne sont pas moins à plaindre. Pour abattre la poussière et donner un peu de fraîcheur dans les rues, elles sont obligées de faire arroser, ce qui grève incontestablement le  budget.  

 

Avril 1931  -  Subvention.  -  Le Conseil général est saisi d'une demande de subvention émanant de la commune de Villerville, qui se trouve dans l'obligation de créer des égouts. Le  devis est de 660.000 fr., et l'état, accorde une subvention de 310 000 francs. Le reste de la dépense à fournir par la commune est de 350.000 francs. Elle ne dispose pas de fonds libres, et en 1931 elle a dû s'imposer de 120 c. pour insuffisance de revenus. 

La commission des travaux publics a estimé que, malgré tout l'intérêt que comporte cette question, il n'est pas possible pour le département d'entrer dans la voie de subventionner les travaux urbains et, après consultation de la Commission des Finance ?, rejette la demande de Villerville.  

 

Août 1932  -  Travaux de défense contre la mer. -  Par délibération en date du 25 mars 1932, le Conseil municipal de Villerville a décidé de demander au Conseil général une subvention aussi large que possible pour l'aider à effectuer la réparation de, la digue du Casino par laquelle les services des Ponts et Chaussées ont établi un devis s'élevant à 55 000 fr. 

Cette digue fut construite en 1912 moyennant une dépense totale de 160 000 fr. Pour l'exécution de ces travaux, le Conseil général accorda une subvention de 71 000 fr. Âgée maintenant  de 20 ans, elle s'est trouvée dégradée en certains points par les intempéries et les coups de mer, notamment à la partie inférieure Est de l'ouvrage et sur le dallage formant terrasse en arrière du parapet. Il est impossible, de l'avis de MM. les Ingénieurs des Ponts et Chaussées, que la commune de Villerville laisse cette digue dans l'état où elle se trouve. Les réparations  sont urgentes sous peine de voir progresser rapidement des dégradations commencées. 

La commune de Villerville agit donc prudemment en prévoyant, dès maintenant, les réparations destinées à arrêter le mal qui la menace. Cette commune procède actuellement à l'établissement d'un réseau d'égouts qui grève son budget d'une dépense importante. C'est un sacrifice pour elle d'avoir à faire face à une nouvelle dépense de 55 000 fr. La réparation de la digue du Casino contribue, dans une certaine mesure, à la protection du territoire.  

 

Août 1937  -  La bénédiction de la mer.  -  Dimanche matin, a eu lieu à Villerville la fête traditionnelle de la bénédiction de la mer.

Un soleil radieux a favorisé cette cérémonie qui groupe chaque année, en même temps qu'une grande partie de la population locale, la plupart des estivants en villégiature dans cette  coquette station balnéaire.

A 10 h., un cortège en tête duquel avaient pris place les enfants des écoles, porteurs de petits bateaux, artistement décorés et fleuris, les représentants des diverses sociétés locales et particulièrement du Syndicat des marins. MM. Aubert, maire de Villerville ; Chegaray, maire de Cricquebœuf et les membres des conseils municipaux de ces deux communes, ainsi qu un grand nombre d'invités s’est formé dans le vaste parc de l'Hôtel des Graves. 

Escorté d'un nombreux clergé, au premier rang duquel avaient pris place. Mgr Adam, vicaire général de Bayeux, et Mgr Brault, vicaire général de Poitiers, entourés des prêtres de la  région, cet important cortège se mit en marche, au chant des cantiques populaires, alternant avec les sonneries des tambours et des clairons, pour se diriger, à travers les rues de la vieille cité magnifiquement pavoisées, jusque vers la digue où un reposoir, surmonté de la statue de N.-D. de Grâces, avait été dressé.

Là en face de la mer et en présence de toutes les autorités derrière lesquelles la foule qui grossissait à chaque pas s'était massée silencieuse et recueillie, M. l'abbé Bruno, curé de Villerville, régences et ancien vicaire de Sainte-Catherine d'Honfleur, fit un délicat éloge de la vie des marins, à la fois si calme et si tourmentée.

Puis, Mgr Adam, s’approchant au bord de la digue, prononça les paroles rituelles de la bénédiction de la mer, tandis que M. Aubert, maire, lançait dans les flots une magnifique gerbe de fleurs en souvenir des marins « péris en mer ».

A l'issue de cette manifestation, le cortège se reforma en bon ordre, se dirigea vers le monument aux morts où eut lieu une courte halte.

A l'église, une messe solennelle fut célébrée en mémoire de toutes les victimes de la mer. En quelques paroles, M. l'abbé Pruno, curé de Villerville remercia les personnes amies qui l’avaient aidé dans l'organisation de cette belle journée dont le souvenir restera longtemps gravé dans le cœur de tous. (Source : Le Moniteur du Calvados)

 

Août 1938   -   Un compagnon de travail indélicat.   -  M. Marcel Savoye, 42 ans, est plongeur à l'hôtel Mahu. Il avait pour compagnon de travail et de chambre le nommé Gustave Beaumont, 28 ans.

Or, le 3 août dernier, Savoye venait de toucher le montant de sa paie de juillet, soit une somme de 1 078 francs, sur laquelle il préleva 28 francs, laissant les 1 050 francs dans son  portefeuille, qui était dans la chambre.

Sachant que son camarade venait d'être payé de son travail, Beaumont, prétextant un malaise, alla s'étendre sur son lit, en précisant que l'on vienne le réveiller à une heure fixée. Mais à l'heure dite, l'individu avait disparu, ainsi que les 1 050 francs de son compagnon. (Source : Le Moniteur du Calvados)  

Août 1938   -   La bénédiction de la mer.   -  La fête traditionnelle de la bénédiction de la mer, favorisée par un temps splendide, avait attiré dimanche matin à Villerville une affluence  considérable de touristes et de promeneurs.

A 9 h. 30, un important cortège formé en bon ordre à proximité de l'église parcourait les rues pittoresques de la cité dont la plupart des maisons étaient pavoisées de drapeaux, de guidons, de filets de pêche et d'attributs maritimes de toutes sortes pour descendre jusqu'à la plage.

Derrière le clergé avaient pris place de nombreux enfants portant sur des civières de petites barques décorées et fleuries avec goût : puis, suivant l'excellente fanfare la « Lyre Trouvillaise », qui devait exécuter en cours de route d’entraînants pas redoublés, s'avançaient les autorités locales et régionales parmi lesquelles on remarquait : MM. Aubert, maire de Villerville ; Chegaray, maire de Criquebœuf, et la plupart des membres des deux conseils municipaux ; le général Lallemand ; M. Doussain, député de Paris ; le docteur Perrin ; MM. Vajour, Scheider et Lasseray : les dévoués organisateurs, MM. Péraud, ancien bâtonnier des avocats de Pont-l'Evêque ; R. Malerne, président de l'U.N.C. de Trouville, etc… Les sociétés locales, précédées de leurs bannières, fanions et drapeaux, fermaient la marche. Citons notamment la section maritime de Villerville, l'Association des Démobilisés, la Famille Villervillaise, les membres des diverses colonies de vacances et de l'A.J.O.C. Club des Benjamins, les scouts, etc…

Sur la digue, où toute la population sédentaire et estivale s'était massée, un autel provisoire surmonté de la statue de Notre-Dame-des-Flots avait été dressé.

Après la bénédiction rituelle de la mer par le révérend Ingram, curé de Manchester, qui présidait cette émouvante cérémonie, une gerbe de fleurs fut jetée sur les flots par le maire de Villerville et le cortège se reforma pour se rendre aux Monuments aux Morts. La messe rituelle à la mémoire des marins villervillais péris en mer eut lieu ensuite à l'église St-Roch. (Source : Le Moniteur du Calvados)  

 

Juillet 1939  -  Un cycliste blessé dans un accident.  -  En voulant éviter l'automobile de M. Robert Montarry, instituteur à Emanville (Eure), qui stationnait à l'intersection de la route de Trouville à Honfleur et de la rue Butin à Villerville et s'était mise brusquement en marche arrière, un cycliste en a heurté un autre au moment où ce dernier s'apprêtait à le dépasser. 

Renversée sur la chaussée, la victime, M. Georges Périer, 29 ans, typographe, demeurant, rue Belloncle, au Havre, à été transportée dans une pharmacie voisine. M. Périer a été atteint de blessures multiples à la tête, ainsi que de contusions aux bras et à la cuisse droite. (Source  : Le Moniteur du Calvados)

 

Mars 1940  -  Trop parler nuit.  -  Michel Alphonse, 19 ans, ouvrier peintre à Villerville, le 28 février 1940, sous l'empire, dit-il. de l'ivresse, tint dans les rues de Villerville des propos inadmissibles dans les circonstances actuelles. Il obtient la bonne leçon qu'il méritait 3 mois de prison qui l'inciteront désormais à plus de modération.  

 

Avril 1941   -   Attention aux engins explosifs !   -   Le commandant du port de Caen vient de faire savoir que plusieurs personnes ont trouvé la mort à la suite de manipulations imprudentes avec des mines ou des engins de barrages flottants ou jetés contre la côte.

Il met donc en garde contre le danger qu'il y a à toucher ou même approcher des objets en forme de mines ou de bouées même d'apparence inoffensive, flottant en mer, rivières et  canaux, ou jetés contre le rivage. Rien qu'à l'approche une explosion peut se produire. La manipulation de ces objets doit être réservé aux autorités militaires préposés.  

 

Octobre 1943    -   Après l'évacuation de Villerville.   -   Par suite de l'évacuation de Villerville, le bureau de poste de celle localité a été replié à Touques, où sont acheminées toutes les correspondances adressées à la population évacuée. Afin d'éviter tout retard dans la distribution, les intéressés sont priés de faire connaître leur nouvelle adresse à M. le Receveur des postes de Touques.

 

 Mai 1944  -  La pêche aux moules.  -  La pêche des moules est autorisée du lever au coucher du soleil sur les moulières ci-après désignées du 30 avril au 31 octobre, L'Aiguillon, Lion-sur-Mer (partie salubre), Hermanville, la Ronde, Colleville du 1er mai au 30 septembre, la Fosse, Guinehaut-Est, Guinehaut West ; 1er mai au 30 novembre, Longues-sur Mer, Marigny, Commes, Huppain ; 15 mai au 15 septembre, Le Ratier; 15 mai au 30 septembre, Gonneville, Auberville, Villers (dite du Plateau).

L'exploitation est rigoureusement interdite sur les moulières ci-après Vierville, les Essarts, la Caillotuière, le Rocher, la Roque, le Pontiers, Port-en-Bessin Est et West, Sainte-Honorine-des-Pertes, le Figard, le Capet, le Vilain, la Folie, Villerville, le Quilhoc, L'Anguille, les Iles, le Gruin, l'Epée, Lion-sur-Mer (partie insalubre).

 

Janvier 1945  -  Des mines explosent : quatre victimes.  -  Une équipe de démineurs du détachement de Trouville procédait à l’enlèvement de mines à Villerville, lorsque un chapelet de  onze de celle-ci sauta, tuant l'un des militaires. M. Rolland Mercier, et blessant gravement le sergent Jadas et deux hommes, le soldats Roger Le Bassard et Perrin. (Source : Le Bonhomme Libre)

 

Septembre 1945  -  La mort héroïque d’un prêtre de chez nous.   -   La nouvelle nous parvient du décès de M. l’abbé Jean Daligault, vicaire à Villerville, fusillé par les allemands le 17  février 1944. Né à Caen, le 8 février 1899, M. l’abbé Daligault fit des études dans notre ville, au Collège Sainte-Marie, puis au Lycée Malherbe. Ordonné prêtre en 1924, il fut vicaire à  Notre-Dame des Victoires de Trouville, curé d’Olendon, prêtre habitué à Caen, il avait été nommé à Villerville en1940. (Source : Le Bonhomme Libre)

 

Octobre 1945  -  La mort sous les pas.  -   Dimanche midi, trois chasseurs qui se trouvaient sur la falaise au hameau du Grand-Bec sur le territoire de Villerville, ont sauté sur une mine  M. Paul Cavey a été tué sur le coup. M. Eugène Rivière, blessé de guerre, père de deux enfants a succombé lundi matin. Enfin, le jeune Hauvel qui les accompagnait, a eu la jambe gauche  coupée. En outre, huit soldats allemands, qui se trouvaient à proximité, s’étant portés à leur secours, trois d’entre eux sautèrent à leur tour et furent grièvement blessés. (Source : Le Bonhomme Libre)

 

Octobre 1945  -  .   Cent mines explosent à Villerville.  -  L’autre jeudi, une formidable explosion qui pu causer un véritable catastrophe, s’est produite à Villerville. Une équipe de  démineurs allemands travaillant non loin du calvaire, lorsqu’un prisonnier sauta sur une mine piégée à un obus de 250, lui-même relié à un chapelet d’une centaine de mines.

Tout le dispositif sauta en même temps. Cinq allemands ont été tués sur le coup et deux blessés. Les corps de trois d’entre eux ont été littéralement pulvérisés. De nombreux dégâts matériels ont été signalés dans la région, notamment à Villerville et à Hennequeville : il n’y a eu aucune victime parmi la population. (Source : Le Bonhomme Libre)

 

 Novembre 1945  -  Fatale imprudence.  -  Au cours d’une partie de chasse, M. Albert Leroy, cultivateur à Villerville, marié et père de neuf enfants, a sauté sur une mine. Le terrain était  entouré de barbelés et le danger signalé par des pancartes. (Source : Le Bonhomme Libre)

 

Novembre 1945  -  La mort sous les pas.   -  A Villerville, M. Joseph Leroy procédait à l’enlèvement d’une mine lorsque l’engin fit explosion. Projeté à une dizaine de mètres, le malheureux fut tué sur le coup. (Source : Le Bonhomme Libre)

 

Avril 1947  -  Vacances ministérielles.    Profitant des fêtes de Pâques, M. André Marie, Garde des Sceaux, a séjourné dans la propriété qu’il possède à Villerville. Le ministre est dépendant resté en contact avec la Présidence du Conseil. Notre préfet, M. Max Martin, s’était assuré personnellement du bon fonctionnement de la ligne téléphonique. (Source : Le Bonhomme Libre)

 

Août 1954  -  Naufrage.  -  Le 15, une chaloupe du Havre conduit 17 personnes à la pêche aux moules sur le banc du Ratier, à 3 milles devant Villerville. Au retour, le moteur refuse de démarrer : emporté par le courant, le bateau heurte des rochers et coule avec son patron. Puis la marée montante emporte un à un les prisonniers du banc submergé. Quand le chalutier «la Pierrette » et une drague des Ponts et Chaussées interviennent, il ne reste que 9 survivants, dont 2 mourront à l'hôpital.

VILLERVILLE-sur-MER  (Calvados)   -  Vue d'ensemble de la plage

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