Édition de Vire                                                                                                                                                                                                                                  Édition du 29 avril au 12 mai 2018

VIRE

Canton de Vire

Les habitants de la commune sont des Virois, Viroises

Août 1854  -  Gare aux troncs.  -  La semaine dernière, à Vire, le nommé Eugène Gautier, 50 ans, sans domicile fixe, a été arrêté dans l’église Notre-Dame, au moment ou il dévalisait les troncs au moyen d'une baleine de corset enduite de glu qui lui servait à en extraire les pièces de monnaie, Il a fait des aveux et prétend n'avoir soustrait qu'une somme de 1 fr. 50.  

Août 1858  -  Brigades de gendarmerie  -  Le Conseil d'arrondissement de Vire, tendant à l'établissement d'une seconde brigade de gendarmerie à pied dans cette ville. Considérant que la brigade à cheval existante ne suffit pas pour satisfaire d'une manière convenable aux besoins du service dans une ville de 7 000 habitants, entourée d'une population industrielle considérable, située au milieu d'un arrondissement populeux, point où aboutissent un grand nombre de routes, lieu de passage de fréquents convois de détenus, que les nécessités d'une police vigilante, le maintien de l'ordre et de la sécurité, l'observation des règlements sur de nombreuses voies de communication, réclamant un personnel plus nombreux. Réitère, avec insistance, le vœu déjà émis de l'établissement d'une brigade de gendarmerie à pied à Vire.

 

Avril 1866   -   Un concours.   -   Le 20 avril courant, a eu lieu à l'hôtel de ville de Vire, le concours cantonal destiné à récompenser les adultes de 15 à 18 ans qui ont su le mieux conserver ou accroître leurs connaissances en instruction primaire.

Deux prix seront accordés, le premier un livret de caisse d'épargne de 40 francs, le second, un volume d'une valeur de 10 francs.

 

Juillet 1866   -   Adultère.   -   Il y a à tout âge, même chez le beau sexe, des passions vraiment irrésistibles. Témoin une femme Michel, âgée de 52 ans, des environs de Vire, qui a abandonné le toit conjugal, pour suivre à Gisors un nommé Lorette, âgé de 22 ans, ouvrier de chemin de fer.

Le revers de la médaille, c'est que, sur la plainte du mari outragé, et en vertu d'un mandat d'amener, la gendarmerie est venue troubler leur rêve de bonheur, en les arrêtant tous les deux le 29 juin, chez un aubergiste de Gisors, au moment où ils reposaient tranquillement sur le même oreiller.

Ces deux tourtereaux ont été dirigés sur Vire, pour être mis à la disposition de l'autorité judiciaire.  

 

Juillet 1866   -   Un incendie.   -   Une des plus belles usines de la vallée des Vaux vient d'être détruite par le feu.

Lundi matin, vers quatre heures et demie, les habitants de Vire étaient brusquement réveillés par le clairon d'alarme et se dirigeaient aussitôt vers l'importante filature de M.Raulid, exploitée par le sieur Luc Gaston, à Saint-Germain-de-Tallevande.

Malgré la proximité de la rivière et des pompes de Vire et autres appartenant aux principaux industriels de la vallée, les flammes ont détruit en quelques instants six corps de bâtiments, un matériel considérable, des matières premières, des produits fabriqués et une grande quantité de meubles.

La perte totale résultant de ce sinistre, dont la cause est encore inconnue, s'élève approximativement à 200 000 francs, dont 160 000 francs couverts par les compagnies « la France », « la Mutuelle » et le « Phénix ».

Ce désastre prive de travail et de ressources 90 ouvriers et leur famille. Une souscription en leur faveur a été immédiatement ouverte à l'hôtel de ville de Vire.  

 

Janvier 1867   -   La neige.   -   Pendant deux jours, mais principalement dans la nuit de mardi à mercredi dernier, la neige est tombée en grande abondance, tant à Caen qu'aux environs.

Les lettres que nous recevons de nos correspondants, nous informent que le même fait s'est produit sur tous les points du département.

Aux environs d'Aunay, la couche de neige qui recouvre le sol, est  tellement épaisse, que le charriage par voiture est devenu impossible.

La voiture de Vire à Caen, qui arrive ici à six heures du soir, n'est arrivée jeudi qu' à une heure après minuit.

Le train poste de Paris, qui doit entrer en gare de Caen, à trois heures du matin, est arrivé jeudi à six heures et demie. Trois machines y avaient été attelées à Mezidon, pour l'aider à se frayer un chemin à travers la neige qui, dans les bas-fonds surtout, atteignait à une hauteur de plusieurs pieds.  

 

Février 1867   -   Honorable distinction.   -   En face de l'honorable distinction dont viennent d'être l'objet, deux ouvrières du Calvados, nous pensons ne pouvoir mieux faire ressortir leurs titres à cette distinction, qu'en produisant les deux notes suivantes qui résume en peu de mots tout ce que leur conduite à de méritoire et d'exemplaire (Caen et Vire).

Mlle Blondel Nadine, âgée de 22 ans, est couturière à Vire. Elle est l'unique soutien d'une famille composée du père, de la mère et de sept enfants plus jeunes que Nadine. Pour suffire à tant  de besoins, elle passe les jours et une partie des nuits au travail de la couture.

Elle n'aurait pu longtemps continué cette vie d'abnégation sans compromettre sa vue et sa santé, et la machine à coudre que vient de lui accorder S. M. Eugénie, les bras à venir plus efficacement en aide à sa famille.

Puissent de aussi noble exemples porter leur fruit autour d'eux. Si la vie compte pour certains ses jours exceptionnels d'épreuves et d'angoisse. Elle réserve toujours pour les plus vaillants l'heure présidentielle qui doit effacer en un instant toutes les larmes du passé.

 

Février 1867   -   Incendie.   -   Mercredi soir, peu avant dix heures et demie, la ville de Vire s'est trouvée soudainement éclairée. L'importante est belle usine de M. Levergeois, construction monumental élevée à grands frais, il y a quelques années, à l'extrémité du Château-de-Bras, était envahie par les flammes qui trouvaient abondamment dans le matériel et dans les matières premières de l'établissement, des aliments faciles à leur dévorante activité.

Un grand vent de sud-ouest, soufflant en foudre par intermittences, emportait avec une rapidité vertigineuse à des distances considérables, des gerbes immenses d'étincelles, des avalanches de cendres incandescentes, constellées de charbons très volumineux. Une véritable pluie de feu, serrée comme une grêle d'orage, couvrait les abords de l'usine, l'écluse et les quartiers environnants.

Un assez grand nombre de personnes ont eu leurs habits troués et chacun se surveillait mutuellement aux chaînes pour empêcher les vêtements de prendre feu. Heureusement que des grains fréquents de pluie, de neige fondue et de grêle protégeaient les toitures et les travailleurs. Tout autre etat de l'atmosphère eut pu favoriser la propagation de l'incendie sur différents points de la partie basse de la ville où beaucoup de maisons sont encore couverte en bois.

Des oiseaux, surpris par cette gigantesque lueur qu'ils prenaient pour le grand jour, s'envolaient éperdus, et un pigeon est venu se précipiter à tire d'ailes au centre du foyer.

Rien de l'usine, sauf la machine à vapeur séparée du principal corps de bâtiment par la rivière, n'a pu être sauvé, et tous les efforts se sont bornés à protéger les bâtiments voisins.

Un matériel considérable, beaucoup de matières premières et des produits fabriqués, dont une partie était destinée à l'Exposition universelle, ont été détruits en quelques minutes.

À deux heures du matin, il ne restait plus de la magnifique l'usine que des décombres s'abîmant par intervalle dans un immense brasier.

On ignore comment le feu s'est déclaré dans l'étage supérieur et l'heure précise à laquelle il a commencé. Quant à la perte résultant de ce sinistre qui prive momentanément de travail et de  ressources une cinquantaine d'ouvriers et leurs familles, elle est encore inconnue, mais elle atteint au moins le chiffre de 150 000 francs, valeur assurée à plusieurs compagnies.  

 

Août 1867   -   L'Exposition universelle.   -    21 départements ont envoyé leurs instituteurs à Paris, à l'occasion de l'Exposition universelle, ces MM. sont répartis entre les trois lycées Louis-le-Grand, Saint-Louis et Napoléon.

Les instituteurs du Calvados habitent le lycée Louis-le-Grand.

L'Empereur et l'Impératrice ont reçu lundi dernier tous les instituteurs en ce moment à Paris.

En tête du cortège marchaient ceux du Calvados, représentés par MM. Douétil, instituteur à Vire ; Cauvin, chef à Bayeux ; Delarue, à St-Sever ; Barbier, à Castillon-en-Auge ; Biron, à St-Pierre-sur-Dives ; Castel, à Harcourt ; Briens, à Coulonces ; Harang, à Pierres, et quelques autres dont les noms n'échappent.

L'Empereur et l'Impératrice ont reçu ces députation avec des paroles de bienveillance et d'encouragement, qui ont porté à son comble l'enthousiasme des assistants privilégiés.  

 

Septembre 1867   -   Une inauguration.   -   Dimanche a eu lieu, à Vire, la fête d'inauguration du chemin de fer qui relie cette ville à la capitale.

Le programme des fêtes a été porté à la connaissance du public, à l'aide d'une affiche.  

 

Février 1868   -   Un voleur original.   -   Un fait assez original s'est passé vendredi au marché de Vire.

Quand les cultivateurs venus des alentours eurent fait leur marché, dîné à leur au péage et bien bu leur demi tasse, ils songèrent à regagner leurs pénates. Le premier qui eut cette idée, dit naturellement au garçon d'écurie de mettre son cheval à la voiture.

Le garçon exécute cet ordre. Puis arrive le premier fermier qui s'écrie :

  -   Mais il manque quelque chose à ma jument !

Le domestique ouvre de grands yeux et aperçoit en effet que la queue du cheval est coupée. Il se précipite vers l'écurie où se trouvent encore cinq chevaux.

O ciel ! Encore cinq queues de coupées !

Grand émoi. On court chez le commissaire de police, chaque coup de sonnette représente une queue absente.

Enfin le bruit court que cinquante chevaux ont été mutilés de la même sorte. Cinquante est un peu exagéré, mais le chiffre est déjà fort joli en le réduisant à la moitié.

La gendarmerie a battu la ville pour mettre la main sur le larron... à tous crins, mais rien.

Ce facétieux voleur aura probablement profité du premier train pour lever le pied....  

 

Octobre 1868   -   Une tempête.   -   Jeudi dernier, dans l'après-midi, une trombe d'eau s'est abattue sur Vire, avec une violence telle que l'on ne se rappelle pas avoir vu jamais la pluie tomber avec tant de force et en si grande abondance.

Les rues étaient de véritables torrents, et au bas de celle en pente, il était absolument impossible de passer.

Le mur du collège qui se trouve au dessus des prairies a été abattu par la trompe, et des morceaux de murs non détachés, et pesant de 1 000 à 1 500 kilos, ont été entraînés par l'eau à une distance de près de 30 mètres.

A un kilomètre de distance de Vire, en dehors de la ligne suivie par la trombe, il n'est pas tombé une goutte d'eau.  

 

Octobre 1868   -   Des phénomènes.    -   Les phénomènes horticoles pullulent. A Vire, on peut admirer une vigne en fleur et en plein air ; dans la même ville chez M. Vaussy, pharmacien, se trouve un oranger qui a produit deux oranges mesurant chacune 45 centimètres de circonférence.

Dans le jardin de la dame Arsène Bréon, à Saint-Aubin-sur-Mer, se trouve un pommier en fleur.

Dans nos campagnes, on considère ces phénomènes de la végétation comme un signe de mortalité. Encore un préjugé à déraciner.  

 

Décembre 1868   -   Une décision.   -   Dans sa séance du 9 novembre 1868, le Conseil municipal de Vire, à l'unanimité, a adopté la délibération suivante :

Le buste de Chênedollé sera posé sur la fontaine de la place Impériale reportée vers le centre de cette place.

La statue de Castel sera installée sur la place de l'Hôtel-de-Ville.  

 

Janvier 1869   -   Un accident.   -   La rivière de Vire, qui passe dans la rue aux Teintures à Vire, est tellement forte que personne n'ose y laver.

Cependant, une demoiselle Levergeois osa s'y hasarder. Son linge était lavé, elle voulut aussi nettoyer le chaudron dans lequel elle l'avait apporté, malheureuse idée, car, en plongeant ce vase  dans la rivière, l'eau entraîna le chaudron et la demoiselle Levergeois, heureusement des voisins se trouvaient témoins de l'accident, et ce ne fut pas sans mal qu'ils parvinrent à retirer cette  personne qui, entraînée par la force du courant aux abords du pont eut infailliblement péri. Elle en a été quitte pour la peur et pour un bain forcé qui ne devait pas être très chaud au 30 décembre.  

 

Mars 1869   -   Un incendie.   -   Vers le milieu de la nuit de samedi à dimanche, les habitants de Vire étaient  brusquement réveillés par le tocsin et le clairon d'alarme. Un incendie qui aurait pu prendre des proportions désastreuses sous l'influence d'un état moins calme de l'atmosphère, venait de se déclarer au bas de la rue Girord. En quelques instants, pompiers, population et les autorités, tout le monde était à son poste.

Après trois heures d'efforts et de lutte, on a pu circonscrire les ravages du terrible fléau.

La perte résultant de ce sinistre, qui doit être attribué à l'imprudence, est approximativement évaluée à 16 100 francs, pour valeur immobilières et mobilières.

Bien que chacun ait fait son devoir, nous devons signaler le dévouement du sergent Richy, fourrier au 70e de ligne, employé près le conseil de révision de la garde mobile pour l'arrondissement de Vire, qui, en face des plus grands dangers, a sauvé d'une mort certaine la veuve Vieval dont les cheveux et la figure avaient déjà été atteints par les flammes.

Quoique de semblables actions ne soient pas rares dans l'armée, la population a vivement applaudi à ce nouvel acte d'héroïsme et d'intrépidité.  

 

Août 1869   -   Pour les Beaux-Arts.   -  M. le ministre de la Maison de l'Empereur et des Beaux-Arts vient d'accorder :

Au musée de Caen, un tableau ayant pour sujet  « l'Huître et les Plaideurs ».

Au musée de Lisieux, un tableau représentant  « Un jeune taureau de la vallée d'Auge ».

Au musée de Vire, un tableau représentant « la Marne à Tancrou ».

Au musée de Honfleur, un tableau ayant pour sujet « Vente de poissons sur la plage de Grandcamp ».

Pour l'Hôtel-de-Ville de Falaise, « le Portrait de Sa Majesté l'Impératrice ».

Pour l'Hôtel-de-Ville de Honfleur, « le Portrait de Sa Majesté l'Empereur ». 

 

Août 1869   -   Fait divers.   -  Vendredi 27 août, vers 2 h. 1/2 du soir, un incendie accidentel a détruit la couverture en chaume d'un corps de bâtiment à usage de maison d'habitation, habité par le nommé Victor Quellier, à Vire. La perte est évaluée approximativement à 900 francs Tout était assuré.  

 

Août 1869   -   Fait divers.   -  Le 13 de ce mois, à 11 heures du soir, le nommé Pierre-Auguste Simon, âgé de 36 ans, poseur de rails sur la ligne du chemin de fer, près Vire, faisait le service de nuit en remplacement du surveillant titulaire.

On suppose qu'il se sera endormi près d'un poteau kilométrique, et que, surpris par l'arrivée du train n° 63, il aura voulu traverser la voie pour se mettre à son poste, malheureusement il n'en a pas eu le temps, et le chasse-pierre l’ayant atteint, il a été traîné une longueur d'environ 6 mètres.

Le mécanicien, ayant senti un mouvement qui n'était pas ordinaire, a arrêté la machine à environ 200 mètres et est revenu sur les lieux avec le chef du train, mais ils n'ont trouvé qu'un cadavre.

 

Août 1869   -   Fait divers.   -   L'inauguration des monuments élevés en l'honneur de Castel et de Chênedollé, aura lieu le dimanche 12 septembre, à Vire.

Nous publierons ultérieurement le programme détaillé de la fête.

 

Septembre 1869   -   Fait divers.   -   Mardi, vers midi, la rue Saulnerie, à Vire, fut mise en émoi par une détonation extraordinaire et successive, M. Lecler, ferblantier, était en train de déballer une caisse de lanternes vénitiennes, quand il lui prend idée d'essayer si quelques pétards de l'année précédente pourront encore prendre feu.

Le pétard fait son effet, et M. Lecler jette de côté son allumette, sans faire attention où elle va tomber. Malheureusement elle tombe dans la petite boite qui contenait les pièces d'artifices et y met le feu. Aussitôt une détonation effrayante se fait entendre, la rue entière est pleine de fumée qui empêche de se rendre compte de l'accident, on croit la maison embrasée à l'intérieur.

Heureusement M. Lecler conserva tout son sang-froid, et d'un coup de main il lança la boite enflammée au milieu de la rue. Les voisins en ont été quittés pour la peur.

 

Septembre 1869   -   Fait divers.   -   Dimanche dernier, vers 2 heures 1/2 d'après-midi, un feu très intense se déclara dans la cheminée du concierge du tribunal de Vire. La cheminée était bonne, et on avait lieu de croire que l'on allait être maître de ce feu en très peu de temps. En effet, au bout d'une heure et demie environ on croyait que tout était éteint, quand vers 7 heures ½ on rappela les couvreurs et les pompiers qui amenèrent une pompe avec eux. Un coude très long existait dans le conduit de cette cheminée, et la suie qui s'y était amoncelée en très grande quantité avait pris feu. Pour arriver à l'éteindre, on fut obligé de faire une ouverture dans la chambre du greffe du tribunal de commerce. Peu de temps après on était totalement maître du feu. Ce sinistre pouvait être d'autant plus grave que tous les papiers du tribunal et les registres de l'état civil sont entassés dans les greniers de ce bâtiment, au-dessus de la cheminée.  

 

Décembre 1869   -   Fait divers.   -  Dans la nuit du 15 décembre, vers onze heures et demie, les cris, « au feu » ! ainsi que le son des clairons et des tambours de la compagnie de-pompiers, sont venus troubler les habitants de Vire dans leur sommeil.

En effet, les flammes sortaient à plein d'une des vastes remises de M. Poupion, loueur de voitures et de chevaux, rue du Calvados. La première pompe n'était pas encore arrivée sur le lieu du sinistre, que le feu sortait avec une violence inouïe par les deux extrémités de la remise, consumant les nombreuses voitures qui y étaient renfermées, et près de 30,000 de foin entassé dans les greniers, l'intensité ne laissait aucun doute sur la possibilité de rien sauver du bâtiment incendie et de plusieurs ménages qui occupaient les étages supérieurs. Les locataires n'eurent que le temps de se sauver, sans même s'habiller.

Les efforts de tous pour combattre les progrès du feu, fournir de l’eau aux pompes, maintenir les chaînes, étaient généraux, chacun était à son poste. Pompiers, autorités, ecclésiastiques, élèves du séminaire et du collège, accompagnés de leurs directeurs et professeurs, citoyens de toutes les classes, tous ont fait ce qu'il était possible de faire en pareille circonstance.

Le chef de la gare de Vire et ses employés, arrivés vers 11 heures 45 sur le lieu du sinistre avec leur pompe, ne l'ont quitté qu'à 7 heures du matin, après avoir rendu de signalés services, car, dans cette circonstance, le fonctionnement des trois pompes de la ville a laissé beaucoup à désirer.

Vers quatre heures, nouvelle émotion. La générale, les clairons, le tocsin même (qu'on avait jugé à propos de ne pas sonner jusqu'alors), jetaient l'alarme dans la ville. On entendait de tous côtés, le feu reprend plus fort que jamais. Il a fallu recommencer un nouveau travail, et le danger n'a cessé que vers 7 heures 1/2 du matin.

Ceux qui n'ont pas assisté à cet incendie auront peine à se rendre compte de l'intensité du feu, alimenté par près de 30,000 de foin entassé dans les greniers, et une vingtaine de voitures à quatre roues.

On n'a pas dit qu'il y eut eu d'accident, ce qui est surtout triste dans ce sinistre, c'est la perte de cinq chevaux qui se trouvaient dans l'écurie, par où on présume que le feu a pris, et qui n'avaient d'autre sortie que par rentrée de la remise. 

 

Janvier 1870   -   La population.   -  Mouvement de la population :

VILLE de FALAISE.  -  Naissances, 153 ; Mariages, 67 ; décès, 205.

VILLE de LISIEUX. - Naissances, 306 (enfants légitimes, 242 ; enfants naturels, 64) ; mariages, 104 ; décès, 480.

VILLE de VIRE. - Naissances, 112 ; Mariages, 61 ; décès, 101.

VILLE de TROARN. - Naissances, 13, dont 8 garçons et 7 filles ; mariages, 8 ; décès, 21, dont 9 du sexe Masculin et 12 de sexe féminin. La population du bourg est  1.000 habitants environ.

 

Février 1870   -   Fait divers.   -   Ernest Fauvel, 20 ans, journalier, né et demeurant à Vire, à 1 mois d'emprisonnement pour rébellion et outrage par paroles envers la gendarmerie.

 

Juillet 1870   -  Fait divers.   -   Mercredi dernier, vers midi, à l'heure où tout le monde se disposait à dîner, le feu s'est déclaré à Vire, rue Saulnerie, aux domiciles des demoiselles Gosselin, passementières, et de M. Adam, imprimeur-libraire et éditeur du Journal de Vire. En quelques minutes, cet incendie a pris des proportions très inquiétantes pour ce quartier commerçant et populeux, où presque toutes les constructions sont en bois. La sécheresse extraordinaire qui règne depuis si longtemps ajoutait encore aux chances d'un immense désastre.

La population accourue au premier cri d'alarme, a instantanément formé plusieurs grandes chaînes pour alimenter les pompes de la ville, de la gare et de quelques principales usines. Après une lutte intelligente et énergique de quatre à cinq heures, le feu a pu être à peu près circonscrit dans son foyer primitif et les maisons préservées.

Quelques-uns des habitants les plus rapprochés, affolés par la terreur, ont cru prudent de faire enlever leurs marchandises et une partie de leur mobilier. Comme toujours, population, pompiers et autorités, tout le monde a bien fait son devoir, et les chaînes ne se sont rompues qu'après la disparition de tout danger, malgré la faim et la soif des travailleurs.

Un poste de surveillance est heureusement resté pendant toute la nuit sur le théâtre de l'incendie, car le feu a repris trois fois dans les décombres fumant encore, à 6 heures du matin. La perte résultant de ce sinistre, qui doit être attribué à l'imprudence, s'élève à une trentaine de mille francs, en partie couverts par une assurance. Par suite de ce sinistre, le Journal de Vire n’a pas paru jeudi.  

 

Août 1870   -  Mobilisation.   -    La garde mobile du Calvados, formant un effectif de plus de 6,000 hommes, est définitivement constituée, elle comprend quatre bataillons, divisés en huit compagnies chacun.

Le premier bataillon, composé des cantons de Balleroy, Bayeux, Isigny, Ryes, Trévières, Creully, Douvres et Tilly-sur-Seulles, et le quatrième bataillon, composé des cantons de; Caumont, Villers-Bocage, Aunay, Bény-bocage, Condé-sur-Noireau, St-Sever, Vassy et Vire tiennent provisoirement garnison à Caen.

Le deuxième bataillon, composé des cantons de Bourguébus, Caen (Est et Ouest), Evrecy, Troarn, Bretteville-sur-Laize, Falaise, Coulibœuf et Thury-Harcourt, tient garnison Lisieux.

Le troisième bataillon composé des cantons de Lisieux, Livarot, Orbec, Mézidon, St-Pierre-sur-Dives, Blangy, Cambremer, Dozulév  Honfleur et Pont-l'Evêque, tient garnison à Bayeux.

 

Septembre 1870   -  La République.   -   Dans les églises, le Domine salvum fac Republicam a remplacé le Domine salvum fac Imperalorem. Il ne manquait à la République que la sanction religieuse. Elle lui est donnée.

 

Septembre 1870   -  La République.   -   Les Conseils municipaux sont dissous, dans chaque commune, les fonctions municipales sont confiées à une commission composée : pour la ville de Caen, de sept membres ; pour les villes de Bayeux, Condé-sur-Noireau, Falaise, Honfleur, Lisieux, Pont-l'Evêque, Trouville et Vire, de cinq membres et de trois membres pour les autres communes.

 

Septembre 1870   -  Avis.   -   Le comité de défense du département du Calvados, devant lequel des inquiétudes ont été manifestées, au sujet d'une circulaire énonçant les mesures à prendre pour faire le vide devant l'invasion, a reçu de autorité Militaire et donne aux populations l’assurance formelle qu'il ne s'agit, quant à présent, que de conseils et d'avertissements pour les préparatifs à faire en vue de l'arrivée de l'ennemi, mais non d'exécution des mesures elles-mêmes.

 

Mars 1871   -  Décoration.   -  Dans un précédent numéro, nous avons annoncé la nomination de M. Gaston de Lartunère au grade de chevalier de la Légion-d’Honneur. A ce nom nous devons ajouter ceux de MM. Jonio et Duchemin, de Vire et Deloué,

jeune soldat de Bény-Bocage, qui tous ont mérité la croix de la Légion-d'Honneur, et ont été décorés sur le champ de bataille.  

 

Août 1871   -  Les impôts  -  Seigneur ! Seigneur ! Que va devenir le pauvre monde ? On met des impôts sur tout.

Sur les chats, sur les serins, sur le tabac, sur le boire et sur le manger.

Mais ce n'est pas tout encore, figurez-vous qu'un député de la droite, qui en aura sans doute mangé comme .. un satisfait, vient de proposer qu'on mette un impôt sur la teurgoule.

La teurgoule ! qu'est-ce que c'est que cela, vont se demander les petites maîtresses et les muscadins.

Mes petits agneaux, c'est le riz cuit au four, c'est la terrinée, que les gens comme il faut de la campagne appellent de la teurgoule….,..

Et cela, parce que les jours de fête, ces nobles goulifards se fourrent de telles cuillerées de ce mets délectable, que la.... bouche leur en teurd !

 

Octobre 1871   -  Fait divers.   -  Lundi, dans l'après-midi, la femme Levergeois, âgée d'une soixantaine d'années, s'était assise au soleil sur un mur en pierre qui sert de parapet, place du Château, à Vire. Cette malheureuse femme s'endormit, et dans son sommeil elle tomba dans les jardins qui se trouvent au-dessous, du côté du Château-de-Bas. Dans sa chute elle, s'est brisée plusieurs côtes et fait des contusions à là tête. Immédiatement transportée à l'hôpital, les secours les plus prompts lui furent donnés, mais la gravité de ses blessures laissé peu d'espoir de la sauver.

 

Janvier 1872   -  Nouvelles du Calvados.   -   Le mouvement de la population de Caen, pendant l'année 1871, se résume ainsi :

Naissances..... 702

Mariages…… 268

Décès………. 2138

Falaise : naissances, 136 ; mariages, 48 ; décès, 298.  Lisieux : naissances, 272 ; mariages, 97 ; décès, 721. Vire : naissances, 116 ; mariages, 52 ; décès, 381. Honfleur : naissances, 129 ; mariages, 72 ; décès, 380 ; Troarn : naissances, 16 ; mariages, 5 ; décès, 26.  

 

Avril 1872   -  Accidents de chemin de fer.   -  D'après la statistique des accidents des chemins de fer en France, depuis 1870, il a été constaté officiellement que sur les lignes de l'Ouest, la proportion est de un voyageur blessé sur 1 million 600 mille voyageurs transportés.

 

Mai 1872   -  Le temps qu’il fait.  -  Depuis quinze jours, il pleut, il vente, il grêle, il neige, il gèle.

Dans le Calvados, gelée et inondation. Dans l'Orne, neige et gelée. Aux environs de Paris, les légumes et les fruits sont en partie détruits. Dans les pays vignobles, tout semble anéanti.

Le blé augmente sur tous les marchés, cependant, il ne faut pas trop s'effrayer de cette hausse, car les récoltes ne sont pas en détresse, et ceux-là qui prétendent que le blé va pourrir en terre sont des imbéciles ou des spéculateurs.

 

Mai 1872   -  Pluie.  -  Les pluies abondantes qui sont tombées pendant ce mois, ont produit une crétine très préjudiciable dans la vallée de la Dives. En effet, l'eau couvre tout à fait un grand nombre d'herbages dans plusieurs communes, surtout dans les partis les plus basses, où elle atteint 50 à 60 centimètres.

 

Mai 1872   -  Le temps qu’il fait.  -  La température insolite qui règne depuis quelques semaines, est cause d'une aggravation de la mortalité dans certaines contrées.

A Paris le chiffre des décès a été de plus 1000 dans la dernière semaine, total considérable en raison du nombre actuel des habitants.

 

Mai 1872   -  Fait divers.   -  La récolte du blé sera abondante cette année et le pain bon marché. Qui dit cela ? La caille, d'après le dicton ancien : « Autant de fois chante la caille, autant de pistoles vaut le sac de blé. » Or, cette année, la caille fait entendre son chant criard quatre fois consécutives : signe d'abondance et le blé à 40 fr. le sac. L'année dernière, elle le répétait six et sept fois ; présage de cherté. En effet, le blé n'a-t-il pas, en ces derniers jours, monté à plus de 60 fr.

Juin 1872   -  Dénombrement.  -   Voici les chiffres du dénombrement de la ville de Vire : population sédentaire, 6.336 ; population flottante, 412.    Total de la population, 6.778.    En 1866, la population était de 6.863 : la diminution est donc de 85.

 

Août 1872   -  Tremblement de terre.   -  Jeudi 22 août, à 3 heures 7 minutes du matin, un faible tremblement de terre s'est fait ressentir à Vire et aux environs. La secousse a duré trois secondes, et les oscillations paraissaient se diriger de l’ouest à l'est. Bien qu'elle n'ait pas été très violente, elle a imprimé un mouvement très sensible de trépidation aux cloisons, petits meubles, globes de pendules, vaisselles, etc….. Le bruit souterrain qui accompagne presque toujours ce phénomène, et qui peut être comparé au roulement sur le pavé d'une grosse voiture pesamment charge, s'arrêtant instantanément à quelques pas de l'observateur, a eu assez d'intensité pour réveiller quelques personnes.

 

Novembre 1872   -  Accident.  -  Samedi, la nommé, Ostermann, contre-maître foulonier, dans l’usine de MM. Zimmermann frères, à Martilly prés Vire, était occupé à placer un tuyau sur le fourneau de savonnage, situé derrière les métiers et tout près de l'arbre de transmission.  S'étant, dans un moment, approché trop près de cet arbre ses vêtements se trouvèrent saisis par les boulons, et lui-même fut entraîné dans le mouvement précipité de l'arbre. Aux cris que poussa ce malheureux à la vue du danger qui le menaçait, le nommé, Roullans, ouvrier mécanicien, courut fermer les vannes pour arrêter les métiers. Ostermann avait déjà fait soixante détours, suspendu à cet arbre, et, à chaque tour ses pieds venaient frapper la muraille.

Le sieur Lecoq, ouvrier foulonnier, vint en aide au contre-maître pendant que l'arbre, tournait encore, et il faillit avoir le même sort, il fut également saisi par ses vêtements, mais il eut la présence d'esprit de saisir un poteau, qui se trouvait à sa portée, et il fut assez heureux pour n'avoir que ses vêlements mis en lambeaux. Quant à la victime principale, le sieur Ostermann, il en serra heureusement quitte pour quelques jours de repos, n’ayant reçu que de fortes contusions.  

 

Avril 1874   -   Suicide.  -  Un douloureux événement a émotionné les habitants de la Grande-Rue, à Vire. Une demoiselle Marie-Victoire Brison, atteinte de maladie noire, s'est précipitée par la fenêtre d'une chambre située au 2° étage et s'est brisé le crâne sur le pavé de la rue.  

 

Mai 1874   -   Éboulement.  -  Le nommé Thomas Laumonnier, âgé de 75 ans, menuisier, rue Turpin, à Vire, avait placé dans la chambre où il demeure un établi pesant. Le plancher de cette chambre, qui était en très mauvais état, s'est écroulé sous le poids. Laumonier et sa femme, âgée de 72 ans, ont été précipités dans la cave d'une hauteur de 2 mètres 50. Dans leur chute ils se sont fait des blessures graves pour nécessiter leur entrée à l'hospice.  

 

Février 1875   -   Danger.  -  Jeudi, on déchargeait un tonneau de cidre à la porte du domicile de M-X.….., à Vire. Pendant que les charretiers faisaient les préparatifs pour descendre le tonneau, Mme X.….., venant à rentrer chez elle, passa près de la tête du cheval, qui la mordit à l'épaule.

Les charretiers, aux cris de cette dame, se jetèrent à la tête de l'animal, et ce fut à grand'peine qu'ils parvinrent à lui faire lâcher prise. Heureusement pour Mme X.…..; l'épaisseur des vêtements avait empêché l'animal de faire une morsure profonde, elle en a été quitte pour une douleur assez vive et ses habits déchirés.

 

Février 1875   -   La Cour.  -  La Cour de Cassation a décidé : 1° que, seuls les propriétaires ou les fermiers avaient le droit exceptionnel de tirer sur les poules des voisins ; 2° qu'ils ne pouvaient les tuer qu'au moment où elles commettaient un dégât actuel et effectif ; 3° et sur les lieux mêmes où le dommage était causé. Ceci s'applique aussi aux pigeons.

 

Février 1875   -   Danger.  -  Jeudi, on déchargeait un tonneau de cidre à la porte du domicile de M-X.….., à Vire. Pendant que les charretiers faisaient les préparatifs pour descendre le tonneau, Mme X.….., venant à rentrer chez elle, passa près de la tête du cheval, qui la mordit à l'épaule.

Les charretiers, aux cris de cette dame, se jetèrent à la tête de l'animal, et ce fut à grand'peine qu'ils parvinrent à lui faire lâcher prise. Heureusement pour Mme X.…..; l'épaisseur des vêtements avait empêché l'animal de faire une morsure profonde, elle en a été quitte pour une douleur assez vive et ses habits déchirés.  

 

Juin 1875   -   Orage.  -  Lundi, un violent orage a éclaté sur Vire et une partie de l'arrondissement. La foudre est tombée dans plusieurs endroits, sans que nous ayons de sinistres à enregistrer. La grêle est tombée en abondance, mais les habitants de la campagne croient pas qu'elle ait fait du mal aux blés.

 Octobre 1875   -  Enfant brûlé.  -   Mardi, un enfant de trois ans, fils d'an nommé Mercier, demeurant rue Petite-Poissonnerie, à Vire, est tombé dans un chaudron d'eau bouillante. Son pauvre petit corps tombait en lambeaux. Il est mort peu de temps après.  

 

Juin 1876   -  Fait divers.  -  Le deuxième dimanche de la Fête-Dieu, un habitant de Vire, M. X…..., se trouvait avec sa femme sur le parcours de la procession de l'église Notre-Dame de Vire. Il s'était découvert pendant que le clergé et le dais étaient passés devant lui. Comme cela se fait très souvent, il avait remis son chapeau pendant que le défilé des fidèles continuait. Tout à coup, un des vicaires, M. P….., chargé de la surveillance à la fin de la procession, furieux sans doute du refus d'une femme peut-être protestante qu'il avait voulu forcer à entrer dans les rangs de la procession et qui avait refusé, se mit à interpeller M. X….. et le somma de retirer son chapeau en le menaçant du commissaire. M. X….. a refusé d'obéir à l'injonction inqualifiable du vicaire, il a bien fait, car il était dans son droit.  

 

Juillet 1876   -  Accident.  -  Un accident est arrivé au pont de l'Écluse, à Vire : Un char-à-bancs contenant cinq personnes se dirigeait à toute vitesse du côté des Vaux, en tournant derrière la fabrique de M. Manuhart, il s'est heurté contre une charrette chargée de bois. Le choc a été si violent que les cinq personnes ont été lancées hors de la voiture. Une dame seule a été grièvement blessée, elle s'est fracturé la mâchoire inférieure et a reçu de violentes contusions à l'épaule et à la poitrine, Son état n'est pas désespéré.  

 

Septembre 1876   -  Quel temps !  -  Depuis une douzaine de jours, on se croirait réellement au fond de l'hiver : toujours ou presque toujours un ciel sombre et froid, des pluies abondantes et des tempêtes. Aussi les bains sont un peu finis. En revanche, les étrangers encore sur nos rivages ont le plaisir, bien grand pour eux, de contempler la mer en fureur. 

—Les hôteliers sont dans la consternation, le chemin de fer de Caen à Courseulles éprouvera un préjudice de 25 à 30 000 fr. par suite de ce contre-temps. 

— Lundi dernier, l'ouragan a brisé à Vire un marronnier, et dans les environs a découvert un bâtiment mesurant 17 mètres. Pas un chevron n'est resté sur ce bâtiment.  

 

Octobre 1876   -  Les élections.  -  V’la que ça commence les histoires d'élection….. J'en ai déjà haut comme cela.

Je pêche dans le tas :

A X……., canton de Dozulé, un prétendant municipal a tant fourré de galette et de goutte à ses partisans, que la plupart, pris d'une indigestion subite, n'ont pu aller voter.

Naturellement, c'est l'autre qui a été élu.

Dans une autre commune, à Y…….., canton de Vire, un citoyen a été éliminé parce qu'il est fabricant de tombeaux.

C'est l’adjoint qui a poussé à la roue, en disant : « Si no l'nomme, cha portera malheu à la commeuns. » .

Dans l’arrondissement de Bayeux la commune de C……., a rappelé de l'exil un seigneur et maire dégommé.

Il a promis qu'à l'avènement du comte de Chambord il ferait ériger la commune en duché..., afin d'en prendre le titre.

A Saint-……., arrondissement de Pont-l'Evêque, et à B…….., arrondissement de Caen, quelques conseillers municipaux avaient un plumet de première classe.....

Ce qui me fait dire que ces administration-là ont été élevées au petit pot……  

 

Novembre 1876   -  Les Pommes.  -  On calcule qu'il se fabrique annuellement 12 millions d'hectolitres de cidre en Normandie, représentant une valeur de plus de 100 millions de francs. Il n'en sera pas brassé autant cette année, car presque partout la récolte est mauvaise. 

Dans les parties du Pays d'Auge et de la Manche, où la pomme a un peu donné, le prix varie entre 4fr. 50 et 5 fr. l'hectolitre.

 

Novembre 1876   -  Effondrement d’un plancher.  -  Lundi, vers 9 heures du soir, le plancher de la maison appartenant à M. Segrain, serrurier, rue du Valhérel, à Vire, s'est écroulé sur les époux Suvigny, qui étaient couchés. Le mari a reçu une forte contusion à la fête, et un des soliveaux lui est tombé en plein sur la poitrine, ce qui le force à garder le lit. On espère que cet accident n'aura pas de suites.

 

Janvier 1877   -  Permis de chasse.  -  Voici le nombre des permis de chasse qui ont été délivrés par la préfecture du Calvados, pendant l'année 1876 : Arrondissement de Caen, 1 887 ; id. de Bayeux, 933 ; id. de Falaise, 902 ; id. de Lisieux, 1 430 ;  id. de Pont-l’Évêque, 1 137 ; id. de Vire, 683 ; Total, 6 072.

 

Février 1877   -  Carte du Calvados.  -  La carte routière du département du Calvados, dressée par M. l'Agent voyer en chef, vient d'être mise en vente aux prix suivants : un exemplaire non colorié, 2 fr. 50 ; un exemplaire colorié, 3 fr. 

Cette carte étant une propriété départementale, sera livrée à MM. les libraires et marchands d'estampes, qui en feront la demande à M. le Préfet, au prix de revient du tirage et par quantité de 25 exemplaires au moins.

 

Mai 1877   -  La pluie.  -  Il résulte d'observations faites que, dans l'espace de huit mois (du 28 septembre 1870 au 28 mai 1877), il y a eu dans nos contrées 131 jours de pluie.

 

Juin 1877   -  Fait divers.  -  Un matin, M. le curé de T..., près Vire, disait à Théodule, son bras droit :

« Tu vas prendre saint-Thomas et saint-Chrysostome et les monter dans la tour, et mettre à la place la statue de la Vierge, la seule nécessaire pendant le mois le mai.

Théodule ne se le fait pas répéter, en deux voyages, il grimpe dans la tour les bienheureux qu'il place dans un coin.

Trois semaines se passent.

Le dernier dimanche de mai, Théodule monte dans la tour pour sonner l’Angelus. Il aperçoit saint-Thomas, et ne se rappelant pas que c'était lui qui l'avait placé là, il se met à battre en retraite et à dire d'une voix tremblante :

  -  « Qui qu'vos êtes, qui qu'vos faites ileu... Allous causer, ou j'appelle... »

Silence et immobilité. Théodule redescend a reculons et va chercher un ami, un brave celui-là, qui a fait la campagne de Firfol.

Tous les deux, armés l'un d'une pelle, l'autre d'un manche à balai, reviennent tout doucement vers la tour. Ce n'est pas Théodule qui est devant, c'est son ami, arrivé en présence de saint-Thomas, il le somme de se faire connaître.

  -  « Dis nous qui qu'tes ?... Es-tu z'un homme, es-tu z'eune femme, es-tu le diable ? »

Toujours mêmes silence et immobilité.

  -  « Ah ! chest comme cha ! eh ben ! pare c'coup d'tête-là, si t'es malin ».

Et d'un coup de pelle, notre héros tranche la tête du pauvre saint. C'est alors seulement que les deux braves s'aperçurent que, dans leur frayeur, ils avaient pris saint-Thomas pour le diable !  

 

Janvier 1878   -  Est-ce la fin du monde ?  -  Il vente, il tonne, il grêle, la prairie est submergée, la vallée d'Auge est inondée, certains quartiers de Pont –l’Evêque sont de nouveau transformés en une nouvelle Venise ... moins les monuments, la foudre est tombée aux environs de Vire. Mardi, vers midi, un tremblement de terre a été ressenti à Caen et sur plusieurs points du département, il n'a duré que quelques secondes, pendant lesquelles les vitres, fenêtres, murs et maisons semblaient trembler. Cette secousse s'est également fait sentir au Havre et à Rouen.

 

Janvier 1878   -  Mouvement de la population.  -  Naissances, 239 ; mariages, 60 ; décès, 199. Les naissances excèdent de 40 les décès.  

 

Septembre 1878   -  Au loup !  -  Les bandes de loups qui dévastent en ce moment certaines parties des départements de la Manche et de l'Orne, menacent les frontières, du Calvados du côté des arrondissements de Bayeux et de Vire. Dans la Manche, à Belle-fontaine, ces carnassiers ont dévoré une brebis et deux agneaux, à Saint-Martin-de-Chaulieu, trois moutons, appartenant à un boucher, ont été également étranglés par les loups dans un pré situé à environ 100 mètres des habitations. Dans l'Orne, à Juviguy, Tessé et Saint-Michel, les loups, non contents d'étrangler les moutons, ont attaqué et tué trois bœufs et un cheval.  

 

Janvier 1879   -  État civil.  -  En 1878, il y a eu à Vire, 159 naissances, 49 mariages, et 197 décès.  

 

Mai 1879   -  Enseignement primaire.  -  M. Thérin, instituteur communal de Vire, a été nommé officier d'Académie ; une mention honorable a été décernée à l'école mutuelle de Vire.

 

Août 1879  -  La Poste.  -  Les bureaux de poste et les bureaux télégraphiques ont été fusionnés à Vire, Condé, Orbec, Dives, Livarot, Argences, Dozulé et Évrecy. La fusion sera bientôt à Honfleur un fait accompli.

Deux bureaux télégraphiques ont été ouverts à Ryes et à Crèvecœur. Un bureau permanent a été substitué au bureau temporaire de Cabourg. Le bureau de Deauville va être incessamment réouvert et transféré au bureau de poste.

Enfin, des études se poursuivent pour doter d'un bureau télégraphique les communes de Saint-Aubin, Morteaux-Coulibœuf, Clécy, Bonnebosq, Lison et Bonneville-la-Louvet.

 

Novembre 1879  -  Dons et subventions.  -  Les secours suivants ont été accordés aux communes ci-après : Ryes, mobilier d'église, 300 fr.  -  Saint-Aubin-d'Arquenay, école mixte, 1 380 fr.  -  Courseulles, restauration de l'église, 1 000 fr.  -  Saint-Aubin-sur-Mer, école de garçons, 3 900 fr.  -  Fontaine-Etoupefour, école des filles, 1 000 fr.  -  Bernières-le-Patry , école de garçons, 8 300 fr.  -  Courson, logement pour l'institutrice, 1 100 fr.  -  Saint-Martin-de-Tallevende, école mixte, 630 fr.  -  Neuville, école de garçons, 3 000 fr.  -   Mesnil-Caussois, mobilier d'église, 300 fr.  -  Rully, école de garçons, 600 fr.  -  Viessoix, école de garçons, 10 000 fr.  

 

Mai 1880  -  Trop gai.  -  Le jour du conseil de révision, à Vire, le nommé Paul Hallais, âgé de 28 ans, maçon, se trouvant en état d'ivresse au moment de l'appel des réservistes et troublant l'ordre, fut appréhendé par les gendarmes de service et conduit au violon malgré sa résistance. Procès-verbal a été dressé.  

 

Août 1880  -  Ce qui n’arrive pas souvent.  -  On sait que les religieuses qui dirigeaient les écoles communales de Vire ont été subitement rappelées à leur maison mère. Il en est résulté que le conseil municipal de Vire a été appelé à dire à qui serait remise la direction de ces écoles. Il a décidé à la presque unanimité que l'une, celles des filles de Ste-Anne, serait dirigée par des religieuses, et l'autre, celle de Notre-Dame, par des institutrices laïques. 

Cette mesure équitable assure la liberté des pères de famille et nous montre un spectacle assez inattendu : l'autorité civile rétablissant une école congréganiste supprimée par l'autorité ecclésiastique.

 

Novembre 1880  -  Vols odieux.  -  Un genre de vol des plus odieux se pratique dans le Calvados, notamment à cette époque de l'année, c'est la dévastation des cimetières, où se conservent les souvenirs

Les vols ont lieu continuellement, il n'y a pas de semaine où une famille n'ait à déplorer l'enlèvement de quelque objet précieux, de quelque souvenir doublement cher confié à la tombe, à la foi publique ! Récemment encore, c'était une balustrade en zinc repoussé qui a été arrachée d'une fosse et emportée.

 

Novembre 1880  -  Bœuf volé.  -  La semaine dernière, au marché de Vire, deux individus avaient amené un bœuf pour le marché. Un acheteur l'obtint pour la somme de 335 fr., l'animal valait au moins 150 fr. de plus. Cela surprit la police qui demanda à voir la bête, on la leur montra, et bientôt un des vendeurs fut arrêté. Le deuxième voleur, trop curieux, vint se mêler à la foule, on le reconnut et on l'emmena. 

Interrogé, il s'embarrasse et se coupe dans ses réponses. Cela fortifie les soupçons. On le conduit pour subir un nouvel interrogatoire chez le Procureur de la République. Mais arrivé dans la rue de la Sous-Préfecture, devant les tribunaux, en obliquant à gauche pour en gagner les marches, notre homme tout à coup fait deux bonds en arrière et gagne la route de Martilly de toute la vitesse de ses jambes. On se précipite après lui, mais en vain, on ne peut le rattraper. Cet homme déclare être né à Bény-Bocage.  

 

Décembre 1880  -  Une série de désastres.  -  A Vire, la rivière est sortie de son lit. Dans la rue aux Teintures, l'eau envahissait, les maisons. Le maréchal des logis Moreau et le gendarme Angélique, montés sur leurs chevaux, se sont risqués dans le courant. Encourageant les uns, donnant des ordres aux autres, ils sont restés presque toute la nuit, jusqu'à la baisse des eaux, avec les deux brigades. Le maire de Vire est allé, accompagné du commissaire de police, visiter les inondés et a donné des secours sur sa cassette aux plus nécessiteux.  

Avril 1881  -  Un cheval méchant.  -  Jeudi, à Vire, le nommé Victor Chesnel, conducteur d'omnibus chez le sieur Vabois, entrepreneur de roulage, a été gravement atteint au bas-ventre d'un coup de pied de cheval. Ce cheval, très méchant, avait déjà essayé de mordre Chesnel.  

 

Juin 1881  -  Blessure accidentelle.  -  Vendredi, à Vire, vers 10 heures du matin, la voiture du sieur Canu, charpentier à Martilly, a heurté une voiture de maître qui stationnait en face l'octroi de la rue du Pont. Elle était lancée au grand trot. Le choc a été si violent, que le sieur Canu et un individu qui se trouvait avec lui ont été jetés sur le trottoir. Ils se sont fait à la tête des plaies assez profondes, mais sans gravité, heureusement.

 

Juin 1881  -  La comète.  -  Une comète est en ce moment visible. Les superstitieux voient à tort dans l'apparition de cet astre un présage de calamité publique. Les comètes sont un monde en  feu, comme l'a été autrefois la terre. La queue de la comète actuelle est de plusieurs millions de lieus. Elle est très éloignée de la terre, et sa marche est vertigineuse.  

 

Août 1881  -  Élections.  - A Bayeux, il y a ballottage. Ce résultat, qui est un échec pour le baron Gérard, doit donner à réfléchir à ce candidat richard, dont cependant les largesses ne se font sentir qu'à l'approche des, périodes électorales.

M. Colbert triomphe à Lisieux avec 665 voix. Ce succès de la réaction est dû à la maladresse du comité républicain, qui n'avait pas besoin de crier par dessus les cheminées d'usine qu'une souscription était ouverte pour payer les frais de l'élection Banaston.

A Vire, la réussite de M. Delafosse est attribuée au peu de surface de son adversaire, et aussi au bruit répandu qu'il pourrait bien sous peu tourner casaque, tout comme M. Dugué de La Fauconnerie. Hébert, le candidat radical et ridicule, doit être satisfait, il a obtenu 112 voix, 25 de plus qu'en 1877.

 

Décembre 1881  -  De la lumière.  -  Les habitants de Vire se plaignent de l'obscurité qui règne le soir dans les rues de la ville, où, à six heures et demie, même sept heures, les réverbères ne sont pas encore allumés. Voudrait-on faire des économies de gaz pour compenser les frais de paille qu'il a fallu faire dernièrement pour loger, dans une vieille usine, les soldats de passage, et que la population ne demandait qu'à accueillir avec billets de logement ?  

 

Février 1882  -  Morts accidentelles.  -  La semaine dernière, la nommée Angélique Geslin, femme Perelle, 50 ans, occupée au ménage à Vire, rue des Usines, a été trouvée noyée, à peu de distance de son domicile, dans la rivière la Vire, où elle était allée laver du linge. La levée et la constatation du cadavre ont fait connaître que la mort était accidentelle.

Jeudi, vers quatre heures du soir, la nommée Louise Caillebotte, 18 ans, domestique chez le sieur Colard, propriétaire à Tourgéville, s'est noyée dans une mare. 

Jeudi matin, l'instituteur de Saonnet venait chercher son mobilier à Bayeux. Le sieur Auguste Lesueur, âgé de 60 ans, qui avait prêté sa voiture, l'accompagnait. En arrivant à Vaucelles, village de Nihault, tous deux descendirent, par un malheureux hasard, le sieur Lesueur s'embarrassant les jambes dans les guides, tomba la face contre terre, se brisa le crâne et rendit le dernier soupir. Quelques instants après, il fut transporté à son domicile.  

 

Mars 1882  -  Tentative de Meurtre.  -  Dimanche dernier, vers 9 heures du matin, la dame Rose Gaudouin, veuve Auvray, âgée de 60 ans, demeurant à St-Germain-de-Tallevende, se trouvait sur la grande place du Château, à Vire, quand elle fut attaquée brusquement par le nommé Prosper Sauvey, âgé de 53 ans, originaire de St-Germain-de-Tallevende, et demeurant à Vire. Il lui porta deux coups d'un long couteau à virole (dit Troppman), l'un au-dessous du sein, l'autre à l'épaule. M. Juhellé-Pontois, fabricant à Vire, qui se trouvait sur le lieu du crime, n'écoutant que son courage, se jeta sur l'assassin auquel il enleva le couteau qu'il tenait encore levé pour porter un troisième coup. Le mobile du crime est la vengeance, Sauvey, qui a eu de nombreux procès avec la dame Auvray, l'accuse de sa ruine. Les blessures sont profondes, mais ne mettent pas les jours de la victime en danger. L'assassin s'est rendu de lui-même au palais-de-justice où il a été arrêté et écroué par les gendarmes.

 

Août 1882  -  Tremblement de terre.  -  Jeudi 22 août, à 3 heures 7 minutes du matin, un faible tremblement de terre s'est fait ressentir à Vire et aux environs. La secousse a duré 3 secondes, et les oscillations paraissaient se diriger de l'Ouest à l'Est. Bien qu'elle n'ait pas été très violente, elle a imprimé un mouvement très sensible de trépidation aux cloisons, petits meubles, globes de pendules, vaisselles, etc... Le bruit souterrain qui accompagne presque toujours  ce phénomène, et qui peut être comparé au roulement sur le pavé d'une grosse voiture pesamment chargée, s'arrêtant instantanément à quelques pas de l'observateur, a eu assez d'intensité pour réveiller quelques personnes.  

 

Février 1883  -  Victimes du travail. –  Jeudi, à Maisoncelles-la-Jourdan, dans la fabrique de M. Juhel-Desmares, exploitée aujourd'hui par une société hollandaise, un malheureux ouvrier, monteur de métiers, saisi par une courroie, a été enlevé de terre et est resté un long instant suspendu au plafond, le bras sous la courroie, qui continuait son jeu, Il a eu le bras brisé en plusieurs endroits. 

— Jeudi, à Vire, le sieur Desbuissons, couvreur, travaillait à une cheminée de la maison de M. Harel, lorsque le pied lui a manqué. Précipité sur le trottoir, il a été tué raide.  

 

Juin 1884  -  La dent de sagesse.    Le sieur Thomas, garçon d'écurie, avait mal à une dent. Il s'est, pour son malheur, adressé à un dentiste forain de passage à Vire, qui lui dit : « Ce n'est rien, c'est une dent de sagesse,  je vais vous la cueillir... ». Une hémorragie dentaire s'est produite à la suite. Thomas, qui a failli mourir au bout de son sang, n'est pas encore aujourd'hui hors de danger.  

 

Juin 1884  -  Accident ou vengeance.    Mercredi soir, en revenant de mettre une lettre à la poste, le sieur Marcellin Leprince, commis de M. Legrix, tailleur, a reçu une balle dans le bras, comme il passait dans la rue Chaussée, à Vire. Le projectile, de petit calibre, et qui n'a pu encore être extrait de la blessure, semble être une balle de revolver ou de carabine Flobert. Faut-il voir là un accident, une maladresse ou une vengeance ? C'est ce que l'enquête commencée va essayer de découvrir.  

 

Août 1884  -  Suppression de cure.    C'est chose, paraît-il, décidée, après le décès du curé actuel de Ste-Anne, de Vire, cette paroisse sera supprimée. L'évêché a déjà disposé des deux vicaires : l'un va être envoyé à la Lande-Vaumont et l'autre à Etouvy. Tout les dimanches et jours de fête un des vicaires de Notre-Dame dira sa messe à Ste-Anne.  

 

Août 1884  -  Avis aux conscrits.    Six hommes de la subdivision de Falaise, canton de Vire, classés dans les services auxiliaires, viennent d'être punis de chacun quatre jours de prison pour ne s'être pas présentés à l'appel prescrit par le ministre de la guerre, le jour du conseil de revision à Vire, le 10 mai dernier.  

Février 1885  -  Mauvaise nouvelle.  -  La crise industrielle qui se fait sentir un peu partout menace encore de s'aggraver à Vire, car, à la suite de la mort de M Reine, il serait question de fermer la fabrique de papier des Vaux.

 

Février 1885  -  Bonne nouvelle.  -  Nous sommes heureux de pouvoir annoncer que la mort de M. Reine, directeur de la fabrique de papier des Vaux, à Vire, n'amènera point la fermeture de cet important établissement. L'usine n'a pas interrompu un instant ses travaux et les continuera comme par le passé.

 

Septembre 1885  -  Un refus puni.  -  Un incendie accidentel s'est déclaré dans l'hôtel du chemin de fer, près la gare de Vire. Le bâtiment a été entièrement consumé. Les secours et l'eau ayant manqué, rien n'a pu être sauvé. Sept personnes couchées au premier et au deuxième étage ont failli être brûlées, l'une d'elles, le sieur Morand, jeune homme de 25 ans, a dû sauter par la fenêtre du premier étage à moitié habillé. Les pertes s'élèvent pour le sieur Desmonts, locataire, à 20 000 francs ; pour le propriétaire, M. Mérille-Leprince, à 25 000 francs. 

— Le sieur Pierre-Léon Barbot, cafetier, rue du Calvados, ayant refusé d'obtempérer à la réquisition de la gendarmerie, qui lui enjoignait de concourir à la formation de la chaîne durant l'incendie, s'est vu dresser procès-verbal.  

 

Septembre 1885  -  La population.  -  On vient de publier le tableau officiel du mouvement de la population en 1884. Dans les cinq départements de Normandie, il y a eu excédent des décès sur les naissances. Cet excédent a été, pour l'Orne, de 1 713 décès ; Eure, 1 474 ; Seine-inférieure, 1 424 ; Manche, 1 123 ; Calvados, 1 013. Pour toute la France, l'augmentation de la population a été de 2 pour mille. Sur 11 naissances, il y en a une d'illégitime.

 

Octobre 1885  -  Acte de courage.  -  Vendredi à Vire, une voiture attelée d’un cheval et sans conducteur descendait la rue du Haut-Chemin à toute vitesse, lorsque le sieur Gourmy fils, de Martilly, s'élança résolument à la tête du cheval et fut assez heureux pour le maîtriser et pour éviter un malheur certain. La voiture, en effet, allait aller se jeter au milieu de la foule qui stationne toujours le vendredi au carrefour du Cheval-Blanc.  

 

Novembre 1885  -  Ou l’autorité est raide.  -  Tout dernièrement, dans une commune de l'arrondissement de Vire, on pouvait voir le garde champêtre perdu ivre, conduire un prisonnier au violon où il aurait bien dû s'enfermer avec lui, car notre représentant de la loi était tellement ivre qu'il s'est étalé plus de vingt fois pendant la route. Il est bon que l'autorité soit raide, mais pas tant que ça.

 

Décembre 1885  -  La neige.  -  La neige a fait son apparition à Paris, elle est tombée lundi la nuit et une partie de la journée de mardi. Mercredi dans la nuit, il en est tombé dans le Calvados.

 

Décembre 1885  -  Les pluies.  -  La persistance des pluies a fait grossir tous les cours d'eau de notre région. A Vire, un jeune employé chez un négociant de la ville, étant entré avec la voiture, qu'il conduisait à l'abreuvoir du pont, le cheval qui n'a pu résister, au courant s'est noyé.  

 

Mars 1886  -  Laïcisation.  -  Le Sénat a voté l'instruction; primaire obligatoire et laïque, c'est-à-dire que dans un délai déterminé, les frères et les religieuses qui dirigent encore des écoles primaire seront remplacés par des instituteurs et des institutrices n'appartenant à aucune congrégation.

 

Mai 1886  -  Deux monstres.  -  Le nommé Lemasurier, 32 ans cordonnier à Vire, et sa femme, âgée de 28 ans, ont comparu devant le tribunal de Vire pour mauvais traitements envers leur petit garçon âgé de 4 à 5 ans. Ces êtres dénaturés n'avaient qu'un but, faire disparaître l'enfant pour faire place à celui que la femme portait dans son sein. La vie de l'innocente victime était un vrai supplice. En descendant les escaliers, on le traînait rudement par un bras, son petit corps allait se heurter à tous les angles et ses petits pieds retombaient de marche en marche. La boîte dans laquelle on le ligotait, remplie l'une grosse paille de sarrasin infecte, était placée dans un réduit, vrai dépotoir de la maison, large de 1 m. 50, long de 1 m. 80 au plus, à côté d'un évier toujours plein d'ordures et au-dessous d'une étroite fenêtre où manquait un carreau. L'enfant a passé là, durant l'hiver, un mois et demi. 

Quand il n'était pas couché et ligoté ou à la chaîne dans la cheminée, on lui faisait traîner le boulet, c'est-à-dire qu'on lui mettait sous le bras une planche d'un poids de cinq kilos, des matinées et des après-midi entières, l'enfant devait se promener avec ce fardeau. On appelait cela le faire « travailler ». Durant que les autres dînaient ou mangeaient  de quoi de bon, qu'on  avait quelquefois la barbarie de  lui faire approcher de la bouche par son petit frère et de partir et de lui retirer, lui le pauvre enfant, était envoyé reprendre sa planche et sa faction.

Ce qu’il mangeait était une sorte de pâtée, noircie comme avec de la suie, dans laquelle il y avait, ainsi que ses matières l'ont montré, des pelures de pommes de terre crues. Et la mère avec une cuillers de fer, en le serrant entre ses genoux, lui entonnait ce brouet tout brûlant, et s'il pleurait, elle enfonçait la cuillère plus avant et souvent jusqu'au fond de la gorge. L'enfant, devenant tout bleu, vomissait, la marâtre replongeait la cuillère dans ce qu'il avait rendu, et recommençait la torture. Elle n'était pas complète encore, pour faire taire le pauvre martyr, elle le pinçait et le mordait. Ses petits doigts, tout son corps étaient couverts de ces cruelles morsures. 

— L'homme a été condamné à deux ans de prison, la femme à cinq.  

 

Octobre 1886  -  Un espion.  -  A Vire, oh a arrêté un espion allemand, se disant ouvrier. On l'a trouvé porteur de deux cartes de France, couvertes d'annotations manuscrites en langue allemande, de lettres également écrites en allemand et dune certaine somme d'argent.

 

Novembre 1886  -  Les grands hommes du Calvados.  -  Le nouvel académicien, M. Octave Gréard, est né à Vire (Calvados), il est âgé de 57 ans et passe pour l'homme ayant le plus contribué par ses efforts à propager l'instruction primaire.

 

Novembre 1886  -  Ce n’était pas un espion.  -  Vendredi, comparaissait devant le tribunal correctionnel de Vire le nommé Hirschpann, qu'on avait arrêté comme espion prussien. Hirschpann, originaire de Schaffouse (Suisse allemande), condamné le 23 mai 1885 à 1 an de prison pour vol dans l'église de Saint-Symphorien, à Versailles, condamné deux fois en Hollande, n'est qu'un voleur et un vagabond. Il avait sur lui un outillage des plus suspects. Il a été condamné à 2 mois de prison pour avoir contrevenu à un arrêté qui l'expulsait de France.

 

Janvier 1888  -  Petite fille brûlée.  -  Lundi l'après-midi, la femme Février, rue aux Teintures, à Vire, rentrait chez elle, après une absence de près de trois heures, elle avait, en partant de chez elle, laissé ses deux petites filles à la maison. L'aînée, Marie-Louise, âgée de 5 ans, s'étant malheureusement approchée du feu mal éteint par la mère, était tombée dans le brasier et le feu, qui avait pris aux vêtements de la pauvre petite, avait fait de tout le corps un monceau de chairs carbonisées, la mère, affolée, voyant que son enfant vivait encore, se mit à crier au secours et une voisine partit à la recherche d'un médecin, ils étaient tous absents, enfin, elle eut la chance d'en découvrir un qui faisait la causette chez un de ses amis, pharmacien. Mais ce dernier refusa de se rendre immédiatement auprès de la pauvre petite, qui est morte, sans secours, dans d'atroces souffrances.  

 

Février 1888  -  Un misérable.  -  La police de Vire a arrêté un mauvais sujet, nommé Louis Fontaine, 18 ans, demeurant ruelle des Costils, pour avoir porté des coups et fait des blessures à sa mère, âgée de 60 ans, qui était très bonne pour lui. Ce mauvais drôle abusait de la faiblesse de sa mère pour se faire nourrir à rien faire, et, quand la pauvre femme n'avait qu'un morceau de pain, son fils le lui prenait. Si elle résistait, le misérable la frappait. Un jour, Fontaine poussait la barbarie jusqu'à faire rougir un fer pour l'appliquer sur la figure de sa mère. Celle-ci voulut se défendre, mais le misérable réussit à lui passer son fer rouge sur les mains, lui faisant ainsi plusieurs brûlures, et, quand sa vieille mère lui disait : « Tu veux donc m'assassiner », il ricanait et lui répondait : « Tu en verras bien d'autres, ma vieille ? »  

 

Mars 1888  -  Méfiez-vous des filles aimables.  -  Marie, dite Germaine, est une viroise de 35 ans qui a jeté depuis longtemps son bonnet par dessus les moulins. Vendredi, elle fit la rencontre du sieur Jacques Roger, 73 ans, cultivateur à St-Germain-de-Tallevende. Elle lui fit la gracieuseté de lui offrir le café. Roger accepta et se laissa entraîner par cette fille, de café en café, si bien que, le soir, le vieux bonhomme était dans les vignes du Seigneur. Quand Germaine le vit dans cet état, elle le lâcha, après avoir pris le soin de le soulager de son porte-monnaie, qui contenait une somme de 68 fr. Roger a porté plainte et Germaine a été arrêtée. Cette fille sort de purger une peine de 3 ans de prison pour vol prononcée par la cour d'assises de Caen.  

 

Mars 1888  -  Les bouilleurs de cru et débitants.  -  Par 284 voix contre 228, la Chambre a supprimé les privilèges des cultivateurs-distillateurs. Par 327 voix contre 210, elle a supprimé l'exercice chez les débitants, là où il existe encore. Les droits sur les vins, cidres et poirés sont supprimés à partir du 1er décembre. L'impôt serait perçu par un droit unique chez le fabricant.

 

Mars 1888  -  Bon débarras.  -  Marie dite Germaine, 36 ans, née à Bayeux, est cette fille qui, ayant rencontré le père Jacques Roger, âgé de 75 ans, dans les rues de Vire, l'avait entraîné dans plusieurs caboulots, et là, entre deux petits verres et deux baisers, lui avait enlevé son porte-monnaie contenant 68 fr. Cette fille sortait de faire trois ans pour vol. Le tribunal lui a donné cinq mois de prison pour son escroquerie, et, de plus, l'a condamnée à la relégation, c'est-à-dire qu'on ne la reverra pas. Bon débarras.

 

Avril 1888  -  Suicide.  -  La semaine dernière, à Vire, on trouvait, pendu rue du Pont, le nommé  Louis Brémond 45 ans, tailleur de pierres, que d'atroces souffrances avaient poussé au suicide. Les obsèques ont été purement civiles, le clergé ayant exigé pour faire l'enterrement un Certificat d'aliénation mentale que le médecin a refusé.  

 

Juin 1888  -  Y a-t-il crime ?  -  Le cadavre du sieur Constant Burel, 50 ans, menuisier à Vire, a été trouvé dans la chambre qu'il occupait rue Turpin. Une quantité innombrable de vers grouillaient par toute la chambre, et avaient dévoré la chair du corps. Il a été impossible de procéder à l'autopsie et constater si ce cadavre déchiqueté par les vers portait des traces de violences. On dit qu'une femme, dont les rapports avec Burel étaient connus, serait partie à Vengeons, en apprenant la découverte du cadavre, et aurait dit à un gamin au moment de son départ : « Tu sais, si le commissaire me cherche, tu diras que je suis partie à Vengeons. » Pourquoi cette supposition ?...  

 

Juillet 1888  -  Voyage du Général Boulanger.  -  En se rendant à Rennes, son pays d'origine, le général Boulanger a passé par Vire. 300 personnes ont envahi la gare et l'y ont acclamé, un enfant lui a offert un bouquet, pendant que le père Principe, en agitant son chapeau, ne cessait de crier : « Vive la Reconstitution ! » A Argentan, à Laigle, vivats et sifflets. A Rennes, réception enthousiasme.  

 

Août 1888  -  veinards !  -  Les trois frères Maline, de Vire, et leur sœur viennent d'hériter de plusieurs millions par suite du décès d'un, de leurs oncles, Un ancien armateur.

 

Septembre 1888  -  C’est bien fait.  -  Une veuve Boutry, 79 ans, à Vire, enlevait un matin les fenêtres et la porte d'un logement habité par une femme malade et ses trois jeunes filles, parce que sa locataire était en retard de paiement. L'une des fillettes fut en pleurant raconter les faits au commissaire. Celui-ci fit appeler la veuve Boutry afin de l'apitoyer, en lui disant qu'elle serait payée.

Ne pouvant pas y parvenir, le commissaire demanda à la veuve Boutry son livre de logeuse. La présence de ses locataires n'y figurait pas. Elle se trouvait donc en contravention. Le commissaire lui dressa procès-verbal et cette propriétaire au cœur dur a été condamnée à 10 fr. d'amende et aux frais.  

 

Octobre 1888  -  Orages et neige.  -  Les orages et les inondations ont causé de grands dégâts dans le Midi. La circulation des trains a été interrompue sur certains points. En Normandie, il fait froid et il tombe beaucoup d'eau. Dans le Doubs et le Gard, il est tombé de la neige, en Écosse aussi.

 

Octobre 1888  -  Victime du travail.  -  Le sieur. Hulin, qui travaillait à la scierie mécanique installée chez M. Fortin, négociant en beurres à Vire, a eu le pouce de la main droite complètement, scié dans le sens de la longueur.

 

Octobre 1888  -  L’immoralité à la ville.  -  La nommée Marie Beauvais, 44 ans, dont le mari est postillon à Torigni, habite à Vire, rue aux Teintures, un misérable taudis dans lequel elle donne asile la nuit aux femmes de mauvaise vie et à leurs amants de passage.

Cette ignoble femme avait avec elle ses trois enfants : une petite fille de 14 ans et demi et deux petits garçons beaucoup plus jeunes. Elle ne se contentait pas, quand elle était ivre de battre la fillette, elle la privait de nourriture et, la nuit venue, quand l'enfant voulait se coucher, on la mettait à la porte pour faire place à des filles. D'autres fois la femme Beauvais poussait sa fille à se livrer pour avoir à manger. 

Ces faits ayant été connus du commissaire de police, ce fonctionnaire ouvrit aussitôt une enquête à la suite de laquelle la femme Beauvais a été mise en état d'arrestation et écrouée à la maison d'arrêt. L'enquête a révélé des faits monstrueux sur le compte de la femme Beauvais et sur les personnages qui fréquentaient sa maison.  

 

Novembre 1888  -  Chute d’un plancher.  -  La semaine dernière, à Vire, la bonne du sieur de Quiny, rentier, se trouvait debout en face la cheminée, lorsque soudain le plancher de la cuisine s'effondra dans la cave. Mais l'endroit où la bonne était debout ne céda pas et elle resta sur  une sorte de terre-plein, entourée par le vide. On l’a retirée saine et sauve, mais elle l'a échappé belle.  

 

Novembre 1888  -  Pauvre père.  -  L'imprimeur rédacteur du Journal, de Vire, M. Guays, qui donnait ses soins à sa fille malade, avait auprès de lui deux flacons contenant, des médicaments totalement différents. Vers minuit, il donna l'un de ces médicaments à sa fille, mais bientôt il s'aperçut de son erreur et courut chez le médecin. Mais son émotion était si forte qu'il est tombé mort en route. 

Mme Guays, inquiète de ne pas voir revenir son mari, alla chez le médecin. Tous deux firent des recherches et trouvèrent, au milieu de la rue, le cadavre de M. Guays. Quant à la jeune fille malade, elle s'est fort peu ressentie de l'erreur commise par son père.  

 

Novembre 1888  -  Suicide.  -  Le sieur Jean Lecoq, ancien cafetier à Vire, a été trouvé, jeudi soir, mort dans une cabane située, rue des Jardins. Il s'était asphyxié au moyen de quatre réchauds de charbon. La mort devait remonter à trois ou quatre jours. Tout porte à croire que c'est la misère et le chagrin qui l'ont poussé au suicide.  

 

Décembre 1888  -  Cumul.  -  Il paraît qu'il y a, dans l'arrondissement de Vire, un garde champêtre qui est en même temps débitant de boissons, marchand de chaux, marchand d'engrais de toutes sortes et perruquier. Nous doutons que tous ces métiers soient compatibles avec les fonctions de garde champêtre assermenté de la commune. Il peut, en effet, ce garde champêtre débitant, déclarer procès-verbal pour la moindre contravention aux autres débitants de la commune, alors que lui n'est contrôlé par personne. En outre, si ce garde champêtre marchand rencontre un cultivateur ou un charretier en contravention à la loi sur le roulage, ou autres, il se dispensera sans aucun doute de verbaliser, si le contrevenant est un de ses clients, par contre, nous ne doutons pas qu'il s'empresserait d'exhiber sa plaque s'il se trouvait en présence d'un client des autres marchands dont il paraît fort jaloux.  

 

Février 1890  -  Effraction et incendie.  -  Dans la nuit de dimanche à lundi, un individu s'est introduit par effraction chez Mme veuve Beuguan, rue Notre-Dame, à Vire. Il a d'abord brisé un carreau, et, faisant jouer l'espagnolette de la fenêtre, il est entré dans la cuisine et y a pris une montre et une pièce d'un franc. Puis il a mis le feu, à un tas de chiffons qui étaient dans un autre appartement. La fumée et la mauvaise odeur de chiffons brûlés ont donné l'éveil aux voisins qui ont pu arrêter ce commencement d'incendie. L'individu soupçonné a été trouvé, au moment de son arrestation, porteur d'une somme de 90 centimes.  

 

Mars 1890  -  Victime du travail.  - Les sieurs Pierre Louvet et Olivier, maçons chez le sieur Lebrun, entrepreneur, étaient en train de réparer un mur tombant en ruines, sur la propriété de la dame Marie, propriétaire à Vire. Louvet nettoyait le pied du mur afin que le travail fut plus facile, et Olivier était sur le faite. Tout à coup, le mur est venu à s'effondrer, et le malheureux Louvet s'est trouvé pris sous les décombres. Le mur s'était écroulé de 4 mètres de hauteur sur une longueur de 15 mètres. La mort a du être instantanée. Louvet était âgé de 52 ans, il était marié et avait deux enfants mariés.  

Avril 1890  -  La cuisinière et le Pot-au-feu.  -  Malgré son titre, ce que nous allons raconter n'est pas une fable, c'est une histoire.

Angelina Le Chevrel était cuisinière à la sous-préfecture de Vire. Malheureusement, elle ne se contentait pas de faire danser l'anse du panier, elle volait aussi des liqueurs et du linge à ses maîtres. De plus, elle se grisait et, comme une sous-préfète, recevait à la sous-préfecture ses amis et connaissances. 

Malgré ses défauts, bien connus de son ancien patron, M. Jourde, aujourd'hui sous-préfet de Vitré, voulait emmener Angélina avec lui, tant elle excelle dans l'art de faire un bon pot-au-feu. Mlle Angélina refusa sous prétexte d'affections de famille... ou autres, mais elle eut l'adresse de se faire délivrer par son ancien maître un certificat le constatant. Angélina Le Chevrel a comparu la semaine dernière devant le tribunal de Vire sous la prévention de vol au préjudice de M. Jourde, ancien sous-préfet de Vire, et de M. Nassault, le sous-préfet actuel. 

L'affaire a été remise après les vacances de Pâques, la mère de M. Jourde ne s'étant pas rendue à la citation comme témoin, quels justice avait eu la malice de lui faire adresser ainsi qu'à son fils. Pensez donc, faire 170 kilomètres comme l'a fait M. Jourde fils, et cela pour 35 fr. 50 et pour avoir avec le président un dialogue assez vert, ce n'est pas engageant.  

 

Mai 1890  -  Singulier cas de folie.  -  Une vieille fille, habitant la rue du Pont, à Vire; et n'ayant pas souvent conscience de ses actes, passant dans la rue, aperçut un charmant enfant âgé de cinq ans environ, le saisit dans ses bras et voulut l'emporter disant qu'il était le sien. Les parents de l'enfant eurent beaucoup de mal à l'arracher des mains de l'idiote qui persistait dans ses dires.  

 

Juillet 1890  -  Danger des arme à feu.  -  Dimanche, à Neuilly, le nommé François Bernard voulut décharger les deux coups de son fusil sur un bouquet fixé au sommet d'un mât. L'arme, qui contenait une charge de poudre trop forte, a éclaté enlevant le pouce et l'index de la main gauche au malheureux tireur.  

 

Juillet 1890  -  Récompense.  -  La médaille militaire a été conférée à : MM. Sevestre, maréchal des logis à Dives, 20 ans de services ; Leherpeur, gendarme à Vire, 22 ans, et Gollot, à Blangy, 23 ans.

Juillet 1890  -  Excellente mesure.  -  Désormais, le service des petits paquets, jusqu'ici limité aux communes possédant des gares de chemin de fer, sera étendu à tout le territoire. L'administration se servira, à cet effet, des entrepreneurs de transports des dépêches, qui livreront les colis à domicile moyennant une rétribution ne dépassant pas 25 centimes.

 

Juillet 1890  -  Un jour de congé.  -  Le préfet, en raison de sa nomination dans le Calvados, a accordé le 15 juillet, comme jour de congé supplémentaire, aux écoles primaires. 

 

Juillet 1890  -  Les récoltes.  -  Les pluies persistantes de ces derniers temps ont compromis les récoltes dont les apparences étaient des plus belles. La plupart des foins ne sont pas rentrés et l'eau a pénétré dans les meulons, Les blés et les avoines sont versés et, comme roulés, sur certains points. On craint aussi que l'humidité n'atteigne les pommes de terre. La récolte de pommes à cidre sera encore moindre que l'an dernier.

 

Juillet 1890  -  Incendie.  -  Jeudi, à Vire, un incendie à détruit l'usine de M. Fortin, marchand de beurre à St-Germain-de-Tallevende. Les pertes dépassent 300 000 fr. 

Ce sinistre ne laissera pas les ouvriers sans travail, M. Fortin ayant loué immédiatement une autre usine. 

En février 1867, cette usine, qui appartenait alors à M. Levergeois, avait été détruite par le feu.  

 

Septembre 1890  -  Guérison à Lourdes.  -  Le journal la Croix a donné dans ses colonnes de longs détails sur la guérison miraculeuse d'une jeune fille de Vire, la demoiselle Augustine Fortin, 16 ans, qui habite chez sa mère. Aussi une foule nombreuse et sympathique se pressait-elle à l'arrivée du train qui ramenait cette heureuse jeune fille.

Cette guérison rencontre des incrédules. Aussi, en donnant cette nouvelle, le « Réveil virois » a-t-il cru, devoir ajouter: « Nous sommes de ceux qui croient aux miracles, mais nous croyons également qu'i! est prudent, avant de se prononcer, d'attendre la confirmation authentique des médecins et même du temps. »  

 

Octobre 1890  -  Mort d’un centenaire.  -  M. Lelièvre, rue aux Teintures, à Vire, est mort dans sa 104e année.  

 

Décembre 1890  -  Le froid.  -  Le froid est général. En Russie, il est à peu près du double plus fort que celui que nous éprouvons. On signale la mort de nombreux bestiaux, et, dans les steppes, plusieurs caravanes dont les voyageurs et les chevaux seraient également morts gelés. A Valladond [Espagne], au moment où on relevait la garde, une sentinelle de nuit a été trouvée morte de froid.

 

Décembre 1890  -  Ca ne passe pas comme une lettre à la poste.  -  Le conseil municipal de Vire a donné sa démission, parce que l'administration, malgré un avis défavorable des élus virois, veut installer les postes dans un immeuble situé loin du centre des affaires et dans une impasse. C'est déjà une mauvaise chose, mais, de plus, il paraît que le propriétaire de cet immeuble est un individu (sic) ami de M. Delafosse et aussi de l'administration supérieure, faut croire, car la démission du conseil municipal de Vire a été acceptée et les nouvelles élections fixées au 28 décembre.  

 

Décembre 1890  -  Accident.  -  On baptisait la petite fille de M. Quindry, professeur au collège de Vire. Le mauvais temps avait rendu les rues impraticables et l'on était obligé de prendre les plus grandes précautions pour ne pas se blesser. Au carrefour de la rue du Calvados, M. Quindry tomba si malheureusement qu'il se cassa une jambe en deux endroits.

 

Janvier 1891  -  La réélection du Conseil municipal.  -  On se rappelle que le conseil municipal de Vire avait donné sa démission parce que l'administration, malgré un avis défavorable, veut installer les postes loin du centre des affaires et dans une impasse. En outre, l'immeuble qu'elle avait choisi appartient à un agent électoral de M. Delafosse. Les Virois ont donné raison à leurs conseillers et, dimanche, ils les ont réélus tous à une belle majorité. L'administration persistera-elle dans un projet que l'opinion publique condamne ?  Et, si elle y persiste, quelles raisons invoquera-t-elle pour prouver qu'il est de son intérêt de mécontenter toute une ville républicaine ?  

 

Janvier 1891  -  Incendie.  -  Mercredi soir, un incendie, dont la cause est inconnue, a éclaté à l'usine de M. Jules-Albert Jaussaud, fabricant de bonneterie à Vire. Le bâtiment principal a été complètement détruit. Une faible partie des ateliers a pu seule être préservée. Les pertes s'élèvent a environ 40 000 fr. pour les bâtiments et à 200 000 fr. pour les marchandises, le tout assuré. 90 ouvriers, occupés dans cette fabrique, vont se trouver momentanément sans travail.  

Février 1891  -  Explosion.  -  L'autre dimanche, à Vire, une explosion s'est produite au domicile du sieur Jamet, journalier, rue des Petites-Douves, au moment où les nommés Jouvin et Courteuil, journaliers, vidaient des cartouches de poudre à mine. Le plafond a été soulevé sur toute sa largeur, une porte et une fenêtre ont été brisées. Un mur défoncé et une quantité de vaisselle brisée. Il n'y a eu aucun accident de personne.  

 

Février 1891  -  Accident.  -  Vendredi, à Vire, le sieur Paul Devaux, jardinier à Vaudry, montait la rue du Calvados, poussant devant lui une brouette, lorsqu'au carrefour de la rue aux Fèvres une charrette conduite au pas par le sieur Farcy, cultivateur à Montchamp, déboucha tout à coup et renversa sa brouette. Devaux fut jeté à terre. Une des roues lui passa sur les jambes. Le cheval s'emballa et alla défoncer la devanture du magasin du sieur Prieur, charcutier, et occasionna des dégâts assez importants. Les blessures de Devaux sont heureusement insignifiantes.  

 

Février 1891  -  Bœuf échappé.  -  Vendredi soir, à Vire, un bœuf qu'on conduisait à l'abattoir s'est échappé et a renversé, rue du Calvados, le sieur Fanna, débitant, qui a eu une forte blessure à la tête. Le bœuf a été retrouvé dans un champ à Roullours.  

 

Février 1891  -  Victime du travail.  -  Jeudi matin, à Vire, des ouvriers abattaient des arbres dans le bois du Cotin. L'un d'eux, le sieur Jean-François Aumont, 58 ans, charpentier, rue aux Teintures, était occupé à scier un arbre, et aidé de plusieurs camarades cherchait à le placer convenablement. Tout à coup l'arbre roula et renversa Aumont qui eut la jambe gauche fracturée et la droite fortement contusionnée.  

 

Mars 1891  -  Affaire de mœurs.  -  Une affaire de mœurs fait en ce moment beaucoup de bruit à Vire. Il s’agirait d'excitation de 2 jeunes filles à la débauche. Un professeur de musique, un percepteur des environs et plusieurs autres personnes seraient très compromises dans cette affaire. Les uns disent qu'elle est très grave, d'autres y voient une question de lucre.  

 

Juillet 1891  -  Orages.  -  Pendant qu'une pluie diluvienne tombait sur notre région, la grêle faisait d'irréparables dégâts du côté de Rouen et dans le Midi.

 

Juillet 1891  -  Un ivrogne qui l’échappé belle.  -  Jeudi, deux cheminots, occupés à la construction des ligues ferrées, se rendaient de Saint-Lo à Barenton, où les appellent leurs travaux, et ils traversaient la ville de Vire, conduisant un cheval attelé à une voiture dans laquelle était leur mobilier. Comme ils étaient gris et oubliaient de serrer le frein à la descente de la rue Deslongrais, l'un d'eux, Joseph Foulerie, 38 ans, voulut réparer cet oubli, mais il fut renversé et la roue lui passa sur le côté. Deux heures après, il se remettait en route avec son camarade. Il n'avait que quelques égratignures au visage.   (source B-N)

 

Septembre 1891  -  Les voleurs de bestiaux.  -   On a volé dans un herbage, à Hermival-les-Vaux, un bœuf et un génisson de 18 mois, appartenant au sieur Eugène Mainfroy, propriétaire.

  A Blay, on a volé à la dame Lebrethon une génisse de 20 mois, valant 200 fr.

  Une génisse de 350 fr., qui était au piquet dans une pièce de trèfle, a été volée, la nuit, au sieur Rysel, cultivateur à Trungy, arrondissement de Bayeux.

  La nuit suivante, une vache, appartenant au sieur Varin, cultivateur à Ellon, canton de Balleroy, a été volée dans un pré.

  Frédéric Hilaire, journalier à Vire, a été arrêté à Torigni, au moment où il venait de vendre une vache qu'il avait volée. L'acquéreur, M. Lebis, propriétaire à Giéville, n'avait pas encore payé, ayant à faire la monnaie d'un billet de 1 000 fr. C'est grâce à une dépêche arrivée de Vire que le voleur a été arrêté. Il a tout avoué et a été conduit par les gendarmes de Torigni  à la prison de Saint-Lô. La vache volée appartenait à M. Delahaye, propriétaire à Coulonces, à qui elle a été remise.   (source B-N)

 

Octobre 1891  -  Accident du au brouillard.  -   Samedi matin, les nommés Henri Lamprière et Jules Barbier, employés maison Fortin, à Vire, se rendaient en voiture à Mortain. Le brouillard était épais. En traversant, le passage à niveau du Poncet, à Sourdeval, ils ne virent pas le train qui arrivait. Quand ils entendirent le coup de sifflet, il était trop tard. Le cheval fut tué et la voiture brisée. Lamprière n'a eu que de faibles contusions. Barbier a été blessé à un genou. Mais son état n'est pas inquiétant.   (source B-N)

 

Octobre 1891  -  Outrages aux magistrats.  -   À la dernière audience du tribunal correctionnel de Vire, un vagabond, originaire de Saint-Nazaire, nommé Ange Born:e, 27 ans, qui venait d'être condamné à trois mois, a traité les magistrats de canailles et jeté un encrier puis une sébile à poudre à la tète du président, qui heureusement n'a pas été atteint. Il a été, séance tenante, condamné à 5 ans de prison. (source B-N)  

 

Octobre 1891  -  Beaucoup de bruit pour rien.  -  Dernièrement, des gamins de Vire, jouant dans le bois de Saint-Martin-de-Tallevende, racontèrent qu'ils avaient entendu des cris de petit enfant dans un certain endroit, ils eurent peur, et s'enfuirent au lieu de voir d'où venaient ces cris. 

Il n'en fallut pas plus pour faire répandre le bruit d'un infanticide. Une enquête fut ouverte et on découvrit que les cris étaient ceux d'une portée de petits chiens qu'on avait jetés dans les bois pour s'en débarrasser.  (source B-N)  

 

Octobre 1891  -  La tolérance à Vire.  -  Une veuve Beaujon, très connue à Alençon, a écrit au maire de Vire pour solliciter l'honneur d'installer dans cette ville une maison où l'on pourra, à toute heure de jour et de nuit, trouver bon gîte, visages souriants et…... le reste. 

Le maire de Vire s'est livré à une étude approfondie, de laquelle il a conclu que « l'autorisation sollicitée procurera plus d'avantages qu'elle n'aura d'inconvénients » et a «au nom de l’intérêt général » il a proposé au conseil municipal d'accueillir la demande de la veuve Beaujon. On a voté à bulletin secret. C'était inutile, car les dix-huit conseillers présents ont tous voté pour, dans l'intérêt général sans doute.  (source B-N)

 

Décembre 1891  -  Du danger de fréquentés les filles.  -  Un nommé Levasnier, toucheur de bestiaux au Theil, était de passage à Vire, où il fit, pour son malheur, la rencontre d'une demoiselle d'agrément et de ses cousins. Le toucheur, touché des charmes de la belle, lui demanda l'honneur de les admirer en particulier, ce qui fut accordé, mais, au bout d'un instant, Levasnier s'aperçut qu'il était seul et que sa compagne était partie en lui emportant son porte-monnaie garni de 600 fr. Il  courut après la fileuse et la trouva en compagnie de ses deux cousins, qui poussèrent Levasnier dans l'eau et disparurent.  (Source B-N)  

 

Février 1892  -  La neige.  -  Mardi, l'hiver a fait sa rentrée. La neige est tombée en abondance. Mercredi, il y en avait une couche de 25 centimètres dans les rues de Caen. Dans les campagnes, la neige amoncelée rendait la circulation difficile en certains, endroits.  (Source B-N) 

 

Février 1892  -  Chute d’un plafond.  -  Dernièrement, un plafond de l'église St-Thomas, à Vire, s'est effondré. Heureusement il ne se trouvait personne dans l'édifice. Sans cela, on eût eu à redouter quelque accident grave.   (Source B-N)  

 

Mars 1892  -  Chute d’un plafond.  -    Dernièrement, un plafond de l'église St-Thomas, à Vire, s'est effondré. Heureusement il ne se trouvait personne dans l'édifice. Sans cela, on eût eu à redouter quelque accident grave. (Source B.N.)

 

Août 1892  -  Orages et foudre.  -  Un orage épouvantable s'est abattu sur la France vendredi et samedi. Après avoir fait de très sérieux dégâts dans la Manche, le fléau a atteint le Calvados et s'est étendu sur presque toute la France en faisant des victimes et en occasionnant des pertes immenses.

A Caen et dans l'arrondissement, rien de grave heureusement. A Villers-Bocage cependant, deux vaches appartenant au sieur Delaunay ont été foudroyées dans un herbage où elles étaient à pâturer.

A Authie, la foudre a tué un cheval dans un herbage. A Bayeux, elle est tombée dans les herbages de M. Langlois, boulevard de la Gare. A Bellefontaine, elle est tombée sur la maison inhabitée appartenant à Mme Duperron et connue sous le nom de « Maison hantée, ou « Maison du Diable ». Elle a démoli un tuyau de cheminée et fait deux brèches assez larges à la toiture.

A Sully, dans un herbage, une vache appartenant à M. Jacques Lefèvre, de Ranchy, a été tuée. A Ver, la foudre est tombée chez le sieur Ponty, menuisier, mais n'a fait que des dégâts insignifiants. Personne n'a été attrapé sauf un ouvrier qui s'est plaint d'avoir reçu une commotion dans les reins. : A Crépon, la foudre est tombée sur un veau qu’elle à tué et sur une maison dont elle a abattu la cheminée.

A Vire, l'orage a été d'une violence inouïe. La foudre a tué deux personnes sur le champ de foire. Ce sont les sieurs Sourdeval fils, 20 ans, à Saint-Martin-de-Tallevende, et Lechevalier, 50 ans, cultivateur, demeurant à Pleines-Oeuvres, qui s'étaient retirés sous les marronniers. Une femme qui se trouvait près d'eux est tombée sans faire le moindre mouvement, et a été portée à l'hospice. Elle n'est pas morte, et la paralysie des jambes qu'on a crainte ne se produira pas. Elle sera quitte pour la peur. 

Plusieurs bestiaux ont été foudroyés à Roullours, la foudre, a incendié la ferme du sieur Briard. Les pertes sont importantes, assuré. La foudre est tombée également à Neuville, à St-Germain-de-Tallevende, à St-Martin-de-Chaulieu où elle a tué des bestiaux. A Pont-Erembourg, elle a mis le feu à la filature Baron-Langlois, mais l'incendie a été rapidement éteint. Elle est tombée également dans un champ où elle a brûlé des gerbes de seigle.

A Saint-Pierre-sur-Dives, la foudre est tombée par deux fois sur l'église, où elle a fait des dégâts considérables, découvrant une partie de la tour du milieu, crevassant les murs en nombreux endroits et endommageant la charpente et faisant de grands dégâts dans l'intérieur de l'église. MM. Lechoisne et Lecerf étaient montés sur la grosse tour, comme ils en descendaient, Un coup de tonnerre les renversa. M. Lechoisne se releva avec un bras endolori, M. Lecerf fut quelque temps avant de reprendre connaissance. Il n'a eu d'ailleurs aucun mal. Une religieuse qui priait a été renversée sans avoir aucun mal. La foudre est tombée également sur l'école des garçons et plusieurs habitations. Dans les environs, il y a eu des gerbes de blé de brûlées, sur la route de Crèvecoeur, les poteaux du téléphone de M. Lepetit ainsi que plusieurs peupliers ont été atteints et teillés. A Victot-Pontfol, le tonnerre est tombé sur une jument, que M. Marie venait de dételer, elle a été tuée net.

A Méry-Corbon, M. Semaison, l'éleveur bien connu, a eu un cheval de course, d'une très grande valeur, tué par la foudre dans un herbage. A Coulibœuf, la foudre est tombée sur un poteau près de la gare et a interrompu les communications télégraphiques avec Falaise. A Urville, la foudre est tombée sur le calvaire en contournant le fût de la croix, elle a détaché le Christ qui, est resté suspendu par un bras. Même commune, trois bestiaux ont été tués dans l'herbage de M. Macé.

Les campagnes sont dévastées et les récoltes entièrement perdues.   (Source B.N.)  

 

Août 1892  -  Tué sur le coup.  -  Le nommé Victor Leprovost, 42ans, charron à Sourdeval, était venu à Vire avec un âne, chez le sieur Émile Lebesnerais, chercher une voiture qu'il lui avait donnée à peindre, lorsqu'il quitta ce dernier, vers onze heures au soir. Leprovost était légèrement pris de boisson. Sa femme, inquiète de ne pas voir rentrer son mari, vint à sa rencontre et trouva tout d'abord la voiture et l’âne près de Vengeons. Pensant à un malheur, elle continua sa route et, en chemin, elle apprit que son mari avait été trouvé mort. Il est fort probable que c'est en voulant faire avancer la banquette de la voiture que cet homme sera tombé et se sera tué sur le coup.  (Source B.N.)

 

Août 1892  -  Chaleurs et orages.  -  A la suite des chaleurs tropicales que nous avons ressenties, de nouveaux orages se sont déchaînés sur le Calvados.

- On annonce aussi qu'à Longueville, deux vaches ont été broyées par la foudre.

- A Grandcamp, la foudre est tombée sur le bateau le « Robert », tous les hommes sont tombés sur le pont. Le bateau a de fortes avaries. Le mât a été brisé, le Pont labouré par la foudre.

 - A Venoix, elle est tombée sur la cheminée d'une maison et a brisé une glace dont les morceaux sont restés incrustés dans le mur.

 - A Fresnay-Ie-Puceux, le calvaire de cette commune a été atteint, les deux bras de la croix et la moitié du montant ont été pulvérisés.

 - A Bayeux, le tonnerre est tombé sur la maison de M. Talvest, limonadier, rue St-Malo, et a causé quelques dégâts à la toiture.

 - A Vire, la foudre est tombée sur un pommier du séminaire et l'a littéralement haché.

 - Dans les monts de Vaudry, près de la chapelle Saint-Roch, elle a enfoncé en terre une barre de fer qui se trouvait sur le sol.

 - A Bény-sur-Mer, la foudre est tombée sur la maison du sieur Jules Lacouve et l'a endommagée.

 - A Préaux, près Rouen, deux hommes ont été tués par la foudre.

De nouveaux orages sont à craindre. Partout la chaleur a été excessive et la sécheresse compromet beaucoup les récoltes.

Par suite de ces chaleurs, quelques cas de diarrhée cholériforme se sont déclarés à Rouen, à la caserne des chasseurs à cheval. 120 fièvres typhoïdes sont en traitement dans les hôpitaux.

Beaucoup de bestiaux sont morts, dans les wagons. A Paris, 120 porcs ont été retirés gonflés et pourris d'un wagon où ils étaient restés 12 heures. (Source B.N.)  

 

Septembre 1892  -  Ruades de chevaux.  -  Lundi, le sieur Laine, 41 ans, charretier de M. Malherbe, entrepreneur de maçonnerie à Vire, se trouvait près la gare avec sa voiture attelée de trois chevaux. Deux de ces animaux voulant se mordre, leur conducteur s'approcha pour les séparer, l'un d'eux lui lança une ruade si malheureusement qu'il l'atteignit en pleine figure. Le sieur Laine a les os du nez et de la pommette gauche brisés, un œil est perdu probablement. (Source B.N.)  

 

Septembre 1892  -  Meurtre.  -  Dimanche soir, au village de l'Ecluse, près Vire, un homme a été trouvé mort, baignant dans son sang, le corps était percé de plusieurs coups de couteau. Un autre homme blessé a été conduis dans une pharmacie pour y recevoir des soins. D'après les indications de ce dernier, les auteurs de ce crime avaient pris la fuite. Les renseignements recueillis ont fait connaître que c'étaient les nommés Auguste Courteille, 16 ans 1/2, papetier à Vire, et Jean dit Ventre-à-Terre, 15 ans 1/2, papetier à St-Germain-de-Tallevende, qui étaient les coupables. Ils ont fait des aveux et ont été mis en état d'arrestation. Ils ont prétendu que c'était à la suite d'une rixe que le meurtre avait été commis. La victime se nomme Achille Fromentin, 23 ans, tailleur de pierres à Vire. Le blessé, qui a reçu un coup de couteau dans la fesse gauche, se nomme Paul Nativel, 23 ans, également tailleur de pierres à Vire.  (Source B.N.)  

 

Octobre 1892  -  Danger des armes à feu.  -  La semaine dernière, le sieur Hippolyte Biguet, propriétaire et conseiller municipal à Lécaude, était monté avec son fusil dans un pommier, lorsqu'en voulant descendre une branche fit partir les détentes de son arme. Les deux coups le frappèrent au cœur. La mort fut instantanée.

— Le nommé Nicolas Prudent dit Granval, 25 ans, journalier à l'Hôtellerie, s'est enlevé deux doigts d'une main d'un coup de fusil.

— Jeudi, le sieur Victor Levallois, 39 ans, cultivateur à Berigny, montait en voiture tenant de la main droite son fusil, qu'il prit par le canon pour le jeter dans le fond. Le fusil tomba sur le chien et le coup partit. Levallois a reçu la charge dans la main droite. On a dû lui amputer le poignet à l'hôpital de Bayeux où on l'avait transporté.

— Dernièrement, les deux fils Aumont, de Neuville, près Vire, s'amusaient avec un vieux pistolet à tirer sur des petits oiseaux. A un moment donné, l'aîné, âgé de 18 ans, tenait l'arme, le chien tomba et le jeune frère, âgé de 15 ans, qui se trouvait à deux mètres, reçut toute la charge dans la main gauche. La main fut labourée par les plombs et le pouce complètement arraché.  (Source B.N.)  

 

Octobre 1892  -  Une femme a demi brûlé.  -  Jeudi matin, la dame Edard, piqueuse de couvre-pieds, à Vire, rue de l'Ecluse, entendit pousser des cris chez le sieur Emile Balle, dont la maison est en face de la sienne, elle y pénétra et trouva la vieille servante, Marianne Chàtel, 86 ans, tombée dans le feu. Elle gardait la maison momentanément, en l'absence de son maître en voyage. Elle s'est grièvement brûlé le front, les yeux et le bras gauche, sa vie est en danger.  (Source B.N.)  

 

Janvier 1893  -  Malades, préparez-vous a être saignés.  -  Comme les boulangers, comme les bouchers, nos médecins sont en train de se syndiquer pour augmenter le prix de leurs consultations, bonnes ou mauvaises.  (Source B.N.)

 

Janvier 1893  -  Singulière préférence.  -  Le 30 décembre, il a été procédé, à la mairie de Vire, à l'adjudication de divers travaux de vicinalité, au nombre desquels se trouve la reconstruction d'un aqueduc sous le chemin du Plessis à Cauville. Deux soumissionnaires se sont présentés : un maçon de Saint-Sever qui offrait 2 cent. de rabais, et le sieur Huet, habitant près de l'aqueduc à reconstruire, qui mettait 21 cent, de rabais. C'est le maçon de St-Sever qui a été préféré. C'est encore plus fort que chez nous. (Source B.N.)  

 

Janvier 1893  -  Phénomènes.  -  On parle beaucoup de l'arrivée à Paris d'une fille de 30 ans, connue sous le nom de « femme homard, » parce qu'elle a les pieds et les mains absolument semblables aux pattes du crustacé si renommé. Cette fille-phénomène est née à Vire. 

— Au Mesnil-Eudes, chez le sieur Paul Lenormand, cultivateur, il est né un veau avec une tête de bouledogue, les yeux d'une grosseur démesurée, les oreilles courtes. Le corps repose sur des pattes courtes de basset. Ce veau n'a pas de queue. (Source B.N.)  

 

Février 1893  - Tentative de suicide.  -  Dimanche soir, à Vire, une veuve Brionne, prise d'un subit accès d'aliénation mentale, s'est jetée du pont de la rue du Colombier dans la Vire, assez forte en ce moment. Elle fut entraînée par le courant et repêchée saine et sauve en face de l'usine de M. J. Hallais. Au préalable, elle avait jeté dans la rivière son avoir en titres, argent et billets, se montant à 5 ou 6 000 fr., un titre de 100 fr. de rente 4 1/2 0/0 a été retrouvé.  (Source B.N.)  

 

Mars 1893  -  Quatre balles dans la tête.  -  Un ouvrier tailleur de Vire, habitant Grande-Rue et âgé de 23 ans, aimait depuis longtemps une jeune ouvrière. Déjà, il y a quelques mois, il l'avait demandée en mariage, mais il n'avait pas été agréé. 

Dimanche, dans la soirée, il alla au domicile de la mère de cette jeune fille renouveler sa proposition, mais il reçut la même réponse que la première fois. Il sortit de la chambre absolument désespéré, et, dehors, il tira de sa poche un revolver, dont il s'était muni avant de faire sa démarche, et se logea cinq balles dans la tête. Cependant, il put se traîner jusqu'à la pharmacie Wollenweber, où les premiers soins lui furent donnés. Grâce aux démarches faites de suite, il fut admis le soir même à l'hôpital, où, à 11 heures, une balle put être extraite. Les quatre autres n'ont pas été extirpées, et on ne sait même pas exactement la position qu'elles occupent. 

Son état n'est pas désespéré, et, si aucune complication ne survient, notre amoureux pourra être pleinement rétabli dans une quinzaine, tout en conservant dans le crâne ces quatre témoins de sa folie. (Source B.N.)  

 

Mars 1893  -  Singulier procès.  -  Une dame Virginie Esnault, Renault ou autre nom, de l'arrondissement de Vire, a intenté une action en divorce contre son mari en se basant sur ce que celui-ci avait commis à son égard une injure : il aurait refusé d'accomplir le devoir conjugal. 

A ce reproche, le mari a répliqué que son inaction n'avait d'autre cause que la mauvaise volonté de sa femme. Une enquête fut ordonnée et la plaignante apporta trois certificats de médecins de Caen, non des moins en vogue, constatant que la dame était encore demoiselle, quoiqu'elle fût mariée depuis trois ou quatre ans. 

La cour de Caen, auquel le cas était soumis, n'a cependant pas accordé le divorce demandé par la dame, en se basant sur ce qu'il était difficile de préciser lequel des deux époux refusait à l'autre les douceurs du mariage. La cour de cassation a été aussi de cet avis.  (Source B.N.)  

 

Mars 1893  -  Sorcier maladroit.  -  Il y a du côté de Vire un personnage qui fait tous les métiers, y compris celui de sorcier. A ce dernier titre, il se trouvait dernièrement chez un cultivateur de Beslon, dont la vache était malade. 

Le vétérinaire, appelé en toute hâte, allait prodiguer ses soins à la bête, lorsque notre sorcier s'interposa. Il s'approcha de la vache, affirmant qu'il allait la guérir par un secret de lui seul connu. Il se livra alors à des passes savantes, fit maints signes cabalistiques, puis ordonna à la vache de se lever. La pauvre bête n'en fit rien et même, le lendemain, elle... trépassa. 

Colère du cultivateur qui a juré d'assommer notre sorcier s'il le trouve sur sa route. (Source B.N.)  

 

Juin 1893  -  Récoltes dans le Calvados.  -  Blé d'hiver, bon ; seigle, bon ; avoine de printemps, assez bonne ; orge de printemps, passable ; foin, peu abondant par suite de la sécheresse, pommes, récolte moyenne sur certains points, presque nulle sur d'autre.  (Source B.N.)

 

Juin 1893  -  Adultère.  -  Dans la nuit de samedi à dimanche, le commissaire de police de Vire allait cogner, rue aux Teintures, n° 1, et sur le refus d'ouvrir, faisait appeler un serrurier qui fit sauter le pêne de la porte. A l'intérieur, il trouva la femme Mondet et un sieur Amand. L'infidèle et son complice ont été arrêtés. (Source B.N.)  

 

Juin 1893  -  Actes de courage.  -  Samedi à St-Pierre-sur-Dives, le domestique du sieur Plumet, cafetier, était tombé sous sa voiture lourdement chargée et allait être écrasé quand le sieur Leprince, voyageur de commerce, se précipita sous la voiture et le sauva. 

— Samedi soir, le facteur Blanchard, du bureau de Vire, a été renversé sur la route de Caen, près la gare, par la voiture du sieur Mary à Ste-Marie-Laumont, et n'a dû de ne pas passer sous la roue qu'à la dame Bouvet, maîtresse d'hôtel, qui s'est portée vivement à son secours. (Source B.N.)

 

Juillet 1893  -  Une demoiselle pas facile.  -  La demoiselle Gillette était quincaillière à Vire, elle a vendu son fonds à un sieur Tourquetil et en a reçu le prix. L'ayant dissipé, elle voudrait rentrer en possession de son ancien commerce, ce qui n'est évidemment pas possible et ce que ne veut entendre en aucune façon le sieur Tourquetil. Aussi la demoiselle Gillette lui a-t-elle voué une haine mortelle, qui s'est traduite déjà à deux reprises par des tentatives homicides qui n'ont heureusement pas abouti. 

Il y a quelque temps, une hache à la main, elle attendait dans un escalier le passage du sieur Tourquetil. Quand il vint à passer, elle leva sur lui son arme, dont un voisin put heureusement arrêter le coup. 

Cette semaine encore, cette irascible demoiselle entrait dans le magasin de Tourquetil avec un couteau ouvert à la main. Une personne présente, s'en étant aperçue, fut obligée d'entamer une lutte avec elle pour l'empêcher de frapper. Cette fois, elle n'en sera pas quitte pour une remontrance, comme la première fois, car plainte est portée. (Source B.N.)

 

Juillet 1893  -  Tentative de meurtre.  -  Le sieur Victor Briard , 57 ans, cultivateur à Neuville, près Vire, sortait de son champ et rentrait chez lui vers 9 heures du soir, lorsque deux individus l'ont brusquement attaqué, frappé à coups de poings et de pierres, et l'ont précipité du haut d'un talus. Dans sa chute, il a reçu de fortes contusions au visage et deux énormes plaies à la têtes, qui mettent sa vie en danger. Le vol parait être le mobile du crime. (Source B.N.)

 

Juillet 1893  -  Mort en revenant de la revue.  -  Apres, la revue de la compagnie des sapeurs-pompiers de Vire, passée par le nouveau sous-préfet, le cortège officiel se rendait à la mairie, lorsque, dans la rue Notre-Dame, le sapeur-pompier Laurent, 36 ans, tomba dans les rangs, foudroyé par une congestion. 

Les soins qui lui furent donnés ne purent le rappeler à la vie. Le soir au banquet, une collecte a été faite pour la femme et les trois enfants de M. Laurent. Sur la proposition du maire, il a été décidé que son inhumation aurait lieu aux frais de la ville. (Source B.N.)  

 

Juillet 1893  -  Les guêpes.  -  Il y a beaucoup de guêpes cette année par suite des chaleurs. Nos campagnes et nos plages en sont couvertes. Dans le Cher, ces insectes sont si nombreux qu'on ne peut pas cueillir les fruits. (Source B.N.)

 

Juillet 1893  -  Le jus de tabac.  -  En vue de permettre aux cultivateurs de défendre leurs récoltes contre les ravages des nombreux insectes que la sécheresse a fait éclore, l'administration des contributions indirectes rappelle que le commerce en détail des jus de tabac dénaturés est entièrement libre et toute personne peut, sans être astreinte à la moindre formalité, obtenir la livraison de ces produite et même en constituer un dépôt, où chacun à la faculté de venir s'approvisionner. 

Une notice indiquant le mode d'emploi, les conditions de vente et d'expédition des jus de tabac dénaturés, est tenue à la disposition des intéressés par les entreposeurs de tabacs de Caen: Bayeux, Lisieux, Honfleur, Vire et Falaise. (Source B.N.)

Juillet 1893  -  Fermeture des colombiers.  -  Les colombiers seront fermés, cette année, depuis le 1er juillet jusqu'au complet achèvement de la moisson des blés, qui sera annoncé par une publication du maire. Ces prescriptions ne s'appliquent pas aux pigeons voyageurs. (Source B.N.)

 

Juillet 1893  -  Le tir dans les lycées.  -  Dans le classement des 40 lycées et collèges qui ont pris part au 2e championnat de France et d'Algérie, nous relevons les résultats suivants concernant notre, région : 3e, lycée de Coutances ; 11e, lycée de Caen ; 20e, collège de Vire ; 34e, collège de Honfleur. (Source B.N.)  

 

Août 1893  -  Un vieil édit.  -  Les bouchers de Vire, mécontents d'être soumis à la taxe, avaient résolu de se mettre en grève à partir du 27 juillet. Celui d'entre eux qui vendrait de la viande devait payer aux autres 1 000 francs de dédit. En réponse à cette menace, le maire de Vire a envoyé aux bouchers l'édit de février 1776, toujours en vigueur, défendant aux bouchers aussi bien qu'aux boulangers de quitter leurs professions sans avoir fait une déclaration préalable à la mairie, et avant une année, à partir de cette déclaration, sous peine d'une amende de cinq cents livres et de plus forte peine s'il y échoit. Naturellement, cette communication a fait abandonner aux bouchers de Vire tout projet de grève. (Source B.N.) 

 

Octobre 1893  -  Pauvre petite.  -  Le sieur Soynard, boucher à Vire, avait laissé un chaudron plein d'eau bouillante dans sa boutique. Sa jeune fillette, de 2 ans, vint en jouant tomber assise dans ce chaudron. Relevée immédiatement, elle reçut les soins d'un médecin qui, à cause de l'étendue de la brûlure des jambes et des cuisses, ne peut répondre de la vie de l'enfant. (Source B.N.)  

 

Octobre 1893  -  Morte des suites d’une veine varice.  -  En sortant de l'atelier de MM. Berger et Zimmermann, fabricants à Vire, et en remontant la Cavée, presque en face de l'allée qui conduit au cimetière, une demoiselle Guilbert, 50 ans, est tombée sur le sol. Elle avait une veine varice qui s'était crevée et par laquelle le sang, s'échappait en abondance. On la transporta en toute hâte à l'hospice, mais tous les soins furent inutiles. (Source B.N.)

 

Novembre 1893  -  La fin d’une vieille affaire.  -   On se rappelle que la dame Jobard, 40 ans, habitant Vire, surprenant un soir la veuve Guérin, 52 ans, avec son mari, lui flanqua une formidable raclée. Elle aurait en outre exigé de la veuve Guérin une reconnaissance de 6 000 fr. Le tribunal de Vire vient de juger cette affaire : la femme Jobard à été condamnée à 40jours de prison pour coups. Le délit de tentative d'extorsion de fonds a été écarté. (Source B.N.)

 

Décembre 1893  -  Les suites d’un accident.  -  Le sieur Lesage, meunier à Sourdeval, qui avait commis l'imprudence, étant ivre, de se coucher sur les rails dans la gare de Vire, et auquel on avait dû amputer une jambe, le pied ayant été broyé par les roues d'une locomotive, a succombé. (Source B.N.)  

 

Décembre 1893  -  La mort d’une vieille amoureuse.  -  Nos lecteurs se rappellent qu'une veuve Octavie Guérin, 52 ans, demeurant à Vire, était allée un soir porter l'argent qu'elle devait au sieur Jobard, maître-maçon. Jobard étant venu reconduire la veuve, sa femme trouva qu'il était trop longtemps et alla voir ce qu'il faisait. Ce qu'elle vit ne lui plut pas autant qu'à son mari, faut croire, car elle se mit à cogner sur la veuve Guérin pendant que son mari se sauvait par le jardin. La femme Jobard aurait même essayé de soutirer quelques billets de mille francs à sa rivale. 

L'affaire remonte au mois de septembre et la veuve Guérin vient de mourir. Est-ce des suites des coups qu'elle a reçus ? (Source B.N.)  

 

Décembre 1893  -  Statistique.  -  Le nombre des déclarations de vélocipèdes pour le Calvados est de 1 822 : arrondissement de Caen, 723, dont 456 pour Caen ; Bayeux, 177 ; Falaise, 208 ; Lisieux, 284 ; Pont-l'Evéque, 309 ; Vire, 121. (Source B.N.)  

 

Mars 1894  -  Mort accidentelle.  -   Le sieur Jacques Lecoq, 40 ans, travaillait à La Planche, près Vire, sur la propriété de M. Destigny, où il émondait des arbres. Par suite d'un faux mouvement, il perdit l'équilibre et fut tué sur le coup. (Source B.N.)  

 

Avril 1894  -  Ne jouez pas avec les revolvers.  -   La semaine dernière, à Vire, le jeune Henri Lemonnier, 19 ans, apprenti mécanicien, en jouant avec un revolver, a blessé à la tête son jeune frère âgé de 12 ans. La balle s'est logée dans la tête. L'état du petit blessé est grave, sans être désespéré. (Source B.N.)  

Mai 1894  -  Suicide par amour.  -  Le cadavre du sieur Émile Hardy, 27 ans, domestique chez la dame Gautier, marchande de légumes à Vire, rue des Petites-Douves, à été retiré d'un puits. Ce jeune homme s'est noyé volontairement , et on attribue cet acte de désespoir à des chagrins d'amour. Il paraîtrait même que la jeune fille qu'il avait l'intention d'épouser s'est mariée le jour même où on a retrouvé son cadavre, et c'est ce qui l'aurait poussé à mettre fin à ses jours. (Source B.N.)  

 

Juillet 1894  -  Terrible orage.   -  La semaine dernière, un cyclone s'est déchaîné sur Torigni-sur-Vire dont c'était la louerie. En quelques minutes, les baraques, des saltimbanques et des marchands ont été renversées. Un arbre de 2 mètres de tour a été arraché, de nombreux pommiers ont été renversés. Sur la route de Vire, deux voitures ont été culbutées et des Wagons, poussés par le vent, ont parcouru une distance de 8 kilomètres avec une vertigineuse vitesse. A Berjou, la foudre est tombée dans la cour de Mme Jean Louvel, y creusant un sillon de 6 mètres de longueur et de 30 cent, de profondeur. Heureusement, il n'y a eu que des dégâts matériels, mais ils sont considérables.

Il n'en a pas été de même dans la Seine-inférieure. Vendredi, à Sotteville-lès-Rouen, Joséphine Bagine, 21 ans, qui était sur une meule et tenait sa fourche en l'air, a été foudroyée par le tonnerre. A Valliquerville, près Yvetot, et à Veauville, un jeune homme de 19 ans et une fillette de 10 ans, qui se trouvaient dans les champs, ont été aussi tués par la foudre. (Source B.N.)

 

Juillet 1894  -  Fille-mère dans l’embarras.   -  Une fille Lallemand, 26 ans, demeurant à Vire, ayant été prise de douleurs, est accouchée seule d'un enfant qu'elle prétend être venu mort ou à peu près. 

L'autopsie a démontré que l'enfant avait vécu. L'absence de toute trace de violence sur le corps et l'état des organes permettraient de supposer que l'enfant serait mort faute de soins. (Source B.N.)  

 

Août 1894  -  Mort de faim.   -  François Hergaux, 55 ans, maçon à Vire, était depuis longtemps sans travail. N'ayant plus rien à manger, on l'a trouvé mort d'inanition dans le taudis qu'il habitait rue des Teintures. (source B. N.)  

 

Décembre 1894  -  Insulte aux magistrats.   -  Le nommé Joseph Martel, 39 ans, né à Aups, comparaissait devant le tribunal de Vire sous l'inculpation de mendicité,  au cours de son interrogatoire, il traita le président d'insolent. Séance tenante, on a infligé à Martel trois mois d'emprisonnement. (source B. N.)  

 

Décembre 1894  -  Le froid.   -  Il fait un froid glacial depuis quelques jours. Le temps est à la neige. A Paris, il en est tombé et le froid a déjà fait des victimes. (source B. N.)

 

Décembre 1894  -  Enfant brûlée.   -  La dame Halbout, rue Delavente, à Vire, tenait dans ses bras sa fille âgée de 8 mois. Elle s'approcha du fourneau où bouillait la marmite, souleva le couvercle. Le liquide s'échappa et éclaboussa la nuque et la tête de l'enfant, la brûlant horriblement. Bientôt l'enfant était prise de convulsions et succombait 24 heures après. (source B. N.)  

 

Janvier 1895  -  La cocotte.   -  Le Bulletin sanitaire constate, pour la plupart des régions, une certaine amélioration en ce qui concerne la fièvre aphteuse. Les loyers signalés en Normandie se sont atténués sensiblement. (source B. N.)

 

Janvier 1895  -  Incendie.   -  Vendredi, à Vire, vers une heure du matin, Mme Lagoutte, marchande de parapluies, fut réveillée par les plaintes de son fils René, 14 ans, couché dans une chambre contiguë à la sienne. Mme Lagoutte se rendit près de lui. Elle appela au secours, la chambre était remplie de fumée, l'enfant fut emporté, et on vit la fumée sortant abondamment par tous les interstices de la boutique du sieur Baloche, coiffeur. On y pénétra. Le feu était dans un tas de charbon de bois déposé sous un escalier. Quelques seaux d'eau eurent vite raison de ce commencement d'incendie. Pertes, 300 fr. (source B. N.)

 

Janvier 1895  -  Mortalité des bestiaux.   -  Les cultivateurs qui voulaient assurer leurs bestiaux contre la mortalité étaient obligés de s'adresser a des compagnies parisiennes ou étrangères avec lesquelles les rapports étaient très difficiles. Nous apprenons qu'une assurance locale vient de se constituer. L'expérience de M. A. Porin qu'elle a désigné pour son directeur et l'honorabilité des membres du conseil d'administration sont des garanties de bonne administration qui lui amèneront, nous l'espérons, de nombreux adhérents. (source B. N.)

 

Février 1895  -  Le froid.   -  Le froid a continué cette semaine. Il a été particulièrement intense vendredi et samedi, le thermomètre est descendu à - 20 degrés. A Caen, certaines rues, notamment celles qui donnent accès aux quartiers élevés, ont été véritablement impraticables. On ne dispose pas d'assez de personnel, pour les mesures exceptionnelles qu'il faudrait prendre. Il y a de nombreux accidents un peu partout. 

Le chauffeur Michel, de la Cie de l'Ouest, a glissé près de l'aiguillage du dépôt et a eu une jambe cassée. En gare de Dozulé, le mécanicien Thibert est tombé de sa machine, frappé d'une congestion causée par le froid. Il a été transporté à l'hôtel-Dieu de Caen. Le nommé Boulet, marchand de peaux de lapins à Vire, est tombé sur la route à Vassy et s'est cassé une jambe.

A Bayeux, une femme qui parcourt les rues avec un orgue mécanique a été frappée de congestion sur la voie publique et on l'a transportée à l'hôpital. A St-Martin-de-la-Lieue, une femme Turquetil, 69 ans, est morte de froid. A Lisieux, l'amoncellement des glaçons au pont de la rue du Moulin-à-Tau a causé un commencement d'inondation qui a cessé dès qu'on a pu lever les vannes du canal de décharge. 

DERNIÈRE HEURE. — Cette nuit, à Caen, le thermomètre est descendu à - 25 degrés. (source B. N.)

 

Février 1895  -  Mortes de froid.   -  A Vire, on a trouvé morte chez elle la veuve Hamel, 67 ans, rue du Bourg-Neuf. La mort remontait à 2 jours et était due à une congestion causée par le froid.

— La semaine dernière, un fermier du Pléssis-Grimoult donnait asile, pour la nuit, dans une grange, à deux mendiants, Honoré Viel et sa femme. Le matin, Viel en se réveillant, a trouvé sa femme morte à côté de lui. Cause du décès : la misère et le froid.

Jeudi dernier, à 6 h. 1/2 du matin, on a trouvé dans sa voiture, à St-Julien-le-Faucon, le cadavre du sieur Désiré Bardel, 44 ans, fermier au Pré-d'Auge. Il avait succombé à une congestion causée par le froid.

— Mercredi matin, le commissaire de police de Lisieux se présentait chez une femme Héroult, rue Petite-Couture, surprise la veille en flagrant délit de vol. Il se trouva en présence de son cadavre. Elle avait succombé dans la nuit au froid et à l'alcoolisme. (source B. N.)

 

Février 1895  -  Neige et froid.   -  L'hiver que nous traversons menace d'être un des plus longs que nous ayons eu depuis longtemps. Il est de nouveau tombé de la neige dimanche la nuit, et le froid continue. Les routes et les chemins sont impraticables. On s'étonne de l'inaction des administrations que cela concerne. Les bras inoccupés sont nombreux dans nos campagnes et en leur faisant appel on pourrait rétablir la circulation sur beaucoup de points, au besoin, on pourrait avoir recours aux prestataires. Si cet affreux temps continue, les navires ne pourront plus arriver à Caen. L'Orne est prise et le paquebot La « Dives » est resté huit jours retenu par les glaces près de Longueval. Il n'a été dégagé que mercredi matin. Quant au canal, les glaçons l'encombrent. Cette situation est d'ailleurs générale. La Seine est prise à Paris et à Rouen. (source B. N.)  

 

Avril 1895  -  L’amour de la corde.  -  Un soir de la semaine dernière, le bruit courait à Vire qu'un sieur A….... avait été trouvé pendu dans sa maison. Heureusement, la corde avait été coupée à temps, mais il paraît que c'est déjà la seconde fois que cet homme se livre à ce petit jeu. Si cela l'amuse, il pourra recommencer une troisième fois, peut-être ce sera la bonne... ou mauvaise. Avant d'accomplir son acte, A…... avait eu la précaution d'avertir ses voisins et leur avait même montré la corde qui devait servir à son projet. Une des personnes qui avait entendu ces propos pénétra dans la demeure d'A…..... et le trouva, en effet, se balançant dans le vide. Les voisins accoururent et prodiguèrent leurs soins au dépendu qui fut rappelé à la vie. Des chagrins domestiques et la boisson paraissent avoir déterminé cet acte de désespoir. (source B. N.)  

 

Juillet 1895  -  Faudra aller nu-pieds.  -  La chaussure est menacée d'une hausse importante par suite de l'élévation du prix des cuirs due à la disette des fourrages en 1893, forçant l'éleveur à vendre ses bestiaux, et à la fertilité de 1894 engageant l'éleveur à garder ses élèves. 

D'autre part, en 1893-94, l'Amérique, par suite d'une crise monétaire, avait réduit sa fabrication qu'elle reprend avec ardeur, enfin, pendant la guerre de Chine, on a absorbé d'énormes quantités de chaussures et il va en falloir davantage encore à la Chine et au Japon pour rechausser leurs armées. 

C'est en raison de ces causes diverses que les fabricants de chaussures de Paris et de province ont résolu d'élever leurs prix de 20 à 30 pour cent. (source B. N.)

 

Juillet 1895  -  Morts accidentelles.  -  Sur le chemin de Tilly à Évrecy, territoire de Tessel-Bretteville, on a retiré de dessous les roues de sa voiture le cadavre de Joseph Jouan, 22 ans, domestique à Fontenay-le-Pesnel. 

— Le sieur Victor Lechevaller, 41 ans, homme d'équipe à la gare de Vire, a été tamponné entre deux wagons d'un train faisant la manœuvre. On a constaté qu'il avait six côtes enfoncées. Lechevaller est mort deux heures après, sans avoir perdu complètement connaissance. Cet employé était marié et père de quatre enfants dont l'aîné est âgé 13 ans et le plus jeune de mois. (source B. N.)  

 

Août 1895  -  Accidents.  -  Un nommé Mathière, menuisier à Pennedepie, a été renversé sur la route par une lourde voiture de meunier, dont une roue lui a littéralement broyé la jambe gauche au-dessous du genou. Le conducteur ne s'étant pas aperçu de l'accident, le malheureux Mathière est resté toute la nuit sur la route. Ce n'est que le lendemain qu'il a été aperçu et transporté à l'hospice. 

— Des ouvriers de la scierie de MM. Fortin, négociants en bois à Vire, étaient occupés à décharger une charretée d'arbres, lorsque le sieur Pierre Declomesnil, 40 ans, a eu une jambe prise sous l'un des arbres, qui, ayant dévié et roulé plus vite que ne le pensait ce malheureux ouvrier, lui a cassé la jambe à dix centimètres au-dessous de la rotule. (source B. N.)

225   VIRE   -   La Gare

VIRE   -   La Rue du Calvados

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