Octobre
1852 - Le temps qu’il fait.
-
Les coups de vent se succèdent, sans relâche, depuis quinze
jours et la pluie tombe presque sans interruption et quelquefois à
torrents, de manière à faire naître des inquiétudes sur les navires
en mer et surtout sur l'ensemencement des terres.
Dans
la nuit de lundi à mardi (4 au 5 octobre) la pluie tomba avec une telle
abondance que les petites rivières affluentes à la Seine, dans notre
canton, grossirent singulièrement et avec rapidité. La
« Morelle » faillit emporter le pont de Ficquefleur dont
l'arche unique n'a que trois mètres d ouverture, elle s'ouvrit passage
à chacune des deux extrémités, en couvrant toutes les prairies qui
l'avoisinent. L' « Orange », plus encaissée, et dont le
pont a 4 mètres n'a pas fait autant de mal, mais il n'en a pas été de
même de la « Claire » qui vient tomber dans les anciens
fossés de la ville, après avoir traversé deux fois souterrainement la
route de Pont-l’Évêque. Ses bords sont bas, son lit resserré, elle
a produit les mêmes dégâts qu'en décembre 1850.
Les
usines, les tanneries, les moulins de diverses sortes ont, comme il y a
deux ans, comme en 1846, éprouvé des dommages considérables, ainsi
que les maisons d'habitation et jardins près desquels ou au milieu
desquels elle passe.
Des
réclamations furent alors adressées aux Préfets du Calvados, aux
ministres qui avaient les travaux publics dans leur département, à
l'administration des Ponts-et-Chaussées. On en espérait un résultat
utile, et cependant les choses sont restées dans le même état. Un
article du journal peut signaler le danger, mais c'est tout ce qu'il
peut faire.
La
« Calonne » et la « Touques », la première
surtout, qui, à Pont-l’Évêque n'attendent pas une telle abondance
d'eau pour déborder, couvraient de plusieurs mètres tous les herbages
dont la ville est environnée, pendant près de 16 heures, les rues de
la ville ont été changées en autant de rivières, et ses maisons
pleines d'eau. Dans le quartier du « Bras-d’Or », l'eau,
atteignait un mètre.
Lisieux
n'a pas été épargnée. L'inondation a rempli les bas fonds la vallée
de Corbon est sous l'eau.
La
vallée de la Dives, offre sur une longueur de plusieurs kilomètres le
plus, pénible spectacle.
A
Caen les quais, les promenades, le cours, et les quartiers ont été
immergés de près d'un mètre et demi. Les caves, les magasins, les
boutiques ont été inondés et ont subi des dommages considérables,
dans la rue Neuve-St-Jean, on ne pouvait entrer dans les maisons que par
les fenêtres. Le service de la banque, du comptoir d'escompte, de la
poste aux lettres se faisait en voitures. Le poste militaire de la rue
Neuve St-Jean a été relevé à l'aide de charrettes.
Mercredi
la foudre a tombé dans une des cours de l’Hôtel-Dieu et a renversé
un factionnaire qui n'a repris ses sens qu'au bout de trois-quarts
d'heure des soins des élèves internes de cette maison.
Le
pont en construction sur l’ « Orne », vis-à-vis la
commune du Coudray, a été emporté et le bac en partie détruit.
A
Bayeux, les eaux se sont élevées à plus d'un mètre, plusieurs rues
de la ville ont été inondées, on ne pouvait secourir les habitants et
leur porter des vivres qu'à l'aide de chevaux et de charrettes.
Un
particulier qui se rendait en cabriolet de Courseulles à Bayeux a
failli être emporté par les eaux. Les herbages sont couverts, une
trentaine de bestiaux ont péri.
Port-en-Bessin
a été inondé.
Le
pont d'Ouilly qui venait d'être reconstruit a été emporté, le vieux
pont de Pont-Farcy est détruit.
La
route de Caen à Granville, les communications entre Falaise, Condé,
Vire ont été suspendues.
A
Condé, le « Noireau » a débordé, deux ponts se sont
écroulés, l'eau dépassait le premier étage.
A
Flers, la crétine s'est élevée à plus de deux mètres dans les bas
quartiers. Les caves occupées par les tisserands ont beaucoup souffert
dans les marchandises et les métiers.
La
« Vire » parait avoir fait des dégâts extraordinaires.
Elles s’est élevée, suivant le Courrier de St-Lô, a près de 2
mètres 50 en plusieurs endroits, emportant le pont de Gourfaleur,
entraînant des meubles, des poutres, des arbres entiers, bateaux, des
bestiaux noyés.
On
parlait de la destruction des ponts de Tessy et de St Fromond. Celui de
Vire a éprouvé un affaissement considérable, et sera probablement à
reconstruire.
Ainsi
toute la Basse-Normandie a éprouvé des dommages plus ou moins grands
suivant les localités. (Source :
Le Journal de Honfleur)
Mars
1861 - Un accident de la route.
- Le
sieur Marie (Paul), ouvrier tanneur, demeurant à Mesnil-Hubert (Orne),
sortait avec sa voiture du bourg du Pont-d'Ouilly, se dirigeant sur
Pont-des-Vers. Tout-à-coup son cheval ayant pris le grand trot,
l'ouvrier voulut le retenir en lui serrant les guides, l'animal alors se
mit à ruer avec une violence telle que l'ouvrier, pour le calmer,
essaya de sauter à terre. Malheureusement, au même moment, une planche
du fond se brisa et laissa passage à l'une des jambes de l’ouvrier,
qui, dans cette position, reçut un coup de pied un peu au-dessus de la
cheville, qui lui brisa les os.
On
parvint à calmer la fureur du cheval, et le sieur Marie a pu être
transporté dans une maison voisine, où il a été l'objet de soins
empressés. ( L’Ordre et la Liberté)
Mai
1862 -
La ligne de grande vicinalité.
- M.
le préfet du Calvados vient de classer parmi les lignes de grande
vicinalité qui seront mises immédiatement à exécution, la route de
Pont-d'Ouilly à Flers.
Cette
voie sera d'une grande utilité pour les nombreuses industries des
vallées du Noireau et de la Vire. Les travaux d'exécution procureront
en même temps une utile ressource aux ouvriers de la localité atteints
par la diminution du travail dans les fabriques de coton. (l’Ordre et
la Liberté)
Juillet
1865 -
Par décret impérial du 17 juin.
- M.
le ministre de l'intérieur vient de décerner une médaille d'honneur
en argent (2e classe) au sieur Jouvin (Jean-Baptiste), âgé
de 65 ans, filateur à Pont-d'Ouilly, pour avoir, à Saint-Marc-d'Ouilly,
le 5 février 1865, sauvé une personne tombée dans l'Orne, grossi par
les pluies. Il s'était déjà fait remarquer dans une circonstance
semblable en 1826. (l’Ordre
et la Liberté)
Juillet
1865 -
L'état des récoltes.
- Nous lisons dans le dernier numéro du Pays normand :
«
L'état des récoltes est satisfaisant; cependant, si l'on s'en rapporte
aux apparences, la récolte en blé équivaudra à une forte demi-année
tout au plus. Dans le Lieuvain et lieux circonvoisins, les blés offrent
un bel aspect, toutefois ils auraient besoin d'un peu de pluie.
La
région normande est la moins mal partagée pour les colzas; on compte
à peu près sur une demi-année, tandis que dans les autres contrées
le produit sera presque nul. Les rares pommiers qui avaient quelques
fruits les perdent en ce moment, par suite de la sécheresse. En
définitive, les choses se passeront comme nous l'avons déjà dit : la
récolte sera insignifiante. La récolte fourragère est
magnifique. »
(l’Ordre et la Liberté)
Novembre
1865 -
Le choix des gares. -
Le Noireau publie la note suivante qui lui est communiquée
:
«
Par décision ministérielle en date du 16 octobre dernier, les projets
présentés par MM. les ingénieurs de la ligne de Caen à Flers, pour
l'établissement des gares de Condé-sur-Noireau et de
Berjou-Pont-d'Ouilly, ont été définitivement approuvés.
La
station de Condé se trouve fixée à Saint-Martin, et la nouvelle décision
va permettre d'exproprier prochainement les terrains à acquérir.
Il
n'a pas été donné suite, comme on le voit, aux diverses réclamations
présentées pour obtenir la construction d'une gare intermédiaire au
Pont-Errembourg. (l’Ordre et la Liberté)
Novembre
1865 -
Un halo-lunaire. -
Samedi soir, on a remarqué le phénomène assez rare d'un
magnifique halo-lunaire. La lune était entourée d'un immense cercle
ayant les couleurs de l'arc-en-ciel. Cela, disent certains
pronostiqueurs, nous annonce de grandes pluies avec inondations. (l’Ordre
et la Liberté)
Juin
1868 -
Les travaux. -
Nous apprenons que la ligne de Falaise à Pont-d'Ouilly vient
être soumissionnée.
Les travaux vont commencer
immédiatement et seront poussés avec une grande activité, de sorte
qu'ils puissent être terminés dans un délai assez rapproché. Cette
section, suivant toute probabilité, sera ouverte bien avant celle de
Condé à Caen, laquelle, comme on sait, est retardée par les énormes
travaux du tunnel des « Gouttes ».
En
attendant la ligne directe, nous gagnerons, par le tronçon de
Pont-d'Ouilly à Falaise, une quarantaine de kilomètres sur notre
chemin actuel de Condé à Caen par Flers, Argentan
et Mezidon.
Août
1868 -
Décision du Conseil général.
- La session
du Conseil général, commencée le lundi 24 août, a été terminée
lundi dernier, à trois heures.
Parmi
des décisions prises par le Conseil, nous devons une mention toute
particulière à l'approbation qu'il a donné, samedi, à la
construction des chemins de fer départementaux :
1°
Chemin de fer de Caen à Courseulles, passant par Cambes,
Mathieu, Douvres, Luc, Langrune, Saint-Aubin, Bernières.
2°
D'Orbec à Lisieux, sur une longueur de 16 kilomètres.
3°
De Falaise à Pont-d'Ouilly, à un point de raccordement
sur la ligne de Caen à Flers.
Janvier
1872 -
On
m'écrit de Pont-d'Ouilly.
- Grâce
à la générosité des gens huppés de not commune, not chef à chinq
cents francs pour no z'habilli et no coiffi proprement.
Por
qui qu'on n'no équippe pas d’suite.
Ah !
j'oubliais d'vo dire qu'j'étiommes pompiers.
Figuroux
que l'premier jauvié, afin qu’ils aient l'air d'què, n'o z'avait
habillé no deux tambours d'aveuque d'vieilles tuniques d'mobiles.
Et
les deux gaillards étaient si fiers, si fiers, que l’tambour juvenal
s'tenait raide comme la justice, tandis que son compagnon, au lieu de
battre sa caisse... roulait d'aveuque elle………
V’la
l’carnaval qu'aproche, j'vo serais obligé d’no l'aire l'amitié de
r'luqué si dans les boutiques de déguisement, vo n'en trouveriez pas
faisant assez d'effet pour faire des effets aux 22 pompiers d'eheux
nous……
Pour
l'maire qui n'sait pas lire à m’n’écriture, et qui n'sait pas que
j'vo écrit :
Beauplumet
défunt gendarme à pied et à cheval.
Mai
1874
- Un homme écrasé.
- Un
bien triste accident est arrivé dans la soirée, sur la route de
Falaise à Pont-d'Ouilly, au lieu dit le Mesnil-Jonquet. Le sieur
Ferdinand Ernault, âgé de 35 ans, cocher, depuis 14 ans, au service de
M, Desbordeaux, propriétaire à Falaise, revenant avec un chargement de
bois de la maison de campagne de ses maîtres, a trouvé la mort sous
les roues de la voiture qu'il conduisait. Quelques instants avant que
l'on ait eu connaissance de cet accident, la femme d'un cantonnier
l'avait vu passer, assis sur l'un des bras d'une charrette attelée de
deux chevaux, On suppose, que n'ayant pas de doubles guides, il s'est
penché en avant pour donner, à l'aide du fouet, une direction au
cheval de devant et qu'il est tombé la face contre terre. La voiture
lui a passé sur le corps.
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